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  • il y a 5 jours
En suivant le début de vie de deux bébés confiés à l'Aide sociale à l'enfance du Val de Marne il est possible de retracer leurs parcours à travers ces organismes qui s'occupent d'eux. De la décision de placement à l'adoption finale ils prennent en charge ces pupilles de l'État et leur offre sécurité et bienveillance.
Mais alors qui sont ces personnes qui recueillent ces enfants ? Comment se déroule le processus d'adoption ?

Pour en débattre,Laetitia Delhon, journaliste, spécialisée dans le travail social et médico-social; Anne Devreese, Présidente du Conseil National de la Protection de l'Enfance, le CNPE

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Transcription
00:00:00 Générique
00:00:01 ...
00:00:15 -Bienvenue à tous.
00:00:17 En France, plusieurs milliers d'enfants
00:00:19 sont des pupilles de l'Etat et vivent confiés
00:00:22 à l'aide sociale à l'enfance.
00:00:24 C'est à eux que s'intéresse ce débat d'octave.
00:00:26 Pour commencer, le documentaire qui va suivre,
00:00:29 "Le bébé placé, la vie devant eux",
00:00:31 réalisé par Karine Dufour.
00:00:33 Elle y suit, vous allez le voir,
00:00:35 le parcours de deux bébés confiés à l'aide sociale à l'enfance
00:00:39 du Val-de-Marne, en région parisienne,
00:00:41 tout en s'interrogeant sur leur devenir
00:00:43 et leurs droits fondamentaux à une enfance protégée.
00:00:47 Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai
00:00:50 juste après sur ce plateau, en compagnie de la présidente
00:00:53 du Conseil national de la protection de l'enfance,
00:00:56 Marie-Hélène Levraise, et de la journaliste Laetitia Delon.
00:00:59 Avec elle, nous nous interrogerons sur la seconde chance
00:01:03 offerte aux enfants placés au sein de notre société.
00:01:07 Bon doc.
00:01:08 -Oui, bonjour.
00:01:21 C'est l'éducatrice de l'aide sociale à l'enfance.
00:01:24 Je viens chercher le petit Basile, né sous X.
00:01:27 Merci.
00:01:28 -Bonjour.
00:01:34 -Oui, petit bébé.
00:01:44 -Voilà.
00:01:45 Voilà, voilà.
00:01:46 -Un petit bébé.
00:01:49 Bonjour, Basile.
00:01:55 Tu m'appelles Serval.
00:01:56 Je vais t'accompagner chez tata.
00:02:01 Tata Simone, oui.
00:02:03 Tata va prendre soin de toi.
00:02:07 Oui, ça va.
00:02:10 Allez, mon chaton.
00:02:12 Oui.
00:02:13 On va tout faire pour que d'ici quelques semaines,
00:02:21 tu puisses avoir une famille.
00:02:23 Hein ?
00:02:24 Une nouvelle aventure commence, mais...
00:02:28 Allez, c'est parti.
00:02:30 Prenez soin de vous.
00:02:36 Au revoir.
00:02:38 On y va, on y va.
00:02:41 Ça y est, on est deux, là.
00:02:45 Tu t'inquiètes pas, on est dans la voiture.
00:02:51 On est dans la connaissance de tata, tous les deux.
00:02:54 Oui, allô, madame Zarsky ?
00:02:56 Pour vous dire que je quitte, là, du coup,
00:02:59 le centre hospitalier et qu'on arrive.
00:03:02 Musique douce
00:03:04 ...
00:03:09 ... It's time...
00:03:12 ...
00:03:14 ... To go...
00:03:17 ...
00:03:20 ... It's time...
00:03:23 ...
00:03:25 ... To go...
00:03:28 ...
00:03:33 ...
00:03:36 ...
00:03:41 ...
00:03:44 -Allez, viens, Bipi.
00:03:47 -Oh, mais quel temps il fait aujourd'hui, là,
00:03:51 quand j'arrive avec le murage.
00:03:55 ...
00:04:01 -Regarde, tout le monde entre ici.
00:04:04 Il y a Isidore, Piguette, ton arrivée.
00:04:09 -Ah oui.
00:04:10 -Et le chat t'attend.
00:04:12 -Voilà.
00:04:14 Alors, comment je vais faire ?
00:04:17 -Grosse, grosse, grosse combi, bien chaude, comme ça.
00:04:21 Ça y est, tu te réveilles ?
00:04:24 -Bah, c'est lui le patron.
00:04:26 C'est à sa demande qu'on va faire.
00:04:28 C'est pas comme à l'hôpital.
00:04:30 Chez nous, on va faire selon ton besoin,
00:04:34 selon tes capacités.
00:04:36 ...
00:04:39 Tu connais pas encore Basile, qui est là ?
00:04:42 -Et donc, il a quel âge, l'atlas ?
00:04:44 -Eh ben, il a huit jours, du coup.
00:04:46 -Et on connaît l'âge de la mère biologique ?
00:04:49 -Je vous avoue que je ne sais pas, peut-être,
00:04:52 qu'il y a des choses qui sont là-dedans,
00:04:55 mais c'est pour l'adoption, donc je pourrais pas...
00:04:58 -Voilà, comme ça, tu me vois mieux.
00:05:03 Bonjour, Basile.
00:05:06 -Miam.
00:05:07 -Miam.
00:05:08 Eh, regarde.
00:05:10 Ah !
00:05:13 Moi, c'est tata Simone.
00:05:18 Maintenant, c'est moi qui m'occupe de toi.
00:05:22 Tous les biberons,
00:05:24 le change,
00:05:27 le petit bain,
00:05:31 c'est avec moi.
00:05:33 Tu vas voir.
00:05:34 Ça va te plaire.
00:05:37 ...
00:05:45 Ils arrivent chez nous, infamés d'accueil,
00:05:48 tout petits.
00:05:50 Ils ont vécu une séparation.
00:05:53 Je fais un relais, en fait,
00:05:55 je leur donne tout ce que leurs parents naturels
00:06:01 n'ont pas pu donner,
00:06:02 et les parents futurs adoptants
00:06:04 ne sont pas encore là.
00:06:06 J'essaye de leur donner des bonnes bases
00:06:09 et surtout une profonde confiance en l'adulte.
00:06:13 ...
00:06:28 -Allez, on y va.
00:06:29 -Merci.
00:06:30 -OK.
00:06:32 Donc, "Informations relatives à la naissance de l'enfant Basile,
00:06:36 "Mme Scocciolo, en lien avec Mme Balteau,
00:06:39 "toutes deux assistantes sociales à la maternité
00:06:42 "nous ont informé de la naissance au secret de Basile.
00:06:44 "La grossesse s'est déroulée sous silence,
00:06:47 "avec un déni grossesse tardive jusqu'à 34 semaines.
00:06:50 "Mme se présente aux urgences avec des maux de ventre
00:06:53 "et découvre alors sa grossesse.
00:06:54 "L'accouchement a été déclenché,
00:06:56 "c'est déroulé sans complications par voix basse.
00:06:59 "La mère demande le secret de son identité.
00:07:02 "C'est une jeune femme réservée,
00:07:04 "comme sous le choc des événements.
00:07:06 "Elle ne souhaite pas garder Basile,
00:07:08 "issue d'une relation non consentie.
00:07:10 "Il n'y a pas eu de pot à pot
00:07:12 "et Basile a été accueilli en service de néonatologie.
00:07:15 "Madame a demandé des nouvelles du bébé
00:07:17 "et souhaitait aller dire au revoir à Basile avant son départ.
00:07:20 "Elle souhaita pour lui qu'il puisse être adopté
00:07:23 "et qu'on puisse le désirer."
00:07:24 -Donc, c'est plutôt bienveillant de la part de cette dame
00:07:28 et c'est tout à son honneur, on va le dire,
00:07:31 parce que ce n'est pas simple, ce qui lui est arrivé.
00:07:34 ...
00:07:51 -D'accord, donc pour l'instant, on n'a pas plus d'informations.
00:07:55 Mais elle serait quand même en route pour le centre maternel ?
00:07:59 -Oui, c'est ça. -Ouais, bon.
00:08:03 -Il est observé par les professionnels
00:08:05 qu'Annelise montre de plus en plus de signes de détresse psychique
00:08:08 et revient fatiguée, apathique et cernée
00:08:11 des hébergements auprès de ses parents.
00:08:13 Le risque est qu'Annelise va progressivement
00:08:15 rentrer dans une phase de dépression du nourrisson
00:08:18 et ne va plus avoir confiance dans le lien à l'adulte
00:08:21 ni même pouvoir exprimer ses besoins.
00:08:23 Au regard du jeune âge d'Annelise
00:08:25 et du risque de dépression psychique
00:08:27 et d'accidents domestiques qui demeurent réels,
00:08:29 il est urgent de garantir la sécurité de l'enfant
00:08:32 car le placement en pouponnière s'avère indispensable.
