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  • il y a 2 ans
Stéphane Dieterich avait vingt-quatre ans quand on l'a découvert mort, poignardé près de Belfort une nuit de l'été 1994. C'était un jeune homme tranquille qui poursuivait des études économiques et se préparait à une carrière financière. Un meurtre commis avec acharnement, tout aussi brutal qu'incompréhensible. L'enquête va se retrouver en panne d'indices et de témoignages. La justice ne va alors avoir d'autre choix que de refermer le dossier.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Regardez L'heure du Crime du 03 avril 2024 avec Jean-Alphonse Richard.

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Transcription
00:00 -Il m'a dit "Moment, un quart d'heure".
00:08 J'ai attendu, je n'ai pas fermé les portes.
00:10 J'attendais mon fils.
00:12 Vers 23h, j'ai dit "Tiens, Stéphane n'est pas rentré".
00:15 Il m'a dit "Moment, un quart d'heure, une demi-heure".
00:18 J'attends toujours mon fils.
00:20 -Bonjour. Stéphane Dietrich avait 24 ans
00:23 quand on l'a découvert mort, poignardé près de Belfort,
00:27 une nuit de l'été 1994. C'était un jeune homme tranquille
00:31 qui poursuivait des études économiques
00:33 et se préparait à une carrière financière.
00:36 En meurtre, commis avec acharnement,
00:38 tout aussi brutal qu'incompréhensible.
00:41 L'enquête va se retrouver en panne d'indices et de témoignages
00:44 et la justice va refermer le dossier.
00:47 La famille de Stéphane ne va jamais accepter ce silence.
00:50 Elle va inlassablement continuer à demander la vérité.
00:54 Une longue marche de patience, de ténacité,
00:57 jusqu'à ce que 20 ans plus tard,
00:59 un personnage surgisse dans le décor.
01:01 Il était l'un des meilleurs amis de la victime.
01:04 Cette amitié aurait fini par tourner à l'obsession,
01:07 à la préparation d'un crime et au passage à l'acte.
01:10 Quel est le scénario qu'ont découvert les enquêteurs
01:13 et quel secret fatal auraient partagé l'assassin et sa victime ?
01:17 Question posée aujourd'hui à nos invités.
01:19 L'affaire Stéphane Dietrich, le mort du Boisjoli,
01:23 il m'a dit qu'il avait un truc à faire.
01:25 Je lui ai proposé de l'attendre.
01:27 Il m'a répondu qu'il se débrouillerait pour rentrer.
01:30 Je l'ai laissé.
01:31 L'enquête de l'heure du crime,
01:33 la seule émission radio 100 % fait d'hiver à toute suite.
01:36 -L'heure du crime,
01:38 présentée par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
01:41 14h30, 15h30,
01:43 Jean-Alphonse Richard sur RTL.
01:46 L'heure du crime.
01:48 -Dans "L'heure du crime",
01:49 la mort inexpliquée de Stéphane Dietrich
01:52 à l'été 1994, le jeune homme est retrouvé poignardé
01:56 dans un coin isolé près de Belfort.
01:58 La victime a été sans doute attirée dans un piège.
02:00 Mardi 5 juillet 1994, à 7h40,
02:05 un correspondant anonyme contacte le commissariat de Belfort
02:09 pour signaler la présence d'un corps au Boisjoli, à Esser,
02:12 une commune toute proche.
02:14 Le malheureux serait mort poignardé.
02:16 Les policiers sont aussitôt sur place.
02:19 L'individu gît sur le côté, en partie dévêtu,
02:22 habillé d'une chemisette tachée de sang.
02:24 Il a toujours ses chaussettes et ses chaussures,
02:27 en short propre, exempt de tâches, et juste à côté.
02:30 Il n'y a pas beaucoup de sang sur les lieux,
02:32 un endroit caché dans les broussailles,
02:35 jonché de détritus et qui pourrait être un lieu de rendez-vous.
02:38 Le légiste indique que la mort est survenue
02:41 entre 8 et 24h avant la découverte.
02:44 L'homme présente 11 plaies.
02:46 La lame d'une quinzaine de centimètres
02:48 s'est enfoncée parfois profondément,
02:51 sectionnant l'aorte, pénétrant le poumon gauche et l'intestin.
02:54 Le jeune homme, non identifié, ne s'est pas défendu.
02:57 Peut-être se sentait-il en confiance ou a-t-il été surpris.
03:00 Le médecin ne relève aucune trace de viol ou de relation sexuelle.
03:05 En milieu de matinée, Roland Dietrich et Christophe Blain
03:08 débarquent au commissariat.
03:10 L'habitante de Belfort vient signaler la disparition de son fils,
03:14 Stéphane, 24 ans.
03:16 "Étudiant, il vit chez elle.
03:18 "Il n'a plus donné de nouvelles depuis la veille.
03:21 "Un short rayé gris et noir, une chemise orangée,
03:23 "une gourmette en argent.
03:25 "Stéphane Dietrich est bien le mort
03:28 "découvert aux premières heures de la journée."
03:31 Christophe Blain, 25 ans, qui accompagne la maman,
03:34 est aussitôt entendu.
03:35 Il est là car il est un ami proche de Stéphane.
03:38 Ils se sont connus au lycée.
03:40 Ils devaient partir le jour même en vacances,
03:42 direction Grenoble, Antibes, puis un séjour à Paris.
03:45 Tout était prêt.
03:46 La veille, il est passé à 22h chez les Dietrichs
03:49 pour discuter avec Stéphane.
03:51 Il l'a accompagné en voiture jusqu'à un distributeur bancaire.
03:55 Stéphane lui a ensuite demandé de le laisser à la fête foraine.
03:58 "Il m'a dit qu'il avait un truc à faire.
04:00 "Je lui ai proposé de l'attendre, mais il m'a répondu
04:03 "qu'il se débrouillerait pour rentrer chez lui.
04:06 "Je l'ai laissé, dit Christophe Blain.
04:08 "Il dit avoir passé la nuit chez sa petite amie Carole.
04:11 "Il précise que Stéphane avait oublié sa carte bancaire
04:14 "dans sa Renault 5.
04:15 "Il la remise ce matin à Roland Dietrich.
04:18 "Il ne comprend pas ce que son fils est allé faire
04:20 "à cette fête foraine.
04:21 "Pourquoi est-il sorti, vêtu d'un short, d'une chemisette ?
04:24 "Pourquoi encore ?
04:26 "Il n'a même pas emporté ses clés.
04:28 "Roland Dietrich raconte qu'en partant, son fils lui a dit
04:31 "qu'il en avait pour 15 ou 30 minutes.
04:34 "Quand ce matin, elle a appelé Christophe Blain
04:36 "pour lui dire que Stéphane n'était pas rentré de la nuit,
04:39 "celui-ci lui a répondu,
04:40 ""Mais vous me faites peur, madame Dietrich.""
04:43 Jeudi 7 juillet, Christophe Blain,
04:46 dernière personne à avoir vu vivant Stéphane Dietrich,
04:48 est interrogé.
04:49 Il raconte son amitié avec la victime,
04:51 évoque au passage de possibles penchants homosexuels de son ami,
04:55 mais précise qu'il n'y a jamais eu de geste équivoque entre eux.
04:58 Les policiers vérifient la piste de la fête foraine
05:01 où peut traîner parfois une faune peu fréquentable,
05:04 mais ils en reviennent toujours à Christophe Blain.
05:07 Ils soupçonnent une relation cachée entre les deux hommes.
05:09 Une dispute aurait-elle éclatée ?
05:11 Sur des écoutes, Carole, la petite-amie de Christophe Blain,
05:14 raconte que ce dernier a perdu 12 kilos
05:16 dans les 15 jours qui ont suivi le drame.
05:18 À propos de la police, elle dit qu'il pense vraiment que c'est lui.
05:21 Les enquêteurs s'aperçoivent encore que Christophe Blain
05:24 était titulaire d'un compte bancaire en actions
05:26 alimenté par l'argent de la victime.
05:29 7 septembre, deux mois après le crime,
05:31 Christophe Blain est en garde à vue.
05:33 Il dit avoir vendu les actions
05:34 et comptait restituer l'argent à la famille.
05:36 Il n'a rien fait de mal à son copain de lycée.
05:40 Libéré après 24 heures de garde à vue,
05:42 l'enquête ne va plus bouger.
