- il y a 2 ans
Lancement du livre "Le roman retrouvé" de Alain Santacreu (coll. 'Tinbad-roman') au salon Tout-Art, le 27 avril 2024.
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00:30Caro, on y va !
00:35Tu veux que je commence ?
00:38Donc, c'est difficile de commencer, parce que je vais commencer par donner le nom d'auteur.
00:43Mais comme le nom d'auteur, c'est précisément ce que le roman, entre guillemets,
00:49ce que le roman, le récit, l'écriture, c'est plus large,
00:53vise à tuer, puisque ce que je pense avoir écrit,
00:58c'est ce que rendra Derrida le néologisme, une autotanatographie.
01:06Ce n'est pas une biographie, c'est une autotanatographie.
01:10C'est-à-dire que je présente, que je montre la mort de l'auteur.
01:17Donc, je commence par me présenter avec mon nom d'auteur, qui est Alain Santacreux.
01:25Je m'appelle Alain Santacreux.
01:28En fait, c'est un nom catalan.
01:30Et je commence déjà par voir que tuer le nom d'auteur, c'est quand même pas aussi simple qu'on le pense.
01:40Parce que faire en telle sorte que dans la littérature, il n'y ait plus de nom d'auteur,
01:46c'est le principe même de la littérature moderne.
01:49Et depuis Malarmé, on sait qu'il n'y a plus d'auteur.
01:52L'auteur, d'ailleurs Beckett, dit... qu'est-ce qu'il dit ?
01:58Il y a une formule qui dit très bien...
02:07L'auteur, ce n'est pas important.
02:10Et puis après, il ajoute, ce n'est pas tout à fait ça.
02:12Et après, il ajoute, mais qui est celui qui dit que l'auteur importe peu ?
02:19L'auteur n'importe pas.
02:21Et après, il dit, qui est celui qui dit que l'auteur n'importe pas ?
02:26Ça veut dire qu'il y a une indifférence par rapport à l'auteur.
02:28Toute la littérature moderne, elle est axée sur le texte, sur l'architecture, sur le style.
02:35Et donc, ce n'est pas aussi simple de dire, voilà, l'auteur va disparaître
02:43et l'écriture même du roman se fait à partir de cette auto-thanatographie.
02:50Parce que, là, je pense qu'il y a une conférence de Michel Foucault qui est très importante
02:56qui s'appelle Qu'est-ce qu'un auteur ?
02:59Une conférence très ancienne où il dit, alors il dit effectivement que l'auteur disparaît,
03:08mais il montre qu'il y a certains discours où le nom de l'auteur ne peut pas disparaître.
03:16Par exemple, au XIXe siècle, au XVIIIe siècle, le nom d'auteur avait disparu du discours scientifique.
03:24C'est-à-dire que la science, on ne se sentait pas l'obligation de dire tel théorêt.
03:33Enfin, théorêt, moi oui, excusez-moi.
03:35Mais disons, un texte scientifique, on n'était pas obligé de citer au XVIIIe siècle.
03:44Après, ça a été différent.
03:46Mais finalement, le discours scientifique détenait la vérité.
03:51Il y avait donc cet axiome de la vérité dont nous parlerons tout à l'heure.
03:56Cet axiome que, comment il s'appelle ? Je crois que c'est Lérins, un moine du Vème siècle.
04:09Il parle de l'axiome de la vérité.
04:12On en discutera tout à l'heure parce que lorsqu'on nous parlera,
04:17tu es posant la question sur le judaïsme et sur cette espèce de haine, syna.
04:26Ça se dit en hébreu, syna.
04:28C'est ce qu'a donné le syonisme, Talmud le dit.
04:30Il ne faut pas que je fasse trop de parenthèses parce que sinon on ne va pas s'en sortir.
04:35Nous parlerons de l'axiome, je crois que c'est Vincent de Lérins,
04:41Vincent de Lérins qui a donc écrit un texte au Vème siècle,
04:46nous en parlerons tout à l'heure, je vais vite refaire la parenthèse,
04:49sur l'axiome de la vérité.
