- il y a 2 ans
L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies
respiratoires qui affecte en France 4 millions de personnes. Elle se
caractérise par des épisodes récurrents de sifflements,
d'essoufflement, de sensation de serrement thoracique et de toux.Ces symptômes sont souvent le résultat d'une hypersensibilité des
voies aériennes qui réagissent de manière excessive à divers
stimuli. Dans ce nouvel épisode de 52 Minutes Santé, Brigitte-Fanny Cohen et Florian Anselme, entourés de leurs invités, explorent le sujet.
respiratoires qui affecte en France 4 millions de personnes. Elle se
caractérise par des épisodes récurrents de sifflements,
d'essoufflement, de sensation de serrement thoracique et de toux.Ces symptômes sont souvent le résultat d'une hypersensibilité des
voies aériennes qui réagissent de manière excessive à divers
stimuli. Dans ce nouvel épisode de 52 Minutes Santé, Brigitte-Fanny Cohen et Florian Anselme, entourés de leurs invités, explorent le sujet.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 Bonjour, bienvenue dans 52 minutes santé, votre nouveau rendez-vous devenu, je l'espère, incontournable.
00:06 Bonjour Florian Anselme.
00:07 Bonjour Brigitte Fanny Cohen.
00:08 Pendant 52 minutes, plongez avec nous au cœur de la santé, de la médecine et du bien-être.
00:12 Et pour cela, Florian, nous aurons des invités.
00:15 Des experts à la pointe dans leur domaine.
00:16 Des professionnels de santé, mais aussi des patients.
00:19 Et de vous, Brigitte Fanny Cohen.
00:20 Nous serons là pour vous aider, pour vous guider à travers un voyage informatif
00:23 et des témoignages aussi utiles qu'émouvants.
00:26 Afin de tout comprendre des dernières avancées médicales et de bénéficier aussi de conseils de prévention.
00:32 52 minutes santé, c'est parti !
00:34 [Générique]
00:59 Dans ce nouveau numéro, nous allons vous parler d'une maladie dont le nom vous est sûrement familier.
01:04 Nous allons vous parler d'asthme et même d'asthme sévère.
01:06 Vous savez, cette maladie respiratoire qui peut se manifester par une petite gêne,
01:10 voire par des crises assez aigües.
01:12 Et pour évoquer ce thème, Florian, présentons nos invités.
01:15 Bien sûr. Tout d'abord, Dr Amel Boudjema,
01:17 vous êtes pneumologue à l'hôpital intercommunal de Créteil. Bonjour.
01:20 Bonjour.
01:21 Ensuite, Dr Gérard Rousset, vous êtes praticien en médecine générale, médecin généraliste à Paris 8e.
01:26 Bonjour.
01:27 Sandrine Wist, vous êtes infirmière en pratique avancée en pneumologie.
01:31 Vous travaillez dans le groupe hospitalier intercommunal Lorain-Simon-Fermail en région parisienne.
01:36 Vous exercez également la fonction d'éducateur thérapeutique du patient,
01:41 ce qu'on appelle ETP, et on en parlera tout à l'heure. Bonjour.
01:44 Bonjour.
01:45 Ensuite, Célia Hayem-Cohen, vous êtes pharmacienne à Saint-Ouen.
01:48 Saint-Ouen-Laumone, avec vous, reviendra entre autres sur l'expérience des patients atteints d'asthme au sein de votre officine.
01:53 Bonjour.
01:53 Bonjour.
01:54 Avec le retour du printemps, avec la recrudescence de molécules allergisantes dans l'atmosphère,
02:00 avec le réchauffement climatique, avec la pollution,
02:03 de nombreux patients asthmatiques voient leur quotidien bouleversé.
02:07 Alors Brigitte, comment impacte la maladie aujourd'hui ?
02:10 Adultes, enfants, sommes-nous tous égaux face à cette pathologie ?
02:13 Est-ce que c'est grave, docteur ? Explication.
02:15 En France, l'asthme touche 4 millions de personnes.
02:21 5 à 10 % des patients souffrent d'asthme dit sévère.
02:25 Chez les enfants, l'asthme est la plus fréquente des maladies chroniques.
02:29 L'asthme est associé à plus de 60 000 hospitalisations et à près de 1 000 décès par an.
02:35 84 % des patients adultes perçoivent leur asthme comme pas du tout ou pas vraiment grave.
02:40 Pourtant, 66 % des asthmatiques souffrent d'un asthme insuffisamment contrôlé.
02:46 Dans l'asthme, les traitements de fond permettent de contrôler près de 95 % des patients.
02:53 Que vous inspirent ces chiffres ?
02:55 Ça m'inspire d'abord que c'est une maladie très fréquente.
02:58 Nous, c'est notre cœur de métier, les médecins pneumologues.
03:01 Et il y a aussi tous ces coûts liés à la fois aux hospitalisations,
03:06 on l'a vu dans le reportage, c'est quand même un nombre effarant,
03:09 et il y a les décès.
03:10 Donc les décès, 1 000 décès par an par asthme,
03:14 ça constitue quand même un chiffre très élevé.
03:16 Très important.
03:17 Et il faut bien comprendre que ce sont des patients souvent jeunes
03:21 et ce sont en effet des décès complètement évitables.
03:24 On le verra après pourquoi.
03:25 On verra, bien sûr.
03:27 Dr Gérard Rousset, je me tourne vers vous.
03:29 À l'échelle de votre pratique, déjà, quelle lecture faites-vous des chiffres qu'on vient de voir ?
03:33 Et surtout, quelle part représentent les patients atteints d'asthme
03:35 et d'asthme sévère dans votre activité ?
03:37 Alors, je n'ai pas des chiffres très précis,
03:39 mais oui, maladie respiratoire chronique, c'est un motif de consultation extrêmement important,
03:46 au même titre que les maladies cardiaques ou les maladies métaboliques.
03:50 Après les chiffres, les lettres, quelle est l'origine du mot "asthme" ?
03:53 Réponse en image.
03:55 Le terme "asthme" trouve ses origines dans le mot grec "asthma",
03:59 qui signifie "respiration difficile".
04:02 Connu depuis l'Antiquité, il a longtemps été enveloppé de mystères et de superstitions.
04:07 On cite souvent Hippocrate comme le premier à avoir utilisé le terme
04:11 pour décrire des épisodes de respirations sifflantes et laborieuses en 450 avant Jésus-Christ.
04:18 Ce n'est qu'au XIXe siècle que l'asthme a été reconnu comme une maladie des voies respiratoires,
04:23 liée à des facteurs environnementaux et génétiques.
04:27 Aujourd'hui, l'asthme sévit dans tous les pays, quel que soit leur niveau de développement.
04:32 Les symptômes peuvent se manifester plusieurs fois par jour et par semaine,
04:36 et s'aggraver chez certains lors d'un effort physique ou pendant la nuit.
04:41 Sandrine Duiste, je l'ai dit tout à l'heure, vous êtes infirmière en pratique avancée.
04:47 Alors comment font-ils vos patients pour éviter tous ces allergènes ?
04:51 Ça doit être un casse-tête chinois tous les jours ?
04:54 Oui, alors en fonction des patients, il y a différents types d'allergies.
04:58 Donc évidemment, il y a des méthodes d'éviction qu'on essaye de leur apporter,
05:03 notamment lors des séances d'éducation.
05:05 Mais au quotidien, c'est vrai que selon leurs allergies,
05:08 qui peuvent durer soit toute l'année, soit être à des moments très précis comme les polènes,
05:13 c'est une recrudescence des crises d'asthme pour nous qui arrive à l'hôpital.
05:18 Et c'est un moment, bien sûr, où on redouble de vigilance
05:21 et où on leur demande de redoubler de vigilance aussi.
05:24 Alors Brigitte, existent-ils différentes formes d'asthme ?
05:26 L'asthme léger est-il sous-estimé ? On en parle tout de suite.
05:29 Et à propos de patients qui ne signorent,
05:31 nous écouterons un petit peu plus tard dans l'émission le témoignage de Marianne Sindrick,
05:34 une patiente atteinte d'asthme sévère qui pour le coup ne signore pas du tout.
05:37 Alors docteur Amel Boudjema, je rappelle que vous êtes pneumologue.
05:43 Définissons ensemble l'asthme d'une simple gêne respiratoire à une véritable pathologie.
05:48 Selon vous, existent-ils plusieurs typologies d'asthme ?
05:51 Et surtout, comment elles se caractérisent ?
05:53 En effet, il existe plusieurs formes d'asthme, déjà en termes de sévérité.
05:57 Donc on parle d'asthme intermittent, d'asthme léger, modéré.
