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  • il y a 2 ans
La réalisatrice du film sur le père Hamel, Cheyenne-Marie Carron, parle des raisons qui l'ont poussée à le faire : «Je voulais être là, je voulais prier pour lui. Et je me suis dit, 'un jour je ferai un film en hommage à ce prêtre'. J'ai tourné dans le presbytère où il a vécu. C'était un homme pauvre matériellement, avec tous les témoignages que j'ai recueilli je sais que c'était un homme tourné vers les autres, vers le plus fragile, vers la différence».

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Transcription
00:00 -En fait, dès le départ, vous avez été bouleversée
00:02 par ce drame qui s'est déroulé en 2016,
00:04 et c'est ce qui vous a poussée à faire ce film.
00:06 Je crois que vous êtes même allée sur place
00:09 quelques heures ou quelques jours après le drame.
00:11 -Tout à fait. Je m'y suis rendue le lendemain.
00:15 J'étais bouleversée et j'avais besoin d'être
00:17 dans la ville du Père Hamel,
00:20 et je voulais prier pour lui.
00:21 Je vivais à Paris à l'époque,
00:23 donc à une heure de Saint-Etienne-du-Rouvray.
00:26 Je voulais être là, je voulais prier pour lui,
00:28 et je me suis dit qu'un jour, je ferais un film
00:31 en hommage à ce prêtre. Voilà.
00:33 -Vous avez voulu faire ce film sous forme de fiction,
00:36 inspirer la réalité, mais de fiction.
00:38 Pourquoi ce choix et pas un documentaire, par exemple ?
00:41 -Eh bien, parce que, étonnamment,
00:44 d'abord, la fiction, c'est ce que je fais moi,
00:47 je fais des longs-métrages pour le cinéma,
00:49 ce film est mon 15e film,
00:51 mais je pense que la fiction permet quand même
00:54 une petite liberté,
00:56 et peut-être de toucher parfois
00:58 les cœurs de manière plus forte.
01:02 Voilà. Alors, j'ai choisi de faire ce long-métrage
01:05 en hommage à ce prêtre.
01:07 -Un prêtre, et vous dites "j'ai été encore plus touchée
01:10 "par ce qui est arrivé à ce prêtre",
01:12 car le prêtre est ouvert vers les autres,
01:14 et c'est encore plus incompréhensible.
01:16 -Oui, surtout ce prêtre-là.
01:18 Les prêtres, de manière générale,
01:20 mais si vous voulez, le Père Hamel,
01:22 j'ai tourné dans le presbytère où il a vécu,
01:25 c'était un homme pauvre matériellement,
01:27 avec tous les témoignages que j'ai recueillis,
01:31 je sais que c'était un homme tourné vers les autres,
01:34 tourné vers le plus fragile, vers la différence,
01:37 vers les... Je dirais même
01:39 vers les gens venus d'ailleurs,
01:41 comme moi, par exemple.
01:42 Je suis de l'assistance publique, mes géniteurs étaient cabiles.
01:46 Donc c'était un homme très, très ouvert et très bon.
01:50 Alors le fait qu'on puisse faire du mal à cet homme-là,
01:53 c'était terrible, c'est terrible.
01:55 Et je pense que ça méritait bien qu'on fasse un film en son hommage.
01:59 -Ce qui est intéressant dans votre approche,
02:01 c'est que vous le dites vous-même,
02:03 quand je suis allé en 2016, sur place,
02:05 j'avais de la haine en moi.
02:07 -Ah oui, oui.
02:09 Oui, j'avais de la haine, j'avais une très grande colère,
02:12 mais c'était bien normal, parce que, si vous voulez,
02:15 en France, il y a quand même beaucoup d'attentats
02:18 qui touchent les chrétiens ou les Français,
02:22 ou les Juifs, du reste.
02:23 Moi, je suis catholique.
02:25 Et si vous voulez, au bout d'un moment,
02:27 on pardonne, on tend la main, on essaie de comprendre,
02:31 mais au bout d'un moment, la colère est là.
02:33 Alors il m'a fallu beaucoup de temps
02:36 pour me mettre à l'écriture du film.
02:39 Il fallait pas que je le fasse tout de suite après,
02:41 je n'aurais pas fait le même film.
02:43 Il fallait que je fasse un film qui soit à l'image de ce prêtre.
02:46 Et en menant l'écriture,
02:48 je me suis intéressée à ce jeune terroriste,
02:51 Adèle Kermiche,
02:53 et j'ai mieux compris sa démarche.
02:58 Il y a des choses que je ne comprends pas du tout,
03:00 comme l'obscurantisme religieux, l'aveuglement,
03:03 qui est propre au secte, si vous voulez.
03:05 Ça, on peut difficilement comprendre.
03:07 Mais il y a des choses, quand même, en lui,
03:10 que je comprends mieux maintenant.
03:12 Et je n'excuse pas pour autant.
03:14 Sous-titrage ST' 501
03:16 [Musique]
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