04:53La vérité, on le verra, elle est valable toujours, pour tous et par tous.
05:00Elle doit être acceptée par tous.
05:02Et la haine va surgir du fait que le juif refuse cette axiome.
05:08Il est le seul peuple à refuser cette axiome.
05:10Je vais faire une parenthèse parce que j'y répondrai tout à l'heure,
05:14je ne vais pas y répondre tout de suite.
05:16Donc c'est une auto-thanatographie,
05:21mais il y a un contresens, ce que font les lecteurs actuels qui vont lire ce livre,
05:30c'est qu'il y a eu un premier roman qui s'appelait Opéra Palace.
05:34C'est un peu anecdotique ce que je vais dire,
05:38mais c'est important parce que c'est l'histoire de ce livre.
05:40Il y a eu un livre qui s'appelait Opéra Palace
05:43et qui a été édité par une petite maison d'édition indépendante.
05:49Est-ce qu'il y a eu un effet de cause à effet ?
05:54La maison d'édition a fait faillite.
05:57Je m'adresse à mon éditeur.
05:59C'est très dangereux d'éditer le livre de cet auteur qui s'appelle Alain Santagreux.
06:04C'est très dangereux.
06:06Mais bon, j'admire le courage de certains éditeurs.
06:09Le livre a été édité, Opéra Palace, aux éditions Alexis Farmac,
06:16qui n'existent plus puisqu'ils ont fait faillite,
06:18enfin ils ont déposé leur bilan.
06:20Il a été lu par quelques dizaines d'auteurs, de lecteurs certainement,
06:27mais il a disparu.
06:29Il a disparu et comme c'était une petite maison d'édition,
06:34il était devenu introuvable.
06:36Donc il a été édité en 2017.
06:41Et en 2019, je reçois,
06:48et ça c'est très important,
06:50je reçois un coup de fil, ou plutôt un e-mail, peu importe,
06:56d'une lectrice.
06:58Parce qu'à mon sens, c'est une lectrice qui a surgi
07:05pour rencontrer et s'adresser à l'auteur.
07:11Et donc c'est Caroline Octant qui est ici présente parmi nous
07:15et qui me dit, je tiens absolument à lire votre livre.
07:20Il a traversé, il n'est pas inconnu,
07:25je tiens absolument à le lire comme un samizdat.
07:28Et donc elle me dit, est-ce que vous accepteriez, j'ai un site,
07:33est-ce que vous accepteriez de répondre à 22 questions ?
07:37Parce que Caroline est très axée, comme moi-même, sur l'alphabet,
07:42l'alphabet hébreu.
07:44Donc il y a 22 lettres,
07:48enfin pour moi il y en a 27, parce qu'il y a 22 lettres plus les cinq finales,
07:51c'est pour ça qu'il y a 27 chapitres dans Opéra Palace.
07:55Mais bon, je vais dire qu'il y en a 22.
07:58Donc elle m'a posé des questions, 22 questions,
08:00et ça a donné lieu à un entretien qui est paru sur son site des Fictions
08:10et que j'ai mis dans ce livre.
08:13Je vais essayer d'être un peu plus court maintenant
08:15pour essayer de répondre aux questions qu'Olivier me posera.
08:19Le contresens, c'est de penser, dans Opéra Palace,
08:24lorsque je répondais aux questions de Caroline,
08:30j'ai bien dit qu'il y avait trois parties dans Opéra Palace.
08:34Dans ce livre, il y a quatre parties.
08:37Parce que l'entretien fait partie intégrante du roman.
08:42Ce n'est pas Opéra Palace que vous allez lire,
08:45c'est le roman retrouvé.
08:48Et l'entretien, par le fait même qu'il était agrafé à Opéra Palace,
08:57l'entretien est un rebouclage.
09:00C'est un rebouclage au sens cybernétique du terme, un feedback.
09:05C'est-à-dire que, si vous voulez, au niveau de la forme,
09:10ce livre, il ne faut pas être prétentieux,
09:13fait penser à ce qu'on appelle la bouteille de Klein,
09:16qui est une topologie mathématique.
