00:00Open 9h30-11h avec Thomas Hill et votre invité ce matin, Thomas.
00:03Oui, je reçois ce matin Dolorès Émile, la directrice des documentaires et des programmes de flux chez Netflix,
00:08autrement dit, tout ce qui n'est pas de la fiction.
00:09Et c'est vrai que quand on pense à Netflix, on pense d'abord aux séries et aux films.
00:14Quelle place occupent les documentaires et émissions sur Netflix ?
00:17Une place importante.
00:18Aujourd'hui, on voit que notre public est très friand d'histoires vraies
00:24qui sont ancrées dans le réel.
00:26Donc, ça occupe une place très importante.
00:28Et puis, en général, un doc ou une émission, ça coûte moins cher qu'une fiction.
00:32Donc, j'imagine que l'ambition aussi à l'avenir, c'est peut-être de développer davantage ce secteur-là.
00:36On le fait déjà.
00:38Je pense que nos histoires, les séries documentaires ou les films documentaires
00:41qu'on a développés jusqu'à maintenant, sont des histoires très ambitieuses.
00:44On le fait avec des moyens, en tout cas, importants et on continue sur cette lancée.
00:49Et vous faites des programmes sur Netflix qui sont fortement aussi inspirés de l'univers de la fiction.
00:55Je pense notamment à votre série doc, la consacrée au Tour de France,
00:57dont on vient de parler avec Jean-Luc au cœur du peloton dans la saison 2,
01:01qui vient de sortir.
01:02Et c'est vrai que ça se regarde un peu comme une fiction, finalement.
01:04Exactement, c'était l'ambition.
01:06C'était l'ambition d'arriver à réunir les puristes et les touristes,
01:09de capitaliser sur les fans de cette compétition française unique
01:14et de la faire découvrir à ceux qui ne la connaissent pas du tout.
01:17Et en même temps, offrir un éclairage et une perspective
01:20complètement différente pour ceux qui pensent connaître le Tour de France.
01:25Mais la vraie différence par rapport à la fiction, c'est que vous devez tourner beaucoup plus.
01:29Au total, vous avez tourné dix mille heures pour faire cette nouvelle saison.
01:32C'est colossal, dix mille heures de tournage.
01:35Et ça représente combien d'équipes, par exemple ?
01:37Ça représente, au total, on a à peu près une centaine de personnes sur le Tour.
01:41Mais en fait, ce qu'il faut garder en tête, c'est qu'on commence à tourner bien avant.
01:44Donc toute la partie préparation qui emmène les coureurs jusqu'au Tour.
01:49Et après, on doit suivre les trois, quatre semaines
01:53intenses, sans savoir vraiment où est-ce qu'on va atterrir.
01:57On fait des paris sur certaines équipes et sur certains personnages.
02:00Mais en même temps, la réalité du Tour vous rattrape.
02:02Donc il faut être très agile.
02:03Donc c'est pour ça qu'il y a énormément de rush et de personnes sur le Tour.
02:08Et donc, est-ce que vous avez déjà prévu de tourner une saison 3 en juillet ?
02:11Est-ce qu'elle est en train de se tourner, déjà ?
02:13On est déjà sur la saison 2.
02:15On attend un peu de voir comment ça se comporte.
02:18Déjà, on est très contents.
02:20Les chiffres sont bons ?
02:22On est à dix jours, ça fait dix jours que c'était lancé.
02:24Donc on prend le temps.
02:27Mais il y a des chances d'avoir une saison 3 ?
02:29C'est en discussion.
02:31Très bien.
02:32En tout cas, cette série, elle est réalisée sur le modèle de celle sur la Formule 1.
02:36Vous en avez une autre sur le golf, une sur le tennis que vous avez arrêtée.
02:39Est-ce qu'il y a d'autres sports qui vous intéressent,
02:40sur lesquels vous voulez investir dans les années à venir ?
02:43Déjà, on va lancer le Sprint.
02:45Vous allez voir qui arrive le 2 juillet.
02:48Oui, effectivement, en fait, nous, on nous intéresse à ces sports.
02:51Il n'y a pas de formule,
02:53mais on essaye à chaque fois d'aller chercher la singularité dans le sport.
02:57La Formule 1, c'est complètement différent.
02:59Le cyclisme est encore différent du Sprint.
03:01Donc on essaye de trouver ces disciplines
03:07qui nous permettent de raconter un peu des histoires différentes.
03:09C'est impossible de le faire sur le foot ?
03:11Ce que vous faites là, au cœur du peloton, est-ce qu'on pourrait l'envisager ?
03:14Ça serait génial.
03:15Dans un vestiaire ?
03:16On adorait, mais je lance un appel à l'équipe de France.
03:22Non, après, c'est assez compliqué.
03:23Déjà, il y a les droits qui sont un peu compliqués.
03:26Et après, en termes d'accès, c'est plus compliqué
03:28parce que c'est la discipline un peu reine.
03:30Et donc, du coup, c'est beaucoup, beaucoup plus difficile.
03:32C'est plus difficile d'entrer dans un vestiaire d'équipe de foot ?