05:44 15 octobre 2001, le juge délivre un non-lieu.
05:48 À partir de ce non-lieu, les investigations s'arrêtent.
05:52 Les proches de Stéphane Dietrich vont continuer à s'interroger,
05:55 à s'agiter, mais à ce stade, on ne les entend pas,
05:58 ou peut-être on ne veut pas les entendre,
05:59 à croire que cette affaire va finir aux oubliettes judiciaires.
06:02 Il va falloir attendre 12 ans pour que cette histoire reparte.
06:06 On va en parler dans la suite de l'heure du crime.
06:08 Pour le moment, il nous faut revenir à Esser,
06:10 dans la banlieue de Belfort,
06:12 avec cette scène de crime.
06:14 Bonjour, Marion Garnier.
06:16 - Bonjour.
06:16 - Merci infiniment d'être avec nous aujourd'hui,
06:18 dans l'heure du crime.
06:19 Vous êtes rédactrice en chef d'une émission qu'on connaît bien,
06:22 c'est "Non élucidé" sur RMC Story,
06:25 et que je regarde avec attention, cette émission.
06:28 Et puis, vous êtes co-auteur avec Cyriel Adam,
06:30 qui est avec nous également aujourd'hui.
06:31 Bonjour, Cyriel. - Bonjour.
06:33 - Co-auteur du livre "Cold Case",
06:35 qui sort aujourd'hui aux éditions Larousse,
06:37 et dans lequel, évidemment, vous évoquez cette affaire Stéphane Dietrich.
06:41 Alors, Marion Garnier, il y a cette scène de crime,
06:44 c'est d'une très grande brutalité.
06:47 Mais à la fois, on a poignardé très puissamment,
06:50 puis parfois pas vraiment puissamment.
06:52 C'est très étrange.
06:53 - C'est très étrange, parce que c'est effectivement
06:55 une scène de crime, un crime extrêmement violent,
06:58 puisque la victime a reçu 11 coups de couteau,
07:01 certains très violents, d'autres un petit peu moins.
07:04 Mais ce qui est très étrange aussi,
07:06 c'est qu'il n'y a aucune trace de défense,
07:09 et qu'il n'y a aucune trace de lutte non plus dans la forêt.
07:11 Donc, on se dit dès le départ que c'est un crime de surprise.
07:14 À part surprise, la victime n'a pas vu l'agresseur arriver,
07:18 n'a pas vu l'agression arriver.
07:20 - C'est ça. Cyriel, à l'adance,
07:21 il faudrait dire que ça pourrait être en guet-tapant, tout simplement ?
07:24 - Probablement.
07:25 D'ailleurs, il y a plusieurs zones de lésions
07:29 sur le corps de Stéphane Dietrich,
07:32 dont une première zone dans le dos.
07:34 Donc, on peut penser que la victime...
07:35 - A été attaquée. - A été attaquée, tout à fait.
07:38 - Et donc, ça, ça surprend les policiers.
07:41 Le coin, il n'est pas forcément très bien fréquenté, Marion ?
07:44 - Le coin, ce serait un coin de rencontre
07:49 de couple homosexuel, surtout de rencontre.
07:53 En même temps, on dit souvent ça de tous les lieux
07:55 à la périphérie des villes.
07:58 Et très souvent, quand il y a un crime
07:59 dans un bois à la périphérie d'une ville,
08:01 on dit "c'est un lieu de rencontre".
08:03 Donc, vrai ou faux, je ne sais pas exactement.
08:06 Ce qui est important aussi, c'est qu'au départ,
08:09 les enquêteurs ont le sentiment
08:11 que c'est le lieu de découverte du corps
08:13 et non pas le lieu de la commission du crime.
08:17 Parce que les vêtements de la victime ne sont pas mouillés,
08:21 alors qu'il a plu très fort toute la nuit,
08:24 et qu'il n'y a pas beaucoup de sang.
08:26 Cette première constatation sera après démentie
08:29 par les différentes expertises,
08:30 mais elle fait parler cette scène de crime au départ.
08:33 Il y a différentes théories qui sortent de cette scène de crime.
08:35 Elle n'est pas très claire.
08:36 On a pensé que le corps avait été tiré au sol.
08:39 Peut-être même aurait-il été tué ailleurs
08:43 et déplacé ici.
08:45 Bonjour, Sylvain Dietrich.
08:47 Bonjour, Jean-Alphonse. Bonjour aux auditeurs.
08:49 Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui
08:52 dans le studio de l'Or du crime.
08:53 Vous êtes le frère de Stéphane Dietrich.
08:56 Je vous tire mon chapeau, Sylvain Dietrich,
08:59 parce que sans vous et sans votre maman,
09:02 cette affaire serait encore aux oubliettes.
09:05 Vous êtes battu pendant des années pour avoir la vérité.
09:07 Vous l'avez obtenue, cette vérité. On va évidemment en parler.
09:10 Sylvain Dietrich, lorsque vous apprenez la mort de votre frère,
09:14 je ne vous parle même pas si c'est un choc ou pas,
09:16 je ne vais pas vous poser la question,
09:17 mais vous pensez à quoi ? Parce qu'il a été tué.
09:20 Tout de suite, on évoque un lieu, la fête foraine.
09:24 Et donc, pour moi, si vous voulez, je ne comprends pas.
09:27 Parce que ce n'est pas un lieu où il se rendait habituellement.
09:31 Et si vraiment il avait été sur ce lieu-là,
09:35 il ne serait certainement pas allé tout seul.
09:37 Donc, il y a quelque chose qui...
09:39 Alors déjà, l'événement, plus le lieu.
09:42 C'est très...
09:43 C'est embrouillé dans nos esprits, à ma famille et à moi.
09:47 Est-ce que Stéphane, c'est un garçon secret, discret ?
09:51 Il ne vous dit pas tout ?
09:53 Ce n'est pas le cas.
09:54 C'est quelqu'un qui, on va dire, marche après marche,
09:58 qui élaborait, je dirais, sa vie, son devenir.
10:04 Ce qui est bien normal, il a 23 ans.
10:05 C'est normal.
10:06 Et donc, si vous voulez, c'est vrai que quand on voit maintenant,
10:10 on voit encore les dernières statistiques,
10:13 les tanguis qui restent jusqu'à 27, 28 ans à la maison.
10:16 Donc, c'est vrai que beaucoup d'enquêteurs
10:18 ont voulu qu'il soit marié, qu'il ait des enfants,
10:20 qu'il fasse ses études.
10:22 Il y avait un truc qui n'allait pas non plus, si vous voulez.
10:24 Il y avait des enquêteurs qui aussi étaient dépassés
10:27 par les événements.
10:29 Pas tous, mais beaucoup étaient dépassés par l'événement.
10:32 Et c'était l'été, il y a des personnes qui sont en congé.
10:36 Et...
10:37 Ce que vous nous dites, c'est que l'enquête,
10:38 elle ne démarre pas très bien, finalement.
10:40 C'est ça ?
10:41 Exactement.
10:42 C'est souvent le cas en plein été, etc.
10:44 Les meurtres du 15 août, ils sont fatales,
10:46 parce qu'effectivement, c'est toujours très compliqué
10:47 d'avoir du monde sur place.
10:50 Cyriel Adam, j'ai oublié de dire que vous étiez, vous,
10:52 rédactrice en chef de la collection Enquête Chrono sur RTL9.
10:57 Il y a ces affaires d'argent aussi.
10:58 Tout de suite, on dit, il avait un compte
11:00 qui était alimenté par Stéphane.
11:02 On parle là de son copain, Christophe Blain.
11:06 Ce qui est sûr, c'est que Stéphane Dietrich,
11:07 c'est un étudiant brillant en économie.
11:10 Il est majeur de promotion et il a une passion
11:13 pour l'économie, pour la bourse.
11:14 D'ailleurs, Christophe Blain dira qu'au moment
11:18 où ils étaient ensemble au lycée, il avait été très admiratif
11:22 d'un exposé que Stéphane Dietrich avait fait sur la bourse.
11:26 Voilà, on a tout ça.
11:28 Après, pour le reste, matériellement parlant,
11:33 il n'y a pas grand-chose dans le dossier
11:34 qui vient étayer ces histoires-là.
11:36 Marion Garnier, un mot sur Christophe Blain.
