00:00Il est 7h45, vous écoutez France Bleu Héros, vous nous regardez peut-être sur France 3 Occitanie
00:06chaque matin.
00:07Une question qu'on vous pose ce matin, vous allez pouvoir réagir au 04-67-58-6000.
00:11Après s'être opposé à la NUPES il y a deux ans, le maire de Montpellier, Mickaël
00:14Delafosse, a-t-il raison ou tort de soutenir aujourd'hui le Front Populaire ? On vous
00:18pose la question, d'autant plus que le maire est avec nous dans le studio de France Bleu
00:21Héros, Guillaume.
00:22Absolument, bonjour d'abord Mickaël Delafosse.
00:24Bonjour.
00:25S'excuse auprès de tous nos auditeurs, on a un petit souci technique ce matin qui vous
00:28empêche de voter via l'appli comme vous le faites tous les jours, via l'appli ou via
00:32notre page Facebook.
00:33Mais la question reste posée néanmoins et on attend vos appels au standard de France
00:37Bleu Héros pour nous dire effectivement si selon vous, Mickaël Delafosse a tort ou raison
00:42de soutenir le nouveau Front Populaire après avoir été, je disais tout à l'heure, Mickaël
00:47Delafosse, vent debout, on peut le dire, il y a deux ans contre la NUPES.
00:50Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?
00:51Aujourd'hui la situation du pays est extrêmement grave.
00:56Le 9 juin au soir, le responsable du RN appelle à la dissolution de l'Assemblée Nationale.
01:04Et le Président de la République, 20 minutes plus tard, s'est exécuté invitant les Français
01:10et les Françaises à aller voter aux élections.
01:12Mais le décision d'Emmanuel Macron était prise un peu avant que Jordan.
01:15Oui, à 18h30, il a informé le Président de l'Assemblée Nationale du Sénat.
01:22Son Premier Ministre a découvert quasiment en venant en voiture et nous assistons actuellement
01:28à un dérèglement institutionnel de notre pays.
01:31Il y a des élections et aujourd'hui l'extrême droite, je dis bien l'extrême droite est
01:37aux portes du pouvoir.
01:38Et quand vous êtes de gauche, quand vous êtes attaché à la République, la question
01:45qui vous est posée c'est comment nous protégeons le pacte républicain et donc comment nous
01:50construisons une digue.
01:52Et l'engagement de ma vie, comme beaucoup de gens de gauche, de gens modérés, du centre
01:59de la droite, c'est de considérer que c'est la République que nous avons en commun.
02:04Et l'extrême droite aujourd'hui est aux portes du pouvoir avec le risque d'isoler
02:09la France sur la scène internationale, de privatiser le service public Radio France,
02:18France Télévisions, de menacer la paix civile.
02:22Et donc quand c'est cela, les circonstances sont les suivantes, il faut ériger une digue.
02:27Et donc à gauche, il faut éviter la dispersion et créer des candidatures uniques.
02:34Et au second tour, il faudra appeler à voter pour tous les candidats du champ républicain
02:40face à l'extrême droite.
02:42C'est la constance qui est la mienne depuis toujours, c'est celle dans laquelle je crois
02:46parce que demain, Monsieur Bardella, Premier ministre, alors que la France accueille les
02:52JO, demain Monsieur Bardella, Premier ministre, alors que la France traverse des difficultés
02:57économiques, assurément, ce sera difficile.
03:00Je reviens quelques secondes sur la dissolution, qu'est-ce qu'il aurait dû faire selon
03:04vous ? Alors il n'aurait pas dû dissoudre parce que vous dites que c'est un jeu dangereux
03:06mais la défaite de la majorité présidentielle de toute façon a été annoncée pour ces
03:11européennes.
03:12Qu'est-ce qu'il aurait dû faire alors ?
03:13Non mais je crois qu'on a du mal à suivre le Président de la République.
03:18Au mois de janvier, il change Madame Borne pour mettre Monsieur Attal, il y a des élections
03:25européennes, il reçoit un camouflet talonné par la liste de Raphaël Glucksmann, dont
03:32acte, tiré sans doute des enseignements, sur sa méthode de gouvernance, surtout sur
03:36son exécutif, il fait le choix de dissoudre.
03:39La dernière dissolution à laquelle nous avons assisté, c'est celle de 1997, Villepin-Chirac,
03:47et là on se retrouve avec la victoire de la gauche plurielle de Lionel Jospin.
03:53Nous ne comprenons pas bien, et je veux le dire, quand on est le Président de la République,
04:00il faut de la sérénité.
