00:00Retour sur le plateau de première édition, il est quasiment 7h20, on accueille Bernard Sananès, le président des LAB. Bernard, bonjour.
00:05Bonjour Bernard.
00:06Pour la séquence de campagne du jour, ça se passe au Péreux-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, c'est près de Paris.
00:11Gabriel Attal est en campagne, et il est interpellé par un sympathisant.
00:16Bonjour, je vous serais d'avance, parce que vous, vous êtes garçons.
00:20Mais il faudrait que vous repreniez ce que vous avez fait.
00:23Vous avez compris ?
00:24Ouais.
00:25Vous savez, là, c'est une élection législative, qu'on vote pour le Premier ministre.
00:30Non, comprenez-moi, vous êtes bien, vous êtes très bien dans l'éducation nationale.
00:35Pour l'instant, ça va bien.
00:37Mais alors, le président, c'est lui qui nous fait en la merde.
00:40C'est tout.
00:41Bon courage.
00:45Bernard, c'est très intéressant de reprendre les mots de Gabriel Attal, qui dit, là, on vote pour le Premier ministre.
00:52Dans les enquêtes élables que vous menez, là, depuis neuf jours, est-ce qu'Emmanuel Macron est un handicap pour son propre camp ?
00:59La réponse, parce qu'on a posé la question exactement comme ça, il y a huit jours, la réponse est oui.
01:03On a plus de 7 Français sur 10, 72% exactement, qui nous disent oui, Macron est un handicap pour son camp.
01:08Et ce qui est plus intéressant, c'est de voir que même dans son électorat, dans ceux qui ont voté pour lui à l'eau présidentielle,
01:13ils sont près de 4 sur 10 à faire la même réponse.
01:16Donc on voit bien que le dynamisme, l'attractivité du macronisme souffre aujourd'hui.
01:21Et ça a des impacts électoraux, ça a des impacts aussi sur les ralliements.
01:24Vous n'allez pas vous rallier à un président qui est devenu impopulaire.
01:27Ça, c'est un point qui compte aussi dans la dynamique électorale.
01:30Et vous ne croyez pas si bien dire.
01:32Lorsqu'on regarde, justement, les affiches de campagne, on a compilé les affiches de campagne des différents ministres.
01:38C'est un document, d'ailleurs, d'Anne-Sarah Dubois.
01:41Il y a trois ministres seulement qui assument de poser avec Gabriel Attal.
01:46Il y en a une qui pose avec Gabriel Attal et le président de la République.
01:50C'est Marie Lebec qui est la ministre des Relations avec le Parlement.
01:55Ça dit des choses, quand même, ça.
01:56Oui, ça dit qu'aujourd'hui, le président de la République ne fait pas gagner.
01:59Et ça, c'est évidemment important par rapport à la perspective législative et du second tour.
02:05Dans son camp, on a observé que le socle électoral du premier tour reste solide.
02:10Mais par contre, le socle du second tour, lui, est atteint.
02:12On n'a plus qu'un Français sur deux qui ont voté pour lui au second tour, qui lui font confiance.
02:15Ça veut dire qu'au second tour des élections législatives, il aura du mal à avoir des reports sur ses candidats.
02:20C'est pour ça que ses candidats ne mettent pas le macronisme en avant.
02:23En fait, quand on regarde l'impopularité du président, il y a eu un président plus impopulaire que lui qui a atteint un record d'impopularité.
02:29C'était François Hollande.
02:30Mais ce qu'on observe pour Emmanuel Macron, c'est que c'est plus long et que ça s'est construit par strates successives.
02:35Il y a eu, je fais très vite, la première strate, c'était avant même l'élection de Macron en 2017,
02:39des électeurs qui disaient de toute façon ce ne sera pas un président pour nous.
02:42Premier point.
02:43Après, il y a eu les gilets jaunes.
02:44Là, notamment chez les classes moyennes, on a eu un éloignement qui était lié à la colère.
02:48C'était le président des riches.
02:49C'était les mesures qui avaient été prises et qui étaient très impopulaires.
02:52Et puis, depuis 2022, il y a un troisième phénomène qui vient s'additionner.
02:55C'est les déçus du macronisme.
02:57Ceux qui ont voté pour lui en 2017 ont même revoté pour lui en 2022 et qui se disent on ne le reconnaît pas,
03:02on ne reconnaît pas la dynamique de ce second mandat.
03:04Eh bien, les affiches que l'on voit, ça dit aussi ça.
03:06Ça dit que ce second mandat n'a jamais pour l'instant trouvé de perspective et de débouché politique.
Commentaires