11:39 Ils sont très amis, tous les deux.
11:41 Il est très ami avec la victime,
11:42 c'est pas même son meilleur ami.
11:43 Ils sont très amis et très différents.
11:46 C'est-à-dire que Stéphane est quelqu'un de très sérieux,
11:50 qui suit des études brillantes,
11:52 qui grandit dans une famille unie,
11:56 avec des échanges plutôt intellectuels,
11:58 où on s'intéresse à la politique.
12:00 Et Christophe Blain, de son côté,
12:02 est dans une famille difficile, a arrêté ses études,
12:06 reprend ses études grâce à Stéphane.
12:09 Stéphane évolue dans un milieu où il y a beaucoup plus d'argent
12:13 que chez Christophe Blain.
12:15 C'est un peu son mentor, finalement.
12:17 Peut-être, peut-être.
12:19 Ils ont des qualités différentes.
12:22 Christophe Blain est plus sportif que Stéphane.
12:27 Christophe Blain a une personnalité un petit peu différente
12:32 selon les milieux dans lesquels il est.
12:34 Dans la famille Dietrich, il est plutôt introverti.
12:37 À l'extérieur, il travaille comme pigiste dans un journal local.
12:41 Là, c'est quelqu'un de drôle, qui parle beaucoup.
12:44 Ils sont différents et très amis,
12:46 presque complémentaires, on pourrait se dire ça, au départ.
12:50 - Sylvain Dietrich, juste un mot là-dessus.
12:52 Christophe Blain, vous le voyez souvent à la maison ?
12:54 - Oui, il s'invite souvent. - Il est souvent là.
12:57 Il est sympathique comme garçon.
12:58 - Alors, je dirais que...
13:00 - À l'époque, soyez franc, comment vous le voyez ?
13:03 - Non, je ne dirais pas forcément ça.
13:06 Je dirais qu'on respectait cette amitié qu'ils avaient.
13:09 - C'est ça. Ça ne vous regardait pas, finalement.
13:11 - Mais juste parce que vous souhaitez me pousser,
13:15 mais je pense simplement donner les informations
13:18 par rapport à mes parents.
13:19 Ma maman était très sociable, elle recevait facilement.
13:23 Et puis après, mon père, en revanche, ne l'appréciait pas du tout.
13:26 Il n'appréciait pas cette personne.
13:28 - 12 ans après le non-lieu, le dossier va être rouvert.
13:31 L'affaire Stéphane Dietrich, le mort du Boisjoli.
13:34 Christophe m'avait proposé 10 000 francs pour tuer un homme.
13:38 Il ne m'a pas dit de qui il s'agissait,
13:41 mais il était question d'utiliser un couteau.
13:43 L'enquête de l'ordre du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
13:47 - 14h30, 15h30.
13:49 L'heure du crime sur RTL.
13:52 - 14h30, 15h30.
13:55 L'heure du crime sur RTL.
13:57 Jean-Alphonse Richard.
13:58 - L'heure du crime consacrée à l'affaire Stéphane Dietrich.
14:01 En juillet 94, ce jeune homme est retrouvé mort près de Belfort.
14:05 11 coups de couteau.
14:06 Un ami, dernière personne à l'avoir vu vivant,
14:08 est un temps suspecté.
14:10 Enquête close.
14:11 Relancée 20 ans après le drame.
14:14 Lundi 4 février 2013,
14:17 le procureur de Montbéliard rouvre l'enquête Dietrich.
14:20 "Quelques mois auparavant, la mère et le frère de la victime
14:22 "ont été longuement entendus par les enquêteurs.
14:24 "Ils ont émis des doutes sur le témoignage de Christophe Blain.
14:28 "On ne le suspecte pas d'avoir fait du mal à Stéphane,
14:31 "mais on pense qu'il cache des choses",
14:32 répètent Roland et Sylvain Dietrich.
14:35 Des expertises ADN sont lancées sur les scellés du crime.
14:38 Des prélèvements effectués il y a 20 ans sont analysés.
14:41 Un ADN masculin inconnu apparaît sur la scène de crime,
14:44 notamment sur le slip et le bracelet-montre de la victime.
14:47 ADN qui, toutefois,
14:49 ne correspond pas au profil génétique de Christophe Blain.
14:52 Lundi 22 septembre 2014,
14:55 le dénommé Ahmed R. se présente à la gendarmerie de Belfort.
14:59 Une série d'émissions télé se sont succédées ces derniers mois
15:02 au cours desquelles est parfois apparu
15:04 le visage flouté du meilleur ami Christophe Blain.
15:08 Ahmed R. a alors fait le lien avec une histoire
15:10 qui remonte à 94,
15:13 l'année où le crime a eu lieu, cette année-là.
15:15 Il était élève au collège Vauban.
15:18 Un surveillant prénommé Christophe
15:20 lui a proposé un jour 10 000 francs pour tuer un homme.
15:23 Il avait, semble-t-il, choisi Ahmed
15:24 car ce dernier mesurait déjà 1,90 m
15:27 et avait une réputation de caïd.
15:29 Le témoin dit que sur le moment, il a cru à une plaisanterie.
15:32 Mais ce Christophe, dont il ignore le nom, a insisté.
15:35 "Pour tuer cet homme, il m'a promis que je serais payé en deux fois
15:39 pour ne pas attirer l'attention de la police.
15:41 Il ne m'a pas dit qui devait être tué
15:44 mais il était question d'utiliser un couteau", ajoute le témoin.
15:47 Le 3 juillet 94, il se souvient exactement de la date
15:50 car c'était le dernier jour du festival des Eurocayenne à Belfort.
15:55 Christophe lui a téléphoné.
15:56 "Il m'a dit de me rendre dans le bois dessert
15:59 où l'homme allait passer."
16:00 Ahmed R. n'a pas donné suite.
16:02 Le lendemain, c'est effectivement à cet endroit
16:04 que Stéphanie Ettriche a trouvé la mort.
16:06 Christophe Blain était bien surveillant au collège Vauban,
16:09 à l'époque indiquée.
16:11 Ahmed l'identifie sans hésitation
16:13 sur les photos présentées par les enquêteurs.
16:15 Les policiers repartent sur la piste Christophe Blain,
16:19 un homme qui a désormais 45 ans
16:21 et travaille dans le Var comme agent immobilier.
16:24 Ses anciennes relations décrivent pour certaines
16:26 un homme jaloux, possessif, agressif, harcelant.
16:29 Un jeune garçon a déposé plainte contre lui
16:31 il y a une dizaine d'années pour agression sexuelle,
16:33 affaire qui s'est terminée par un non-lieu.
16:36 Les témoins parlent encore d'un individu des plus secrets.
16:39 A aucun de ses proches, il n'a parlé de Stéphane Dietrich
16:42 et encore moins du crime de 94.
16:44 Une seule fois, alors qu'il était ivre,
16:47 il aurait prononcé ces mots devant un ami.
16:49 "J'ai fait quelque chose de pas très catholique."
16:52 Il avait alors fait allusion à la carte bancaire
16:54 de Stéphane Dietrich ainsi qu'à un couteau.
16:57 Une expertise psycho-criminologique de la scène de crime
17:00 est alors demandée par le juge d'instruction.
17:02 Le rapport indique que les trois plaies au thorax
17:05 étaient destinées à tuer, le coeur était visé.
17:08 La victime a été agressée par surprise et n'a pas pu se défendre.
17:12 Le rapport précise que l'arme utilisée pour tuer,
17:14 genre couteau de chasse, signe à elle seule la préméditation.
17:18 15 décembre 2015, Christophe Blain est interpellé.
17:22 Et on va voir ce que va raconter Christophe Blain.
17:25 Une confrontation qui va tout changer.
17:26 Il va y avoir des aveux, des explications,
17:28 mais lesquelles, pourquoi ces onze coups de couteau ?
17:31 Pourquoi ces aveux si tardifs ?
17:33 Eh bien, ce sera dans le programme à suivre de l'heure du crime.
17:37 On revient pour le moment à ce qui a remis la justice
17:40 sur la piste de Christophe Blain.
17:44 Avec déjà une question pour vous, Sylvain Dietrich.
17:46 Vous êtes le frère de Stéphane Dietrich
17:48 et vous êtes avec nous dans le studio de l'heure du crime.
