00:00Personne ne se dit que le programme va être appliqué en creusant davantage le déficit.
00:04Le Nouveau Front Populaire dit qu'on va réduire le déficit par deux moyens,
00:07les recettes et la croissance,
00:09et ça nous donnera des marges de manœuvre pour faire aussi des dépenses.
00:12Les mesures du programme, si on suit cette trajectoire-là,
00:15sont conditionnelles en partie au succès au fur et à mesure que ça avance.
00:19Alors après, est-ce que c'est pertinent d'avoir une politique de ce type ?
00:22Oui, certainement, parce qu'on est quand même en vraie phase de ralentissement macro.
00:27Donc dire qu'on va faire de la relance maintenant,
00:30c'est plutôt le bon moment de la faire.
00:32Ce qui est un pari à long terme, c'est qu'on a une productivité qui s'est effondrée.
00:35C'est-à-dire que la précédente stratégie pour gagner de la productivité n'a pas marché.
00:39On a augmenté l'emploi, mais on a quasiment dégradé la productivité d'autant.
00:43Et du coup, l'idée, c'est de dire qu'on va remonter en productivité
00:46en étant ambitieux sur les salaires.
00:49On va pousser les entreprises à mettre en place des processus de production
00:53qui créent davantage de valeur,
00:55et en faisant des investissements à long terme sur l'éducation,
00:59à court terme notamment sur la transition.
01:01Donc ça, ça me paraît une stratégie intéressante,
01:03mais ça reste un pari, parce que c'est à 2 ans, 3 ans, 4 ans qu'on va laisser ça marcher.
01:08Oui, je pense que vous avez raison de parler de productivité.
01:11Sur le contexte actuel, évidemment, on subit l'effet de la hausse des taux de la BCE.
01:19C'est ce qu'elle a fait pour répondre au pic d'inflation.
01:22Et elle a entamé la baisse des taux, elle va continuer la baisse des taux.
01:26Donc de ce point de vue-là, normalement, on devrait avoir un contexte qui s'améliore.
01:32Ça, c'est une chose.
01:33Sur l'état du chômage keynésien,
01:36moi, j'ai de la sympathie pour l'idée qu'il faut tester les limites de l'économie.
01:43Il faut aller voir jusqu'où on peut pousser la réduction du chômage
01:47et l'augmentation du taux d'emploi.
01:49Parce que les Américains appellent la stratégie de la haute pression.
01:51Et ça donne des résultats aux États-Unis.
01:53La grande différence, c'est qu'en France, on est dans une union monétaire.
01:56Pour l'Union européenne dans son ensemble, il faut effectivement aller dans cette direction.
02:01Pour la France toute seule, je pense que ce n'est pas une bonne idée.
02:04Le problème de productivité, c'est un problème européen.
02:07L'écart de productivité avec les États-Unis est devenu extrêmement important.
02:11Les réponses, elles sont en partie européennes.
02:14Je trouve que dans le programme, il y a aussi une absence à peu près complète d'idées
02:19sur ce qu'il faut faire en Europe.
02:21C'est plutôt, on fait en France et on essaie de se protéger
02:24des mauvais coups que pourrait nous porter l'Union européenne.
02:27Je suis d'accord sur le ralentissement économique.
02:30Il vient en partie de la hausse des taux.
02:33Il y a eu un arbitrage en disant, on va refaire un peu de chômage pour juguler l'inflation.
02:38C'était un choix politique en tant que tel et c'était le choix de l'ABCE.
02:43C'est là où la trajectoire du gouvernement actuel est peu discutable.
02:46C'est qu'on ne peut pas dire, on va faire de la croissance
02:48et en même temps, on va couper les dépenses publiques fortement.
02:51La trajectoire alternative, c'est plutôt une trajectoire de relance.
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