06:01 Et l'asthme sévère, c'est vraiment une maladie à part.
06:03 Mais dans l'asthme intermittent et léger, et même modéré,
06:06 il faut savoir que les poussées de la maladie, donc les crises d'asthme,
06:09 ce qu'on appelle aussi des exacerbations,
06:11 peuvent survenir, quelle que soit la sévérité de l'asthme.
06:14 Et la définition de la sévérité de l'asthme, elle se base sur l'intensité des traitements.
06:18 En fait, des besoins en traitement pour permettre un contrôle de la maladie.
06:23 Un contrôle de la maladie, c'est un patient qui peut vivre normalement
06:26 et être le moins gêné possible par ses symptômes d'asthme.
06:29 Alors quels sont les signaux d'alerte qui permettent de détecter un asthme ?
06:34 Les signaux d'alerte, c'est-à-dire que ce sont des symptômes évocateurs.
06:38 Alors il y a celui que tout le monde connaît, les sifflements,
06:41 donc la sensation de sifflement, la sensation d'oppression thoracique, la toux.
06:46 Et souvent ces symptômes se manifestent la nuit.
06:48 Donc ces réveils nocturnes sont quand même importants
06:51 à rechercher à l'interrogatoire de la part des médecins.
06:55 Et il y a ce côté aussi très variable.
06:58 Donc ce sont des symptômes qui peuvent disparaître pendant plusieurs semaines,
07:01 voire des mois et réapparaître, notamment lorsqu'on est exposé à des facteurs déclenchants.
07:06 Est-ce que les bronchites à répétition doivent alerter ?
07:09 Tout à fait. Les bronchites à répétition, parfois faussement appelées bronchites asthmatiformes,
07:14 constituent souvent un véritable diagnostic d'asthme méconnu.
07:20 Et donc ce sont ces patients qui sont finalement sous-diagnostiqués
07:23 et qui peuvent s'ignorer eux-mêmes, ou on les a ignorés parce qu'on ne les a pas diagnostiqués.
07:28 De ce fait, ils n'auront pas le traitement approprié.
07:31 Et ce sont ceux-là que l'on voit, nous, à l'hôpital,
07:34 très souvent en hospitalisation ou en soins d'urgence.
07:37 Docteur Gérard Rousset, je rappelle, vous êtes généraliste.
07:40 On rentrera un petit peu plus tard dans le détail des différents types de pathologies et de leurs impacts.
07:45 Mais j'aimerais avec vous qu'on essaye d'identifier un petit peu aujourd'hui une ou plusieurs causes de l'asthme.
07:50 Ça va être l'environnement que l'on peut avoir, soit à l'extérieur avec la pollution,
07:54 soit avec l'intérieur de sa propre maison, parfois en utilisant des huiles essentielles,
08:00 des bougies parfumantes, sont aussi des mécanismes de révélation de l'asthme chez des personnes susceptibles.
08:09 Il y a enfin les infections, en particulier virales,
08:13 les infections comme la grippe ou comme le virus respiratoire syncytial,
08:17 qui sont aussi des causes de révélation d'asthme.
08:19 C'est-à-dire que ces virus peuvent déclencher des asthmes ?
08:21 Oui, tout à fait.
08:22 Existe-t-il des malades qui s'ignorent ?
08:25 On en a déjà un petit peu parlé,
08:26 c'est-à-dire qu'ils ne mettent pas le mot "asthme" sur peut-être leur tout,
08:32 la nuit, leur bronchite à répétition.
08:35 Est-ce que ça arrive souvent ?
08:37 Alors il y a des malades qui s'ignorent et il y a des médecins, dont je peux faire partie aussi,
08:42 qui peuvent ignorer l'état d'asthme de leur patient.
08:46 Il faut toujours se poser la question, ça a déjà été souligné tout à l'heure,
08:50 le fait d'avoir un événement respiratoire, même isolé sur une année,
08:53 doit faire poser la question aux professionnels de santé,
08:56 s'agit-il d'un événement isolé ou au contraire d'une maladie ?
09:01 Donc il faut interroger le patient,
09:02 savoir dans quelles circonstances il est amené à avoir ces insuffisances respiratoires,
09:07 de façon à ne pas méconnaître la maladie asthmatique.
09:09 Docteur Amel Boudjema, restons sur cette notion d'asthme léger,
09:12 comment est-ce qu'elle se définit ?
09:14 Ça veut dire que c'est un patient qui n'est pas gêné quotidiennement.
09:17 Donc en fait, il y a toujours cette dichotomie entre les symptômes au quotidien
09:22 et les poussées de la maladie.
09:23 Donc un asthme léger, c'est quelqu'un qui va avoir des symptômes,
09:26 mais finalement pas fréquents,
09:28 et peut-être moins d'une fois par semaine, moins d'une fois par mois,
09:32 et qui va avoir des poussées de la maladie très peu fréquentes,
09:35 peut-être une fois par an à l'occasion,
09:37 soit de l'exposition à des allergènes,
09:40 par exemple pendant la saison des pollens,
09:42 ou lorsqu'il a une grippe ou une autre virose.
09:45 Et est-ce que c'est un asthme qui peut disparaître pendant quelques années
09:48 et revenir ou est-ce que non, à partir du moment...
09:50 Il peut tout à fait disparaître pendant des mois et des années.
09:52 Alors on ne guérit pas d'asthme, je suis désolée de dire ça,
09:55 mais on peut tout à fait vivre normalement avec un asthme
09:59 et contrôler la maladie.
10:00 Donc cet asthme léger, quel est son impact sur l'enfant ?
10:04 Eh bien l'enfant va être gêné par la toux,
10:08 au moment souvent des efforts ou du rire, ou la nuit,
10:13 et donc ce qui peut avoir un impact sur l'absentéisme à l'école,
10:17 et puis surtout sur, par exemple, la pratique des activités sportives
10:22 où, dès la première crise, on va tout de suite dire
10:26 "Ah, peut-être que cet enfant a de l'asthme et donc il ne faut pas qu'il fasse de sport".
10:29 Alors là, c'est une idée qu'il faut vraiment écarter.
10:33 Au contraire, il faut faire du sport quand on est asthmatique,
10:36 je pense qu'on en parlera après.
10:37 Mais l'impact, c'est donc au quotidien, par les symptômes,
10:40 et surtout lorsqu'il y a des crises, qui dit crise d'asthme,
10:43 dit recours aux soins d'urgence, à des consultations non programmées,
10:47 voire même hospitalisation, et ça, quelle que soit la sévérité de l'asthme,
10:51 même lorsqu'il est léger.
10:53 Célia Ayemkoen, vous êtes pharmacienne,
10:55 donc vous êtes souvent la première, après le médecin généraliste,
10:58 qui voyez débarquer les patients qui souffrent d'asthme.
11:00 Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu
11:03 les profils type de patients qui entrent dans votre pharmacie ?
11:06 En pharmacie, il y a vraiment à peu près de tout.
11:09 Que ce soit des enfants, des jeunes enfants, des adultes, même des personnes âgées,
11:12 on a à peu près tout type d'âge.
11:14 Et que ce soit femmes, hommes, globalement c'est à peu près pareil.
11:18 Je vais revenir sur quelques chiffres, Dr Gérard Rousset,
11:21 qui concernent l'asthme léger et que j'ai trouvé très étonnant.
11:24 Un patient sur deux n'est pas traité,
11:26 et un patient sur deux traité n'est pas observant,
11:29 ce qui veut dire qu'il ne prend pas régulièrement ses médicaments.
11:33 Comment expliquer ça ?
11:34 On ne l'explique pas, sinon on agirait contre.
11:37 C'est vrai que la maladie asthmatique, lorsqu'elle est traitée,
11:41 on peut incriminer le patient parce qu'il y a une mauvaise observance.
11:45 C'est peut-être la maladie où le patient est le moins observant de toutes les thérapeutiques,
11:50 même si dans d'autres thérapeutiques on a aussi ce problème-là.
11:52 Mais pourquoi ? Parce que ce n'est pas assez grave ?
11:55 Peut-être oui, parce que le patient va mieux lorsqu'il est dans un asthme léger,
11:59 il n'est pas en permanence sur un fond d'essoufflement,
12:01 comme peuvent l'être d'autres maladies respiratoires.
12:04 Donc il va considérer que tout va bien.
12:06 C'est un peu comme l'hypertendu, chez qui on a normalisé les chiffres.
12:10 Il revient nous voir, "Docteur, j'ai arrêté le traitement parce que mes chiffres sont normaux."
12:13 Docteur Amel Boudjema, on a parlé tout à l'heure d'un chiffre
12:16 qui nous a tous choqués, 1000 décès par an, et en plus il serait évitable.