03:34C'est plus difficile parce que la particularité, en tout cas, de ces séries,
03:38c'est l'accès.
03:39Et donc, ce que je dis à chaque fois, le sport est roi,
03:41mais c'est vraiment l'accès qui prévaut.
03:43Et sans accès, ces histoires ne sont pas très intéressantes à raconter.
03:47Mais j'ai vu que vous étiez en train de produire un doc sur une affaire
03:49qui a marqué le sport français, le foot français, le scandale de Naïsna,
03:53la grève des Bleus lors de la Coupe du Monde 2010.
03:56Avec le sélectionneur de l'époque, il sera là ?
03:58Tout à fait, Raymond Domenech.
03:59Et Patrice Evra, qui était capitaine de l'époque. Et pas que.
04:03Et pas que. Et alors, ça, c'est pour quand, ça ?
04:05C'est pour 2025.
04:07Et puis, en dehors du sport,
04:10vous avez investi aussi dans la téléréalité d'Aventure
04:12avec Mauvais Joueur, présenté par Claude Decolanta.
04:15J'ai cru comprendre que les résultats n'étaient pas à la hauteur de vos attentes.
04:18Il n'y aura pas de saison 2, a priori ?
04:20Non, il n'y aura pas de saison 2, mais on continue.
04:22En tout cas, c'est une arène qui nous intéresse aussi.
04:24Je pense que c'est important.
04:25Le jeu d'aventure ?
04:26Oui, le jeu d'aventure, la téléréalité, les expériences sociales.
04:29Ça nous intéresse et on cherche, on cherche, on apprend.
04:32Et on apprend aussi avec nos abonnés
04:35leur manière de consommer ce type d'émissions sur Netflix.
04:40Est-ce qu'un talk show, par exemple, sur Netflix,
04:42c'est quelque chose d'envisageable, un jour ?
04:44Alors, tout est possible.
04:47Il faut juste le réinventer, en fait, pour Netflix.
04:50On est sur un modèle non linéaire.
04:52On n'est pas sur une diffusion, sur des diffusions plus classiques
04:57qu'on peut avoir sur des chaînes concurrentes.
04:59Donc, c'est vrai que c'est possible, mais il faut arriver à le réinventer.
05:02Il ne faut pas que ce soit de la télé sur Netflix.
05:04Exactement.
05:04Ça ne marcherait pas.
05:04Mais j'en rigolais tout à l'heure, mais est-ce que votre objectif à terme,
05:07c'est vraiment d'éteindre la télévision de papa, d'éteindre TF1, France Télévisions ?
05:11Non, non. Et puis, je pense que c'est très complémentaire.
05:14Et on le voit aujourd'hui avec Tours de France.
05:17On travaille avec France Télé qui diffuse la course, et nous, on diffuse la série.
05:23Donc, je trouve que c'est très complémentaire, en fait.
05:24Je pense que ça répond à des besoins qui sont différents.
05:27Il y a une forme de liberté, en fait, qu'on apporte avec notre modèle.
05:33Mais aujourd'hui, la télé, elle existe.
05:35Et en fait, elle a encore de beaux jours.
05:37Vous avez une vraie différence, vous, avec la télé,
05:38c'est que vous avez des données qui sont bien plus précises
05:40que les données de médiamétrie qui peuvent être fournies à TF1
05:43ou France Télévisions, par exemple, ou M6.
05:45Vous, vous savez précisément ce que les gens regardent,
05:48à quel moment, quand est-ce qu'ils décrochent,
05:50qu'est-ce qui les intéresse, qu'ils ne les intéressent pas.
05:52Quelle influence ça a sur le choix, les choix que vous faites,
05:55les choix de programme que vous faites ?
05:57Une influence trépondaire.
06:00C'est vraiment ce qui nous guide, en fait, dans tous nos choix.
06:04On regarde vraiment le comportement des abonnés.
06:07Et pour nous, c'est vraiment ce qui nous guide,
06:09ce qui nous permet de comprendre leur goût,
06:10ce qu'ils regardent en France, ce qu'ils regardent à l'étranger.
06:12Donc, c'est vraiment un outil qui est formidable.
06:15C'est ce qui décide d'une saison 2 ou pas, d'un événement.
06:17Exactement, on est vraiment, je le dis avec beaucoup d'humilité,
06:21on suit les goûts de nos abonnés.
06:23Donc, ce que vous retrouvez sur Netflix,
06:26en fait, c'est souvent le reflet de ce qu'ils aiment et ce qu'ils regardent.
06:29Bon, restez avec nous, Dolorès et Emile,
06:30pour suivre l'actualité des médias dans un instant.
06:32Oui, le journal des médias de Julien Pichenay arrive dans un instant sur Europe 1
06:35et l'entente n'est visiblement plus très bonne entre Inès Reg et TF1.
06:39Après Danse avec les stars et Mask Singer, l'humoriste devait,
06:43on en avait parlé ici, souvenez-vous, tourner un téléfilm pour TF1.
06:46Mais finalement, le téléfilm se fera sans elle.
06:49Julien Pichenay vous explique tout dans un instant.
06:51A tout de suite sur Europe.
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