17:50 Pourquoi, avec votre famille,
17:53 vous décidez d'aller voir le procureur de Montbéliard ?
17:57 Parce que c'était important ? Vous aviez des choses à lui dire ?
17:59 Non, c'est lui qui nous invite à venir.
18:02 Il avait des dossiers qu'il appelait les dossiers en souffrance.
18:05 Non élucidés.
18:07 Ça porte bien son nom, Marion, clin d'œil.
18:10 Et donc, il nous reçoit avec maman,
18:13 mon père étant décédé depuis.
18:15 Et il a, si vous voulez,
18:19 été vraiment intéressé
18:22 par la personnalité de mon frère.
18:24 Et il disait, pour lui, rien ne collait.
18:27 C'est important, parce que c'est du flair, quasiment.
18:31 C'est tout à fait.
18:32 Je lui ai donné son prénom et son nom, c'est Alexandre Chevrier,
18:36 qui nous a reçus.
18:37 Quand on est famille de victime,
18:39 la justice, parfois, on est fâché contre elle.
18:42 Parce que ça n'avance pas assez vite.
18:44 Je suis tout à fait d'accord.
18:45 Et là, c'est une preuve d'humanité.
18:47 Il vous a ouvert les bras et vous a dit, je vais vous écouter.
18:51 On va parler ensemble de votre affaire.
18:52 Ça, c'est formidable.
18:53 Vous avez raison de citer son nom,
18:56 parce que c'est quelque chose d'exceptionnel.
18:58 C'est très bien.
18:59 Marion Garnier, rédactrice en chef de l'émission Non élucidés,
19:02 RMC Story.
19:04 Et puis, auteur avec Cyriel Adam,
19:05 qui est également notre invité aujourd'hui,
19:07 de ce livre, Cold Case, au pluriel,
19:09 qui sort aux éditions Larousse,
19:11 dans lequel vous évoquez cette affaire d'Yétriche.
19:14 Alors, il y a un concours de circonstances,
19:15 il faut un petit peu en dire un mot,
19:17 pour que l'affaire rebondisse.
19:19 Parce que lorsque Ahmed R vient témoigner,
19:22 il y a beaucoup de choses qui se sont passées à la télé.
19:24 En fait, quand il vient témoigner,
19:26 nous, quelques mois avant,
19:28 on a réalisé une émission Non élucidés,
19:32 qui est l'émission d'Arnaud Poivre d'Arvor,
19:34 avec l'accord de la famille de Stéphane Yétriche,
19:36 donc Sylvain et sa maman.
19:38 On a réalisé une émission dans laquelle
19:40 on a évoqué la piste amicale,
19:42 c'est-à-dire, on a raconté pourquoi est-ce que Christophe Blain,
19:45 au début, a été soupçonné,
19:47 comment est ce garçon,
19:49 quels liens ils avaient tous les deux,
19:51 et expliquer comment, en fait,
19:52 les enquêteurs sont arrivés dans une issue.
19:54 Et on a diffusé une photo floutée.
19:57 Il se trouve que ce travail de médiatisation
20:01 produit un effet assez rapide,
20:03 parce qu'au même moment, Sylvain,
20:05 qui n'a jamais arrêté de distribuer des flyers
20:09 sur lesquels il y a la photo de son frère,
20:11 si vous avez des témoignages sur ce meurtre,
20:14 si vous savez ce qui est arrivé,
20:16 eh bien, un jour, cet individu
20:19 qui va présenter son témoignage,
20:20 a vu l'émission, voit le flyer,
20:23 et dit "mais en fait,
20:25 oui, le meurtre de Stéphane Yétriche,
20:29 ça me fait penser à l'histoire de ce pion
20:33 qui m'avait proposé de tuer quelqu'un".
20:35 Et la photo que j'ai vue floutée,
20:37 la photo, c'est une silhouette
20:39 avec les cheveux mi-longs,
20:40 appuyée contre un arbre,
20:41 c'est vrai que ça on connaît le garçon,
20:43 et en fait, il reconnaît, il se dit,
20:45 "ça c'est un témoignage important,
20:46 je vais le livrer".
20:47 Évidemment que ça intéresse
20:48 tout de suite les enquêteurs.
20:49 - Et effectivement, c'est le témoignage capital.
20:51 - C'est ce qui leur manque, en fait,
20:52 pour le faire craquer, Christophe Blais.
20:56 - Cyrielle Adam, vous êtes donc la co-auteure
20:58 avec Marion Garnier du livre "Cold Case".
21:00 On peut dire que ça vient 20 ans après,
21:03 ce témoignage, c'est très tardif,
21:05 mais finalement, il y a toujours un espoir
21:07 dans une enquête criminelle.
21:08 - Mais cette affaire, elle prouve que...
21:10 Aujourd'hui, on en attend souvent
21:11 beaucoup de la science.
21:12 Cette affaire, elle prouve
21:13 que même 20 ans après,
21:15 on peut avoir un témoignage...
21:16 - Humain.
21:17 - ...crucial, et qui va venir tout changer,
21:19 qui est le dernier maillon manquant
21:22 pour assembler toutes les pièces.
21:24 - Et là, c'est l'illustration parfaite
21:25 parce que Ahmed, pendant des années,
21:27 il n'y a pas pensé à cette histoire.
21:29 - Non, il l'a même complètement oublié.
21:30 Il le dit d'ailleurs.
21:32 C'est vraiment l'émission et le flyer
21:34 qui lui fait dire...
21:36 Je connais...
21:38 D'ailleurs, j'ajoute quand même
21:39 que dans l'émission,
21:41 Christophe Blais n'est pas présenté
21:42 comme étant...
21:43 On ne lui donne pas son prénom.
21:44 - Oui, il y a un faux prénom.
21:45 - C'est ça. En fait, on donne
21:46 un faux prénom pour préserver
21:49 la présomption d'innocence.
21:50 Et du coup, quand le témoin arrive,
21:52 quand Ahmed arrive, il dit...
21:53 "Voilà, moi, j'ai l'impression
21:55 qu'il parle du pion, mais..."
21:56 - Ce qui est bizarre, c'est que nous,
21:58 on l'appelle Patrick dans l'émission.
21:59 Moi, il ne s'appelait pas Patrick,
22:00 il s'appelait Christophe.
22:02 - Enfin, on voit vite
22:03 que ça va être découvert,
22:05 que son vrai prénom va sortir
22:07 et Ahmed dit la vérité, effectivement.
22:09 Il raconte des choses véridiques.
22:13 Sylvain Dietrich,
22:15 le frère, je le rappelle,
22:16 de Stéphane Dietrich,
22:17 lorsque il est arrêté,
22:21 Christophe Blais,
22:22 vous pensez à quoi ?
22:23 Quelle est votre réaction ?
22:25 - Je me dis, tous ces anonymes,
22:27 toutes ces personnalités aussi
22:29 du monde du spectacle et autres,
22:32 et toutes ces émissions faites,
22:34 ce bâton de pèlerin qu'on a pris,
22:36 ça a servi.
22:39 Et ça peut être aussi un exemple
22:40 pour d'autres familles
22:41 qui vivent effectivement
22:42 un désarroi total,
22:44 parce qu'abandonnés,
22:45 parce que nous, notre moteur,
22:48 si vous voulez, par rapport
22:50 à l'événement, c'était une colère
22:51 maîtrisée, mais un combat.
22:53 On l'a fait dans un combat,
22:55 une association.
22:56 - Vous n'étiez jamais agressif ?
22:57 - On essayait d'être opposé.
22:59 Mes parents n'étaient pas
23:01 des gens agressifs,
23:02 loin de là.
23:03 - Mais lorsque vous...
23:04 On vous dit, ça y est,
23:05 cette fois, il est arrêté,
23:06 évidemment, vous aviez
23:08 des doutes sur ce garçon.
23:09 Vous l'avez dit au procureur.
23:10 - Sur les propos, sur la vérité
23:11 de ce qu'il affirmait
23:12 sur la fête foraine
23:13 que j'expliquais tout à l'heure.
23:14 Et puis sur le fait
23:16 qu'on parlait d'argent
23:17 tout à l'heure.
23:18 Il avait vraiment
23:19 des besoins d'argent
23:20 très importants.
23:22 Et c'est vrai que Stéphane
23:24 l'a énormément aidé
23:25 et lui l'a conseillé.
