- il y a 2 ans
Jean-Marc Morandini et ses chroniqueurs décryptent l'actualité des médias dans #MorandiniLive
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00:00:00Mercredi 15 mai 2024, Morandini Live numéro 1438, et tout d'abord je voulais vous signaler qu'à partir d'aujourd'hui, notre émission aura 30 minutes de plus pour débattre et pour vous informer, puisque désormais ce n'est plus à midi mais à midi 30 que vous retrouverez Thierry Cabane, donc 30 minutes de plus dès aujourd'hui, un grand merci à vous pour votre fidélité.
00:00:24Bonjour et bienvenue en direct, à la une une édition spéciale bien évidemment puisque dans 25 minutes, le personnel pénitentiaire va rendre hommage à leurs collègues morts hier.
00:00:34Une minute de silence va être observée dans les prisons, des prisons qui sont bloquées pour la plupart à cette heure en guise de protestation.
00:00:41Édition spéciale ce matin pour vous faire partager cette émotion mais également pour suivre cette traque en direct qui se déroule en ce moment même à travers la France.
00:00:49Et cette traque justement mobilise des centaines de membres de force de l'ordre, Mohamed Amra et ceux qui ont attaqué le fourgon sont à cette heure les hommes les plus recherchés de France.
00:00:58Les enquêteurs vont étudier toutes les possibilités de fuite, y compris et surtout vers l'Algérie, comme l'expliquait ce matin sur CNews le journaliste Frédéric Ploquin.
00:01:09C'est de quitter la France, c'est-à-dire que j'ai remarqué que le proficient regarde le profil de cet individu de 30 ans, celui qui s'est évadé.
00:01:17Il a le même âge que l'un des deux protagonistes de la guerre qui s'est tenue à Marseille pendant un an.
00:01:24Il a à peu près le même profil. Il est tombé dans la délinquance à 14-15 ans. Il est devenu extrêmement violent à l'âge de 20 ans.
00:01:32Et à 30 ans, il se prend pour un caïd, pour un parrain, pour un ballon de la drogue. Il commandite des extorsions de fonds.
00:01:40Il torture. Il n'hésite pas à commander des assassinats. Et ce que je voudrais dire, c'est que son équivalent marseillais, celui qui avait mené la guerre à Marseille pendant aussi longtemps,
00:01:51lui, avait décidé de quitter la France pour aller en Algérie, où je rappelle qu'il n'a toujours pas été ni localisé ni interpellé.
00:01:59– Le secrétaire général du syndicat FO, justice Emmanuel Baudin, a craqué, lui, hier soir, alors qu'il était sur le plateau de Sétavou, sur France 5,
00:02:07en évoquant l'état de santé de ses collègues qui ont été touchés lors de l'attaque du convoi hier.
00:02:13Une émotion et des larmes qui étaient en train de monter, la voix cassée.
00:02:16On sentait à quel point ce qui s'est passé hier était un traumatisme.
00:02:20– L'un d'eux est au CHU de Caen pour se faire réparer l'oreille, puisqu'il a pris une balle au niveau de l'oreille.
00:02:25Un deuxième vient de sortir du bloc opératoire et est donc sorti d'affaires,
00:02:28et le troisième se bat toujours en salle d'opération.
00:02:35Donc voilà, de l'émotion, on l'a vu, on a assisté, on les a abattus.
00:02:40On les a abattus, sans la moindre possibilité de...
00:02:45Ils n'ont même pas essayé de répondre, ils ne pouvaient pas.
00:02:47Enfin voilà, on est dans un carnage qui malheureusement laisse des familles endeuillées.
00:02:53– Voilà, il y a les larmes mais également la colère chez les surveillants de prison,
00:02:56comme l'a expliqué ce matin cet autre représentant syndical qui participe à la journée de blocage.
00:03:02– Quand on voit le profil de la personne détenue et les éléments que vous avez pu avoir,
00:03:06et vous en avez parlé sur votre chaîne, qu'il avait scié ses barreaux dans la nuit de dimanche à lundi,
00:03:11il y a un agent qui a fait une observation, parce que le détenu parlait à un autre détenu par la fête
00:03:16et il a dit qu'il sortirait quoi qu'il arrive.
00:03:18On le laisse partir sans force de sécurité intérieure.
00:03:20Les agents qui sont partis en escorte n'avaient pas eu leur temps de repos nécessaire.
00:03:24Voilà ce que j'avais à vous dire et voilà les choses qui m'énervent.
00:03:26– Qu'est-ce qui... – Voilà la seule chose que j'y regarde.
00:03:28Desso, respectez vos personnels de surveillance, écoutez-les.
00:03:31– Voilà, il faut dire que le transfert des détenus en général de la prison vers le tribunal
00:03:35ou le bureau du juge est un moment à risque,
00:03:38et pourtant les véhicules ne sont en général même pas blindés.
00:03:41TF1 hier soir.
00:03:43– Le transfert des détenus et leur mission la plus dangereuse,
00:03:46sur la route c'est là qu'ils sont le plus exposés.
00:03:48Ces extractions sont menées par des agents spécialisés, près d'un millier en France.
00:03:53Ils sont armés, équipés de gilets pare-balles,
00:03:56mais leurs véhicules ne sont pas blindés,
00:03:58alors qu'ils réalisent, comme l'année dernière, jusqu'à 356 missions par jour.
00:04:02C'est trop de risques au quotidien selon les syndicats
00:04:05qui estiment que la plupart des auditions n'ont pas besoin d'avoir lieu au tribunal.
00:04:09– Et on nous répète depuis hier que ce détenu était classé escorte 3,
00:04:13mais qu'est-ce que cela veut dire exactement ?
00:04:15France 2 hier soir.
00:04:17Celle de Mohamed Amra était notée escorte 3.
00:04:20Cela ne concerne que 3,3% des détenus,
00:04:23par exemple des terroristes ou des criminels
00:04:26présentant des risques graves de troubles à l'ordre public.
00:04:29Dans ce cas, les agents sont au minimum 3 par convoi,
00:04:32ils doivent rouler sans s'arrêter et ils sont armés.
00:04:35– Et du côté de l'avocat du détenu, c'est la consternation également.
00:04:39Sur BFM, il évoque ainsi une hypothèse,
00:04:41le fait qu'il ait pu être enlevé par un groupe concurrent.
00:04:44Je vous précise quand même qu'à cette heure, rien ne valide cette hypothèse.
00:04:48– C'est assez incompréhensible.
00:04:50J'ai peine à imaginer que ce garçon puisse être impliqué.
00:04:52Il y a aussi une autre possibilité, c'est qu'on soit venu le chercher,
00:04:55non pas pour le libérer, mais pour l'avoir à disposition
00:04:58et peut-être pour lui faire payer ce qu'on suppose qu'il aurait lui-même commis.
00:05:02On peut tout imaginer, on peut tout imaginer, réellement.
00:05:05– Et hier, les membres du gouvernement sont tout de suite intervenus
00:05:08pour faire part de leur émotion et de leur détermination
00:05:11à rattraper, punir et juger ceux qui ont attaqué le fourgon.
00:05:14Le premier à prendre la parole a été Éric Dupond-Moretti.
00:05:18– Je veux dire que tout, je dis bien tout, sera mis en œuvre
00:05:27pour retrouver les auteurs de ce crime ignoble.
00:05:34Ce sont des gens pour qui la vie ne pèse rien.
00:05:40Ils seront interpellés, ils seront jugés et ils seront châtiés
00:05:50à la hauteur du crime qu'ils ont commis.
00:05:54– Et à l'Assemblée, Gabriel Attal, le Premier ministre,
00:05:56a tenu des propos quasiment identiques, mot pour mot, pour marquer sa détermination.
00:06:01– Tout sera mis en œuvre pour retrouver les auteurs de ce crime abject, tout.
00:06:07Le plan épervier a été déclenché.
00:06:10Nous n'économiserons aucun effort, aucun moyen.
00:06:14Nous les traquerons, nous les trouverons et, je vous le dis, ils paieront.
00:06:20Nous le devons aux victimes, nous le devons à leurs familles, à leurs proches.
00:06:25Nous le devons à tous les membres de l'administration pénitentiaire.
00:06:29Nous le devons à tous les Français. Je vous remercie.
00:06:32– Merci beaucoup Monsieur le Premier ministre.
00:06:35– Et l'Assemblée nationale, justement, où l'émotion était très forte hier,
00:06:38il faut dire que dès l'ouverture de la séance,
00:06:40la Présidente de l'Assemblée a demandé une minute de silence pour les victimes.
00:06:45– À tous les agents de l'administration pénitentiaire
00:06:48endeuillés par la mort de leurs collègues ainsi qu'aux familles de ces derniers.
00:06:52Les auteurs de cet attaque criminelle ne doivent pas rester impunis
00:06:56et je sais que tout est mis en œuvre pour les retrouver.
00:07:00Je salue à cet égard l'action des forces de l'ordre, leur courage et leur réactivité.
00:07:06L'Assemblée nationale se tiendra toujours aux côtés de ceux
00:07:09qui servent la République et protègent nos concitoyens.
00:07:13C'est pourquoi, Monsieur le Premier ministre,
00:07:15Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
00:07:17Mesdames et Messieurs les députés,
00:07:19en mémoire des fonctionnaires assassinés dans l'exercice de leur mission
00:07:24et en solidarité avec leurs familles et leurs collègues,
00:07:27je vous demande de bien vouloir observer une minute de silence.
00:07:31– Voilà, édition spéciale donc jusqu'à midi et demi
00:07:34pour vivre ce qu'il va se passer autour de cette traque
00:07:37et également tout à l'heure, à 11h en direct,
00:07:39cette minute de silence dans les prisons pour rendre hommage aux agents disparus.
00:07:44Dans le reste de l'actualité, il y a bien sûr également la Nouvelle-Calédonie
00:07:47avec ce Conseil de sécurité et de défense qui est réuni à l'Élysée
00:07:51par Emmanuel Macron en urgence ce matin puisqu'il y a deux morts par balle,
00:07:55on l'a appris, deux morts par balle cette nuit,
00:07:57alors que les émeutes se poursuivent malgré le couvre-feu.
00:08:00Et ce matin, sur RTL, Gérald Darmanin a annoncé
00:08:03qu'une centaine de membres des forces de l'ordre étaient blessés.
00:08:06On a tiré à balle réelle contre les forces de l'ordre.
00:08:09– Aujourd'hui, il y a un mort dans des circonstances
00:08:11qui nous appartiendront à le préciser, il y a aussi plusieurs blessés
00:08:13et il y a aussi une centaine de policiers de gendarmes blessés
00:08:16dont on a évacué des familles avec des enfants, des bébés,
00:08:19alors qu'on attaquait à l'âge leurs casernes de gendarmerie
00:08:23ou ont été tirés dessus à balle réelle.
00:08:25Je regrette profondément que dans le débat parlementaire que l'on ait eu,
00:08:29la France Insoumise, notamment, mais pas que,
00:08:32n'ait pas eu un mot pour les forces de l'ordre, qui faisait quoi ?
00:08:35Respecter, respecter le vote démocratique des Cayennes
00:08:39qui par trois fois ont voulu rester français.
00:08:41– Alors, le résumé en images des derniers événements de la nuit
00:08:44et de ces violences qui ne semblent pas vouloir se calmer.
00:08:47– Au dire des habitants, l'île paradisiaque n'est plus qu'un enfer.
00:08:51À la tombée du jour, les flammes embrasent la ville de Nouméa,
00:08:54incommis si cette grande enseigne de sport partit en fumée la nuit dernière.
00:08:58En journée, il suffit de prendre un peu de hauteur
00:09:01pour réaliser que les émeutiers sont partout.
00:09:04– Ça devient complètement hors de contrôle.
00:09:08La nuit, rien n'a changé, à la journée, pillage, incendie, saccage,
00:09:15tout, tout, tout y passe.
00:09:19Ça sera plus rapide et plus facile de compter les magasins intacts
00:09:22que de compter les magasins qui n'existent plus,
00:09:24qui sont pillés, brûlés, etc. et saccagés.
00:09:27– Sur ces images tournées par une habitante de Nouméa,
00:09:30on y voit des émeutiers organisés, repoussant les forces de l'ordre
00:09:33après avoir pillé un supermarché voisin.
00:09:36En attendant l'arrivée des renforts, partout ailleurs,
00:09:38les habitants s'organisent dans la peur.
00:09:42Ils créent des milices pour protéger leurs résidences.
00:09:45Sonia Baquez, présidente de la province sud de Nouvelle-Calédonie,
00:09:48demande la mobilisation de l'armée.
00:09:50– Sans une intervention massive et urgente de l'État,
00:09:53nous perdrons le contrôle de la Nouvelle-Calédonie
00:09:55dans les prochaines heures.
00:09:56Nous perdrons des vies qui ont été jusque-là, par miracle, épargnées.
00:09:59– Au total, plus de 130 interpellations ont eu lieu
00:10:02et plusieurs dizaines d'émeutiers ont été placés en garde à vue.
00:10:05Les établissements scolaires également ciblés
00:10:08resteront fermés jusqu'à nouvel ordre.
00:10:10– Voilà, je vous rappelle le bilan.
00:10:12Donc il y a eu deux morts par balle cette nuit
00:10:14et une centaine de forces de l'ordre sont blessées,
00:10:17gendarmes et policiers.
00:10:18Il y aurait des centaines de blessés également.
00:10:21On continue à suivre ce dossier, bien évidemment,
00:10:23dans cette actualité très chargée aujourd'hui.
00:10:25Tout de suite, l'étape et les fleurs d'audience d'hier soir,
00:10:27c'est avec Mister Audience.
00:10:28Et là, Skévin, va-t'en.
00:10:32– Hier soir, on accèsse peu de monde devant le petit écran,
00:10:34malgré l'ouverture de la 77e édition du Festival de Cannes
00:10:38en direct sur France 2.
00:10:39La cérémonie est en hausse par rapport à l'année dernière
00:10:42à plus de 2 millions,
00:10:43mais se retrouve battue non seulement par le feuilleton de TF1
00:10:46« Demain nous appartient »
00:10:47qui attire 400 000 téléspectateurs de plus,
00:10:49mais aussi par le 19-20 de France 3.
00:10:51Sur M6, la meilleure boulangerie de France
00:10:53est stable à 1,3 million devant cette hausse sur France 5,
00:10:56malgré son gros dispositif en direct de Cannes.
00:11:01Du côté des talk-show,
00:11:02« Quotidien sur TMC » est en tête en dépassant les 2 millions.
00:11:05« Touche par mon poste sur C8 » n'est pas très loin derrière
00:11:07et dans sa moyenne haute.
00:11:08Si « Au jeu citoyen » retrouve des couleurs sur France 3
00:11:11en repassant au-dessus du million,
00:11:12c'est à vous la suite sur France 5
00:11:14étant perte de vitesse à seulement 834 000
00:11:17malgré la spéciale en direct du Festival de Cannes.
00:11:24En prime time, le téléfilm « La Fulgurée »
00:11:26permet à France 3 d'être petit leader à 3,4 millions
00:11:28et est talonné par Koh-Lanta sur TF1.
00:11:31Avec 1,2 million de téléspectateurs de moins,
00:11:33France 2 est 3e avec le film « Wistéam ».
00:11:36Grosse déception pour le film « Top Gun »
00:11:38qui n'attire qu'1,7 million de personnes sur M6.
00:11:41L'histoire audience vous dit à demain.
00:11:44Merci d'être avec nous.
00:11:45Vous le savez, à partir d'aujourd'hui,
00:11:46on est ensemble jusqu'à 12h30 sur CNews
00:11:49avec 30 minutes de plus pour vous informer
00:11:52pour cette édition spéciale en plus aujourd'hui
00:11:54consacrée à la traque qui a lieu en ce moment
00:11:56après le drame qui s'est déroulé hier.
00:11:58Je vous présente rapidement mes invités.
00:12:00Julien Audoul, bonjour.
00:12:01Bonjour.
00:12:02Merci d'être avec nous.
00:12:03Député du Rassemblement National de Lyon,
00:12:04Maître Sarah Salman, bonjour.
00:12:05Merci d'être là.
00:12:06Rachida Kaout, bonjour.
00:12:07Bonjour.
00:12:08Conseillère municipale Renaissance d'Ivry-sur-Seine
00:12:09et également Rost qui est avec nous.
00:12:12Bonjour Rost et merci d'être là.
00:12:14On va tout de suite voir où on est,
00:12:16cette traque justement qui se déroule en ce moment.
00:12:18On part en direct à la prison d'Evreux
00:12:21où tout à l'heure va avoir lieu également
00:12:23une minute de silence en hommage aux victimes.
00:12:26On rejoint sur place Célia Barotte.
00:12:28Bonjour Célia.
00:12:29Quelles sont les informations que l'on a sur la traque
00:12:31qui est en train de se dérouler en ce moment ?
00:12:36C'est bon Laurent ?
00:12:42Eh bien la traque se poursuit.
00:12:44Jean-Marc, le ministre de l'Intérieur
00:12:46a évoqué une coopération internationale
00:12:49pour retrouver le fugitif et ses complices.
00:12:52La traque se concentre particulièrement en Normandie
00:12:55mais aucune piste n'est exclue
00:12:57puisque le commando peut avoir traversé les frontières.
00:13:01Gérald Darmanin évoque des moyens sans précédent,
00:13:04des moyens considérables
00:13:06et l'enquête qui avance beaucoup
00:13:09puisque plus de 450 gendarmes sont mobilisés.
00:13:13Un hélicoptère permet de suivre le commando,
00:13:16permet de le retrouver et permet d'aider les recherches
00:13:19puisque l'enquête ne fait que commencer.
00:13:21C'était hier à 11h
00:13:23puisque c'est pour ça que cet horaire a été choisi
00:13:27pour la minute de silence.
00:13:29Plusieurs contrôles sont donc organisés
00:13:31ici à Evreux mais aussi sur l'ensemble du département
00:13:34et ces contrôles vont pouvoir évoluer,
00:13:37vont pouvoir aussi s'agrandir.
00:13:39La zone de recherche va évoluer
00:13:41comme l'a indiqué hier le préfet Deleur
00:13:44qui s'est rendu auprès des agents qui effectuent ces contrôles.
00:13:47Merci beaucoup Célia Barotte
00:13:49avec les images de Laurent Scellarié
00:13:51en direct de la prison d'Evreux.
00:13:53On retournera sur place bien évidemment tout à l'heure
00:13:55pour suivre cette minute de silence
00:13:57que vous vivrez à 11h.
