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L'invité de 7h50
France Inter
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il y a 2 ans
Retrouvez les entretiens de 7h50 sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50
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00:00
Transinter, le 7/10.
00:02
7h48, Sonia Deviller, votre invitée ce matin est ministre déléguée chargée de la santé
00:08
et de la prévention.
00:09
Bonjour Frédéric Valtour.
00:10
Bonjour Sonia Deviller.
00:11
La Fondation Jean Jaurès publie une étude sur les délais avant l'obtention d'un rendez-vous
00:15
médical à partir des données du site Doctolib.
00:17
Je rappelle que c'est 200 millions de consultations en France en 2023.
00:21
La moitié des rendez-vous chez un généraliste sont obtenus en moins de 3 jours et chez un
00:25
pédiatre en moins de 7 jours.
00:27
C'est rassurant ?
00:28
Les chiffres qu'ils ont donnés en tout cas montrent un paysage qui est équilibré
00:34
avec des chiffres qui effectivement paraissent si ce n'est rassurants.
00:39
En tous les cas, on ne montre que sur l'accès aux généralistes.
00:41
Les choses se passent plutôt bien.
00:43
Je ne dis pas que c'est évidemment formidable.
00:46
Il faut regarder territoire par territoire et bien sûr la réalité de ce que vit chaque
00:49
patient.
00:50
Par contre, elle pointe une difficulté sur les spécialistes.
00:53
Donc on voit bien que c'est un...
00:54
Les spécialistes, en effet, il y a une vraie disparité, Monsieur le ministre.
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On le sait que c'est un système tendu.
00:58
Le délai médian pour consulter un ophtalmo, 25 jours.
01:01
36 jours pour un dermatologue.
01:03
42 jours pour un cardiologue.
01:05
C'est un délai médian.
01:06
Ça signifie que dans certaines zones, c'est 3 mois d'attente.
01:09
Bien sûr, mais vous savez, il y a une dizaine de départements en France où il n'y a plus
01:11
de pédiatre.
01:12
Les côtes d'Armor, un mois pour emmener son enfant chez un pédiatre.
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Quand on a des enfants, c'est interminable un mois.
01:20
Bien sûr, mais la liste est malheureusement longue.
01:22
Un chiffre, simplement.
01:24
On sait qu'un quart des spécialistes est sur 5% du territoire.
01:27
Donc on peut tourner autour de cette réalité dans tous les sens.
01:31
Mais c'est une réalité qui fait qu'effectivement, la concentration des spécialités sur certains
01:37
territoires, qui peut s'expliquer parfois, parce que sur certaines spécialités, il
01:40
ne faut pas être loin d'un plateau technique pour l'exercer.
01:42
Et donc, évidemment, on ne peut pas s'installer tout seul au milieu de nulle part, si on peut
01:46
dire ça comme ça.
01:47
Oui, enfin, dans les deux Sèvres, c'est 3 mois pour attendre un rendez-vous pour faire
01:51
vérifier sa vue.
01:52
Vous avez raison.
01:53
On travaille depuis longtemps pour inverser ces réalités.
01:55
En tout cas, rendre plus accessible l'offre de soins.
02:00
On travaille ensemble l'ensemble des forces médicales, qu'elles soient publiques ou privées,
02:06
l'hôpital et la médecine de ville, en favorisant les coopérations, en favorisant aussi les
02:09
délégations de tâches.
02:10
C'est-à-dire qu'on a peut-être pendant longtemps un système de santé qui a été
02:13
trop tourné autour du médecin.
02:16
Il est la seule figure du médecin.
02:17
Il est important, il est incontournable et il restera essentiel dans la prise en charge
02:21
des Français.
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On ne soigne pas sans médecin et on ne soignera jamais sans médecin.
02:24
Mais néanmoins, on peut faire monter en reconnaissance des professionnels autour.
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C'est ce qu'on fait pour permettre effectivement que sur une prise en charge qui soit différente,
02:34
une pathologie de longue durée qu'on doit suivre, on puisse le faire par d'autres professionnels.
02:37
Vous dites, M. le ministre, qu'on y travaille depuis longtemps.
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Le sondage Ypsos Radio France dit, il y a 10 jours, à la question "Quel sujet vous
02:43
pousse à voter aux élections européennes ?" la santé arrive en deuxième position.
02:47
En deuxième position.
02:49
Or, l'extrême droite caracole à 38% des intentions de vote.
02:53
Vous entendez à la fois le mécontentement et l'inquiétude.
02:56
Bien sûr, je l'entends et ça fait quelques années que toutes les enquêtes d'opinion
03:00
montrent que la santé s'est installée parmi les premières préoccupations des Français.
03:05
L'accès aux soins.
03:06
Depuis le Covid en gros, c'est ça ?
03:08
Mais même avant le Covid.
03:09
Et on voyait les tensions sur la démographie médicale bien avant.