00:08:35 -Bonjour, Caroline.
00:08:39 -Je vous transmets le pépé. -Bonjour, Caroline.
00:08:42 -La petite Annelise. -Voilà.
00:08:44 -Voilà.
00:08:45 Si tout se passe bien,
00:08:46 dans le meilleur des cas, elle se prend la dissoudeur.
00:08:49 La maman, elle est en route.
00:08:51 Là, il y a une autre fille, là.
00:08:53 Une petite fille d'un an.
00:08:55 Voilà.
00:08:56 -Pas de soin à l'enfant.
00:08:57 -Il n'y a plus personne à l'accueil à cette heure-là.
00:09:02 Je vais aller installer la salle.
00:09:04 -C'est le papa ? -Non, elle me parlait que de la maman.
00:09:07 Voilà. Je vais aller installer la salle.
00:09:09 Musique douce
00:09:12 ...
00:09:20 Et voilà.
00:09:21 ...
00:09:23 Je voulais juste prévenir qu'il arrive à peu près dans 20 minutes.
00:09:28 -Je te présente là-haut, j'ai Sandria, la petite.
00:09:31 -Comme ça, c'est toi qui la prendra dans les bras.
00:09:33 D'accord ? -OK.
00:09:34 -À tout à l'heure, Catherine. -À tout à l'heure.
00:09:37 -Bon, alors, du coup, je vais vous laisser,
00:09:40 parce que...
00:09:41 ...
00:09:47 -Bonjour, madame.
00:09:48 -Bonjour, mademoiselle.
00:09:50 -Je suis madame Floch, je suis coordinatrice.
00:09:53 -Bonjour. -Allez-y, installez-vous.
00:09:55 -Bonjour. -Bonjour.
00:09:56 -Bon, du coup, Catherine,
00:09:58 qui est une auxiliaire qui va s'occuper de votre fille.
00:10:01 -Encore 5 minutes.
00:10:02 -Ca va être difficile, mais vous savez, pour elle,
00:10:05 ce serait important qu'on fasse pas trop traîner les choses.
00:10:08 Catherine, elle va s'occuper de toi.
00:10:10 -Oh !
00:10:11 -Oui, tu regardes Catherine, t'as compris.
00:10:14 On va prendre tout de suite, tu vois,
00:10:16 les petites affaires à l'odeur de maman,
00:10:18 pour les mettre dans ton lit.
00:10:20 Allez.
00:10:21 -Je peux pas la laisser.
00:10:22 -Mais ça, c'est le juge qui en a décidé.
00:10:25 Autrement...
00:10:26 -J'ai l'impression de l'abandonner.
00:10:28 -C'est difficile.
00:10:29 Et maman, elle revient te voir en visite.
00:10:31 -Je t'aime, ma bébé. Je t'aime, ma vie.
00:10:34 -C'est important, ce qu'elle te dit, maman, hein.
00:10:36 Allez.
00:10:38 Hop.
00:10:39 Allez, madame.
00:10:40 C'est important pour elle aussi.
00:10:42 -Je vais passer la main.
00:10:43 -Je vais passer la main.
00:10:45 -Ouais.
00:10:46 Elle est prête, madame. Elle est prête.
00:10:49 -Mais vous avez déjà vu que j'ai abandonné la maman.
00:10:51 -Non, mais vous l'abandonnez pas.
00:10:53 -Allez, tu vas dans les bras de Camille.
00:10:56 Voilà.
00:10:57 ...
00:10:59 Bah oui, c'est compliqué.
00:11:01 ...
00:11:02 Hop là.
00:11:04 ...
00:11:13 Tu regardes, tu observes ?
00:11:15 -Ouais.
00:11:16 -Viens.
00:11:17 C'est Raya.
00:11:19 Le petit Raya.
00:11:20 ...
00:11:23 Ah oui, y a plein de choses qui se passent.
00:11:25 Tu t'aperçois ?
00:11:26 Maman, elle était un peu triste, hein.
00:11:28 Bah oui, c'est normal.
00:11:30 C'est le juge qui a décidé.
00:11:32 Bah oui, c'est le juge qui a décidé que tu viennes là.
00:11:35 Mais maman, elle sait où tu es, tu vois ?
00:11:37 Elle t'a accompagnée.
00:11:38 Elle viendra te voir une fois par semaine pour le moment.
00:11:41 Et elle pourra prendre de tes nouvelles au téléphone.
00:11:44 -Je sors le chariot.
00:11:46 -Tu sais que je vais m'occuper de toi.
00:11:51 -Il y aura aussi...
00:11:52 ...
00:11:53 Bah oui, c'est compliqué.
00:11:55 ...
00:11:59 C'est normal que tu sois triste,
00:12:01 que tu fasses une petite détresse.
00:12:03 -Oui.
00:12:04 ...
00:12:07 -T'es en sécurité ici, tu sais.
00:12:10 -Ouais.
00:12:11 -Je vais te poser l'enveloppe.
00:12:13 ...
00:12:18 Tu peux t'asseoir.
00:12:19 ...
00:12:22 ...
00:12:27 ...
00:12:34 Je vais fermer le barreau du lit.
00:12:36 Si t'as un petit souci,
00:12:38 il y a aussi un qu'elle a toute la nuit.
00:12:40 Tu veux essayer de faire un dodo ?
00:12:42 -Bah oui, il faut se reposer.
00:12:44 -Je te dis à demain.
00:12:46 ...
00:12:55 Le bébé pleure.
00:12:56 -Bonjour, Aliah.
00:12:57 -Bonjour, les petits chatons.
00:12:59 ...
00:13:04 -Bonjour.
00:13:05 -Bonjour, les petits chatons.
00:13:07 Bonjour, Anise.
00:13:08 Ca va ?
00:13:09 Je vais passer régulièrement
00:13:12 pour te voir, pour voir les autres enfants,
00:13:15 pour savoir comment tu vas,
00:13:17 comment tu grandis.
00:13:18 ...
00:13:24 Je sais que la séparation avec maman
00:13:26 était difficile hier soir, hein, Anise ?
00:13:29 Mais je sais aussi que ta maman,
00:13:31 elle pense très fort à toi
00:13:32 et que, pour le moment,
00:13:34 elle a besoin qu'on s'occupe un petit peu d'elle.
00:13:37 Donc nous, on va s'occuper de toi,
00:13:39 les auxiliaires vont s'occuper de toi.
00:13:42 ...
00:13:44 Tu vas pouvoir te reposer ici,
00:13:45 t'es en sécurité.
00:13:47 -Ouais.
00:13:48 -Donc tu as le droit de te reposer ici, tranquillement.
00:13:52 Tout va bien se passer.
00:13:54 Au revoir, mademoiselle.
00:13:58 ...
00:13:59 On reste toutes les deux.
00:14:00 T'en fais pas, moi, je reste un petit peu encore.
00:14:03 ...
00:14:06 A plus tard. -A plus tard.
00:14:08 ...
00:14:16 -Elle est arrivée avec un sac, Anise ?
00:14:18 -Oui.
00:14:19 Ma maman...
00:14:21 ...
00:14:22 C'était elle.
00:14:23 Elles sont en prison.
00:14:25 ...
00:14:27 Elle a un frère aîné, mais je sais plus de quel âge,
00:14:30 qui a été placé aussi.
00:14:31 -C'est ce qu'elle m'a dit. -La maman a formulé,
00:14:34 ou anticipé, je sais pas.
00:14:36 Elle a dit que ça serait bien qu'elle aille avec son frère
00:14:39 chez l'assistante familiale où est son frère.
00:14:41 Je sais pas, déjà, réfléchir comme ça,
00:14:44 c'était un peu étonnant.
00:14:46 ...
00:14:47 Anise...
00:14:49 ...
00:14:50 Je vais m'occuper de toi après, ma belle.
00:14:52 Hein ? Et chacun son tour.
00:14:54 ...
00:14:56 Je te prends, Anise.
00:14:57 Hop là.
00:14:58 ...
00:15:01 Tac !
00:15:02 ...
00:15:04 -Anne-Lise est confiée à la direction de la protection
00:15:07 de l'enfance et de la jeunesse du Val-de-Marne
00:15:10 dans un contexte d'accueil d'urgence.
00:15:12 Il y a un placement de six mois.
00:15:14 On attend d'avoir plus d'éléments
00:15:16 sur la structure psychique de la maman.
00:15:19 Monsieur, je pense qu'il est un peu sidéré
00:15:21 du placement aussi.
00:15:22 Pour autant, ils ont pas demandé à récupérer leur fille.
00:15:26 Monsieur, il a demandé à avoir plus de visites.
00:15:28 Mais madame, elle se projette déjà
00:15:31 sur une orientation en placement familial.
