00:00... du RAID et Massinissa Ossin. Bonjour, conseiller municipal d'Hivergauche d'Aubervilliers.
00:06Merci également d'être avec nous. Je voulais commencer quand même avec ce qui s'est passé hier soir à Lyon
00:10parce que c'est assez glaçant ce qui s'est passé en pleine rue.
00:14Glaçant parce qu'on se dit que ça peut nous arriver à tous puisqu'a priori c'est un simple accrochage,
00:18un simple accident de la route qui aurait dégénéré.
00:22Et le bilan est terrible puisqu'il y a six blessés à coups de couteau.
00:25C'est pas l'accident qui a provoqué les six blessés, ce sont six blessés à coups de couteau.
00:29Parmi lesquels il y en a trois graves, deux dans un état critique et en particulier deux qui auraient été éviscérés.
00:37Ça paraît totalement surréaliste. On est en direct avec Benoît Barré, conseiller spécial du syndicat Alliance Police Nationale.
00:43Bonjour, merci beaucoup d'être en direct avec nous.
00:45Cette histoire, je l'ai dit, elle est glaçante parce qu'on se projette tous dans une histoire comme celle-là.
00:50Un accident de la route qui a priori dégénère et ça devient un drame, une catastrophe.
00:55Alors évidemment, l'affaire est sidérante lorsqu'on se rend compte qu'aujourd'hui, la loi publique, c'est devenu un ring.
01:04Un ring sans règles, sans foi ni loi.
01:06On est capable à Lyon à 20 heures de la soirée de donner des coups de couteau, d'avoir des agressions extrêmement sauvages.
01:15Mais alors, attention, il y a une enquête en cours actuellement. Accident matériel, corporel, suivi d'une rixe, règlement de compte entre personnes de même communauté.
01:25C'est l'enquête qui déterminera. Par contre, quoi qu'il en soit, quoi qu'il en soit, quelle que soit la raison, le résultat est là.
01:32La voie publique, un ring, des coups de couteau. Imaginez la sidération des personnes qui peuvent voir ça.
01:37Comment c'est glaçant. Aujourd'hui, on se rend compte que les agressions, maintenant, ça se passe pour un oui ou pour un non.
01:43C'est la première des choses, le passage à l'acte, avec souvent des futilités.
01:48Et au-delà du passage à l'acte, c'est la façon de faire l'intensité de la violence.
01:53Coup de couteau, botte de baseball. Enfin, à un moment donné, je pense que la situation, évidemment, tout le monde la connaît, on la voit.
02:00C'est de pire en pire, c'est orange mécanique.
02:04On arrive dans des situations où, sur le voie publique, effectivement, on peut être victime pour un oui ou pour un non d'une agression extrêmement violente.
02:12Mais une nouvelle fois, sur votre antenne, je dis, attention, laissons l'enquête, laissons les enquêteurs faire leur travail,
02:19déterminer les circonstances exactes de la situation, savoir si oui ou non, c'est un accident ou un règlement de compte.
02:25Vous savez qu'initialement, c'est un choc frontal entre deux véhicules.
02:28Donc, il faut effectivement voir ce que va donner l'enquête à l'issue des premières auditions.
02:34Tout à fait. On va laisser les enquêteurs faire leur travail.
02:36Moi, je voudrais qu'on en vienne juste, enfin, qu'on s'intéresse surtout au résultat.
02:39Le résultat, c'est six blessés avec des coups de couteau et deux qui ont été éviscérés.
02:45Enfin, on est chez les sauvages. Excusez-moi, je n'ai pas d'autre expression qui me vient.
02:50Mais c'est exactement ce que je vous dis.
02:52Aujourd'hui, il n'y a plus de limite dans la violence, l'ultra-violence.
02:56On est capable de vouloir tuer des gens sur la voie publique, comme vous le dites,
02:59avec des coups de couteau, avec des lames extrêmement importantes.
03:02Il n'y a plus de limite. Il y a le sujet. Il n'y a plus de limite.
03:05Mais comment on peut arriver à ça ? Je vais vous dire, ça fait des années qu'on est dans une situation
03:10où il n'y a pas eu de réponse pénale très ferme.
03:13On sait qu'aujourd'hui, la sanction dans notre pays n'a plus du tout la fonction qu'elle doit avoir.
03:18Je vous rappelle que la sanction et la justice, ça doit d'abord neutraliser les personnes qui commettent ça
03:23et faire en sorte qu'il y ait un vrai message clair.
03:25Aujourd'hui, on a l'impression qu'il n'y a plus de peines qui tombent, des peines fermes qui vont jusqu'au bout.
03:36Il faut revenir. Mais je vous le dis, on en parle systématiquement sur les antennes.
03:40Aujourd'hui, je crois que les Français, les citoyens regardent ce qui se passe.
