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  • il y a 2 ans
Il y a quatre ans, jour pour jour, un homme tuait deux personnes et en blessait cinq à Romans-sur-Isère, lors d'une attaque au couteau. L'avocat de 3 familles de victimes espère la tenue du procès d'ici la fin de l'année 2024.

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Transcription
00:00 Le 6/9 France Bleu de Romardèche à la télévision sur votre box orange, canal 324 et sur Bouygues Télécom, canal 493.
00:08 Il est 7h44, 4 ans, jour pour jour, qu'a lieu l'attaque meurtrière à Romand ?
00:13 Abdallah Ahmed Haussmann, ce réfugié soudanais âgé aujourd'hui de 38 ans,
00:17 avait tué deux personnes et en avait blessé cinq autres au couteau.
00:21 On reçoit ce matin Emmanuel Champal, l'avocat des partis civils.
00:25 Bonjour Guillaume Faure, avocat de trois familles de victimes.
00:29 D'abord une question, on sait qu'il y aura un procès pour le meurtrier présumé, vous avez la date ou pas ?
00:35 Il y aura un procès, c'est une certitude, il y aura un procès dans une cour d'assises spéciale,
00:40 nous n'avons pas encore la date mais nous espérons avoir une date d'audience pour d'ici la fin de l'année.
00:44 D'ici la fin de l'année ? L'audience ou la date d'audience ?
00:48 L'audience d'ici la fin de l'année mais encore une fois il n'y a aucune certitude à cela,
00:51 c'est simplement par expérience, on peut considérer qu'on sera dans cette chronologie.
00:55 Une cour d'assises spéciale, ça change quoi ?
00:58 Une cour d'assises spéciale, ça change tout, ça change tout puisqu'en fait on n'est pas dans le fait divers simplement,
01:03 on prend la circonstance aggravante de l'activité de l'entreprise en lien avec une activité terroriste
01:08 et ça c'est absolument déterminant pour la prise en compte de la souffrance des partis civils
01:13 et simplement pour la mémoire des personnes qui sont décédées ou qui ont été gravement atteints
01:17 et dans leur chair et dans leur cœur.
01:19 Vous avez craint justement que ce ne soit pas une cour d'assises spéciale qui examine ce procès ?
01:23 Les partis civils l'ont craint et il a fallu se battre ardemment pour obtenir simplement que cette circonstance aggravante soit retenue.
01:30 On a évidemment contribué à la manifestation de la vérité mais aujourd'hui ça ne fait à mon sens absolument aucun doute.
01:36 Aujourd'hui Abdallah Ahmed Othman risque quoi, encoure quoi devant cette cour d'assises spéciale ?
01:42 Il encourt la perpétuité à cet instant-là et c'est évidemment ce que nous allons rechercher tout simplement,
01:47 non pas cette peine-là mais simplement de mettre en avant la souffrance des partis civils qui à mon sens vaut cette peine.
01:53 Les partis civils justement, les familles que vous défendez aujourd'hui sont dans quel état d'esprit par rapport à ce procès ?
02:00 Pour elles c'est un soulagement ou est-ce que le soulagement arrivera après ?
02:03 Comme je vous l'ai dit les partis civils sont blessés dans leur cœur et dans leur chair
02:09 et la réalité c'est qu'ils attendent ce procès autant qu'ils le redoutent
02:12 parce qu'il faut comprendre qu'à chaque date, à chaque fois que je les rappelle, ça réactive leur traumatisme.
02:18 Ce sont des gens qui sont emprunts d'un stress post-traumatique, tous ceux qui sont victimes directs,
02:22 ceux qui sont victimes indirectes et la réalité c'est que c'est une angoisse quotidienne de pouvoir penser à cela.
02:28 Ils veulent tourner cette page. La justice fait son travail lentement et c'est parfois souhaitable.
02:33 Ils font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils ont mais la réalité c'est que les partis civils n'ont qu'une hâte,
02:38 c'est de pouvoir tourner cette page judiciaire de leur vie.