12:20 Donc comment faire pour l'éviter ?
12:22 En fait, il faut savoir que dans ces décès, ce sont des patients jeunes,
12:25 des enfants, des jeunes adultes.
12:26 Et ce ne sont pas le plus souvent des asthmatiques les plus sévères,
12:30 parce que les plus sévères, on va le voir tout à l'heure avec notre patiente,
12:34 connaissent mieux leur maladie, sont formés, sont compétents dans la gestion de la crise d'asthme.
12:40 Et donc ça va être plutôt les asthmes légers, modérés,
12:43 qui ne comprennent pas la gravité finalement d'une crise d'asthme,
12:47 et la nécessité et l'importance de prendre un traitement.
12:50 Donc comment les éviter ? C'est en prenant son traitement.
12:53 Donc reconnaissant la maladie et en prenant son traitement.
12:56 Le problème de l'observant, c'est qu'il s'agit souvent d'un problème de dualité
13:00 entre traitement de fond et symptôme,
13:02 et les patients ne vont prendre leur traitement que lorsqu'ils ont des symptômes.
13:06 Or, il faut les convaincre de prendre un traitement, y compris lorsqu'ils vont bien.
13:10 Vous avez commencé à répondre, mais j'insiste un peu.
13:12 Est-ce que vous pensez que ce soit à cause de ce phénomène-là que vous venez de décrire,
13:15 qu'il est compliqué pour les professionnels de santé de réadapter le traitement en cours de maladie ?
13:21 En tout cas, on ne peut pas juste se permettre de faire une ordonnance
13:25 et de laisser le patient sortir en disant "voilà votre traitement".
13:28 Il va y avoir deux problèmes.
13:29 Dans l'observance, il y a le fait de ne pas prendre son traitement,
13:32 et donc il faut expliquer pourquoi il est important de prendre le traitement.
13:36 D'autre part, il y a la manipulation des traitements inallés.
13:39 Là aussi, Sandrine peut vous en parler beaucoup, elle fait ça tous les jours.
13:43 Et nous aussi, on est censés montrer aux patients comment utiliser leur traitement.
13:48 Ça peut passer aussi par le pharmacien, parce que s'il prend son traitement
13:51 croyant qu'il le fait bien, mais qu'en fait il ne le fait pas,
13:54 le traitement n'est pas délivré, et donc c'est comme s'il n'était pas traité.
13:57 Docteur Amel Boudjema, évoquons maintenant l'asthme plus grave, ce qu'on appelle l'asthme sévère.
14:04 À partir de quand parle-t-on d'asthme sévère ?
14:06 Tout à l'heure, vous nous aviez parlé de traitements qui diffèrent,
14:10 mais est-ce que ce n'est pas aussi une question de sévérité des crises,
14:14 de fréquence aussi des crises qui se multiplient ?
14:16 Tout à fait.
14:17 Alors, un asthme sévère est un asthme qui ne répond pas au traitement habituel de l'asthme.
14:22 Il faut se poser des questions lorsqu'on a d'abord vérifié qu'il s'agit bien d'un asthme,
14:28 parce qu'on peut se tromper de diagnostic, tout ce qui siffle n'est pas de l'asthme,
14:31 on dit ça communément,
14:33 et il faut ensuite essayer d'identifier et prendre en charge un certain nombre de maladies
14:39 qu'on appelle comorbidités, qui coexistent chez le patient asthmatique,
14:44 parmi lesquelles il y a toutes les pathologies rhinocinusiennes,
14:47 l'obésité, le syndrome d'apnée du sommeil, le reflux gastro-oesophagien.
14:50 Donc tout ça, ce sont des facteurs de mauvais contrôle
14:53 qu'il faut non seulement identifier, prendre en charge correctement,
14:57 et il faut vérifier en effet l'observance, la manipulation des traitements inhalés.
15:02 Si on a vérifié tout ça et que notre patient coche toutes ces cases,
15:05 et que malgré cela, il continue à être gêné au quotidien,
15:09 et il fait des crises d'asthme sévère, donc avec des hospitalisations,
15:13 vous avez raison de le souligner,
15:15 on peut en effet émettre l'hypothèse qu'il s'agit là d'un asthme sévère.
15:19 Alors je me tourne justement vers l'infirmière dans pratique avancée,
15:23 pour évoquer une particularité de cette maladie, c'est sa saisonnalité.
15:27 Les changements de saison peuvent être un cauchemar pour vos patients ?
15:31 Bien sûr, les changements de saison impliquent plusieurs choses.
15:35 Déjà l'arrivée des pollens, évidemment, au niveau du printemps,
15:39 les pluies aussi, qui peuvent favoriser l'apparition de champignons, de moisissures.
15:44 Il y a aussi le froid, vous le citiez tout à l'heure.
15:46 La chaleur peut aussi gêner certains patients.
15:48 Donc c'est vrai que les patients, en fonction de la saison,
15:51 vont peut-être adapter un petit peu leur activité,
15:53 redoubler de vigilance à ce moment-là, oui.
15:56 Est-ce qu'au printemps par exemple, au retour du printemps,
15:59 il y a une recrudescence de consultations avec vous ?
16:02 Il y a surtout aussi une recrudescence des exacerbations,
16:05 des hospitalisations, comme on le voit à l'hôpital.
16:08 Et aussi, il y a une recrudescence de l'envie des patients d'aller consulter
16:12 parce qu'ils ont des symptômes de nouveau qui vont se manifester
16:15 et qu'ils voient bien que leur asthme-là n'est plus contrôlé.
16:17 Et docteur Gérard Roussef, on sort à peine de l'hiver, là,
16:20 on arrive dans le printemps, avec Brigitte, on a ressorti nos habits de printemps,
16:24 mais on vient de traverser un hiver particulièrement pénible.
16:27 Est-ce que cette saison de l'hiver, qui est théoriquement la plus froide de l'année,
16:32 se caractérise par des symptômes particuliers chez les asthmatiques ?
16:35 En tout cas, cette année, on voit que les symptômes respiratoires sont précoces.
16:39 On a des patients qui présentent des signes, peut-être de maladie asthmatique en tout cas,
16:45 des difficultés respiratoires qui peuvent être caractérisées par la maladie asthmatique.
16:49 Donc, aujourd'hui, avec les perturbations climatiques
16:53 et les modifications des différentes saisonnalités,
16:56 on est confronté, un peu toute l'année en fait, à des symptômes respiratoires.
17:01 Célia Ayemkoen, on reste sur cet hiver,
17:05 à qui on est en train de dire au revoir pour cette année,
17:07 mais qui nous a bien enquiquiné, particulièrement les asthmatiques.
17:10 Racontez-nous comment se traduit l'expérience de conseil
17:13 et de délivrance de médicaments dans votre pharmacie.
17:16 Alors, il faut savoir qu'en période hivernale,
17:18 l'asthme peut être aggravé par une recrudescence des infections virales et bactérielles.
17:22 Notre rôle, nous, pharmacielle, va être de sensibiliser le patient autour de l'asthme,
17:27 en leur expliquant la physiopathologie,
17:30 l'importance de l'observance des traitements, c'est le plus important.
17:34 Vous avez un vrai rôle pédagogique, vous, auprès du patient qui vient se...
17:37 On met en place l'éducation thérapeutique,
17:40 c'est-à-dire qu'on va prendre le patient en charge,
17:42 lui expliquer la physiopathologie, lui expliquer les traitements,
17:45 l'importance de l'observance, comment utiliser les aérosols,
17:48 ça c'est très important parce que la plupart, on leur explique sur le moment,
17:51 mais quand ils rentrent chez eux, "Ah, je ne sais plus, j'ai oublié, etc."
17:54 Pour les personnes, comme les personnes âgées qui ont des difficultés à utiliser l'aérosol,
18:00 on va mettre en place des chambres d'inhalation.
18:02 Donc voilà, c'est vraiment... On a un rôle très important,
18:05 - après le médecin. - Je suis rassuré, parce que ce que vous dites est très important.
18:08 J'allais vous parler d'automédication.
18:10 Racontez-nous le rôle que vous jouez là-dedans.
18:12 Est-ce que vous constatez un grand nombre de patients qui s'automédiquent ?
18:16 Et surtout, est-ce que vous les guidez, vous les aiguillez un petit peu dans cette pratique ?
18:20 Face à ces déserts médicaux, c'est comme une source d'inquiétude pour ce système de soins.
18:25 Les patients se trouvent...
18:26 - Bloqués ? - Voilà, se trouvent obligés de réadapter leur traitement eux-mêmes.
18:30 Faut de rendez-vous chez le médecin géraliste ou le pneumologue.