03:44Imaginez les personnes qui étaient hier à Lyon à 20h du soir
03:48et qui assistent à une scène de guérilla, de meurtre, une scène inouïde, une violence incroyable.
03:55C'est ça, le vrai sujet. C'est ça, aujourd'hui, ce stop que nous, Allianz,
03:59lorsqu'on réclame un retour de l'autorité, restaurer l'autorité, ça commence par ça.
04:05Aujourd'hui, on ne peut plus accepter que la voix publique, ce soit, je vous l'ai dit tout à l'heure,
04:09c'est peut-être un terme fort, mais c'est un terme réel.
04:12On ne peut plus accepter aujourd'hui que la voix publique devienne un ring,
04:16un ring de bandes rivales, un ring de personnes extrêmement sauvages
04:19qui vont vous agresser, vous vivre pour des futilités.
04:23Donc ça, c'est quelque chose qu'on ne peut plus accepter.
04:26Et puis, pareil, on ne peut pas parler de fait divers, ce terme même, fait divers.
04:31On ne peut plus dire que c'est pas...
04:32Les faits divers, ce n'est pas ça, un fait divers.
04:34Là, aujourd'hui, c'est encore des tentatives de missiles, bandes rivales ou pas,
04:37mais comme vous le dites, M. Morandini, c'est vraiment la conséquence.
04:39La conséquence, aujourd'hui, c'est que la voix publique,
04:41il peut y avoir des enlèvements, des tentatives de meurtre,
04:44des meurtre, des coups de couteau, des coups de batte de baseball
04:47pour un oui ou pour un non.
04:48Je veux dire, cette violence aujourd'hui,
04:50cette violence qu'on constate sur le terrain,
04:52alors évidemment, je pense à toutes les victimes,
04:54mais je pense aussi aux policiers, vous le disiez tout à l'heure dans votre émission,
04:58des policiers qui sont agressés exactement tous les jours
05:00parce qu'ils sont là pour faire face à cette ultra-violence.
05:04Et lorsqu'on parle d'ultra-violence,
05:05je ne sais même pas si je suis assez fort dans mes termes
05:08en parlant d'ultra-violence.
05:09Qu'est-ce qui est sûr ?
05:11C'est une violence extrêmement débridée,
05:12une violence qui n'a plus de stop,
05:14une violence qui est incapable de s'arrêter.
05:17Cette spirale inflationniste,
05:18la violence, évidemment qu'elle pose question.
05:20Elle pose question parce qu'aujourd'hui,
05:22on doit être capable en France
05:23de pouvoir vivre librement,
05:25sans avoir peur de l'agression.
05:27Et c'est pour ça que lorsqu'Alliance,
05:29on réclame ce retour de l'autorité,
05:31faire en sorte que la sanction,
05:33cette sanction qu'on réclame, nous,
05:34avec des peines courtes, immédiates,
05:37exécutées jusqu'au bout,
05:38tant qu'on n'arrivera pas à ça,
05:40on n'arrivera jamais à stopper cet état de fait,
05:43un état de fait,
05:44de violence inouïe,
05:45que personne ne doit accepter.
05:48Et de rien faire,
05:49ne pas répondre,
05:50ne pas avoir de peine,
05:51des peines qui ne vont pas au bout,
05:53c'est l'accepter.
05:54Et accepter la violence,
05:55c'est-à-dire quelque part,
05:56que la loi de la République,
05:58que la loi de la République,
05:59elle est piétinée par une certaine catégorie de personnes
06:01qui de toute façon s'entend panne
06:03parce qu'ils savent très bien
06:04qu'au bout, il n'y aura rien.
06:05Donc, vraiment,
06:06il faut absolument restaurer l'autorité.
06:09Et puis, je veux dire,
06:10je le dis encore,
06:11mais je le dis à chaque fois,
06:12et c'est sûr que c'est votre entête,
06:13vous le dites souvent,
06:13les premiers également
06:14qui sont touchés par ça,
06:15c'est les collègues,
06:16les collègues qui interviennent
06:17chaque nuit et chaque jour
06:18par des personnes extrêmement déterminées
06:21qui, de toute façon,
06:22pour eux,
06:22la vie humaine,
06:23j'ai envie de vous dire,
06:24on se demande même à quoi,
06:25ils imaginent à quoi est la vie humaine
06:27parce que franchement,
06:28il n'y a aucun respect de la vie humaine.
06:29Quand vous êtes capable
06:30de vouloir inventer quelqu'un
06:31à coup de couteau
06:32pour un accident ou autre,
06:33eh bien, j'ai envie de vous dire,
06:34quelque part,
06:35il faut aussi se poser la question
06:37du rapport de la vie humaine.
06:38Voilà.
06:39Aujourd'hui,
06:39pour le rapport
06:40et pour la justice.