00:15:33 Et un regroupement de la fratrie
00:15:35 chez la même famille d'accueil.
00:15:37 ...
00:15:38 -Voilà, mon petit Basilou.
00:15:41 Viens voir.
00:15:43 ...
00:15:46 Oh, quel malheur !
00:15:48 ...
00:15:49 Oh là là là !
00:15:51 Oh, viens voir, tata.
00:15:53 Viens voir.
00:15:54 -Maman !
00:15:55 -C'est terrible, c'est terrible.
00:15:57 Je comprends.
00:15:58 Mais oui, oui, oui, mais c'est une urgence.
00:16:01 Petit coucou.
00:16:02 Petit coucou, viens.
00:16:04 ...
00:16:06 Moi, oui.
00:16:08 ...
00:16:11 Tu tiens ma main pour pas que je parte ?
00:16:14 ...
00:16:21 Tu restes un peu éveillé avec moi ?
00:16:23 ...
00:16:24 Oui ?
00:16:25 Un petit sourire serait quand même sympa.
00:16:29 ...
00:16:30 Qu'est-ce que t'en penses ?
00:16:32 ...
00:16:44 Bébé pleure.
00:16:45 -Oui, d'un atrocement fin, toi, toujours.
00:16:48 Oui, oui, oui.
00:16:50 ...
00:16:52 Tu t'accroches ?
00:16:53 ...
00:16:56 Regarde, il y a Servan qui vient te voir.
00:17:00 Souvent, je me demande
00:17:02 si c'est vraiment la faim ou les bras.
00:17:05 Il a beaucoup envie de bras, lui, effectivement.
00:17:08 Il a très, très envie d'être dans les bras.
00:17:11 Vraiment...
00:17:12 Bébé ventouse, pour pas que je le dépose.
00:17:16 Voilà, t'avais besoin d'être rassuré qu'on est là.
00:17:20 Mais moi, je suis toujours là.
00:17:23 Eh oui !
00:17:24 ...
00:17:28 ...
00:17:45 -Je vous propose de commencer
00:17:48 par le petit point concernant notre ami Basile,
00:17:51 qui, du coup, est chez Simone.
00:17:53 L'idée, c'est qu'on puisse un peu préparer
00:17:57 la synthèse de lundi au service d'adoption.
00:18:00 C'est vous, Servan, qui y allez avec Lola ?
00:18:03 Vous allez pouvoir y aller aussi ? -On va essayer de se débrouiller.
00:18:06 -Donc, comment il va, notre ami ?
00:18:08 -Alors...
00:18:09 L'étang de bras, c'est important. On voit que ça le rassure.
00:18:13 Il a toujours tendance à s'agripper au pull,
00:18:16 à la chaîne de Mme Saski.
00:18:19 -Il sourit ?
00:18:21 -Il sourit.
00:18:22 Ah ouais, il sourit.
00:18:23 -C'est sa mère de naissance ? -Oui.
00:18:25 -Elle a pu lui parler avant ? -Elle a pu lui parler,
00:18:28 lui dire au revoir.
00:18:29 C'est des choses qui ont été faites.
00:18:31 -C'est important.
00:18:32 -C'est un bilan, on a eu l'impression qu'il avait compris.
00:18:35 Voilà. Je revois encore Mme Saski lui dire,
00:18:38 mais qu'elle serait là le temps, effectivement,
00:18:41 qu'on puisse, voilà, lui trouver une famille
00:18:45 pour l'accueillir, tout ça, et elle peut le redire de son temps
00:18:49 et elle dit "je le trouve très à l'aise avec cette idée-là".
00:18:52 Musique douce
00:18:54 -Annelise, tu vas venir ? On va prendre le bain.
00:18:58 J'ai préparé, tu vas prendre ton bain.
00:19:00 -Maman !
00:19:01 -Je t'ai dit que je prenais Annelise.
00:19:04 Elle va faire son premier bain.
00:19:06 Tu viens ?
00:19:07 -Oui.
00:19:08 -Alors, on y va comment ? Debout ?
00:19:10 Oui ? T'as envie ?
00:19:12 -Oui. -Attention, tu te tiens bien.
00:19:14 Attends, regarde, il faut fermer la porte,
00:19:17 parce que sinon... Hop !
00:19:19 Voilà, allez, c'est parti.
00:19:22 ...
00:19:27 Un oeuf, hop, l'autre oeuf,
00:19:31 le nez, les joues.
00:19:34 -Je vais nouiller tes cheveux avec le gant.
00:19:38 L'enfant qui est insécure, on lui dit tout,
00:19:40 comme ça, il sait ce qu'on va lui faire.
00:19:43 Il sait qu'il est en sécurité, qu'il peut s'épanouir,
00:19:46 qu'on est là pour son bien-être.
00:19:47 Elle a tout de suite vu qu'elle pouvait compter sur nous.
00:19:51 Ca fait du bien, hein ?
00:19:52 Coucou, le pommeau de douche.
00:19:55 Hop, bravo !
00:19:57 Bravo.
00:19:58 Un, deux, trois, hop là !
00:20:00 -Aïe ! Aïe !
00:20:02 -On est partis sur des visites avec sa maman toutes les semaines.
00:20:06 -Mais il a cisé ? -Oui.
00:20:08 Droits de visite en présence d'un professionnel
00:20:11 à raison d'une rencontre par semaine.
00:20:13 -Et donc là, la mère passait au correctionnel ?
00:20:16 -Ouais, 11h30 aujourd'hui.
00:20:17 Donc si elle passe au correctionnel,
00:20:19 c'est que c'est lourd en termes de maltraitance.
00:20:22 Et en même temps, c'est une maman qui est carencée,
00:20:25 qui est sous curatel, voilà.
00:20:26 Donc on pourrait être tentés presque de lui trouver des excuses.
00:20:31 Il faut pas oublier que cette petite fille est marquée à vie
00:20:34 et que le correctionnel, il arrive pas par hasard non plus.
00:20:37 Il faut qu'à un moment donné, on ait reconnu aussi
00:20:40 que le parent, là, il a été défaillant.
00:20:42 Et c'est reconnaître à l'enfant qu'il a été victime.
00:20:45 Ce qui n'empêche pas qu'il va grandir avec ce parent
00:20:48 et que ça va lui faire du bien.
00:20:49 Mais par contre, on va toujours quand même nous privilégier
00:20:53 ce que l'enfant vient nous manifester.
00:20:55 -Ca arrive, ça arrive.
00:20:57 Tiens, tu veux ?
00:20:59 Tu veux bien ?
00:21:00 Voilà. C'est le biberon de lait ?
00:21:03 Hein ? Bah oui.
00:21:05 T'avais faim ?
00:21:06 T'es concentrée sur ton biberon, hein.
00:21:09 Tu me regardes pas.
00:21:10 Tu veux me regarder quand je te regarde pas ?
00:21:13 Si tu veux.
00:21:14 Si tu veux. On fait comme ça.
00:21:16 Après, ça viendra petit à petit.
00:21:18 C'est pas facile.
00:21:19 Bah oui.
00:21:21 T'as le droit de ne pas me regarder quand je te regarde
00:21:26 et de me regarder quand je te regarde pas.
00:21:28 Oui, oui.
00:21:30 On va faire connaissance, tu vas voir.
00:21:34 Oui.
00:21:35 Tu peux te reposer sur moi, si tu veux, y a pas de souci.
00:21:42 Je suis là pour que tu sois bien.
00:21:44 Oui.
00:21:46 Alors, on chante une chanson ?
00:21:49 Petit escargot
00:21:52 Porte sur son dos
00:21:55 Sa maisonnette
00:21:59 Aussitôt qu'il pleut
00:22:02 Il est tout heureux
00:22:04 Il sort sa tête
00:22:07 Coucou !
00:22:09 Coucou !
00:22:10 Voilà, là, ça fait plus bien, hein.
00:22:36 Oui, oui, je suis là avec Anna-Belle.
00:22:39 On te regarde.
00:22:40 Il a deux mois, maintenant.
00:22:46 C'est le temps que la famille biologique
00:22:50 peut revenir légalement.
00:22:53 Deux mois.
00:23:06 Et idéalement, les bébés partent de chez nous
00:23:09 à l'âge de trois ou quatre mois.
00:23:11 Ça t'intéresse, hein ?
00:23:14 Ah oui, Servan, elle t'a déjà raconté
00:23:17 que bientôt, tu vas avoir un papa et une maman,
00:23:21 ou deux papas ou deux mamans.
00:23:24 Ça va être bien, rien que pour toi.
00:23:27 Rien que pour toi.
00:23:29 J'ai déjà préparé une belle photo de portrait
00:23:33 et une belle photo de tout le bébé
00:23:36 pour cette occasion.
00:23:38 Donc, nous, on leur fait vraiment la documentation
00:23:45 du jour zéro jusqu'à l'adoption ou à leur départ.
