- il y a 2 ans
Le meurtre d'un immigré syrien travailleur à Jacksonville, en Floride, lève le voile sur des vols et des violences qui s'étendent sur plusieurs années. La police est sous le choc. Une fusillade en plein jour laisse la police de Silverton perplexe, jusqu'au visionnage de la vidéosurveillance.
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00:00 [Bruit de la télévision qui s'arrête]
00:10 Ni papier d'identité, ni téléphone.
00:13 Cette affaire s'annonçait compliquée.
00:15 Je n'ai pas arrêté de leur demander comment elle était morte, et ils ne voulaient pas me répondre.
00:21 De toute ma carrière, je n'avais jamais vu ça. Je n'en revenais pas.
00:25 Il a déshonoré son insigne, bafoué son serment.
00:29 Quand un officier de police enfreint la loi, on est impitoyable.
00:33 Je m'appelle Gary McFadden.
00:37 J'ai fait partie de la brigade criminelle pendant 20 ans, et j'ai enquêté sur plus de 800 homicides.
00:43 Mais même pour le flic le plus chevronné, rien n'est plus dur que d'arrêter un tueur qui porte l'insigne.
00:50 [Bruit de télévision qui s'arrête]
00:59 Police secours, j'écoute ?
01:01 Bonjour, envoyez vite quelqu'un sur Elm Street. Je viens de trouver un corps.
01:05 Vraiment ?
01:06 Oui, vraiment. Près de la décharge. Une jeune femme noire. Elle brûle.
01:10 Mais, elle est en train de brûler ?
01:13 Je crois. J'ai vu un filet de fumée. Je suis passé à côté en voiture. J'ai pas voulu m'arrêter.
01:18 D'accord, pas tannique, on arrive.
01:20 L'appel provient d'une zone isolée située en périphérie de Abbeville, une banlieue d'Atlanta.
01:30 La police sort en surplace.
01:34 Quasiment personne ne connaît cet endroit.
01:40 C'est une espèce de terrain vague entouré d'arbres perdus, au bout d'une voie sans issue.
01:47 C'était assez horrible à voir. Le corps était tout calciné.
01:53 Il s'agissait d'une jeune femme. On voyait encore une petite flamme au niveau de ses doigts.
02:00 Elle avait été brutalement assassinée.
02:04 Elle avait reçu plusieurs balles dans la tête avant d'être brûlée avec de l'essence et jetée là-bas, au milieu de déchets de jardinage.
02:16 Les enquêteurs fouillent les lieux du crime, mais il n'en reste plus grand-chose.
02:20 En brûlant le corps, on détruit la plupart des indices que les enquêteurs trouveraient normalement sur les lieux du crime.
02:28 Tous les indices sont partis en fumée. Les enquêteurs sont obligés de partir de zéro.
02:34 Les enquêteurs estiment que la jeune femme est morte depuis environ deux heures.
02:42 Une autopsie préliminaire ne décèle aucun signe d'agression sexuelle.
02:46 Le médecin légiste a constaté la présence de quatre plaies par balles sur la victime.
02:53 Deux à la tête, une à l'oreille, et la dernière était une blessure défensive sur l'avant-bras.
02:58 Comme si elle avait levé la main et supplié le tueur de ne pas tirer.
03:02 Ça faisait un certain nombre d'années que je faisais ce métier.
03:07 Les homicides, je connaissais. Mais quand j'ai vu ce corps étendu par terre, calciné...
03:12 Ça semblait irréel. J'arrivais pas à croire que quelqu'un ait pu faire ça.
03:16 Cette pauvre jeune femme avait été balancée au milieu de ces déchets de jardinage.
03:22 À ce moment-là, il faut se mettre dans la tête du tueur et se demander...
03:28 Pourquoi il a choisi de se débarrasser du corps à cet endroit ? Et pourquoi il l'a brûlé ?
03:35 Le ou la coupable a voulu détruire tous les éléments incriminants qu'il ou elle aurait pu laisser sur les lieux, et notamment son ADN.
03:42 Les enquêteurs ne retrouvent qu'une douille de cartouche Winchester de calibre 40.
03:49 Mais ils sont dans l'incapacité d'identifier la victime.
03:52 Le meurtrier n'avait laissé ni téléphone, ni papier d'identité et avait brûlé le corps.
03:57 Le seul indice que l'on avait, c'était un petit tatouage en forme de cœur présent sur le corps de la victime.
04:04 On avait aussi trouvé un médaillon qui semblait contenir la photo de l'enfant de la jeune femme.
04:09 Quand on voit ce genre de choses, on sait qu'un enfant attend que sa maman rentre à la maison, qu'elle ne rentrera jamais.
04:17 Il n'y a rien de plus triste.
04:19 De cette affaire s'annonçait compliqué.
04:23 Je suis entré dans la police en 1999, et j'ai été promu au rang d'inspecteur en 2010.
04:33 La victime d'un meurtre a besoin de nous. Elle a besoin que l'on retrouve la personne qui lui a fait ça.
04:39 Cet homicide nous a beaucoup touchés, mes collègues et moi.
04:43 Ça nous tenait à cœur de retrouver le coupable. On formait une très bonne équipe.
04:48 Deux jours après le meurtre, les enquêteurs ont une piste.
04:56 Une femme a contacté la police parce qu'elle n'avait pas de nouvelles de sa fille depuis le vendredi.
05:02 Ils sont venus me voir cet après-midi-là.
05:06 Il a fallu que je trouve un moyen d'occuper ma petite fille dans une autre pièce.
05:14 Elle savait que sa fille se rendait à la banque pour déposer de l'argent sur son compte.
05:19 20 dollars, dont elle avait absolument besoin.
05:24 Je n'ai pas arrêté d'essayer de l'appeler, mais je tombais directement sur son répondeur.