00:13:59Je vous propose de commencer en faisant ce qu'on n'a peut-être pas fait assez
00:14:01c'est le portrait des deux victimes,
00:14:03le portrait de ces deux agents
00:14:05qui sont décédés hier.
00:14:07Je vous propose de voir ce portrait.
00:14:09L'un avait 52 ans, le second était brigadier
00:14:11et était âgé de 34 ans.
00:14:13A l'intérieur de ce fourgon pénitentiaire,
00:14:15ils étaient cinq.
00:14:17Cinq agents venus de camp,
00:14:19affectés au pôle régional d'extraction judiciaire.
00:14:21Deux d'entre eux sont décédés sur le coup.
00:14:23Le premier était âgé de 52 ans,
00:14:25il était capitaine.
00:14:27Il laisse une femme avec qui il était paxé
00:14:29et des jumeaux nés en 2003.
00:14:31La seconde victime
00:14:33est un homme de 34 ans,
00:14:35il était brigadier.
00:14:37Marié, il était sur le point de devenir père.
00:14:39Sa femme est enceinte de cinq mois.
00:14:41Cette attaque a laissé un profond émoi
00:14:43chez les collègues des victimes.
00:14:45J'ai des collègues en pleurs à côté.
00:14:47J'ai des collègues en pleurs.
00:14:49Il y a des familles en pleurs là aujourd'hui.
00:14:51On est bouleversé en fait.
00:14:53C'est une journée qui est absolument horrible.
00:14:55La pénitentiaire aujourd'hui est en deuil.
00:14:57Il y a de la tristesse,
00:14:59il y a un certain choc aussi
00:15:01et il y a énormément de colère.
00:15:03Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti
00:15:05s'est rendu hier dans le centre pénitentiaire de Caen
00:15:07pour apporter son soutien aux collègues
00:15:09et aux familles des victimes.
00:15:11J'ai d'abord rencontré
00:15:13la femme
00:15:15de l'une des victimes.
00:15:17Son mari aurait dû rentrer à la maison
00:15:19à cette heure-ci.
00:15:21Après avoir effectué sa mission,
00:15:25et après avoir
00:15:27fait son jogging,
00:15:29il est mort.
00:15:31Trois autres agents sont gravement blessés.
00:15:33Le pronostic vital de l'un d'entre eux est engagé.
00:15:35Les deux autres sont hospitalisés
00:15:37en urgence relative.
00:15:39Pour ces deux victimes,
00:15:41et je vous rappelle qu'il y a également trois agents
00:15:43qui ont été blessés, dont l'un sera encore
00:15:45entre la vie et la mort.
00:15:47On va faire le point sur l'attaque du fourgon dans un instant avec Noémie Schultz.
00:15:49Mais tout d'abord, Julien Audoul,
00:15:51c'est vrai qu'on est pris entre deux sentiments ce matin.
00:15:53Le sentiment de la tristesse.
00:15:55C'est vrai qu'on a été extrêmement choqués hier
00:15:57en apprenant cette nouvelle.
00:15:59Et puis, également, la colère. La colère parce que c'est arrivé.
00:16:01La colère,
00:16:03et malheureusement c'est la colère qui prend le pas
00:16:05puisqu'il y a une chaîne
00:16:07de responsabilité
00:16:09qui montre que ce drame
00:16:11n'aurait jamais dû avoir lieu.
00:16:13Il y a deux serviteurs de la République,
00:16:15deux agents de la pénitentiaire
00:16:17qui font
00:16:19un métier essentiel,
00:16:21un métier social,
00:16:23un métier républicain,
00:16:25qui ont été lâchement
00:16:27abattus. Qui ont été abattus
00:16:29non pas seulement par ce gang
00:16:31de barbares, ils ont été
00:16:33abattus aussi par l'impuissance
00:16:35publique. Ils ont été
00:16:37abattus par des moyens
00:16:39qui depuis des années
00:16:41ne sont pas donnés.
00:16:43Ils ont été abattus par un laxisme
00:16:45judiciaire. Ils ont été abattus
00:16:47par une absence totale de dissuasion.
00:16:49Ils ont été abattus
00:16:51aussi par
00:16:53l'insécurité qui est
00:16:55devenue la sauvagerie dans notre pays.
00:16:57C'est ça qu'il va falloir véritablement
00:16:59traiter. Et moi quand j'entends
00:17:01les paroles
00:17:03à la fois du ministre de la Justice,
00:17:05à la fois du Premier Ministre,
00:17:07la République ne cèdera pas,
00:17:09nous serons intraitables,
00:17:11etc. Mais on l'a entendu cent fois.
00:17:13On l'a entendu cent fois.
00:17:15Qu'est-ce qu'on voulait dire ?
00:17:17On aimerait qu'il y ait
00:17:19des actes à côté.
00:17:21Le constat, c'est qu'on est
00:17:23impuissant. Le constat, c'est un constat d'échec.
00:17:25Alors ils ne vont pas venir à la télé pour dire
00:17:27qu'on a foiré.
00:17:29Rien que sur les
00:17:31extractions judiciaires.
00:17:33On rentrera dans le détail tout à l'heure.
00:17:35Je voudrais que tout le monde donne son avis avant de faire le point avec Noémie Schultz.
00:17:37Rachida Kaout. Est-ce que c'est
00:17:39l'échec finalement aussi de ce gouvernement ?
00:17:41Tout d'abord, moi je
00:17:43souhaite présenter toutes mes condoléances
00:17:45aux familles des victimes,
00:17:47aux amis, et surtout
00:17:49aussi à tout un corps qui est
00:17:51digne aujourd'hui, qui se tient debout,
00:17:53qui réclame des moyens. Bien sûr que tout
00:17:55n'est pas parfait. Tout ce que nous avons fait n'est pas
00:17:57parfait. En revanche, ce qu'il faut
00:17:59dénoncer aujourd'hui, c'est cette barbarie,
00:18:01cette montée en puissance
00:18:03du grand banditisme en France.
00:18:05Et je pense
00:18:07que l'heure n'est pas à qui
00:18:09a fait quoi ou où nous en sommes.
00:18:11Mais Rachida Kaout,
00:18:13on ne va pas faire de polémique
00:18:15dès le début, mais quand je vous entends dire
00:18:17qu'il faut dénoncer le grand banditisme,
00:18:19c'est ce que vous avez dit.
00:18:21On est dans la cinquième dimension.
00:18:23Mais mettez-les les moyens au lieu
00:18:25de venir sur les plateaux le dire.
00:18:27On rentre dans le détail concernant cette affaire.
00:18:29C'est bien plus compliqué et complexe
00:18:31que vous ne le présentez
00:18:33aujourd'hui parce qu'effectivement,
00:18:35on parle d'un individu qui est
00:18:37multirécidive.
00:18:39Depuis plus de 15 ans.
00:18:41Ça veut dire quoi ? Il n'a pas attendu
00:18:43Emmanuel Macron pour être délinquant, on est d'accord.
00:18:45Emmanuel Macron, ça ne fait que depuis 7 ans.
00:18:47Je veux bien vous remettre tous.
00:18:49Il est transporté dans un G7.
00:18:51On a l'impression qu'on transporte un cajou
00:18:53de pommes de terre.
00:18:55Excusez-moi.
00:18:57On va reparler dans un instant.
00:18:59On va faire le point sur l'attaque du fourgon
00:19:01et sur le profil de Mohamed Amra.
00:19:03Noémie Schultz est en direct
00:19:05avec nous. Bonjour Noémie.
00:19:07Journaliste au service police-justice de CNews.
00:19:09Que sait-on de ce qui s'est passé hier
00:19:11et que sait-on justement sur le profil de cet homme ?
00:19:15Mohamed Amra, très connu de la justice,
00:19:17c'est ce qu'a indiqué la procureure de la République
00:19:19de Paris, Laure Bécaud, pour qualifier
00:19:21cet homme au casier judiciaire.
00:19:23Déjà extrêmement chargé, 13 condamnations.
00:19:25La première fois qu'il est condamné,
00:19:27c'était en 2009, il a alors 15 ans.
00:19:29Mohamed Amra, surnommé
00:19:31La Mouche, présenté comme un narcotrafiquant
00:19:33et pourtant son casier judiciaire ne porte
00:19:35aucune mention d'une condamnation
00:19:37pour infraction à la législation sur les stupéfiants.
00:19:39Dans le détail, il a été condamné
00:19:41en 2020 pour un rodeo motorisé,
00:19:432022 pour association de malfaiteurs
00:19:45en vue de commettre un crime, extorsion,
00:19:47vol en bande organisée.
00:19:49Il avait été condamné le 7 mai dernier,
00:19:51il y a moins de deux semaines, pour vol
00:19:53avec effraction aggravée et par ailleurs
00:19:55il était en détention provisoire,
00:19:57donc pas encore jugé dans deux autres affaires.
00:19:59L'une à Saint-Etienne-du-Rouvray
00:20:01pour laquelle il est mis en examen pour tentative
00:20:03d'extorsion avec arme et tentative d'assassinat
00:20:05et l'autre à Marseille pour complicité
00:20:07de meurtre avec préméditation en bande organisée,
00:20:09enlèvement et séquestration d'otages.
00:20:11Hier, s'il a été extrait
00:20:13de la prison d'Evreux
00:20:15pour aller au tribunal judiciaire de Rouen,
00:20:17c'était pour être entendu par un juge d'instruction
00:20:19dans le cadre de la première enquête,
00:20:21un rendez-vous judiciaire dont il avait été informé
00:20:2324 heures à l'avance et c'était à son retour
00:20:25à la maison d'arrêt d'Evreux
00:20:27où il avait été transféré il y a quelques semaines
00:20:29pour son procès qu'a eu lieu cette attaque.
00:20:31Normalement, il aurait dû retourner
00:20:33à la prison des Baumettes à Marseille
00:20:35où il était incarcéré.
00:20:37Merci beaucoup Nomi Schultz en direct pour toutes ces informations.
00:20:39Dans un instant, on se rendra dans des prisons
00:20:41puisque dans deux ou trois minutes
00:20:43va avoir lieu cette minute de silence.
00:20:45Sarah Salmane, on vous entendait tout à l'heure réagir
00:20:47quand Rachid Akaout parlait
00:20:49puisqu'elle nous expliquait que finalement
00:20:51on ne pouvait pas imaginer ce qui allait se passer.
00:20:53C'est facile de dire ça. J'aimerais aussi préciser
00:20:55que la dernière fois qu'on a eu ce genre de fait,
00:20:57c'était en 92 et me semble-t-il, c'était dans la même région.
00:20:59Donc c'est quand même très rare
00:21:01qu'on rencontre un tournant.
00:21:03Il était connu des services de police et de justice.
00:21:05Il y avait 13 mentions à son casier.
00:21:07Je vous ai entendu dire que c'était que des petites infractions.
00:21:09Mais ce ne sont pas des petites infractions
00:21:11quand vous faites des vols avec effractions.
00:21:13C'est extrêmement grave, madame.
00:21:15Vous ne pouvez pas dire des choses comme ça,
00:21:17comme si ce n'était pas grave.
00:21:19C'est plein de petites choses et finalement,
00:21:21on ne s'en est pas soucié.
00:21:23Il y a une sanction qui n'est pas dissuasive,
00:21:25une réinsertion qui n'existe pas
00:21:27et donc on laisse faire.
00:21:29D'abord, on le savait déjà, il y a des faits de société tous les jours.
00:21:31Mais maintenant, l'insécurité,
00:21:33elle est dans les commissariats de police,
00:21:35souvenez-vous la semaine dernière,
00:21:37et elle est aussi dans la prison.
00:21:39C'est la tyrannie de la délinquance.
00:21:41Il n'y a plus de sécurité nulle part
00:21:43et le laxisme est tellement fort
00:21:45qu'à part faire de grands discours sur les plateaux télévisés,
00:21:47il ne se passe rien.
00:21:49Je vous donnerai la parole dans un instant
00:21:51parce qu'il est 10h59 et dans une minute
00:21:53va avoir lieu la minute de silence dans toutes les prisons.
00:21:55On va partir tout de suite en direct rejoindre
00:21:57Jean-Marc, qui est avec Pierre-François Altermat,
00:21:59Mathieu Devesse, qui est à la prison de la Santé
00:22:01à Paris.
00:22:03Mathieu, avec les choses qui sont en train de se mettre en place,
00:22:05pendant quelques secondes, cette minute de silence.
00:22:09Effectivement, Jean-Marc,
00:22:11c'est toute une famille qui est en deuil.
00:22:13Je vous parle bien sûr de cette famille pénitentiaire
00:22:15et ses 45 000 agents bouleversés
00:22:17par la mort de deux de leurs collègues hier.
00:22:19D'ailleurs, voyez ce message placardé
00:22:21sur le mur de la prison de la Santé.
00:22:23Prisons mortes, une centaine de personnes
00:22:25sont mobilisées ici pour exprimer
00:22:27leur tristesse et leur colère.
00:22:29Ils appellent au blocage de l'ensemble
00:22:31des établissements pénitentiaires.
00:22:33Tous les agents le disent, on sait que notre métier
00:22:35est à risque, mais jamais, jamais,
00:22:37on aurait cru cela possible, un tel déferlement
00:22:39de violence avec ce commando
00:22:41lourdement armé. Les assaillants n'ont
00:22:43laissé aucune chance, disent-ils,
00:22:45à nos collègues. Alors que les premières
00:22:47prises de parole commencent, on a le directeur
00:22:49de la prison de la Santé qui est en train de s'exprimer
00:22:51et tous ses agents sont sidérés.
00:22:53C'est un cri du cœur.
00:22:55Aujourd'hui, on n'est pas sûr, disent-ils,
00:22:57de rentrer chez nous le soir. L'émotion
00:22:59est palpable. Un peu plus loin, un autre message,
00:23:01une autre affiche, prison
00:23:03en deuil, alors qu'une minute
00:23:05de silence sera observée
00:23:07ici, dans quelques minutes,
00:23:09peut-être même quelques secondes ici à Paris,
00:23:11devant la prison de la Santé.
00:23:13On va rester avec vous Mathieu, on va rester sur cette
00:23:15image. Je ne sais pas si on peut
00:23:17entendre le directeur de la prison
00:23:19qui s'exprime où on est dans la
00:23:21minute de silence. On reste et on respecte
00:23:23cette minute de silence.
00:23:29Pour l'instant, c'est le directeur
00:23:31de la prison, visiblement, qui est en train
00:23:33de parler, nous disait Mathieu Devese.
00:23:35Et c'est vrai qu'on le voit depuis hier, il y a
00:23:37des larmes, il y a de
00:23:39l'émotion.
00:23:45Et on a les portes à votre
00:23:47droite, les portes de la prison d'Evreux,
00:23:49qui sont en train de se fermer,
00:23:51également, au même moment, pour marquer
00:23:53l'hommage des gardiens
00:23:55de prison. À gauche,
00:23:57à droite, vous avez donc Evreux,
00:23:59et puis à gauche, vous avez la prison
00:24:01de la Santé. Vous avez
00:24:03ces deux prisons.
00:24:05Et on écoute la minute de silence.
00:24:19...
00:24:49...
00:25:15Je vous remercie.
00:25:17La prison
00:25:19de la Santé, à gauche, et ces applaudissements
00:25:21que vous entendez, applaudissements
00:25:23du personnel. À Evreux,
00:25:25également, que vous avez à la droite de votre écran,
00:25:27la minute de silence a été observée, mais à l'intérieur
00:25:29de l'établissement, le choix a été
00:25:31fait de ne pas sortir, mais simplement
00:25:33de fermer les portes, comme vous le voyez,
00:25:35également, sur l'image, et de mettre en berne
00:25:37le drapeau français,
00:25:39en haut, à droite de votre écran.
00:25:41Et c'est vrai que l'émotion était très forte
00:25:43pendant cette minute de silence.
00:25:45Vive émotion du personnel,
00:25:47et c'est vrai qu'il y a une forme
00:25:49de fatalité chez eux,
00:25:51en se disant que c'était évident
00:25:53qu'un drame comme celui-là allait arriver
00:25:55au vu de leurs conditions de travail.
00:25:57On va y revenir dans un instant.
00:25:59On va faire le CNews Info, si vous voulez bien
00:26:01un peu décaler, justement, parce que je voulais
00:26:03que l'on regarde cette minute de silence.
00:26:05On fait le CNews Info, on en reparle juste après.
00:26:07Sommeil à l'abidi.
00:26:09...
00:26:11Vous venez de vivre en direct
00:26:13la minute de silence observée
00:26:15dans l'ensemble des juridictions
00:26:17après la mort de deux agents pénitentiaires
00:26:19hier dans l'heure, et dès cet après-midi,
00:26:2114h, les syndicats seront reçus
00:26:23à la chancellerie par Éric Dupond-Bretti,
00:26:25le garde des Sceaux.
00:26:27Après une nouvelle nuit démeutante,
00:26:29Nouvelle-Calédonie qui a fait deux morts
00:26:31et des centaines de blessés, Emmanuel Macron
00:26:33convoque ce matin un Conseil de Défense
00:26:35et de Sécurité Nationale.
00:26:37Et puis, aller chez votre médecin va coûter
00:26:39un peu plus cher, auparavant fixé
00:26:41à un euro le montant du reste à charge
00:26:43pour le patient suite à une consultation médicale
00:26:45double à partir d'aujourd'hui
00:26:47une mesure qui devrait permettre
00:26:49d'économiser 400 millions d'euros.
00:26:51...
00:26:53...
00:26:55...
00:26:57Avec ces images
00:26:59en direct de la prison
00:27:01de la santé, ces images
00:27:03en direct que vous découvrez,
00:27:05on a vécu ensemble cette minute
00:27:07de silence, on va rester sur ces images
00:27:09et on va voir à nouveau ces applaudissements.
00:27:11Images de Mathieu Devese et Pierre-François Altermat.
00:27:13Rost, c'est vrai qu'il y a beaucoup
00:27:15d'émotions chez eux mais également
00:27:17chez nous. Enfin, je dois vous avouer qu'en regardant
00:27:19et en vivant cette minute de silence,
00:27:21ça donne des frissons en même temps parce qu'on sait
00:27:23à quel point aujourd'hui ces gens vivent
00:27:25ça dans leur sang
00:27:27et ils ont cette douleur.
00:27:29Déjà, évidemment, je voudrais
00:27:31avoir une pensée pour les familles.
00:27:33...
00:27:35Et je pense que
00:27:37le droit est
00:27:39chez tout le monde.
00:27:41Je pense que toute la nation est derrière les familles,
00:27:43toute la nation est derrière ce corps de métier
00:27:45par rapport
00:27:47aux événements qu'il y a eu hier
00:27:49et je pense qu'au nom de ça
00:27:51déjà, on doit être digne.
