00:00Fini l'excuse de l'humour carabin, il prône ce matin la tolérance zéro dans le système de santé
00:06et il annonce une première série de mesures après cette vague de témoignages initiée mi-avril par le docteur Karine Lacombe,
00:12vous en parliez, le MeToo hôpital, qui révèle donc cet univers où règne le silence.
00:17Pour en finir, donc, un plan en quatre axes élaboré, dit-il, avec les syndicats et des associations,
00:23un des enquêtes plus efficaces, parce qu'elles étaient jusqu'alors menées en interne.
00:27Là, il va falloir faire intervenir des experts extérieurs pour qu'elles aient plus de chances d'aboutir à la fin de l'entre-soi.
00:33Deux, des formations renforcées.
00:35Sensibilisation à ces violences sexistes et sexuelles, ça deviendra obligatoire dans les trois ans,
00:40surtout pour les maîtres de stage, ceux qui encadrent les internes.
00:44On a su, dans différents sondages, que se passait là la majorité de ces violences.
00:49Trois, meilleur accompagnement des victimes.
00:51Et enfin, quatre, plus de transparence.
00:54Chaque établissement devrait bientôt publier, chaque année, les signalements et les sanctions qu'il a délivrés.
00:59On ne pourra plus se cacher, prévient le ministre.
01:02Alors, ces mesures-là, ça n'est que le début, parce que le ministre promet justement d'autres annonces d'ici la fin de l'été.
01:07Oui, suite à ces discussions, pourquoi pas, par exemple, mettre en place des correspondants locaux
01:11auxquels pourraient s'adresser les victimes, puisqu'elles disent que c'est ce qui manque actuellement,
01:15identifier un tiers de confiance dans l'équipe qui ne va pas chercher à étouffer l'affaire.
01:20Alors, qui, comment, tout ça reste à définir.
01:22Pareil pour les fresques pornographiques dont on avait parlé, dans les salles de pause, notamment.
01:26Jusque-là, charge à chaque établissement de les faire disparaître.
01:30Est-ce qu'il n'y a pas un moyen plus efficace et général d'y mettre fin ?
01:34Autre demande des associations, la mise à l'écart préventive des soignants visée par un signalement.
01:39Là, pour le coup, le ministre est beaucoup plus réservé, parce qu'il rappelle qu'il y a quand même la justice qui s'applique.
01:45Et pour le coup, la présomption d'innocence qui est aussi en vigueur à l'hôpital.
01:50Une procédure disciplinaire ne peut être engagée que si les faits sont avérés.
01:54Prudence, donc. Mais on voit bien que cette libération de la parole,
01:56l'APHP et les hôpitaux de Paris parlent de plus de 29% de signalements chaque mois,
02:02doit non seulement être encouragée, mais se traduire concrètement par des sanctions.
02:06Il y a trois jours, le président de l'Ordre des médecins annonçait pour sa part
02:09que les étudiants qui, au cours de leurs études, seraient sanctionnés pénalement pour ce genre de crime
02:14ne pourront pas exercer la médecine.
02:16Tout simplement radier avant même d'exercer.
02:19Et je voulais vous montrer pour finir ce qui circule en ligne,
02:22la version hôpitale de ce que vous avez peut-être déjà croisé, le violentomètre.
02:25Là, c'est le violentospitomètre.
02:27Alors, ça permet de savoir dans quel environnement vous évoluez.
02:32Ça va de égalitaire à hostile, d'une simple remarque blessante à une fellation forcée,
02:37en passant par la main aux fesses dans l'ascenseur.
02:39Ça peut sembler évident, mais ça permet, disent les associations,
02:42de se situer sur l'échelle de ce qui est acceptable et de ce qui ne l'est plus.
02:46De ce côté-là, tous les témoignages sont d'accord.
02:49L'hôpital a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire.
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