05:30 J'ai tout de suite su qu'il se passait quelque chose, mais quand ces policiers sont venus me voir, je les ai suppliés de me dire qu'elle allait bien.
05:38 On a montré une photographie du tatouage de la victime à la mère, et elle n'avait aucun doute.
05:45 Il s'agissait bien de sa fille, Vernicia Woodhart.
05:50 Quand ils m'ont appris qu'elle était morte, je n'ai pas arrêté de leur demander comment.
05:55 Ils ne voulaient pas me répondre.
05:58 Ils ont fini par me dire qu'on lui avait tiré dessus.
06:02 Ça a été très dur.
06:05 Vraiment très dur.
06:10 Elle adorait cuisiner.
06:16 Elle adorait chanter.
06:19 C'était une maman très aimante.
06:23 Sa fille comptait plus que tout au monde à ses yeux.
06:27 Et elle ne reculait devant rien pour voir ou besoin de son enfant.
06:32 Je ne savais pas comment annoncer la nouvelle à ma petite fille.
06:39 J'en ai parlé à ma fille aînée, et elle m'a dit qu'elle lui dirait.
06:45 Quand elle viendrait nous voir.
06:47 On s'est assises sur le bord du trottoir.
06:53 Et j'ai fait de mon mieux pour lui expliquer
06:59 que sa maman nous avait quittés.
07:05 C'était affreux d'annoncer ça à une petite fille de 7 ans.
07:12 Même si je n'y étais pour rien, j'ai eu l'impression d'être celle qui lui brisait le cœur.
07:17 Vernicia avait 26 ans quand elle est morte.
07:30 Les enquêteurs doivent retrouver le meurtrier sans pitié qui lui a ôté la vie.
07:34 Nous avons demandé un mandat afin de réquisitionner les données du téléphone portable de Mlle Woodhart
07:41 auprès de T-Mobile, son opérateur.
07:43 Les enquêteurs veulent connaître sa localisation, ses derniers appels et le lieu du dernier bornage.
07:49 Ces informations peuvent prendre du temps à obtenir mais sont toujours précieuses.
07:53 Les enquêteurs vont également parler à la famille et aux amis de la victime
07:58 afin d'établir la chronologie des événements.
08:01 Sa dernière adresse connue était un motel à 40 km de là dans le comté de Descalbes.
08:10 Il faut environ une demi-heure pour aller du comté de Descalbes à Abbeville.
08:13 La question était donc maintenant de savoir comment cette jeune femme s'était rendue à Abbeville
08:18 et qu'il avait jeté au milieu de ses déchets.
08:21 Les enquêteurs récupèrent les images de vidéosurveillance du motel filmé le matin du meurtre et trouvent une piste.
08:28 Ils voient Vernicia sortir du motel et monter dans un véhicule blanc.
08:34 Peu de temps après, on voit le véhicule quitter le motel.
08:40 Sur ces images, la victime porte les mêmes chaussures et les mêmes habits que ceux qu'elle portait quand son corps a été retrouvé.
08:47 Ce véhicule suspect arrive à 11h42 au motel.
08:51 À 11h48, la victime marche vers lui.
08:57 Et à 11h50, il quitte les lieux.
09:02 Le corps de Vernicia a été découvert 4 heures plus tard.
09:07 À partir de là, on savait ce qu'on cherchait.
09:10 Il fallait qu'on retrouve ce véhicule et petit à petit, on allait pouvoir remettre toutes les pièces du puzzle à leur place.
09:17 Malheureusement, nous n'avons pas pu voir la plaque d'immatriculation sur les images de vidéosurveillance,
09:23 ni établir avec certitude la marque et le modèle du véhicule.
09:26 Même si le modèle et la marque restent indéterminés, les enquêteurs connaissent la couleur, la taille et la forme du véhicule.
09:32 Et ce sont des informations primordiales.
09:34 Cela représente peut-être un travail considérable, mais ils peuvent retrouver cette voiture.
09:39 Vernicia aurait pu faire carrière dans la chanson.
09:55 On en parlait souvent, toutes les deux.
09:57 On a essayé de l'inscrire aux auditions d'American Idol.
10:02 Mais elle a refusé d'y aller parce qu'elle détestait faire la queue.
10:06 Après, je ne pouvais pas lui dire quoi faire, c'était une adulte.
10:10 Je lui rendais régulièrement visite en Géorgie.
10:19 Et Vernicia m'avait parlé d'une chanson qu'elle avait écrite pour le jour de son mariage.
10:25 Elle avait l'intention de marcher vers l'hôtel en la chantant.
10:30 Quand elle m'a dit ça, je me suis rendu compte que ma petite sœur avait grandi, que c'était devenu une femme.
10:37 Vernicia passait son temps dans la cuisine.
10:42 Elle voulait toujours cuisiner.
10:44 Sa spécialité, c'était les cheesecakes et les pains de viande.
10:49 Elle adorait cuisiner.
10:51 Elle venait de trouver un travail et elle m'avait appelé pour me dire "Maman, je déménage à New York."
11:00 Elle avait trouvé un boulot.
11:02 Elle devait commencer la semaine suivante.
11:04 Elle était censée chercher un logement pour elle et pour ma nièce, sa fille.
11:09 Elle devait commencer le lundi, mais ça ne s'est jamais fait.
11:14 Quelqu'un l'a tuée avant.
11:16 Qui a tué cette jeune mère ?
11:22 La police contacte la colocataire de Vernicia et lui demande si elle soupçonne quelqu'un.
11:27 Elle a pu nous donner des informations utiles.
11:30 Elle nous a dit que Mademoiselle Woodard avait un petit ami qui s'appelait Scarface.
11:34 Elle ne le connaissait que par ce nom.
11:36 Scarface, je savais que c'était son petit ami.
11:42 Mais je ne l'ai vu qu'une seule fois.
11:44 Enfin, je l'ai vu.
11:47 Elle me l'a présenté et ils sont partis.
