00:00Il est 7h12 sur Europe 1, bonjour Astrid Panossian.
00:02Bonjour.
00:03Bienvenue sur Europe 1, vous êtes députée sortante Renaissance de Paris,
00:07candidate à votre réélection, nous sommes à dix jours du premier tour des législatives.
00:11Astrid Panossian-Bouvet, comment se passe la campagne dans votre camp ?
00:15Il y avait une séance de motivation hier je crois au siège de Renaissance
00:19en présence du Premier ministre Gabriel Attal, j'imagine que vous étiez présente.
00:22Alors non, je n'étais pas présente parce que j'étais d'abord à la manifestation
00:27au rassemblement avec beaucoup de mes collègues,
00:29j'espère que nous pourrons en parler dans l'hôtel de ville contre l'antisémitisme
00:33où le collectif nous vivrons.
00:35Et puis moi j'avais prévu des réunions d'appartements
00:37que je voyais mal annulées au dernier moment.
00:39La campagne ce n'est pas au siège du parti, c'est sur le terrain.
00:41C'est sur le terrain, alors en tout cas je ne voulais pas annuler mes engagements
00:45par respect à la fois pour les personnes qui m'invitent
00:48et qui avaient envie d'échanger avec moi et échanger leurs inquiétudes dans cette situation.
00:52Racontez-nous comment ça se passe ces réunions d'appartements,
00:54j'imagine que si on vous fait entrer chez soi
00:56c'est qu'on est plutôt favorable.
00:58Comment ça se passe ?
01:00Quelle est la tonalité générale ?
01:02La tonalité c'est une inquiétude très forte
01:06parce qu'on est en train ensuite à la décision de dissolution du Président de la République
01:10et je me suis publiquement exprimée sur cette décision.
01:14Rappelez-nous ce que vous avez dit pour les auditeurs.
01:16J'ai dit que je ne comprenais pas cette décision
01:18et qu'on ne jouait pas avec la démocratie
01:20et la stabilité économique sur un coup de dé.
01:23Le Président joue avec la démocratie vous pensez ?
01:25Oui je le pense.
01:27Il faut vraiment écouter les électeurs
01:29qui sont très inquiets de la situation
01:31qui ont l'impression qu'on est en train de danser sur un volcan.
01:33Donc moi je fais une campagne
01:35où j'entends les inquiétudes
01:37et je veux réitérer ce besoin absolu
01:41qui existe dans d'autres pays
01:43mais qu'on n'a pas malheureusement en France
01:45d'avoir des hommes et des femmes qui à un moment donné
01:47se mettent d'accord ensemble
01:49malgré leurs différences, malgré leurs histoires politiques différentes
01:52pour se retrousser les manches
01:54sur la question de la sécurité
01:56du rétablissement de l'autorité, du travail
01:58des déserts médicaux et de l'école de nos enfants.
02:00Voilà tout un programme
02:02mais j'insiste, ce n'est pas du tout dans le but
02:04de chercher à creuser
02:06des différences ou en tout cas
02:08une hostilité qui pourrait naître
02:10entre Renaissance, la base du parti,
02:12vous les élus de terrain et le Président de la République
02:14mais c'est quand même l'impression que ça donne
02:16aujourd'hui il y a un fossé qui s'est creusé
02:18entre le Président et vous aujourd'hui les élus, le parti.
02:21Moi je me suis...
02:23Moi je n'ai pas de langue de bois
02:25je dis simplement les choses telles que je les ressens
02:27et telles que beaucoup
02:29de nos compatriotes les ressentent
02:31dans cette incompréhension de la décision qui a été prise
02:33elle est très largement partagée.
02:35Vous avez lu ce que disait François Bayrou, démacroniser le macronisme
02:37démacroniser la campagne quand même.
02:39Il faut qu'on revienne
02:41non pas aux personnalités
02:43à la psychologie
02:45il faut qu'on revienne au problème
02:47et au ressentiment.
02:49Est-ce que ça donne envie à l'électeur vous croyez
02:51de sentir cette distance
02:53que vous mettez vous-même
02:55avec celui qui est l'incarnation
02:57quand même du mouvement macroniste
02:59à Emmanuel Macron lui-même ?