09:18C'est-à-dire une bouteille, pour la décrire,
09:22je parlerais plutôt du ruban de Mobius.
09:26Vous savez, ce ruban de papier que l'on tord
09:35et on joint les embouts,
09:38ce qui fait qu'il n'y a plus d'intérieur ni d'extérieur.
09:41C'est-à-dire que la bouteille de Klein est une surface
09:45qui n'a pas d'intérieur ni d'extérieur.
09:48Ce qui va faire appel à une logique qui va rentrer en contradiction
09:52avec la logique du tiers exclu,
09:54la logique sur laquelle est basée notre propre pensée occidentale,
09:57qui est la logique aristotélicienne.
09:59Il y a une autre logique.
10:01Ce travail que je propose aux lecteurs,
10:05c'est de se travailler lui-même pour s'ouvrir au réel,
10:12au sens de la panier du terme,
10:14pour s'ouvrir au réel.
10:16Dans l'entretien avec Caroline,
10:20il y a eu l'entretien qui est paru dans Des Fictions,
10:24mais ici, il y a deux personnages
10:27qui sont la lectrice
10:31qui a interpellé l'auteur.
10:36Cette lectrice s'appelle Caroline Octon,
10:40ce qui veut dire qu'il y a un renversement thiasmatique.
10:44L'auteur, Alain Santacreux, va devenir lecteur dans l'entretien.
10:49Et oui, puisque j'ai été obligé de répondre à Caroline
10:54qui elle-même devient auteure puisqu'elle pose les questions.
10:57Elle est donc autrice des questions.
10:59Elle est électrice d'un auteur qui s'appelait Alain Santacreux.
11:03Et dans l'entretien, qui est la quatrième partie du livre,
11:08elle devient auteure et je deviens lecteur.
11:11Il y a donc un thiasme qui se produit.
11:13Et ce thiasme, c'est un peu la...
11:16Bon, sur la bouteille de Klein,
11:19c'est la partie qui rentre à nouveau dans le corps même de la bouteille
11:24puisqu'il n'y a pas d'intérieur et d'extérieur.
11:27C'est, au début, on en parlera,
11:30ce que Duchamp appelait une machine célibataire, la bouteille de Klein.
11:38Et je pense, alors pour terminer, qu'on est passé du Ternaire,
11:43donc d'Opéra Palace qui était axé sur le Ternaire,
11:46au Quaternaire, au sens de la logique,
11:49de ce qu'on appelle le Tétralème.
11:52J'expliquerai ce que c'est que le Tétralème.
11:54Donc, on passe de la logique du Ternaire,
11:58dans Opéra Palace, qui est la recherche du tiers inclus,
12:04c'est-à-dire que c'est une logique qui s'oppose aussi à la logique d'Aristote,
12:09mais sur un plan, selon une logique Ternaire.
12:14On passe au Quaternaire, ce qui va ravir Caroline,
12:18qui aime beaucoup Abélio,
12:20et Abélio reprochait à Loupasco,
12:26Loupasco qui est le logicien, le philosophe dont je m'inspire dans Opéra Palace,
12:35celui qui parle du tiers exclu,
12:38Abélio lui reprochait d'être trop axé sur le Ternaire,
12:42il fallait passer vers le Quaternaire.
12:45Je pense que c'est un ouvrage qui s'affronte au réel,
12:53c'est-à-dire au réel latinien.
12:56Il y a une dite thanatographie,
13:00c'est-à-dire qu'il y a deux personnages qui meurent,
13:03dans Opéra Palace c'était l'auteur qui mourait,
13:05là je pense que c'est la lectrice et celui à qui elle s'adresse,
13:11elle croit s'adresser à l'auteur alors qu'elle s'adresse au lecteur.
13:16Parce que quand elle s'adresse à moi,
13:18elle m'appelle Alain Santacreux,
13:20mais elle ne prend pas conscience que celui qui lui répond,
13:23c'est celui qui a lu.
13:25Il se produit entre le lisant et le lu,
13:29un phénomène qui m'a totalement bouleversé.