18:33 Donc, ils réadaptent eux-mêmes, augmentent l'utilisation des bricoles dilatateurs.
18:40 Donc votre rôle est essentiel à ce moment-là, on est d'accord ?
18:43 Exactement.
18:44 Docteur Boudjema, avec le retour du printemps, c'est aussi le retour des allergies.
18:49 On rentre dans la saison polynique.
18:51 Qu'est-ce que c'est exactement une saison polynique ?
18:54 Alors, les pollens.
18:55 Donc c'est l'ennemi numéro un des patients allergiques.
18:59 Et ça, il n'est pas difficile d'identifier les symptômes.
19:02 Le nez qui coule, l'élargement, et puis la toux.
19:06 Et puis finalement, ça peut aller jusqu'à la crise d'asthme.
19:09 Donc c'est la saison où on est exposé à des pollens d'arbres.
19:14 Donc c'est de février à septembre.
19:15 Il y a les arbres comme le bouleau, par exemple.
19:18 Et puis après, il y a les graminées, l'été.
19:20 C'est particulièrement féroce.
19:22 Et les symptômes sont très gênants.
19:24 Il y a un impact de cette saison polynique sur la qualité de vie des patients,
19:29 déjà uniquement à cause de la rénité allergique qui peut être majeure,
19:32 tant chez l'enfant que chez l'adulte.
19:34 Il y a aussi d'autres types d'allergies.
19:38 Juste un mot sur l'allergie alimentaire, qu'il ne faut pas ignorer,
19:41 parce que l'allergie alimentaire est facteur de risque d'asthme mortel.
19:45 Parce que le risque, c'est de faire ce qu'on appelle le choc anaphylactique,
19:48 donc la réaction généralisée avec le fameux œdème de la gorge,
19:52 et on peut en mourir.
19:54 Donc il faut quand même faire le diagnostic de ces allergies alimentaires.
19:58 Et là aussi, dans la boucle de la prise en charge multidisciplinaire de l'asthme,
20:02 quel qu'il soit, le médecin allergologue a sa place et c'est une place importante.
20:05 Sandrine Wist, vos patients subissent cette saison polynique.
20:10 Ils vous en parlent peut-être.
20:12 Quels sont les impacts de cette saison sur leur vie quotidienne ?
20:16 Alors bien sûr qu'ils nous en parlent et s'ils ne nous en parlent pas, nous leur en parlons.
20:19 Puisque c'est pour certains, en tout cas les patients allergiques,
20:23 des moments où ils vont être plus susceptibles d'avoir des symptômes,
20:27 plus susceptibles d'avoir des gènes respiratoires, des limitations dans leurs activités.
20:32 Alors bien sûr, il y a les traitements qui vont fonctionner.
20:36 Il y a aussi des méthodes d'éviction.
20:38 Nous avons une séance d'éducation dédiée aux méthodes d'éviction
20:41 de tous les facteurs déclenchants, dont les allergies,
20:43 qui sont importantes d'aborder avec eux.
20:46 Certains sont souvent déjà très compétents dans l'éviction, notamment de ces allergies,
20:53 mais parfois d'autres méconnaissent un petit peu ces méthodes.
20:56 Et du coup, le fait d'avoir des groupes de patients peut aussi leur permettre d'échanger.
21:01 Et nous leur apportons aussi, bien sûr, des conseils.
21:04 Célia Hayemkohen, on reste sur le printemps
21:08 et sur votre expérience de pharmacien dans cette saison très particulière,
21:12 qu'on aime pour sa douceur, mais il y a beaucoup de pollen, comme on l'a dit.
21:14 On imagine une recrudescence, une explosion de la vente de médicaments,
21:18 avec ou sans ordonnance.
21:20 Est-ce que vous constatez ça dans votre pharmacie ?
21:21 Oui, on a une augmentation très importante, aussi bien en hiver qu'au printemps,
21:26 avec une augmentation de la délivrance des brocodilatateurs.
21:29 Mais aussi, on a des demandes de dépannage un peu plus fréquents,
21:32 dues en fait à une surconsommation.
21:34 Et ça, ça doit être un signe d'alerte pour nos pharmaciens.
21:37 Nous allons donc rentrer en contact avec le médecin
21:39 pour voir s'il serait possible de réadapter le traitement à ce moment-là.
21:43 Docteur Budgema, quels sont les réflexes à adopter pendant cette saison pollinique ?
21:48 Est-ce qu'il y a des trucs, des astuces à mettre en place ?
21:52 Oui, alors il faut éviter d'aller se promener dans les prairies, dans les campagnes.
21:56 Pourtant c'est agréable.
21:57 Et oui, pourtant c'est agréable.
22:00 Après, il y a des choses simples,
22:02 comme éviter d'aérer en milieu de matinée, en début d'après-midi,
22:06 parce que c'est là les moments où finalement les pollens sont en suspension dans l'air
22:10 et de manière plus importante.
22:12 Il faut quand même aérer à d'autres moments, bien sûr, c'est important.
22:16 Il faut se laver les mains, souvent, le visage, les cheveux aussi,
22:19 parce qu'en fait on rapporte tous ces pollens quand on revient de l'extérieur.
22:23 On met ça sur son oreiller et puis on respire ça après toute la nuit,
22:26 ce n'est pas très bien.
22:27 Laissons maintenant la parole à une patiente.
22:29 Nous allons écouter le témoignage de Marianne Sindrick.
22:32 Comment vit-elle cette maladie ?
22:34 Et c'est avec vous tout de suite Florian.
22:36 Marianne Sindrick, bonjour.
22:39 Bienvenue dans 52 minutes santé.
22:41 Vous êtes une patiente atteinte d'asthme.
22:43 Est-ce que vous vous souvenez du jour où on vous a diagnostiqué ?
22:45 Est-ce qu'on vous a tout de suite parlé d'un asthme sévère
22:48 ou est-ce que ça a été progressif ?
22:50 Alors, le diagnostic n'est tombé qu'en 2018,
22:53 mais la maladie a commencé à s'exacerber en 2010.
22:58 Pour s'accentuer vraiment en 2013,
23:00 où là j'avais un traitement particulièrement fort,
23:03 et donc j'étais prise en charge à l'hôpital dans un protocole de recherche
23:07 pour pouvoir accéder au traitement lié à l'asthme sévère en 2019.
23:11 D'accord, donc je crois savoir que vous avez autour de 60 ans.
23:14 Donc, si je vous écoute,
23:16 votre asthme a commencé réellement à s'aggraver aux alentours de la cinquantaine.
23:19 Tout à fait.
23:20 D'accord.
23:21 Concrètement, comment on vit avec cette maladie au quotidien ?
23:24 Quelle est la journée type d'un malade ?
23:26 Pour un asthmatique, ce qui est quand même essentiel,
23:28 c'est le traitement de fond.
23:29 Et puis le fait aussi de savoir s'auto-diagnostiquer.
23:32 Donc, un pic-flow à la maison, c'est essentiel,
23:35 savoir où on en est le matin, en fait,
23:37 par rapport à sa capacité respiratoire avant la prise des traitements.
23:40 Alors, un pic-flow, vous pouvez nous expliquer de quoi il s'agit ?
23:42 Alors, c'est un petit appareil dans lequel on souffle
23:44 et qui mesure le volume pulmonaire expiré.
23:48 D'accord.
23:48 Les femmes atteintes d'asthme connaissent un parcours professionnel
23:52 parfois un petit peu compliqué.
23:53 Est-ce que vous pouvez nous raconter le vôtre ?
23:54 Est-ce que cette pathologie,
23:56 à partir du moment où elle a été diagnostiquée,
23:58 a changé un petit peu votre vie professionnelle ?
24:01 Alors oui, complètement.
24:02 C'est-à-dire qu'au départ, quand le traitement n'est pas suffisant,
24:07 on a forcément beaucoup d'exacerbations qui donnent lieu à des arrêts de travail
24:11 qui sont parfois difficiles à compenser.
24:14 Moi, j'ai eu la chance d'avoir des collaboratrices, collaborateurs
24:17 et surtout un management extrêmement bienveillant,
24:20 que je remercie encore aujourd'hui.
24:21 Il faut aussi savoir que ce qui aide,
24:23 c'est que l'asthme sévère est reconnu comme étant une maladie,
24:26 je vais le mettre entre guillemets,
24:28 "éligible" à la reconnaissance du handicap.
24:31 D'accord. Alors, c'est très intéressant ce que vous dites.
24:33 J'aimerais que vous nous expliquiez aujourd'hui
24:35 quelles sont les choses les plus compliquées à intégrer dans votre vie
24:38 sur le plan professionnel, mais aussi personnel, intime, au quotidien.
