00:00 Depuis lundi, vous le savez, les débats sur la loi, sur la fin de vie ont débuté à l'Assemblée nationale.
00:05 On en parle beaucoup, débats animés d'ailleurs.
00:08 Et il est forcément question des soins palliatifs.
00:11 Et ce matin, Florian, vous allez nous expliquer pourquoi ce terme est né en fait d'un problème de traduction.
00:17 Oui Jérôme, car ceci c'est à Lyon en 1842 que Jeanne Garnier, veuve à l'âge de 24 ans,
00:22 crée l'association des Dames du Calvaire pour accueillir des femmes incurables
00:26 dont les hôpitaux ne veulent plus les accompagner jusqu'à leur mort.
00:29 Voilà pourquoi d'ailleurs aujourd'hui le plus grand centre français de soins palliatifs à Paris
00:32 s'appelle la maison Jeanne Garnier.
00:34 Et bien c'est en Angleterre que l'on a commencé à prendre en charge les personnes en fin de vie.
00:38 Quand ça exactement ?
00:39 Alors la date clé c'est 1948.
00:41 Cette année-là, Cicely Sanders, une infirmière londonienne, rend visite tous les jours à David,
00:46 un homme de 40 ans en train de mourir d'un cancer.
00:49 Pendant les huit dernières semaines de sa vie, ils vont beaucoup parler.
00:52 Et David finit par avouer à Cicely que sa présence quotidienne et leurs échanges
00:56 lui font oublier ses douleurs. De là naît une idée.
01:00 Créer un lieu où des patients comme David trouveraient des soins adaptés et une présence aimante.
01:05 Avec les 500 livres Sterling qui lui laissent à son décès pour la remercier, elle se lance.
01:10 C'est-à-dire ?
01:10 Elle devient médecin et elle fait des recherches sur le traitement de la douleur.
01:13 Elle étudie notamment la morphine et a l'idée de l'utiliser par voie orale de façon régulière
01:19 pour supprimer la douleur en l'anticipant au lieu d'essayer de la calmer une fois qu'elle s'est installée.
01:24 Elle définit aussi le concept de "Whole Person Care", prendre soin de la personne dans l'intégralité de ses besoins.
01:30 Donc traiter la souffrance physique bien sûr, mais aussi psychologique et sociale avec les effets sur l'entourage.
01:36 Et puis après avoir recueilli des fonds en 1967, elle crée dans le sud-est de Londres
01:40 ce premier vrai lieu pour les personnes en fin de vie, le St. Christopher Hospice.
01:45 Hospice, c'est pas très valorisant comme nom.
01:47 En anglais ça l'est, mais en français c'est sûr beaucoup moins.
01:50 Hospice, c'est en France jusqu'aux années 70 le nom péjoratif qu'on donne aux maisons de retraite.
01:54 Voilà pourquoi lorsque le professeur Balfour Mound crée en 1974 à Montréal
01:59 un centre similaire à celui de Cecily Sanders, il décide de lui trouver un autre nom.
02:04 Il pense au verbe "pallier" dans le sens "atténuer, remédier à".
02:08 Car c'est le but, atténuer les symptômes pénibles de la maladie, pas agir sur elle,
02:12 puisque ça, malheureusement, ce n'est plus possible.
02:15 Il invente donc le terme "soin palliatif" qui, rappelons-le, n'a rien à voir avec l'euthanasie.
02:20 L'euthanasie, c'est aider à mourir.
02:21 Les soins palliatifs, c'est aider à mieux vivre ce qu'il reste à vivre.
02:24 Merci beaucoup Florian Gazan. Merci à toute la tablée.
02:27 Alba, on vous retrouve dans 20 minutes pour votre édito.
02:29 Oui, avec cette question, faut-il revenir sur le nom cumul des mandats ?
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