13:34Je pense qu'il y a eu d'immenses écrivains
13:37qui n'ont pas eu le privilège que j'ai eu de rencontrer une lectrice.
13:41C'est vraiment bouleversant.
13:44Je suis ravi et très heureux que Caroline soit là.
13:48Le contresens, c'est le fait de considérer qu'il y a un entretien qui complète.
13:57Il ne faut pas lire l'entretien comme un entretien,
14:00il faut le lire comme ce qui vient reboucler et donner du sens au roman.
14:09Donner du sens, ça ne donne pas plus de signification,
14:15ça donne plus de sens.
14:17La signification chute.
14:19Le sens ouvre des perspectives.
14:22Je pense que ce livre-là ouvre des discursivités.
14:28Il donne à penser, il ouvre des discursivités sur le discours anti-sioniste,
14:35sur le discours de l'homosexualité.
14:40Mais il ouvre des perspectives que n'ouvrait pas l'Opéra Palace.
14:47Tu m'as demandé de commencer, c'était très délicat.
14:51Je pense qu'il y avait un contresens.
14:53Je t'ai dit tout à l'heure quand on s'est vu,
14:55attention, tu ne parles pas de l'entretien,
14:58tu l'as complètement délaissé,
15:00alors que pour moi, l'entretien est essentiel.
15:03C'est vraiment l'entretien qui est le secret même de la structure quaternaire du livre.
15:13Je crois que vous l'aurez compris, c'est un livre qui est complexe,
15:17riche, dense, pas linéaire, pas du tout linéaire,
15:22et qui ouvre la possibilité de se perdre réellement.
15:27C'est une des vertus de ce livre,
15:29c'est qu'il est presque conçu pour qu'on s'y perde,
15:33et pour qu'on y trouve quelque chose, ou pas.
15:37Et c'est un texte qui est à la fois...
15:45C'est important de parler un petit peu du texte,
15:47et de le ramener à des proportions et à des dimensions,
15:50parce que moi je l'ai abordé comme un simple lecteur,
15:53c'est-à-dire que je n'ai pas voulu lire l'entretien au préalable,
15:57je l'ai lu tout à fait.
15:59Et effectivement, une fois qu'on a lu le texte et l'entretien,
16:03on comprend bien et on prend la mesure,
16:06et la nécessité de cet entretien,
16:08en ce qui permet d'éclairer un texte qui, encore une fois,
16:11est très riche, très dense,
16:14et dans lequel il est très facile de se perdre.
16:17Donc il y a un effet boucle, effectivement.
16:19On lit le texte, on lit l'entretien,
16:21puis on va relire le texte,
16:23puis au besoin on replonge dans l'entretien,
16:25mais ce n'est pas pour trouver des explications,
16:27c'est parce que le langage de l'entretien et le langage du texte
16:31se font miroir, écho, se nourrissent,
16:34et nourrissent la lecture du lecteur,
16:36qui lui-même évolue au fur et à mesure du processus.
16:40Maintenant le texte en lui-même,
16:42il y a plein de dimensions, il y a beaucoup de dimensions,
16:45c'est un texte hybride,
16:47il y a une dimension très ludique, jubilatoire.
16:51Réellement, on sent qu'il y a du plaisir là-dedans à l'écriture,
16:55je ne sais pas ce que...
16:57Ce n'est pas un texte qui peut être désespéré,
17:00bien sûr il y a un côté très sombre,
17:02mais il n'est pas porté par une noirceur.
17:04C'est-à-dire que la jouissance du lecteur apparaît au début,
17:08et puis après il y a une frustration,
17:12parce qu'on empêche cette jouissance du lecteur,
17:15ce que toi-même tu as remarqué.
17:17Mais ce que je voudrais dire,
17:19parce que ce que tu m'as dit m'a vraiment touché,
17:23c'est qu'il y a une éthique dans ce roman,
17:25mais je crois que c'est l'éthique du roman,
17:27je ne veux pas être prétentieux.
17:29Je pense que l'éthique du roman actuel,
17:33c'est la volonté de permettre au lecteur
17:39d'entendre sa propre parole.