00:27:53On doit être digne et essayer
00:27:55d'être juste. C'est-à-dire que
00:27:57on rentre pour l'instant...
00:27:59Je pense que pour chaque événement, il y a
00:28:01des phases. Là, on est dans une phase
00:28:03où il faut être en compassion
00:28:05absolue avec les familles
00:28:07et le corps de métier
00:28:09qui vient de subir cette violence.
00:28:11Je pense que personne,
00:28:13personne n'aurait imaginé
00:28:15une seule seconde autant
00:28:17de violence, surtout sur...
00:28:19En fait, parce qu'on parlait tout à l'heure
00:28:21du profil du jeune homme,
00:28:23même s'il avait
00:28:2513 condamnations,
00:28:27le procureur l'a dit hier,
00:28:29ce sont des délits
00:28:31qui ne permettaient pas
00:28:33justement de le mettre
00:28:35en DPS,
00:28:37en détenu
00:28:39particulièrement surveillé.
00:28:41Donc, l'escorte qui a été mise,
00:28:43il était déjà au-dessus
00:28:45de ce qu'ils auraient dû mettre déjà.
00:28:47C'est-à-dire qu'il était en coefficient 3,
00:28:49ça veut dire 3 agents et il y en avait 5
00:28:51qui l'accompagnaient. Le seul problème, c'est que
00:28:53ces agents ne sont pas armés pour se défendre
00:28:55face à une attaque comme celle-là.
00:28:57On va écouter peut-être un des agents
00:28:59en direct qui est devant la santé.
00:29:03On a vécu un grand moment
00:29:05d'émotion. Quel sentiment
00:29:07prédomine aujourd'hui ?
00:29:09C'est le recueillement,
00:29:11la douleur, la perte
00:29:13de deux de nos collègues et puis
00:29:15les trois autres
00:29:17collègues blessés. Et on pense
00:29:19bien évidemment en premier lieu à leur famille,
00:29:21à leurs amis, à toutes leurs
00:29:23connaissances et bien sûr à nos collègues.
00:29:25Très difficile pour nous.
00:29:27Beaucoup de vos collègues
00:29:29nous disent qu'il y a un manque de moyens,
00:29:31un manque d'effectifs. Cela devait arriver.
00:29:33C'est aussi votre sentiment ?
00:29:35Oui, il y a longtemps qu'on dénonce ce genre de choses.
00:29:37On l'a bien vu. Malheureusement,
00:29:39les images qui tournent continuellement depuis hier,
00:29:41on le voit bien, un manque de moyens. Les agents
00:29:43se sont fait littéralement
00:29:45attaquer. Ils n'ont pas eu
00:29:47même le temps de répondre.
00:29:49Evidemment, avec des si,
00:29:51on peut faire tout ce qu'on veut.
00:29:53Si on avait eu des véhicules, par exemple,
00:29:55des véhicules blindés,
00:29:57qui résistent à ce genre d'attaque,
00:29:59ça aurait peut-être été différent.
00:30:01Nous, ce qu'on demande, c'est de réduire
00:30:03le nombre d'extractions judiciaires.
00:30:05Il est de plus en plus conséquent,
00:30:07alors qu'on a des moyens techniques, notamment la visioconférence,
00:30:09pour éviter ce genre de choses.
00:30:11Même lors des comparutions,
00:30:13les magistrats peuvent
00:30:15très bien venir dans les établissements pénitentiaires
00:30:17et faire leur comparution.
00:30:19Cela évite, là aussi,
00:30:21de faire sortir le détenu d'un établissement
00:30:23et de nous mettre en danger
00:30:25sur la voie publique.
00:30:27Merci beaucoup, monsieur.
00:30:29On était en direct avec Mathieu Devese,
00:30:31en direct de la prison de la Santé,
00:30:33dans le 14e arrondissement de Paris,
00:30:35avec les images de Pierre-François Altermat.
00:30:37Ce monsieur vous a quasiment répondu en direct.
00:30:39Il explique qu'il manque de moyens.
00:30:41Il explique que ça fait longtemps
00:30:43qu'ils ont ce problème.
00:30:45Et ça devait arriver.
00:30:47Justement, il a soulevé
00:30:49une question importante.
00:30:51C'est la question des camions blindés.
00:30:53Sauf que les camions blindés,
00:30:55c'est là où on parle de la question des moyens.
00:30:57Moi, je discutais avec des personnes
00:30:59qui travaillent dans le domaine
00:31:01et ils vous disent qu'ils ont un nombre limité
00:31:03de camions blindés.
00:31:05Du coup, quand ce n'est pas
00:31:07des escorts 4,
00:31:09ils n'utilisent pratiquement
00:31:11jamais les camions blindés.
00:31:13Il y a un problème.
00:31:15Déjà, ils utilisent des blindés.
00:31:17En plus, c'est accompagné du RAID ou du GIGN.
00:31:19On dit la même chose.
00:31:21C'est donnons-leur plus de moyens.
00:31:23Je suis d'accord avec vous.
00:31:25Sauf que le profil aujourd'hui...
00:31:27Il a essayé de s'évader dimanche.
00:31:29Il a scié les barreaux de sa cellule.
00:31:31Je ne dis pas le contraire.
00:31:33Ce que je veux vous dire par là,
00:31:35c'est que le profil,
00:31:37si on s'arrête sur le profil du personnage,
00:31:39personne n'aurait jamais...
00:31:41Vous avez vu la violence des images ?
00:31:43Il a essayé de s'évader dimanche.
00:31:45Il a scié les barreaux de sa cellule.
00:31:47Vous avez des gens qui ont tenté de s'évader
00:31:49mais la violence qu'on a vue hier,
00:31:51on a rarement vu ça.
00:31:53Qui ?
00:31:55Il n'y a pas eu de sommation.
00:31:57Il y a des gens qui parlent même
00:31:59de kidnapping par exemple.
00:32:01Quand bien même, c'est ça.
00:32:03Dans ce cas-là,
00:32:05pourquoi ?
00:32:07C'est pour agir sur ce jeune homme.
00:32:09Pourquoi ils n'ont pas tué ce jeune homme
00:32:11que de tuer les agents ?
00:32:13Ça ne tient pas pour moi.
00:32:15On va laisser les enquêteurs
00:32:17faire leur travail.
00:32:19Je pense qu'il y a une erreur sur le profil.
00:32:21Juste, on était à la prison de la santé
00:32:23et à Evreux, vous l'avez vu,
00:32:25parce qu'on a vécu cette nuit de silence.
00:32:27On va retourner à la prison d'Evreux
00:32:29retrouver Célia Barotte
00:32:31parce que visiblement, il y a des citoyens
00:32:33également qui sont venus sur place.
00:32:41Célia Barotte,
00:32:43qu'on va retrouver dans un instant.
00:32:45J'en marque la minute.
00:32:50La minute de silence,
00:32:52c'est terminé.
00:32:54Au sein de la maison d'arrêt d'Evreux,
00:32:56en présence du préfet,
00:32:58mais aussi du maire d'Evreux,
00:33:00plusieurs officiels sont arrivés.
00:33:02Il y a eu plusieurs citoyens
00:33:04qui, devant la porte
00:33:06de la maison d'arrêt d'Evreux,
00:33:08ont décidé de se rassembler,
00:33:10d'allumer quelques bougies.
00:33:12Il y a aussi un homme qui, très ému,
00:33:14nous a expliqué que son ami
00:33:16avait déjà perdu la vie à cause
00:33:18de ce Mohamed A, à cause de ce détenu
00:33:20qui est actuellement en évasion,
00:33:22qui est impliqué dans la mort
00:33:24de ces deux agents
00:33:26de l'administration pénitentiaire.
00:33:28Beaucoup d'émotions des citoyens
00:33:30qui nous ont dit qu'ils n'avaient aucun lien
00:33:32avec ces agents.
00:33:34Nous sommes émus, nous sommes choqués.
00:33:36Personne ne mérite de perdre la vie
00:33:38durant l'exercice de ses fonctions.
00:33:40Beaucoup d'agents également
00:33:42se sont réunis pour cette minute de silence
00:33:44avec de l'émotion et aussi
00:33:46cette volonté de rendre hommage
00:33:48dans la dignité à leurs collègues,
00:33:50à leurs confrères, puisque
00:33:52beaucoup les connaissaient,
00:33:54d'autres s'inquiètent aussi
00:33:56pour l'avenir de leur profession.
00:33:58C'est l'heure du recueillement
00:34:00ici à Evreux. Nous allons rencontrer
00:34:02le maire d'Evreux dans quelques minutes
00:34:04après qu'il ait pu
00:34:06s'entretenir avec les agents
00:34:08de la maison d'arrêt d'Evreux
00:34:10et puis le préfet qui, depuis hier,
00:34:12est sur le terrain aux côtés des agents
00:34:14de la maison d'arrêt d'Evreux.
00:34:16Merci beaucoup Célia Barotte
00:34:18avec les images de Laurent Célari
00:34:20et Julien Aoudoul.
00:34:22C'est vrai qu'on la sent cette émotion,
00:34:24on la voit, les Français la ressentent
00:34:26et c'est intéressant ce que nous disait Célia
00:34:28de voir qu'il y avait des anonymes
00:34:30qui étaient venus devant la prison
00:34:32pour rendre hommage.
00:34:34C'est vrai qu'ils sont assez inconnus
00:34:36ce métier de surveillant de prison,
00:34:38souvent on mélange ça avec des policiers,
00:34:40avec des gendarmes, mais là il y a cette émotion
00:34:42et on se dit, ces gens finalement sont morts
00:34:44dans une violence terrible qui veut dire
00:34:46quelque chose dans notre société.
00:34:48C'est pas juste un fait divers isolé,
00:34:50c'est une fois de plus le symbole d'une violence
00:34:52qui traverse notre société.
00:34:54C'est déjà une répétition, malheureusement,
00:34:56c'est une escalade de violences
00:34:58et de sauvageries
00:35:00et c'est vrai que les images qu'on a pu voir hier
00:35:02sont extrêmement choquantes,
00:35:04elles sont terrifiantes
00:35:06parce qu'il y a une volonté aveugle de tuer,
00:35:08volonté aveugle de tuer,
00:35:10effectivement pas de sommation
00:35:12et on se dit que des personnels
00:35:14qui sont engagés pour ce métier
00:35:16extrêmement noble et nécessaire,
00:35:18encore une fois il n'y a pas d'état de droit,
00:35:20il n'y a pas d'institution, il n'y a pas de démocratie,
00:35:22s'il n'y a pas des surveillants pénitentiaires
00:35:24qui assurent justement cette mission fondamentale,
00:35:26ils sont payés 2000 euros par mois.
00:35:28Excusez-moi,
00:35:30ils sont payés 2000 euros par mois dans un climat de violence
00:35:32parce qu'aujourd'hui, la violence dans les prisons
00:35:34c'est d'abord pour les surveillants pénitentiaires,
00:35:36c'est d'abord pour les agents de la pénitentiaire
00:35:38qui depuis quelques années,
00:35:40ils l'ont alerté, il y a eu des manifestations,
00:35:42il y a eu des grèves, il y a eu des coups de couteau,
00:35:44il y a eu des attaques régulières,
00:35:46il y a eu l'arrivée des djihadistes qui ont été voulus par le gouvernement
00:35:48qui a rapatrié des djihadistes
00:35:50pour alimenter cette violence
00:35:52dans les prisons, depuis des années
00:35:54les surveillants pénitentiaires disent ça va exploser,
00:35:56on ne tient pas, on n'a pas assez de moyens,
00:35:58on n'a pas assez de personnel, les conditions,
00:36:00parce qu'il faut quand même s'interroger sur les conditions
00:36:02aujourd'hui de préparation de cette opération,
00:36:04les téléphones portables dans les cellules,
00:36:06les informations qui circulent,
00:36:08la drogue qui circule dans les cellules,
00:36:10aujourd'hui, les prisons,
00:36:12vous avez des délinquants qui continuent
00:36:14à avoir leur réseau, qui continuent à alimenter
00:36:16et qui ont pu préparer
00:36:18cette opération commando extrêmement
00:36:20minutée et extrêmement professionnelle,
00:36:22c'est triste de le dire.
00:36:24Et bien renseigné, effectivement. On est en direct avec
00:36:26Yoann Carrard, qui est secrétaire nationale adjoint
00:36:28info-justice et surveillant pénitentiaire,
00:36:30bonjour, merci beaucoup d'être en direct avec nous,
00:36:32d'abord, on a vécu ensemble à 11h
00:36:34ce fort moment d'émotion,
00:36:36avec, je le disais, et on l'a vu
00:36:38aussi, la foule,
00:36:40les Français qui sont venus rendre hommage à ces surveillants de prison,
00:36:42je suppose que pour vous, aujourd'hui,
00:36:44l'émotion doit être très forte également.
00:36:46Oui, effectivement, alors désolé,
00:36:48je me rends justement sur la prison de la santé
00:36:50pour rejoindre mes collègues, pour
00:36:52continuer cette journée de mobilisation,
00:36:54effectivement, la colère et l'émotion
00:36:56est très très forte, on remercie d'ailleurs
00:36:58l'ensemble des concitoyens qui s'associent
00:37:00à nos actions, parce qu'effectivement,
00:37:02la disparition de collègues, c'est pas anodin,
00:37:04on voit quand même qu'on est dans un climat
00:37:06d'insécurité en ce moment,
00:37:08qui fait que ça se répercute par des événements
00:37:10gravissimes tels qu'on
00:37:12le voit aujourd'hui, j'ai vraiment une énorme pensée
00:37:14notamment pour les familles
00:37:16de nos collègues,
00:37:18qui sont et allaient être
00:37:20pères de familles,
00:37:22c'est vraiment terrible.
00:37:24Johan Carras, on se pose quand même beaucoup de questions sur ce qui se passe
00:37:26dans les prisons,
00:37:28en particulier sur, alors d'une part, le nombre de
00:37:30surveillants, je pense que vous n'êtes pas assez nombreux
00:37:32très souvent pour gérer tout ça,
00:37:34mais moi j'entends dire, depuis hier,
00:37:36j'entends dire, mais en fait, s'il y a de la drogue,
00:37:38s'il y a des téléphones qui circulent dans les prisons,
00:37:40c'est parce que comme il n'y a pas assez de surveillants, au fond,
00:37:42on est en train d'acheter une forme de paix sociale,
00:37:44et donc on les laisse
00:37:46un peu faire, parce qu'autrement,
00:37:48s'ils se révoltent, on n'a pas les moyens de gérer ça.
00:37:50Est-ce que c'est votre sentiment, et est-ce que c'est
00:37:52la réalité sur le terrain ?
00:37:54Non, vous savez,
00:37:56les objets illicites que
00:37:58peuvent être la drogue, les téléphones portables,
00:38:00rentrent très très facilement en détention. Je rappelle
00:38:02quand même qu'il y a une loi qui nous interdit de fouiller de façon
00:38:04systématique les détenus.
00:38:06Nous manquons beaucoup de moyens
00:38:08humains, donc pour faire des fouilles, etc.,
00:38:10c'est très compliqué. Donc en fait,
00:38:12ce n'est pas une forme de laxisme, c'est surtout
00:38:14la preuve criante qui
00:38:16nous manque des moyens pour travailler dans de
00:38:18façon sécuritaire et optimale.
00:38:20Mais le fait, alors ça c'est quelque chose qui fait bondir
00:38:22tout le monde, parce que les gens ont du mal à le comprendre.
00:38:24Vous n'avez plus le droit de faire des fouilles
00:38:26systématiques. Ça c'est interdit, et c'est interdit
00:38:28depuis quand ?
00:38:30C'est interdit depuis la loi pénitentiaire de 2009,
00:38:32donc qui a été légiféré,
00:38:34qui a été mise en application,
00:38:36et ça c'est quelque chose qui est criant et qu'on
00:38:38dénonce depuis des années. D'ailleurs, on a eu un gros mouvement
00:38:40social en 2018, suite à
00:38:42des attaques sur Vendin et sur
00:38:44Sartre, qui avait déjà cette problématique
00:38:46de fouilles systématiques interdites
00:38:48qu'il nous faut
00:38:50rétablir aussi rapidement,
00:38:52le plus rapidement possible pour essayer
00:38:54de contenir cette violence, de contenir
00:38:56cette impunité
00:38:58et cette
00:39:00autorité qui se délite en détention.
00:39:02C'est quoi l'argument qui est donné pour vous
00:39:04empêcher de faire votre travail ? Parce que, excusez-moi,
00:39:06je trouve que faire des fouilles systématiques
00:39:08c'est votre travail, donc quel argument
00:39:10est donné pour dire que vous n'avez pas le droit de le faire ?
00:39:12C'est quoi l'argument ?
00:39:14C'est des arguments européens
00:39:16qui
00:39:18nous invitent
00:39:20à respecter la dignité humaine et la
00:39:22dignité de tout un chacun, malheureusement.
00:39:24Merci beaucoup Yoann Carrard,
00:39:26secrétaire national adjoint FO justice et
00:39:28surveillants pénitentiaires. Merci d'avoir été
00:39:30avec nous. Vous voyez à gauche
00:39:32les images en direct de la
00:39:34santé sur votre écran, images en direct
00:39:36où le personnel pénitentiaire est venu
00:39:38tout à l'heure. Et puis il y a également les Français
00:39:40qui sont venus rendre hommage à cet homme
00:39:42qui est décédé. Rachida Khaoutia,
00:39:44il y a un problème quand même. Comment, dans une
00:39:46prison, peut-on dire à des surveillants, vous n'avez pas
00:39:48le droit de faire des fouilles systématiques ?
00:39:50L'expression est banale, mais je l'emploie
00:39:52tellement souvent que je vais essayer de la rayonner de mon vocabulaire.
00:39:54On marche sur la tête.
00:39:56On marche peut-être sur la tête,
00:39:58mais il n'en demeure pas moins qu'il y a quand même
00:40:00les droits humains qui sont à respecter.
00:40:02Nous sommes le pays des droits de l'homme.
00:40:04Et fouiller des prisonniers en prison,
00:40:06vous avez le sentiment que ce n'est pas respecter les droits humains ?
00:40:08Ce n'est pas ne pas les fouiller.
00:40:10Vous avez entendu ce qu'il a dit.
00:40:12Les fouilles ne sont pas systématiques
00:40:14parce qu'effectivement c'est encadré.
00:40:16Là-dessus, il y a
00:40:18des fouilles quand même. En même temps,
00:40:20comme je l'ai dit tout à l'heure, tout n'est pas parfait.
