00:00Je suis ravie d'entendre dire qu'au Parlement européen, les choses ont changé sous votre impulsion, M. Bardella.
00:05Si on a fait adopter par le Parlement européen un amendement qui dit pas d'accord avec le Mercosur, avec les pays d'Amérique latine,
00:12c'est nous qui l'avons porté, cet amendement. C'est notre majorité. Et si les lignes commencent à bouger sur les questions de commerce international,
00:19c'est grâce à notre engagement. Et oui, nous, nous regardons les accords de commerce au cas par cas.
00:25— Vous les avez tous adoptés. Nouvelle-Zélande, Chili, le CETA, madame. — Pardonnez-moi. Merci de me laisser continuer.
00:30Il y a des mauvais accords. Typiquement, Mercosur, c'est un mauvais accord pour la planète et pour nos agriculteurs.
00:35Il y a des bons accords. L'accord avec le Chili, typiquement, c'est pas un nouvel accord. C'est une modernisation de l'accord.
00:41On a réussi à intégrer le respect des accords de Paris. On a réussi à intégrer le respect de nos standards sociaux.
00:47Et on a réussi à renégocier les quotas. Si on n'avait pas réouvert cet accord, il y aurait eu une augmentation automatique des quotas.
00:55On a réussi à les plafonner grâce à cette renégociation. Donc oui, cet accord...
00:59— Si vous avez renégocié, c'est que l'accord initial n'était pas bon. — Je vous le dis. On l'a renégocié. C'est pas un nouvel accord.
01:05— Donc vous faites le procès de votre propre politique. C'est intéressant.
01:07— M. Bardella, c'est un accord qui a 20 ans. On l'a renégocié dans l'intérêt des Français. Voilà pour le Chili.
01:12L'accord avec le Canada, l'accord avec le Sénat, c'est aussi un bon accord. Il a été décrié. Moi, j'ai vu au Sénat et dans le débat français
01:20l'alliance de la carpe et du lapin sur ces questions-là. — Non. Le Parlement l'a rejeté, madame. Le Sénat français l'a rejeté.
01:24— Non, non, non. Alors attendez. Alors là, pour dire les choses, il y a eu un vote au Sénat. Le Sénat a voté contre.
01:29Il n'y a pas eu encore... Comment dire ? Le texte n'est pas revenu à l'Assemblée nationale.
01:33— D'accord. Donc l'accord s'applique même si le Parlement dit non. C'est ça, la route de la démocratie.
01:35— Mais moi, j'attends que l'Assemblée nationale s'exprime sur ce sujet-là et j'attends que les oppositions sortent de leur posture.
01:41Cet accord, il est bon pour notre économie. Il est bon pour nos agriculteurs. L'excédent commercial agricole depuis 2017 a été triplé.
01:49Il est bon pour nos producteurs de lait, pour nos producteurs de fromage. Ce sont les chiffres objectifs, M. Bardella. Pas du tout.
01:56Moi, j'ai rencontré encore récemment... J'étais à Toulouse en fin de semaine dernière.
01:59— Je ne sais pas si vous voyez beaucoup d'agriculteurs, en fait, pour être très honnête.
02:02— M. Bardella, pardonnez-moi. Je suis fille d'agriculteur.
02:05— C'est une circonstance aggravante. Pardon.
02:07— Non, je vous dis juste, ne me faites pas de leçons sur la vie des agriculteurs. Je crois que je la connais mieux que vous.
02:12J'ai grandi dans une ferme. Dans mon entourage, ma famille, mes amis, j'ai des agriculteurs.
02:15— Vous ne devriez pas voter ce que vous votez, madame, parce que vous avez mis des milliers d'agriculteurs dans les rues du pays.
02:20— Je sais quelle est la diversité aussi des agriculteurs. Je sais que ce n'est pas populaire de le dire. Mais il y a des agriculteurs qui vont bien.
02:26— Rentrons dans le concret du CETA. — Il y en a aussi qui vont très mal, M. Bardella, sur le CETA et sur l'activité agricole de manière générale.
02:34Je suis allée par exemple... Je ne vous donne même pas un exemple personnel. Je suis allée à Toulouse faire campagne en fin de semaine dernière.
02:40J'ai rencontré un agriculteur qui m'a dit... Madame Ayé, merci de soutenir les accords de commerce.
02:46— Tout le monde vous dit merci. — Avec exigence, bien entendu.
02:48— C'est chui, c'est...
02:49— Avec exigence, bien entendu. Mais merci de soutenir les accords de commerce, parce que moi, je produis du blé.
02:54Et moi, j'ai besoin des accords de commerce pour vivre. Et c'était pas un céréalier de la bosse. C'était un agriculteur d'une exploitation moyenne.
03:04Voilà la réalité du monde agricole.
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