04:02Là, avec 2-3 conseillers à l'Elysée, d'un seul coup, il aurait eu cette déclaration
04:07prononcée à Auradour-sur-Glane pour les commémorations de cette tragédie, en s'adressant, c'est
04:13vos confrères du monde qui la rapportent, j'ai mis une grenade d'égoupillet, on va
04:17voir comment ils se débrouillent.
04:19Mais enfin, il s'agit de la France, il s'agit de la France, et dans quel État va être
04:25le pays le 7 juillet au soir, et comment va-t-il être gouverné ? Nous sentons tous et toutes
04:32une très grande instabilité.
04:33Et pour ma part, clarté, je le dis, clarté, face à l'extrême droite, il faut une dignité.
04:39– Il y a peut-être besoin encore de clarifier un petit peu, Michael De La Fosse, il y a
04:42deux ans, je le disais, vous étiez contre la NUPES, vous aviez même, avec Cléber Mesquida,
04:47Président du Conseil Départemental, présenté des candidatures dissidentes à celles des
04:52candidats de la NUPES, alors on a compris ce qui a changé entre temps, mais la France
04:57Insoumise, puisqu'on assiste cette année au même attelage qu'il y a deux ans, est
05:01plus fréquentable aujourd'hui qu'il y a deux ans ?
05:03– Je vais le dire, il y a deux ans, il n'y avait pas le risque que le Front National
05:07et que l'extrême droite arrivent au pouvoir, et donc le débat démocratique pouvait avoir
05:12lieu.
05:13Moi, j'y fais part de désaccord avec la France Insoumise, elle siège dans l'opposition
05:17municipale, elle a voté contre la gratuité des transports, elle s'est opposée…
05:22– Et c'est votre opposition la plus fervente et la plus farouche aujourd'hui, vous pouvez
05:25le dire.
05:26– Elle s'est opposée à la résolution du bidonville de Seine-Neuve, elle exprime
05:32régulièrement des positions très hostiles à mon égard, c'est vrai, mais là, nous
05:38sommes face à l'essentiel, l'essentiel en France, c'est la République, et aujourd'hui
05:44l'extrême droite est aux portes du pouvoir, donc dans la démarche de Front Populaire,
05:48nous nous rassemblons pour limiter la dispersion de candidatures, parce qu'aujourd'hui,
05:54à Malbosque, à Seine-Le-Neuve, le risque c'est qu'il y ait un député RN, et donc
06:00M. Carrière, qui est France Insoumise, mais je l'ai vu, très correct, très courtois…
06:04– Député sortant de la 8ème circonscription, M. Carrière.
06:06– 8ème circonscription, merci M. Rouleau, et bien voilà, il a mon soutien, je le dis
06:12dans d'autres endroits, parce que, qu'est-ce qui est en jeu, qu'est-ce qui est en jeu ?
06:16– Nathalie Augerle, elle a votre soutien aussi sur la deuxième circonscription.
06:18– Mais il n'y aura pas de candidature dissidente, comme nous l'avons fait il y a deux ans,
06:22il faut éviter le pire, et je vais vous dire une chose, je vais vous dire une chose, quelle
06:27qu'aurait été la répartition des accords des circonscriptions, j'appellerais à voter
06:32candidat du nouveau Front Populaire, et au second tour, s'il y a des candidats de la
06:38République En Marche ou des LR qui ont clarifié leur position, j'appellerais à voter pour
06:43eux, contre l'extrême droite.
06:45Ainsi, je me suis toujours comporté, et les hommes et femmes de gauche, face à l'extrême
06:51droite, sur cette terre marquée par l'histoire des républicains espagnols, par de nombreux
06:54combats contre l'extrême droite, et bien nous devons savoir faire notre unité.
07:00– Alors les trois députés sortants et les filles évidemment sont réinvestis, Nathalie
07:03Augerle, Sébastien Romme, ainsi que Sylvain Carrière, deux circonscriptions pour le parti
07:08socialiste, et votre première adjointe, Fanny Dombrocos, qui a été députée sous l'ère
07:12Hollande, on va appeler ça comme ça, qui est de nouveau candidate sur la troisième
07:16circonscription face à la députée sortante Laurence Christol, c'était aussi une façon
07:21pour vous de vous engager également dans cette campagne.