11:49 Ça faisait un moment qu'elle m'en parlait.
11:54 D'après ce que je sais, il la trompait.
11:57 Il se servait d'elle.
11:59 Il profitait d'elle et de sa générosité.
12:02 Vernicia et moi, on s'est disputé un jour à son sujet.
12:06 Je lui ai dit ce que je pensais de lui et elle m'a dit que je ne l'aidais pas assez.
12:10 Son petit ami faisait tout un tas de petits boulots,
12:16 dont des travaux de jardinage et était originaire du comté de Descalbes.
12:22 On a retrouvé le corps à un endroit où beaucoup de gens se débarrassent de leurs déchets de jardinage,
12:27 de leurs tentes de gazon.
12:29 Et vu les petits boulots qu'il faisait, son petit ami y était peut-être déjà allé.
12:33 Scarface n'est peut-être qu'un surnom, mais ça reste un indice précieux.
12:38 Les enquêteurs vont devoir essayer de retrouver tous les individus nommés ou surnommés Scarface.
12:43 Et ça, c'est ce qui s'appelle une piste.
12:50 En parallèle, les enquêteurs se penchent sur le passé de Vernicia afin d'y trouver de possibles suspects.
12:56 Et ils font une découverte étonnante.
12:59 On a vu qu'elle avait été arrêtée pour prostitution.
13:04 Et d'un seul coup, cette affaire est devenue beaucoup plus complexe.
13:08 Le nombre de suspects de pistes s'est démultiplié.
13:13 C'est sûr que ça complique l'enquête, mais il faut bien comprendre que la famille a été très inquiète.
13:19 C'est sûr que la famille a quand même besoin de réponses.
13:22 Il faut quand même que justice soit faite pour la victime.
13:25 Peu importe ce qu'elle faisait dans sa vie, il faut trouver qui lui a fait ça.
13:29 J'ai appris qu'elle avait commencé à faire ce genre de choses peu de temps avant que tout ça n'arrive.
13:39 Je l'ai su parce qu'elle s'est faite arrêter.
13:42 Elle avait besoin d'argent pour sa fille.
13:46 Et elle était prête à faire absolument tout ce qui était en son pouvoir pour que Zanaya ne manque de rien.
13:52 Elle a fait ce qu'elle avait à faire pour subvenir à ses besoins,
13:56 pour garder un toit au-dessus de sa tête et de celle de sa fille.
14:00 Aucune de nous ne sommes du genre à demander de l'aide quand on en a besoin.
14:06 Ce n'est pas comme ça que notre mère nous a élevés.
14:08 On essaie toujours de se débrouiller, de s'en sortir toutes seules.
14:14 Je crois que ce qui m'a le plus troublé, c'est qu'à cette époque,
14:18 il y avait beaucoup de prostituées qui se faisaient assassiner.
14:21 Et ce, dans tout un tas de comtés différents.
14:24 On avait retrouvé d'autres corps de prostituées.
14:27 Dans ce cas-là, il faut regarder s'il y a eu des affaires similaires,
14:32 ou qu'il y avait des détails en commun dans les environs.
14:35 Ensuite, il faut déterminer si elles sont liées ou non.
14:38 Parce que si on a affaire à un serial killer, ce n'est plus du tout le même genre d'enjeu.
14:42 Ça change tout.
14:44 Les enquêteurs contactent les autres commissariats afin de comparer ces affaires à la leur.
14:51 Nous n'avons pas réussi à établir de lien entre ce meurtre et d'autres affaires d'homicide non résolues.
14:59 La police explore toutes les pistes possibles.
15:04 Mais la famille de Vernicia craint que le tueur ne soit jamais arrêté.
15:08 Personne ne savait qui l'avait tué.
15:12 J'ai donc mené ma petite enquête.
15:14 La mère nous a dit qu'un groupe de jeunes femmes en voulaient à sa fille,
15:18 et qu'elles étaient peut-être armées.
15:20 Elle pensait qu'elles pouvaient représenter un danger.
15:23 Elle s'était battue avec des filles,
15:27 et apparemment, une d'entre elles avait été dans l'armée.
15:32 Une de ses amies s'est fait frapper.
15:35 Vernicia détestait qu'on s'en prenne à plus faible que soi.
15:38 Elle est donc allée la protéger.
15:40 Elle s'est battue, a gagné,
15:43 et les autres sont revenus avec des armes.
15:46 Vernicia m'a raconté que cette fille avait sorti une arme,
15:52 et elle avait essayé de lui tirer dessus.
15:54 Ma fille a sauté dans des buissons, et s'est jetée par terre.
15:58 Elle était toute égratignée.
16:00 On est retourné dans le comté de Descalbes, au motel où la victime habitait,
16:05 et on a essayé de découvrir l'identité de ces jeunes femmes.
16:09 Les enquêteurs s'entretiennent à nouveau avec la colocataire de Vernicia,
16:13 mais celle-ci est incapable de leur dire qui aurait pu en vouloir à la jeune femme.
16:17 On n'avait aucune piste, ni aucune preuve que ces jeunes femmes voulaient se venger.
16:22 La police continue parallèlement à essayer de retrouver le petit ami de Vernicia,
16:28 un dénommé Scarface.
16:30 Mais là encore, c'est une impasse.
16:33 On s'est renseigné sur un certain nombre de personnes sur notre site,
16:37 et on a trouvé le petit ami de la victime.
16:40 Il nous a donné un alibi pour le jour du meurtre.
16:43 Il était en déplacement pour un travail,
16:46 et on a pu vérifier les informations qu'il nous avait données.
16:49 On l'a donc écarté de la liste des suspects.
16:52 Les enquêteurs font leur travail.
16:55 Dès qu'ils trouvent une piste, ils la suivent, puis l'écartent.
16:58 Ils écartent la piste du règlement de compte.
17:01 Ils écartent la piste de Scarface.