24:42 Quelles sont les plus grandes difficultés de Marianne Sendrick
24:45 à cause de son asthme ?
24:46 Alors, tout d'abord, la difficulté, elle est finalement quotidienne
24:50 dans la mesure où il faut évaluer chaque jour une situation d'environnement.
24:55 Une situation d'environnement par rapport au pic de pollution,
24:58 quand ils sont là, aux pollutions à l'ozone,
25:01 aux pollens, aux acariens, au froid.
25:05 Il y a aussi des crises d'asthme d'orage,
25:07 c'est-à-dire que juste avant l'orage, il y a toujours beaucoup de vent
25:09 et ça lève tous les pollens.
25:10 Donc, il y a des gens qui font des crises d'asthme liées aux orages.
25:13 C'est votre cas ?
25:13 Ça m'est arrivé de faire une crise d'asthme d'orage.
25:16 D'accord. Est-ce que dans votre environnement de travail,
25:19 est-ce qu'il y a un dispositif particulier pour vous aider, pour vous accompagner ?
25:23 Est-ce que vous parliez de handicap ?
25:25 Est-ce qu'il y a des éléments qui peuvent faciliter un petit peu votre quotidien ?
25:29 Quand je disais que j'avais un management bienveillant,
25:31 c'était un management qui me laissait le temps
25:32 d'aller faire quelques exercices de respiration pour pouvoir récupérer.
25:36 Parce qu'un asthmatique, dans une situation de stress,
25:39 il peut faire de l'hyperventilation
25:40 et l'hyperventilation peut être génératrice de crise d'asthme.
25:43 J'aimerais revenir un instant sur les évolutions de votre parcours de soins
25:46 et particulièrement sur les hospitalisations éventuelles
25:50 dont vous avez fait l'objet.
25:51 Est-ce que votre asthme vous a parfois conduit à l'hôpital
25:54 à cause d'une exacerbation, d'une crise d'asthme particulièrement sévère ?
25:57 Oui, ça a été le cas.
25:58 Mais encore une fois, je pense qu'entre respecter son traitement de fond,
26:03 faire de l'éducation thérapeutique,
26:05 et ça, ça ne doit pas être une proposition de la part des pneumologues,
26:08 ça doit être une prescription.
26:10 C'est-à-dire que systématiquement,
26:12 les écoles de l'asthme sont indispensables au fait qu'on évite ces exacerbations.
26:17 Alors, elles ne sont pas...
26:18 Excusez-moi, je vous coupe.
26:19 Est-ce que là, vous parlez de corticoïdes oraux que vous auriez pris
26:23 ou que vous prenez toujours, qui vous aideraient à combattre justement cette maladie ?
26:27 Les corticoïdes oraux font partie du traitement de fond
26:29 mais ne sont pas indispensables.
26:32 D'autres traitements existent pour contenir les crises d'asthme.
26:37 La réduction des causes de la maladie passe-t-elle selon vous
26:39 plus par les progrès de la médecine
26:40 ou plus par un dispositif renforcé de la cause environnementale,
26:44 notamment en ce qui concerne la pollution atmosphérique ?
26:46 Je pense que la pollution atmosphérique,
26:48 il y a une réelle conscience qui s'est mise en œuvre aujourd'hui
26:51 et de vraies actions, même si elles restent pour certains insuffisantes.
26:55 Justement, Marianne, pour conclure cet entretien,
26:58 c'est près d'un patient sur deux qui est non observant
27:00 en matière de symptômes liés à l'asthme.
27:02 Quel conseil donneriez-vous pour sensibiliser la population à cette maladie ?
27:06 Le traitement de fond est indispensable au fait de contenir la crise d'asthme.
27:11 Le premier conseil que je donnerais,
27:12 c'est vraiment de s'inscrire dans des écoles de l'asthme,
27:15 de faire de l'éducation thérapeutique pour comprendre le fonctionnement de l'organe
27:18 et l'usage de son traitement et de ses médicaments.
27:22 Merci beaucoup Marianne Sindrick.
27:23 Nous avons le plaisir d'accueillir sur ce plateau Marianne Sindrick.
27:28 Bonjour Marianne et merci pour votre témoignage.
27:31 Alors, on vient de vous entendre parler de la saison polynique.
27:34 Comment l'appréhendez-vous ? Elle est bientôt de retour.
27:37 Bonjour. Avec beaucoup de vigilance, avec beaucoup de précaution,
27:41 le fait d'aérer le matin, d'éviter des activités physiques en journée,
27:45 notamment dans les parcs, mais comme vous l'évoquiez,
27:48 en suivant tous ces conseils précieux qui m'ont été donnés lors de l'éducation thérapeutique.
27:53 Marianne, je vous présente Sandrine Wist qui est infirmière en pratiques avancées,
27:57 un métier qui ne vous est pas inconnu, je crois.
28:00 Décrivez-nous, Sandrine, comment se concrétise cette relation patient-infirmière ?
28:05 Donc, c'est une démarche qui va être centrée sur le patient.
28:08 Déjà, ça c'est très important parce qu'à son arrivée,
28:10 on va procéder à un bilan éducatif partagé.
28:14 C'est en fait un moment où on prend connaissance avec le patient
28:17 de ses représentations de la maladie, du traitement et surtout de ses besoins.
28:22 Et ensuite, on va donc décliner ses séances d'éducation thérapeutique
28:26 en fonction des besoins du patient.
28:28 Et évidemment, on va reprendre des principes comme la physiopathologie,
28:32 l'action des traitements, le plan d'action,
28:34 donc on va leur proposer la surveillance grâce au Peak Flow dont vous parliez.
28:39 Et puis, des séances aussi qui vont être basées sur l'éviction des facteurs déclenchants.
28:45 On a nous une équipe pluridisciplinaire qui nous permet
28:48 d'identifier les différentes comorbidités
28:50 et les différents facteurs favorisants qui peuvent être évités,
28:54 qui peuvent faire que l'asthme n'est pas bien contrôlé.
28:57 Donc, c'est vraiment une démarche qui va être personnalisée autour du patient.
29:03 Alors, justement, Sandrine, c'est intéressant ce que vous dites
29:06 parce qu'apparemment, vous êtes très peu nombreux, trop peu nombreux
29:10 à exercer cette profession, malheureusement,
29:13 parce qu'on parle de vous comme d'une compétence relais au médecin.
29:17 Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ?
29:19 Oui, évidemment, les deux années de master qui nous forment
29:24 nous permettent de pouvoir faire le suivi des patients qui sont stabilisés.
29:30 Et donc, en effet, on va pouvoir, par exemple, renouveler des traitements,
29:34 faire le suivi du patient avec un examen clinique,
29:38 avec un interrogatoire, avec des surveillances
29:41 que le médecin aurait pu faire,
29:43 mais qui vont permettre de dégager du temps médical
29:47 et permettre, par exemple, d'accueillir des nouveaux patients,
29:49 de diagnostiquer des nouveaux patients,
29:51 de les inclure dans ses parcours de soins.
29:53 Docteur Gérard Rousset, quel est le regard que vous portez
29:56 en tant que médecin généraliste sur ce nouveau métier des infirmières
29:59 ou ce nouveau rôle des infirmières ?
30:02 Je pense que leur rôle est essentiel dans toutes les maladies chroniques.
30:05 Il faut bien expliquer que c'est un temps dans la maladie,
30:08 c'est-à-dire que ça va durer quelques semaines,
30:10 de façon à permettre d'avoir des rotations,
30:12 que plus de patients puissent avoir accès.
30:14 Et ce temps-là permet aux patients aussi de se restituer,
30:18 c'est-à-dire de dire ce que je comprends moi de ma maladie,
30:22 ce que je vis dans ma vie de tous les jours,
30:24 quelle est ma qualité de vie et comment évolue-t-elle
30:27 en fonction de la prise en charge thérapeutique et clinique.
30:30 Sandrine, au-delà de votre métier,
30:32 vous intervenez aussi au sein de l'école de l'asthme à l'hôpital.
30:36 Est-ce que vous pouvez nous raconter ?
30:36 Ça, c'est vraiment important.
30:37 Alors l'école de l'asthme, ce sont justement ces séances d'éducation thérapeutique.
30:41 Donc c'est vrai que chez nous, elle existe depuis 23 ans.
30:45 Donc on a pu, au fil des années, la remanier,
30:48 aussi changer nos messages puisque les choses évoluent,
30:52 notamment sur tout ce qui est environnement intérieur, etc.
30:56 Et donc cette école de l'asthme, en fait, elle est vraiment structurée.