23:26 Mais c'était pas lui
23:27 pour faire un business.
23:28 C'était parce qu'il aidait
23:29 ses amis.
23:31 Voilà.
23:32 - Le suspect va passer
23:33 aux aveux et évoquer
23:34 une amitié forcée et trahie.
23:36 L'affaire Stéphane Guettrich,
23:37 le mort du Boisjoli.
23:39 Je l'ai conduit dans ce coin,
23:40 je l'ai déshabillé,
23:41 je l'ai poignardé.
23:42 En tombant, il m'a dit,
23:43 "Je t'aime."
23:44 L'enquête de l'heure du crime.
23:46 Mais pourquoi Christophe
23:47 aurait-il attiré son ancien ami
23:48 de l'Isle-de-France ?
23:49 Pourquoi Christophe aurait-il attiré
23:51 son ancien ami de l'Isle-de-France
23:52 dans un sinistre guet-à-pan ?
23:54 La réponse dans un court instant
23:56 sur RTL.
23:57 - L'heure du crime.
23:58 Jean-Alphonse Richard.
23:59 - Jusqu'à 15h30 sur...
24:00 - L'heure du crime.
24:01 Jean-Alphonse Richard.
24:02 - Jusqu'à 15h30 sur RTL.
24:04 - On va passer au crime
24:05 la vie de M. Blain.
24:06 Et on va découvrir
24:07 que c'est une vie
24:08 où il évolue assez vite
24:09 d'un comportement
24:11 plutôt charmant
24:12 à un comportement violent
24:13 et violent.
24:14 - Je suis un peu
24:16 un peu un peu
24:17 un peu un peu
24:18 un peu un peu violent,
24:19 jaloux avec une problématique d'emprise.
24:22 - Au programme,
24:23 aujourd'hui, de l'heure du crime,
24:25 la mort sauvage
24:26 de Stéphane Dietrich.
24:27 Été 94, 11 coups de couteau
24:28 près de Belfort.
24:30 Un assassin introuvable.
24:31 21 ans plus tard,
24:32 le suspect de la première erreur,
24:34 un ancien ami de l'ICE,
24:35 est interpellé.
24:36 Mardi 15 décembre 2015,
24:37 Christophe Blain, 46 ans,
24:38 est placé en garde à vue.
24:40 Il maintient ses déclarations.
24:41 Il est étranger à ce crime.
24:42 Puis, il s'enferme
24:43 dans le silence.
24:44 On le confronte
24:46 à Ahmed R,
24:47 l'ancien collégien
24:48 qui l'aurait sollicité
24:49 à l'époque
24:50 pour poignarder un homme.
24:51 Blain va alors
24:53 rapidement passer
24:54 aux aveux, selon lui.
24:55 Tout remonte en 1989.
24:56 Il raconte
24:57 que Stéphane Dietrich
24:58 avait des penchants homosexuels
25:00 et a commencé
25:01 à être oppressant.
25:02 Deux ans plus tard,
25:04 Dietrich lui a confié
25:05 qu'il était amoureux de lui.
25:06 Blain indique avoir été
25:07 sous pression
25:09 et avoir cédé un temps
25:10 à ses demandes.
25:11 Stéphane serait devenu
25:12 de plus en plus intrusif
25:13 dans sa vie,
25:14 allant même jusqu'à le menacer
25:16 s'il ne cédait pas
25:17 à ses "desiderata".
25:18 Il n'a plus
25:19 supporté cette situation
25:21 et a décidé d'en finir
25:22 avec cet ami.
25:23 Deux à trois semaines
25:24 avant le crime,
25:25 il a effectivement sollicité
25:26 Ahmed R.
25:28 Sans succès.
25:29 Le 4 juillet 95,
25:30 dans l'après-midi,
25:31 il est donc parti
25:32 acheter un couteau
25:33 dans une armurerie
25:34 de Mulhouse.
25:36 "Le soir, j'ai revu Stéphane.
25:37 Il était content
25:38 de partir en vacances.
25:39 Je l'ai conduit dans le bois,
25:40 je l'ai déshabillé
25:41 pour qu'il se laisse aller.
25:43 Je l'ai poignardé",
25:44 raconte Blain.
25:45 Selon lui, Stéphane
25:46 n'a pas fait de détection.
25:47 Il lui aurait seulement
25:48 murmuré en tombant
25:50 "je t'aime"
25:51 ou "je t'aimais".
25:52 Christophe Blain
25:53 est mis à l'examen pour assassinat.
25:54 Vendredi 8 janvier 2015,
25:56 Christophe Blain
25:57 explique au juge d'instruction
25:58 qu'il a été victime
26:00 d'un engrenage.
26:01 S'il avait acheté le couteau,
26:02 c'était avant tout
26:03 pour faire peur à Stéphane.
26:04 Il n'avait pas l'intention
26:05 de s'en servir.
26:07 Une dispute anodine
26:08 à propos de leur départ en vacances
26:09 aurait déclenché
26:10 son passage à l'acte.
26:12 La maman de la victime,
26:13 Rolande Dietrich,
26:14 Sylvain, s'insurge
26:15 contre cette présentation
26:16 de Christophe,
26:17 un garçon qui n'avait rien
26:20 d'un harceleur.
26:21 Et Sylvain Dietrich,
26:22 vous êtes avec nous
26:23 aujourd'hui dans le studio
26:24 de l'Heure du Crime.
26:25 Vous êtes le frère
26:27 de Stéphane Dietrich.
26:28 Et encore une fois,
26:29 je le dis,
26:30 pendant toutes ces années,
26:31 c'est vous qui avez mené
26:32 le combat pour cette vérité
26:33 qui finit par éclater
26:35 avec ses aveux.
26:36 Il y a tout ce récit
26:37 sur cette relation
26:38 qui serait compliquée
26:39 entre Blain et votre frère
26:40 lorsque vous apprenez
26:42 tout ça, ces aveux.
26:43 On est là avant
26:44 le procès.
26:45 Vous apprenez tout ça
26:46 à ce qu'il a raconté
26:47 cet homme.
26:49 Qu'est-ce que vous en pensez ?
26:50 Vous dites que c'est un mensonge ?
26:51 Vous dites quoi ?
26:52 - Je dis qu'il se défend.
26:54 Il essaie de se défendre
26:55 et puis sauve sa peau.
26:56 Donc, il s'allie quelqu'un
26:59 qui l'a aidé
27:00 dans plein de domaines.
27:01 Et pour moi,
27:03 pour ma famille,
27:05 comme pour tous les amis,
27:06 Stéphane, ce n'était pas
27:07 quelqu'un qui harcelait.
27:09 Pourquoi uniquement
27:10 une personne ?
27:11 Moi, ce que j'ai revu,
27:12 en revanche, c'est que
27:13 quand le procès est arrivé,
27:14 j'ai vu des gens
27:16 qui sont venus témoigner
27:17 et des gens qui sont, eux,
27:18 elles, des personnes
27:19 qui se sont senties harcelées
27:21 par Blin.
27:22 Et donc, après, j'ai compris
27:24 qu'il fallait faire
27:26 le miroir inverse.
27:27 C'est une projection,
27:28 ce qu'il disait.
27:29 Alors après,
27:30 il y a des psychologues
27:31 qui ont parlé.
27:33 Il y a notamment une femme
27:34 qui a très bien expliqué
27:35 certaines choses.
27:36 - Mais vous ne reconnaissez pas
27:37 votre frère
27:38 dans ce portrait
27:40 qui est fait par Blin ?
27:41 - Pas du tout.
27:42 - Votre frère,
27:43 il avait d'autres amis,
27:44 évidemment,
27:45 qui vont venir témoigner.
27:47 On le verra, ça, au procès.
27:48 Mais il n'est pas
27:49 dans cette logique
27:50 de harceler,
27:51 même physiquement ?
27:52 - Non, pas de quoi.
27:53 Déjà,
27:55 je dirais,
27:56 physiquement,
27:57 il n'est pas...
27:58 Il n'y a pas le gabarit
27:59 de Blin,
28:00 qui est beaucoup plus
28:02 imposant.
28:03 - Plus sportif.
28:04 - Plus sportif.
28:05 C'est le genre
28:06 à toujours aider les autres.
