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00:02 RTL matin
00:06 RTL 7h44 à l'heure de la guerre en Europe les républicains ont choisi un général
00:11 comme numéro 3 de leur liste pour les européennes. Amandine Bégaud vous recevez ce matin le général Christophe Gomart.
00:16 Christophe Gomart, le patron des républicains. Eric Ciotti a vivement critiqué ces dernières semaines Emmanuel Macron et son
00:22 changement de ton à l'égard de la Russie. Il accuse le président, je le cite, de jouer avec les peurs
00:27 et de monumentaliser cette guerre en Ukraine à des fins électorales en évoquant un possible envoi de troupes françaises en Ukraine.
00:33 Est-ce que vous qui avez dirigé le renseignement militaire, les forces spéciales, vous êtes d'accord avec Eric Ciotti ? Le président joue avec les peurs ?
00:40 Le président joue avec les peurs, oui.
00:42 C'est vrai que la guerre est aux portes de l'Europe. On ne peut nier
00:47 avec des ukrainiens qui malheureusement actuellement reculent un peu face à la poussée russe, face à l'artillerie russe.
00:53 Donc oui, on a un petit sujet effectivement face à cette guerre. Ce que demande le président Zelensky lui, il demande des munitions.
00:59 Et je crois que ça a été très bien résumé par le premier ministre polonais
01:04 Donald Tusk qui dit "moins de mots, plus de munitions". Et je crois que c'est ça là
01:09 le vrai point. Donc des troupes françaises sur le sol ukrainien pour vous c'est inenvisageable, c'est pas une option ?
01:14 Ça n'arrivera pas ? Aujourd'hui d'ailleurs Zelensky ne demande pas de troupes occidentales sur son sol. Lui il réclame à chaque fois à nouveau des munitions.
01:21 Il ne réclame rien d'autre en réalité. Et d'ailleurs même l'OTAN dit "nous on va vous aider à fournir des munitions" sans doute en nombre
01:27 insuffisant malheureusement pour les ukrainiens. Mais c'est ceux dont ont besoin aujourd'hui les ukrainiens de mon point de vue.
01:33 A tel point c'est que les ukrainiens n'ont pas mobilisé tous leurs hommes.
01:37 Donc c'est bien la preuve que s'ils n'ont pas mobilisé tous leurs hommes, c'est qu'ils n'ont pas forcément besoin des nôtres.
01:42 Ils ont besoin de munitions.
01:43 Sauf que depuis le début de cette guerre, depuis deux ans, on voit bien que les choses évoluent. Au départ on avait dit une aide humanitaire,
01:50 matériel, mais pas d'armes. Et puis des munitions, des armes, on avait dit mais pas de chars par exemple. Et puis des chars.
01:56 On évoque aujourd'hui la question d'avions de chasse.
01:58 Oui il est vrai que... On recule chaque fois les limites. Les occidentaux ont mis du temps à répondre effectivement aux demandes exactes des ukrainiens.
02:06 Mais il a fallu du temps pour s'organiser. Je crois que les occidentaux se sont organisés.
02:10 La France fait partie des pays qui donnent. Ce n'est pas le pays qui donne le plus c'est vrai.
02:14 Mais la France donne. Et je crois que c'est vrai qu'on n'a pas donné suffisamment de chars. Mais
02:20 la vraie difficulté c'est qu'en Europe vous avez dix modèles de chars différents, vous avez dix modèles d'avions différents.
02:24 Donc et tout ce qui est en termes de maintenance et de soutien logistique,
02:28 ça devient très très compliqué pour les ukrainiens en réalité. Donc ce qu'on a cherché à donner je crois,
02:33 c'est plus du matériel à peu près du même type pour que le soutien logistique soit plus facile.
