00:00 France nous a expliqué que tu étais rentrée en Coupe du Monde il y a 3 ans.
00:03 Est-ce que tu considères que tu as encore une grosse marge de progression
00:06 justement vu que tu es arrivée dans le circuit Coupe du Monde il n'y a pas si longtemps ?
00:11 - De sûr que j'ai encore de la progression à faire.
00:13 J'ai plein d'aspects que je peux améliorer, ça c'est certain.
00:15 Après, grosse, j'en sais rien.
00:18 Finalement l'an dernier, je pensais que je n'allais pas beaucoup progresser cette année
00:20 parce que j'avais déjà eu une énorme step passée il y a 2 ans.
00:25 Donc je m'étais dit que cette année, si ça ne bouge pas trop, il ne faudra pas s'inquiéter.
00:28 Finalement, j'ai encore continué à progresser.
00:30 Donc si je me suis barré l'année prochaine, ça peut être bien.
00:33 - Il faut foncer. - Tantôt.
00:34 - Comment tu as senti cette année les skis avec cette interdiction du flouor au niveau du fartage ?
00:39 Parce qu'en gros, c'est une substance qu'on applique sous les skis
00:42 et le fartage, c'est la manière d'entretenir les skis
00:44 pour que les biathlètes ou les skieurs aillent plus ou moins vite.
00:47 Et c'est pour ça que les techniciens sont importants.
00:49 Cette année, il y a eu un nouveau point de règlement.
00:51 Est-ce que toi, tu l'as ressenti ?
00:53 - Très stressée au début de saison parce que quand on nous le vend,
00:55 au début, il nous disait mais là, en fait, si il y a carton orange,
00:58 c'est à partir d'une certaine limite.
01:00 Juste, on a le droit de changer de paire de skis et puis on peut recommencer.
01:03 Mais carton rouge, c'est pas de départ.
01:05 Puis pas de départ, c'est quand même un peu chiant.
01:07 Donc on se disait, en fait, on n'avait pas du tout la notion
01:10 ni la mesure d'à quel point ça pouvait arriver facilement à un carton rouge.
01:14 Et puis finalement, on n'en a pas vu un seul de la saison.
01:16 Donc en fait, on a fait la première semaine et puis derrière,
01:19 on s'est dit que ça allait être tranquille.
01:20 Mais c'est vrai qu'au début, c'était très stressant.
01:22 Il nous disait oui, là, potentiellement, si vous prenez pas le départ,
01:25 ça peut arriver.
01:26 On espérait que ça n'arrive pas.
01:29 - Juste, on revient sur ton évolution express en quatre ans.
01:32 C'est hallucinant.
01:32 J'ai regardé les classements générales année après année.
01:35 Donc tu me dis si je me trompe, mais normalement, non, j'ai bossé.
01:37 72e en 2021, 95e en 2022, 11e en 2023.
01:42 Et donc là, cette année, deuxième.
01:44 Qu'est ce qui s'est passé ?
01:45 Comment tu expliques ? Est ce qu'il y a eu un déclic ?
01:47 C'est foudroyant comme ascension.
01:49 - Oui, c'est très cool.
01:50 Je ne sais pas encore trop comment l'expliquer.
01:51 Finalement, je pense que Cyril a une grosse part de responsabilité là dedans.
01:54 Donc, il est notre coach et on s'entend bien, on se comprend bien.
01:58 Et puis, j'aime beaucoup travailler avec lui.
02:00 C'est trop cool que ce soit techniquement, sur la préparation physique toute l'année.
02:04 Il y a énormément de points à travailler, à améliorer.
02:07 Donc, c'est un plaisir.
02:09 - Bon, l'année d'après, c'est le premier normalement, par contre.
02:11 Attention.
02:12 - Je vends rien.
02:13 - Est ce que l'énorme densité qu'il y a au sein de l'équipe de France féminine,
02:18 dans quelle mesure est ce que ça vous booste ?
02:20 Parce que vous êtes nombreuses.
02:21 Parfois, il y a eu des courses à 4 filles dans les top 10, je crois.
02:25 - Rien que le championnat du monde, le sprint, dans les 4 premières places.
02:29 Au début, pour moi, en tout cas, ce n'était pas facile à vivre
02:32 dans le sens où c'est un peu stressant de se dire
02:34 bon, là, ma place ne tient pas à grand chose.
02:36 Elles sont tellement fortes derrière que je peux me faire remplacer à tout moment.
02:40 Et puis, ça fait, je pense, un an et demi.
02:42 En fait, ma première saison aux Coupes du monde, j'ai fait quelques courses.
02:44 Et puis, je me suis dit, en fait, c'est une force de se dire,
02:47 en fait, tu n'as pas le choix.
02:48 Et rien que si tu veux rester là, il faut être excellente.
02:50 Donc, je pense que c'est un peu notre force,
02:53 en tout cas, à l'équipe féminine de Biathlon en ce moment.
02:55 - Ça vous tire toutes vers le haut, en fait.
02:56 - Oui, c'est ça.
02:57 En fait, il y a une espèce de notion de pas le choix.
02:58 Et donc, du coup, il faut être forte.
02:59 Et puis, c'est tout.
03:00 - Et 3 françaises dans le top 5 général, on le rappelle,
03:02 avec Justine Brézas-Boucher, 4e, Julia Simon, 5e,
03:04 c'est-à-dire le beau niveau des filles, contrairement aux garçons.
03:07 Brac !
03:07 - Oui, juste une petite question.
03:09 - En passant, comme ça.
03:11 - Juste une petite question comme ça, d'un œil très extérieur.
03:14 C'est quoi un petit peu les ambitions, les objectifs ?
03:18 Parce qu'il y a une progression qui est quand même assez folle.
03:19 On en a beaucoup parlé là.
03:20 Mais toi, est-ce que tu te fixes des limites ?
03:22 Est-ce que tu te dis, ouais, un jour, je peux aller chercher le Graal ?
03:26 Je ne sais même pas ce que c'est le Graal, justement.
03:28 Mais c'est quoi un petit peu les objectifs ?
03:30 - Sur le Globe de Christelle, avant la médaille olympique,
03:34 c'est souvent la question qu'on nous pose.
03:36 Tu préfères la médaille d'or olympique ou le Globe ?
03:38 Le Globe, à mes yeux, il a plus de valeur
03:39 parce que c'est vraiment la régularité qui est primée avant tout.
03:42 Donc le Globe, de sûr en numéro un, ou plusieurs,
03:46 finalement, plusieurs d'années d'affilée.
03:47 Moi, je le prends.
03:48 - Oui, pourquoi ne le voir qu'un seul ?
03:49 - Tu as raison.
03:50 - Il n'y a pas de problème.
03:51 Et puis, la médaille d'or olympique, forcément,
03:54 parce que champion olympique, ça a un peu de la gueule, je veux dire.
03:57 - Déjà, tu penses, là ?
03:58 - Oui, c'est bientôt, finalement.
04:00 C'est dans deux ans.
04:01 - 26.
04:02 - Oui, avec Cyril, on a commencé à le préparer maintenant.
04:05 On fait un peu déjà d'altitude en anticipant
04:07 que ce sera du point à Antalls, un stade qui est à 1.700, 1.800.
04:11 Donc oui, on y pense déjà tous un petit peu.
04:14 C'est un bel objectif.
04:15 - Tu as déjà les anneaux olympiques tatoués dans le corps ou pas ?
04:18 - Ça, c'est sûr que je le fais si je gagne.
04:19 - Ah bah, normalement, ça y va.
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