00:00On accueille les championnats de France et c'est évidemment excitant, c'est en même temps angoissant
00:10parce qu'on a tous envie de réussir la fête, mais c'est un rêve qui devient totalement réalité.
00:17Je suis moins fatigué quand je prends un micro que quand je suis à rien faire. Alors quand on
00:22dit que le travail c'est la santé, j'ai bien l'intention de le penser et de le mettre en
00:27valeur. Mais j'ai encore quelques objectifs pour 2025 et 2026, voilà ce que je peux dire aujourd'hui.
00:35Daniel Mangias, tu nous l'avais annoncé en exclusivité sur Cycliques Macu en fin d'année
00:39dernière, ces championnats de France 2024 seront tes derniers, derrière le micro, un jubilé à
00:45domicile et un chiffre assez fou, 50 ans, 50e championnat dans ton immense carrière, ça donne
00:51un peu le vertige, non ? Je me dis surtout qu'un demi-siècle ça passe très vite, parce que je l'ai
00:59toujours dit, la passion est quelque chose qui demeure du début à la fin, quand on est évidemment
01:04un vrai passionné. Là c'est une pure coïncidence, parce qu'on avait plutôt postulé pour 2023, mais
01:12Kassel qui était plus ancien, donc dans une demande de championnat de France, la candidature était
01:19plus ancienne à une des championnats en 2023, on les a en 2024, et sur le coup je n'y avais pas pensé,
01:25mais ça m'est revenu que j'avais fait mon premier championnat de France il y a 50 ans à Montpinchon,
01:30dans les rangs amateurs, le vainqueur était un coureur de Nice, Rachel Dard, et le podium était
01:37complété de Christian Céznec et de Jean Chasson. Donc 50 ans après, je fais mes 50 ans de championnat
01:44de France dans le même département qu'est le département de la Manche, puisque Montpinchon
01:48est également une localité du 50. C'est assez fou, on peut se dire que la boucle est bouclée, on se
01:55demande presque si le scénario n'a pas été écrit juste pour toi au final. Non, justement il n'a pas
02:00été écrit, mais je peux dire que les planètes se sont alignées et c'est génial, d'autant plus que
02:07ça va être un moment historique, puisque c'est la première fois depuis la création des championnats
02:12de France, en 1907, que le championnat de France vient se dérouler dans l'ex-Masse Normandie,
02:19c'est-à-dire Manche, Orne, Calvados. Aucun de ces trois départements n'avait obtenu les championnats,
02:26ou n'avait vu se disputer sur leur territoire les championnats de France professionnels,
02:32et là c'est donc la Manche. Et la coïncidence est double, c'est que le seul normand champion
02:37de France dans le peloton professionnel était de la Manche, c'est Raymond Delisle qui avait
02:42obtenu le titre en 1969. Tu nous as parlé de tes débuts en 1974, mais peux-tu nous raconter
02:49un peu comment ça s'est fait, comment tu en es arrivé à commenter ces premiers championnats de
02:52France, qui après, 50 ans plus tard, tu es toujours là, mais tes débuts, c'est venu comment au final ?
02:58Il y avait Albert Bouvet, qui était directeur adjoint du Tour de France, ancien champion,
03:03qui avait gagné Paris-Tour, quintuple champion de France de poursuite, qui m'avait fait venir sur
03:09le Tour de France en 1974 pour la voiture information, c'est-à-dire la voiture qui
03:13précède le peloton de 5-10 minutes et qui annonce les informations. Et puis j'ai commenté également
03:20l'arrivée victorieuse de Raymond Poulidor au plat d'année, lorsque le speaker est tombé en
03:25peine de voiture. J'ai fait les départs contre la montre, et la Manche a suivi évidemment le Tour
03:31de France. Et comme je suis manchois, d'emblée les amis de Perrier Sport, le club de Raymond
03:37Delisle justement, et du comité des fêtes de Montpachon, m'ont proposé d'animer les championnats
03:43France amateurs, qui avaient lieu une semaine après l'arrivée du Tour de France. Et c'était
03:49mon premier championnat, j'en garde un souvenir. J'ai l'impression que c'était hier, parce que ma
03:55femme, quand elle m'envoie faire les courses, j'oubliais la moitié des choses à ramener. En
03:59revanche, les lieux que j'ai visités, les courses que j'ai commentées, je les ai gardées au plus
04:05profond de ma mémoire. Je me rappelle évidemment de cette journée à Montpachon, qui avait été un
04:10immense succès populaire, ce qui sera le cas également du 23 juin prochain. Et à l'époque,
04:15tu te projetais comme ça sur 50 ans, c'est quelque chose que tu aurais pu avoir en tête ou pas du tout ?
