00:00 Frédéric Mankowski, ancien kinésithérapeute de l'équipe de France, n'a pas suffisamment
00:05 de mots pour parler du traitement subi par Émé Jacquet avant la Coupe du Monde 1998.
00:10 Le 12 juillet 1998, Émé Jacquet a exprimé sa joie de manière contenue, conformément
00:16 à l'image du personnage.
00:18 Rapidement, après les festivités qui ont suivi le titre remporté par l'équipe de
00:23 France contre le Brésil, c'est un homme en colère qui a fait part de sa colère.
00:27 Cette colère froide s'adresse aux médias en général et à l'équipe principalement.
00:32 Le triomphe des Bleus ne pouvait pas faire disparaître la douleur en durée des mois
00:37 avant l'événement.
00:38 Questionné au sujet de l'équipe quelques minutes seulement après le coup de sifflet
00:42 final, le sélectionneur tricolore n'accorde pas son pardon.
00:45 Bien au contraire.
00:47 « Je ne pardonnerai pas, je ne pardonnerai jamais.
00:50 Je n'ai qu'un mépris pour ces gens-là, ce sont des voyous, lance-t-il à Philippe
00:55 Jacques-Bouilly, l'interviewer de TF1, devant 20 millions de téléspectateurs branchés
00:59 sur la une.
01:00 Jérôme Bureau, le patron du quotidien sportif, ne s'en relèvera pas.
01:06 Aimé Jacquet a vécu un enfer.
01:07 Un quart de siècle plus tard, Frédéric Mankowski, ancien kinésithérapeute de l'équipe
01:14 de France, n'a rien oublié de cet acharnement.
01:16 De l'intérieur, on trouvait ça tellement injuste que cela nous a donné plus de force
01:21 et d'envie de réussir.
01:23 C'était honteux.
01:24 Aimé Jacquet a vécu un enfer.
01:27 C'était une campagne de dénigrement inimaginable à son sujet, s'est-il souvenu dans les
01:32 colonnes du courrier Picard, ajoutant « Cela nous a rendu encore plus fort.
01:36 » Et l'injustice est d'autant plus grande pour cet ancien membre du staff des Bleus
01:41 que cette première étoile de champion du monde doit tout ou presque à Aimé Jacquet.
01:45 En témoigne cette anecdote livrée sur la finale face au Brésil.
01:49 Le matin de la finale, il y a eu une discussion tactique.
01:53 Aimé a insisté sur les corners.
01:55 Il avait demandé à Zidane d'être au premier poteau.
01:59 On gagne 2 à 0 à la mi-temps, début de la tête de Zizou au premier poteau sur corner.
02:05 Tout s'est passé comme il l'avait prévu, a-t-il expliqué.
02:09 C'était fou et le dernier quart d'heure, on était sûr de gagner.
02:13 On en a profité, on a passé les dix ou quinze dernières minutes sur le banc de touche en
02:18 comprenant qu'on était en train de gagner la Coupe du Monde.
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