28:07 Parce qu'il a eu
28:09 des exemples,
28:10 mes parents,
28:11 qui ont toujours été
28:12 les plus sportifs.
28:13 Et donc,
28:14 je dirais peut-être
28:16 qu'en le concernant,
28:17 les chiens ne font pas des chats.
28:18 C'était quelqu'un
28:19 qui était à l'écoute
28:20 des autres et qui les aidait.
28:21 Sans aucune attente en retour.
28:24 - Et cette histoire
28:25 d'homosexualité,
28:27 il faut en dire un mot,
28:28 parce que Blin,
28:29 il dit qu'il était homosexuel.
28:31 Est-ce que vous étiez au courant
28:32 de l'homosexualité
28:33 de votre frère ?
28:35 - On se disait tout
28:36 avec mon frère,
28:37 Jean-Alphonse.
28:38 Et il aurait eu un penchant,
28:40 quelque chose,
28:42 on aurait dit.
28:43 Ou un coup de cœur.
28:44 Et dans ma famille,
28:45 parce que souvent,
28:46 j'ai entendu beaucoup de choses,
28:48 dans ma famille,
28:49 mes parents étaient
28:50 très tolérants.
28:51 - Il n'y avait pas de tabou.
28:52 - Il n'y avait aucun tabou.
28:53 Il n'y en avait pas pour moi,
28:55 il n'y en avait pas pour mon frère.
28:56 - Mais c'est important.
28:57 - C'est important,
28:58 parce que si vous voulez,
28:59 on entend...
29:00 Bien sûr,
29:02 il faut replacer aussi
29:03 des fois dans le contexte.
29:04 On a entendu votre brillante
29:05 journaliste pour les infos
29:06 tout à l'heure.
29:07 Et à un moment donné,
29:09 il faut penser aussi
29:10 que l'actualité,
29:11 qui en quelque sorte,
29:12 aide les coupables
29:13 à s'en sortir,
29:14 ils peuvent surfer
29:15 sur des actualités.
29:17 Il y avait Wenstein,
29:18 l'affaire de Wenstein,
29:19 on n'entendait que ça
29:20 à ce moment-là,
29:21 pendant le procès.
29:22 Et puis aussi,
29:24 des problèmes dans l'Église.
29:25 Donc, si vous voulez,
29:26 il y a des gens aussi très habiles,
29:27 qui surfent aussi sur des choses.
29:28 Et donc, si vous voulez,
29:29 pour nous,
29:31 c'était clair que,
29:32 quand on regarde
29:33 toutes les auditions
29:34 qu'il a faites,
29:35 c'était très, très soft
29:36 au début.
29:38 Mais attendez,
29:39 il a été jusqu'à dire
29:40 que mon frère
29:41 l'avait harcelé
29:42 plus de 500 fois.
29:43 - Oui, c'est ça.
29:44 Il va dire qu'effectivement,
29:46 il était sous une pression
29:47 intenable.
29:48 Marion Garnier,
29:49 vous êtes co-auteur
29:50 avec Cyril Aladin
29:51 du livre "Cold Case",
29:53 qui sort aujourd'hui
29:54 aux éditions La Rousse.
29:55 Dans ce livre,
29:56 vous parlez de cette histoire.
29:57 Est-ce qu'il y aurait
29:58 un autre mobile,
30:00 pour expliquer
30:01 ce coup de colère,
30:02 de blin ?
30:03 Est-ce que lui,
30:04 il axe tout sur cette relation ?
30:05 - C'est très compliqué.
30:07 En plus,
30:08 c'est vraiment...
30:09 L'autre, c'est un assassinat.
30:10 Il a acheté le couteau.
30:11 - Il l'a préparé.
30:12 - Il l'a préparé.
30:13 Donc, on n'est pas dans
30:15 le coup de colère,
30:16 dans le coup de sang.
30:17 Alors, quel était le mobile ?
30:19 Est-ce que Christophe Blain
30:23 était jaloux de Stéphane Dietrich ?
30:26 Jaloux de Stéphane Dietrich,
30:27 qui réussissait mieux,
30:28 qui était mieux entouré ?
30:29 C'est possible.
30:31 C'est difficile.
30:32 Je pense qu'on ne sait pas
30:33 exactement.
30:34 Christophe Blain a beaucoup
30:35 changé de version.
30:36 - Donc, on n'a pas...
30:38 - On ne sait pas
30:39 exactement.
30:40 - Quatre ans plus tard,
30:41 Christophe Blain va
30:42 comparaître aux Assises.
30:43 L'affaire Stéphane Dietrich,
30:44 le mort du Boisjoli,
30:46 il était brillant,
30:47 il m'impressionnait,
30:48 mais je sais que c'est lui
30:49 la victime.
30:50 L'enquête de l'heure du crime,
30:51 on se retrouve dans un instant
30:53 sur RTL.
30:54 - 14h30, 15h30,
30:55 l'heure du crime sur RTL.
30:56 - J'ai oublié
30:57 de foncer le clignoté.
30:58 - 14h30, 15h30,
31:00 l'heure du crime sur RTL.
31:01 - Retour aujourd'hui
31:02 dans l'heure du crime
31:03 sur l'assassinat
31:04 de Stéphane Dietrich,
31:06 un étudiant de 24 ans
31:07 poignardé à l'été 94
31:08 près de Belfort.
31:09 La famille n'a jamais cessé
31:10 de rechercher le coupable.
31:11 21 ans plus tard,
31:12 un ancien ami de lycée
31:13 a avoué.
31:15 Hiver 2019,
31:16 il est jugé.
31:17 Lundi 14 janvier 2019,
31:18 Christophe Blain,
31:19 49 ans,
31:20 visage fermé,
31:22 pull gris et cheveux poivre,
31:23 sel,
31:24 est devant la cour d'assises
31:25 de la Haute Saône
31:26 et de Belfort
31:27 à Vesoul.
31:29 Il ne fait aucune difficulté
31:30 à reconnaître le crime.
31:31 Il raconte qu'il était sous
31:32 charge de la mort
31:33 de son ami,
31:35 il raconte qu'il était
31:36 sous emprise de Stéphane
31:37 depuis 4 ans.
31:38 Jeter à sa disposition
31:39 son objet sexuel.
31:40 L'une des avocates
31:41 de la partie civile,
31:43 Claire Doublier,
31:44 s'étonne que Stéphane Dietrich,
31:45 qui faisait 20 cm de moins
31:46 que Blain,
31:48 et qui n'avait jamais
31:49 menacé personne,
31:50 ait pu imposer sa loi.
31:51 Réponse,
31:52 "Il était brillant,
31:53 il m'impressionnait."
31:55 Blain ajoute,
31:56 "Je sais que dans l'histoire,
31:57 la victime,
31:58 c'est Stéphane."
31:59 Le capitaine de police,
32:00 Laurent Dumont,
32:02 estime que Stéphane Dietrich
32:03 a été le seul
32:04 à avoir été convaincu
32:05 de la mort de Blain.
32:06 La police de Montréal,
32:07 Laurent Dumont,
32:09 estime que Christophe Blain
32:10 n'a pas su dire non
32:11 à une relation avec une victime
32:12 qui l'écrasait
32:13 de sa personnalité.
32:14 Il a choisi la pire
32:15 des solutions
32:17 pour mettre un terme
32:18 à cette amitié.
32:19 La mère et le frère
32:20 de Stéphane Dietrich
32:21 démentent toute liaison
32:22 amoureuse entre les deux hommes
32:23 et toute forme
32:25 de harcèlement.
32:26 18 janvier,
32:27 les jurés répondent oui
32:28 à la préméditation.
32:29 Christophe Blain
32:30 est condamné
32:32 à 20 ans de prison.
32:33 - Dans ce crime,
32:34 nous avons parmi nos invités
32:35 Sylvain Dietrich,
32:36 vous êtes le frère de Stéphane.
32:37 Évidemment, vous êtes
32:39 à vos premières loges
32:40 à ce procès avec votre maman.
32:41 Vous assistez à ces débats.
32:43 Ces débats qui sont douloureux
32:44 pour votre famille.
32:46 Pour votre mère, évidemment,
32:47 vous allez nous en dire un mot,
32:48 mais pour tout le monde,
32:50 parce qu'il faut le défendre,
32:51 votre frère, finalement.