07:25– Mais moi je m'engage dans toutes les campagnes qui ont lieu en ce moment dans les
07:29Roses, voilà, pour battre l'extrême droite, et j'en appelle à la mobilisation des électeurs
07:35et des électrices, il n'y a pas de solution satisfaisante, souvent on aimerait que les
07:39choses ressemblent, mais aujourd'hui c'est une question de responsabilité, face à un
07:43péril démocratique, face à une urgence démocratique, il faut des dispositions de
07:48salut public pour pouvoir collectivement protéger nos institutions, je veux le dire
07:53très clairement, le programme du Rassemblement National c'est l'alliance avec Vladimir
08:00Poutine qui déstabilise la paix en Europe, le programme du Front National c'est la privatisation
08:06de France Télévisions et de Radio France, et donc c'est une forme de berlusconisation
08:11générale de notre pays, le programme de l'extrême droite, c'est tout simplement
08:16une réduction des périmètres du service public, le programme de l'extrême droite
08:21c'est une incapacité à gouverner en respectant les opinions diverses.
08:27– Une dernière question Michael Delafosse, avant de reprendre, deux auditeurs, j'imagine
08:31que vous avez observé les résultats de CES sur la ville de Montpellier, ils sont les
08:35suivants, la France Insoumise 24%, le Parti Socialiste 19%, est-ce que la situation qu'on
08:41vit aujourd'hui n'est pas aussi un peu, malgré tout quand même, l'échec des partis
08:45dit de gouvernement, y compris du Parti Socialiste ?
08:48– Mais qu'il y ait une crise profonde dans notre pays c'est indéniable, la responsabilité
08:54c'est de trouver des solutions à Montpellier, moi j'essaye d'en apporter modestement
09:00sans prétention, qu'on promet la gratuité des transports et qu'on la met en œuvre,
09:05on essaye de tenir ses engagements, en faisant de l'éducation sa priorité, bien sûr
09:11que le pays est dans le trou, bien sûr que ce qu'on appelle les vieux partis ont des
09:16enjeux de se remettre en cause, mais nous ne devons pas être que dans des positions
09:21de commentateurs mais des positions d'action, on voit bien qu'aujourd'hui l'ensemble
09:25des démocraties en Europe sont marquées par ce phénomène populiste, par cette montée
09:30de l'extrême droite, ça nous oblige sur beaucoup de sujets à travailler, par exemple
09:35moi j'ai souvent reproché à la gauche de ne pas se préoccuper des questions de sécurité,
09:39je les rige en question, merci M. Rouleau, en orant des priorités, je vais bientôt
09:44présenter nos nouveaux policiers de la police des transports, de la brigade du logement
09:49social, donc un travail colossal nous attend, mais nous devons être présents et aujourd'hui
09:55il y a des élections législatives, moi j'invite chaque citoyen qui s'est abstenu
10:00à se tourner vers ce débat, on ne vote pas toujours pour le candidat qu'on adore,
10:05parfois il faut voter pour un candidat par défaut, parce que l'autre il est le pire,
10:11et l'extrême droite c'est une impasse pour le pays, c'est une abîme pour la France.
10:17– Il y a deux auditeurs qui nous attendent aussi, donc on va les accueillir.
10:21– C'est Guillaume Rouland, et pas Rouleau, il ne dit rien depuis tout à l'heure,
10:27M. Rouleau, veuillez m'excuser, mais j'ai dit, un petit café s'il vous plaît,
10:34les campagnes électorales qui sont non désirées nous réduisent nos nuits,
10:38alors je cache pas que M. Le Maire, ce mandat, c'est le Covid, la guerre en Ukraine,
10:42le choc inflationniste des élections, merci beaucoup de votre indulgence.
10:46– Karim Demartiard qui est avec nous, bonjour Karim.
10:49– Bonjour Vivian, bonjour Guillaume, bonjour M. Le Maire.
10:52– Bonjour M.
10:53– On vous écoute Karim, il a raison ou il a tort, Mickaël Delafosse,
10:56puisque c'est ça notre question.
10:57– Écoutez, moi j'ai beaucoup de respect pour M. Le Maire,
11:01parce que franchement je trouve énorme ce qu'il a fait sur Montpellier,
11:03ce qu'il est en train de faire, mais je ne comprends pas
11:06comment il arrive à changer de position, en fait vous êtes en train de se mettre
11:09dans le même État, la même image que Macron,
11:13que tous les politiques s'appellent les politiques de puce.
11:16– Pourquoi ça Karim, pourquoi ?
11:17– Parce que franchement, nous on a voté pour Macron, d'accord ?
11:21Qu'est-ce qu'il a fait Macron ? Que de la merde, excusez-moi de mot.
11:25On a voté pour la gauche, ils ont fait que de la merde,
11:27on a voté pour la droite, ils ont fait que de la merde.
