00:00 - Mais d'abord, l'édito international sur Europe, bonjour Vincent Herouet. - Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05 - Vincent, 36 heures après les bombardements d'Israël, est-ce que la guerre avec l'Iran est inévitable ?
00:10 - Tirer 110 missiles balistiques, 36 missiles de croisière,
00:13 185 drones sur les installations militaires israéliennes et ne blesser qu'une fillette dans le désert, qui plus est,
00:21 une bédouine sans doute musulmane ou druze ou chrétienne, en tout cas pas juive, touchée par les éclats d'un obus de la défense aérienne,
00:28 c'est un résultat pitoyable, comme vider un chargeur en l'air.
00:33 L'échec iranien est éclatant, ça ressemble à du théâtre, pas à une déclaration de guerre. Avec seulement deux missiles,
00:40 les Israéliens ont pulvérisé il y a quinze jours le bâtiment à Damas dans lequel se trouvaient
00:45 deux généraux des gardiens de la révolution, dont leur chef en Syrie. Ça c'est un coup au but,
00:50 avec une grande économie de moyens. La volonté de se venger a poussé les Iraniens à franchir un rubicon.
00:57 Ils ont osé, depuis 45 ans ils se retenaient. On sait pourquoi c'est dangereux de bombarder un pays qui a l'arme nucléaire,
01:04 et personne ne doute que les dirigeants israéliens se servirait de leur arsenal en cas de péril mortel. Alors que depuis
01:11 1979, la République islamique tente obstinément d'imposer le respect par sa brutalité.
01:18 Elle s'est fait craindre des occidentaux avec des prises d'otages et des attentats. Elle a forgé un arc chiite en
01:25 décrosant ses voisins
01:27 irakiens, syriens, libanais, yéménites. Elle a forgé des milices à sa botte, le Hezbollah, les Hutus, le Hamas,
01:34 et tout cela en attendant de disposer de l'arme nucléaire qui garantira sa souveraineté sur toute la région.
01:41 Elle ne l'a toujours pas, en attendant elle bluffe, et c'est ce qu'on vient de voir.
01:45 - L'Iran veut la fin d'Israël, la destruction de l'antité sioniste comme on dit là-bas.
01:49 - C'est son mantra, son alibi, sans cesse ressassé en slogans, en peinture, en toutes circonstances.
01:55 C'est la raison d'être de la république islamique qui n'a plus rien d'autre à offrir
02:00 aux 90 millions d'Iraniens pour leur faire oublier la pauvreté, l'enfermement, la répression. Ils y croient,
02:06 mais sans jamais passer à l'acte. Toujours remis à plus tard, le guide suprême avait baptisé
02:12 l'attaque de samedi
02:14 "opération vraie promesse". Elle n'a pas été tenue. Elle devait punir le régime diabolique.
02:20 Il avait parlé d'une gifle en attendant le tabassage à mort sans doute. Ça n'a même pas été une chiknode.
02:26 Tous ces engins lancés par les Iraniens ont offert aux chasseurs israéliens, américains, britanniques, français, jordaniens
02:34 l'occasion d'une sorte de ball-trap XXL.
02:37 Ils ont eu le temps de se préparer puisque les diplomates iraniens les avaient prévenus trois jours avant, en précisant
02:44 avec obligeance qu'il ne fallait pas s'informaliser plus que cela, que seules des cibles militaires seraient visées
02:49 et l'Iran a en quelque sorte désamorcé sa bombe avant de la lancer. Ils ont eu peur de l'escalade.
02:55 Ils font semblant de répliquer, mais ils cherchent en réalité à s'entendre avec les américains. C'est l'exact contraire
03:03 du 7 octobre où l'ennemi bien connu a attaqué par surprise
03:07 son épris aux civils, a infligé la terreur et l'humiliation de la défaite
03:12 pour provoquer le chaos. - Alors justement, est-ce qu'Israël va réagir avec force comme à Gaza, Vincent?
03:18 - Réponse obligée, question de crédibilité, réponse ferme et claire dit le gouvernement, en temps et en heure, ajoute Benny Gantz
03:24 ce qui veut dire "laissez-nous faire". Les américains n'y sont pas disposés. Joe Biden joue sa réélection
03:30 et le grand raid sur les installations nucléaires iraniennes avec ce que cela impliquerait
03:35 la flambée des cours pétroliers, l'épreuve de force avec la Chine ou la Russie, le scénario n'est pas au programme de sa campagne.
03:42 Qu'est-ce qui reste comme option aux Israéliens? Eh bien, frapper les intérêts iraniens,
03:47 c'est protéger comme le Hezbollah et le Liban est depuis hier sur des charbons ardents.
03:52 Benyamin Taniyaou a déjà un front à tenir. L'attaque iranienne a montré qu'il n'est pas aussi isolé
03:59 qu'on l'imagine. Ses voisins arabes l'ont épaulé, l'Occident s'est porté à son secours,
04:03 même la France qui envisageait des sanctions la semaine dernière. Le monde va lui laisser quelques jours de répit à Gaza.
04:11 La guerre avec l'Iran n'est pas pour demain,
04:13 après demain, elle sera inévitable.
04:15 - Signature européen Vincent Herouette. Merci beaucoup Vincent.
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