00:40:22Aujourd'hui, avec ce triste événement,
00:40:24bien sûr qu'il faut revoir beaucoup de choses.
00:40:26C'est la République qui a été
00:40:28attaquée aujourd'hui.
00:40:30C'est d'une grande barbarie.
00:40:32Aujourd'hui, on parle de familles
00:40:34endeuillées.
00:40:36On pense tous
00:40:38à ces familles et on a tous été bouleversés
00:40:40par ce drame.
00:40:42Alors allons-y,
00:40:44quelle est la leçon ?
00:40:46Quand on voit
00:40:48la façon dont
00:40:50le commandant
00:40:52a mené cette opération
00:40:54pour libérer ce personnage,
00:40:56on se pose
00:40:58beaucoup de questions, notamment sur
00:41:00le degré de sécurité
00:41:02pour accompagner des prisonniers
00:41:04lors de leur transfert.
00:41:06Vous avez aussi...
00:41:08Vous faites un état des lieux.
00:41:10Qu'est-ce qu'on fait ?
00:41:12On trouve des solutions.
00:41:14Lesquelles ?
00:41:16Les failles ont été relevées.
00:41:18Nous mettons tout en oeuvre
00:41:20avec tous les corps
00:41:22concernés par ce qui vient de se passer
00:41:24pour trouver des solutions.
00:41:26Je ne suis pas à la tête
00:41:28de l'administration pénitentiaire.
00:41:30Il faut des moyens.
00:41:32Ça fait des mois
00:41:34que les syndicats pénitentiaires vous disent
00:41:36attention, on va vers le drame,
00:41:38attention, on n'est pas assez nombreux,
00:41:40attention, on n'a pas assez de moyens.
00:41:42Il y a deux morts.
00:41:44Il faut les écouter.
00:41:46Je me tiens aux côtés
00:41:48de tous les agents.
00:41:50C'est trop tard, il y a deux morts.
00:41:52Vous êtes dans les éléments de langage.
00:41:54Vous êtes dans les éléments de langage.
00:41:56Vous représentez la majorité.
00:41:58Quelles sont les solutions concrètes que vous proposez ?
00:42:00Tout n'est pas parfait, je vous l'ai dit.
00:42:02Une fois qu'on a dit ça...
00:42:04Vous l'avez dit trois fois, tout n'est pas parfait.
00:42:06C'est quand vous vivez des expériences...
00:42:08Il faut des morts pour qu'on se rende compte.
00:42:10Qu'est-ce que vous proposez comme solution ?
00:42:12Justement,
00:42:14réfléchir, travailler, on fait une table ronde.
00:42:16Quelles solutions vont être annoncées en rapport
00:42:18avec les revendications du corps pénitentiaire ?
00:42:22Excusez-moi, c'est du blabla.
00:42:24C'est du blabla, c'est du blabla.
00:42:26On va rejoindre à la santé.
00:42:28C'est du blabla, c'est du blabla.
00:42:30Mathieu Devez avec les images de Pierre-François Alterman
00:42:32qui est à la santé.
00:42:34Mathieu Devez, quelle est l'ambiance
00:42:36sur place ? Il y a eu le recueillement
00:42:38tout à l'heure, mais dans les agents
00:42:40que vous rencontrez, on a eu votre interview
00:42:42il y a quelques instants en direct sur l'antenne,
00:42:44on a entendu une certaine colère également
00:42:46de leur part.
00:42:48Effectivement,
00:42:50cher Jean-Marc, les sentiments qui
00:42:52s'entremêlent finalement, il y a
00:42:54cette tristesse immense au lendemain du drame
00:42:56et puis cette colère, cette colère grandissante
00:42:58car beaucoup, beaucoup d'agents
00:43:00pénitentiaires avec lesquels nous avons eu l'occasion
00:43:02de discuter, nous le disent,
00:43:04cela allait arriver, cela devait arriver
00:43:06car ils pointent du doigt
00:43:08depuis de nombreuses années un manque
00:43:10de moyens, un manque d'effectifs criants
00:43:12face, disent-ils, à des voyous,
00:43:14des criminels qui nous attaquent armés
00:43:16et regardez d'ailleurs, il y a toujours autant de monde
00:43:18peut-être une centaine de personnes
00:43:20mobilisées, des agents pénitentiaires
00:43:22qui bloquent du coup cette prison de la santé
00:43:24ici dans le 14e arrondissement
00:43:26et puis ces messages forts, ces affiches
00:43:28placardées sur le mur du centre pénitentiaire
00:43:30prison morte ou encore
00:43:32prison en deuil
00:43:34tous, en tout cas les représentants syndicaux
00:43:36avec lesquels nous avons discuté
00:43:38attendent désormais d'être reçus
00:43:40par le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti
00:43:42car il y a énormément
00:43:44de revendications qui sont portées ici
00:43:46par les représentants syndicaux. Merci beaucoup
00:43:48Mathieu, Dewez, sur place à la prison
00:43:50de la santé avec Pierre-François
00:43:52Alterbatrost. Non mais je pense
00:43:54qu'on est en train de
00:43:56prendre le problème à l'envers
00:43:58parce que là je vois tout le monde sauter
00:44:00sur Rachida en lui disant oui mais
00:44:02c'est votre faute, vous n'avez rien fait
00:44:04je veux dire, ce problème il est déjà
00:44:06moi je me souviens très bien déjà à l'époque de Nicolas Sarkozy
00:44:08où il y avait des manifestations
00:44:10énormes
00:44:12du personnel pénitentiaire
00:44:14déjà à l'époque pour des revendications
00:44:16qui n'ont jamais été mises en place
00:44:18d'ailleurs avec la RGPP à l'époque
00:44:20la réduction des politiques
00:44:22ça a été aggravé par les politiques de Nicolas Sarkozy
00:44:24exactement
00:44:26ça a été aggravé
00:44:28à ce moment là et la chose
00:44:30qui se passe c'est qu'aujourd'hui
00:44:32quelle que soit la situation et d'ailleurs c'est ce qui se passe
00:44:34même avec les policiers par exemple
00:44:36il faut le temps de formation
00:44:38aussi de tous ces personnels
00:44:40là il faut le temps
00:44:42alors on peut reprocher plein de choses à ce gouvernement
00:44:44vous savez c'est pas moi qui les défend
00:44:46mais par contre sur la question de la justice
00:44:48on ne peut pas dire
00:44:50sur la question de la justice, de la police, on ne peut pas dire
00:44:52qu'ils n'ont pas essayé de mettre les moyens
00:44:54ces dernières années là dessus
00:44:56ils le font concrètement
00:44:58ils le font concrètement
00:45:00on ne règle pas tous ces problèmes là
00:45:02on ne les a pas
00:45:04de quelques mois ou d'un an
00:45:06vous l'avez dit
00:45:08ça fait très longtemps que les surveillants pénitentiaires
00:45:10et notamment depuis que monsieur Macron
00:45:12est au pouvoir
00:45:14il faut se rappeler les manifestations, les grèves, la prison de Vendin-le-vieil
00:45:16les derniers événements
00:45:18c'est sous monsieur Macron
00:45:20qui a fait semblant de les écouter
00:45:22et si on prend juste le cas des extractions judiciaires
00:45:24qui auparavant étaient effectuées par la police
00:45:26et la gendarmerie
00:45:28monsieur Macron, le gouvernement, a refusé de mettre
00:45:30des effectifs supplémentaires à la police et la gendarmerie
00:45:32pour effectuer ces extractions judiciaires
00:45:34la police et la gendarmerie avaient
00:45:36les armes nécessaires pour sécuriser
00:45:38ces extractions, pas la pénitentiaire
00:45:40ça a été la pénitentiaire
00:45:42qui a finalement
00:45:44récolté ce cadeau empoisonné
00:45:46sans avoir les moyens
00:45:48sans avoir les moyens
00:45:50et c'est là où c'est le drame
00:45:52c'est que finalement les politiques publiques ont des conséquences
00:45:54quand on ne met pas les moyens à côté
00:45:56on s'est dit finalement, on va délester
00:45:58la police et la gendarmerie
00:46:00c'est la pénitentiaire qui va faire ça
00:46:02et d'ailleurs il y a eu une explosion des extractions judiciaires
00:46:04avec des problèmes réguliers
00:46:06alors ça ne se solde pas toujours par des drames
00:46:08de cette nature, mais il y a des problèmes réguliers
00:46:10parce que les moyens ne sont pas mis à côté
00:46:12Alors justement, on va parler avec un policier
00:46:14on est en direct avec Gilles Tachon
00:46:16il a interpellé trois détenus évadés en hélicoptère
00:46:18de la prison des Baumettes
00:46:20à Marseille en 1999
00:46:22bonjour, merci beaucoup d'être en direct avec tout
00:46:24on entend beaucoup
00:46:26les agents des services pénitentiaires
00:46:28depuis tout à l'heure sur l'antenne d'Europe 1
00:46:30qui nous disent que tout ça ce n'est pas une surprise
00:46:32ce qui se passe, est-ce que pour vous aussi ce n'est pas une surprise ?
00:46:34Oui effectivement
00:46:36c'est vrai que comme
00:46:38monsieur le député le disait
00:46:40je confirme, ces missions étaient confiées
00:46:42à la police et à la gendarmerie pour les extractions
00:46:44pour les présentations devant les magistrats instructeurs
00:46:46bon, les moyens
00:46:48je pense qu'ils ne les ont pas
00:46:50généralement ils livrent des détenus
00:46:52avec des feurons à pizza
00:46:54donc moi je ne comprends pas pourquoi
00:46:56les véhicules ne soient pas blindés
00:46:58qu'il n'ait pas l'armement nécessaire
00:47:00à pouvoir riposter
00:47:02et puis dans la technique
00:47:04d'intervention que j'ai vue
00:47:06à travers les médias
00:47:08je ne comprends pas pourquoi le fourgon cellulaire
00:47:10est devant au lieu d'avoir la voiture
00:47:12avant le VL en tant qu'ouvreuse
00:47:14donc
00:47:16ils sont surpris, ils ne voyaient pas ce qui se passe
00:47:18à l'avant, ils sont surpris
00:47:20ils sont pris en tenaille
00:47:22au péage, ils ont choisi l'endroit
00:47:24pour perpétrer
00:47:26ces exécutions
00:47:28de ces personnes
00:47:30d'abord je l'adresse et mes condoléances aux familles
00:47:32parce que nous sommes très peinés aussi dans la famille police
00:47:34nous sommes solidaires à la pénitentiaire
00:47:36et bon c'est très grave ce qui vient d'arriver
00:47:38et ça va
00:47:40entrer ça nous autres, plus on avancera
00:47:42plus ça sera plus terrible
00:47:44moi je sais, j'ai pu mettre un coup d'arrêt
00:47:46à l'évasion des baumettes en 99
00:47:48le plan épervier n'a plus
00:47:50être déclenché grâce à l'intervention
00:47:52de mes gars et moi-même
00:47:54j'ai dû faire usage de mon arme et neutraliser
00:47:56un des individus qui était fiche au gormanditisme
00:47:58c'est vrai qu'on avait d'autres
00:48:00un autre savoir
00:48:02mais c'est vrai que la pénitentiaire
00:48:04quant à eux, la formation est de 6 semaines
00:48:06pour la technique
00:48:08d'intervention, c'est trop court
00:48:10et on ne pourra pas faire mieux
00:48:12et les 8 mois je prends en école
00:48:14pour les gardiens
00:48:16c'est très peu et la formation
00:48:18c'est carrément on envoie ces gens-là à l'abattoir
00:48:20j'ai une question à vous poser
00:48:22parce que les images
00:48:24de l'attaque on les voit beaucoup
00:48:26depuis hier sur les chaînes de télé
00:48:28vous avec votre regard de policier
00:48:30vous voyez quoi dans ces images, vous voyez de grands professionnels
00:48:32ou vous voyez simplement des gens
00:48:34qui ont décidé de passer à l'action coûte-coûte-coûte
00:48:36et de tuer tout le monde
00:48:38pas du tout comme il a été dit
00:48:40par un certain grand policier de la BRB
00:48:42je pense qu'il pense
00:48:44aux voyous
00:48:46ce sont des jeunes, ce sont des racaillus
00:48:48de destité et l'enquête
00:48:50mènera, vous verrez très bien
00:48:52donc c'est des jeunes qui à la solde
00:48:54de ce monsieur, de Mohamed Amra
00:48:56qui a fait un stage
00:48:58chez nous, on passe en parallèle avec un barbecue
00:49:00d'ailleurs qu'on va lui raccrocher
00:49:02parce que les gars de la BRB ont très bien travaillé
00:49:04là-dessus et on va l'accrocher sur...
00:49:08On a un petit problème visiblement de liaison
00:49:10j'ai compris que vous voyez des petits délinquants
00:49:12qui se sont attaqués
00:49:14et pas du grand banditisme, des petits délinquants
00:49:16qui basculent à un moment, je pense qu'on leur fournit
00:49:18les armes et on les envoie
00:49:20vous aussi c'est le regard que vous aviez
00:49:22mais oui parce que quand on voit la violence
00:49:24la violence de l'attaque
00:49:26je veux dire, on dit des petits bandits
00:49:28là je ne suis pas sûr, d'ailleurs il y a eu le rapport
00:49:30il y a quelques jours il y a eu le rapport
00:49:32de la cour des comptes justement sur
00:49:34la question du narcotrafic et ils expliquaient
00:49:36qu'aujourd'hui la violence
00:49:38est l'être extrême
00:49:40même au plus bas de l'échelle, chose
00:49:42qu'on ne voyait pas avant. C'est ce qu'on voit tous les jours
00:49:44qu'on dit tous les jours ici, on nous dit tous les jours
00:49:46on nous dit ah bah non vous exagérez, ah bah non
00:49:48il n'y a pas plus de violence sur le monde, excusez-moi
00:49:50sur le trafic de drogue vous le savez très bien
00:49:52bah oui j'arrête pas de le dire
00:49:54justement, et là je vais vous dire
00:49:56une chose monsieur Morandini
00:49:58qui ne va peut-être même pas vous rassurer
00:50:00c'est que là avec la politique
00:50:02actuelle qu'ils sont en train de mettre en place
00:50:04ça va être pire
00:50:06ça va être pire, parce qu'ils sont en train de supprimer
00:50:08les moyens à
00:50:10toutes les structures qui travaillent sur le
00:50:12terrain pour essayer de
00:50:14au moins de contenir un minimum
00:50:16ce problème là, et je peux vous le dire
00:50:18mais non mais
00:50:20vous êtes dans votre monde de bisounours
00:50:22vous pensez toujours...
00:50:24non mais là vous êtes en train de polémiquer
00:50:26je ne polémique pas
00:50:28je pense que vous faites le mauvais diagnostic
00:50:30et que vous avez les mauvaises solutions
00:50:32bon bah si vous voulez, c'est vous, vous savez tout
00:50:34moi je ne fais pas de la politique politicienne
00:50:36je vous propose de retourner
00:50:38juste Rost et Géliandou
00:50:40je vous propose d'écouter
00:50:42une française qui est
00:50:44à la prison d'Evreux, qui est venue manifester
00:50:46sa solidarité, on retrouve sur place
00:50:48Célia Barotte qui est avec Laurence Célarier
00:50:50qui est avec cette dame qui est venue apporter
00:50:52son soutien aux agents
00:50:58oui je suis avec Patricia
00:51:00Patricia habite Evreux et c'était important
00:51:02pour elle de participer
00:51:04à cet hommage, Patricia
00:51:06je vous sens très émue mais aussi très en colère
00:51:08oui je suis émue parce qu'il y a
00:51:10deux papas qui sont partis
00:51:12un enfant qui ne verra jamais son papa
00:51:14deux autres qui vont fêter leur anniversaire
00:51:16sans leur papa, oui je suis très très en colère
00:51:18parce que
00:51:20nos policiers, nos gendarmes
00:51:22nos pompiers, nos agents pénitentiaires
00:51:24sont maintenant devenus des cibles
00:51:26malheureusement ils ne sont pas
00:51:28protégés comme ils le méritent
00:51:30ils n'ont pas l'armement, les protections qu'il leur faut
00:51:32et puis je voudrais dire aussi
00:51:34si ils voulaient faire évader ce monsieur
00:51:36pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas fait descendre les agents pénitentiaires
00:51:38ils auraient pu les mettre à genoux
00:51:40s'ils voulaient les humilier
00:51:42faire sortir l'homme et partir
00:51:44pourquoi est-ce qu'ils ont tué
00:51:46pourquoi est-ce que nos policiers, pourquoi nos gendarmes
00:51:48pourquoi nos agents pénitentiaires, pourquoi nos pompiers
00:51:50ne sont pas protégés, pourquoi ?
00:51:52comment vous vous sentez face à cette violence
00:51:54qui prend un tout autre niveau
00:51:56on le voit ces dernières semaines
00:51:58à ces faits d'hiver
00:52:00qui deviennent des faits de société
00:52:02je suis en colère
00:52:04on pourrait tous vivre tous ensemble, bien
00:52:06on pourrait être bien, heureux, on a un magnifique pays
00:52:08il est beau notre pays, il est grand
00:52:10il a une belle histoire, pourquoi ?
00:52:12pourquoi ? je voudrais savoir pourquoi ?
00:52:14il n'y a aucune raison, on peut tous vivre ensemble
00:52:16il faut arrêter cette violence
00:52:18cette violence gratuite, mais on va où là ?
00:52:20on est en France, on n'est pas
00:52:22on n'est pas à Bogota, on n'est pas en Colombie
00:52:24merci beaucoup Patricia
00:52:26Jean-Marc, comme vous l'avez compris
00:52:28beaucoup de personnes se sont réunies ici
00:52:30et puis monsieur le maire, le maire d'Evreux
00:52:32va prendre la parole dans quelques minutes
00:52:34on va se connecter avec vous
00:52:36dans quelques instants pour vous faire partager
00:52:38cette prise de parole
00:52:40on voit les portes de la prison qui sont en train de s'ouvrir
00:52:42derrière vous d'ailleurs, pendant que vous êtes
00:52:44en train de parler avec le maire
00:52:46qui prend la parole d'ailleurs, on va rester avec vous
00:52:48Célia, puisque le maire est en train
00:52:50de prendre la parole en direct sur ces news
00:52:52on va l'écouter
00:52:54Aujourd'hui, j'ai souhaité
00:52:56avec monsieur le préfet et le président du département
00:52:58être présent auprès des agents, parce que c'est un moment
00:53:00de deuil et de recueillement
00:53:02c'est un moment de grande tristesse
00:53:04moi j'ai vu des agents qui étaient
00:53:06particulièrement affectés
00:53:08surtout ici à Evreux, bien évidemment
00:53:10mais des agents particulièrement
00:53:12dignes et responsables
00:53:14c'est les échanges que nous avons pu avoir après la minute
00:53:16de silence, qui ont montré
00:53:18des agents qui souhaitent éviter la
00:53:20surenchère, qui souhaitent montrer
00:53:22leur tristesse, leur douleur
00:53:24leur mécontentement aussi, mais qui en même temps
00:53:26poursuivent avec beaucoup
00:53:28de professionnalisme leur travail aujourd'hui
00:53:30Vous avez pu discuter un petit peu avec eux ?
