00:00 Éco, Nicolas, comment consommer moins de médicaments ? Le LEM, c'est le syndicat des laboratoires pharmaceutiques, lance une campagne. Qui dit quoi ?
00:05 Il y a trois pistes. D'abord, on va s'adresser aux personnes âgées, qui sont les premières sources de consommation de médicaments.
00:11 Ce n'est pas très surprenant. C'est ce qu'on appelle la polymédication. Il y a des chiffres qui, à l'occasion de cette campagne...
00:16 Alors, c'est pour informer les personnes âgées. Les 65 ans, plus de 65 ans en moyenne, c'est trois médicaments par jour.
00:22 La moitié des plus de 65 ans prennent cinq par jour. 14 % des plus de 65 ans en France prennent plus de 10 médicaments par jour.
00:31 Cette polymédication est à l'origine de plus de 8 % des hospitalisations tous les ans liées à des effets secondaires.
00:37 Ça représente quelque 200 000 hospitalisations. Dans ce premier relais de la campagne du LEM, il y a aussi l'idée de lancer ainsi un service de formation en ligne
00:46 destiné aux médecins qui sera opérationnel en septembre. Le deuxième axe, ce sera en janvier 2025.
00:52 Là, il s'agira de lancer une nouvelle campagne de com' pour lutter contre la surconsommation d'antibiotiques, précisément les antibiotiques.
00:58 Et le troisième volet interviendra dans le courant de l'année 2025. Et là, il s'agira de lutter contre le gaspillage des médicaments,
01:06 sachant que le LEM ne peut pas tout faire. La loi interdit aujourd'hui aux pharmaciens...
01:10 Enfin, oblige plutôt les pharmaciens à détruire les boîtes de médicaments qui sont rapportées par les clients.
01:14 L'objectif, c'est bien de réduire la consommation de médicaments en France, parce qu'a priori, quand on prend des médicaments, c'est qu'on est malade.
01:19 Oui, mais on a été champion pendant pas mal d'années. On est plus champion. On est numéro 2 depuis 2018.
01:24 Devant qui ? L'Allemagne, pays qui devient une sorte d'EHPAD européen tellement le pays vieillit. Donc, c'est quand même pas extraordinaire.
01:31 Donc, il faut réduire cette consommation. Ce qui est assez original, c'est de voir que c'est le syndicat des vendeurs de médocs qui fait une campagne pour en vendre moins.
01:37 Enfin, le gouvernement a exigé cette campagne parce qu'il y a une relation un peu particulière sur le médicament en France avec les pouvoirs publics
01:43 qui encadrent et administrent absolument tout. Alors, le LEM a essayé de chiffrer les économies que l'on peut attendre de cette campagne de communication.
01:49 Juste cette campagne. 300 millions d'euros dans la lutte contre la polymédication, 50 millions d'euros dans la lutte contre la consommation excessive d'antibiotiques
01:59 et 73 millions d'euros en réduisant le gaspillage. C'est peu, ces montants d'économie. J'ai regardé au total, l'assurance maladie, tous les ans, rembourse 20 milliards à peu près de médicaments.
02:09 D'ailleurs, dans l'eau, je peux vous citer le Doliprane. Le simple Doliprane prescrit et remboursé, ça coûte 200 millions d'euros tous les ans.
02:14 - Mais t'as dit prescrit, Nicolas. Ces médicaments consommés, ils sont d'abord prescrits. Donc, c'est pas aussi la faute des médecins ?
02:18 - Alors, effectivement, ça crève les yeux. On se dit « qui fait qu'on a beaucoup de médicaments ? » Le médecin. C'est pour ça qu'hier aussi, et là, c'est plus lourd,
02:27 il y a eu une nouvelle convention de 5 ans signée entre l'assurance maladie et les médecins. Ils ont obtenu une hausse de la consultation.
02:33 La consultation chez les généralistes passe à 30 euros. Elle pourra aller jusqu'à 60 euros chez un spécialiste. Et en contrepartie de cette hausse de la rémunération des médecins,
02:40 on leur donne des objectifs de réduction de prescription. Prescrire moins de médicaments, moins d'examens, moins d'arrêts maladie, moins de transports sanitaires.
02:49 Après, on verra le résultat de cette incitation à prescrire moins. Le patient aussi, il a une forme de responsabilité. Sans le savoir, il y a un réflexe un peu culturel dans notre pays.
02:58 Tu vas chez le médecin, tu pars sans ordonnance, t'as l'impression qu'il n'y a pas eu de consultation. Et ça, ce n'est pas comme ça dans tous les pays.
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