17:43La volonté de permettre au lecteur de se voir lire.
17:47Parce que précisément,
17:50si on ne se regarde pas lire,
17:55on s'affronte à un conditionnement
17:59qui date depuis l'existence même de la littérature.
18:08Il faut finalement être amené à mourir en tant que lecteur,
18:16c'est pour ça que l'entretien est absolument nécessaire,
18:21parce que c'est le lecteur qui meurt.
18:23Dans le roman opéra à palace, c'est l'auteur.
18:26Alors l'auteur, il faut distinguer l'auteur.
18:28L'auteur, c'est le jeu narratif.
18:30Mais en fait, moi, ce que j'appelle l'auteur,
18:33c'est le moi, c'est le moi social.
18:35Celui qui nous oblige à penser selon certains modes.
18:44Ou à ne pas penser d'ailleurs,
18:46parce qu'il y a beaucoup de thématiques
18:52qui sont des antagonismes.
18:54Des antagonismes qui sont des concepts
19:00qu'il est impossible de penser actuellement.
19:04C'est-à-dire qu'actuellement,
19:06on ne peut pas penser l'homosexualité.
19:09Il ne faut pas en penser.
19:10Ou alors il faut penser tel que la doxa nous dit
19:12qu'il faut penser l'homosexualité.
19:14Le judaïsme, le sionisme,
19:20on n'en parle pas.
19:22On ne parle pas du sionisme.
19:24C'est interdit d'en penser.
19:26Ou alors, on peut en parler
19:28comme la doxa nous dit d'en parler.
19:32Pareil pour d'autres thématiques.
19:36Si tu veux, si vous voulez, pardon.
19:39Dans le roman, il y a une série d'antagonismes.
19:44Il y a l'antagonisme entre, par exemple,
19:47le peuple de la parole,
19:50les peuples slavophiles sont les peuples de la parole,
19:57puisque la parole se dit slavo en russe.
20:00Et le peuple du livre,
20:02qui se dit séphère,
20:04qui est le peuple juif,
20:06le peuple juif, c'est un peuple de lecteurs.
20:09Et donc la thématique du sionisme dont tu vas parler,
20:14si on la réactualise,
20:16je pense que le lecteur doit mourir,
20:18mais ça veut dire que le peuple juif, lui,
20:20et surtout dans l'actualité,
20:22doit renaître.
20:24Il doit renaître.
20:26Il y a aussi l'antagonisme entre le sionisme.
20:35Il y a deux formes de sionisme, selon moi.
20:37Un sionisme qui est un sionisme qui se réfère à Adam,
20:44c'est-à-dire un sionisme qu'ont repris ensuite
20:48Martin Buber, Gershom Scholem,
20:55un sionisme culturel,
20:59un sionisme du dialogue, dialogique.
21:03Et ce sionisme a très vite été étouffé par un sionisme
21:08qu'on appelle le sionisme révisionniste, déjà Botinsky,
21:14et un sionisme conquérant, nationaliste.
21:21Alors, on va fermer la parenthèse,
21:24parce que je pense que l'intérêt,
21:27lorsque je mets des...
21:29je crois que les...
21:31Dengue-Farod.
21:33Dengue-Farod, c'est Adorno qui parle du terme Dengue-Farod,
21:37c'est-à-dire des concepts qu'il est impossible de parler.
21:40Moi, j'essaie de dialectiser ces concepts.
21:42Donc, j'essaie de dialectiser l'homosexualité et l'homophobie.
21:48J'essaie de mettre un...
21:50Oui, j'essaie de dialectiser.
21:52Et je pense que dans le sionisme,
21:54quand on en parlera tout à l'heure,
21:56je n'ai pas suffisamment dialectisé le sionisme nationaliste,
22:02je me l'aperçois.
22:04Et à la limite, c'est un regret,
22:08parce qu'à mon sens, dans la dialectique,
22:13là, je suis assez d'accord avec Adorno,
22:15il ne peut pas y avoir de synthèse.
22:18Il faut qu'il y ait les deux termes antagonistes,
22:22il faut les mettre en tension jusqu'à...