06:41Merci beaucoup,
06:42Benoît Barré,
06:42c'est terrible.
06:43En fait,
06:43cette histoire,
06:44elle est terrible
06:45parce qu'elle est tellement
06:46le symbole de ce qui se passe
06:47dans notre société aujourd'hui,
06:48tellement le symbole
06:49de beaucoup de choses.
06:50Benoît Barré,
06:50conseiller spécial du syndicat
06:51Alliance Police Nationale.
06:53Bruno Pauvin,
06:54je vous voyais réagir,
06:54vous êtes ancien policier,
06:56ex-instructeur du RET,
06:57je vous voyais réagir,
06:58mais honnêtement,
06:59vous vous rendez compte
07:00qu'en plus,
07:00il était 20h hier soir.
07:02C'est-à-dire qu'on n'est pas
07:02à 3h du matin.
07:04Aujourd'hui,
07:04il fait jour,
07:04effectivement,
07:05à 20h.
07:06Vous avez des gens
07:06qui s'affrontent comme ça
07:07après un accident,
07:09alors un accident provoqué ou pas,
07:10enfin l'enquête le dira,
07:11mais c'est même pas l'essentiel.
07:12C'est-à-dire que vous êtes passant,
07:13vous êtes avec votre gamin,
07:15vous êtes une femme
07:16en train de rentrer
07:17et vous voyez des gens
07:19en train de se battre
07:19à coups de couteau
07:20et deux personnes
07:21se faire éventrer,
07:22deux personnes
07:22qui sont à l'heure actuelle
07:23entre la vie et la mort en plus.
07:24Oui,
07:25alors on peut penser,
07:26laissons faire l'enquête,
07:27que ce soit une rixe
07:28ou un règlement de compte.
07:29Moi,
07:30j'irais vers un règlement de compte,
07:31parce que vu
07:32le niveau de violence
07:33et l'affrontement
07:34de deux bandes comme ça
07:35à coups de couteau,
07:36on peut s'interroger
07:37entre la rixe classique,
07:38je dirais,
07:38où on se bastonne
07:39et...
07:39Le résultat elle-même.
07:41C'est pour ça.
07:41Moi,
07:43ce qui me fait sourire,
07:43120.
07:44Moi,
07:45il n'y a rien
07:45qui me fait sourire.
07:47Mais tous les politiques
07:47vont le dire là,
07:49c'est restaurer l'autorité.
07:51Des grands mots,
07:51toujours.
07:52Qu'est-ce qu'il y a derrière ça ?
07:53Rien du tout.
07:53Rien du tout,
07:54parce que,
07:54je vais vous dire,
07:55on a 82 000...
07:56On a 82 000...
07:57Non,
07:57non,
07:57non,
07:58mais...
07:58Je sais de quoi je parle.
07:59Mais pas du tout,
08:01ce que je dis,
08:01restaurer l'autorité.
08:02C'est des grands mots.
08:03On a 82 000 personnes
08:05incarcérées dans ce pays.
08:06Ce ne sont pas des moindres.
08:07Donc,
08:08on ne peut pas dire
08:08qu'on incarcère pas.
08:09On sanctionne aussi.
08:10Le problème,
08:11mais personne n'en parle.
08:12Tout le monde s'en fout.
08:12Vous êtes le maire adjoint.
08:14Il est député.
08:15Il est conseiller municipal.
08:18On ne parle à aucun moment.
08:19J'entends parler d'éducation et compagnie.
08:20Et ça,
08:21c'est 30 ans,
08:2240 ans
08:22de manque d'éducation,
08:23de travail.
08:24Mais sur eux,
08:24qu'est-ce qu'on fait ?
08:25Vous repartez avant.
08:26Vous repartez à l'époque d'avant.
08:28Non,
08:28non,
08:28qu'est-ce qu'on fait pour eux,
08:31là ?
08:32Parce que là,
08:32il y a toute une génération
08:33qui a été éduquée comme ça.
08:34Il y a toute une génération...
08:36Non,
08:36qui n'a pas été éduquée.
08:37Effectivement,
08:37vous avez raison.
08:38Il y a toute une génération
08:39qui est comme ça.
08:41Non,
08:41mais c'est trop tard.
08:42Mais c'est trop tard.
08:42Ils ont 20 ans.
08:44En même temps,
08:44je pense qu'on ne pourra pas
08:45mettre tout le monde en prison
08:46puisque vous dites que
08:47cette génération,
08:48elle a l'air quelque part...
08:49Elle est,
08:49elle est,
08:50on le voit.
08:51On a un peu le sentiment
08:51qu'elle a l'air...
08:52Une partie,
08:52soyons modérés encore une fois.
08:53On ne peut pas dire
08:54que cette génération est foutue
08:55parce que dans ce cas-là,
08:56il y a...
08:56Une partie,
08:57une partie.
