00:00Je viens, et même si je ne viens pas en tant qu'artiste, je viens de rentrer en tant que spectateur,
00:05parce que c'est tellement agréable.
00:07Voilà.
00:08Et si tout le monde pouvait venir comme ça,
00:11disant mais il faut aller à Grignan, il faut y aller, voilà.
00:14Pas trop, parce qu'après on sera trop nombreux.
00:18Vous avez déjà l'expérience de Grignan ?
00:20En tant que spectateur,
00:22je dirais presque par hasard, parce que j'avais une amie qui venait,
00:26je crois que c'est l'année de l'Italie,
00:28et elle faisait une lecture et j'ai eu de grandes curiosités.
00:33Et depuis ce jour, je n'ai pas arrêté d'emmerder Pierre Cordier.
00:41Les gars, mais invitez-moi à Grignan.
00:45Je viens à Grignan.
00:47Non mais c'est vrai, j'aime bien...
00:51Le festival de Sarlat me fait un peu penser à...
00:55C'est-à-dire des festivals où il y a un gros encadrement de bénévoles,
01:02qui créent un climat très familial,
01:11et en même temps avec des conditions de travail qui sont excellentes,
01:17mais où on se croise très facilement.
01:20Je dirais que c'est des festivals à taille humaine,
01:23et c'est extrêmement agréable.
01:26Spectateurs personnels, encadrements, artistes, tout le monde se croise.
01:33J'adore ce climat-là.
01:35C'est le climat d'un festival à la base.
01:38C'était une lecture ce soir, mais pour le public, ça a été beaucoup plus que ça.
01:43Déjà, vous étiez trois sur scène,
01:46et on a oublié l'aspect lecture purement.
01:50Vous nous avez donné beaucoup d'images.
01:53Grâce à l'auteur aussi, parce que subtilement,
01:58il a glissé du dialogue à l'intérieur de ses textes,
02:03qui sont des textes authentiques, évidemment, qu'il n'a absolument pas touchés.
02:07Mais il s'est amusé à créer un dialogue tout à fait fictif
02:12entre un personnage réel et un personnage que moi je regarde,
02:17en fait, on ne sait jamais trop bien qui c'est,
02:20qui est ce personnage qui renvoie une balle à un confident,
02:25un journaliste, un proche, moins proche, finalement, on ne sait pas trop.
02:30Il y a une proximité forcément qui se crée,
02:34je veux dire, d'humanité, on va dire.
02:37C'était un peu le projet comme ça.
02:41Mais à la base, c'est l'auteur qui a fait cette proposition-là et qu'on a suivi.
02:46On a travaillé ensemble.
02:49On devait répéter cet après-midi ici, dans les lieux,
02:52mais malheureusement les conditions climatiques ne nous ont pas permis de le faire,
02:55donc on a un peu découvert le plateau,
02:58tout ça, le rapport à la voix au public, un peu au dernier moment,
03:01mais en tout cas, on a travaillé ensemble.
03:03Et puis après, chacun de son côté, évidemment, le lit et le relit plusieurs fois,
03:07pour se mettre les mots en bouche aussi,
03:09parce que c'est vrai que l'exercice d'une lecture,
03:11on n'a pas des heures et des heures de répétition,
03:14et il faut donner le texte.
03:17Écoutez, quand j'étais enfant, j'en ai parlé de Laurence d'Arabie,
03:21j'avais vu le film à ce moment-là, célèbre film,
03:24mais que je n'ai pas revu depuis.
03:26Et là, je me suis demandé est-ce que pour la lecture,
03:29et puis finalement, non, je ne l'ai pas revu.
03:31Donc, il m'en restait quelques bribes comme ça,
03:34mais pas vraiment précisément.
03:36Et donc là, en relisant, évidemment, le texte, en le travaillant,
03:39en discutant avec Christian Siméon, l'auteur aussi,
03:42j'ai reconstitué un peu la mémoire,
03:44et surtout, ça m'a donné envie vraiment de faire des recherches sur ce personnage
03:48que j'avais un peu oublié.