00:23:48 Pour ne pas qu'il y ait de lacunes,
00:23:51 il faut que ça soit continu, leur histoire.
00:23:54 Avec tonton, nous pensons déjà beaucoup à tes parents
00:24:00 qui ne savent pas encore quel grand bonheur les attend.
00:24:04 Je suis Elisabeth Vins, la responsable du secteur adoption.
00:24:16 Je suis contente de vous connaître.
00:24:19 Après la réunion, je vous remettrai un questionnaire
00:24:23 qui vous permettra de constituer votre dossier.
00:24:26 Aujourd'hui, je vais vous expliquer
00:24:29 un petit peu tout le processus de l'adoption.
00:24:33 Qu'est-ce qui nous amène à donner des refus,
00:24:36 qu'est-ce qui nous amène à donner des agréments.
00:24:38 Je vous rappelle qu'on est tous,
00:24:41 tous les gens qui vous évaluent, sont protection de l'enfance.
00:24:45 Donc, on va toujours partir des besoins des enfants.
00:24:48 La parentalité adoptive, elle a quand même de grosses différences
00:24:53 avec la parentalité biologique.
00:24:56 La parentalité adoptive, c'est quoi ?
00:24:59 C'est devenir parent d'un enfant
00:25:02 qui, obligatoirement, a vécu dans sa vie un traumatisme.
00:25:08 Cet abandon, il est ancré à l'intérieur de ses enfants.
00:25:12 Et après, ils ont des capacités, ou nous,
00:25:17 ou plus ou moins,
00:25:19 de pouvoir accepter cet abandon
00:25:23 et de pouvoir vivre avec, surtout.
00:25:26 Et de pouvoir, eux-mêmes, se construire
00:25:30 avec une base qui n'est pas très solide dès le départ.
00:25:33 Donc, vous souhaitez adopter un enfant pupille.
00:25:39 C'est pas nous qui choisissons, c'est le conseil de famille.
00:25:41 Mais c'est aussi nous qui vous présentons.
00:25:43 Et nous, on vous présente en fonction du moment où on pense que vous êtes prêts.
00:25:48 Parce que c'est pas rien d'adopter.
00:25:50 Parce que c'est un challenge, et on a une sacrée responsabilité.
00:25:54 Et on a la responsabilité de la vie d'un enfant.
00:25:58 On a votre responsabilité aussi, pour que ça marche pour vous,
00:26:02 mais vous, vous êtes déjà construits.
00:26:04 Mais nous, on a la responsabilité de la vie d'un enfant.
00:26:08 Et ça, on va pas jouer avec ça.
00:26:11 On n'est pas là pour jouer.
00:26:13 Et on jouera pas avec la vie d'un enfant.
00:26:15 Donc, les familles que l'on va présenter,
00:26:18 ce seront des familles qui seront prêtes pour nous.
00:26:20 Que l'on pensera prêtes. En toute humilité, on peut se tromper.
00:26:24 Mais on va mettre toutes les chances de notre côté,
00:26:27 enfin, du côté de l'enfant, pour que ça matche.
00:26:30 Qu'est-ce que tu veux raconter de ta petite vie ?
00:26:35 Ah...
00:26:37 Ah oui...
00:26:40 T'es tout prêt, hein ?
00:26:43 Pour de nouvelles aventures, t'es tout prêt ?
00:26:46 Eh oui !
00:26:48 Je vais t'accompagner, tu sais.
00:26:53 ...
00:26:55 Musique douce
00:26:58 ...
00:26:59 Tu viens ?
00:27:00 ...
00:27:07 Bravo, super !
00:27:09 ...
00:27:15 Voilà, super.
00:27:16 Très bien.
00:27:18 Là, ça va faire trois semaines qu'on l'accueille.
00:27:22 Donc, vous direz un peu quelle petite fille on a aujourd'hui.
00:27:25 C'est une petite fille qui a trouvé des repères dans le groupe,
00:27:28 qui paraît assez sécure.
00:27:30 Sur le plan de son développement et de ses compétences,
00:27:33 d'une petite fille d'un an, elle y est.
00:27:35 Dans le développement psychomoteur, dans le lien à l'autre,
00:27:39 dans les jeux, dans le lien à l'adulte.
00:27:42 Il y a des choses quand même très positives.
00:27:44 Donc, voilà, on n'a pas vocation à ce qu'elle n'y est,
00:27:48 soit qu'elle vit trop longtemps ici.
00:27:50 L'idée étant qu'elle ne reste pas trop longtemps en collectivité,
00:27:53 parce qu'on sait que c'est pas bon pour les enfants
00:27:56 et qu'elle risquerait de s'épuiser de toute façon
00:27:59 au bout d'un moment.
00:28:01 Donc, voilà, je pense que l'orientation,
00:28:04 elle se fera quand il y aura une place disponible
00:28:06 et qui correspond aussi à ses besoins.
00:28:09 ...
00:28:11 ...
00:28:33 -Donc, ce que dit Agnes, c'est qu'ils ont fait une concertation
00:28:36 où les référentes questionnaient le regroupement de la fratrie.
00:28:40 -Et, bah... Moi, je ne suis ni pour ni contre.
00:28:43 À partir du moment où c'est une fratrie,
00:28:45 pour moi, ça a du sens.
00:28:46 Mais la 1re question qu'on a à se poser,
00:28:49 c'est comment on fait pour les réunir ?
00:28:51 Ca, c'est la 1re question, ça doit être celle-là.
00:28:54 Les enfants, ils ont pas demandé à être séparés.
00:28:57 -Ils sont déjà séparés de leurs parents,
00:28:59 voilà, de fait.
00:29:01 Au moins, on leur doit ça, d'être ensemble,
00:29:04 d'évoluer dans la même famille d'accueil.
00:29:06 -Bon, on va avec Géraldine. -Je vais rappeler.
00:29:09 ...
00:29:15 Géraldine pleure.
00:29:16 ...
00:29:17 -Il y a Lola qui vient de voir ce gatain.
00:29:21 ...
00:29:23 Bonjour.
00:29:24 -Bonjour.
00:29:25 -On sent qu'il est en harmonie avec lui-même,
00:29:29 et ça, c'est très rare chez nous,
00:29:32 parce qu'ils ont quand même tous vécu une rupture,
00:29:35 une séparation plus ou moins violente,
00:29:38 et c'est dans son cas.
00:29:39 C'était...
00:29:41 C'était bien fait, je dirais.
00:29:44 Il a...
00:29:46 Il a...
00:29:47 intégré, il a intégré ça sans être trop chamboulé.
00:29:51 -Le but, du coup, de la réunion de santé,
00:29:54 c'est vraiment de présenter le bébé le mieux possible
00:29:57 pour qu'il puisse faire une bonne adéquation avec les parents
00:30:00 en termes de caractère.
00:30:02 ...
00:30:12 -En termes d'organisation,
00:30:14 c'est un petit bébé qui va être présenté
00:30:17 au conseil de famille pour le consentement.
00:30:20 On va vous laisser la parole pour que vous nous parliez
00:30:23 un petit peu de Basile pour voir si, effectivement,
00:30:26 les familles qu'on a retenues correspondaient.
00:30:30 -C'est un petit garçon qui, quand on lui adresse la parole,
00:30:33 il peut se montrer très curieux, très intéressé.
00:30:36 On sent vraiment qu'il...
00:30:38 Voilà, on se fait... -Il est en lien.
00:30:40 -Très en lien, oui.
00:30:41 -Après, c'est un petit garçon qui prend son temps.
00:30:44 Quand j'y suis allée, il m'a pas du tout regardée dans les yeux.
00:30:47 Il a vraiment eu besoin de s'appuyer sur l'assistante familiale,
00:30:51 de la regarder très longtemps, et après,
00:30:53 grâce à son accompagnement, à me regarder dans les yeux.
00:30:56 Mais une fois que c'était fait, il a pu rester avec moi seule,
00:30:59 et effectivement, il y a toujours un temps d'adaptation,
00:31:02 ce qui est plutôt positif.
00:31:04 -Il est serein, quoi. -Oui, il va réussir
00:31:06 à se transfermer dans la famille d'accueil en attendant.
00:31:09 -En fonction de ce que vous connaissez de ce petit garçon,
00:31:13 est-ce que vous imaginez des choses importantes
00:31:16 par rapport à une famille d'adoption ?
00:31:18 -Il y a quand même une demande de bras
00:31:21 quand même assez importante.
00:31:22 -Il va en profiter. -Donc une demande d'attention.
00:31:25 -Donc c'est des gens qui doivent être disponibles
00:31:28 à ce niveau-là.
00:31:29 -On a déjà pas mal d'informations.
00:31:32 C'est intéressant, ça nous permet de...