03:01Moi ce que j'entends c'est
03:03ce que j'ai entendu c'est
03:05je suis soulagée Astrid que vous représentiez
03:07parce que vous aviez une voix singulière
03:09à l'Assemblée Nationale, vous étiez capable de faire
03:11du transpartisan et moi je souhaite
03:13aux députés LR avec lesquels je travaillais
03:15comme une députée sociodémocrate
03:17bonne chance dans cette élection
03:19parce que c'est de ça dont on a besoin
03:21c'est vraiment de ça dont on a besoin et parce qu'on peut se mettre d'accord
03:23et c'est pas du dépassement
03:25c'est pas du en même temps
03:27c'est pas de la moyenne
03:29tiède, c'est se mettre
03:31d'accord en reconnaissant ses différences
03:33pour traiter les problèmes et il y en a.
03:35Vous avez dit Astrid Panossian-Bouvet qu'hier soir
03:37vous étiez à ce rassemblement Place de l'Hôtel de Ville
03:39à Paris contre l'antisémitisme
03:41la campagne en effet est percutée par cette affaire
03:43de viol en réunion à courbe voie d'une fillette
03:45de 12 ans et j'insiste
03:47violée parce que juive
03:49par trois garçons de son âge
03:51parce qu'elle aurait eu, je cite l'un d'entre eux
03:53de mauvaises paroles à propos de la Palestine
03:55en réponse le Président propose
03:57un temps d'échange dans les écoles dès cette semaine
03:59est-ce que c'est la bonne mesure vous pensez ?
04:01Il faut le faire
04:03mais c'est pas la seule bonne mesure, il faut quand même se rappeler
04:05c'est l'horreur du viol d'un enfant
04:07et l'ignominy de l'antisémitisme
04:09avec la concentration à la fois
04:11des clichés de l'antisémitisme
04:13traditionnel
04:15on a demandé à cette petite fille 200 euros
04:17parce que c'est connu les juifs ont de l'argent
04:19on s'est senti sali
04:21parce qu'on est sorti avec
04:23une petite fille juive
04:25et surtout
04:27elle a mal parlé de la Palestine
04:29donc je pense qu'il faut être
04:31beaucoup plus ferme
04:33le ministre de la justice était là hier
04:35en disant qu'il avait renforcé
04:37les circulaires pour les procureurs
04:39on a aussi
04:41mis en place une équivalence entre
04:43antisionisme et antisémitisme
04:45parce que la délégitimation de l'état d'Israël
04:47ce n'est pas possible
04:49il y a eu des paroles très fortes enfin
04:51qui ont été dites contre
04:53la France insoumise qui je pense
04:55a une responsabilité parce que
04:57de l'antisémitisme d'ambiance et d'atmosphère
04:59qui se fait sur
05:01les préjugés, sur la délégitimation
05:03de l'état d'Israël, on en arrive
05:05aux actes. Mais plus sérieusement
05:07l'antisémitisme c'est
05:09le symbole d'une société qui est malade
05:11et donc je pense qu'il faut qu'on le dise ici
05:13l'antisémitisme c'est pas que la question
05:15de nos compatriotes
05:17de confession juive, c'est une question
05:19qui doit nous concerner tous
05:21et moi je pense qu'il faut qu'on fasse de l'antisémitisme
05:23de la lutte contre l'antisémitisme
05:25une grande cause nationale
05:27ça nous concerne tous
05:29Alors venons-en aussi à ce qui va faire l'actualité du jour
05:31le premier ministre va présenter
05:33Gabriel Attal à 9h le programme
05:35du camp présidentiel, au même moment
05:37les chefs de parti
05:39les représentants de toutes les
05:41forces politiques vont être auditionnés
05:43grand oral devant les organisations
05:45patronales, on parle d'économie
05:47mais de manière un peu désespérante quand même dans cette campagne
05:49Astrid Panossian-Bouvet, on a l'impression que tous
05:51les programmes finalement sont très faibles et
05:53irréalistes, en tout cas c'est les accusations
05:55que chaque parti adresse aux deux autres
05:57et on a en plus cette procédure
05:59pour déficit excessif qui vient d'être lancée par
06:01l'Union Européenne, c'est la cata
06:03Astrid Panossian-Bouvet ?