17:03 Le problème, c'est que la police n'a pas le droit de le faire.
17:06 Le problème, c'est qu'ils n'ont plus de pistes.
17:09 Les enquêteurs sont de retour à la case départ,
17:15 et se concentrent à nouveau sur le lieu du crime.
17:18 Sa position géographique pourrait-elle constituer un indice en soi ?
17:24 Si elle habitait dans le comté de Descalbes,
17:27 pourquoi a-t-on retrouvé son corps à Abbeville ?
17:33 Nous nous trouvons donc à l'extrémité d'Elm Street.
17:36 Les habitants de la ville jettent ici leurs tentes de gazon,
17:39 les feuilles mortes de leur jardin, ou même des branches d'arbres.
17:42 On a trouvé le corps ici.
17:44 C'est pas une façon de mourir.
17:47 Quand on a écarté les premières pistes qu'on avait, que fait-on ?
17:51 On recommence au début.
17:53 Là où on les avait trouvées, sur les lieux du crime.
17:56 Pourquoi le tueur a-t-il choisi cet endroit ?
18:00 Ce crime a eu lieu à un endroit où personne n'entendrait un coup de feu.
18:04 Il y a un aéroport à environ 5 à 10 minutes de là.
18:08 Si on tire un coup de feu au moment où un avion décolle,
18:11 personne ne peut entendre la détonation.
18:13 C'est un coin où la plupart des gens ne vont jamais.
18:20 Je me suis dit que si le tueur connaissait Elm Street,
18:25 s'il connaissait l'existence de cette décharge,
18:28 c'est qu'il était de Abbeville.
18:30 Le tueur y est-il déjà venu ?
18:35 Les inspecteurs regardent quels autres délits ont été rapportés dans les environs.
18:41 On a découvert qu'un an avant cet homicide,
18:45 des coups de feu avaient été tirés au bout d'Elm Street.
18:49 Un officier de police patrouillait non loin de là et a entendu des tirs.
18:55 Quand il est allé voir de quoi il retournait,
18:58 il est tombé sur un certain Tom English,
19:01 un résident d'Elm Street, qui se trouvait devant son domicile.
19:04 Et ce monsieur English lui a expliqué qu'il venait de se servir d'un fusil de calibre 40 dans son jardin.
19:10 Les enquêteurs se renseignent sur Tom English.
19:16 Celui-ci n'a pas de casier judiciaire,
19:18 mais cela ne veut pas dire qu'il n'est pas impliqué dans le meurtre de Vernicia.
19:23 Ils ont trouvé une très bonne piste.
19:25 Ils savent maintenant qu'une personne qui habite à proximité du lieu du crime
19:29 s'est servi d'un fusil du même calibre que celui qui a tué la victime.
19:33 Il faut donc qu'ils aillent au bout de cette piste et voient s'ils ont touché le jackpot.
19:38 Les enquêteurs interrogent Tom English au commissariat.
19:44 Je suis l'inspecteur Nelson.
19:49 Lui c'est l'inspecteur Dyer.
19:50 Merci d'avoir accepté de venir.
19:52 De rien.
19:53 Laissez-moi vous lire ça vite fait.
19:55 Ça dit "J'ai été informé de mes droits Miranda".
19:58 Vous savez qu'elle est morte ?
20:03 On lui a tiré quatre fois dessus.
20:05 Ça vous fait quelque chose ?
20:07 Il y a aussi un mec qui est mort à Ice Pond, mais je ne le connais pas.
20:10 Je ne sais pas qui c'est.
20:12 Quand un suspect ne veut rien vous dire,
20:16 il faut trouver le moyen de le faire parler.
20:19 Il faut discuter de tout et de rien, de sport, de son tee-shirt,
20:23 de n'importe quoi du moment que ça le met en confiance.
20:26 Et ensuite, on l'amène là où on veut l'amener.
20:29 Il faut le guider un peu comme on guide un cheval jusqu'à un point d'eau.
20:32 Et après, il faut le convaincre de boire.
20:35 Vous trouvez des filles sur Craigslist ?
20:38 Non.
20:39 Vous avez une petite amie ?
20:40 Non.
20:41 Vous en avez eu ?
20:42 Jamais.
20:43 La dernière fois que j'ai eu un rencard,
20:45 j'avais 19 ans.
20:48 D'accord.
20:49 Et donc ce vendredi, le jour du meurtre, vous pouvez me dire ce que vous avez fait ?
20:53 J'ai passé toute la journée chez moi jusqu'à ce que j'aille chercher ma soeur.
20:57 Elle avait besoin que je la conduise à un magasin.
21:02 Elle voulait acheter des ailes d'ange pour un truc à l'église.
21:05 Et après, je suis rentré chez moi.
21:07 Ne m'accusez pas d'être là où je n'étais pas.
21:11 Mais on ne vous accuse de rien ?
21:13 Ce n'est pas l'impression que j'ai.
21:16 Monsieur English niait tout en bloc.
21:18 On s'est donc montré plus insistant.
21:20 On lui a expliqué qu'il y avait eu un meurtre et qu'il fallait qu'on trouve qui avait fait ça.
21:24 Ça ne vous fait rien que cette fille soit morte ?
21:28 On lui a tiré quatre fois dessus.
21:31 On a trouvé une douille de cartouche à côté de son corps et une balle à l'arrière de sa tête.
21:37 C'est quoi votre théorie ?
21:40 Ma théorie ? Sur sa mort ?
21:43 Oui. N'importe qui a pu faire ça. C'était une prostituée.
21:47 Il y a certaines choses qu'il faut juste accepter.
21:54 Une prostituée qui meurt, ça arrive tout le temps.
22:00 Monsieur English nous a expliqué que comme cette personne était une prostituée, ça n'avait rien d'anormal qu'elle meure comme ça.
22:08 Parce que c'est comme ça que les prostituées mourraient.