00:31:34 Nous, on va un peu regarder maintenant
00:31:36 les familles que l'on a, qu'on avait un peu...
00:31:39 un peu mis de côté pour...
00:31:43 En pensant, pour voir si ça correspond.
00:31:45 -Merci. -Merci.
00:31:47 -Merci, mesdames. On peut garder la photo.
00:31:50 -Merci.
00:31:51 Musique douce
00:31:53 -On va remettre dans son album.
00:31:55 ...
00:32:19 Cri d'enfant
00:32:23 -Tu veux que je t'aide un petit peu ?
00:32:25 Père ?
00:32:27 Hum...
00:32:29 Allez, vas-y, toi. Hop !
00:32:31 ...
00:32:33 C'est bien, bravo, Anne-Lise.
00:32:35 ...
00:32:37 Sans attachement, l'enfant ne peut pas progresser.
00:32:40 Pour créer l'attachement, il faut que l'enfant
00:32:43 se sente sécurisé, se sente un enfant à part entière.
00:32:46 Nom, nom, nom.
00:32:48 Il mange bien, c'est bien. Nom, nom, nom.
00:32:51 Très bien.
00:32:52 Bravo.
00:32:54 ...
00:32:56 -Allez, allez, allez.
00:32:58 ...
00:32:59 C'est un peu compliqué pour Anne-Lise,
00:33:02 parce qu'il y a pas mal de choses qui vont...
00:33:05 qui vont mettre un peu en difficulté,
00:33:08 notamment sur l'orientation,
00:33:10 parce que l'assistante familiale qui a demandé
00:33:13 à une extension d'agrément a eu un refus d'agrément.
00:33:16 C'est un peu plus embêtant.
00:33:17 -Ca vient sans suspens.
00:33:20 -Euh...
00:33:21 Là, voilà, de ce que j'ai lu sur le dernier compte-rendu,
00:33:24 c'est qu'elle va pas très bien.
00:33:26 -Elle veut monopoliser, des fois, l'adulte.
00:33:28 La nuit, sa tétine, elle est à côté d'elle.
00:33:31 Elle râle jusqu'à temps que la fille de nuit
00:33:33 lui mette dans la bouche.
00:33:35 Lui mette dans la bouche !
00:33:37 Pas le paludère dans la main, lui mette dans la bouche !
00:33:40 -C'est aussi sa façon d'interpeller.
00:33:42 -Ah oui, c'est bien.
00:33:44 -Et de rester dans le soin aussi.
00:33:46 -Il faut se rappeler aussi que sa maman
00:33:48 a toujours été disponible psychiquement
00:33:50 quand elle avait besoin.
00:33:52 Donc peut-être qu'elle a eu à s'exprimer comme ça,
00:33:54 à insister, voilà.
00:33:56 Mais peut-être qu'on peut aussi dire à Anise
00:33:59 qu'elle a le droit de grandir
00:34:01 et qu'elle aura toujours les câlins,
00:34:03 toujours l'attention de l'adulte,
00:34:05 mais peut-être que ce serait plus simple pour elle
00:34:08 d'arriver à dire les choses.
00:34:09 -Hm-hm.
00:34:11 -Tu as vu, on a pris des nouvelles chaussures.
00:34:13 -Hm-hm.
00:34:15 -Hm-hm.
00:34:16 Pour aller au marché.
00:34:18 -Hm. -C'est parti ?
00:34:19 Musique douce
00:34:21 -Si c'est difficile, je pourrais te prendre dans les bras.
00:34:24 -Ah. -Ca, tu le sais.
00:34:26 Peut-être qu'il y aura beaucoup de monde, on va voir.
00:34:29 ...
00:34:35 -Oh là là, les feuilles, elles bougent.
00:34:37 -Ca t'implique, tout ça.
00:34:39 -Viens.
00:34:40 -Je te fais monter dans la voiture ?
00:34:42 Je te parte ?
00:34:43 -Oh, oui.
00:34:45 -Ah.
00:34:46 -C'est parti.
00:34:47 ...
00:34:54 -Je vais te faire accrocher.
00:34:56 On y va ?
00:34:57 Ca fait du bruit, c'est les travaux.
00:34:59 On se donne la main ?
00:35:01 -Je veux.
00:35:02 -Ouais. Tu préfères les bras ? C'est difficile.
00:35:05 Ouais, OK.
00:35:06 OK, OK.
00:35:07 Les voitures...
00:35:08 Regarde le bus !
00:35:09 ...
00:35:12 C'est un bus.
00:35:14 ...
00:35:19 Ah, le chien !
00:35:20 Deux chiens.
00:35:21 Ca, c'est un monsieur.
00:35:23 Il revient de ses courses, il achète des poireaux.
00:35:26 Ta-dam !
00:35:28 Ca t'intrigue, toutes ces personnes.
00:35:31 ...
00:35:35 On est ensemble, je vais rester avec toi.
00:35:37 Je te protège.
00:35:38 OK ? Je suis là.
00:35:40 Regarde les fruits.
00:35:42 T'as vu ?
00:35:43 Les oranges.
00:35:44 Je te garde.
00:35:45 -Ouais.
00:35:46 ...
00:35:53 -Allez.
00:35:54 -On va aller par là, chaton. On va aller de ce côté.
00:35:57 Super, ça.
00:35:58 ...
00:36:00 Ca y est.
00:36:01 Plus besoin de donner la main ?
00:36:03 ...
00:36:06 -La bonne nouvelle, quand même,
00:36:08 c'est qu'on a eu, la semaine dernière,
00:36:11 un appel téléphonique pour nous confirmer
00:36:13 qu'il y avait eu l'extension d'agréments
00:36:16 pour l'assistante familiale
00:36:18 et que l'accueil d'Anne-Lise allait pouvoir se faire.
00:36:21 C'est une famille très impliquée dans l'accueil des enfants
00:36:24 et à tous les niveaux.
00:36:26 C'est une vie familiale où les enfants accueillis
00:36:28 font partie prenante de leur vie au quotidien.
00:36:31 Par contre, l'assistante familiale va pas mal la mobiliser
00:36:34 car c'est beaucoup d'accompagnement.
00:36:37 A priori, ce qui a permis que l'extension se fasse,
00:36:40 c'est que quand même, aussi, son mari est très disponible,
00:36:44 et que là, il est en pré-retraite,
00:36:47 et qu'il est prêt à faire, pas les accompagnements,
00:36:50 mais garder les enfants quand ça devra se faire.
00:36:52 -Oh, mon ego !
00:36:54 ...
00:36:56 Hop là !
00:36:57 ...
00:37:06 -Tu peux t'y placer.
00:37:07 -Tu te seras pas dégagée.
00:37:09 ...
00:37:16 -Bonjour, Farane.
00:37:17 ...
00:37:21 Alors, tu vas exploser l'escort.
00:37:24 Voilà.
00:37:26 Parce que c'est un bon mangeur, hein ?
00:37:29 -Coucou.
00:37:30 -5,890 kilos.
00:37:33 Et maintenant, on va faire la taille.
00:37:35 -Attention, Farane.
00:37:36 -Moi, j'ai le côté plus facile,
00:37:38 et c'est Mathilde qui prend ses responsabilités.
00:37:42 -C'est ça.
00:37:43 -Alors...
00:37:45 -Je vais le jeter sur la jambe.
00:37:47 -Je suis pas sur le dessus de la tête.
00:37:49 -Oui.
00:37:50 -T'as envie de parler, je le sais.
00:37:53 ...
00:37:55 -Ah, je sais.
00:37:56 -Oui.
00:37:58 ...
00:37:59 -Il est très attaché, mais c'est bien.
00:38:02 Il va tout transposer à ses parents futurs,
00:38:07 et c'est très bien.
00:38:08 C'est un attachement fiable.
00:38:11 ...
00:38:20 ...
00:38:31 -Alors, donc...
00:38:33 On est réunis, du coup, cet après-midi,
00:38:36 pour voir le consentement à l'adoption du petit Rensil,
00:38:39 né sous le secret et admis en qualité de pupille de l'Etat
00:38:42 à titre définitif, le 27 juillet 2022.
00:38:45 Il a 3 mois, aujourd'hui.
00:38:46 Sa courbe stature pondérale est bonne.
00:38:49 C'est un bébé en bonne santé, détendu, paisible,
00:38:52 qui se développe bien.
00:38:53 Il paraît disposer de toutes les ressources
00:38:55 pour être adopté aujourd'hui.
00:38:57 Comme vous avez pu le voir, le secteur adoption
00:39:01 nous a proposé 3 candidatures pour aujourd'hui.
00:39:05 Nous, ce qui doit guider le choix, et vous, surtout,
00:39:07 c'est l'intérêt de l'enfant.
00:39:09 Où est-ce que Basile va être le mieux ?
00:39:11 Pour son avenir et sa vie, et les parents qui vont l'aimer.