03:13
Et donc pour cela, le système de santé, pour le remettre à flot, c'est des années
03:19
d'efforts.
03:20
On forme déjà plus de médecins.
03:21
Il faut donner les chiffres.
03:22
Il y a 10 000 étudiants qui sont en deuxième année de médecine.
03:25
Il y en avait 8 000 en 2019.
03:29
Donc progressivement, il faut 10 ans, 15 ans pour être spécialiste, pour être formé.
03:33
Et cette fameuse taxe lapin qu'évoquait Dominique.
03:37
27 millions de consultations perdues chaque année.
03:40
5 euros de pénalité pour sanctionner le patient qui n'honore pas un rendez-vous.
03:44
Il a été demandé à Dr.
03:46
Libes de demander des coordonnées bancaires au patient qui prend rendez-vous et de le
03:51
prélever.
03:52
C'est un refus tout net de Dr.
03:54
Libes.
03:55
Non, la réponse de Dr.
03:56
Libes est plus nuancée que ça.
03:57
C'est-à-dire que Dr.
03:58
Libes fera ce que la loi lui dit de faire.
04:00
Et deuxièmement, le système n'est pas un prélèvement obligatoire en cas d'un rendez-vous
04:08
raté.
04:09
Il est sur la décision du médecin.
04:10
C'est le médecin qui décidera qui, effectivement, la personne qui aura laissé une empreinte
04:15
bancaire devra être prélevée de 5 euros.
04:17
Parce que manifestement, ce n'est peut-être pas la première fois que cette personne rate
04:20
des rendez-vous.
04:21
Ce n'est pas la première fois que cette personne rate des rendez-vous sans prévenir
04:24
le médecin.
04:25
L'objectif, ce n'est pas d'augmenter les caisses ici ou là.
04:29
D'abord, c'est une taxe qui irait dans la poche du médecin et qui serait à la liberté
04:33
du médecin.
04:34
C'est-à-dire libre à lui de pénaliser ou pas le patient qui abuserait.
04:38
Donc vous avez contrainte Dr.
04:39
Libes par la loi ?
04:40
Non, techniquement, ce n'est pas le cas.
04:41
Parce que Dr.
04:42
Libes est devenu quand même très puissant.
04:43
C'est 75 000 médecins professionnels de santé.
04:46
Oui, c'est à peu près une petite moitié des rendez-vous qui sont pris chaque jour.
04:49
Donc, ce n'est pas la totalité.
04:51
Et ceux qui n'ont pas Dr.
04:52
Libes pourront aussi prendre cette empreinte bancaire.
04:54
L'idée, si vous voulez, c'est de responsabiliser les patients.
04:57
On peut prendre un rendez-vous, on peut avoir à annuler un rendez-vous.
05:00
Simplement, il ne faut pas l'oublier de l'annuler parce que le temps médical est rare.
05:02
Et donc, on veut permettre aux médecins de dégager du temps médical.
05:05
C'est quand même une vingtaine de millions, plus d'une vingtaine de millions de rendez-vous
05:08
par an qui sont non honorés.
05:10
On ne parle pas de quelque chose de totalement marginal.
05:13
Frédéric Valtout, autre sujet qui a beaucoup suscité de remue, l'IVG, l'interruption
05:20
volontaire de grossesse.
05:21
Le décret qui autorise les sages-femmes à pratiquer des IVG à l'hôpital a suscité
05:26
de, je l'ai dit, pas mal de colère et d'incompréhension parce qu'il imposait la présence d'un médecin
05:30
spécialisé, gynécologue et anesthésiste.
05:33
Or, on vient de le dire, il y a beaucoup de régions où il n'y en a pas et il n'y
05:36
en a pas assez.
05:37
C'est exactement ce que je décrivais de faire confiance à des professionnels de santé
05:40
qui ne sont pas forcément que des médecins.
05:41
Même si les sages-femmes est une profession médicale, il ne faut jamais l'oublier.
05:45
La loi avait changé en 2022 en permettant aux sages-femmes de pratiquer des IVG chirurgicales
05:52
qui sont à peu près 20% des IVG qui sont pratiquées en France.
05:57
Le décret qui avait été fait peut-être par l'administration renforçait les conditions
06:03
pour que finalement c'était plus compliqué quasiment avant qu'après pour les sages-femmes.
06:07
Non, il s'agit de leur faire confiance et il s'agit de les mettre en responsabilité.
06:11
Cette nuit est parue un décret qui autorise et facilite, surtout simplifie les procédures
06:17
pour les sages-femmes pour pratiquer des IVG chirurgicales.
06:21
C'est-à-dire qu'à partir du moment où elles le font dans un établissement qui a
06:24
l'autorisation de ce type d'acte, il n'y a pas besoin d'avoir à côté d'elles
06:28
un médecin qui, au-dessus de leur épaule, vérifierait ce qu'elles feraient.