22:10 Et nous on était en face et on se disait "Il est pas net ce type".
22:14 Cette vidéo est très troublante.
22:17 Un bon enquêteur ne laisse pas les choses comme ça.
22:21 Il faut qu'il humanise la victime aux yeux du suspect, qu'il le fasse réfléchir en parlant de sa famille.
22:27 Et si c'était votre soeur, votre mère, vous ne voudriez pas que justice soit faite pour elle ?
22:33 Qu'est-ce qu'on devrait faire à celui qui a fait ça ?
22:36 Je ne suis pas avocat, je ne sais pas ce qu'il risque.
22:39 D'accord, mais vous n'avez pas besoin d'être avocat.
22:41 Vous, personnellement.
22:42 Si c'était quelqu'un de votre famille, vous voudriez qu'il lui arrive quoi ?
22:45 On va y passer la journée.
22:51 J'ai rien à dire, c'est tout.
22:53 Les enquêteurs interrogent Tom English sur le fusil de calibre 40 impliqué lors de l'accident de l'année précédente.
23:01 Il leur explique que l'arme appartient à quelqu'un d'autre.
23:05 Monsieur English nous a dit qu'il y avait une autre personne dans son jardin ce jour-là, un certain Tarim Rana.
23:11 Il a ajouté qu'ils avaient tous les deux grandi à Abbeville et qu'ils se connaissaient très bien.
23:17 C'est une nouvelle piste. Les enquêteurs essaient donc de retrouver Tarim Rana.
23:24 Quatre jours après le meurtre, au moment où on est arrivé à son domicile, la porte du garage s'est ouverte et une voiture a commencé à reculer.
23:34 C'était un véhicule blanc qui ressemblait beaucoup à celui que l'on avait vu sur les images de vidéosurveillance du motel.
23:41 La police a donc maintenant un individu qui a un lien avec une voiture blanche et avec un fusil.
23:47 C'est une découverte capitale, une piste majeure qu'il faut maintenant explorer.
23:51 Quand un policier fait ce genre de découverte, il n'est pas seulement satisfait, il saute carrément de joie.
23:59 On a donc suivi ce véhicule et il a commencé à rouler en direction d'Elm Street.
24:04 On s'est dit "Waouh, ce serait quand même fou qu'il retourne sur les lieux du crime".
24:09 À environ 200 mètres de la scène du crime, on a procédé à un contrôle routier.
24:14 Et lors de ce contrôle, le conducteur du véhicule a dit s'appeler Tarim Rana et nous a tendu quelque chose auquel on ne s'attendait pas du tout.
24:22 Une carte d'officier de police d'Atlanta.
24:26 Le jour où les enquêteurs se rendent compte que leur suspect principal est un officier de la police d'Atlanta, ils ne sautent plus de joie.
24:32 Ils savent qu'ils entrent dans l'œil du cyclone, parce qu'à partir de ce moment-là, ils vont devoir enquêter sur un des leurs.
24:38 Mon coéquipier et moi, on s'est regardé et on s'est demandé ce qui se passait.
24:43 Ils lui ont demandé de venir au commissariat avec eux.
24:48 Et quand je l'ai vu, je me suis rassuré.
24:50 C'était un jeune qui avait grandi à Abbeville.
24:52 Il faisait partie de l'équipe de foot américain du lycée.
24:55 C'était un citoyen modèle.
24:57 Il était irréprochable.
24:59 Tarim Rana travaillait sous mes ordres.
25:02 Il venait tout juste de sortir de l'académie de police.
25:05 Il était déterminé et très intelligent.
25:07 C'était un très bon policier.
25:09 Il sortait du lot et sa carrière était en train de décoller.
25:14 - Monsieur Rana ? - Oui.
25:16 C'est bien votre nom ?
25:17 Monsieur Rana, nous devons vous parler d'une affaire très grave.
25:20 - Ok. - Bien.
25:21 - J'espère vraiment que vous n'êtes pas impliqué. - Oui.
25:23 On lui a donc expliqué ce qui se passait, en se disant que ça n'allait rien donner.
25:28 Ce n'était pas possible.
25:29 Un officier de la police d'Atlanta ne pouvait pas avoir commis un tel acte.
25:33 Ce n'était pas lui le coupable.
25:35 Je peux vous dire que je suis très content de vous avoir rencontré.
25:39 Je suis très content de vous avoir rencontré.
25:41 Ce n'était pas lui le coupable.
25:43 - Je peux vous demander quelque chose ? - Bien sûr.
25:46 Je suis en état d'arrestation, quoi.
25:48 Pas du tout, vous pouvez partir quand vous voulez.
25:50 - D'accord. - C'est pas un problème.
25:52 On est tombé sur plusieurs rapports de police.
25:56 Indiquant que des coups de feu avaient été tirés à votre domicile avec une arme de calibre 40.
26:00 Oui.
26:01 Vous l'utilisiez dans votre jardin ?
26:04 C'était pas dans mon jardin. C'était chez un ami, sur Elm Street.
26:08 - Ah, d'accord. - Oui.
26:11 Je me suis servi d'une technique d'interrogatoire qui consiste à faire avouer au suspect qu'il se trouvait sur les lieux du crime.
26:18 Je lui ai donc dit que j'avais un procès verbal indiquant qu'il s'était servi de son arme à son domicile.
26:24 Les enquêteurs lui ont tendu un piège.
26:27 Ils lui ont demandé s'il était bien à tel endroit.
26:29 Et il a mordu à l'hameçon et leur a dit que non, il était à tel autre endroit.
26:33 Et c'est tout ce qu'il voulait.
26:35 Établir qu'il était allé à cet endroit avant de lui dire que c'était là que l'addictive avait été découverte.
26:41 Vous pouvez nous dire ce que vous avez fait vendredi dernier ?
26:44 Je me suis levé, je me suis lavé les dents.
26:50 A quelle heure vous vous êtes levé ?
