00:00 Nous allons revenir sur ces nouvelles informations qui concernent l'affaire de la mort du petit Grégory, 40 ans après.
00:07 La justice a ordonné de nouvelles expertises à la demande des parents du petit garçon qui, je vous le rappelle,
00:13 avait donc été retrouvé mort asphyxié dans la Vologne. C'était le 16 octobre 1984.
00:20 On va en parler avec mon duo de choc, Dominique Rizet et Laurent Valdiguier.
00:27 Dominique Rizet, j'ai raison de dire que ça reste l'un des plus grands mystères criminels français de l'après-guerre.
00:35 Bien sûr. 1984, 2024, ça fait 40 ans. On ne connaît toujours pas la vérité. Et c'est l'affaire qui est en tête la France entière.
00:43 Alors on a fait du pont de Ligonnès. Oui, c'est un mystère. L'affaire Jubilar, ce n'est pas encore jugé.
00:49 Voilà. Il y a la tuerie de Chevaline. On ne sait pas. Mais l'affaire Grégory, c'est la mort d'un enfant jeté dans une rivière,
00:56 pied et poing lié, son bonnet enfoncé sur les yeux. Donc on se dit sans lui enfoncer son bonnet sur les yeux.
01:01 C'est que son meurtrier, celui qui l'a jeté dans cette rivière, ne voulait pas croiser son regard parce qu'il le connaissait.
01:08 Donc il connaissait son meurtrier. Et puis c'est une histoire de famille. C'est la vallée de la Vologne.
01:13 Et puis il y a des parents qui parlent plus des enfants, qui parlent plus à leurs parents.
01:20 Et puis il y a une histoire de convoitise. Le père Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, travaillait bien.
01:28 Il était sérieux. Il avait été nommé contre-maître. On l'appelait dans la Vologne le chef.
01:34 Et puis il y a un corbeau. Il y a des lettres anonymes. Il y a quelqu'un qui sait, qui a envoyé des lettres.
01:39 Puis aussitôt, Grégory meurt. Il y a cette lettre qui arrive chez les parents.
01:44 "J'ai tué ton fils, le chef, tu as l'air malin."
01:50 Ce même corbeau qui, avant la mort de Grégory, les a menacés.
01:54 Plusieurs corbeaux, Alice. Ce même corbeau, oui, mais d'autres aussi.
01:57 Et on va y revenir tout à l'heure. On va y revenir tout de suite parce qu'on va en parler de ce corbeau et de la voix.
02:03 Alors précisément, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Est-ce que c'est un tournant ?
02:07 Est-ce que c'est un rebondissement ? Ou est-ce que c'est la suite logique ?
02:11 C'est la suite logique pour deux raisons. D'abord parce qu'en 1984, l'ADN dans les enquêtes policières n'a pas encore été inventé.
02:19 Donc tout le monde laisse de l'ADN partout. Il y a de l'ADN sur les vêtements de Grégory,
02:25 qui sont ceux qu'on voit sur cette photo, paradoxalement, puisque c'est dans le dossier judiciaire, c'est ce pull-over qu'il a.
02:31 Il y a de l'ADN sur les fameuses cordelettes qui ont attaché Grégory.
02:36 Non, les cordelettes qui l'avaient pris et point lié.
02:39 Il a été attaché avec des nœuds spéciaux. On est dans la vallée de la Vologne, c'est dans l'industrie textile, donc il y a des nœuds spéciaux.
02:45 Il y avait de l'ADN à l'intérieur des nœuds. Pendant longtemps, ils ont cru que cette ADN-là allait parler.
02:50 Donc il y a de l'ADN partout. Et surtout, il y a de l'ADN à un endroit clé, qui est le timbre de la lettre de revendication.
02:57 Parce que ce qui est fou pour rajouter à ce que disait Dominique sur cette histoire, c'est qu'il est enlevé à 17h le 16 octobre,
03:05 à 17h15, à la poste de l'Epanche-sur-Vologne. C'est un tout petit village, c'est à 200 mètres en voiture.
03:12 À la poste, vraisemblablement l'auteur du kidnapping, à moins qu'il ait un complice,
03:18 poste une lettre de revendication dont parlait Dominique.
03:22 « Voilà ma vengeance, le chef. Ton argent ne te rendra pas ton petit. Voilà ma vengeance, pauvre con. »
03:29 Donc c'est ça la lettre. Et sous le timbre de revendication, il y a de l'ADN.