06:31
C'est un acte aussi pour faciliter l'accès à l'IVG.
06:35
Avec la revalorisation financière de l'acte IVG qui avait été décidé au mois de mars
06:41
et en même temps vous vous souvenez que l'inscription de ce droit dans la constitution, la facilité
06:46
qui est faite pour les femmes de recourir plus facilement à l'IVG.
06:49
Alors, je m'adresse à l'ancien président de la Fédération des hôpitaux de France.
06:53
Le livre de l'infectiologue Karine Lacombe, l'enquête de Paris Match, la culture machiste
06:57
du milieu hospitalier, ses comportements sexistes, voire des agressions sexuelles sortent au
07:01
grand jour.
07:02
Les présidents des commissions médicales, des établissements et des CHU se sont engagés
07:07
il y a quelques jours à appliquer une tolérance zéro.
07:09
Il faut voir la réponse du syndicat des internes, monsieur le ministre en médecine.
07:13
Elle est cinglante.
07:14
Combien de signalements disent-ils, restés désespérément sans suite depuis des années ?
07:19
Ma question est la suivante.
07:21
À l'hôpital public, quand on a repéré des comportements abusifs de certains médecins
07:25
ou chefs de service, quel moyen l'administration a-t-elle pour agir, pour les déplacer, pour
07:30
les sanctionner ? Qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
07:32
La question qui est posée par les internes, c'est est-ce que les règles en place sont
07:36
mises en œuvre ?
07:37
C'est la question à laquelle je veux apporter une réponse de manière très transparente.
07:40
La culture de l'impunité, si tant est qu'elle existe ici ou là, c'est terminé.
07:44
Et effectivement, il y aura une tolérance zéro de ce point de vue-là.
07:46
J'ai réuni l'ensemble des acteurs, dont les internes, mais pas seulement.
07:49
Le 29 avril, j'ai réuni l'ensemble des ordres.
07:52
Le début mai, je vois Karine Lacombe dans quelques heures.
07:56
Vous la rencontrez tout à l'heure ?
07:58
Oui, bien sûr.
07:59
Je la connais par ailleurs, mais pour parler de ce sujet précisément, je n'avais pas
08:03
eu l'occasion.
08:04
L'idée est qu'on veille à ce que dans les établissements, et on ne part pas de
08:09
zéro parce qu'il y a déjà des choses qui se font dans les hôpitaux, tout le monde
08:13
puisse mettre fin à cette ambiance, à cette culture, à ces comportements, à cette violence
08:20
sexiste et sexuelle qui a sans doute trop caractérisé certains établissements.
08:27
Je ne veux pas jeter la pierre uniquement sur l'hôpital, parce que c'est le système
08:30
de santé en général qui doit être regardé.
08:33
Je veillerai à ce que ce soit le système de santé qui soit effectivement évoqué.
08:37
Mais en tout cas, on part sur des pistes concrètes, sur des propositions concrètes d'ici quelques
08:41
semaines que je vais travailler avec les acteurs pour effectivement tourner la page de cette
08:45
triste période.
08:46
Un dernier mot sur les cliniques privées qui ont appelé à une grève totale à partir
08:50
du 3 juin, annonçant même des déprogrammations d'actes médicaux et de soins en cause.
08:56
Votre annonce de la revalorisation des tarifs, 4,3% pour les hôpitaux publics et seulement
09:02
0,3% pour ceux du privé.
09:05
Les cliniques privées crient à l'injustice, que leur répondez-vous ?
09:07
Oui, les cliniques essaient de faire d'un débat technique un sujet de polémique publique.
09:13
Moi, je n'ai aucun état d'âme à débattre avec les cliniques de l'accompagnement par
09:17
l'État depuis des années de leur activité.
09:20
Simplement leur rappeler que pour la campagne tarifaire, ce qu'on appelle la campagne tarifaire,
09:24
comment on répartit les 105 milliards d'euros que le Parlement a votés pour aider les établissements
09:27
qu'ils soient publics, privés ou de lutte contre le cancer, tous les établissements
09:31
qui existent en France.
09:32
On applique des critères qui sont les mêmes à tous.
09:34
Et il se trouve que quand on valorise la pédiatrie, quand on valorise les maternités, quand on
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valorise les grèves, quand on valorise les soins palliatifs, ce sont surtout des activités
09:41
portées par le public.
09:42
Donc en fait, c'est les mêmes critères qui appliqués au case mix de chacun, donnent
09:45
des résultats différents.
09:46
Tout ça parce qu'on résonne dans une enveloppe qui est fermée, qu'on ne peut pas dépasser,
09:50
qui est les 105 milliards votés par l'Assemblée nationale.
09:52
Je les appelle à la raison et leur dis "Allez, tout le monde au boulot, en ce moment les
09:55
Français ont besoin d'être soignés d'abord et avant tout".
09:57
Merci Monsieur le ministre. Merci.
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