26:52 Je dirais 9h30, 10h.
26:54 Ouais.
26:55 J'ai joué un peu à la console et j'ai regardé la télé.
26:58 J'ai pris ma tablette et j'ai commencé à regarder les petites annonces sur Craigslist.
27:03 Vers midi, 11h ?
27:05 Je dirais une heure ou midi.
27:08 Les petites amies, ça ne m'intéresse pas.
27:10 La plupart des filles qui veulent une relation sérieuse veulent aussi autre chose.
27:14 Donc, je me sers des petites annonces.
27:16 Mais oui, je sais bien ce que vous devez vous dire, c'est illégal.
27:18 On parle de prostituées ?
27:19 Ouais.
27:20 Les enquêteurs savent que Vernicia a trouvé ses clients en ligne.
27:24 Et notamment sur Craigslist.
27:26 On leur écrit, elles donnent un prix et si on est d'accord, on les voit et on les paye.
27:32 Quel genre de prix vous êtes prêt à payer ?
27:34 30 dollars.
27:36 Vous restez en dessous de 40 ?
27:38 Ouais.
27:39 Ok.
27:40 On leur donne l'argent, on couche avec et tout le monde repart.
27:43 C'est tout.
27:44 Darym Rana a admis avoir sollicité les services de prostituées sur Craigslist.
27:50 Mon coéquipier et moi étions très surpris.
27:53 C'est un officier de police.
27:55 Il n'est pas au-dessus de la loi, au contraire.
27:57 C'est son devoir de faire respecter la loi.
27:59 Et lui était très nonchalant.
28:01 Ça l'a étonné qu'on ne trouve pas ça normal.
28:03 Je crois que ce qui se passe avec beaucoup d'officiers de police, c'est qu'ils souffrent de ce qu'on appelle le complexe de Dieu.
28:12 Ils se pensent intouchables.
28:14 Ils commencent à enfreindre le règlement puis la loi.
28:16 Je crois qu'ils pensaient que c'était pas très grave, vu que c'était un policier.
28:20 On a donc un officier de police qui admet avoir des rapports avec des prostituées.
28:28 Quand on arrive à faire avouer un délit à quelqu'un, on se demande forcément s'il en a commis d'autres.
28:33 Entendu, je vais vous expliquer ce qui se passe.
28:38 Si on vous a demandé de nous suivre, c'est à cause de cette jeune femme.
28:42 Elle vit assez loin d'ici, ok ?
28:44 Elle n'habite pas à Abbeville et elle vient jamais à Abbeville, parce qu'elle n'a aucune raison de se rendre à Abbeville.
28:52 Pourtant, elle est morte ici, à Abbeville.
28:56 Vous nous avez dit que vous aviez contacté une personne sur Craigslist la semaine dernière.
29:01 De quelle façon l'avez-vous contactée ?
29:04 Je fais ça par SMS.
29:06 D'accord.
29:07 Elle répond et après, on se rencontre si elle veut.
29:10 C'était une femme ?
29:11 Autant que je sache, je ne l'ai pas vue en personne.
29:16 D'accord.
29:17 Mais vous l'avez vue en photo ?
29:19 Oui, sur sa petite annonce.
29:21 Est-ce qu'il s'agit de la jeune femme à qui vous avez parlé sur cette photo ?
29:25 Je ne suis pas sûr.
29:26 La couleur de peau correspond, mais en même temps, la photo n'était pas très claire sur sa petite annonce.
29:31 C'est possible, mais ce n'est pas sûr.
29:33 Darym Rana prétend ne pas reconnaître la jeune femme, mais les enquêteurs le mettent face à une nouvelle information.
29:41 Les données téléphoniques que nous avions demandées à T-Mobile venaient d'arriver.
29:48 Et nous avons pu prendre connaissance des deux derniers numéros de téléphone appelés depuis le portable de la victime.
29:54 Le premier appartenait à sa mère, et le deuxième à Darym Rana.
30:00 Darym Rana est donc obligé d'admettre qu'il a été en contact avec Vernicia le jour où elle a été tuée.
30:10 Je vais être franc.
30:13 Le dernier numéro qu'elle a appelé avec son portable, c'est le vôtre.
30:16 Vendredi, vers midi.
30:18 D'accord.
30:19 Ok.
30:20 Un individu est venu la chercher selon sa colocataire.
30:23 D'accord.
30:24 Personne ne l'a vu ni entendu depuis.
30:26 On l'a retrouvé sur Elm Street.
30:28 Tout vous incrimine.
30:30 C'est de votre portable qu'a été passé le dernier appel qu'elle a reçu.
30:34 D'accord.
30:35 C'était le vendredi matin.
30:37 Vous vous rappelez lui avoir parlé ?
30:39 Je l'ai appelé et je lui ai dit qu'elle habitait trop loin.
30:43 Comme je vous l'ai dit, je ne l'ai pas vu ce jour-là.
30:46 Elle a dû voir quelqu'un d'autre, je ne sais pas.
30:48 Je comprends ce que vous dites.
30:50 Pourquoi l'appeler pour lui dire que vous ne venez pas ?
30:52 Pourquoi ne pas l'ignorer ?
30:53 Au début, on commence par se texter.
30:55 Ok.
30:56 On se demande où on va se voir et ce genre de choses.
30:58 Et quand on s'appelle et qu'on décide vraiment du lieu du rendez-vous,
31:01 si la fille me demande d'aller trop loin, je lui dis que je ne veux pas me déplacer jusque là-bas.
31:05 Il trouvait que ça faisait trop de route d'aller jusqu'au comté de Décalbes.
31:10 Ce qui est un peu bizarre, c'est que la plupart des gens nient purement et simplement les faits.
31:15 Mais peut-être que lui pensait que comme c'était un officier de police,
31:19 on allait le couvrir.
31:21 Il y a une vraie solidarité dans les forces de l'ordre.
