00:00Et RTL continue bien sûr de vous faire vivre cette crise politique en vous donnant la parole,
00:07vous, les électeurs.
00:08Toute cette semaine, vous le savez, notre reporter Cindy Hubert est retournée sur ses
00:12terres dans la région de Rouen, près de Saint-Etienne, où le RN est arrivé en tête
00:16aux élections européennes.
00:18Bonjour Cindy.
00:19Bonjour Amandine, bonjour à tous.
00:20Ce matin, vous nous emmenez dans l'un des plus grands dépôts ventes Emmaüs de France,
00:24le deuxième de France, à Mably précisément, c'est tout près de Rouen.
00:28Vous avez rencontré des électeurs marqués par la peur d'être rattrapés par la pauvreté.
00:32Chez moi, Emmaüs, c'est une institution.
00:35On peut faire des kilomètres pour y passer le samedi matin.
00:38Aujourd'hui, le hangar dédié aux vêtements est pris d'assaut.
00:41J'ai trouvé une robe, des petits burquelles pour ma petite fille, 5, 6, 7, 7 euros.
00:48C'est sûr, quand on travaille tous les deux et qu'on est RNT et qu'on arrive en fin de
00:52mois, on n'arrive même pratiquement presque pas à payer les factures.
00:55Il faut choisir, c'est s'habiller, manger.
00:59Vous l'entendez, Cassandra a presque murmuré.
01:02Il y a un peu de honte d'admettre qu'il faut parfois choisir entre s'habiller et manger.
01:06Elle s'estime pourtant chanceuse.
01:08Elle a un travail qu'elle aime, auxiliaire de vie, payée au SMIC, mais les hommes politiques
01:13lui semblent complètement déconnectés de ces difficultés au quotidien.
01:16Vous pensez qu'ils ne sont jamais allés chez Emmaüs ?
01:18Non, non, ils ne sont jamais allés chez Emmaüs et je pense qu'ils n'ont jamais tiré
01:22la ficelle, arrivé à un moment où ils se disent « Tiens, aujourd'hui, je vais ouvrir
01:27le frigo et je n'ai rien à manger ».
01:29Tout le monde semble partager la même peur à mon micro, celle d'être déclassée,
01:34de dégringoler socialement, notamment pour tous ceux qui se considèrent ni riches ni
01:39pauvres.
01:40Adeline cherche désespérément du travail en comptabilité, ses droits au chômage s'arrêtent
01:45bientôt.
01:46« Maman, on est pauvres ? » lui a demandé l'un de ses quatre garçons quand il a fallu
01:50dire non à certaines dépenses.
01:52« On va faire quand même en vacances cette année, mais on n'y a pas été l'année dernière.
01:55Tout ce qu'on ne juge pas utile, des jouets, des sucreries, il y avait la fête du village,
02:02c'est deux tours de manège, je voudrais une gaufre ou une boisson, ben non, on prendra
02:07la maison parce qu'on ne peut pas tout faire. »
02:10Cindy, on entend très bien cette peur du déclassement, cette précarité aussi qui
02:14gagne du terrain.
02:15Est-ce que les bénévoles et les salariés qui travaillent à Emmaüs font le même constat ?
02:20Oui, la fréquentation d'Emmaüs suffit à s'en rendre compte.
02:231500 personnes arpentent ici les rayons en trois heures le samedi.
02:27Et puis, pour ceux qui n'ont pas les moyens de faire des achats malgré les petits prix,
02:32Emmaüs a mis en place une permanence sociale, des bonds pour des chaussures ou de la puériculture
02:37par exemple, et des prix encore réduits.
02:40434 familles ont été officiellement aidées l'an dernier, mais en réalité c'est bien
02:45plus, estime la coprésidente Françoise Poupon.
02:47Et si on n'ouvre pas un dossier à chaque coup de main ?
02:50« Cette demande de participation a été faite justement pour qu'ils ne se sentent
02:53pas totalement assistés.
02:55Parce que c'est vrai que ça peut être très gênant pour eux de venir toquer à notre
02:58porte.
02:59On croule un petit peu sous les demandes.
03:00Et c'est vrai que ce qu'on ne voyait peut-être pas il y a quelques années, effectivement,
03:03c'est des demandes d'aide pour payer l'électricité, les réparations de voitures parce qu'ils
03:08ne peuvent plus aller travailler.
03:09Et que ça fait des montants qu'on ne voyait peut-être pas forcément il y a quelques
03:13années.
03:14Les gens sont très en difficulté.
03:15Et les gens, je tiens à le préciser, puisqu'on est dans cette politique-là actuellement,
03:18ce n'est pas que des étrangers.
03:19C'est des gens d'à côté de chez nous, nos voisins, il y a des besoins énormes.
03:24»
03:25Ça veut dire, Cindy, que le thème du pouvoir d'achat va peser sur le vote de ceux que
03:29vous avez rencontrés ou pas ?
03:30« C'est même l'unique thème cité.
03:33Et beaucoup ont l'impression qu'il n'y a que le Rassemblement national qui en parle,
03:36à travers la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, par exemple,
03:41ou la réforme des retraites.
03:42Evelyne touche 573 euros d'invalidité après un cancer, après avoir travaillé toute sa
03:48vie comme aide-ménagère.
03:49« Je l'ai écouté hier, le bateau, je ne sais plus comment il s'appelle.
03:53Ceux qui ont commencé de travailler avant 20 ans pourront partir à 60 ans s'ils ont
04:01leurs 40 ans de versement.
04:03J'espère qu'il va y arriver.
04:04Moi je vais me faire taper sur les doigts.
04:06Je dis ce que je pense, moi.
04:08Evelyne votera donc RN pour la toute première fois ce week-end, comme une personne sur deux
04:13rencontrée ici.
04:14RTL événement signé Cindy Hubert, autour de cette grande peur du déclassement.
04:21Suite de notre série demain avec l'épisode 4, Sainte Inquiétude, inquiétude de ceux
04:26qui viennent en aide aux migrants.
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