11:29– C'était un peu ma question, mais je n'utilisais pas le même mot que vous juste avant.
11:32– Exactement, ça ne peut pas être pire M. Le Maire, ça ne peut pas être pire.
11:35Moi, excusez-moi, je ne suis pas pour l'extrême quel que soit,
11:39mais les Français actuellement, moi je les comprends,
11:42moi je ne vote pas pour l'extrême, mais je les comprends.
11:45On a voté pour un Président qui fait que de la merde,
11:48ils font de l'argent partout, sauf aux Français.
11:50– Karim, on a bien compris qu'on n'a pas beaucoup de temps
11:52et qu'on voudrait donner la parole à Magali,
11:54juste une réaction rapide, Mickaël Delafosse.
11:56– Mais Monsieur, moi je peux entendre votre colère,
11:59je sais que pour beaucoup de gens, les fins de mois sont difficiles,
12:03y compris les électeurs du RN, ce ne sont pas des racistes,
12:07et ils se tournent vers le RN parce qu'ils ont des colères.
12:10Mais il faut que les colères, il faut qu'on les mesure et qu'on agisse en responsabilité.
12:15Vous avez eu des mots très gentils à l'égard de l'action que je m'efforce de conduire,
12:19et je sais que tout le monde n'est pas d'accord,
12:22mais il nous faut nous dire à qui confions-nous le destin d'un pays magnifique qui s'appelle la France.
12:28Et si demain la France est gouvernée par l'extrême droite,
12:31elle sera isolée sur le plan international.
12:35Et est-ce qu'elle s'occupera sincèrement des hommes et des femmes qui travaillent,
12:39des retraités avec petites pensions ? Je ne le crois pas.
12:41Quand on fait la gratuité des transports, par exemple, c'est le cas.
12:45Dans le programme du nouveau Fropopulaire, une augmentation de 10% des APL.
12:49Voilà une mesure pour tous les gens qui ont du mal à se loger.
12:53En tout cas, la colère peut être mauvaise, conseillère.
12:56Karim, ne vous trompez pas, ne vous trompez pas.
13:00La démocratie, elle a besoin que chacun y regarde
13:03et que nous fassions des choix pour l'avenir d'un pays magnifique qui s'appelle la France.
13:07Un deuxième appel à présent.
13:08Bonjour Magali, on vous écoute Magali.
13:11Oui bonjour, bonjour monsieur le maire.
13:13Je pense que le Franc populaire ne ressemble pas à la NUP,
13:18en ce sens qu'il y a une volonté liée plus à une urgence, je suis d'accord.
13:23Mais moi, ce à quoi j'aspire absolument maintenant, c'est moins de haine.
13:28Je trouve que ces clivages permanents, ces discours d'exclusion de l'autre, je ne peux plus.
13:34Et donc je fonde mes espoirs dans le fait qu'il faut viser la paix.
13:38Je pense qu'on est quand même un peu dans une période un peu critique au niveau de l'Europe.
13:43Et je pense qu'il faut mettre tout en notre énergie vers des valeurs de fraternité, vers des valeurs...
13:50Voilà, on est au-delà des questions budgétaires, je pense que c'est des choix de société.
13:55Merci Magali, Michel Delafosse.
13:56Oui Magali, merci de vos propos.
13:59Une société plus solidaire, plus fraternelle, voilà ce que nous devons essayer de défendre.
14:04Ce week-end, c'est tenu à Montpellier, la marche des fiertés.
14:08Montpellier est une des villes qui est très engagée là-dessus.
14:12Il faut chercher à se rassembler plutôt que cultiver les divisions, les haines.
14:17Moi, quand j'entends dans certains meetings de l'extrême droite des slogans « On est chez nous », mais « Quelle violence ! »
14:23Eh bien oui, défendre la fraternité est sans doute le chemin difficile, exigeant.
14:28Et c'est ce qui va se produire le 21 juin, fête de la musique.
14:32Sans doute, il faut que le débat démocratique s'apaise.
14:36Mais aujourd'hui, il faut agir en responsabilité.
14:38C'est pour ça qu'aux hommes et femmes de gauche, nous avons évité la division des candidatures
14:43pour qu'ils puissent se retrouver sur l'essentiel, comme au second tour, nous devons nous retrouver pour la République.
14:49Merci Michel Delafosse d'être venu dans le 6-9 ce matin.
14:52Rendez-vous dans 15 jours pour le premier tour de ces élections législatives.
14:56Merci à vous.
14:57On pourrait écouter cette interview, cet entretien sur notre site internet.
Commentaires