08:58Une partie de cette génération
08:58on peut le dire.
08:59Une partie,
08:59je ne sais pas.
09:00Mais ce qui est sûr,
09:00ce qui est sûr,
09:01c'est qu'aujourd'hui,
09:02la France va mal.
09:02Bon,
09:03nous sommes dans une situation...
09:05Où est la police de proximité ?
09:06Aujourd'hui,
09:07les habitants ont besoin...
09:08Le grand mythe.
09:09Les citoyens,
09:09excusez-moi,
09:10mais les citoyens,
09:11aujourd'hui,
09:11ont besoin de proximité.
09:13Où est passée la proximité ?
09:14La proximité s'associe
09:16avec la prévention,
09:18avec l'éducation,
09:19ce que dit mon collègue
09:19juste à côté.
09:20Je suis désolé,
09:21lorsque vous avez
09:22un phénomène de violence
09:23qui s'accentue
09:24et qui s'accélère
09:26de la manière
09:27dont nous vivons aujourd'hui,
09:28à un moment donné...
09:29Elle va faire quoi,
09:30vous savez le...
09:32Je vais vous prendre un exemple.
09:33Je vais vous prendre un exemple.
09:33Je vais vous prendre un exemple.
09:34Non mais attendez,
09:35hier j'étais sur une action...
09:36Non mais je vais vous prendre
09:37un exemple très simple.
09:37Hier j'étais sur une action
09:38de sensibilisation
09:40à la propreté
09:41dans un quartier
09:42de la ville d'Aubervilliers.
09:43Bon,
09:43il y a eu un échauffouré
09:44entre un chauffeur de bus
09:45avec un bus
09:47qui était bondé de monde,
09:48en même temps
09:49les problèmes de transport
09:50qui font que
09:51ça crée un peu
09:52du surménage
09:53et puis
09:53un utilisé...
09:56Enfin,
09:57une personne,
09:57un passant.
09:58Bon,
09:58il y a eu un échauffouré
09:59mais ça s'est résorbé
10:00par le dialogue.
10:01Voilà,
10:01parce que d'autres personnes
10:02entourées ont discuté,
10:03ont échangé
10:04et ça a fini par s'apaiser.
10:05Vous êtes dans le monde
10:05de oui-oui, non ?
10:06Non, non, je suis...
10:07Excusez-moi,
10:07vous êtes dans le monde
10:08de oui-oui ?
10:08Non, non,
10:09il y a deux fois...
10:11Il sort les couteaux,
10:14il s'est évitable...
10:14Il y a deux fois...
10:17Il y a deux situations différentes.
10:19Lorsqu'ils sortent les couteaux,
10:20ce n'est pas anodin.
10:20Qu'est-ce qui s'est passé ?
10:21Déjà, un,
10:22de deux,
10:23lorsque vous avez
10:24des personnes violentes...
10:25En vous écoutant,
10:25je repense à cette image à Lyon
10:26où vous avez une personne
10:27qui était dans le métro
10:28qui en bouscule par hasard
10:30une autre en descendant
10:31les escaliers,
10:31l'autre y va,
10:32il lui tape sur la gueule.
10:33Mais je pourrais être
10:33dans l'assurance chère,
10:36sortons l'armée,
10:36sortons l'armée,
10:38les policiers,
10:39mais il n'y a pas de problème.
10:40Moi je vous dis oui,
10:41sortons l'armée,
10:41sortons les policiers.
10:43Le dialogue, c'est fini,
10:44on a essayé depuis 30 ans
10:44de faire du dialogue,
10:45le résultat est catastrophique.
10:47Non, je suis désolé.
10:47Non, non,
10:48il y a dialogue et dialogue.
10:49Maintenant, le dialogue,
10:50vous voulez pas en entendre parler ?
10:52Ok, la première réponse,
10:52elle est sécuritaire.
10:53Très bien.
10:54Une fois qu'on a rétabli l'ordre,
10:55qu'est-ce qu'on fait ?
10:56Les gens vont se tenir
10:57à un carreau eux-mêmes ?
10:58À un moment donné,
10:58il faut dialoguer,
10:59il faut créer...
11:00Non, mais après, après.
11:00Mais d'abord, on rétablit l'ordre.
11:02D'abord, on rétablit l'ordre.
11:04Julien Audoul,
11:04Julien Audoul qui n'a pas parlé.
11:05La première réponse,
11:06c'est la fermeture.
11:06Je suis tout à fait d'accord.
11:07Je suis atterré par cette bien-pensance
11:09qui nous pourrit la vie,
11:11qui nous gangrène,
11:12qui instaure un laxisme
11:14depuis 30 ans.
11:15Il n'y a pas besoin
11:16de police de proximité.
11:17Je rappelle que la police
11:18est déjà proche par définition.
11:20La police, elle est sur le...
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