00:00 Alors ce qui marque également dans votre tribune, c'est que vous pointez la spécificité de notre immigration,
00:05 qui est souvent peu qualifiée.
00:07 Ça c'est une spécificité déjà de l'immigration en France.
00:10 C'est ce qui distingue l'immigration en France de l'immigration dans d'autres pays européens,
00:17 où la moyenne de qualification est plus forte.
00:19 Dans quel pays par exemple ?
00:21 Le Royaume-Uni par exemple est en mesure d'attirer une immigration qualifiée en volume plus nombreux
00:25 du fait de son attractivité universitaire, du fait de son attractivité dans le secteur financier notamment.
00:31 En France, on a des immigrés qui sont en moyenne 2,5 fois plus nombreux à n'avoir aucune qualification,
00:36 ou seulement un niveau brevet CEP, des niveaux encore plus forts sur certaines immigrations très représentées en France,
00:41 50% des immigrés sahéliens par exemple.
00:44 Et il y a un corollaire de cette qualification relativement faible,
00:48 c'est un taux de chômage et d'inactivité qui est aussi très fort pour certaines personnes.
00:51 Alors on va le voir, vous citez un exemple.
00:53 41,6% des immigrés algériens sont au chômage ou inactifs,
00:58 taux trois fois plus élevé que pour les Français.
01:00 Comment vous l'expliquez ?
01:01 Alors il y a plusieurs raisons à ça.
01:03 Il y a d'abord une question de qualification, on y revient.
01:06 Il y a une question d'enjeu culturel,
01:09 on sait que dans les inactifs algériens, il y a notamment beaucoup de femmes au foyer.
01:12 Et il y a aussi une question forcément de désincitation,
01:16 liée à certains aspects de notre système social,
01:20 à l'absence d'un délègue de carence.
01:21 Pourquoi il y a plus de femmes au foyer ?
01:23 Écoutez, il y a des raisons culturelles à ça.
01:24 Une question de rapport homme-femme,
01:26 de place de la femme qui est moins vue dans la sphère publique, dirons-nous.
01:31 Et en fait, ça explique assez puissamment
01:33 le déséquilibre de l'immigration sur les comptes publics,
01:35 parce qu'on a d'une part des populations
01:37 qui contribuent moins au système de solidarité collective
01:39 parce qu'elles travaillent moins souvent, parce qu'elles sont plus souvent inactives,
01:42 et parce que quand elles sont actives,
01:44 elles sont sur des postes peu qualifiés où on cotise moins, d'une part.
01:47 Et d'autre part, des populations qui consomment beaucoup plus
01:50 ces systèmes de solidarité collective.
01:52 Par exemple, les immigrés algériens, puisqu'on prend leur exemple,
01:54 qui sont la principale nationalité
01:55 représentée parmi les titulaires de titres de séjour,
01:58 on sait qu'ils sont environ une moitié de ménage
02:01 à vivre en HLM, ce qui est quatre fois plus que les Français.
02:03 Donc vous voyez, faible contribution au système de solidarité collective.
02:05 Et les HLM, si les loyers sont moins chers,
02:07 c'est parce que ça bénéficie de la solidarité ?
02:09 C'est ça. En fait, c'est à la fois le résultat de la politique du logement,
02:11 aux 30 milliards d'euros par an,
02:12 et c'est aussi le résultat de l'épargne des Français et des natifs,
02:15 à travers le Livre Réal notamment.
02:16 Oui.
02:17 [Musique]
02:19 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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