31:02 C'est vrai que ce sont des séances d'éducation avec un bilan clinique
31:06 qui vont permettre d'identifier chez le patient
31:09 les différents éléments qui peuvent faire que son asthme n'est pas bien contrôlé
31:13 et qui vont nous permettre d'avancer avec le patient
31:15 pour essayer d'améliorer ces différents facteurs.
31:18 Et est-ce qu'on sort de cette école avec un diplôme ?
31:20 Il n'y a pas de diplôme,
31:22 mais par contre, les patients sortent plutôt satisfaits
31:25 et surtout, ce n'est qu'ils ne sortent pas,
31:27 c'est qu'on les revoit après, ça c'est important aussi.
31:30 C'est les évaluations qu'on peut faire après
31:32 et on les voit à plus ou moins court terme,
31:35 en fonction des besoins, évidemment.
31:37 Alors vous avez tous entendu le témoignage de Marianne Sendrick.
31:41 Est-ce qu'il est représentatif de tous les patients atteints d'asthme ?
31:45 Docteur Boudjema.
31:47 Oui, alors merci déjà, Marianne, pour ce témoignage, ce beau témoignage.
31:52 Et ça souligne en effet le parcours difficile, laborieux, souvent.
31:56 Et alors, on a parlé de sous-estimation du diagnostic d'asthme,
32:00 mais alors encore plus d'asthme sévère,
32:02 parce qu'il va être admis et par le patient et par le soignant
32:05 de recourir à une consommation de soins, de traitements,
32:09 comme la cortisone en comprimé, cette fois, pas inhalée,
32:13 de manière récurrente,
32:14 pour pouvoir contrôler la maladie alors que ça n'est pas acceptable.
32:18 Alors l'asthme au travail, c'est un autre sujet important.
32:21 Selon plusieurs études, il existe des liens entre la maladie, l'asthme,
32:25 et l'environnement professionnel.
32:27 Donc quels sont les métiers dans lesquels l'asthme est le plus répandu ?
32:31 Alors je pense par exemple à l'asthme du boulanger,
32:33 dont on a beaucoup entendu parler,
32:35 mais le boulanger n'est pas le seul concerné.
32:37 Non, alors c'est vrai que le plus célèbre, c'est l'asthme du boulanger,
32:41 donc c'est l'allergie à la farine, en fait, d'accord ?
32:43 Et donc boulanger, pâtissier, les coiffeurs, bien sûr.
32:47 Donc il y a des produits irritants qui peuvent exposer les coiffeurs,
32:53 et les prédisposer à avoir de l'asthme.
32:56 Il y a aussi les agents d'entretien,
32:58 puisqu'il y a des produits irritants,
33:00 des produits qu'on appelle les ammonium quaternaires,
33:02 qui sont contenus dans les produits ménagers.
33:06 Il y a les peintures, carrossiers par exemple.
33:10 Donc vous voyez, il peut y avoir tout un panel de métiers comme ça,
33:13 qui exposent, et qu'il faut aller dépister,
33:17 donc il faut aller rechercher l'asthme chez ces patients qui exercent ces métiers.
33:22 Est-ce que les femmes sont plus exposées à ces maladies professionnelles,
33:27 en quelque sorte, liées à leur environnement professionnel ?
33:30 Je pense par exemple aux femmes coiffeuses, aux femmes agents d'entretien,
33:35 est-ce qu'il y en a plus ?
33:36 On a en effet une fréquence plus importante chez la femme.
33:40 Après, ces métiers-là ont une répartition parfois presque égale.
33:46 Il y a autant de coiffeurs hommes que femmes,
33:48 et c'est finalement le métier qui va exposer à ce risque.
33:54 Mais la sévérité de l'asthme est plus importante,
33:58 souvent chez la femme, en tout cas après l'âge de 40 ans.
34:01 Alors, une étude publiée par Santé publique France
34:04 a mis en évidence l'impact défavorable de l'asthme sur le parcours professionnel.
34:10 Marianne, c'est ce que vous avez vécu, avec de l'absentéisme ?
34:14 L'asthme et les exacerbations fatiguent énormément
34:18 et nécessitent effectivement des arrêts de travail
34:22 qui peuvent avoir une conséquence sur le parcours professionnel.
34:26 Tout à fait.
34:27 Maintenant, l'asthme et l'impact environnemental,
34:30 l'asthme dans nos parcours professionnels,
34:32 le parcours de soins, on en parle tout de suite déjà avec vous, Marianne Sindrick.
34:35 Racontez-nous comment vous ressentez l'impact de l'environnement dans votre quotidien.
34:41 Vous nous en avez déjà parlé dans l'interview qu'on a faite ensemble,
34:43 mais revenez-y.
34:44 La pollution est effectivement un des sujets,
34:48 mais il est loin d'être le seul,
34:50 puisqu'on peut aussi parler des sujets de pollinisation,
34:54 notamment avec l'augmentation des plantations de graminées en ville
34:58 qui ont accentué les phénomènes de crise.
35:01 Vous nous parliez de la pollution aussi.
35:03 Est-ce que, par exemple, vous, quand vous allez à la campagne, à la montagne,
35:06 est-ce que vous respirez mieux ?
35:07 Est-ce que vous avez moins de crise ?
35:08 Est-ce que quand vous êtes en ville,
35:10 je sais que vous êtes en région parisienne, c'est plus compliqué ou pas ?
35:13 Alors, ce n'est pas forcément plus compliqué en ville.
35:15 C'est très compliqué à la campagne,
35:17 parce que les pollens sont différents de ceux qui m'environnent habituellement
35:20 et pour lesquels, visiblement, mes anticorps ont dû faire quelques travaux.
35:24 Mais c'est compliqué à la campagne, pas à la montagne,
35:27 mais c'est également compliqué en mi-saison, au bord de la mer,
35:30 à cause de l'humidité et, pour le coup, du niveau d'acariens
35:35 dans les maisons de bord de mer.
35:36 Alors là, je m'adresse à tout le monde.
35:38 J'aimerais qu'on parle à présent du fameux parcours de soins
35:41 et du processus de communication entre spécialistes et patients.
35:44 Est-ce qu'il existe, selon vous, un principe de parcours de soins co-instruit
35:48 entre chacune de vos corporations ?
35:50 Pas assez, malheureusement.
35:52 Il n'y a pas de canaux de communication standardisés dans la plupart des cas.
35:57 Donc après, on essaie de travailler de manière géographique, si je puis dire.
36:02 Donc nous, à Créteil, on va normalement connaître les médecins généralistes
36:08 qui nous adressent les patients.
36:09 On va connaître les centres où il y a de l'éducation thérapeutique,
36:13 des écoles de l'asthme et on va essayer de communiquer entre nous.
36:16 Alors justement, ce parcours, en quoi il consiste ?
36:19 Il consiste à la communication entre les différents professionnels de santé
36:23 et la détection des signaux d'alerte qui doivent indiquer l'adressage des patients.
36:30 Donc le patient se présente de lui-même, par exemple, à son médecin traitant
36:34 et va donc parler, relater ses symptômes.
36:39 Il va y avoir une prise en charge qui va être déclenchée.
36:41 Mais alors, normalement, le médecin généraliste a besoin du pneumologue
36:44 pour effectuer un examen principal qui est la spirométrie.
36:48 C'est la mesure du souffle chez les patients asthmatiques.
36:51 Parce qu'en fait, comme on l'a dit tout à l'heure,
36:53 le diagnostic d'asthme n'est pas toujours facile.
36:55 Il faut s'appuyer sur l'interrogatoire, la spirométrie, donc la mesure du souffle.
36:59 Et c'est comme ça qu'arrive ensuite le pneumologue.
37:02 Puis il va y avoir les effets et facteurs de mauvais contrôle comme les pathologies ORL.
37:08 Il va y avoir l'ORL et donc plusieurs types de professionnels de santé qui vont intervenir.
37:13 Justement, là je me tourne vers vous Sandrine Wyss,
37:16 parce que vous avez un rôle très particulier en tant qu'infirmière en pratique avancée.
37:20 Vous êtes au cœur du parcours de soins.
37:23 Est-ce que vous avez un rôle de conseil ?
37:25 Ça on le sait, mais est-ce que vous avez aussi un rôle de diagnostiqueur ?
37:27 Le diagnostic va être fait par le médecin.
37:31 Est-ce que vous le confirmez ?
37:32 Alors, évidemment, nous on va chercher des éléments qui pourraient peut-être
37:37 l'infirmer ou le confirmer, mais c'est un travail d'équipe avant tout.
37:41 C'est-à-dire que nous, en tant qu'infirmière de pratique avancée,
37:44 on ne travaille pas seule, on travaille avec une équipe.