04:20Non, non, j'avais même répondu à un journaliste, j'arrêterais à 50 ans. Et puis finalement, je
04:26crois que c'est un métier, une passion. Il y a la passion amoureuse, il y a la passion de la
04:32profession. Moi, j'ai la chance d'avoir fait toute ma vie le métier que je rêvais de faire
04:38quand j'avais 3 ou 4 ans. Mes parents m'ont toujours dit que les premiers mots que j'ai dit
04:42après papa, maman, c'est « Robic Bobé », qui étaient les champions de l'époque. Et je prenais
04:49un tube d'aspirine vide et je commentais quand j'avais 3 ou 4 ans. Donc, je ne pensais pas que
04:54je serais là 50 ans après. En revanche, avec Henri Pigeon qui m'a mis un peu la main au micro,
05:02je ne dis pas le pied à l'étrier, mais la main au micro. Donc, on avait l'idée un jour de se dire
05:08qu'on accueillerait bien les championnats de France. C'était un rêve, comme se fit un rêve
05:12également d'accueillir le Tour de France le 14 juillet 2002 pour une étape entre deux
05:18lieux, deux hauts lieux du cyclisme, Saint-Martin-de-Landelles et Ploué, un 14 juillet qui
05:24plus est. Et puis, 22 ans après, on accueille les championnats de France. C'est évidemment
05:31excitant. C'est en même temps angoissant parce qu'on a tous envie de réussir la fête. Mais c'est
05:38un rêve qui devient totalement réalité. Et le bonheur que j'ai, il est partagé par tous les
05:44habitants du Sud Manche et par tous les habitants du département de la Manche. Justement, venons-en
05:50à ces championnats de France de Saint-Martin-de-Landelles. Tu sens l'engouement monter
05:54autour de chez toi, dans ta ville, dans le département de la Manche ? Oui, dans ma petite
05:59commune, il y a 1200 habitants et sur 1200 habitants, 400 sont bénévoles. La commune
06:08est déjà tapissée de drapeaux bleu, blanc, rouge depuis 15 jours. Et la pression, je la sentais
06:14monter parce que Gilbert Daniel, ancien grand cycliste, vainqueur du Tour de la Manche et
06:19deuxième d'un Tour de la Vienne derrière Stéphane Roche, est le président du comité d'organisation.
06:23Et depuis deux ans, avec François Lancel, avec Brigitte Michel, la mairesse de Saint-Martin-de-Landelles
06:31et toute une armée de bénévoles dirigés par ces trois généraux, travaillent au quotidien pour
06:38réaliser une belle fête. Donc, si on devait comptabiliser les heures effectuées par les
06:43bénévoles depuis deux ans, je crois que le budget serait évidemment très très lourd.
06:48Là, on est dans les cordes grâce au travail effectué justement par les 400 bénévoles et le
06:55soutien évidemment majeur de la communauté d'agglomération Mont-Saint-Michel-Normandie
07:00et évidemment du département de la Manche. Alors, venons-en un peu aux sportifs. J'imagine
07:06que tu dois connaître ces routes par cœur. Parle-nous un peu du tracé, du parcours. Qu'est-ce
07:11que tu en penses, toi ? Où est-ce qu'on va en venir ? C'est un parcours de puncher. Il
07:17développe 16 kilomètres, un petit peu plus de 16 kilomètres. Il y a quatre côtes, la Côte de
07:23la Vallée, enchaînement immédiat avec la Côte de la Pigeonnière, puis ensuite on attrape la Côte
07:29des Biars, là où Miguel Indurain avait attaqué pour la première fois dans le Tour de France en
07:341986 avec une arrivée à Saint-Hilaire-du-Harcouet. Et puis, on a trois kilomètres de faux plat
07:40montant. Pour terminer, les trois côtes sont relativement brèves. Elles font un kilomètre
07:45pour la Côte des Biars, la Côte de la Vallée, 700 mètres pour la Côte de la Pigeonnière avec
07:50un pourcentage moyen de 6 à 7 %. C'est donc un parcours de puncher et on sait que la qualité
07:59première des croix français, c'est peut-être justement d'être avant tout des punchers. Donc,
08:04je pense qu'on va avoir une course débridée, très ouverte et les croix qui ont l'habitude de faire
08:10la polynormande, puisque le circuit que nous avons là est à 80 %, le circuit de la polynormande,
08:16savent, étant donné les nombreuses relances qu'il y a sur le parcours, qu'il faut faire la course en
08:21tête tout au long de la journée. Je pense que pour cela, le départ d'Avranches nous amènera à Saint-Martin
08:28après 25 kilomètres et je peux penser déjà que dans la Côte des Biars, on devrait avoir une échappée
08:34qui devrait se dessiner après 25 kilomètres de course. Donc, une course de puncher. Les spécialistes