03:50Et puis, dans les temps actuels,
03:54on s'aperçoit que tout ce moyen oroyant
04:00qui s'est constitué,
04:03ça vient de très, très loin.
04:06Et ce moment où il dit,
04:10je dirais presque cyniquement,
04:13qu'il faut absolument créer un état tampon,
04:16trouver moyen de,
04:18ça résonne fort.
04:21Ça résonne fort.
04:23Mais ce qui est assez joli aussi,
04:27c'est cette description de ce monde
04:29qui a des fonctionnements
04:32qu'on ne change pas comme ça.
04:34Puis le personnage,
04:37il est surprenant, ce personnage.
04:39Il a été porté au nu sublime,
04:43et puis il est redevenu quelqu'un de complètement...
04:46Après, ce qui est rarissime.
04:49Vraiment, je n'étais pas du tout au courant de tout ça,
04:52justement, de toutes ces blessures.
04:54Et c'est ça qui m'a beaucoup surpris
04:56et qui m'a vraiment donné envie de porter ce texte
05:00et de raconter un peu ce personnage à travers cette lecture.
05:03Parce que là, tout à coup, il y a une faille,
05:06une béance énorme.
05:08Et ça, c'est formidable d'avoir à raconter ça
05:11et d'avoir à porter ça.
05:12Et c'est très beau, et ça le rend effectivement très humain,
05:15au-delà du héros qui réussit tout, qui gagne tout.
05:19Là, ça le rend profondément humain.
05:21Donc avec ces blessures et ces failles.
05:23Est-ce que vous auriez une suggestion
05:24pour la thématique de l'année prochaine,
05:26puisqu'on vous reverra forcément ?
05:28Je n'en ai pas, mais l'autre jour,
05:31je parlais avec deux messieurs
05:37qui s'occupent d'une association de cartes postales, etc.
05:43Et je disais qu'il y a un truc qui est génial,
05:46c'est quand on collectionne les cartes postales,
05:48quand on les regarde,
05:49d'aller parfois regarder ce qui est écrit derrière.
05:52Il y a des choses merveilleuses à collecter.
05:56Parce que je sais qu'il y a eu une année,
05:58c'était 14, les lettres de Poilus, etc.
06:01Toutes des choses merveilleuses.
06:03Et là, je me disais, la petite vie quotidienne
06:06de ces époques lointaines,
06:09quelques mots au dos d'une carte postale,
06:12quelquefois, c'est...
06:15Donc je me dis, tiens, il faudrait...
06:17Parce que là, si ce n'est pas de la correspondance,
06:19une carte postale, c'est de la correspondance.
06:23Un dernier mot ?
06:24Alors, dans mon actualité,
06:26qu'est-ce qu'il se passe ?
06:28Récemment, j'étais dans un film qui s'appelle
06:30Le Procès Goldman,
06:31qui a été réalisé par Cédric Kahn,
06:33qui est sorti cette année au cinéma.
06:35Et sinon, je fais une pièce de théâtre en tournée
06:38qui s'appelle La couleur des souvenirs,
06:39qui est écrite et mise en scène par Fabio Marat.
06:42Et que nous avons créé l'année dernière
06:44au Festival d'Avignon,
06:45et que nous allons amener en tournée
06:47partout en France la saison prochaine.
06:49Oh là !
06:51Là, je viens de finir de tourner une série pour France 2.
06:55Je fais un autre truc pour Netflix, là, au mois d'août.
06:59Le théâtre, j'y repars en tournée
07:01avec Josiane Balasco, octobre, novembre, décembre.
07:05Après, je ne sais pas si je refais tout de suite du théâtre,
07:08je ne sais pas.
07:10Enfin, ça va...
07:12Je ne me plains pas.
07:14J'ai adoré.
07:15Je connaissais l'existence du Festival, bien sûr,
07:17mais je n'étais jamais venu.
07:19Je ne connaissais pas la ville,
07:20et donc pas le Festival non plus,
07:22et je suis absolument ravi et enchanté.
07:24Donc j'espère.
07:26Merci.