00:00 Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, de nous accorder cette interview au vu des circonstances.
00:05 Vous êtes la fille aînée de Véronique et Laurent, de ce couple disparu.
00:10 D'abord une question, quelles sont les toutes dernières informations, les toutes dernières nouvelles que vous avez reçues de Mader ?
00:16 Où en sont les recherches aujourd'hui ?
00:18 Alors les toutes dernières nouvelles qu'on a reçues, elles datent un petit peu déjà, elles datent de la semaine dernière.
00:27 Ce qu'on en sait, on n'en sait pas plus que ce que vous avez évoqué à l'instant,
00:31 qu'ils ont utilisé les drones, les chiens, les bateaux avec les sauveteurs en mer,
00:37 qu'ils ont fait borner le téléphone, qu'ils ont utilisé les caméras de surveillance des commerces et des particuliers.
00:47 Mais depuis la semaine dernière, on n'a pas de nouvelles de Mader.
00:51 Et vous avez le sentiment que les recherches se poursuivent sur place ou que le dispositif a été allégé ?
00:58 Alors, il nous a été dit que vu la durée, le dispositif serait certainement un peu allégé,
01:07 mais que ça ne devait pas se terminer, en tout cas.
01:11 Pauline, quel scénario est-ce que vous avez en tête ce matin ?
01:17 Je n'ai aucun scénario précis en tête.
01:19 J'ai seulement la conviction que tous ces scénarios sont improbables,
01:27 même s'il n'en existe pas d'autres et qu'il y en a forcément un qui sera le bon.
01:31 Mais pour moi, ils sont tous impossibles en connaissant mes parents.
01:39 Vous dites ces scénarios, on sait qu'on a parlé d'une chute, d'une disparition volontaire.
01:48 Tout ça ne colle pas pour vous ? Pourquoi ?
01:50 La disparition volontaire, ça ne colle pas. Ils n'avaient aucun souci, ni financier, ni avec des personnes.
01:58 Mon conjoint et moi, on vient d'être parents, donc ils étaient grands-parents pour la première fois.
02:05 Ils en étaient très contents, donc ça, ce n'est pas possible à mon sens.
02:11 Et la chute, vu ce que j'en sais, ils étaient censés juste se promener,
02:15 pas aller sur des sentiers escarpés, aller n'importe où, où ça pouvait être dangereux pour eux.
02:20 Après, rien n'est impossible, mais ça me semble quand même assez peu probable.
02:28 Comment est-ce que vous vivez la distance, le fait d'être ici, en France,
02:32 que les recherches se fassent là-bas, au large du Portugal, à Madeira ?
02:35 Comment est-ce que vous vivez cette distance-là ?
02:37 C'est difficile parce que, déjà, c'est un pays étranger, même si ça fait partie de l'Union européenne,
02:44 que moi, je ne parle pas la langue, qu'on n'a pas la capacité de se déplacer.
02:53 Et puis, si on se déplaçait de toute façon, on serait certainement plus gênant qu'autre chose,
02:56 parce qu'ils ont besoin de tout l'espace nécessaire pour faire leurs recherches
03:01 et ils n'ont pas besoin de nous dans leurs pattes.
03:03 Ce n'est pas quelque chose de simple, en fait.
03:07 On a l'impression de ne pas servir à quoi que ce soit.
03:12 On aimerait faire tout ce qu'on peut, mais en même temps,
03:20 on n'a pas beaucoup de marge de manœuvre pour faire quoi que ce soit.
03:24 Est-ce que vous avez le sentiment d'être aidé par les autorités françaises ?
03:27 On sait qu'il y a une enquête qui est ouverte en France.
03:29 Est-ce que vous avez le sentiment d'être aidé ?
03:31 Le fait qu'ils ouvrent une enquête en France, c'est rassurant,
03:36 dans le sens où on va certainement avoir plus de moyens ou des idées différentes.
03:44 C'est une bonne chose que les autorités françaises aient pris la main
03:51 sur le territoire français pour lancer l'enquête,
03:55 mais comme on n'a pas trop d'informations qui reviennent jusqu'à nous,
04:00 on ne peut pas se sentir réellement aidé non plus.
04:03 Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de vos parents, de Véronique, de Laurent,
04:11 de ces vacances qu'ils passaient au Portugal et qu'ils attendaient ?
04:14 J'imagine qu'ils sont boulangers du côté du Tarn-et-Garonne.
04:17 Ce sont des personnes remarquables.
04:22 Après, je ne suis pas très objective, ce sont mes parents.
04:25 Ils en prennent deux fois par an, des vacances.
04:30 Ils les attendaient, ça devait leur faire du bien, ça devait être un beau voyage.
04:34 Eux qui aiment voyager.
04:38 Et finalement, ça se finit de manière un peu dramatique.
04:45 On sait qu'il y a une enquête ouverte,
04:49 il y a des perquisitions qui ont été menées chez vos parents.
04:51 On est allé voir chez vos parents s'ils avaient pu laisser une trace,
04:54 une explication, le moindre texte, etc.
04:57 Rien n'a été retrouvé.
05:00 Tout reste totalement inexpliqué.
05:03 Vous nous disiez tout à l'heure, la disparition volontaire,
05:06 ça ne colle pas, ça n'existe pas, ça ne leur ressemble pas.
05:10 Pourquoi ?
05:11 Parce qu'ils n'avaient vraiment aucun problème,
05:17 à ma connaissance en tout cas, ils n'avaient aucun problème.
05:20 Rien ne pouvait justifier de vouloir disparaître.
05:24 Ils étaient heureux, ils étaient…
05:28 Tout fonctionnait bien dans leur commerce.
05:32 La vie leur souriait à ce moment-là.
05:34 Votre petite sœur était avec eux, là-bas à Madère.
05:39 Elle est rentrée en France, si j'ai bien compris.
05:42 Qu'est-ce qu'elle vous dit, qu'est-ce qu'elle comprend
05:47 ou ne comprend pas de la situation de ce qui a pu se passer là-bas ?
05:50 La même chose que moi, elle est sidérée,
05:55 elle ne comprend pas que ça ait pu se passer.
05:59 Il n'y a rien qui nous donne une piste,
06:03 ni à moi ni à elle, de ce qui a pu se passer.
06:08 Des fois, elle se demande avec déci,
06:12 « Et si j'étais allée avec eux, est-ce que ça aurait été différent ?
06:16 Et si je ne leur avais pas proposé ce voyage ? »
06:19 C'est compliqué pour elle aussi.
06:22 Comment est-ce que vous tenez, toutes les deux ?
06:25 On tient comme on peut, comme n'importe qui dans ce genre de situation, j'imagine.
06:31 C'est les nerfs, l'attente, l'espoir, quand même, qui nous fait tenir.
06:37 Et puis, on tient parce qu'on est soutenus quand même par nos familles.
06:42 Et c'est important, c'est malheureux que ce soit ces circonstances-là
06:47 qui nous fassent nous rapprocher peut-être encore plus que ce qu'on l'était avant.
06:51 Mais c'est quand même agréable de les avoir près de nous.
06:56 Merci beaucoup Pauline.
06:58 Merci d'avoir été avec nous ce matin en direct.
07:01 Évidemment, on vous souhaite plein de courage pour la suite.
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