08:41de classique seront à leur avantage. Alors Daniel, tu nous parlais des punchers. Évidemment,
08:46pour ton jubilé, on peut se douter que le rêve, ce serait de voir un normand champion de France
08:51chez toi et a priori, vu le parcours, ils sont nombreux à pouvoir le faire. Qu'est-ce que tu en
08:56penses ? Voilà, pour mon jubilé, beaucoup l'ont dit. Moi, je n'aimais pas le terme jubilé,
09:02mais j'ai appris que 50 ans, c'était un jubilé. Donc, on ne peut pas faire autrement. Je voudrais
09:09dire que je continuerai d'animer parce que c'est un vrai plaisir. J'ai un projet dans la tête où
09:16je pourrais mettre le clap de fin. Le clap de fin définitif, ce serait évidemment Saint-Martin de
09:19Londres, mais je ne dis pas quand parce que sinon, il va y avoir de… Non, j'ai toujours la même
09:25envie. J'ai une forme physique. La force, non. La forme physique, indiscutable. J'ai toujours la
09:31même envie de faire ma valise, un petit peu moins de voyager, mais surtout de rencontrer le public,
09:36les coureurs et les organisateurs. Donc, je vais continuer d'animer, mais c'est vrai que j'ai fait
09:41le plus important de ma carrière. Alors, je reviens à la question que tu m'as posée. Pour mon jubilé,
09:49on a la chance d'avoir une génération normande brillante, une génération bretonne qui l'est
09:55également. Donc, comme nous sommes à Saint-Martin de Londres, carrément un pied en Normandie,
09:59un pied en Bretagne, puisque nous sommes une commune limitrophe avec trois communes bretonnes,
10:05qui sont Saint-Georges de Rintemps, Monteaux et Louvigny-du-Désert, le coin d'Albert Bouvet
10:10justement. Donc, il y aura évidemment un très très grand public, mais je ne pense pas me
10:16tromper. Je ne sais pas s'ils obtiendront le titre, mais les Normands, les Bretons et le pays de la
10:21Loire, puisqu'on est au carrefour des trois provinces. D'ailleurs, il y avait une course qui
10:25s'appelait le circuit des trois provinces. On est à 8 km de la région pays de la Loire, on touche
10:32la Bretagne et on est en Normandie. Donc, je crois que les trois régions que j'ai incitées devraient
10:38jouer les premiers rôles dans ces championnats de France, avec du côté des pays de la Loire des
10:44coureurs comme Mathieu Burgodeau et beaucoup d'autres également. Donc, la Bretagne évidemment,
10:49avec Valentin Madouas, dont la famille maternelle, donc sa grand-mère, est habitée à 5 km, 7 km de
10:59Saint-Martin-en-Lendel, à Aisigny-le-Boîte et sa compagne Nathalie est originaire d'Avranches,
11:05à côté de Val-Saint-Père, où seront donnés les départs des championnats de France d'âmes
11:11et professionnelles hommes. Donc voilà, je crois que Breton et Normand vont être durs à battre.
11:18Il y a Paul Laperra, qui est le régional, qui habite carrément sur le circuit. Je regrette que
11:23Mickaël Chérel ne soit plus dans le peloton, puisqu'il aurait été évidemment le régional.
11:28Il y a Benoît Cosnefroy, il y a Kevin Vauclin, Guillaume Martin, Anthony Delaplace qui disputera
11:35un énième championnat de France. Les Bretons avec Olivier Legat, qu'on retrouve également d'autres
11:44coureurs capables de réaliser un très beau parcours. David Goddou peut trouver un parcours
11:50qui peut lui convenir. Je pense que ça va être une belle fête où les Normands et les Bretons vont
11:58évidemment se mélanger pour permettre les deux régions l'esprit-fête. Je pense que ça va être
12:08intéressant. On ne te soutiendra pas un monde favori ? Tu ne veux pas te mouiller sur un coureur
12:14en particulier ? Je pense, on parle évidemment de Benoît Cosnefroy, il réalise une saison
12:21époustouflante. Il va avoir le désavantage d'avoir la pancarte dans le dos. C'est vrai que c'est un
12:26circuit taillé sur mesure pour lui. Il a déjà gagné la Polynormande, il a fait deuxième d'une
12:32autre et justement derrière Valentin Madouas, donc ce sont les noms, moi je discute beaucoup
12:37avec les gens de ma région, donc du département de la Manche, ce sont les noms qui reviennent le
12:41plus. Il y a un nom qui revient également, c'est celui de Axel Lorenz, le champion du monde de la
12:49catégorie espoir, qui vient de gagner le Tour de Norvège et dont le papa avait habité à Saint-Martin-de-Landelles.
