00:00Première sélection, c'est toujours important dans une carrière.
00:13Beaucoup de tensions aussi, de pression en avant, on a la sensation de vouloir et de
00:19pouvoir franchir un palier et c'est l'aboutissement vraiment de quelques années de professionnalisme
00:25et j'en garde un très très bon souvenir même si on n'a pas pu gagner ce match-là,
00:28on a fait seulement un match nul.
00:29C'était le premier match comme sélectionneur de Michel Hidalgo et il avait un petit peu
00:33changé l'équipe en faisant venir pas mal de joueurs de la génération qu'on a appelée
00:37la génération Platini.
00:38Depuis 1966, l'équipe de France ne s'était pas qualifiée pour une Coupe du Monde, donc
00:4312 ans après, nous on part à la Coupe du Monde en Argentine, au bout du monde carrément.
00:48On a surtout raté notre premier match contre l'Italie, notamment la première période,
00:52on mène au score très très vite au bout de quelques secondes mais après on perd ce
00:55match.
00:56On a fait un très bon match contre l'Argentine avec l'arbitrage très très limite, je pense
01:00que si on passe, on peut déjà faire quelque chose de bien mais on était trop neuf pour
01:05être sûr de nos qualités, on avait besoin de prendre confiance et certainement qu'on
01:10avait le potentiel pour aller loin dans cette Coupe du Monde.
01:12C'est vraiment un très très grand souvenir, c'est le match le plus important, on avait
01:17coutume de gagner à domicile au parc, c'était notre jardin et par contre à l'extérieur
01:22on avait un peu plus de difficultés et là on fait un très très gros match contre une
01:26nouvelle équipe, l'équipe des Johnny Repp, de Kroll et de bien d'autres et la victoire
01:31est méritée et derrière on sait qu'on a franchi un palier et qu'on peut peut-être
01:35viser un peu plus haut pour la Coupe du Monde 82.
01:37Le match France-Allemagne, c'est certainement pour tous les joueurs qui étaient sur le
01:41terrain le plus grand souvenir de leur carrière, c'était le cas pour moi, où on a vécu,
01:47on a accéléré un peu tous les sentiments qu'on a dans une vie entière, ça a duré
01:52quelques heures, on a accéléré et on a exacerbé aussi et il est certain que c'est
01:57le plus grand moment de notre carrière, on est passé vraiment par tous les sentiments,
02:02on a eu un moment euphorique après l'histoire de Schumacher-Baptiston, se faire remonter
02:07pendant la promulgation alors qu'on monnait deux buts, tellement de choses se sont passées
02:11dans ce match.
02:12C'était peut-être sans prétention mon meilleur match de Coupe du Monde, par contre
02:17comme souvent, quand on est bien pendant le match sur une séance de tir au but, on échoue,
02:22je ne suis pas forcément préparé psychologiquement à ce tir au but et donc au moment où je
02:29m'avance vers le ballon, quand je pars de la ligne médiane, ça a paru très très
02:33long et je ne savais pas vraiment quel côté mettre ce ballon et il y a pas mal d'incertitudes
02:38qui ont fait peut-être que je n'ai pas si bien tiré le penalty que ça, que j'ai
02:41voulu trop l'assurer et que Schumacher est reparti de mon côté.
02:43Je n'ai plus jamais tiré un penalty derrière, plus jamais, plus jamais, plus jamais, ni
02:48en amical, ni en professionnel.
02:50Ce n'est pas le plus beau souvenir l'Euro 84, on a bien géré notre statut de favori,
02:55c'est la première fois que l'équipe de France est de favori, on est allé au bout,
02:58on a failli passer la trappe entre guillemets contre le Portugal en demi-finale, par contre
03:02on avait le sentiment du devoir accompli mais pas forcément une joie immense et je n'ai
03:06pas ressenti tout ce que j'avais ressenti deux ans par avant sur notamment le match
03:10France-Allemagne mais ça reste quand même une grande joie.
03:13Le grand moment pour moi de cet Euro 84, le match chez moi à Nantes.
03:17Et là vraiment c'était particulier, 40 et quelques milliers de personnes, un temps
03:21magnifique, un stade tout acquis à notre cause.
03:24On a gagné 5 à 0 et on s'est un petit peu baladé du début à la fin du match.
03:29On est parti au Mexique en 86 dans un statut de co-favori avec le Brésil, l'Argentine,
03:35l'Allemagne et quelques autres, l'Italie notamment.
03:37Il y avait une très grosse équipe du Brésil, en 82 déjà le Brésil était favori mais
03:41n'avait plus allé au bout, là c'était la même chose.
03:43Mais c'est le match où on a le plus souffert, notamment les défenseurs, ça allait très
03:46très vite pendant les 20 premières minutes, on n'a pas trop vu le ballon.
03:50Et c'est vrai qu'on a eu un petit peu de réussite contre le Brésil, on joue 8 fois
03:54le match, peut-être qu'on perd 6 fois mais on avait chacun, on a eu 7, 8 occasions de
03:59chaque côté.
04:00J'ai pensé à Séville très très vite en se disant ça risque de faire la même chose
04:05et d'aller au tir au but.
04:06Donc je n'avais qu'un objectif quand j'ai vu arriver les tirs au but, c'est évidemment
04:11de ne pas faire partie des 5 mais également de ne pas faire partie des 10.
04:15Donc de toute façon j'aurais vraiment tiré le penalty que si j'avais été obligé en
04:21toute fin de course après tout le monde.
04:23J'avais décidé d'arrêter, c'était le même cas pour Demi Crocetto, pour Alain Giresse
04:27qui avait aussi annoncé qu'il les arrêtait et puis d'autres joueurs qui n'allaient pas
04:30tarder à le faire comme Platini, Tigana, Battiston et d'autres.
04:34Et c'est vrai que c'était la fin d'une génération.
04:36C'est toujours une fierté les records, même s'ils sont faits pour être battus.
04:39J'étais pendant 5 ans reclamant des sélections, j'ai pris la suite de Marius Tresor qui était
04:44mon idole.
04:45Après c'est Emmanuel Amoros qui m'a battu et là 15 matchs en compétition, en coupe
04:50du monde.
04:51C'est un record qui a tenu un peu plus longtemps et que ce soit un joueur comme Daniel Vartes
04:55qui le batte, c'est pas mal.
04:56C'est vrai que je ne m'accroche pas forcément à ce genre de record mais c'est quand même
05:00une fierté.
05:01Ça veut dire, pas qu'on a marqué le football, mais que ma foi on a tenu à un certain niveau
05:07pendant quelques années.
05:14Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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