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  • 2 years ago
« J’ai vu dans ses yeux qu’il allait tirer. » Pour neo, Christian Prouteau, fondateur du GIGN, est venu nous raconter le jour où il a reçu une balle dans la tête.

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Transcript
00:00 J'ai vu la flamme du canon et j'ai senti comme si on m'arrachait la tête.
00:04 Je n'ai pas entendu le coup de fusil, on n'entend jamais le coup de l'arme qui vous tue.
00:09 Et j'ai pris ce coup de fusil de chasse, je sentais le sang qui passait par ma bouche
00:13 parce que ma gorge avait été également touchée.
00:16 Alors c'était en octobre 1980 à Pauillac.
00:19 C'était une opération comme cela arrive souvent au GIGN, de forcené.
00:23 Il avait tiré sur un huissier de justice, il avait tiré sur la gendarmerie,
00:27 donc il était très dangereux, très déterminé et on me demande de venir l'arrêter.
00:33 C'était le soir, je suis arrivé à 23h et j'étais persuadé qu'on devrait l'amener à se rendre.
00:39 Il était dans une petite maison basse, enfermé, retranché chez lui.
00:43 Et il y avait une porte vitrée, une petite porte vitrée comme il y en a souvent dans ces fermes.
00:49 Je m'approche et je voyais à travers cette porte vitrée
00:53 qu'il avait mis un lit à 3 mètres à peu près de cette porte.
00:56 Il était caché derrière le matelas avec son fusil pointé vers la porte.
01:00 Je réussis à prendre contact avec lui, à discuter avec lui
01:05 et je sentais qu'il était prêt à se rendre.
01:07 Sauf qu'au moment où je discutais avec lui, j'entends du bruit derrière moi
01:12 et un projecteur illumine la porte qui était dans mon dos, dans l'axe dans lequel je me trouvais.
01:18 Le projecteur éclaire le forcené qui était ébloui derrière son matelas et son fusil.
01:24 J'ai vu dans ses yeux qu'il allait tirer.
01:26 Comme j'étais juste devant la porte vitrée, je savais que je n'avais plus le temps de bouger.
01:30 J'ai su que c'était fini.
01:31 Je me rappelle le mercredi, mon dieu t'es foutu, et j'ai tourné la tête.
01:35 Et à ce moment-là, je n'ai pas entendu le coup de fusil, on n'entend jamais l'arme qui vous tue.
01:41 J'ai vu la flamme du canon et j'ai senti comme si on m'arrachait la tête.
01:46 Et j'ai pris ce coup de fusil de chasse en pleine tête, c'était du plomb de deux.
01:50 Je n'entendais plus rien.
01:51 Après, je sentais le sang qui passait par ma bouche parce que ma gorge avait été également touchée.
01:56 Puisque le coup de fusil a touché à la fois la tête, mais également une partie de ma gorge.
01:59 Je m'écroule, je sens qu'on me traîne.
02:02 Et au moment de perte de conscience, il y avait un médecin avec une ambulance qui avait été amenée,
02:07 qui était toujours sur place dans ce genre d'opération.
02:09 Et le médecin dit "il est foutu" parce que je pense qu'effectivement,
02:12 le coup de fusil avait suffisamment broyé le visage pour que le médecin puisse penser que j'avais plus beaucoup de chance.
02:19 J'ai eu juste le temps de dire, je ne sais même pas si mes paroles ont été entendues, ne le tuez pas.
02:24 Mais c'était un gargouillis dans ma gorge, donc apparemment, ça ne peut pas être très clair.
02:28 Je me suis retrouvé à l'hôpital et j'ai appris que dans la nuit,
02:31 comme il avait entendu sûrement qu'il m'avait tué, le preneur d'otages s'était suicidé.
02:36 En dehors de ma voix, en dehors des problèmes de parésie,
02:39 les nerfs se sont croisés, donc vous sentez le chaud à la place du froid, le froid à la place du chaud.
02:44 Je n'ai pas eu de gros séquelles physiques, contrairement à ce qui aurait pu arriver,
02:48 puisque j'ai pris 52 plombs et qu'ils n'en ont pu enlever que 4.
02:51 Donc il m'en reste en gros 48, dont 2 sur le thorax.
02:56 [Musique]
02:58 [SILENCE]
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