32:52 C'est lui la victime,
32:53 mais on a l'impression
32:54 qu'il faut le défendre
32:55 parce que l'accusé,
32:57 il ne se laisse pas faire.
32:58 Il dit "c'était un harceleur,
32:59 pendant 20 ans,
33:00 il m'a imposé
33:01 son calvaire sexuel".
33:02 C'est ce qu'il dit.
33:03 - Tout à fait.
33:05 Et pour maman,
33:07 c'est sûr que,
33:09 quand on se trouve
33:10 face à un procès,
33:11 c'était quelque chose
33:12 de très douloureux pour elle.
33:13 Elle était contente
33:14 de l'aboutissement,
33:16 de la recherche,
33:17 mais d'entendre, au début,
33:19 la personne,
33:20 c'est le coupable
33:21 qui parle, bien sûr,
33:23 qui s'exprime,
33:24 et qui attaque,
33:25 attaque sans arrêt.
33:26 Un petit adjectif sympathique
33:28 contre 100 qui sont horribles.
33:29 Et, en fait,
33:31 c'est incroyable.
33:32 C'est incroyable,
33:33 parce qu'on se demande
33:34 si c'est cette personne-là
33:35 qui s'invitait lui-même
33:36 à un midi moins 10 chez nous.
33:39 - Vous ne le reconnaissez pas ?
33:40 - Non.
33:41 - C'est ça ?
33:43 C'est un autre homme
33:44 qui l'a arrêté ?
33:45 - C'est quelqu'un d'autre,
33:46 et je fais référence aussi
33:47 à d'autres,
33:48 parce que je ne veux pas non plus
33:49 parler que de mon frère,
33:51 mais je pense aussi à d'autres
33:52 personnes qui ont témoigné,
33:53 des personnes dont il a abusé
33:55 au niveau de cette force physique
33:57 qu'il avait,
33:59 où on était choqués,
34:01 parce qu'on a appris des choses
34:02 justement pendant le procès.
34:03 Et on a vraiment été impressionnés,
34:05 d'ailleurs, de voir qu'il avait
34:06 agressé énormément de monde.
34:08 - Cyriel Adam,
34:09 je reviens vers vous,
34:10 vous êtes coauteur avec Marion Garnier,
34:12 toutes les deux nos invités aujourd'hui,
34:13 du livre "Cold Case",
34:14 qui sort aujourd'hui
34:16 aux éditions La Russe.
34:17 Cyriel Adam,
34:18 les policiers le croient,
34:20 finalement,
34:21 cet homme en garde à vue
34:23 et lors des interrogatoires,
34:24 lorsqu'il dit "j'étais sous emprise".
34:27 - Ce que les enquêteurs disent,
34:28 en tout cas,
34:29 c'est qu'ils ont l'impression
34:30 que cette confrontation,
34:32 vous l'avez dit,
34:34 elle est décisive.
34:35 C'est-à-dire qu'ils voient
34:36 que tout à coup, Christophe Blain
34:37 change d'attitude
34:38 et il leur dit "ok,
34:41 je vais tout vous dire".
34:42 Tout à coup, on a l'impression
34:43 qu'il est...
34:44 - Libéré ?
34:46 - Il soulage quelque chose,
34:47 en tout cas.
34:48 Après, son honnêteté,
34:50 elle ne se base pas
34:52 sur des éléments concrets
34:53 du dossier, en fait.
34:54 C'est sa parole
34:56 contre la parole de la victime
34:57 qui n'est plus là
34:58 pour donner sa vérité.
35:00 - C'est ce que dit Sylvain Dietrich.
35:01 Après tout, il peut inventer
35:02 un scénario pour se sauver
35:03 lui-même, Marion Garnier.
35:04 On peut voir les choses
35:05 comme ça aussi.
35:07 Il a besoin de se justifier,
35:08 évidemment,
35:09 mais de se donner des raisons.
35:10 - Oui, même, dès le début,
35:11 on sait qu'il a donné
35:12 onze coups de couteau
35:14 et dès le début, il dit
35:15 "je me souviens
35:16 du premier coup de couteau
35:17 et ensuite,
35:18 je n'ai souvenir de rien".
35:19 Donc, en fait,
35:20 il raconte
35:22 assez peu de choses.
35:23 Il admet avoir été
35:24 acheté le couteau,
35:25 il raconte
35:26 dans un premier temps
35:27 que le soir,
35:29 il devait parler
35:30 de sa famille
35:31 et puis après,
35:32 qu'il voulait dire
35:33 qu'il ne voulait pas
35:34 partir en vacances.
35:36 Il raconte cette histoire
35:37 de relation sexuelle
35:38 comme d'une relation
35:39 qui se serait bien passée,
35:40 qui arrivait au bout
35:41 et puis, d'un seul coup,
35:43 il parle de harcèlement.
35:44 Il est parti,
35:45 il purge actuellement
35:46 sa peine de prison
35:47 avec son mobile
35:48 que lui seul connaît,
35:49 en réalité.
35:51 - Il est un peu difficile
35:52 à suivre.
35:53 Sylvain Dietrich,
35:54 juste un mot,
35:55 parce qu'il y a le verdict
35:56 qui tombe.
35:58 20 ans de prison,
35:59 votre réaction ?
36:00 - C'est donc
36:01 l'aboutissement
36:02 de ce long combat
36:03 mené...
36:05 - Vous dites "c'est fini".
36:06 - Pas tout de suite,
36:07 puisque vous savez
36:08 qu'il peut faire appel.
36:09 Vous avez toujours ça,
36:10 le glaive au-dessus
36:12 de la tête.
36:13 Il ne fait pas appel.
36:14 Je pense que dans la salle,
36:16 les gens étaient très satisfaits.
36:18 - Il y avait une logique,
36:19 c'est ça ?
36:20 - Il y avait une logique,
36:22 mais aussi face aux mensonges
36:23 et aux pleurs
36:24 parce qu'on a eu droit
36:25 à tous leurs heurts.
36:26 C'est nous qui sommes victimes.
36:27 On a eu, je pense,
36:28 et notamment,
36:30 je rends hommage à ma maman
36:31 qui n'est plus là,
36:32 il y a eu une dignité de sa part
36:33 que lui n'a pas eue.
36:36 - Christophe Blain
36:37 ne fait pas appel.
36:39 Le dossier se referme.
36:40 L'affaire Stéphane Dietrich,
36:41 le mort du Boisjoli,
36:42 j'ai toujours pensé
36:43 qu'il mentait.
36:44 L'enquête de l'heure du crime,
36:46 je vous retrouve tout de suite
36:47 sur RTL.
36:48 - L'heure du crime,
36:49 présentée par Jean-Alphonse Richard
36:50 sur RTL.
36:51 - L'heure du crime,
36:53 Jean-Alphonse Richard,
36:54 présentée par Jean-Alphonse Richard,
36:55 jusqu'à 15h30 sur RTL.
36:56 - Dans l'heure du crime,
36:57 aujourd'hui,
36:59 l'assassinat de Stéphane Dietrich
37:00 en 1994,
37:01 près de Belfort.
37:02 Il a fallu attendre 21 ans
37:03 pour qu'un homme,
37:04 l'ancien ami de l'IC
37:06 et de la victime Christophe Blain,
37:07 soit condamné.
37:09 Fin d'un long combat
37:10 pour la famille.
37:11 En 1996,
37:12 deux ans après la mort violente
37:13 de son frère Stéphane,
37:14 Sylvain Dietrich
37:16 avait créé une association
37:17 pour aider à la recherche
37:18 de la vérité,
37:19 affaire qui n'aura dès lors
37:20 cessé de se dérouler.
37:21 - Je suis un homme,
37:23 je suis un homme,
37:24 je suis un homme.
37:25 - Il n'a pas de vie,
37:26 il n'a pas de vie.
37:27 - Il n'a pas de vie.
37:28 - Il n'a pas de vie.
37:29 - Il n'a pas de vie.
37:31 - Il n'a pas de vie.
37:32 - Il n'a pas de vie.
37:33 - Il n'a pas de vie.
37:34 - Il n'a pas de vie.
37:35 - Il n'a pas de vie.
37:36 - Il n'a pas de vie.
37:38 - Il n'a pas de vie.
37:39 - Il n'a pas de vie.
37:40 - Il n'a pas de vie.
37:41 - Il n'a pas de vie.
37:42 - Il n'a pas de vie.