00:53:32Nous avons échangé
00:53:34avec les organisations
00:53:36du personnel, avec les représentants
00:53:38des organisations du personnel
00:53:40qui nous ont parlé avant tout de leur tristesse
00:53:42de leur douleur
00:53:44de leur inquiétude
00:53:46parce que ça aurait pu être eux
00:53:48et puis surtout, ils connaissaient les agents
00:53:50qui ont été assassinés
00:53:52ou blessés, ils les fréquentaient
00:53:54régulièrement
00:53:56et le discours très douloureux
00:53:58qui a été prononcé
00:54:00c'était de dire qu'ils avaient échangé
00:54:02avec eux le matin même, hier matin
00:54:04ils étaient avec eux, ils plaisantaient avec eux
00:54:06et imaginez que quelques heures après
00:54:08ils ne seraient plus là
00:54:10c'est pour eux quelque chose d'encore
00:54:12non seulement inacceptable
00:54:14mais même inconcevable
00:54:16Est-ce que ce blocage va être reconduit
00:54:18dans les prochains jours ?
00:54:20Est-ce qu'ils vous ont expliqué l'organisation
00:54:22de la prison aujourd'hui ?
00:54:24Les organisations du personnel ont fait le choix
00:54:26de limiter au minimum
00:54:28les possibilités aujourd'hui
00:54:30néanmoins ils ont décidé de garder
00:54:32le parloir, ils ont laissé entrer
00:54:34le personnel médical, par contre
00:54:36les activités sportives ou culturelles
00:54:38évidemment sont arrêtées, probablement
00:54:40d'après ce que nous disent les organisations syndicales
00:54:42pendant plusieurs jours
00:54:44Est-ce qu'il y a des mesures
00:54:46dans lesquelles vous avez envie
00:54:48que cela change, que les parlementaires
00:54:50prennent à bras le corps certains sujets ?
00:54:52Vous savez, moi je suis là
00:54:54aujourd'hui en tant que représentant de la population
00:54:56nous sommes là dans le deuil et le recueillement
00:54:58nous aurons l'occasion dans les jours
00:55:00qui viennent, dans les semaines qui viennent
00:55:02de dire ce que nous pensons, de ce genre de choses
00:55:04mais je pense que c'est trop tôt, aujourd'hui
00:55:06par respect pour les morts, par respect pour les blessés
00:55:08nous nous concentrons
00:55:10sur le recueillement, sur la douleur
00:55:12et le partage de cette douleur avec les âgés
00:55:14Guy Lefranc, c'est le maire d'Evreux
00:55:16qui était en direct sur CNews
00:55:18et qui s'est exprimé, vous venez de l'entendre
00:55:20qui parlait également de cette violence
00:55:22et de l'émotion déclenchée
00:55:24on est en direct également avec Myriam Marleau
00:55:26qui est psychologue clinicienne
00:55:28bonjour, merci beaucoup d'être en direct
00:55:30avec nous, vous avez travaillé
00:55:32dans des centres de détention et des SPIP
00:55:34c'est le service pénitentiaire d'insertion
00:55:36et de probation
00:55:38d'abord, on dit beaucoup qu'il y a une certaine violence
00:55:40dans ces établissements, une violence latente
00:55:42et que, c'est ce que disent certains
00:55:44c'est qu'en fait on fait des sauvages
00:55:46des gens qui sont en prison, est-ce que c'est votre sentiment aussi ?
00:55:48alors déjà
00:55:50bonjour monsieur Morandini
00:55:52effectivement
00:55:54les agents
00:55:56pénitentiaires sont quand même souvent
00:55:58devant des détenus hautement
00:56:00marginalisés et c'est
00:56:02des conditions de travail extrêmement
00:56:04difficiles
00:56:06c'est-à-dire que, ça c'est clair
00:56:08mais la question que je vous posais c'était sur les détenus
00:56:10est-ce que vous avez le sentiment que la prison
00:56:12c'est vraiment un instrument de réinsertion
00:56:14ou au fond, on crée parfois aussi
00:56:16des sauvages et des gens encore plus sauvages
00:56:18honnêtement, ce qui s'est passé hier c'est de la sauvagerie à l'état pur
00:56:20et je pense que ça a été pensé
00:56:22et si ça a été pensé par ce détenu qui est en prison
00:56:24on voit bien à quel point il n'y a plus aucune limite
00:56:26oui alors
00:56:28effectivement, c'est certainement
00:56:30totalement scénarisé, totalement pensé
00:56:32c'est pas non plus à généraliser
00:56:34sur la population carcérale
00:56:36ça reste aussi
00:56:38du marginal dans le marginal
00:56:40c'est-à-dire concrètement
00:56:42concrètement ?
00:56:44il va falloir enquêter sur
00:56:46la scénarisation de cette
00:56:48marginalisation en prison, effectivement
00:56:50merci beaucoup Myriam Arlot
00:56:52merci d'avoir été avec nous, vous êtes psychologue
00:56:54clinicienne, on va faire le CNews Info
00:56:56et puis on va se retrouver en direct pour
00:56:58continuer cette édition spéciale
00:57:00consacrée à cette attaque mortelle et le choc
00:57:02et la colère du personnel pénitentiaire
00:57:04on fera le point sur l'attaque également
00:57:06qu'à partir d'aujourd'hui, on est ensemble
00:57:08jusqu'à 12h30 et non plus midi
00:57:10à partir d'aujourd'hui, donc tout de suite on fait la pub
00:57:12le CNews Info et on se retrouve juste après
00:57:36la deuxième nuit des meutes dans l'archipel
00:57:38des centaines de personnes ont été blessées
00:57:40dont une centaine de policiers
00:57:42le haut commissaire de la République parle aussi
00:57:44d'une situation insurrectionnelle
00:57:46et puis le gouvernement lance
00:57:48sa concertation sur le congé naissance
00:57:50autour de la table des négociations
00:57:52associations et syndicats
00:57:54pour pallier les défaillances du congé
00:57:56parental actuel et relancer la natalité
00:57:58un nouveau dispositif
00:58:00qui pourrait être mis en place dès
00:58:022025
00:58:06Voilà avec quelques soucis d'image, vous l'avez compris
00:58:08que vous ne répondez pas à ce que nous expliquait
00:58:10Somaya Labidi
00:58:12on sera dans un instant avec Christian Proutot qui est le fondateur du GIGN
00:58:14qui va nous expliquer comment se déroule
00:58:16en ce moment l'attraque de
00:58:18cet homme, mais Rost est-ce que vous avez
00:58:20quand même à un moment donné
00:58:22le sentiment qu'il faut les écouter ces agents
00:58:24et que quand on a commencé l'émission vous me disiez
00:58:26ah bah oui mais on ne pouvait pas savoir parce que
00:58:28ce détenu n'était pas classé comme dangereux
00:58:30malgré tout ces agents savaient qu'à un moment donné
00:58:32un drame allait arriver, on ne savait pas que ce serait aussi violent
00:58:34on ne savait pas qu'on aurait des sauvages
00:58:36en face de nous, mais malgré tout
00:58:38malgré tout Rost
00:58:40je pense que même des gens, encore une fois
00:58:42je vous dis, hier j'avais
00:58:44deux amis avec qui je discutais
00:58:46même eux
00:58:48étaient incapables
00:58:50de vous dire qu'une telle
00:58:52violence
00:58:54sur un personnage
00:58:56de ce type là
00:58:58on ne vous parle pas de Ferrara, on ne vous parle pas de
00:59:00Redouane Faïd, on ne vous parle pas de ce genre là
00:59:02on vous parle d'un jeune homme
00:59:04entre guillemets qui pour l'instant
00:59:06a eu des
00:59:08actes de délinquance qui étaient plutôt
00:59:10qui n'étaient pas dans l'extrême grande
00:59:12même s'il y avait l'affaire du meurtre
00:59:14ce qu'ils appellent le barbecue
00:59:16il y avait quand même ça. Alors la dame parlait tout à l'heure
00:59:18du SPIP
00:59:20par exemple. Le SPIP c'est un des services
00:59:22qui connaît le mieux les détenus
00:59:24et pour avoir travaillé
00:59:26pendant pratiquement 12 ans avec le tribunal
00:59:28de grande instance de Bobigny et en
00:59:30accompagnant certains jeunes justement
00:59:32avec le SPIP de Bobigny à l'époque
00:59:34je peux vous dire, eux connaissent très bien
00:59:36ils savent la psychologie de ces jeunes
00:59:38quand ils se retrouvent en prison. Quand certains
00:59:40plaident, nous on plaidait des fois
00:59:42Sarah pour une fois elle a dit quelque chose d'intéressant
00:59:44Non, attends, attends, c'est pas une attaque personnelle
00:59:48Elle a parlé de la réinsertion
00:59:50la question de la réinsertion
00:59:52Mais là c'est pas un problème de réinsertion
00:59:54Là on est pas sur un problème de réinsertion
00:59:56Excusez-moi, on est juste
00:59:58On parle du profil, du personnage
01:00:00Il avait 15 condamnations
01:00:04Excusez-moi, il y a un vrai problème qui se pose
01:00:06en revanche, il y a un vrai problème qui se pose
01:00:08c'est pourquoi est-ce qu'on n'a pas tapé dès les premiers
01:00:10fois où il était dehors
01:00:12Justement, c'est pour ça
01:00:14Il a commencé à 15 ans, la procurure l'a dit hier soir
01:00:16à 15 ans il a commencé à être par la loi
01:00:18il a commencé à être signalé à la justice
01:00:20et à chaque fois on l'a remis dehors
01:00:22Et vous êtes exactement
01:00:24en train de dire ce que j'étais en train de vous dire
01:00:26Mais dès le
01:00:28Moi je fais partie de ceux qui disent
01:00:30que dès le premier acte
01:00:32pas de la prison
01:00:34Des courtes peines dès le début
01:00:36Non, des dispositifs plus adaptés
01:00:38Parce que je vais vous dire
01:00:40ça peut être des centres éducatifs
01:00:42fermés, bien sûr
01:00:44évidemment
01:00:46Nicolas Sarkozy avait développé ça à un moment donné
01:00:48et je sais pas pourquoi
01:00:50on a enlevé ces dispositifs là
01:00:52on les a fermés au fur et à mesure
01:00:54C'est un dispositif qui fonctionnait
01:00:56qui permettait dès le premier acte
01:00:58il faut réagir
01:01:00et pas 2 ans après ou 5 ans après
01:01:02quand le gamin a 15 ans et qu'il fait une connerie
01:01:04et qu'on le convoque au tribunal à 17 ans
01:01:06On va écouter
01:01:08Il y a une chose qui est intéressante
01:01:10c'est Gérald Darmanin qui était ce matin
01:01:12chez nos confrères de RTL et qui s'est exprimé
01:01:14et qui a expliqué
01:01:16justement qui était cet homme
01:01:18et ce qu'il fallait faire désormais
01:01:20donc c'est intéressant d'écouter Gérald Darmanin sur RTL
01:01:22Parce que ce qu'il faut dénoncer
01:01:24c'est la barbarie avec laquelle
01:01:26ces personnes se sont prises
01:01:28à ses parts de famille
01:01:30à l'administration pénitentiaire
01:01:32de sang froid
01:01:34et ce qui est intéressant de souligner
01:01:36c'est que non seulement quand on les interpellera
01:01:38il faudra faire aussi le procès de cette sauvagerie
01:01:40qui touche notre société
01:01:42et qui vient tuer des parts de famille
01:01:44pour quelqu'un qui devait simplement répondre
01:01:46devant la justice et qui avait été condamné
01:01:48quelques mois avant
01:01:50Alors en tout cas il emploie un mot fort
01:01:52qui est un mot que vous employez souvent, c'est la sauvagerie
01:01:54il reconnait qu'il y a une sauvagerie dans la société
01:01:56Mais c'est un fait indiscutable
01:01:58Il y en a beaucoup qui le nient
01:02:00Cette sauvagerie
01:02:02qui semble étonner certains
01:02:04mais elle accompagne l'ensauvagement de la société depuis des années
01:02:06où on peut mourir pour une cigarette
01:02:08où on peut être tabassé à mort
01:02:10pour un mauvais regard
01:02:12où on peut être laissé sur le trottoir
01:02:14en sang, le crâne perforé
01:02:16à coup de marteau
01:02:18parce qu'on a eu un différent dans une rue
01:02:20C'est ça aujourd'hui la société
01:02:22Et vous avez des jeunes, de plus en plus jeunes
01:02:24qui ont un mépris total
01:02:26pour la vie humaine
01:02:28La vie humaine ne représente rien pour eux
01:02:30Donc effectivement quand vous les voyez
01:02:32Là on n'a pas affaire à Jacques Messrine, le bandit au grand cœur
01:02:34qui va aller braquer une banque
01:02:36et puis ensuite qui lâchera une fleur
01:02:38Non c'est pas ça
01:02:40Là on vient pour massacrer, on vient pour tuer
01:02:42Et la vraie question c'est
01:02:44pas seulement de s'interroger sur ce fait là
01:02:46mais sur le laxisme qui a conduit
01:02:48à l'explosion de la sauvagerie
01:02:50partout dans la société
01:02:52Il n'y a pas de fatalité, effectivement
01:02:54on peut faire marche arrière dans le sens
01:02:56où il faut qu'il y ait une répression impitoyable
01:02:58Ces gens là
01:03:00ne sont pas dissuadés
01:03:02Ces gens là ne sont pas dissuadés
01:03:04par une justif impitoyable
01:03:06Mais on entend toujours les mêmes
01:03:08Je vais faire saigner vos oreilles
01:03:10Mais il y a aussi un problème d'immigration
01:03:12Il y a aussi un problème d'assimilation
01:03:14Le Mohamed Amra
01:03:16et ses complices
01:03:18Il y a aussi une immigration qui n'est pas assimilée
01:03:20Il y a une immigration
01:03:22qui n'est pas assimilée
01:03:24et qui a des codes qui ne sont pas ceux de la France
01:03:26On repasse rapidement et après on prend Christian Pouteau
01:03:28qui va nous expliquer comment se déroule la chasse
01:03:30Encore une fois, vous voyez, j'aime beaucoup
01:03:32cet homme Guy Lefranc que je connais
01:03:34et qui est quelqu'un de très réfléchi
01:03:36et qui dit, il y aura le temps
01:03:38un second temps
01:03:40Pour l'instant, on ne va pas rentrer dans des polémiques stupides
01:03:42Allume-moi des bougies, Ross
01:03:44Vous avez raison, allume-moi des bougies
01:03:46Allume-moi des nouveaux
01:03:48Vous avez une marche blanche, vous avez raison
01:03:50Comme à chaque fois
01:03:52Rien ne change au final
01:03:54Comme au final
01:03:56C'est toujours pareil, Ross
01:03:58Je vous explique qu'il y aura un second temps
01:04:00Pour autre chose
01:04:02Quand il parle de son immigration
01:04:04de tout ça, ça n'a aucun...
01:04:06Vous avez dit
01:04:08Vous avez dit plein de choses intéressantes
01:04:10Vous avez dit plein de choses intéressantes
01:04:12et que je patate
01:04:14Mais là, on rentre dans un truc qui n'a rien à voir
01:04:16Juste, je termine
01:04:18Là, vous prenez
01:04:20le profil de ce jeune-là
01:04:22Ok, c'est une chose
01:04:24Mais les politiques qui sont mises en place
01:04:26ça, c'est une question
01:04:28à un moment donné, qu'il va falloir tous
01:04:30tous, tous
01:04:32Il y a urgence, Ross, il y a des morts
01:04:34Il y a des morts tous les jours en France
01:04:36Je vais dire un truc qui va vous faire saigner
01:04:38Qui fait saigner
01:04:40les oreilles de certains quand on dit ça
01:04:42Il faut aujourd'hui qu'on accepte qu'il y a une
01:04:44deux générations qui sont des générations
01:04:46sacrifiées et mettons le paquet
01:04:48sur les nouvelles générations
01:04:50Mais ça veut dire quoi des générations sacrifiées ?
01:04:52Ça veut dire qu'ils vont se balader dans les rues avec des armes et ils vont nous dire...
01:04:54Mais pas du tout, non, mais c'est pas ça
01:04:56Parce qu'il parle tout le temps de répression
01:04:58La répression, il faut le faire avec ces jeunes
01:05:00qui se comportent ainsi
01:05:02Mais par contre, il faut mettre le paquet sur l'éducation
01:05:04sur les nouvelles générations
01:05:06Elle est fondamentale
01:05:08S'il vous plaît, Ross, on prend Christian Poutot
01:05:10qui est fondateur du GIGN
01:05:12Bonjour, merci beaucoup d'être en direct avec nous
01:05:14Peut-être une réaction, parce que vous avez
01:05:16entendu Ross qui parlait et qui disait
01:05:18il faut mettre le paquet sur l'éducation
01:05:20et il va y avoir peut-être une ou deux générations
01:05:22sacrifiées. Comment vous réagissez
01:05:24quand vous entendez ça ?
01:05:26Moi je suis plutôt d'accord, ça va sûrement vous
01:05:28surprendre, parce que je sais que
01:05:30ce qui se passe, c'est
01:05:32quelque chose qu'on a laissé faire
01:05:34en particulier dans l'encadrement de notre
01:05:36jeunesse. Et si on
01:05:38ne prend pas en compte
01:05:40cet élément, et bien
01:05:42on ne résoudra pas le problème
01:05:44Donc je suis tout à fait d'accord
01:05:46avec cette analyse
01:05:48Ce que l'on vit, on en est
01:05:50responsable. Et c'est pas
01:05:52en aval qu'on résoudra le problème
01:05:54Et M. Odule qui dit
01:05:56l'exemplarité, si l'exemplarité
01:05:58ça fonctionnait, ça se saurait
01:06:00Ça n'existe pas. Il faut punir les gens
01:06:02pour ce qu'ils font, les punir
01:06:04à la hauteur de ce qu'ils ont fait
01:06:06Mais imaginez une seconde
01:06:08que ces gens-là auraient été arrêtés
01:06:10parce qu'avant on aurait été
01:06:12entre guillemets, ce qui n'est pas le cas
01:06:14puisque les prisons sont pleines
01:06:16plus sévère, et
01:06:18c'est à mon avis un mauvais calcul
01:06:20On juge les gens, et on les
01:06:22punit en fonction de ce qu'ils ont fait.
