00:00Un nouveau média pro-russe basé à Moscou a fait son apparition sur YouTube. Son objectif, inciter les occidentaux à venir s'installer en Russie.
00:16Parmi les personnalités mises en avant, ce vigneron français.
00:29Il a planté ses vignes en Crimée et appelle désormais ses compatriotes à le rejoindre.
00:51Nous avons retrouvé cet expatrié français.
00:57A Moscou, Patrice Lelanne possède une quinzaine de boutiques de vin.
01:03Regardez, dès l'entrée, le ton est donné.
01:09Bonjour, Patrice. Bonjour, Jérémy.
01:11Merci de nous accueillir dans votre boutique. Avec plaisir.
01:14Tout ça, c'est du vin français ou du vin russe ?
01:17Non, c'est du vin russe. Ici, on a dans cette boutique, dans ce type de boutique, on a essentiellement, on est à 100% quasiment en vin local, donc du vin de Crimée et du vin de Russie.
01:27Donc là, on est sur la région de Bakhchisaray. Là, on est sur la région de Balaklava.
01:33C'est là que vous avez vos vignes, vous-même ?
01:35Exactement. On a nos vignes en Crimée. On a 80 hectares de vignes en Crimée.
01:40Vous les avez plantées en quelle année ?
01:42On a commencé à planter en 2021.
01:44Donc vous êtes arrivé en Crimée après l'annexion de la Crimée par la Russie ou pour vous, peut-être, le rattachement de la Crimée à la Russie ?
01:51Oui, exactement.
01:53Ça ne vous a pas dérangé, vous, de planter des cépages français sur cette terre disputée, si ce n'est annexée par la force par la Russie ?
02:00Non. J'aime bien comme vous tournez les questions. Mais non, ça ne m'a pas dérangé.
02:07On est deux ans après le début de la guerre. On n'en croise plus beaucoup des commerçants français.
02:11Vous avez fait le choix de rester. Vous vous définissez plutôt comme un traître ou comme un résistant ?
02:16Bon, commerçant... Je suis un fermier. Je fais du vin. J'ai des terres, il faut les cultiver, il faut faire des produits.
02:25Donc, il n'y a pas de considération d'être l'un ou l'autre.
02:29Est-ce qu'on peut encore faire du vin, du business, sans se soucier de politique et de la guerre qui est quand même tout près ici ?
02:36Alors, guerre, c'est un mot... C'est le mot utilisé en Europe.
02:40Vous ne l'employez pas ?
02:42Non, pas forcément.
02:43Il s'agit de quoi ?
02:45Une opération spéciale. Faire du vin dans ces conditions-là, on n'a pas le choix.
02:51Si, on a le choix.
02:52Les groupes français qui sont partis ont eu la possibilité de quitter la Russie. Ils ont pu partir.
02:57Vous auriez très bien pu vous dire, ce n'est pas acceptable, je pars. Donc, c'est un choix.
03:01C'est un choix, oui. Dans ce sens-là, oui. C'est un choix où je ne me suis pas dit, ce n'est pas acceptable et je continue à faire ce que je dois faire.
03:11On peut déguster en vin ?
03:12Je vous suis.
03:13Ok, allons-y.
03:16On va goûter un Riesling entièrement fait en Crimée.
03:21À l'aveugle, il n'a pas de nationalité. Ça reste un Riesling, tu vois.
03:30Ah oui, là par contre, si vous ne me dites pas qu'il n'est pas français, pour moi c'est du Riesling.
03:34C'est frais, c'est ça l'avantage.
03:36Est-ce que vous avez perdu des amis en France qui n'acceptent pas votre choix d'être resté ici malgré la guerre ?
03:43Non.
03:45Personne ne vous pose des questions sur ce choix ?
03:48Non, soit on n'a pas osé, soit les amis que j'ai sont les amis que j'ai.
03:52Alors après, chacun a ses positions, je veux dire par là, mais non.
03:59Vous arrivez à en parler avec eux ou vous évitez la discussion ?
04:02Non, ce n'est pas qu'on évite la discussion, c'est qu'on n'en parle pas.
04:07Comme Patrice Lelanne, ils sont encore 3300 français à vivre en Russie contre 5000 avant la guerre.
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