37:47 On travaille pour l'instant sous protocole d'organisation avec un pneumologue,
37:52 enfin en ce qui me concerne en tout cas, un ou plusieurs pneumologues.
37:55 Et donc les décisions, si j'estime qu'elles doivent être prises collégialement,
38:00 je vais les prendre avec mes collègues, ça ne sera pas seul.
38:03 Alors là, je m'adresse à la pharmacienne Célia Ayemkoen.
38:07 Vous, est-ce que vous voyez encore beaucoup de patients qui arrivent et qui s'ignorent,
38:11 qui entrent dans votre pharmacie en vous parlant de symptômes ?
38:13 Vous, vous comprenez peut-être immédiatement qu'il s'agit d'asthme,
38:16 mais eux peut-être pas.
38:17 Est-ce que ça arrive encore souvent ?
38:19 Alors oui, encore aujourd'hui, oui.
38:21 En fait, on est face à des renouvellements d'ordonnances
38:23 avec des antibiotiques à répétition, des antitussifs.
38:26 C'est pour nous des signaux d'alerte.
38:28 Et on se tourne cette fois-ci vers le médecin pour voir,
38:31 est-il possible d'avoir une meilleure prise en charge ?
38:32 Parce que le patient, voilà, il est...
38:34 C'est-à-dire que c'est vous qui traînez ?
38:35 Vous êtes au tout début du parcours de soins.
38:37 Voilà, c'est ça. On est vraiment...
38:38 On voit que les préceptions sont régulières,
38:41 que les gens, on voit par rapport aux symptômes,
38:43 ils sifflent, ils ont...
38:44 Ils s'aidaient tous vraiment avec des sibilances.
38:48 Donc, vraiment, on redirige le patient vers le médecin.
38:52 Alors justement, comment les patients perçoivent leur parcours de soins ?
38:56 Quels sont les points positifs, les points négatifs dont ils vous parlent ?
39:00 Alors, c'est vrai que nous, quand ils arrivent déjà au centre hospitalier,
39:04 ça peut être de différentes façons.
39:05 Ça peut être aux urgences, ça peut être en consultation,
39:08 ça peut être directement en séance d'éducation.
39:10 Et en fonction, justement, de l'endroit où on va les prendre en charge,
39:15 ça va être très différent puisque...
39:17 C'est vrai que moi, mon poste en pratique avancée,
39:19 on l'a monté notamment pour favoriser ce parcours de soins,
39:23 pour éviter qu'il y ait des ruptures de suivi.
39:26 Et par exemple, aller chercher les patients qui passent aux urgences.
39:29 Les inclure dans notre parcours de soins et pas qu'ils retournent chez eux
39:33 et qu'ils, dans trois mois, refassent une crise d'asthme
39:36 parce que malheureusement, ça se voit.
39:37 Alors qu'évidemment, les urgentistes les envoient vers un pneumologue,
39:40 mais dès qu'ils vont mieux, malheureusement, ils ne le font pas forcément.
39:44 Donc, c'est vrai que s'ils arrivent en consultation,
39:47 on va faire tout un bilan, évidemment, pour diagnostiquer, poser le diagnostic,
39:52 et puis identifier tous les facteurs aggravants, essayer de les modifier.
39:58 Alors, Marianne Sendrick, dans ce parcours de soins, il y a la prise de médicaments.
40:02 Est-ce que c'est contraignant ?
40:04 Qu'est-ce qui vous gêne le plus ou qu'est-ce qui vous a gêné le plus ?
40:07 Je pense que tant qu'on est à son domicile,
40:09 on n'a pas vraiment de contraintes avec les différents traitements.
40:13 Après, c'est plus au moment du voyage,
40:17 et notamment quand il faut voyager extrêmement léger,
40:20 que ces traitements peuvent parfois être encombrants dans la trousse de toilette,
40:25 voire avec certains effets secondaires,
40:29 que j'ai pu avoir, déjà arriver de voyager avec des seringues d'hydrocortisone
40:33 pour un effet collatéral de mon traitement avant que ça aille beaucoup mieux.
40:40 Ça, c'est plutôt compliqué.
40:41 Et heureusement, certaines associations de patients
40:45 vous permettent de voyager avec des petites cartes
40:47 qui identifient votre traitement, votre statut,
40:49 et notamment l'association des asthmatiques sévères en ce qui nous concerne,
40:54 où les cartes adhérents permettent de simplifier un peu le passage au bureau douanier.
41:03 Donc très important d'échanger.
41:05 Docteur Budgema, dans les cas d'asthme sévère,
41:08 on prescrit parfois des biothérapies ou une biothérapie.
41:12 Alors, en quoi consiste ce traitement ?
41:14 Quel est son mode d'action par rapport aux autres traitements peut-être plus connus de l'asthme ?
41:18 La biothérapie désigne l'ensemble des nouveaux traitements dans l'asthme sévère.
41:24 Ce sont des traitements qui, à l'inverse des autres médicaments
41:28 qui ont tendance plutôt à agir sur plusieurs éléments dans l'asthme
41:33 et sur les conséquences de l'asthme,
41:35 ces biothérapies vont agir de manière très précise.
41:38 On appelle ça des traitements ciblés,
41:40 qui vont cibler finalement des molécules de l'inflammation,
41:44 des protéines le plus souvent, ou des cellules.
41:47 Et en diminuant l'inflammation, on diminue les crises.
41:49 Les symptômes.
41:50 Et alors attention, quand même,
41:52 élément important, ce ne sont pas des traitements qui remplacent le traitement de fond habituel,
41:57 qui consiste à prendre le plus souvent une association de corticoïdinalés
42:01 et de bronchodilatateurs de longue durée d'action.
42:03 C'est un traitement complémentaire.
42:05 Docteur Gérard Rousset, à partir de quel moment le médecin généraliste que vous êtes
42:10 passe la main au pneumologue ?
42:12 Est-ce que c'est forcément en cas d'asthme sévère ou est-ce que ça peut intervenir plus tôt ?
42:15 C'est un travail conjoint, parce qu'il va solliciter l'intervention du pneumologue très rapidement
42:19 pour confirmer le diagnostic.
42:21 Il est rare que des médecins fassent les explorations fonctionnelles respiratoires,
42:25 ça arrive, il y a des médecins qui se sont formés à ça,
42:27 mais la place du pneumologue, elle est très précoce.
42:30 Et ensuite, lorsque l'on est face à un asthme difficile à traiter,
42:33 comme on l'a dit tout à l'heure, ou un asthme sévère,
42:36 ou un patient qui est suivi par un autre médecin avec une corticothérapie orale,
42:41 ça doit faire poser la question du rôle d'une équipe de pneumologues
42:47 pour se poser la question d'un changement thérapeutique.
42:49 Aujourd'hui, les corticorrhides oraux ont une place, à mon sens,
42:54 très limitée dans la prise en charge des asthmes difficiles à traiter ou sévères,
42:58 et on peut avoir recours à des thérapeutiques beaucoup plus modernes,
43:01 les biothérapies, dont a parlé ma collègue tout à l'heure.
43:04 Je passe du médecin généraliste au pneumologue, Dr Amel Boudjema.
43:08 Comment est-ce que vous arrivez à diagnostiquer un asthme sévère,
43:12 arriver à en être certaine ? Faut-il des examens complémentaires ?
43:16 Ou est-ce que la sévérité des symptômes suffit à eux-mêmes ?
43:19 Alors, il y a un facteur temps.
43:20 On ne peut pas faire le diagnostic d'asthme sévère en une consultation.
43:24 Et la prise en charge d'un asthmatique dit difficile à traiter, non contrôlé,
43:28 ça va au-delà de la consultation standard.
43:30 Si je vois un patient pour la première fois,
43:32 je décrète qu'il a un asthmatique sévère, il y a un petit problème.
43:35 Donc, il y a un temps qui s'étale entre 6 et 12 mois parfois,
43:40 parce qu'il faut avoir regardé tous les éléments clés qui sont de,
43:44 est-ce que c'est le bon diagnostic ?
43:45 Donc, on n'a pas beaucoup d'examens complémentaires à faire,
43:49 finalement, c'est beaucoup d'interrogatoires.
43:51 Parlons des comprimés de corticoïdes
43:53 qui peuvent être prescrits dans la maladie de l'asthme.
43:56 À quel moment est-ce qu'on les prescrit ?
43:57 Alors, on les prescrit de façon certaine dans la poussée de la maladie,
44:02 dans la crise d'asthme, d'accord.
44:04 Mais en dehors de la crise d'asthme,
44:06 nous ne sommes pas censés prescrire des corticoïdes en comprimé de façon continue.