02:37 Gouverner c'est prévoir, a rappelé Emmanuel Macron quand il a expliqué justement
02:41 ses intentions. Il faut se préparer à toutes les individualités non ? Si demain il fallait envoyer des troupes françaises,
02:48 on ne sait pas ce qui peut se passer dans les prochains mois. On lui reprocherait de ne pas l'avoir préparé ça ?
02:51 En tant qu'ancien militaire, je sais que l'armée française planifie et on n'arrête pas de planifier. On fait la planification, c'est à dire qu'on se prépare à toute
02:57 éventualité
02:58 à un conflit majeur. Mais c'est vrai que quand vous regardez le livre blanc de 94, on prévoyait un scénario 6 je crois,
03:05 d'un engagement majeur face à une
03:07 engagement conventionnel, j'allais dire une guerre pour une guerre de haute intensité. Et les livres blancs suivants ne parlent plus de ça. Donc on a
03:14 une armée française aujourd'hui qui est une armée qui a été utilisée, qui a payé le prix du sang,
03:18 mais qui ne dispose sans doute pas de suffisamment de masse en termes de canons, en termes de munitions, en termes de chars,
03:24 et en termes d'avions et de frégates.
03:26 Donc...
03:27 Donc oui, on planifie, on planifie une intervention possible, mais je pense que
03:31 au-delà des mots, derrière il faut mettre des actes. Des actes c'est quoi ? C'est renforcer notre défense,
03:35 c'est mettre plus d'argent. Mais c'est vrai qu'avec une dette de 3200 milliards d'euros, c'est bien difficile.
03:41 Mais c'est bien d'avoir des mots de fermeté, encore derrière faut-il avoir
03:45 une armée française. - Donc ça ne suit pas en fait, si je vous comprends. - Ça ne suit pas, exactement.
03:49 On ne fabrique pas nous-mêmes nos propres obus. On achète la poudre en Australie,
03:53 la cellulose on l'achète ailleurs. Donc on voit bien derrière qu'il y a un besoin de se réarmer, mais pas uniquement dans les paroles,
03:58 il y a un besoin de se réarmer
04:00 réellement et concrètement.
04:01 - Emmanuel Macron n'est pas le seul à évoquer cette hypothèse. Le chef d'état-major de l'armée de terre le dit aussi dans une tribune qui a
04:07 été publiée ces derniers jours dans le journal de Monde. Le Monde, il est assez clair,
04:10 les nouvelles formes de conflictualité, dit-il, s'ajoutent aux anciennes sans les remplacer. Il cite par exemple la guerre électronique qui n'est pas exclusive de corps à corps.
04:17 Et il ajoute, la dissuasion nucléaire n'est pas une garantie. L'armée française se prépare aux engagements les plus durs,
04:22 le fait savoir et le démontre. Le fait de le faire savoir, ça fait partie de la guerre aussi ça, on est d'accord ?
04:29 - Bien sûr, il y a une dimension psychologique, c'est-à-dire qu'on monte notre capacité à le faire si on nous le demande.
04:34 D'ailleurs l'armée française est prête.
04:36 L'armée française est prête à engager. C'est la seule armée européenne qui a été réellement engagée de manière opérationnelle
04:42 à travers l'Afrique, à travers le Sahel, en Afghanistan, également en Irak,
04:48 qui est encore engagée sous casque bleu au Liban. Donc l'armée française est prête de manière opérationnelle. Ce qui lui manque sans doute c'est un peu la masse.
04:54 Et là vous avez raison, c'est qu'il faut sans doute plus développer notre guerre électronique
04:58 face à la guerre électronique russe qui est très très puissante. Il faudrait redévelopper sans doute, avoir plus de drones,
05:04 avoir une artillerie solaire sans doute un peu plus puissante et plus légère que celle que nous avons. Et pas uniquement des missiles
05:10 qui vont détruire des drones. Donc oui, on a besoin sans doute non pas de se réinventer, mais de se réarmer concrètement.
05:16 - Et le fait d'agiter cette menace, ça peut changer quelque chose à l'égard de Poutine ? Est-ce que ça peut, je vais vous le dire très très vialement, l'agacer par exemple ?