00:39:15 C'est lesquels dans ces 3 candidatures ?
00:39:17 C'est compliqué de prendre ce point de vue,
00:39:20 mais le point de vue de l'enfant doit primer.
00:39:22 -C'est compliqué, mais c'est un choix très compliqué.
00:39:25 Donc, on va procéder à un tour de table.
00:39:27 Je vais vous demander votre choix 1, 2, 3,
00:39:30 votre ordre de classement, de qui vous retenez comme famille.
00:39:33 Alors, madame la meuf ?
00:39:36 Musique douce
00:39:38 ...
00:39:52 -Très bien. Merci à toutes.
00:39:54 M. et Mme Alejo sont retenus pour être les parents de Basile.
00:39:58 Pour eux, ils disent qu'ils peuvent devenir parents
00:40:02 au-delà des liens du sang.
00:40:03 -On est contents pour Basile. -C'est très bien.
00:40:06 -C'est chouette. Ca fait plaisir pour eux.
00:40:08 -Elle est belle.
00:40:10 -Elle est belle. Regarde !
00:40:12 -Bonjour.
00:40:13 -Oui.
00:40:15 -Moi, je m'appelle François.
00:40:16 Tu vois ? -Oui.
00:40:18 -Toi, tu t'en rêvais de la sieste, alors.
00:40:22 Et tu savais qu'on allait venir.
00:40:25 Oui.
00:40:26 Simone, elle t'a dit un petit peu de quoi je venais de parler.
00:40:30 -Oui. -Oui ?
00:40:31 ...
00:40:33 Alors...
00:40:34 Ce que je te raconte, maintenant...
00:40:36 Je viens de te parler
00:40:39 de ton papa et ta maman.
00:40:43 Le conseil de famille a choisi pour toi
00:40:46 un papa,
00:40:47 une maman...
00:40:49 -Couet ! -Eh ouais !
00:40:51 -C'est chouette !
00:40:54 -C'est une famille que je connais de pas mal de temps.
00:40:56 On a beaucoup préparé ton arrivée avec eux.
00:40:59 -Oui. -Donc je les connais bien.
00:41:02 Et puis, depuis quelques années,
00:41:05 on parle de petits enfants qui vont arriver chez eux.
00:41:09 Et c'est toi.
00:41:10 -Oui.
00:41:11 -Oui.
00:41:12 -Mais quelle chance ! -Eh ouais.
00:41:14 -Oui.
00:41:16 -C'est une grande nouvelle. Je suis plein d'émotions, aussi.
00:41:19 -Oui. -Oui.
00:41:21 -Papa ! -Oui.
00:41:22 -Ca te plaît ?
00:41:23 -Oui.
00:41:24 -Ca lui plaît beaucoup. -Ah oui.
00:41:28 -Donc je les ai appelés hier soir, j'aurais téléphoné hier soir
00:41:32 pour leur annoncer...
00:41:33 "T'es venu chez eux,
00:41:36 "tu es allé devenir tes parents pour toujours."
00:41:40 -Ah...
00:41:41 Ca, ce sont des bonnes nouvelles.
00:41:44 Musique douce
00:41:47 ...
00:42:02 -Tu te rappelles Ryan ?
00:42:04 Il est parti il y a pas longtemps.
00:42:06 Et Ryan, il est parti chez un tonton,
00:42:09 du placement familial.
00:42:11 Et toi, ça y est ?
00:42:13 -Oui. -La tata de ton frère,
00:42:17 elle peut t'accueillir chez elle.
00:42:19 Tu vas aller dans la même famille.
00:42:22 Et dans deux gros dodos,
00:42:24 Catherine, elle ira avec toi
00:42:27 pour te présenter ta tata ici, à la pouponnière.
00:42:30 Ma tata va venir à la pouponnière.
00:42:32 ...
00:42:37 -C'est quand le départ de fin de semaine ?
00:42:39 -Le 10, normalement.
00:42:40 -Elle va réagir, on verra bien.
00:42:43 Des fois, on peut nous étonner.
00:42:45 Des fois, on est dans l'appréhension,
00:42:47 et puis après, ça se passe super bien,
00:42:49 tout de suite.
00:42:51 Musique douce
00:42:54 ...
00:43:12 -Elle est où, Doudou ?
00:43:13 ...
00:43:15 On met tout par terre, comme d'habitude ?
00:43:17 Oui ?
00:43:18 ...
00:43:21 Ça va, t'as bien dormi ?
00:43:23 ...
00:43:25 On va aller lui montrer que c'est pour la tata.
00:43:27 -Ah, oui !
00:43:29 ...
00:43:31 -Tu vas aller avec ton frère
00:43:33 chez la tata du placement familial.
00:43:35 Et ça va se faire petit à petit.
00:43:38 Dans deux gros dodos,
00:43:40 tu iras voir l'assistante familiale avec Catherine,
00:43:44 elle viendra ici à la pouponnière.
00:43:46 -On va apprendre à faire connaissance,
00:43:48 petit à petit.
00:43:49 ...
00:44:00 -Donc, on se voit cet après-midi pour deux synthèses.
00:44:04 La première concerne Manon.
00:44:06 Je vais vous laisser nous présenter la situation.
00:44:09 -Nous n'avons pas pu rencontrer la mère de naissance
00:44:12 qui a été informée de ses droits par l'équipe médicale.
00:44:15 On décide d'accoucher son secret et demande l'anonymat de son identité.
00:44:19 Elle confie à Mme Closalie, sage-femme,
00:44:22 qu'elle souhaite pour Manon qu'elle ait une belle vie,
00:44:25 une famille, qu'elle soit bien accueillie
00:44:27 et qu'on prenne soin d'elle.
00:44:29 La mère de naissance n'a pas souhaité voir le bébé
00:44:31 avant son départ de la maternité,
00:44:33 mais elle a souhaité que la sage-femme aille s'assurer
00:44:36 que tout allait bien.
00:44:38 -Elle a un bébé de 8 mois. Elle porte du 1 an.
00:44:40 Vous imaginez la taille qu'elle fait.
00:44:42 -Elle est jolie comme un coeur.
00:44:44 -Vous avez déjà des idées en tête, du coup ?
00:44:47 De famille pour Manon ?
00:44:49 -Elle fera le boulot de personnes qui attendent.
00:44:52 -Bien sûr.
00:44:53 -Elles ont eu leur long parcours pour y arriver.
00:44:56 -Franchement, c'est bien.
00:44:58 Musique douce
00:45:00 ...
00:45:02 -Bonjour, Manon.
00:45:03 C'est un grand jour, aujourd'hui.
00:45:06 Parce que moi, je connais ton papa et ta maman.
00:45:10 Et là,
00:45:11 je les appelle
00:45:14 mercredi soir pour leur dire
00:45:18 qu'ils vont avoir une petite fille
00:45:21 magnifique de 4 mois.
00:45:24 Et là, crois-moi...
00:45:26 Il y avait énormément d'émotion.
00:45:29 ...
00:45:31 Oui, ça te fait plaisir ?
00:45:33 Oui, je vois.
00:45:35 Oui, tu mérites d'avoir un papa et une maman.
00:45:38 Et toi, j'ai l'impression que t'es prête
00:45:41 aussi à aller vers des parents.
00:45:43 -Quoi qu'elle est prête.
00:45:44 -Tata va t'accompagner doucement, tu sais.
00:45:47 ...
00:45:54 -J'espère qu'on va pas faire trop de bruit.
00:45:56 Tu as pris le nom ?
00:45:58 -Non, j'ai mis un panneau "ne pas déranger"
00:46:00 pour éviter que quelqu'un rentre.
00:46:02 J'avais que des gros fauteuils, donc j'étais cachée dans le bureau.
00:46:06 -Et puis, on les attend.
00:46:07 -Presque sans stress.
00:46:09 -Elle va dormir.
00:46:10 Rires
00:46:11 -Ah !
00:46:13 -Bonjour.
00:46:14 -Bonjour. -Bienvenue.
00:46:15 -Merci, bonjour.
00:46:16 -On est dans une petite pièce, mais ça va.
00:46:19 -Toujours les sourires. -Toujours.
00:46:21 -Puisque jamais.
00:46:22 Rires
00:46:23 -Asseyez-vous, je vous en prie.
00:46:25 -Vous avez bien dormi ?
00:46:27 -Pas du tout. -Pas du tout.
00:46:28 -Je vais me repasser. -Ca va.
00:46:30 Rires
00:46:31 -Du coup, je me présente.
00:46:33 Je suis Célia Clément-Demange.
00:46:35 Je suis donc tutrice pour les enfants pupilles de l'Etat
00:46:38 dans le Val-de-Marne.
00:46:40 On se rencontre aujourd'hui,
00:46:41 parce que depuis mercredi, le conseil de famille que j'anime
00:46:45 a décidé le 4 octobre, mardi dernier,
00:46:47 de vous confier à l'adoption la petite Manon.