44:11 Docteur Amel Boudjema, je reste avec vous pour aborder
44:14 un problème fréquent qui est lié à l'asthme,
44:17 la polypose nasale ou polypose nasocinusienne.
44:21 Elle concerne environ 2% de la population en France.
44:24 Le Covid a mis en lumière l'un des symptômes fréquents de la polypose,
44:28 c'est la perte de l'odorat.
44:30 De plus, on sait que la moitié environ des patients
44:34 atteints de polypose ont un asthme associé.
44:38 Alors pourquoi cette relation, je ne sais pas si elle est de cause à effet,
44:41 mais pourquoi cette relation étroite entre ces deux maladies ?
44:44 Il faut simplement comprendre que le système respiratoire commence au niveau du nez.
44:50 Et donc l'inflammation qui est dans les bronches
44:52 est tout à fait la même au niveau du nez et des sinus.
44:56 Alors, heureusement, tous les patients n'ont pas une polypose nasocinusienne,
45:00 mais la particularité, en effet, souvent c'est une rhinite allergique.
45:03 Après, il y a tout le panel de pathologies rhinocinusiennes
45:07 qui va donc de la rhinite, la rhinocinusite chronique,
45:10 et ça, les malades asthmatiques connaissent ce problème de sinusite à répétition.
45:15 Et il y a cette polyposons, ce sont des petites boules comme des grains de raisin
45:18 qui sont dans les sinus, dans le nez,
45:20 et qui, excusez-moi du terme, pourrissent la vie de nos patients
45:25 parce que les deux symptômes primordiaux,
45:27 c'est, vous l'avez dit, la perte de l'odorat et du goût,
45:30 et puis l'obstruction bronchique, pardon, nasale.
45:34 Et donc ce sont des patients qui dorment très mal,
45:36 qui ont une qualité de vie qui est très impactée,
45:39 et il faut absolument faire le diagnostic de cette pathologie et la traiter.
45:44 Célia Hayem Cohen, autre médicament plus connu et plus souvent prescrit,
45:47 le bronchodilatateur à courte durée d'action, qu'on connaît tous,
45:51 qui est également appelé médicalement de secours.
45:53 Est-ce que vous constatez une surutilisation de ce médicament
45:57 dans vos pharmacies, dans votre pharmacie ?
45:59 Alors oui, donc on a une augmentation des ventes de bronchodilatateurs
46:03 au moins surtout pendant les périodes hivernales.
46:06 Les patients utilisent ce traitement comme un remède miracle, d'accord,
46:09 c'est vraiment pour eux la solution,
46:12 mais nous, pharmaciens, si on a des demandes réitérées de bronchodilatateurs,
46:16 ça va être pour nous un signal d'alerte,
46:19 et donc nous allons nous mettre en relation avec le médecin
46:22 pour rétablir peut-être un nouveau protocole.
46:24 Alors pour continuer la discussion au sujet de l'asthme,
46:27 nous sommes allés dans la rue demander quelles causes et impacts
46:30 cette pathologie pouvait avoir sur nos vies.
46:31 Alors vous allez voir, Brigitte, il reste encore beaucoup, beaucoup d'idées reçues.
46:35 Question de notre premier internaute.
46:40 Bonjour, c'est Koumba, j'ai 25 ans,
46:42 je voulais savoir, est-ce qu'on fait forcément des crises quand on est asthmatique ?
46:45 Qui veut répondre, docteur Oussé ?
46:47 Forcément, on peut d'ailleurs développer un asthme sans avoir fait de crise,
46:50 c'est justement un peu plus pernicieux, un peu plus difficile à diagnostiquer,
46:54 parce qu'on a ces symptômes qu'on a évoqués tout à l'heure,
46:57 on les entend de fond, mais souvent la maladie peut se révéler
47:01 par une crise qui va être d'intensité variable.
47:03 Elle peut être faible, elle peut être plus importante,
47:05 elle peut vous conduire aussi à l'hôpital.
47:07 Deuxième question.
47:08 Bonjour, je m'appelle Roxane, j'ai 29 ans,
47:11 et je voulais savoir s'il fallait que j'arrête les médicaments
47:13 contre l'asthme pendant la grossesse. Merci.
47:16 Docteur Boudjema, alors ça c'est une question importante
47:18 pour toutes les femmes asthmatiques.
47:20 Tout à fait, alors il ne faut pas, surtout pas,
47:23 arrêter les traitements de l'asthme pendant la grossesse.
47:26 Ce qui est dangereux pour le bébé, c'est de manquer d'oxygène
47:31 et donc de faire une crise d'asthme et que le bébé ne soit pas oxygéné.
47:34 En revanche, les traitements ne sont pas contre-indiqués.
47:37 Nous allons maintenant parler du futur dans notre rubrique
47:40 "Demain, c'est aujourd'hui".
47:41 Et je m'adresse à Marianne Sindrick.
47:50 Si vous aviez une baguette magique,
47:52 quels sont les progrès que vous aimeriez voir apparaître
47:55 pour rendre votre vie quotidienne et votre maladie
47:58 moins difficile à vivre ?
48:00 Le rêve, ce serait de pouvoir éradiquer l'état inflammatoire
48:05 et donc d'éradiquer la maladie.
48:08 Ou l'hypér- et osinophilie pour ceux qui en sont atteints
48:13 ou pour les personnes qui y sont concernées.
48:15 Docteur Amel Boudjema, est-ce que vous pensez que ce type de progrès
48:18 peut arriver rapidement ?
48:20 Est-ce qu'il y a des recherches sur l'inflammation ?
48:23 En tout cas, il y a beaucoup de recherches sur l'inflammation.
48:26 Ces traitements par biothérapie ont révolutionné le quotidien
48:29 et la prise en charge des asthmatiques sévères,
48:31 mais ils sont pris pendant de nombreuses années
48:34 et on ne sait pas quand on peut les arrêter.
48:36 Le risque, en les arrêtant, c'est de voir revenir cette inflammation,
48:39 ce qui soulignerait le caractère seulement suspensif de ces traitements.
48:44 Et donc, il y a en effet beaucoup de recherches
48:46 parce que le rêve serait que les patients prennent ces biothérapies
48:49 pendant quelques années et puis, quand c'est terminé,
48:52 on n'a plus d'inflammation.
48:54 Mais pour l'instant, ce n'est pas le cas malheureusement.
48:56 Est-ce qu'il y a d'autres recherches en cours ?
48:58 Il y a aussi des recherches en cours concernant peut-être une vaccination
49:04 contre l'asthme, mais pour l'instant, c'est vraiment au stade de recherche.
49:07 Alors soyons positifs, continuons à l'être.
49:10 Que pourriez-vous dire aux patients qui nous écoutent ?
49:14 Est-ce qu'il y a de l'espoir, des progrès à venir ?
49:18 Il y a déjà beaucoup de progrès à faire dans le diagnostic,
49:21 ne pas sous-estimer la maladie,
49:22 qu'on peut très bien vivre normalement avec un asthme
49:26 en étant pris en charge correctement, en prenant le traitement.
49:30 Si c'est difficile de prendre le traitement,
49:31 il y a des professionnels de santé, du médecin, de l'infirmière,
49:36 du pharmacien, pour aider les patients à bien prendre leur traitement.
49:40 Et même si on ne peut pas en guérir, on peut vivre normalement avec un asthme.
49:44 Brigitte, notre émission 52 minutes santé touche déjà à sa fin.
49:47 Il est l'heure de nous quitter.
49:48 Merci infiniment de nous avoir suivis.
49:51 Merci à tous nos invités qui étaient présents sur ce plateau.
49:53 Vous avez été formidables.
49:54 Je commence par vous, Marianne Sendrick,
49:55 vous êtes venue nous parler de votre asthme.
49:57 Docteur Amel Boudjema, vous êtes pneumologue à Paris.
50:00 Docteur Gérard Rousset, vous êtes médecin généraliste à Paris également.
50:03 Sandrine Wist, vous êtes infirmière en pratiques avancées.
50:06 Merci beaucoup.
50:07 Et enfin, Célia Ayemkoen, vous êtes pharmacienne.
50:09 Merci beaucoup.
50:10 Nous espérons avoir pu répondre à toutes vos questions sur l'asthme,
50:13 son évolution, sur les traitements, les nouveaux traitements
50:17 et aussi sur les nouvelles formes d'accompagnement des patients.
50:20 On se retrouve avec plaisir dans une prochaine émission
50:23 pour traiter d'un nouveau sujet,
50:25 nouvelles thématiques, nouveaux invités et surtout, on compte sur vous.
50:28 Merci aux équipes qui sont avec nous en régie
50:31 et qui nous ont aidées à préparer cette émission.
50:33 Bonne journée.
50:34 [Musique]
Commentaires