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00:02 RTL 7h44, son parti est largement en tête dans les sondages pour les Européennes.
00:11 Amandine Bégaud, vous recevez ce matin le président du Rassemblement National, Jordan Bardella.
00:15 Jordan Bardella, trois jours après l'attaque au couteau qui a eu lieu ce week-end, gare de Lyon à Paris.
00:19 L'assaillant a, d'après nos confrères du parisien, été présenté à un juge hier soir pour tentative d'assassinat.
00:25 Je rappelle qu'il s'agit d'un Malien de 32 ans qui vivait en situation régulière en Italie.
00:30 Il avait donc tout à fait le droit de circuler au sein de l'espace Schengen et donc en France.
00:34 C'est bien un problème.
00:35 Aurait-on pu éviter ce drame ?
00:37 D'abord, je suis un peu effaré de voir que la justice ne retient ni le caractère terroriste, ni le motif raciste.
00:45 Ça veut dire que le parquet antiterroriste aurait dû se saisir d'après vous ?
00:49 J'ai regardé les déclarations de cet individu qui a exprimé à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux sa haine de la France,
00:57 sa haine du peuple français, faisant des allusions d'ailleurs à l'islam radical dans ses publications.
01:03 Et je note que cet individu a obtenu des papiers de manière régulière en Italie et que cela lui a permis de circuler dans l'espace Schengen.
01:11 C'est un problème.
01:12 Je suis favorable à ce que nous remettions des portes à la maison France et que nous puissions rétablir,
01:16 pour les ressortissants extra-européens, des contrôles aux frontières.
01:21 Schengen est un projet européen qui, par définition, doit être réservé aux citoyens de l'Union Européenne.
01:27 Le fait d'être étranger, extra-européen, de venir dans un des pays de l'Union Européenne et d'obtenir un titre de séjour,
01:33 aussi régulier soit-il, ne doit pas vous donner un droit à circuler dans l'intégralité des pays de l'Union Européenne.
01:39 Sauf que ça suppose de réformer Schengen et ça la France ne peut pas le faire toute seule.
01:43 La France est le deuxième contributeur net au budget de l'Union Européenne.
01:47 Et le drame d'Emmanuel Macron est d'avoir échoué sur ce sujet comme sur le sujet de l'agriculture à défendre les intérêts français.
01:53 Donc c'est remettre des postes de frontières ?
01:55 Rétabliront des contrôles aux frontières pour les citoyens extra-européens aux frontières de notre pays.
02:01 Premièrement. Deuxièmement, il faut expulser systématiquement les délinquants et criminels étrangers.
02:07 Il était inconnu de tous les services de police ?
02:09 Oui, mais vous pourrez toujours trouver le petit cas qui ne répond pas aux critères.
02:13 Il se trouve que c'est une politique d'ensemble à mener, donc il faut expulser les délinquants et criminels étrangers.
02:18 Et troisièmement, reprendre le contrôle de la politique d'immigration.
02:21 Les chiffres de l'insécurité ont été publiés au début du mois de janvier.
02:24 Ils sont absolument accablants. 120 attaques au couteau par jour, 1000 agressions dans notre pays tous les jours.
02:30 Et je dis et j'affirme que tout n'a pas été fait par le gouvernement pour protéger le peuple français d'une situation migratoire et sécuritaire
02:39 qui, je le dis, dans notre pays est devenue totalement hors de contrôle.
02:42 Jordan Bardella, vous nous dites ce matin que vous vous étonnez que le parquet antiterroriste ne se soit pas saisi dans cette affaire.
02:47 Mais comment vous l'expliquez ?
02:49 Il faut demander aux personnes qui ont pris la décision.
02:52 Mais vous avez vu comme moi les déclarations qu'a fait cet individu avant de passer à l'acte à la gare de Lyon.
02:58 Et il se trouve que là encore, il y a des appels à la haine contre la France, contre le peuple français,
03:04 qu'il traite de tous les noms et évidemment des références à l'islam radical.
03:09 Il y a aussi eu un individu à Lyon qui a été interpellé.
03:12 Il est fiché S. A chaque fois, avec un couteau, ce sont les mêmes profils, les mêmes individus.
03:17 Et on ne prend pas en compte dans notre société la dangerosité de l'islam radical.
03:24 Ajouter à ce cocktail une situation migratoire hors de contrôle et un laxisme judiciaire, les français ne sont pas protégés.
03:30 Donc il faut un tournant sécuritaire, migratoire et pénal.
03:32 Juste à côté du terrorisme, sans islam radical ?
03:34 On n'a pas beaucoup vu.
03:36 Il n'y a pas de propos anti-français dans cette vidéo, mais il n'y a pas de propos en référence à l'islam radical ?
03:42 Il y a un lien à l'islam radical, aux prophètes. Toujours pareil d'ailleurs.
03:46 Jordan Bardella, vous serez demain aux Invalides pour l'hommage aux victimes françaises du Hamas ?
03:51 Oui, j'y serai.