03:35 Le problème de cet ADN, c'est que c'est de l'ADN mélangé. Autrement dit, c'est de l'ADN de plusieurs personnes.
03:41 Et ça, les ordinateurs ne savent pas encore le démêler. D'outre-mépiche, le spécialiste de l'ADN,
03:47 il pense que d'ici quelques années, on arrivera grâce à l'ordinateur.
03:52 Comme il pense que c'est le deuxième volet de ce qu'ils recherchent aujourd'hui,
03:56 ils ont lancé une nouvelle campagne d'ADN, des vérifications, etc. Et ils ont lancé aussi autre chose,
04:01 parce que ça, certainement, ça permettra de connaître la vérité un jour.
04:06 C'est des campagnes d'études, de faisabilité en tout cas à ce stade, sur les enregistrements dont parlait Dominique.
04:12 Parce que là aussi, c'est la spécificité de cette affaire, c'est que Le Corbeau, il a écrit,
04:17 mais il a surtout beaucoup parlé avec le téléphone en maquillant sa voix.
04:19 - La comparaison ADN et donc, demande de faisabilité, d'expertise vocale des enregistrements du Corbeau.
04:26 De quoi parle-t-on exactement ?
04:28 - Alors déjà, ça, ça a été accordé, il faut le savoir, ça va se faire,
04:31 parce que ça a été accordé par le président de la Chambre d'instruction de Dijon, qui s'appelle Dominique Brault,
04:35 qui a dit "je suis d'accord pour ça".
04:37 1) Pour qu'on cherche, pour qu'on demande des rapprochements de certains membres de la famille,
04:45 qui avaient déjà été expertisés, mais on va le refaire, avec certains profils ou mélanges ADN,
04:49 les mélanges dont parlait Laurent à l'instant, on en retrouve sur les fameuses cordelettes,
04:53 on en retrouve sur le timbre et on en retrouve particulièrement sur l'anorak de Grégory,
04:59 qui a été expertisé par le professeur Christian Doutre-Mepuiche,
05:02 qui est sans doute l'un des meilleurs experts en tout cas, sinon le meilleur expert en ADN en France.
05:08 Et les analyses ont coûté 620 000 euros quand même.
05:12 Le meilleur, mais le plus cher.
05:14 - Énorme, 620 000 euros.
05:16 - Donc il y a une nouvelle technique de séquençage de l'ADN, qui s'appelle NGS,
05:21 qui permet d'analyser des échantillons dégradés et/ou contaminés.
05:26 Donc ce qui va se passer, c'est qu'on va demander des rapprochements de certains membres de la famille
05:32 avec certains profils ou mélanges ADN.
05:34 Ça c'est la première chose.
05:35 Ça peut parler, ça peut donner quelque chose.
05:38 Et la deuxième chose, une expertise de faisabilité,
05:41 ça ne sera pas l'expertise définitive,
05:43 on va voir si c'est possible, faisabilité,
05:46 de l'audiométrie, ça s'appelle l'audiométrie des voix du corbeau.
05:51 Alors, aujourd'hui on a fait des progrès,
05:54 on sait aller chercher dans une voix quelque chose d'un peu particulier
05:59 grâce à la technique, grâce à du matériel nouveau.
06:02 C'est ce qui s'est passé dans l'affaire Elodie Kulik,
06:05 où la personne qui a été condamnée a été en grande partie,
06:09 c'était léger, mais a été en grande partie condamnée
06:12 parce qu'on aurait reconnu sa voix,
06:14 on aurait, vous voyez, donc tout ça, ça peut bouger effectivement.
06:18 - Mais donc là, on va comparer cette voix,
06:20 ces enregistrements du corbeau avec les voix de personnes
06:23 de l'entourage de Grégory ?
06:24 - Absolument, absolument.
06:25 Alors, il y avait déjà des expertises avec,
06:30 Laurent le disait tout de suite, avec ce dont on disposait à l'époque
06:34 pour l'ADN, pour les voix, pour...
06:36 Bon, c'était plutôt écouter un peu comme ça,
06:38 ben ça ressemble, ça ressemble pas, on demandait à un expert.
06:40 - Rien à voir avec ce qu'on peut faire aujourd'hui.
06:42 Absolument, maintenant, c'est la machine qui va le dire.
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