00:46:50 Ca vous a sûrement été dit,
00:46:51 je m'imagine que vous l'avez bien en tête depuis quelques jours.
00:46:55 C'est une petite fille qui est née au secret,
00:46:58 elle a 4 mois et demi maintenant,
00:47:00 et qui est chez Mme Bourravalier, son assistante familiale,
00:47:03 depuis le 3 juin.
00:47:04 J'imagine que depuis l'annonce,
00:47:06 vous avez beaucoup de choses en tête,
00:47:09 et que ça doit être un bouleversement immense.
00:47:11 Comment vous allez ?
00:47:13 Comment vous vous projetez par rapport à tout ça ?
00:47:15 D'abord, je voulais vous demander,
00:47:18 depuis l'appel de Mme Le Mienne,
00:47:20 si vous confirmez votre souhait d'adopter Manon.
00:47:22 -Oui. -Ca paraît évident,
00:47:24 mais il faut quand même le demander.
00:47:26 -C'est un peu comme un petit défi.
00:47:28 -C'est un petit défi, oui.
00:47:30 -Vous avez dit que vous aviez un petit défi,
00:47:33 et que vous aviez un petit défi,
00:47:34 et que vous aviez un petit défi,
00:47:36 et que vous aviez un petit défi,
00:47:38 et que vous aviez un petit défi,
00:47:40 et que vous aviez un petit défi,
00:47:42 et que vous aviez un petit défi,
00:47:44 et que vous aviez un petit défi,
00:47:47 et que vous aviez un petit défi,
00:47:49 et que vous aviez un petit défi,
00:47:51 et que vous aviez un petit défi,
00:47:53 et que vous aviez un petit défi,
00:47:55 et que vous aviez un petit défi,
00:47:57 et que vous aviez un petit défi,
00:47:59 et que vous aviez un petit défi,
00:48:01 et que vous aviez un petit défi,
00:48:03 et que vous aviez un petit défi,
00:48:05 et que vous aviez un petit défi,
00:48:08 et que vous aviez un petit défi,
00:48:10 et que vous aviez un petit défi,
00:48:12 et que vous aviez un petit défi,
00:48:14 et que vous aviez un petit défi,
00:48:16 et que vous aviez un petit défi,
00:48:18 et que vous aviez un petit défi,
00:48:21 et que vous aviez un petit défi,
00:48:23 et que vous aviez un petit défi,
00:48:25 et que vous aviez un petit défi,
00:48:27 et que vous aviez un petit défi,
00:48:29 et que vous aviez un petit défi,
00:48:31 et que vous aviez un petit défi,
00:48:33 et que vous aviez un petit défi,
00:48:36 et que vous aviez un petit défi,
00:48:38 et que vous aviez un petit défi,
00:48:40 et que vous aviez un petit défi,
00:48:42 et que vous aviez un petit défi,
00:48:44 et que vous aviez un petit défi,
00:48:46 et que vous aviez un petit défi,
00:48:49 et que vous aviez un petit défi,
00:48:51 et que vous aviez un petit défi,
00:48:53 et que vous aviez un petit défi,
00:48:55 et que vous aviez un petit défi,
00:48:57 et que vous aviez un petit défi,
00:48:59 et que vous aviez un petit défi,
00:49:01 et que vous aviez un petit défi,
00:49:04 et que vous aviez un petit défi,
00:49:06 et que vous aviez un petit défi,
00:49:08 et que vous aviez un petit défi,
00:49:10 et que vous aviez un petit défi,
00:49:12 et que vous aviez un petit défi,
00:49:14 et que vous aviez un petit défi,
00:49:17 et que vous aviez un petit défi,
00:49:19 et que vous aviez un petit défi,
00:49:21 et que vous aviez un petit défi,
00:49:23 et que vous aviez un petit défi,
00:49:25 et que vous aviez un petit défi,
00:49:27 et que vous aviez un petit défi,
00:49:30 et que vous aviez un petit défi,
00:49:32 et que vous aviez un petit défi,
00:49:34 et que vous aviez un petit défi,
00:49:36 et que vous aviez un petit défi,
00:49:38 et que vous aviez un petit défi,
00:49:40 et que vous aviez un petit défi,
00:49:43 et que vous aviez un petit défi,
00:49:45 et que vous aviez un petit défi,
00:49:47 et que vous aviez un petit défi,
00:49:49 et que vous aviez un petit défi,
00:49:51 et que vous aviez un petit défi,
00:49:53 et que vous aviez un petit défi,
00:49:55 et que vous aviez un petit défi,
00:49:58 et que vous aviez un petit défi,
00:50:00 et que vous aviez un petit défi,
00:50:02 et que vous aviez un petit défi,
00:50:04 et que vous aviez un petit défi,
00:50:06 et que vous aviez un petit défi,
00:50:08 et que vous aviez un petit défi,
00:50:11 et que vous aviez un petit défi,
00:50:13 et que vous aviez un petit défi,
00:50:15 et que vous aviez un petit défi,
00:50:17 et que vous aviez un petit défi,
00:50:19 et que vous aviez un petit défi,
00:50:21 et que vous aviez un petit défi,
00:50:24 et que vous aviez un petit défi,
00:50:26 et que vous aviez un petit défi,
00:50:28 et que vous aviez un petit défi,
00:50:30 et que vous aviez un petit défi,
00:50:32 et que vous aviez un petit défi,
00:50:34 et que vous aviez un petit défi,
00:50:37 et que vous aviez un petit défi,
00:50:39 et que vous aviez un petit défi,
00:50:41 et que vous aviez un petit défi,
00:50:43 et que vous aviez un petit défi,
00:50:45 et que vous aviez un petit défi,
00:50:47 et que vous aviez un petit défi,
00:50:49 et que vous aviez un petit défi,
00:50:52 et que vous aviez un petit défi,
00:50:54 et que vous aviez un petit défi,
00:50:56 et que vous aviez un petit défi,
00:50:58 et que vous aviez un petit défi,
00:51:00 et que vous aviez un petit défi,
00:51:02 et que vous aviez un petit défi,
00:51:05 et que vous aviez un petit défi,
00:51:07 et que vous aviez un petit défi,
00:51:09 et que vous aviez un petit défi,
00:51:11 et que vous aviez un petit défi,
00:51:13 et que vous aviez un petit défi,
00:51:15 et que vous aviez un petit défi,
00:51:18 et que vous aviez un petit défi,
00:51:20 et que vous aviez un petit défi,
00:51:22 et que vous aviez un petit défi,
00:51:24 et que vous aviez un petit défi,
00:51:26 et que vous aviez un petit défi,
00:51:28 et que vous aviez un petit défi,
00:51:31 et que vous aviez un petit défi,
00:51:33 et que vous aviez un petit défi,
00:51:35 et que vous aviez un petit défi,
00:51:37 et que vous aviez un petit défi,
00:51:39 et que vous aviez un petit défi,
00:51:41 et que vous aviez un petit défi,
00:51:43 et que vous aviez un petit défi,
00:51:46 et que vous aviez un petit défi,
00:51:48 et que vous aviez un petit défi,
00:51:50 et que vous aviez un petit défi,
00:51:52 et que vous aviez un petit défi,
00:51:54 et que vous aviez un petit défi,
00:51:56 et que vous aviez un petit défi,
00:51:59 et que vous aviez un petit défi,
00:52:01 et que vous aviez un petit défi,
00:52:03 et que vous aviez un petit défi,
00:52:05 et que vous aviez un petit défi,
00:52:07 et que vous aviez un petit défi,
00:52:10 et que vous aviez un petit défi,
00:52:12 et que vous aviez un petit défi,
00:52:14 et que vous aviez un petit défi,
00:52:16 et que vous aviez un petit défi,
00:52:18 et que vous aviez un petit défi,
00:52:20 et que vous aviez un petit défi,
00:52:22 et que vous aviez un petit défi,
00:52:25 et que vous aviez un petit défi,
00:52:27 et que vous aviez un petit défi,
00:52:29 et que vous aviez un petit défi,
00:52:31 et que vous aviez un petit défi,
00:52:33 et que vous aviez un petit défi,
00:52:35 et que vous aviez un petit défi,
00:52:38 et que vous aviez un petit défi,
00:52:40 et que vous aviez un petit défi,
00:52:42 et que vous aviez un petit défi,
00:52:44 et que vous aviez un petit défi,
00:52:46 et que vous aviez un petit défi,
00:52:48 et que vous aviez un petit défi,
00:52:50 et que vous aviez un petit défi,
00:52:53 et que vous aviez un petit défi,