03:53 Vous regrettez que la France Insoumise vienne ? L'Elysée dit que c'est la règle dans le cadre d'un hommage républicain.
03:57 Tous les parlementaires sont invités. On a entendu certaines familles de victimes dire qu'ils ne souhaitaient pas que les représentants de la France Insoumise y assistent.
04:04 Je suis très mal à l'aise à l'idée de me retrouver demain à cet hommage, à côté de gens de la France Insoumise,
04:10 qui considèrent que ce qui s'est passé, que les atrocités qui ont été commises par le Hamas en Israël, ne relèvent pas du terrorisme,
04:17 mais de la résistance, comme l'avait déclarée une députée de la France Insoumise, Madame Obono.
04:21 Mais il faut qu'Emmanuel Macron leur dise "ne venez pas".
04:23 C'est de la responsabilité d'Emmanuel Macron. Moi je vous dis, je serai demain à ma place, à mon poste, dans cet hommage, qui rendue aux Invalides,
04:31 mais je serai très mal à l'aise de me retrouver à côté de la France Insoumise.
04:34 En fait, ce qui s'est passé le 7 octobre a été un moment de vérité pour la démocratie française.
04:38 On s'est aperçu, et les Français se sont aperçus, que la condamnation du terrorisme islamiste ne faisait plus l'unanimité dans notre société,
04:44 et qu'il y avait des mouvements politiques, représentés à l'Assemblée Nationale, qui siègent au sein de la NUPES,
04:49 qui considèrent ces atrocités, ces pogroms qui ont été commis contre des civils, contre des enfants juifs, contre des femmes,
04:54 contre des vieillards, contre des gens qui ne relevaient pas d'une armée régulière,
04:58 considéraient cela comme des actes de résistance, et non pas comme des actes de barbarie.
05:01 Donc, ça a été un grand moment de clarification, et ça vient rappeler une chose,
05:05 c'est que nous devons, aujourd'hui, prémunir la France, et protéger le pays, de l'importation sur le seul français,
05:11 d'une idéologie qui se trouve déjà dans nos banlieues.
05:13 Emmanuel Macron réfléchirait par ailleurs à un hommage aux victimes françaises de Gaza. Vous y êtes favorable ?
05:18 Oui, je ne fais pas de tri dans les victimes. Cette guerre, évidemment, est un drame.
05:25 Mais n'oublions pas qu'il y a une armée régulière d'une démocratie, qui s'appelle Israël,
05:30 qui fait face à un groupe terroriste, qui est reconnu comme terroriste par l'Union Européenne,
05:34 et qui bénéficie, et je le déplore, de la mensuétude d'une partie de la classe politique française,
05:38 notamment à gauche, qui a sombré dans l'indignité.
05:41 Vous présidez le Rassemblement National, Jordan Bardella.
05:44 Les députés RN n'ont pas voté hier la motion de censure contre Gabrielle Attal.
05:47 Marine Le Pen a toujours dit, et ici même à plusieurs reprises,
05:50 qu'elle voterait toutes les motions qui vont dans l'intérêt des Français.
05:53 Ça veut dire quoi ? Que c'est l'intérêt des Français de voir Gabrielle Attal Premier ministre ?
05:56 Non, ça veut dire qu'il y a des élections dans quatre mois,
05:59 et que maintenant c'est au peuple français de se saisir de la censure du gouvernement.
06:03 Il y a des dizaines de motions de censure qui sont passées au Parlement
06:06 depuis la réélection d'Emmanuel Macron. Aucune n'a été votée à la très large majorité.
06:10 Donc je crois que maintenant les Français doivent se rendre aux urnes le 9 juin prochain.
06:14 Sauf que, quel que soit le résultat du 9 juin, ça ne changera pas l'Assemblée Nationale ?
06:18 Si, je pense que ça peut faire changer beaucoup.
06:22 C'est-à-dire que si vous arrivez en tête, il faudra une dissolution de l'Assemblée Nationale.
06:27 Et je dis aux Français, les élections européennes sont des élections de mi-mandat.
06:31 Tout ce que vous subissez dans votre quotidien se décide à Bruxelles.
06:34 L'agriculture, c'est Bruxelles. La politique d'immigration, c'est Bruxelles.
06:38 L'énergie, le coût de l'énergie, aujourd'hui abyssal,
06:41 qui ne correspond plus au coût de production français,
06:43 c'est décidé à Bruxelles par le marché européen de l'énergie.
06:46 L'ensemble de ces règles européennes sont soutenues, accompagnées,
06:50 votées, mises en oeuvre par Emmanuel Macron.
06:52 Moi, je dis aux Français, vous avez mis Emmanuel Macron en minorité
06:55 à l'Assemblée Nationale en juin 2022.
06:57 Nous devons faire de même avec l'Europe de Macron lors de ces élections européennes.
07:01 Et moi, je sollicite la mobilisation la plus large possible
07:03 pour censurer ce gouvernement dans les urnes.