06:05Je reprenais cette expression
06:07qui m'a été dite hier en réunion
06:09d'appartement, on a l'impression de danser
06:11sur un volcan et effectivement les français
06:13en tout cas ceux que j'ai vu hier ont un peu du mal
06:15avec le festival de toutes ces propositions
06:17je pense qu'il faut simplement
06:19rappeler que
06:21les entreprises et les économies
06:23l'économie pardon, ils ont besoin
06:25de stabilité et de lisibilité
06:27il n'y a rien de pire
06:29c'est un peu loupé
06:31il n'y a rien de pire que ce soit pour
06:33l'artisan,
06:35le commerçant
06:37comme une entreprise plus grande
06:39d'avoir une telle
06:41imprévisibilité
06:43et donc je pense que ce qu'il faut
06:45dire c'est d'abord d'entendre
06:47le message des français sur la question de la sécurité
06:49de l'autorité, mais c'est de
06:51continuer à être sur une forme de stabilité
06:53et de prévisibilité
06:55et je pense que c'est quand même ça
06:57qui a été un gage pour la politique
06:59économique jusqu'à présent. Je vous fais réagir
07:01également à ce qui a été fait quand
07:03vous vouliez rajouter quelque chose ? Non, je voulais rajouter quelque chose
07:05c'est à dire que
07:07moi je suis très inquiète vraiment
07:09et ça a été dit, je ne suis pas la seule
07:11mais du risque de décrochage
07:13économique de la France
07:15en cas de victoire
07:17soit du programme économique de la France insoumise
07:19et du nouveau front populaire, soit du rassemblement
07:21national. Je suis extrêmement inquiète
07:23et je n'ai pas envie qu'on paye pour voir
07:25je n'ai pas envie qu'on paye pour voir. Mais l'explosion de la dette
07:27l'accroissement de 10% de la dépense publique
07:29au premier trimestre par rapport à l'année dernière
07:31c'est aussi très inquiétant
07:33et ça c'est l'équipe au pouvoir actuellement
07:35C'est aussi très inquiétant
07:37Est-ce que c'est mieux avec les macronistes qu'avec les autres ?
07:39C'est très inquiétant, ça reflète
07:41et je discutais un petit peu avant, cette addiction
07:43française à la dépense publique
07:45ça fait depuis 50 ans qu'on n'a pas de budget
07:47en équilibre. Et un ministre
07:49depuis toujours, s'est toujours vécu
07:51comme j'ai un budget en augmentation
07:53donc ça, ça ne va plus, il faut travailler
07:55sur la réforme de l'Etat et la réforme de
07:57l'action publique. Mais ce qui est très
07:59inquiétant, c'est l'imprévisibilité
08:01accrue de ce
08:03programme, de ces différents programmes
08:05qui risquent d'aboutir à un vrai
08:07décrochage de l'économie française.
08:09On en parlera de l'économie française d'ailleurs avec Bruno Le Maire
08:11qui sera à 8h10, je vous rappelle l'invité de Laurence Ferrari
08:13Merci Astrid Panossian-Bouvet
08:15d'être venue nous voir ce matin sur
08:17Europe 1. Je rappelle que vous êtes députée sortante
08:19de Paris, candidate à votre réélection. Dans votre
08:21circonscription, vous affronterez
08:23Geoffroy Boulard pour LR, Arnaud Dassier
08:25pour le RN, Théa Fourdrigny pour le
08:27Nouveau Front Populaire, Olivier Courtois pour
08:29Reconquête, mais aussi Karim Britel,
08:31Emile Mailleu, Pierre Levenard,
08:33Guillaume Cardon et Laetitia Laurent.
08:35Merci à vous, bonne journée. Merci et bonne journée à tous.
08:37Il est 7h20 sur Europe 1, dans un instant
08:39l'édito éco.
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