02:40 Quand vous dites que c'est un procès qu'ils redoutent, c'est quoi ?
02:44 C'est redouter de se retrouver face aux tueurs ? C'est redouter une peine qui ne serait pas suffisante selon eux ?
02:50 C'est quoi ces inquiétudes ?
02:52 Je pense que ces angoisses sont protéiformes.
02:53 Evidemment se retrouver face à l'homme qui a détruit votre vie, a détruit la vie de vos proches,
02:58 a détruit la vie notamment si on prend les consoeurs Vincent, ces trois générations qui sont perdues.
03:03 C'est Julien Vincent qui est mort, c'est également son fils qui a assisté à l'assassinat de son père,
03:07 c'est également le père de Julien Vincent qui est décédé il y a peu de temps des suites d'un cancer
03:12 qui est en lien direct en réalité avec le choc émotionnel et psychologique, en lien avec cet attentat.
03:17 La mort continue d'être semée dans le cadre de cet attentat et voilà c'est cette angoisse généralisée
03:23 que les parties civiles ont pu me confier.
03:25 Pour arriver à ce procès, il aura fallu trois expertises psychiatriques, ça a été très long,
03:31 c'est quelque chose que vous avez dû expliquer à vos clients ça aussi ?
03:34 Trois collèges d'experts et je pense que c'était plutôt souhaitable en réalité.
03:39 On a eu un premier collège d'experts qui nous a indiqué qu'il n'y avait pas d'abolition.
03:43 Lorsqu'il y a une abolition, il n'y a pas de procès pénal.
03:45 Là, le premier collège d'experts nous a parlé d'une altération.
03:48 La défense en a fait appel, c'est leur droit, c'est les droits de la défense.
03:52 Un deuxième collège d'experts nous a parlé d'abolition à cet instant-là
03:55 et le troisième collège a tranché entre les deux expertises, les deux collèges d'experts
04:00 et a indiqué qu'il y avait simplement une altération.
04:02 Et on peut comprendre en réalité qu'un certain nombre de médecins soient déconcertés
04:07 par l'extrémisme de ces faits-là, ça n'induit pas de la folie.
04:11 Il y a la rationalité évidente au cœur de ces faits
04:14 et c'est ce que nous avons mis en avant dans les observations que nous avons pu faire à cet instant.
04:18 - C'est ce que vous plaiderez également lors du procès ?
04:20 - Absolument.
04:21 - Ce soir, il y a une cérémonie hommage à 18h30, place du jour de mars.
04:24 À Romand, les familles attendent ce moment ou le redoutent là aussi.
04:29 Est-ce que ce sont des moments qui sont difficiles à appréhender ?
04:32 - Je pense qu'il faut nuancer tout cela.
04:34 C'est que tout à la fois ils l'attendent, puisque c'est un jour anniversaire qui est cauchemardesque pour eux.
04:39 C'est d'une difficulté sans nom.
04:41 Évidemment, ils préféraient qu'il n'y en ait pas de célébration.
04:43 Mais dans le même temps, ces célébrations vont leur permettre à cet instant-là d'être soutenus
04:47 face à l'angoisse, à la peur et évidemment à la souffrance qui va tous les envahir ce jour-là.
04:52 - Ce sera donc ce soir à 18h30 sur le champ de mars à Romand.
04:56 Merci à vous Guillaume Fort.
04:57 On a bien entendu une audience que vous espérez, un procès que vous attendez d'ici la fin de l'année.
05:02 - Nous l'espérons.
05:03 - Que vous espérez pour Abdallah Ahmed Ousmane qui a tué deux personnes
05:08 et en a blessé cinq autres le 4 avril 2020.
05:12 Merci à vous, passez une bonne journée.
05:14 - Merci.
05:15 - Interview à retrouver dans quelques instants sur francebleu.fr, il est 7h49.
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