07:05 Donc, si le RN est en tête le 9 juin, vous demandez la dissolution de l'Assemblée ?
07:08 Si je suis en tête le 9 juin au soir,
07:11 je demanderai le soir même, évidemment, la dissolution de l'Assemblée Nationale.
07:14 Vous évoquiez l'Europe, vous avez soutenu,
07:17 et on vous a vu aux côtés des agriculteurs ces derniers jours,
07:20 ils ont eu raison de lever les barrages après les annonces du gouvernement ?
07:23 Il faut bien qu'ils retournent travailler. Voilà, c'est ça la réalité.
07:26 Je pense que les agriculteurs comme nous, d'ailleurs, on ne se paye pas de mots,
07:29 et qu'Emmanuel Macron et Gabriel Attal se sont payés le luxe
07:33 de découvrir les dégâts de leur propre politique.
07:36 Parce que la réalité, c'est que tout ce qui nuit aujourd'hui à l'agriculture française,
07:41 et qui a mis nos agriculteurs dans les rues,
07:43 a été soutenu, accompagné, mis en oeuvre par Emmanuel Macron.
07:46 Le Green Deal et le Pacte Vert qu'il nous faut dénoncer, c'est eux.
07:49 La multiplication des accords de libre-échange,
07:52 qui nous met en concurrence avec des produits qui viennent parfois de 18 000 km
07:56 par rapport à la France, c'est eux qui l'ont mis en oeuvre,
07:58 tout comme la surtransposition de normes environnementales.
08:01 Je voudrais vous claircir un point.
08:02 Vous aviez dit, pardon, pendant la campagne des européennes en 2019,
08:06 que vous ne voteriez pas la PAC. On est d'accord ?
08:08 Vous aviez dit que vous ne voteriez pas.
08:09 En l'état actuel, bien sûr.
08:11 Pourquoi l'avoir finalement votée en 2021 ?
08:13 Parce que ma déclaration date de 2019, et qu'entre 2019 et 2020,
08:17 la PAC a évolué.
08:19 Ce n'est pas un engagement qui a été déchiré,
08:21 ni sous le taff.
08:22 Nous avons fait pression, précisément, pour que les aides d'État soient légalisées.
08:25 Et voyez bien tout l'intérêt d'avoir, dans des hémicycles,
08:28 notamment ici au Parlement européen, des eurodéputés du RN,
08:31 qui sont passés d'une PAC qui était totalement fédéraliste,
08:34 qui aujourd'hui légalise les aides d'État,
08:36 et peut-être en réalité flécher directement vers nos agriculteurs.
08:39 Elle est très largement imparfaite.
08:41 Et moi je dis juste une chose.
08:43 Nos agriculteurs ne veulent pas vivre d'aides permanentes.
08:45 Ils veulent pouvoir vivre de leur travail.
08:47 Or, aujourd'hui, pour que l'agriculture paye,
08:49 pour que le travail paye quand on est agriculteur,
08:51 il faut, un, que la loi EGalim soit respectée,
08:53 et que les marches soient mieux encadrées, mieux contrôlées,
08:56 et deuxièmement, que notre agriculture soit protégée par le patriotisme économique.
09:00 Nous mettrons en oeuvre ce patriotisme économique.
09:02 Juste d'un mot, Marine Le Pen était hier soir sur TF1,
09:04 et quand Gilles Boulot lui a demandé quels seraient les candidats sur votre liste,
09:07 s'il y aurait ou non des gens de la société civile,
09:09 des personnes extérieures ou RN,
09:11 elle a répondu "vous n'avez qu'à inviter Jordan Bardella".
09:13 Alors on vous a en face de nous, y'aura-t-il des gens de la société civile ?
09:16 - Y'aura des gens qui peuvent effectivement rejoindre le Rassemblement National,
09:19 des gens qui viennent de la société civile,
09:21 des gens qui viennent d'autres horizons politiques.
09:23 Encore quelques jours de patience,
09:25 et je révélerai les noms des personnes qui vont m'accompagner.
09:27 C'est une liste qui fera gage, je crois, de sa compétence,
09:30 avec des gens qui viennent d'autres horizons,
09:32 parce que, au-delà d'une liste aux élections européennes,
09:35 je prépare le Rassemblement National à l'exercice.
09:38 - On a parlé par exemple de Mathieu Vallée.
09:40 - Vous verrez, je ne vais pas vous répondre maintenant,
09:43 je parle à peine de trois semaines, j'ai l'habitude des interviews,
09:45 vous ne m'aurez pas comme ça.
09:46 Donc on va attendre quelques jours, patience,
09:48 je donnerai les noms, en tout cas nous sommes aujourd'hui
09:50 donnés en tête de ces élections européennes,
09:52 et je veux juste dire aux Français que les sondages, c'est les sondages,
09:55 maintenant on aura besoin de leur mobilisation
09:57 contre l'Europe de Macron le 9 juin prochain.
09:59 - Merci.
10:00 Merci à tous !
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