31:26 C'est merveilleux.
31:27 On sait qu'on peut compter sur nos frères d'armes en cas de problème.
31:30 On aide toujours nos collègues, quelles que soient les difficultés qu'ils rencontrent.
31:33 Mais s'ils ont commis un homicide, personne ne les aidera.
31:36 J'ai toute ma carrière devant moi.
31:40 Je sais que payer des filles, c'est pas bien, mais je ne suis pas comme ça.
31:42 Je ne suis pas un meurtrier.
31:44 Je sais qu'entre la balistique et tout ça, on se fait forcément prendre.
31:47 Ce serait idiot. Pourquoi je ferais ça ?
31:49 Les gens font des choses idiotes.
31:51 Je comprends, mais je ne mettrais pas toute ma carrière en l'air.
31:53 Voyons où en sont les enquêteurs.
31:57 Il a admis les faits jusqu'à un certain point, mais ne veut pas aller plus loin.
32:00 Oui, il lui a parlé, il la connaît, il l'a contacté, mais non, elle n'a jamais mis les pieds dans sa voiture.
32:06 Il faut que les enquêteurs arrivent à établir qu'elle est montée dans son véhicule.
32:10 On a donc demandé un mandat de perquisition pour son véhicule.
32:14 Personne n'avait jamais vu une voiture aussi propre que celle de M. Hannah.
32:17 Elle était encore plus propre qu'une voiture qui sort de chez le concessionnaire.
32:21 Il s'est servi de ce qu'il avait appris en tant qu'officier de police pour couvrir son crime.
32:27 Nous n'avons trouvé aucune pièce à conviction.
32:30 Nous étions dans l'impossibilité de prouver que Mlle Willard était montée à bord du véhicule.
32:35 On a donc décidé qu'il fallait qu'on obtienne un mandat de perquisition pour le domicile de M. Hannah
32:42 avant que celui-ci n'ait l'opportunité de détruire de possibles pièces à conviction.
32:46 On lui a donc dit qu'on allait le déposer chez un ami
32:49 et qu'on le ramènerait chez lui une fois qu'on aurait fouillé son domicile.
32:52 On a commencé par faire le tour de la maison, en filmant tout ce qu'on voyait.
33:00 Je pensais qu'on ne trouverait rien.
33:03 Mais on a découvert tout un tas d'éléments incriminants.
33:11 Les enquêteurs découvrent deux douilles de cartouches similaires à celles retrouvées sur les lieux du crime.
33:16 Ainsi que deux bidons d'essence dans le garage.
33:22 On a regardé dans sa poubelle et qu'est-ce qu'on a vu ?
33:27 Un préservatif usagé qui trônait en plein milieu.
33:30 Il a laissé cette pièce à conviction dans cette poubelle, bizarrement.
33:36 Je ne comprends pas.
33:39 Une fois qu'on a eu fini de fouiller son domicile,
33:42 nous sommes allés chercher M. Rallach et son ami,
33:45 et celui-ci nous a dit qu'il était parti.
33:48 On ne savait pas où il était allé.
33:50 Et surprise ! Les enquêteurs touchent le jackpot à son domicile.
33:55 Ils trouvent toutes les pièces à conviction dont ils ont besoin.
33:58 Ils n'ont plus aucun doute et à juste titre.
34:00 Mais l'oiseau s'est envolé. Il ne leur reste plus qu'à le retrouver.
34:08 Tout semble indiquer que l'officier de police, Tarim Rana,
34:11 a tué Vernissia Woodard.
34:13 Mais celui-ci a pris la fuite pendant que les enquêteurs fouillaient son domicile.
34:18 On a tout de suite appelé le commissariat d'Atlanta.
34:23 Et nos collègues ont tout fait pour nous aider,
34:25 parce qu'on savait tous que ça allait salir la réputation de la profession
34:28 et de la ville d'Atlanta s'il avait effectivement commis ce crime.
34:32 Il n'y a rien de pire que quand une autre brigade
34:36 vous appelle pour vous informer qu'elle recherche un des vôtres.
34:40 À partir de ce moment-là, la priorité des deux brigades,
34:43 c'est de placer l'individu en garde à vue.
34:46 J'ai essayé de l'appeler, mais il ne décrochait pas.
34:50 Et puis, il a fini par m'appeler vers 3 heures, et il m'a dit
34:53 "Vous avez été extrêmement bon avec moi, vous avez été comme un père,
34:57 alors je ne vais pas vous mentir.
34:59 Je suis recherché pour meurtre, j'ai commis un meurtre."
35:02 Je n'en revenais pas.
35:04 Je lui ai demandé ce qu'il allait faire, et il m'a dit
35:07 qu'il voulait prendre un avion pour Cancún, au Mexique.
35:11 Je lui ai dit qu'on allait l'arrêter, qu'il fallait qu'il se rende.
35:14 Il m'a répondu "Lieutenant, ça a été un honneur de travailler sous vos ordres.
35:18 Il faut que j'y aille." Et il a raccroché.
35:21 On a un contact à l'aéroport.
35:26 Il nous a mis en relation avec un groupe d'intervention
35:29 qui a décidé d'arrêter M. Rana à l'aéroport.
35:33 On l'a trouvé à l'aéroport, et on l'a placé en garde à vue.
35:37 Flash info, un officier de police d'Atlanta est accusé
35:43 d'avoir tué une femme qu'il venait de rencontrer en ligne.
35:46 Ma mère est entrée dans la pièce en courant, et m'a dit
35:49 "Ils ont trouvé le meurtrier de ta sœur."
35:51 Je n'arrivais pas à croire que c'était un flic.
35:54 Ça m'a fait un coup quand on a su que c'était lui.
35:59 Je le connaissais, et je connaissais sa famille personnellement.
36:02 Quand on voit des gens au journal télé et qu'on ne les connaît pas,
36:06 on reste assez indifférent, mais quand c'est quelqu'un
36:09 que l'on croise régulièrement, c'est assez irréel.