37:43 - Il n'a pas de vie.
37:45 - Il n'a pas de vie.
37:46 - Je dirais tout simplement, avec ma maman,
37:48 on a deux sensations.
37:50 La première, pour ma maman,
37:52 c'est que Stéphane ne reviendra plus
37:54 et que pour une maman,
37:55 c'est pas le nombre d'années
37:57 qui change la donne.
37:58 Pour moi, j'estime que pour le combat
38:01 qui était mené, c'est effectivement
38:03 une grande avancée pour rendre justice à Stéphane.
38:06 - Et cette voix, c'est la vôtre,
38:08 Sylvain Dietrich.
38:09 C'était une interview d'RTL
38:11 juste après la condamnation
38:13 de Christophe Blain.
38:15 Un mot, Sylvain Dietrich,
38:17 parce que c'est important.
38:18 On dit que ce sont souvent les familles
38:21 qui se substituent à la justice.
38:22 Et c'est hélas le cas, très souvent,
38:24 dans certains cas.
38:26 Ce combat, vous l'avez porté
38:27 pendant 20 ans.
38:28 Comment peut-on porter
38:30 un tel poids
38:32 et s'engager dans une telle croisade
38:35 aussi longtemps ?
38:37 C'est très compliqué.
38:38 Vous avez mis votre vie de côté
38:40 pendant toutes ces années ?
38:41 - Oui, c'est-à-dire que...
38:43 Je trouvais ça naturel.
38:45 Je trouvais que l'événement était tel
38:46 par rapport au drame familial
38:48 que nous vivions.
38:49 Je ne me voyais pas continuer ma vie
38:51 comme si il ne s'était rien passé.
38:53 Et je voulais être utile,
38:56 tout comme mes parents,
38:58 pour Stéphane et aussi pour d'autres.
39:00 Je me suis dit qu'il y a nous
39:01 qui vivons des choses incroyables,
39:03 mais d'autres vivent aussi ça.
39:05 Et c'était porté.
39:06 C'est pour ça que j'ai rencontré
39:07 pas mal de personnalités politiques,
39:10 des présidents de la République
39:12 et aussi des ministres de la Justice.
39:14 - Vous êtes allé frapper
39:15 à toutes les portes.
39:16 - Et je les ai embêtés.
39:19 - Mais pour la bonne cause.
39:20 - Pour la bonne cause
39:22 et pour les autres aussi.
39:23 Parce que l'École caisse est le beau livre
39:25 que Cyriel et Marion viennent d'écrire.
39:28 Le titre, si vous voulez,
39:30 on fait partie des gens qui ont milité
39:32 pour qu'il y ait justement aussi
39:34 un service qui gère l'École caisse.
39:36 Quand des crimes sont difficiles,
39:38 tout ne peut pas être simple.
39:39 On le comprend tout à fait.
39:41 Mais il faut justement
39:43 s'armer et effectivement
39:46 qu'il y ait un glaive au-dessus de la tête
39:47 des coupables.
39:48 - Et puis il y a cette association
39:50 que vous aviez créée.
39:51 C'est important parce qu'il y a
39:52 des familles qui créent des associations.
39:54 On dit tout ça, c'est vain,
39:56 ça ne sert à rien.
39:57 Mais non, vous avez mobilisé
39:58 aussi beaucoup d'énergie.
39:59 - Énormément de monde.
40:00 Et puis je dois remercier aussi RTL.
40:02 Moi, je suis un enfant d'RTL.
40:04 - Oui, vous êtes de la région Ouest.
40:06 - Et si vous voulez,
40:08 moi je sais qu'on a vraiment été soutenus.
40:12 Et vous avez aussi médiatisé,
40:14 nationalisé, en quelque sorte,
40:16 fait connaître au niveau de la France,
40:19 bien sûr, ce qui s'est passé chez nous.
40:21 - C'est pour ça qu'il faut répéter.
40:23 Vous avez eu une action qui était positive.
40:25 Il faut toujours dire
40:26 qu'il faut parler des affaires.
40:27 Il faut continuer à en parler,
40:28 même quand on pense que c'est fini,
40:30 que la justice n'agit pas,
40:31 parce que c'est le meilleur moyen
40:32 de ne pas les oublier.
40:34 Dès lors qu'on n'en parle plus,
40:35 c'est fini et ça tombe aux oubliettes.
40:38 Marion Garnier,
40:39 vous êtes co-auteur du livre
40:40 dont on vient de parler avec Cyril Adam,
40:42 du livre "Colqueys",
40:43 qui sort aujourd'hui aux éditions Larousse.
40:45 Il faut lire ce livre
40:46 où il y a plein d'histoires de Colqueys.
40:47 Et puis, vous évoquez également ce dossier.
40:50 Un petit mot, la prescription,
40:51 elle était toute proche
40:52 quand Christophe Blain a été arrêté ?
40:55 - La prescription était toute proche,
40:58 d'autant plus qu'on est avant la loi de 2017
41:01 qui fait passer la prescription
41:02 à 20 ans après les crimes.
41:04 Donc, effectivement, on n'était pas loin.
41:06 Donc, c'est la preuve qu'en réalité,
41:08 il ne faut jamais fermer les dossiers
41:10 et il ne faut pas clôturer les instructions.
41:13 Même quand il ne se passe pas grand-chose,
41:15 il suffit d'un petit acte
41:16 pour éviter que la prescription court.
41:18 Donc, il faut laisser les dossiers ouverts
41:22 parce qu'on le voit,
41:23 un nouveau témoignage peut toujours arriver
41:25 20, 30, 40, 50 ans après.
41:27 - Et il faut le répéter, bien sûr, c'est très important.
41:29 Tout à fait, effectivement,
41:30 vous faites dans votre émission "Non élucidé",
41:32 vous faites ce travail aussi
41:33 de laisser vivant des dossiers
41:36 qu'on croit parfois finis,
41:39 où il n'y aurait plus rien à faire,
41:40 mais il y a toujours des choses à faire et à vérifier.
41:43 Cyrille Aladdin, un petit mot.
41:45 Cette affaire, elle a contribué, dit-on,
41:48 à la création du Paul Colquhais.
41:49 Elle a servi un peu de miroir pour cette création.
41:53 - En tout cas, cette affaire, elle prouve
41:55 qu'un dossier qui a pu être fermé,
41:57 c'est-à-dire que c'est un dossier
41:58 dans lequel la justice n'avait plus aucun espoir
42:00 d'élucidation, peut être élucidé
42:03 des années plus tard et non pas grâce à la DN,
42:05 qui aujourd'hui est un petit peu la reine des preuves,
42:08 comme on aime le dire,
42:09 mais aussi par un témoignage.
42:11 Et ça, c'est primordial.
42:15 - Alors ça, c'est un petit peu à l'ancienne,
42:16 mais c'est la preuve qu'effectivement,
42:18 ce que vous disiez, Marion, tout peut arriver.
42:21 - C'est pour ça qu'il est très important
42:22 d'avoir un pôle judiciaire national
42:25 avec des magistrats instructeurs,
42:27 des enquêteurs,
42:29 qui sauront et demander des nouvelles analyses,
42:31 mais aussi accueillir ou obtenir de nouveaux témoignages.
42:35 - Sylvain-Dietriche Ambaud, parce que je voudrais
42:36 que cette émission, finalement,
42:37 vous la dédiez à votre maman,
42:39 parce qu'elle n'est plus là aujourd'hui
42:40 et elle a porté le combat avec vous.
42:42 - Oui, c'est gentil de votre part.
42:44 C'était quelqu'un qui aimait écouter les autres.
42:47 Elle était très discrète.
42:48 Et je pense à elle.
42:51 - C'est ça. Et c'est grâce à elle aussi
42:53 que cette affaire a pu aboutir.
42:54 Merci beaucoup et infiniment,
42:56 Sylvain Dietriche, d'avoir été aujourd'hui
42:58 notre invité dans "L'Or du crime"
42:59 avec Cyriel Adam et Marion Garnier.
43:01 Merci à l'équipe de l'émission,
43:03 rédactrice en chef Justine Vignon,
43:04 préparation Marie Bossard,
43:05 réalisation Nicolas Godet.
43:08 - Jean-Alphonse Richard sur RTL.
43:10 - "L'Or du crime".
43:12 [Musique]
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