01:06:24L'exemplarité, si ça jouait dans les pays où
01:06:26il y a la peine de mort, ça se saurait
01:06:28et il n'y aurait plus de gens qui tueraient d'autres personnes
01:06:30Donc, il faut passer
01:06:32sur un autre braquet, sur une autre
01:06:34analyse des
01:06:36événements, et cette analyse elle est
01:06:38simple, c'est qu'on a laissé
01:06:40faire sur l'ensemble
01:06:42de la chaîne depuis des années
01:06:44On ne s'est pas occupé, on n'a pas
01:06:46encadré, on n'est plus là, l'État n'est
01:06:48plus présent, et il ne faut pas s'étonner
01:06:50que la nature
01:06:52ayant horreur du vide, je sais que
01:06:54tout le monde prend cette formule, mais c'est une réalité
01:06:56Quand il n'y a personne dans les banlieues
01:06:58pour s'occuper d'une jeunesse
01:07:00et bien elle ne prend pas les bons référents
01:07:02et elle se retrouve livrée
01:07:04à elle-même. Voilà.
01:07:06Juste, Christophe Proutot, il y a Julien Audehoule qui veut vous répondre
01:07:08Je suis atterré de voir
01:07:10que monsieur Proutot
01:07:12récite tous les marqueurs de la gauche
01:07:14bisounours, de cette gauche
01:07:16du vivre ensemble, qui nous dit qu'il n'y a pas assez
01:07:18de moyens dans les banlieues, alors qu'il y a eu des moyens
01:07:20colossaux depuis 40 ans, alors qu'on a
01:07:22tout fait en termes d'argent public
01:07:24de soutien, de médiateurs, etc
01:07:26et que monsieur Proutot ne croit pas à la
01:07:28dissuasion judiciaire. Moi, je crois
01:07:30effectivement que la dissuasion judiciaire
01:07:32c'est une mesure de protection, que ça
01:07:34permet d'enrayer la délinquance, que ça
01:07:36permet d'éviter à ce qu'il y ait
01:07:38des récidives, à ce que ça permet de protéger
01:07:40la population. Donc oui, il n'y a pas eu
01:07:42de dissuasion judiciaire depuis 30
01:07:44à 40 ans. Oui, il y a eu la culture de l'excuse
01:07:46Oui, on a préféré des peines alternatives
01:07:48Oui, on n'a pas construit
01:07:50assez de places de prison
01:07:52Oui, on a ouvert les frontières aussi
01:07:54Excusez-moi, il y a un lien entre
01:07:56l'immigration et l'insécurité, on le voit
01:07:58d'ailleurs dans nos établissements carcéraux
01:08:00et très clairement, il faut arrêter
01:08:02avec cette politique de gauche
01:08:04qui consiste à dire qu'il faut mettre encore plus
01:08:06de moyens pour accompagner ces pauvres jeunes
01:08:08On a affaire à des barbares, on a affaire
01:08:10à des gens qui n'ont plus aucune civilisation
01:08:12qui ont un mépris pour la vie humaine
01:08:14Il ne faut pas de l'argent, ou des clubs, ou des centres de loisirs
01:08:16Christian Proutot, j'aime vraiment
01:08:18Christian Proutot
01:08:20Que monsieur Odoul soit atterré, ça ne me surprend pas
01:08:22mais je n'en fais pas, moi, une affaire politique
01:08:24J'essaye de résoudre le problème
01:08:26Le problème, si le continuum
01:08:28n'existe pas
01:08:30imaginez que ce soit qu'en aval qu'on résout
01:08:32le problème, c'est une imbécilité, c'est tout
01:08:34Voilà, moi j'ai quand même
01:08:36une expérience, j'ai fait
01:08:38certaines choses et je ne fais pas que parler
01:08:40Donc on me pose la question, j'y réponds
01:08:42Si vous n'êtes pas d'accord, c'est votre problème
01:08:44Mais imaginez que l'exemplarité
01:08:46ça fonctionne, ça ne fonctionne pas
01:08:48Donc on est sur un ensemble
01:08:50un ensemble éducatif, un continuum
01:08:52et ce n'est pas parce qu'on a une équipe
01:08:54très organisée d'assassins
01:08:56qu'à travers cette équipe
01:08:58il faut faire la politique
01:09:00Il faudra les retrouver, puisque la question
01:09:02qu'on voulait poser, c'était ce qui était en train
01:09:04de se faire, je veux bien
01:09:06parler de cela, mais si c'est pour échanger
01:09:08sur des idées
01:09:10qui sont déjà arrêtées, sur le fait
01:09:12que soit ça vient de la migration
01:09:14soit ça vient d'autre chose
01:09:16je ne suis pas là pour parler de ça
01:09:18donc je ne souhaite pas en parler
01:09:20J'ai dit ce que j'ai pensé
01:09:22de l'exemplarité
01:09:24et je crois que
01:09:26l'histoire me donne raison
01:09:28Pas vous
01:09:30Justement pour nous expliquer
01:09:32parce que vous connaissez parfaitement
01:09:34le sujet, comment se déroule la TRAC
01:09:36aujourd'hui, comment travaillent les enquêteurs
01:09:38pour tenter de retrouver cet homme et ses complices
01:09:40Alors justement
01:09:42vous posez la bonne question
01:09:44parce que s'il y avait eu des informations
01:09:46qui permettaient d'anticiper
01:09:48je pense qu'on n'aurait pas eu
01:09:50assister à ce drame
01:09:52malheureusement
01:09:54il nous a
01:09:56dans ce qui s'est produit
01:09:58il a manqué quelque chose
01:10:00à la fois au service judiciaire
01:10:02au service de police
01:10:04sur ce qui fait que ce monsieur
01:10:06a pu avoir une équipe
01:10:08équipée comme on l'a vu
01:10:10qui a fait ce qu'elle a fait
01:10:12c'est à dire véritablement
01:10:14une embuscade
01:10:16au sens militaire du terme
01:10:18avec des armes d'assaut
01:10:20militaires aussi
01:10:22parce qu'il n'y a pas simplement des Kalash
01:10:24moi j'ai vu également je crois
01:10:26un HK, donc des armes lourdes
01:10:28militaires
01:10:30et la manière dont ont été bloquées les véhicules
01:10:32cette manière a été
01:10:34très
01:10:36préparée parce que
01:10:38je ne sais pas si vous avez réalisé
01:10:40qu'en deux minutes ce qu'ils ont fait
01:10:42c'est que leurs véhicules étaient coincés
01:10:44dans le péage, ils ne pouvaient plus bouger
01:10:46et quelle que soit l'équipe qu'on aurait pu mettre
01:10:48en place, même avec des gendarmes
01:10:50ou des policiers
01:10:52ils se sont retrouvés coincés dans leurs véhicules
01:10:54et ils ont été, puisque c'était le but
01:10:56exécutés comme l'ont été
01:10:58malheureusement les deux policiers
01:11:00les deux gardiens
01:11:02du service pénitentiel
01:11:04Christian Proutot, comment vous réagissez
01:11:06j'ai un mot quand même parce que moi
01:11:08il y a vraiment quelque chose et je pense que tous les français ont été choqués
01:11:10également par ça, par la froideur du geste
01:11:12c'est-à-dire qu'on n'essaie même pas de faire descendre les gardiens
01:11:14les surveillants pénitentiels, on n'essaie même pas de les faire descendre
01:11:16on n'essaie même pas de les isoler, de les neutraliser
01:11:18on décide de les tuer directement
01:11:20c'est le signe de quoi ça selon vous ?
01:11:22C'est le signe
01:11:24qu'on a affaire à une équipe déterminée
01:11:26qui est
01:11:28qui n'a aucune valeur
01:11:30de la vie comme ils ont entre eux
01:11:32il faut le reconnaître
01:11:34dans le monde
01:11:36du narcotrafic
01:11:38là il s'élimine
01:11:40il tire dans la rue sans se poser de questions
01:11:42donc il y a tout le narcotrafic
01:11:44qui est derrière tout ça
01:11:46ce qui me surprend c'est que
01:11:48puisqu'il n'était pas encore
01:11:50il était inculpé
01:11:52mais il n'avait pas été interrogé
01:11:54sur les autres faits qui lui étaient reprochés
01:11:56ce qui me surprend
01:11:58c'est qu'on n'ait pas eu plus d'informations
01:12:00sur son environnement
01:12:02puisque si on reste que sur ce qui lui était reproché
01:12:04on a du mal à imaginer
01:12:06qu'il ait pu
01:12:08ou qu'une équipe ait pu
01:12:10se former pour monter
01:12:12une opération pareille
01:12:14alors il y a quelque chose
01:12:16qui n'a pas fonctionné
01:12:18dans l'enquête même si on le soupçonnait
01:12:20vous le savez d'enlèvement
01:12:22et puis d'acte de torture
01:12:24et pour le moment
01:12:26c'est tout ce que l'on avait sur lui
01:12:28et il n'avait pas encore été interrogé là dessus
01:12:30alors pour la violence que vous évoquez
01:12:32c'est inqualifiable
01:12:34et il y a malheureusement
01:12:36dans ce milieu
01:12:38du narcotrafic
01:12:40un mépris total de la vie
01:12:42et pour ce que l'on souhaite
01:12:44réussir
01:12:46on est prêt à tuer
01:12:48il y a de l'argent derrière tout ça
01:12:50et tant qu'on n'aura pas pris en compte
01:12:52tout l'ensemble du
01:12:54narcotrafic et les moyens
01:12:56qu'il faut mettre en place pour
01:12:58l'arrêter et bien on risquera
01:13:00de se retrouver face à des équipes pareilles
01:13:02heureusement
01:13:04apparemment
01:13:06jusqu'à présent on pensait qu'ils réglaient leur compte
01:13:08entre eux et on voit qu'ils sont
01:13:10capables uniquement pour
01:13:12délivrer quelqu'un dont on n'avait pas mesuré
01:13:14qu'il pouvait avoir cette importance
01:13:16dans le narcotrafic
01:13:18on ne peut pas
01:13:20on n'a pas mis en place
01:13:22les moyens qui étaient nécessaires pour éviter cela
01:13:24Merci Christian Brouteau
01:13:26merci beaucoup d'avoir été avec nous fondateur du GIGN
01:13:28et votre regard effectivement était intéressant
01:13:30vous parliez du profil de cet homme et je voudrais qu'on s'y arrête un instant
01:13:32parce que ce profil de Mohamed Amras
01:13:34veut dire quelque chose
01:13:36il faut reprendre sa carrière
01:13:38concernant
01:13:40les délits et vous allez voir qu'il a commencé
01:13:42très tôt et ce qui manque peut-être
01:13:44c'est qu'à un moment donné on lui dit stop
01:13:46on l'a laissé faire pendant des années sans qu'il y ait
01:13:48de vraies sanctions, si on en croit son portrait, regardez
01:13:50C'est un commando
01:13:52lourdement armé qui s'est attaqué
01:13:54au fourgon dans lequel se trouvait Mohamed A
01:13:56âgé de 30 ans
01:13:58né en mars 1994
01:14:00il était emprisonné à la maison d'arrêt
01:14:02d'Evreux, la procureure de Paris
01:14:04précise qu'il a été condamné
01:14:0613 fois par la justice
01:14:08elle porte sur des atteintes
01:14:10aux biens, notamment des vols
01:14:12avec effraction aggravée
01:14:14son casier judiciaire
01:14:16ne porte à ce jour mention d'aucune
01:14:18condamnation pour infraction à la législation
01:14:20sur les stupéfiants
01:14:22il est aussi mis en examen dans le cadre de
01:14:24plusieurs dossiers, notamment pour meurtre
01:14:26en bande organisée
01:14:28selon nos informations, il y a quelques jours
01:14:30le fugitif a tenté de scier sa cellule
01:14:32selon la même source
01:14:34ce sciage ne serait pas une tentative
01:14:36d'évasion, mais avait pour but
01:14:38de provoquer une mise à l'isolement
01:14:40et ainsi, pouvoir mieux organiser
01:14:42son évasion
01:14:44c'est pas Pablo Escobar, c'est pas un mafieux italien
01:14:46et donc c'est là
01:14:48où la surprise est grande
01:14:50pour tout le monde, la stupeur est grande
01:14:52c'est que ce genre de moyens peuvent être
01:14:54déployés parfois pour libérer des hommes
01:14:56qui pèsent des milliards
01:14:58l'individu et ses complices sont
01:15:00toujours recherchés
01:15:02ce que vous sous-entendez finalement
01:15:04c'est qu'on n'a pas tapé assez fort, jeune
01:15:06quand à 15 ans il a commencé
01:15:08à sortir du droit chemin
01:15:10on ne l'a pas arrêté au moment où
01:15:12de son statut de primo délinquant
01:15:14à celui de narcotrafiquant
01:15:16et de
01:15:18délinquant XXL
01:15:20il aurait pu effectivement être arrêté
01:15:22et nous ce qu'on reproche
01:15:24c'est toutes les failles du système
01:15:26judiciaire et nous c'est ce qu'on demande au rassemblement national
01:15:28c'est de très courtes peines
01:15:30pour enrayer la spirale de la délinquance
01:15:32tout de suite, qu'il n'y ait pas ce
01:15:34sentiment d'impunité, de se dire que la justice
01:15:36ne me rattrapera pas, que je n'aurai jamais de sanctions
01:15:38qui est aujourd'hui la norme, on peut avoir
01:15:4014, 15 signalements
01:15:42pour vol, pour violence
01:15:44mais c'est une réalité
01:15:46il faut dissuader
01:15:48il faut qu'il y ait une responsabilité
01:15:50je ne tiens plus en place
01:15:52je dis juste du bon sens
01:15:54je vous réponds
01:15:56vous ramenez tout à l'immigration
01:15:58j'ai parlé d'immigration là ?
01:16:00non mais tout à l'heure, je réponds à ce que vous avez dit tout à l'heure
01:16:02exactement, donc vous ramenez
01:16:04toujours tout à l'immigration, c'est un problème
01:16:06en l'occurrence, et je le redis, de génération
01:16:08aujourd'hui c'est un problème de génération
01:16:10aujourd'hui il faut impérativement
01:16:12qu'on mette les moyens
01:16:14qu'on mette les sanctions qu'il faut en face
01:16:16justement des actes qui sont commis
01:16:18par ces jeunes pour qu'ils arrêtent de grandir
01:16:20et que ça aille crescendo dans les degrés
01:16:22de violences qu'ils commettent
01:16:24sachant qu'aujourd'hui
01:16:26ils ont banalisé la violence
01:16:28aujourd'hui regarder tuer une vie
01:16:30pour eux c'est comme finalement boire un verre d'eau
01:16:32on est totalement d'accord
01:16:34alors trouver des solutions qui sont constructives
01:16:36c'est vous qui êtes au pouvoir
01:16:38vous êtes à l'Assemblée
01:16:40dans l'opposition pour le moment
01:16:42dans trois ans on le fera
01:16:44c'est plus une histoire politique
01:16:46c'est une question de responsabilité
01:16:48c'est votre bilan
01:16:50il y a un moment je vais vous dire
01:16:52ces jeunes ont besoin qu'on prenne en main leur éducation
01:16:54pour éviter ce drame
01:16:56aujourd'hui nous sommes en train de pleurer
01:16:58avec ces familles
01:17:00c'est vrai que c'est la violence
01:17:02qui touche les policiers, qui touche les gendarmes
01:17:04qui touche les pompiers, qui touche
01:17:06le personnel pénitentiaire
01:17:08on est en direct avec Aurélie Laroussi
01:17:10présidente de l'association Femmes des Forces de l'Ordre en Colère
01:17:12bonjour madame, merci beaucoup d'être en direct avec nous
01:17:14c'est vrai que dans le cas présent
01:17:16ce sont des agents pénitentiaires
01:17:18qui ont été froidement abattus, lâchement abattus
01:17:20sauvagement abattus
01:17:22les mots nous manquent tellement c'était violent
01:17:24mais je pense que vous êtes bouleversée au même titre
01:17:26je pense qu'il n'y a pas de mots
01:17:28déjà je voudrais évidemment apporter
01:17:30faire part de nos sincères condoléances
01:17:32au nom de notre association
01:17:34à ces familles-là
01:17:36c'est un drame je pense
01:17:38qui aurait pu être évité encore une fois
01:17:40j'entends un petit peu
01:17:42des guerres politiques sur votre plateau
01:17:44nous en tant que famille
01:17:46ce qu'on énonce
01:17:48c'est que ça parle sur les plateaux
01:17:50ça se dispute
01:17:52ça se renvoie là-bas
01:17:54mais nous sur le terrain on ne voit rien changer
01:17:56jamais rien, que ce soit dans la police nationale
01:17:58que ce soit aujourd'hui dans l'administration pénitentiaire
01:18:00il y a des choses qui pourraient être faites
01:18:02il y a des propositions
01:18:04faites par les syndicats, il y a des revendications
01:18:06et on n'a jamais entendu
01:18:08que ce soit les syndicats, que ce soit nous les associations
01:18:10alors le gouvernement
01:18:12et l'administration, comme je dis souvent
01:18:14en termes matricules, nous c'est toute une vie
01:18:16là aujourd'hui vous avez
01:18:18des orphelins
01:18:20vous avez des parents, des frères, des sœurs
01:18:22moi-même j'ai ma sœur
01:18:24qui est surveillante pénitentiaire depuis 18 ans
01:18:26maintenant et on craint
01:18:28tous les jours
01:18:30donc il n'y a rien de fait
01:18:32hier ce qui s'est passé aurait pu être
01:18:34largement évité, ça ne l'a pas été
01:18:36des agressions sur nos surveillants pénitentiaires
01:18:38il y en a tous les jours
01:18:40je rappelle les surveillants qui sont ébouillantés
01:18:42parce que vous comprenez dans les cellules
01:18:44il faut leur laisser un minimum de confort
01:18:46il faut leur laisser accès à des richos
01:18:48il y a des choses
01:18:50mais je vous assure vraiment hallucinantes
01:18:52qui se passent dans ces prisons
01:18:54et moi les politiques là sur les plateaux
01:18:56je vous entends, mais moi les politiques
01:18:58dans les prisons je n'en vois pas beaucoup
01:19:00et c'est un peu ce que je dénonce
01:19:02c'est que ça parle, ça parle beaucoup
01:19:04mais derrière les murs des prisons
01:19:06ouais c'est sale
01:19:08c'est pas beau ce qui se passe, c'est violent
01:19:10on entend, moi la seule chose
01:19:12que j'entends des politiques c'est quand ça parle
01:19:14de la surpopulation carcérale
01:19:16alors on en parle dans quel sens
01:19:18parce qu'on en parle dans le sens
01:19:20dans l'intérêt des détenus
01:19:22qu'ils soient détenus dans des conditions dignes
01:19:24alors je veux bien
01:19:26je veux bien tout ça, mais enfin
01:19:28la surpopulation carcérale par exemple
01:19:30les premiers à les subir
01:19:32ce sont nos surveillants, ce sont nos agents
01:19:34de la pénitentiaire, c'est eux qui le subissent
01:19:36qui subissent les tensions
01:19:38les violences qui en découlent
01:19:40mais ça on n'en parle pas, ça n'intéresse pas
01:19:42la seule chose qui intéresse c'est encore une fois
01:19:44le confort des détenus
01:19:46et il y aurait tellement de choses
01:19:48à faire, alors je suis très en colère
01:19:50je pense que ça s'entend
01:19:52mais maintenant je pense que
01:19:54les paroles ça suffit
01:19:56il faut des actes, quand vous voyez
01:19:58que ces agents hier ont été envoyés
01:20:00pour une extraction dans un
01:20:02un simple fourgon
01:20:04un fourgon comme le livreur
01:20:06va vous livrer vos colis que vous commandez sur internet
01:20:08mais c'est quand même hallucinant
01:20:10c'est hallucinant, donc oui
01:20:12ce drame aurait pu être évité
01:20:14et aujourd'hui il y a un papa
01:20:16un futur papa qui serait toujours en vie
01:20:18Aurélie, là aussi ce n'est pas la première fois
01:20:20qu'on se parle et hélas on se parle toujours dans des
01:20:22moments dramatiques parce qu'il s'est
01:20:24passé beaucoup de choses ces dernières
01:20:26années autour des forces de l'ordre
01:20:28et à chaque fois j'ai votre
01:20:30colère en face de moi
01:20:32et je me dis mais rien
01:20:34ne change, tout à l'heure je m'énervais un peu
01:20:36en disant mais
01:20:38tout à l'heure je m'énervais un peu
01:20:40et je disais qu'est-ce qu'on va faire
01:20:42on va faire des bougies, on va allumer des bougies, on va mettre des nounours
01:20:44on va faire des marches blanches et au fond
01:20:46ça va recommencer ensuite
01:20:48est-ce que vous à un moment donné vous n'êtes pas désespérée
01:20:50face à cet immobilisme ?