05:23 - Poutine est agacé, mais j'allais dire, on s'en fiche qu'il soit agacé Poutine. Depuis le début c'est lui qui nous agace.
05:28 Donc oui, c'est pas très grave. - Mais on peut être crédible face à Poutine, si on dit on n'enverra jamais personne ?
05:36 - D'abord, la France ne s'engagera pas seule. La France s'engagera en coalition.
05:41 En coalition au sein de l'OTAN. Et dès lors vous allez me dire "mais si les américains veulent pas". Justement je pense qu'il s'agit de développer un pilier européen,
05:49 une architecture de sécurité européenne, c'est-à-dire un pilier européen au sein de l'OTAN. C'est-à-dire que les européens soient capables, entre eux,
05:55 de pouvoir effectivement mener un combat de haute intensité face à un adversaire qui nous attaquerait.
06:00 - Christophe Gomart, je le disais, vous serez donc numéro 3 sur cette liste, vous êtes numéro 3 sur cette liste, les républicains pour les élections européennes.
06:06 Est-ce que ces élections peuvent vraiment avoir un impact, des conséquences sur cette guerre en Ukraine ?
06:10 - Alors je ne sais pas si elles auront un impact, mais en tous les cas, nous sommes à plus de deux mois des élections européennes qui auront lieu le 9 juin.
06:16 Il me semble important en tous les cas de porter à la connaissance des français et des électeurs ce qu'il en est exactement de l'état de la situation, de l'état de nos forces.
06:24 Est-ce que ça changera quelque chose dans cette guerre ? En tous les cas, je pense que les français doivent continuer à porter leur soutien aux ukrainiens.
06:30 De soutenir ce pays qui a été attaqué le 24 février 2022, je pense que c'est nécessaire, en effet, et j'espère que ça révélera certains esprits.
06:39 - Je le rappelais, les républicains ont vivement critiqué l'attitude d'Emmanuel Macron dans notre baromètre.
06:43 Toluna Harris interactive pour RTL et M6 publie aujourd'hui la liste LR, justement, pour ces européennes est encore à la peine.
06:50 7% d'intention de vote, au coude à coude avec les écologistes et loin derrière le RN qui est à 30%, extrêmement haut, et Renaissance à 18%.
06:58 Est-ce qu'en vous en prenant à la politique d'Emmanuel Macron, finalement, vous ne vous trompez pas de combat ou d'adversaire ?
07:05 Ce n'est pas sur le RN que vous devriez taper ?
07:08 - Alors, écoutez, je rentre en politique. C'est un saut un peu dans le vide, mais comme je suis un ancien parachutiste,
07:16 pour moi c'est un vrai challenge. Ça veut dire qu'effectivement, bon, il y a les sondages, c'est très bien,
07:21 mais au-delà des sondages, pour moi, effectivement, c'est l'occasion pour la droite classique,
07:24 c'est-à-dire de reprendre et de se repositionner en tant que parti de la liberté, parti de responsabilité.
07:30 - Et qu'est-ce qui différencie justement les LR et le RN sur ces questions-là, de défense ?
07:34 - Pour moi, le RN n'est pas un parti de responsabilité.
07:37 D'ailleurs, à tel point, c'est que lors du vote à l'Assemblée ou au Sénat, le RN s'est abstenu.
07:41 Donc il y a un non-choix derrière, alors que les Républicains se sont engagés à soutenir l'Ukraine.
07:47 Donc oui, pour moi, il y a une véritable différence.
07:49 - Merci beaucoup, Christophe Gomart, donc candidat pour ces élections européennes.
07:53 Numéro 3 sur la liste des Républicains.
07:55 - La France a besoin de se réarmer, vient de nous dire le général Christophe Gomart.
07:58 Vous restez avec nous, vous êtes dans l'œil de...
08:00 !
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