36:12 On ne comprend pas ce qui s'est passé. Pourquoi il a fait ça ?
36:15 Je n'ai jamais rien remarqué d'anormal chez lui.
36:20 Peut-être qu'avec ses amis, il était très différent.
36:22 À mon avis, c'était un sociopathe.
36:25 Et il a réussi à le cacher à tout le monde.
36:28 Les enquêteurs établissent que Tarim Rana a menti
36:31 pendant son interrogatoire en analysant les données GPS
36:34 de son téléphone et de celui de Vernicia.
36:37 Nous avons pu prendre connaissance des coordonnées GPS
36:42 du téléphone de M. Rana.
36:45 Au moment où M. Rana conduisait,
36:48 le téléphone de Mlle Woodhart s'est connecté exactement
36:51 aux mêmes antennes relais que le sien,
36:54 ce qui a permis d'établir que Mlle Woodhart se trouvait bien dans sa voiture.
36:57 C'est merveilleux, la technologie moderne.
37:00 Les enquêteurs voulaient prouver qu'elle était montée dans sa voiture
37:03 et ils ont maintenant la preuve que son téléphone se trouvait
37:06 exactement au même endroit que ce véhicule. Échec et mat.
37:09 Et sur le téléphone de M. Rana, nous avons trouvé une vidéo
37:13 le montrant en train d'avoir des rapports avec la victime
37:16 à son domicile.
37:19 Les traces d'ADN présentes sur le préservatif usagé appartenaient
37:22 à M. Tarim Rana et à Mlle Woodhart.
37:25 Il nous a soutenu qu'il ne l'avait jamais rencontrée,
37:28 mais nous avions maintenant la preuve que c'était faux.
37:31 Il semblerait que le vendredi 22, M. Rana soit passé chercher
37:36 Mlle Woodhart à son motel dans le comté de Descalbes.
37:39 Il a ramené la victime chez lui.
37:42 Ils ont eu des rapports intimes et puis,
37:45 à un moment donné, une dispute a éclaté.
37:48 M. Rana a été pris de colère et a tiré sur la victime,
37:51 la tuant, à son domicile.
37:55 Il a alors pris le corps, l'a transporté jusqu'à la décharge
37:58 et s'apprêtait à l'abandonner au milieu des déchets.
38:01 Mais là, il s'est dit qu'il fallait qu'il se débarrasse du corps.
38:04 Pour lui, en brûlant le corps,
38:10 il détruisait tout ce qui pouvait le lier à la victime.
38:13 Les fibres, les fluides corporels, les cheveux,
38:16 tout ce qui pouvait conduire les enquêteurs à lui,
38:19 à sa voiture, à son domicile, allait être détruit par le feu.
38:22 C'était un acte calculé.
38:25 Tarim Rana n'explique pas pourquoi il a tué Vernicia,
38:32 mais il est jugé pour meurtre et condamné à la prison à perpétuité
38:35 sans possibilité de liberté conditionnelle,
38:38 à sortie de 16 ans de sûreté.
38:41 Un jour, j'étais en patrouille
38:48 et j'ai vu deux véhicules qui avaient l'air de chasser un véhicule.
38:51 Ils m'ont fait signe de m'arrêter
38:54 et m'ont dit qu'ils étaient de la famille de la victime
38:57 et qu'ils essayaient de trouver l'endroit où elle avait été tuée.
39:00 Je les ai accompagnés sur les lieux
39:03 et je leur ai montré où on l'avait trouvée.
39:06 On avait tous une photo d'elle sur nous, sur nos T-shirts.
39:11 Il nous a expliqué exactement ce qui s'était passé
39:14 et j'ai trouvé ça très gentil de sa part.
39:17 Ils sont venus me voir.
39:20 Ils se sont recueillis à cet endroit et ont prié.
39:23 C'était un moment émouvant,
39:26 pour moi comme pour eux.
39:29 J'ai demandé à rencontrer l'homme qui avait tué ma fille.
39:33 Et il a accepté,
39:40 mais son avocat lui a dit de ne pas le faire.
39:43 Pourquoi il m'a pris mon bébé ?
39:48 Elle me manque.
39:51 Elle, ses chansons et ses cheesecakes.
39:54 Sa voix me manque.
40:07 C'est une des premières choses qu'on oublie.
40:10 On a l'impression de pouvoir l'entendre au début,
40:13 puis sa voix devient de plus en plus lointaine.
40:16 Je me souviens de choses qu'elle a dites,
40:19 mais je n'arrive plus à l'entendre les prononcer.
40:22 Je veux juste que tout le monde sache
40:25 que même si Vernicia faisait ce qu'elle faisait
40:28 pour gagner de l'argent, ça ne la définissait pas.
40:31 C'était quelqu'un qui aimait sa fille par-dessus tout.
40:34 C'était une mère, une fille et une sœur aimante
40:38 et c'est comme ça que je voudrais qu'on se souvienne d'elle.
40:42 Et toute sa famille l'aimait.
40:45 On a tous été très fiers dans notre service
40:58 quand on a réussi à résoudre cette affaire.
41:01 C'est un sentiment indescriptible
41:04 de pouvoir annoncer à la mère ou à l'enfant de la victime
41:07 que c'est un grand moment pour eux.
41:10 Qu'on a arrêté l'individu qui a tué la personne
41:13 qu'ils aimaient.
41:16 Quand un officier de police enfreint la loi,
41:19 on est impitoyable.
41:22 C'est inconcevable que quelqu'un
41:25 qui est censé protéger la population
41:28 soit le suspect d'un meurtre.
41:31 Il a déshonoré son insigne,
41:34 bafoué son serment.
41:37 Ça m'a surpris qu'il ne réussisse pas à le comprendre.
41:40 [Musique]
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41:50 [SILENCE]
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