12:56Il sera un petit peu le régional, comme Clément Davy qui sera le régional du
13:02Contre-la-Montre, puisque sa belle famille est à Saint-Martin-de-Landelles. J'ai regardé au bas mot,
13:07pour moi il y a 30 coureurs qui peuvent gagner. Guillaume Martin fait partie de ceux-là, même
13:12s'il aurait souhaité une côte un petit peu plus longue. Alexis Goujard est un puncher, il ne faut pas
13:17l'oublier également. Damien Touzé, Christophe Laporte est un coureur capable de briller sur
13:24le parcours. Alexis Renard également, donc il y a vraiment de très nombreux coureurs. Valentin
13:30Ferrand, qui a déjà fait deux fois deuxième de la polynormande, à la différence de Kassel. C'est
13:36un circuit difficile, mais qui n'éliminera pas tous les concurrents. Je pense qu'on aura
13:42sur la ligne de départ, sur les 160 coureurs que nous avons au départ, pour moi il y en a 40 qui
13:49peuvent viser le podium et le titre. On a hâte d'assister à ça et tous les yeux seront tournés
13:53vers Saint-Martin-de-Landelles la semaine prochaine évidemment, avec Daniel Monjas au commentaire.
13:59Pour conclure, tu as déjà peut-être un peu répondu tout à l'heure à la question, mais tu adhères
14:03au France, mais rassure-nous Daniel Monjas, parce que le monde du cyclisme n'est pas encore prêt,
14:07les passionnés ne sont pas encore prêts, tu n'es pas totalement prêt de partir à la retraite et
14:12de laisser le vélo de côté. Disons que j'ai un copain qui m'a dit écoute c'est ton ADN,
14:20donc ça te donne de l'adrénaline, tu as besoin de ça, ça fait partie de toi. J'avais 3-4 ans,
14:26je savais ce que je voulais faire, alors que je n'avais jamais vu le Tour de France à la
14:30télévision, puisque en 53, quand Louis-Homme Obé gagne son premier Tour de France, j'avais 4 ans,
14:36mais d'emblée je pense que j'avais dû être bercé par la radio et les commentaires de Georges
14:41Bricquet et autres, et tout de suite j'ai eu envie de faire ça. Et quand c'est une passion,
14:45que ça fait partie de ton ADN, tu ralentis, mais beaucoup d'organisateurs me disent tu
14:51continues avec nous. Tant que j'ai envie, tant que je ne suis pas déconnecté, tant que j'ai la
14:56même passion, la même envie de rencontrer les gens, la même forme physique, j'ai envie de
15:01continuer encore un petit peu. Je saurais dire quand je me retirerai, je sais que ma dernière
15:06course, si je choisis, parce que la santé peut décider, mais sinon ma dernière course sera Saint
15:12Martin de Londres, mais j'ai encore quelques objectifs pour 2025 et 2026, voilà ce que je
15:19peux dire aujourd'hui. Sûrement ralentir et puis me faire accompagner, j'ai beaucoup de plaisir à
15:26partager le micro avec les collègues, et puis j'ai besoin de ça. Je vais dire un truc qui doit
15:36arriver à tous les passionnés, je suis moins fatigué quand je prends un micro que quand je
15:42suis à rien faire. Alors quand on dit que le travail c'est la santé, j'ai bien l'intention
15:47de le penser et de le mettre en valeur. Nous voilà rassurés, merci Daniel, on suivra avec
15:52attention ce que tu nous as annoncé pour 2025 et 2026. On se quitte sur certaines annonces pour
16:00cette chronique avec Daniel, on te retrouvera évidemment la semaine prochaine en commentaire
16:04toute la semaine, on espère que ce sera une très belle fête. Je voudrais terminer en disant,
16:10venez chez nous, c'est vraiment le cyclisme, comme dirait Marc Maggio, le cyclisme c'est une
16:17église, une route autour, et bien c'est tout à fait ça à Saint-Martin-de-Landelles, avec toutes
16:21les spécialités régionales, on est normand mais on est comme les bretons du stade Rennais,
16:26chez nous c'est galette saucisse, et puis venez faire la fête avec nous, c'est un rêve qui se
16:32réalise pour moi bien entendu, mais pour tous les gens du département de la Manche, il y a vraiment
16:38une communion vers l'événement et je voudrais remercier une nouvelle fois tous les bénévoles,
16:43Gilbert Daniel, les maires, les élus, etc. qui ont fait que c'est au-delà d'un championnat,
16:49c'est véritablement un événement festif qui va se dérouler chez nous. Le message est passé,
16:55on a hâte d'y être, merci beaucoup Daniel Mangias, on se retrouve pour une prochaine
16:58chronique plus tard sur Cyclisme Actu, au revoir. Voilà, au revoir, à très bientôt.
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