01:20:52Moi je suis désespérée depuis
01:20:547 ans parce que ça fait 7 ans
01:20:56que je me bats pour nos forces de l'ordre
01:20:58et pour nos forces de sécurité
01:21:00ça fait 7 ans qu'on alerte sur tout ce qui se passe
01:21:02quotidiennement et j'ai l'impression
01:21:04qu'aujourd'hui il y a une
01:21:06expression qui dit prévenir pour mieux guérir
01:21:08mais ce gouvernement aujourd'hui
01:21:10attend le drame et c'est même pas
01:21:12qu'on guérit c'est qu'on enterre
01:21:14on enterre nos maris, on enterre nos enfants
01:21:16on enterre nos frères, nos soeurs
01:21:18mais on ne sait même plus comment le dire
01:21:20on ne sait même plus alors oui voilà
01:21:22comme dit il va y avoir des marches, il va y avoir des manifestations
01:21:24là je sais que les
01:21:26les prisons vont entamer
01:21:28des mouvements de grève, de prison fermée
01:21:30et on les soutient mais
01:21:32à 10 000% évidemment avec notre association
01:21:34mais qu'est-ce que
01:21:36ça va changer ? C'est le gouvernement actuel
01:21:38qui peut changer les choses
01:21:40et cette
01:21:42culture de l'excuse, de la
01:21:44victimisation que ce soit
01:21:46pour
01:21:48pour toute cette
01:21:50délinquance et encore le mot est faible
01:21:52parce que là on est carrément criminels
01:21:54il faut arrêter, il faut vraiment
01:21:56tout durcir et on parle
01:21:58aujourd'hui de la prison mais il faut durcir avant
01:22:00aussi parce qu'aujourd'hui
01:22:02déjà avant de faire de la prison dans ce pays
01:22:04il faut y aller très très fort
01:22:06et puis quand bien même ils y sont
01:22:08c'est moi vous savez on me le dit souvent
01:22:10c'est clublette dans les prisons
01:22:12aujourd'hui, qui a peur de la police ?
01:22:14Qui a peur de faire de la prison ?
01:22:16Juste pendant que vous parlez
01:22:18on va le voir à l'image parce qu'il y a
01:22:20Ross qui est en train de s'énerver quand il entend dire
01:22:22mais non mais il faut arrêter ces caricatures
01:22:24franchement encore une fois
01:22:26il faut qu'on soit constructif, je suis désolé
01:22:28on est dans les caricatures en permanence
01:22:30il y en a Rhalbo
01:22:32je pense qu'elle connait bien le terrain
01:22:34on le connait très bien aussi parce qu'on y travaille depuis
01:22:36ça fait 20 ans qu'on y travaille, j'ai été dans
01:22:38les prisons pendant des années
01:22:40on a fait un vrai travail là-dessus
01:22:42alors arrêtez un peu les caricatures
01:22:44les victimes
01:22:46je vous redonne la parole dans un instant parce que quand vous parlez en même temps on ne vous entend pas
01:22:48tout le monde malheureusement
01:22:50est victime dans cette histoire là
01:22:52du monde
01:22:54non mais ce que je veux dire
01:22:56les conditions
01:22:58les conditions
01:23:00les conditions des détentions
01:23:02les conditions de détention dont elle parle en disant
01:23:04oui c'est le clemède ou je ne sais pas quoi
01:23:06si c'était le clemède il n'y aurait pas autant de violences
01:23:08Aurélie vous répondez
01:23:10on va remettre un petit peu
01:23:12les choses dans le contexte c'est-à-dire que les prisonniers
01:23:14qui sont aujourd'hui incarcérés
01:23:16ce sont des personnes qui ont commis
01:23:18des crimes et des délits
01:23:20je ne dis pas le contraire
01:23:22donc il faut un petit peu remettre les choses dans leur contexte
01:23:24moi ces gens je ne vais pas les plaindre
01:23:26je ne suis pas d'accord avec vous et je ne les plaindrai pas
01:23:28voilà moi ma soeur
01:23:30je suis désolée
01:23:32ma soeur n'a pas à se faire assister et n'a pas à se mettre
01:23:34en danger quotidiennement
01:23:36je n'ai pas envie de perdre ma soeur par exemple
01:23:38parce que un jeune homme
01:23:40ou un homme de certain âge même
01:23:42qu'importe a décidé de faire une connerie dans sa vie
01:23:44et de prendre 10 ans ferme
01:23:46il arrive un moment là aujourd'hui c'est deux pères
01:23:48qui sont morts, c'est deux femmes endeuillées
01:23:50c'est deux oeuvres et ce sont des orphelins
01:23:52un peu de dignité justement
01:24:02c'est honteux de balancer ça
01:24:04soyez dignes aussi sur ce plateau s'il vous plaît
01:24:06vous ne lui dites pas un peu de dignité
01:24:08Aurélie vous voulez rajouter un mot ?
01:24:10non non non
01:24:12moi là aujourd'hui c'est clair que
01:24:14je ne suis pas du tout en état de défendre
01:24:16les détenus, de défendre leurs conditions de travail
01:24:18de défendre les détenus ici
01:24:20non mais arrêtez un peu
01:24:22de nos surveillants pénitentiaires
01:24:24parce que moi je sais ce qu'il se passe derrière les barreaux
01:24:26et personne n'y va alors vous vous y allez peut-être
01:24:28très bien
01:24:30mais vous y allez en tant que
01:24:32médiateur peut-être
01:24:34dans le cadre social
01:24:36donc vous n'êtes pas accueillis par les détenus
01:24:38j'imagine qu'on ne peut
01:24:40être accueillis
01:24:42par les surveillants pénitentiaires
01:24:44mais Aurélie justement c'est pour ça que je suis
01:24:46en train de vous dire
01:24:48n'essayons pas aujourd'hui de faire croire aux gens
01:24:50qu'il y a telle ou...
01:24:52les victimes, évidemment
01:24:54la violence qui émane
01:24:56de ça ce sont
01:24:58les gardiens
01:25:00qui le subissent aujourd'hui
01:25:02parce qu'il y a une surpopulation carcérale
01:25:04et il y a des conditions de détention
01:25:06qui font qu'il faut...
01:25:08toute la différence entre vous et moi
01:25:10ma priorité c'est les victimes
01:25:12et ce n'est pas les agresseurs
01:25:14et je pense qu'Aurélie est comme moi
01:25:16vous on a le sentiment que vous êtes là
01:25:18oh les pauvres il y a de la surpopulation
01:25:20oh les pauvres ça
01:25:22et c'est inaudible aujourd'hui
01:25:24merci beaucoup Aurélie Laroussi
01:25:26c'est pas possible ces caricatures
01:25:28merci Aurélie d'avoir été
01:25:30avec nous président de l'association Femmes des Forces de l'Ordre
01:25:32en colère, je vous rappelle qu'à partir d'aujourd'hui
01:25:34on est ensemble jusqu'à midi et demi donc on va faire
01:25:36le CNews Info et puis on reste ensemble
01:25:38donc le CNews Info et c'est avec Sommeil à la BD
01:25:44Après la minute de silence observée
01:25:46dans l'ensemble des juridictions
01:25:48suite à la mort de deux agents pénitentiaires
01:25:50hier dans l'heure des 7 après-midi 14h
01:25:52les syndicats seront reçus à la chancellerie
01:25:54par Eric Dupond-Moretti
01:25:56le garde des Sceaux
01:25:58Après une nouvelle nuit d'émeute en Nouvelle-Calédonie
01:26:00qui a fait deux morts et des centaines de blessés
01:26:02Emmanuel Macron a convoqué ce matin
01:26:04un conseil de défense et de sécurité nationale
01:26:06Les prix ont augmenté
01:26:08de 2,2% en avril sur un an
01:26:10un chiffre qui confirme
01:26:12la première estimation de l'Insee
01:26:14d'un léger ralentissement de l'inflation
01:26:16ralentissement sur fond d'une hausse
01:26:18plus modérée des prix alimentaires
01:26:20A la une de l'actualité internationale
01:26:22l'armée ukrainienne se replie
01:26:24dans certaines zones du Front Nord
01:26:26et notamment dans la région de Kharkiv
01:26:28Kharkiv où la Russie a lancé
01:26:30une nouvelle offensive vendredi dernier
01:26:32conséquence Volodymyr Zelensky
01:26:34vient de décider
01:26:36l'annulation de tous ses déplacements
01:26:38à l'étranger des prochains jours
01:26:40Et puis du tourisme spatial
01:26:42pour un Savoyard ce dimanche
01:26:44Sylvain Chiron doit participer à un vol
01:26:46de Blue Origin, la compagnie de Jeff Bezos
01:26:48un vol qui ne dure qu'une dizaine
01:26:50de minutes mais permet aux passagers
01:26:52d'admirer la courbure de la Terre et de flotter
01:26:54brièvement dans la capsule
01:26:58Midi 5 sur CNews
01:27:00merci d'être en direct avec nous
01:27:02vous savez désormais on est ensemble jusqu'à midi 30
01:27:04et à midi 30 vous retrouverez Thierry Cabane
01:27:06Maurice Signolet
01:27:08nous a rejoint, bonjour, merci d'être avec nous
01:27:10ancien commissaire divisionnaire
01:27:12et c'était important d'avoir votre regard également
01:27:14Maurice Signolet sur ce qui est en train de se passer
01:27:16vous entendiez Rost peut-être juste avant
01:27:18de rentrer sur ce plateau
01:27:20Rost qui expliquait que l'un des soucis dans les prisons
01:27:22c'est la surpopulation, c'est la façon
01:27:24dont la violence est gérée
01:27:26on avait en face Aurélia Roussy, président de l'association
01:27:28Femmes des forces de l'ordre en colère
01:27:30c'est-à-dire qu'aujourd'hui elle n'était pas en état
01:27:32de penser à ces gens qui étaient en prison
01:27:34mais elle pensait plutôt aux victimes
01:27:36et je disais un peu la même chose
01:27:38oui ben j'ai vu que M. Rost était
01:27:40égal à lui-même quoi, d'habitude
01:27:42ça ne m'a pas surpris
01:27:44c'est-à-dire qu'est-ce que vous voulez dire par là
01:27:46allez au bout de votre idée
01:27:48je vais essayer
01:27:50le problème de la prison c'est qu'elle n'est plus dissuasive
01:27:52c'est-à-dire que l'exemplarité
01:27:54de la peine qui est primaire
01:27:56depuis des siècles et des siècles
01:27:58n'existe plus
01:28:00normalement on devrait en arriver à ce que
01:28:02personne n'ait envie d'aller en prison
01:28:04il ne faut donc qu'arriver
01:28:06à cette dissuasion
01:28:08pour arriver à cette dissuasion là
01:28:10il faut que les peines soient exemplaires
01:28:12c'est-à-dire que ça serve d'exemple pour que les autres
01:28:14n'aient plus jamais envie d'aller en prison
01:28:16ça s'arrête là
01:28:18le problème c'est que
01:28:20le problème
01:28:22c'est que depuis
01:28:24des décennies
01:28:26il y a eu des Rousseauistes
01:28:28puis Hugolienne
01:28:30enfin
01:28:32Marc Ancel
01:28:34avec sa défense sociale nouvelle
01:28:36on en est arrivé à une excuse systématique
01:28:38à ne chercher
01:28:40que la réinsertion
01:28:42la réinsertion du délinquant
01:28:44en oubliant
01:28:46le fait qu'il a expié sa faute
01:28:48pourquoi ça s'appelle
01:28:50l'administration pénitentiaire
01:28:52ça veut dire ce que ça veut dire
01:28:54je suis dépité
01:28:56parce qu'on est dans une espèce de caricature
01:28:58qui me gave
01:29:00quand les gens qui travaillent sur ces sujets là
01:29:02prennent la parole
01:29:04ce qui est extraordinaire c'est qu'ils vous disent
01:29:06exactement la même chose que je vous dis moi
01:29:08ça marche pas
01:29:10le résultat voilà
01:29:12avec ces sauvages qui sont dans la rue
01:29:14vous savez ce qu'on est en train de payer aujourd'hui
01:29:16c'est qu'à un moment donné
01:29:18on paie le laxisme
01:29:20on paie des années de laxisme
01:29:22pas que
01:29:24il y avait des structures qui alertaient
01:29:26il y a des années lorsque Nicolas Sarkozy
01:29:28est arrivé il a dit tolérance zéro d'accord
01:29:30et qu'ils ont dit ça va être le tout répressif
01:29:32on leur a dit le tout répressif
01:29:34ne peut pas fonctionner sur le long terme
01:29:36parce qu'on va créer des nouvelles générations
01:29:38mais si si je vous le dis
01:29:40si si sur le terrain
01:29:42c'était le cas
01:29:44mais aujourd'hui les services
01:29:46on parlait du SPIP par exemple tout à l'heure
01:29:48le SPIP à un moment donné
01:29:50ils ont essayé de mettre en place des actions
01:29:52c'est les responsables de l'insertion
01:29:54et je peux vous dire qu'à un moment donné
01:29:56ils étaient tellement en colère
01:29:58parce que la question de la réinsertion
01:30:00a été tout les travailleurs
01:30:02sociaux vous le diront
01:30:04c'est faux
01:30:06vous ne connaissez rien
01:30:08mais vous êtes dans la politique politicienne
01:30:10moi ça ne m'intéresse pas ça
01:30:12c'est une légende urbaine
01:30:14depuis 30 ans
01:30:16et comme ça a été dit la priorité a été donnée
01:30:18à la réinsertion
01:30:20avant que le détenu
01:30:22n'arrive dans sa cellule
01:30:24on pense déjà à sa réinsertion
01:30:26on pense à l'aménagement
01:30:28je vais terminer
01:30:30je vais terminer parce que c'est important
01:30:32avant que le détenu arrive dans sa cellule
01:30:34on pense à la réinsertion de ce détenu
01:30:36on ne pense pas à la protection
01:30:38de la société
01:30:40vous êtes dans votre politique politicienne
01:30:42et vos éléments de langage
01:30:44nous on n'a aucun intérêt dans tout ça
01:30:46votre tolérance zéro
01:30:48c'est la loi de 2009
01:30:50qui conduit notamment
01:30:52à ce qu'il y ait des aménagements de peine
01:30:54quand il y a une peine de moins de deux ans
01:30:56moins de deux ans on ne va pas en prison
01:30:58Maurice Signolet et ensuite on prendra Axel Ronde qui nous attend
01:31:00ça n'est absolument pas
01:31:02de la caricature
01:31:04ce système de la réinsertion
01:31:06existe depuis
01:31:08je crois même
01:31:10que Saint-Fargeau
01:31:12Pelletier de Saint-Fargeau
01:31:14en 1792
01:31:16déjà en 1792 au moment de la constituante
01:31:18on parlait déjà
01:31:20c'est pas de la caricature
01:31:22c'est depuis 200 ans qu'on surfe
01:31:24sur ces notions de réinsertion
01:31:26et non plus d'expiation
01:31:28est-ce que vous y croyez à la réinsertion ?
01:31:30moi j'ai une question à vous poser
01:31:32est-ce que vous vous y croyez à la réinsertion ?
01:31:34je crois à l'expiation
01:31:36si vous permettez
01:31:38je crois à l'expiation de la faute
01:31:40je crois à l'exemplarité de la peine
01:31:42des réins insérés
01:31:44si vous m'en trouvez 10
01:31:46ça sera le bout du monde
01:31:48en plus la caricature
01:31:50quand vous dites que c'est de la politique politicienne
01:31:52c'est-à-dire que les magistrats
01:31:54de Marseille
01:31:56qui ont alerté sur la dérive
01:31:58du narcotrafic sont des caricatures
01:32:00c'est les plus hautes instances
01:32:02de la magistrature
01:32:04ce qui se passe à Marseille
01:32:06sur le narcotrafic
01:32:08moi je veux qu'on soit
01:32:10transigeants
01:32:12et pas sur les criminels ?
01:32:14c'est pareil
01:32:16et pas sur les violeurs ?
01:32:18ils tapent sur tout le monde
01:32:22on va prendre Axel Ronde
01:32:24porte-parole du syndicat CFTC Police
01:32:26qui est propre à elle
01:32:28on prend Axel Ronde
01:32:30porte-parole du syndicat CFTC Police
01:32:32qui nous attend
01:32:34Axel Ronde
01:32:36est-ce que vous pouvez nous dire
01:32:38comment est organisée la track
01:32:40qui a lieu en ce moment
01:32:42pour retrouver cet homme et ses complices ?
01:32:44le travail d'enquêteur
01:32:46ça va être
01:32:48de regarder
01:32:50tous les éléments qu'ils ont à leur disposition
01:32:52par rapport aux différents relevés
01:32:54et aussi
01:32:56avoir du renseignement
01:32:58via le renseignement pénitentiaire
01:33:00pour savoir avec qui il était en contact
01:33:02quelles sont les personnes
01:33:04qui sont venues le visiter en prison
01:33:06faire un travail de fourmis
01:33:08et faire des regroupements
01:33:10avec l'ensemble
01:33:12des enquêteurs, des services de police
01:33:14et de gendarmerie de France
01:33:16parce que c'est une priorité nationale
01:33:18actuellement
01:33:20on est vraiment dans la track
01:33:22de ces au moins 5 à 6 individus
01:33:24qui sont recherchés, qui ont participé
01:33:26à cette expédition
01:33:28finalement
01:33:30criminelle
01:33:32avec ce commando qui n'a pas hésité
01:33:34une seconde à exécuter
01:33:36nos collègues de l'administration pénitentiaire
01:33:38et d'ailleurs je suis de tout coeur
01:33:40avec l'ensemble
01:33:42de ces personnels et des familles
01:33:44qui ont été touchés
01:33:46dans leur chair et nous
01:33:48portageons leur deuil
01:33:50et on fera vraiment
01:33:52le nécessaire pour neutraliser au plus vite ce commando
01:33:54Axel Ronde, quand on a vu la violence
01:33:56avec laquelle ce commando est intervenu
01:33:58leur détermination, leur sang-froid
01:34:00quand on a vu à quel point
01:34:02la vie humaine n'avait aucun sens
01:34:04en tout cas aucune valeur
01:34:06moi je vais vous dire la vérité, depuis hier
01:34:08je suis très inquiet sur la façon
01:34:10dont on peut les arrêter aujourd'hui
01:34:12parce qu'a priori des gens qui se comportent comme ça
01:34:14ils ne vont pas se rendre en levant les mains en l'air
01:34:16et en disant c'est fini on se rend
01:34:18surtout qu'ils savent que derrière a priori
01:34:20même si c'est à la justice de décider, ce sera la prison à perpétuité
01:34:22est-ce que vous ne craignez pas
01:34:24pour vos collègues qui sont sur le terrain
01:34:26la façon dont risque de se dérouler
01:34:28une éventuelle interpellation
01:34:30Ecoutez, là on sait sur ces profils-là
01:34:32ça sera les services spécialisés
01:34:34type RAID et GIGN
01:34:36qui neutraliseront la menace
01:34:38moi je suis beaucoup plus inquiet, c'est sur les suites
01:34:40parce qu'on voit bien que des
01:34:42paliers encore une nouvelle fois ont été
01:34:44franchis dans l'ultra-violence
01:34:46que nous dénonçons depuis de
01:34:48nombreux mois avec des jeunes
01:34:50qui soit s'agressent à coup de couteau
01:34:52mais maintenant on le voit aussi
01:34:54des armes qui circulent de plus en plus
01:34:56dans les cités qui sont un accès
01:34:58assez facile puisque
01:35:00beaucoup d'armes qui reviennent des pays de l'Est
01:35:02en France via des mafias
01:35:04et via le narcotrafic
01:35:06qui leur permettent finalement de
01:35:08pouvoir utiliser ces armes immédiatement
01:35:10et notre crainte c'est qu'ils
01:35:12les retournent aussi contre nous lors
01:35:14d'opérations de police
01:35:16quand nous allons démanteler des réseaux
01:35:18de points de deal donc il va falloir aussi
01:35:20remuscler les dispositifs
01:35:22de police avec
01:35:24aussi des armements plus adéquates
01:35:26et l'habilitation sur les
01:35:28armes longues type G36
01:35:30en 5.56
01:35:32de calibre qui pourra
01:35:34répondre à ces
01:35:36individus voire aussi des moyens
01:35:38balistiques renforcés
01:35:40de protection avec des
01:35:42gilets lourds et des casques lourds et
01:35:44permettre finalement de pouvoir mener
01:35:46à bien ces missions parce que les criminels
01:35:48utiliseront ces armes qu'on a pu
01:35:50voir c'est un véritable guet-apens
01:35:52qui sont tombés
01:35:54ces collègues de la
01:35:56pénitentiaire et on voit
01:35:58bien leur détermination qu'ils ont eu
01:36:00à finalement massacrer
01:36:02nos collègues. Merci beaucoup Axel Ronde, porte-parole
01:36:04du syndicat CFTC Police.
01:36:06Maurice Signone, moi je voudrais vous faire écouter
01:36:08Gabriel Attal. Gabriel Attal à l'Assemblée
01:36:10vous allez me dire si ça vous rassure et si vous vous
01:36:12dites que les choses vont changer. Il
01:36:14s'est adressé à la représentation publique
01:36:16en leur disant vous allez voir
01:36:18désormais on va les traquer, on va les trouver
01:36:20ils vont payer. On l'écoute ça dure 30 secondes et vous
01:36:22l'écoutez juste après.
01:36:24Tout sera mis en oeuvre
01:36:26pour retrouver les auteurs de ce
01:36:28crime abject, tout.
01:36:30Le plan épervier a été
01:36:32déclenché, nous n'économiserons
01:36:34aucun effort, aucun
01:36:36moyen. Nous les
01:36:38traquerons, nous les trouverons
01:36:40et je vous le dis, ils
01:36:42paieront. Nous le
01:36:44devons aux victimes, nous le
01:36:46devons à leurs familles, à leurs proches
01:36:48nous le devons à tous les membres
01:36:50de l'administration pénitentiaire
01:36:52nous le devons à tous les
01:36:54français. Je vous remercie.
01:36:56Merci beaucoup monsieur le Premier ministre.
01:36:58Maurice Signolet, quand vous entendez
01:37:00ça, est-ce que vous vous dites ça va, il y a une vraie
01:37:02détermination de la part du gouvernement, vous vous dites
01:37:04c'est des mots, c'est des phrases, en clair c'est du pipo.
01:37:06Il ne pouvait pas dire autre chose.
01:37:08En plus je pense... Il y a une vraie détermination
01:37:10dans les mots, dans la façon de le dire.
01:37:12La détermination d'une manière ou d'une autre elle va être là
01:37:14vous vous doutez bien qu'avec ce qui s'est passé là
01:37:16la police... Tout à l'heure vous
01:37:18parliez de la tracte, il ne faut surtout pas en parler
01:37:20aujourd'hui il n'est pas question de dire
01:37:22comment on va faire, quel
01:37:24procédé on va utiliser, etc. On va laisser
01:37:26nos collègues travailler en espérant simplement
01:37:28que cette déplorable
01:37:30réforme de la police judiciaire qui a vu
01:37:32l'éradication de la police judiciaire ne va
01:37:34pas obéir les investigations
01:37:36des collègues, mais sinon le discours
01:37:38du Premier ministre, qu'est-ce que vous voulez qu'il dise d'autre ?
01:37:40C'est un peu comme le
01:37:42ministre de la Justice qui hier
01:37:44a fait montre d'une émotion réelle
01:37:46Oui, je pensais aussi que c'était sincère
01:37:48Oui, d'un autre côté, mes cheveux
01:37:50blancs me permettent de me souvenir de
01:37:52ces paroles lorsqu'il disait
01:37:54lorsqu'il dénonçait la morgue
01:37:56des juges, lorsqu'il
01:37:58disait qu'il n'y avait pas d'équidistance entre...
01:38:00Quand il est avocat, je précise
01:38:02pour situer. Vous savez,
01:38:04c'est un Rubicube de l'éloquence
01:38:06c'est tout, ça s'arrête là.
01:38:08Rachida Kaout, cette détermination de Gabriel
01:38:10Attal finalement c'est vrai que c'est ce qu'on attend
01:38:12et moi je vais dire la vérité
01:38:14je trouve que Gabriel Attal il a toujours
01:38:16bien réagi, depuis qu'il est là
01:38:18je trouve qu'il a toujours eu des réactions
01:38:20qui étaient à ce qu'on attendait de lui
01:38:22moi j'ai pas vu de faux pas jusqu'à aujourd'hui
01:38:24dans ce que fait Gabriel Attal
01:38:26mais le problème c'est derrière, est-ce que ça va suivre ?
01:38:28Est-ce que derrière ça va suivre ?
01:38:30Quand on dit ils vont être punis, on va être durs
01:38:32etc, le problème c'est que la justice c'est pas lui qui la rend
01:38:34c'est pas Attal qui la rend
01:38:36Gabriel Attal
01:38:38réagit en responsabilité
01:38:40vous l'avez bien dit bien sûr, qu'est-ce que vous voulez qu'il dise d'autre
01:38:42si ce n'est que donner des directives pour
01:38:44traquer ces individus
01:38:46encore une fois qui ont commis un acte
01:38:48barbare et qui endeuillent aujourd'hui
01:38:50toute notre république
01:38:52donc bien sûr que nous mettons les moyens qu'il faut
01:38:54Gérald Darmanin l'a dit, il a répété ce matin encore
01:38:56sur je pense RTL
01:38:58et qu'est-ce que vous voulez ?
01:39:00Il faut respecter le temps de l'enquête
01:39:02aujourd'hui vous avez des familles qui se sont endeuillées
01:39:04nous sommes à l'heure du deuil mais en même temps nous sommes aussi
01:39:06à l'heure de la traque de ces individus
01:39:08qui ont commis ces actes, donc nous sommes en responsabilité
01:39:10en train de traquer
01:39:12ces individus pour les punir
01:39:14et la justice doit punir sévèrement cet acte
01:39:16et en même temps tous les actes bien sûr parce qu'il faut...
01:39:18Mais est-ce que vous sentez que vous avez des responsabilités dans tout ça ?
01:39:20Parce que puisque vous êtes en responsabilité, est-ce que dans ce qui s'est passé
01:39:22il y a eu une responsabilité ? Est-ce que faire
01:39:24transférer un homme
01:39:26qui représente un certain danger
01:39:28qui a tenté de s'évader dimanche, est-ce que le faire transférer
01:39:30dans un G7 avec lequel
01:39:32on transporte des cageots, excusez-moi
01:39:34est-ce qu'à un moment donné on ne peut pas se dire
01:39:36il y a peut-être un vrai problème de moyens ?
01:39:38Est-ce qu'il ne colle pas ?
01:39:40A posteriori, monsieur Morandini, on peut tout critiquer.
01:39:42Il y a effectivement en fait à revoir
01:39:44dans quelles conditions
01:39:46se sont justement passées
01:39:48finalement toutes ces tractations
01:39:50mais ce qui m'inquiète en réalité c'est
01:39:52cette organisation minutieuse
01:39:54de ce commando et le
01:39:56renseignement aussi parce que c'est une histoire
01:39:58aussi de renseignement, comment en fait
01:40:00ça a été chirurgical, l'heure à laquelle
01:40:02ils sont arrivés, l'heure à laquelle ils
01:40:04attendaient le coup d'envoi.
01:40:06C'est la première dont en fait si vous voulez les véhicules ont été
01:40:08postés pour pouvoir en fait tamponner
01:40:10justement d'après ce que je sais.
01:40:12Et là je me dis mais en fait en réalité
01:40:14il y a peut-être une faille qui est au-delà
01:40:16finalement du transfert des moyens qui ont été mis
01:40:18en place. Le problème c'est que dans les prisons tout le monde
01:40:20parle, c'est que dans les prisons aujourd'hui tout le monde
01:40:22a un téléphone. Il y a à revoir aussi.
01:40:24Non mais ce n'est pas il y a ça. Il y a à revoir également.
01:40:26Moi je pense que c'est ça.
01:40:28Normalement vous savez qu'il y a
01:40:30il y avait les écoutes
01:40:32il y avait à l'époque
01:40:34à l'époque il y avait les écoutes
01:40:36systématiques et normalement
01:40:38et maintenant elles ne sont pas
01:40:40forcément systématiques parce que déjà d'une
01:40:42ils ont une masse d'informations
01:40:44à traiter mais quand vous...
01:40:46Je crois qu'il n'y a pas les écoutes sur les téléphones illégaux.
01:40:48Non non je vous parle de...
01:40:50Je vous parle des téléphones illégaux.
01:40:52Je vous parle des téléphones illégaux.
01:40:54Sur le narcotrafic vous avez des gens
01:40:56qui sont en prison et qui commandent
01:40:58à l'extérieur. Tout est chaud.
01:41:00On dit la même chose.
01:41:02Qu'est-ce que je ne comprends pas.
01:41:04Non non attendez. Stop. Ce n'est pas donc voilà.
01:41:06Vous êtes en train de me dire
01:41:08il y a des gens qui de leur prison sont en train
01:41:10de faire le trafic donc voilà.
01:41:12Mais c'est donc qu'est-ce qu'on fait.
01:41:14Mais ça c'est de la responsabilité du gouvernement.
01:41:16C'est de la responsabilité du service pénitentiaire.
01:41:18On a parlé des brouilleurs.
01:41:20Le service pénitentiaire
01:41:22ne veut pas des brouilleurs dans les systématiques.
01:41:24Il faudrait les autoriser à fouiller
01:41:26systématiquement.
01:41:28Vous êtes con parce que vous êtes pour les droits de l'ordre.
01:41:30Personnellement je m'en fous.
01:41:32Vous êtes pour.
01:41:34Mais ça ne me pose aucun problème.
01:41:36Mais là c'est jeunes qui ont fait ça.
01:41:38Ce que je ne comprends pas c'est qu'ils savent
01:41:40de toute façon quoi qu'il arrive
01:41:42et il faut le dire pour les prochains qui seront tentés de faire ça
01:41:44ils vont les retrouver.
01:41:46Ils les retrouvent systématiquement.
01:41:48Et je ne suis pas sûr qu'on les retrouve en vie en plus.
01:41:50Le problème c'est que
01:41:52des faits, je ne voudrais pas dire divers
01:41:54mais des faits dramatiques
01:41:56devraient normalement être éclairants.
01:41:58Appeler à une réflexion de fond
01:42:00et se dire sur le fond
01:42:02qu'est-ce qu'on peut faire.
01:42:04Il y a quelque chose qui ne va pas.
01:42:06On le voit bien avec le narcotrafic.
01:42:08On le voit bien avec l'affaire Matisse.
01:42:10Et se dire est-ce que quelque part
01:42:12on n'est pas mal parti.
01:42:14Est-ce qu'il ne faut pas corriger la trajectoire.
01:42:16On parlait tout à l'heure de cette philosophie
01:42:18de l'excuse. Est-ce qu'il ne faut pas revenir
01:42:20un petit peu en arrière.
01:42:22Est-ce qu'il ne faut pas repenser d'abord aux victimes.
01:42:24Reconcevoir l'expiation
01:42:26de la faute, etc.
01:42:28Plutôt que ces aménagements.
01:42:30Je pense que ces faits dramatiques devraient nous inciter
01:42:32à une véritable réflexion.
01:42:34Par exemple
01:42:36l'administration pénitentiaire
01:42:38c'est la troisième force du pays.
01:42:40Ça représente 30 000 fonctionnaires.
01:42:42Vous savez que jusqu'en 1911
01:42:44ça dépendait du ministère de l'intérieur.
01:42:46Par glissement en 1911
01:42:48pour faire plaisir à un député
01:42:50qui ne savait pas trop quoi bien faire
01:42:52on lui avait confié l'administration pénitentiaire
01:42:54puis ça a glissé vers le ministère de la justice.
01:42:56Est-ce qu'aujourd'hui
01:42:58face à ce drame, est-ce qu'on ne devrait pas réfléchir
01:43:00et dire qu'il va falloir
01:43:02qu'à un moment donné l'administration pénitentiaire
01:43:04passe sous la coupe du ministère de l'intérieur.
01:43:06À un moment donné il va falloir agir
01:43:08quand il y a des alertes qui sont données par les surveillants.
01:43:10Écoutez, Vincent Ledimet
01:43:12qui est secrétaire national du personnel pénitentiaire
01:43:14il nous explique, il a scié
01:43:16ses barreaux dans la nuit de dimanche à lundi.
01:43:18Il a dit qu'il allait sortir quoi qu'il arrive.
01:43:20On l'a laissé partir sans sécurité.
01:43:22Et les agents qui sont partis en escorte
01:43:24n'ont même pas eu leur temps de repos nécessaire.
01:43:26Il y a des erreurs partout, écoutez-le.
01:43:28Quand on voit le profil de la personne détenue
01:43:30et les éléments que vous avez pu avoir
01:43:32et vous en avez parlé sur votre chaîne
01:43:34qu'il avait scié ses barreaux dans la nuit de dimanche à lundi
01:43:36il y a un agent
01:43:38qui a fait une observation
01:43:40parce que le détenu parlait à un autre détenu par la fête
01:43:42et il a dit qu'il sortirait quoi qu'il arrive.
01:43:44On le laisse partir sans force de sécurité intérieure.
01:43:46Les agents qui sont partis en escorte
01:43:48n'avaient pas eu leur temps de repos nécessaire.
01:43:50Voilà ce que j'avais à vous dire.
01:43:52Voilà les choses qui m'énervent.
01:43:54Respectez vos personnels de surveillance.
01:43:56Écoutez-les.
01:43:58Quand vous entendez ça, il y a un vrai problème.
01:44:00Il y a un vrai problème.
01:44:02Oui, c'est vrai.
01:44:04Je vous ai dit, est-ce qu'il ne faut pas réfléchir
01:44:06mais très rapidement
01:44:08à faire glisser l'administration pénitentiaire
01:44:10vers le ministère de la justice.
01:44:12Merci à tous d'avoir été avec nous.
01:44:14Vous le voyez désormais.
01:44:16On est ensemble jusqu'à 12h30 tous les jours.
01:44:18On va sortir d'aujourd'hui une demi-heure de plus
01:44:20pour débattre et pour vous donner de l'actu dans un instant.
01:44:22C'est Thierry Cabane qui sera là.
01:44:24On se retrouve demain en direct de 10h30 à 12h30.
01:44:26A demain et d'ici là, soyez prudents.
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