00:52:55 et que vous aviez un petit défi,
00:52:57 et que vous aviez un petit défi,
00:52:59 et que vous aviez un petit défi,
00:53:01 et que vous aviez un petit défi,
00:53:03 et que vous aviez un petit défi,
00:53:06 et que vous aviez un petit défi,
00:53:08 et que vous aviez un petit défi,
00:53:10 et que vous aviez un petit défi,
00:53:12 et que vous aviez un petit défi,
00:53:14 et que vous aviez un petit défi,
00:53:16 et que vous aviez un petit défi,
00:53:19 et que vous aviez un petit défi,
00:53:21 et que vous aviez un petit défi,
00:53:23 et que vous aviez un petit défi,
00:53:25 et que vous aviez un petit défi,
00:53:27 et que vous aviez un petit défi,
00:53:29 et que vous aviez un petit défi,
00:53:31 et que vous aviez un petit défi,
00:53:34 et que vous aviez un petit défi,
00:53:36 et que vous aviez un petit défi,
00:53:38 et que vous aviez un petit défi,
00:53:40 et que vous aviez un petit défi,
00:53:42 et que vous aviez un petit défi,
00:53:44 et que vous aviez un petit défi,
00:53:47 et que vous aviez un petit défi,
00:53:49 et que vous aviez un petit défi,
00:53:51 et que vous aviez un petit défi,
00:53:53 et que vous aviez un petit défi,
00:53:55 et que vous aviez un petit défi,
00:53:57 et que vous aviez un petit défi,
00:54:00 et que vous aviez un petit défi,
00:54:02 et que vous aviez un petit défi,
00:54:04 et que vous aviez un petit défi,
00:54:06 et que vous aviez un petit défi,
00:54:08 et que vous aviez un petit défi,
00:54:10 et que vous aviez un petit défi,
00:54:13 et que vous aviez un petit défi,
00:54:15 et que vous aviez un petit défi,
00:54:17 et que vous aviez un petit défi,
00:54:19 et que vous aviez un petit défi,
00:54:21 et que vous aviez un petit défi,
00:54:23 et que vous aviez un petit défi,
00:54:25 et que vous aviez un petit défi,
00:54:28 et que vous aviez un petit défi,
00:54:30 et que vous aviez un petit défi,
00:54:32 et que vous aviez un petit défi,
00:54:34 et que vous aviez un petit défi,
00:54:36 et que vous aviez un petit défi,
00:54:38 et que vous aviez un petit défi,
00:54:41 et que vous aviez un petit défi,
00:54:43 et que vous aviez un petit défi,
00:54:45 et que vous aviez un petit défi,
00:54:47 et que vous aviez un petit défi,
00:54:49 et que vous aviez un petit défi,
00:54:51 et que vous aviez un petit défi,
00:54:54 et que vous aviez un petit défi,
00:54:56 et que vous aviez un petit défi,
00:54:58 et que vous aviez un petit défi,
00:55:00 et que vous aviez un petit défi,
00:55:02 et que vous aviez un petit défi,
00:55:04 et que vous aviez un petit défi,
00:55:07 et que vous aviez un petit défi,
00:55:09 et que vous aviez un petit défi,
00:55:11 et que vous aviez un petit défi,
00:55:13 et que vous aviez un petit défi,
00:55:15 et que vous aviez un petit défi,
00:55:17 et que vous aviez un petit défi,
00:55:19 et que vous aviez un petit défi,
00:55:22 et que vous aviez un petit défi,
00:55:24 et que vous aviez un petit défi,
00:55:26 et que vous aviez un petit défi,
00:55:28 et que vous aviez un petit défi,
00:55:30 et que vous aviez un petit défi,
00:55:32 et que vous aviez un petit défi,
00:55:35 et que vous aviez un petit défi,
00:55:37 et que vous aviez un petit défi,
00:55:39 et que vous aviez un petit défi,
00:55:41 et que vous aviez un petit défi,
00:55:43 et que vous aviez un petit défi,
00:55:45 et que vous aviez un petit défi,
00:55:48 et que vous aviez un petit défi,
00:55:50 et que vous aviez un petit défi,
00:55:52 et que vous aviez un petit défi,
00:55:54 et que vous aviez un petit défi,
00:55:56 et que vous aviez un petit défi,
00:55:58 et que vous aviez un petit défi,
00:56:01 et que vous aviez un petit défi,
00:56:03 et que vous aviez un petit défi,
00:56:05 et que vous aviez un petit défi,
00:56:07 et que vous aviez un petit défi,
00:56:09 et que vous aviez un petit défi,
00:56:11 et que vous aviez un petit défi,
00:56:13 et que vous aviez un petit défi,
00:56:16 et que vous aviez un petit défi,
00:56:18 et que vous aviez un petit défi,
00:56:20 et que vous aviez un petit défi,
00:56:22 et que vous aviez un petit défi,
00:56:24 et que vous aviez un petit défi,
00:56:26 et que vous aviez un petit défi,
00:56:29 et que vous aviez un petit défi,
00:56:31 et que vous aviez un petit défi,
00:56:33 et que vous aviez un petit défi,
00:56:35 et que vous aviez un petit défi,
00:56:37 et que vous aviez un petit défi,
00:56:39 et que vous aviez un petit défi,
00:56:42 et que vous aviez un petit défi,
00:56:44 et que vous aviez un petit défi,
00:56:46 et que vous aviez un petit défi,
00:56:48 et que vous aviez un petit défi,
00:56:50 et que vous aviez un petit défi.
00:56:52 - Bravo !
00:56:55 Je vais retirer ces photos.
00:57:17 Alice, tu vas les amener chez tata, tes photos ?
00:57:20 - Oui.
00:57:22 - On les retire ? Hop !
00:57:24 Tu vas emmener papa, la photo de papa,
00:57:26 la photo de maman.
00:57:28 - Papa, avec toi.
00:57:31 ...
00:57:33 - Mais je suis avec moi et maman, là-dedans.
00:57:35 - On va dans la salle de bain ?
00:57:38 - T'as envie de te reposer ?
00:57:40 - Voilà, voilà.
00:57:42 Voilà, tout ça.
00:57:44 Et on met le manteau, parce qu'il y a tata qui nous attend à la queue.
00:57:48 Tu sais, tu vas faire des belles choses avec tata.
00:57:51 ...
00:57:54 T'es chouette.
00:57:56 Tu vas être dans la même maison que ton frère.
00:57:59 Tu vas dire au revoir à la pouponnière, au revoir à les copains.
00:58:03 Alice, elle s'en va pour toujours.
00:58:05 Attends, viens.
00:58:07 D'abord, on va voir à Mathéo, puis après, on fera à Malika.
00:58:10 ...
00:58:12 Elle s'en va, Alice.
00:58:14 Au revoir, tu fais.
00:58:17 ...
00:58:19 Elle s'en va chez une tata, elle s'en va pour toujours.
00:58:22 A toi, on va voir, on va réfléchir pour toi.
00:58:25 Au revoir, Kaina. Tu dis au revoir à Kaina ?
00:58:28 Au revoir, au revoir, tout le monde.
00:58:30 Au revoir, Malika.
00:58:33 - Merci, je vais dire au revoir à Chichi.
00:58:35 - Je te souhaite une bonne continuation, ma belle.
00:58:38 D'accord ?
00:58:40 On est partis.
00:58:43 - Papa !
00:58:45 - C'est parti.
00:58:47 ...
00:58:49 Voilà.
00:58:51 Voilà, voilà, voilà.
00:58:53 ...
00:58:55 - Allez, salut. - Bonjour.
00:58:58 - Bonne soirée.
00:59:00 - Elle est vraiment prête.
00:59:02 - Vous avez le carnet de santé ? Normalement, vous avez tout.
00:59:05 Allez, bon retour. - Bon retour.
00:59:07 - Au revoir. - Au revoir.
00:59:09 - Au revoir.
00:59:12 ...
00:59:24 - Tu es triste ?
00:59:26 Annelise, elle est partie.
00:59:28 Mais tous les enfants partent un jour.
00:59:30 Toi, c'est pas pour le moment. T'en réfléchis.
00:59:33 T'en réfléchis, mais t'inquiète pas.
00:59:35 Et toi aussi, un jour, tu vas partir, mais pas tout de suite.
00:59:38 Pour le moment, il faut que tu restes avec nous,
00:59:41 à la compagnière.
00:59:43 Est-ce que tu veux un câlin ?
00:59:45 Tu veux un petit câlin avant de faire dodo ?
00:59:48 Allez, viens. Hop.
00:59:50 Je sais, c'est difficile de voir les autres enfants partir.
00:59:53 Mais t'inquiète pas. On réfléchit pour toi.
00:59:56 Pour tous les enfants, on réfléchit. Donc, faut pas s'inquiéter.
01:00:00 ...
01:00:02 Mais réfléchis au mieux.
01:00:04 Bah oui.
01:00:06 Pour que tu partes en toute sécurité.
01:00:08 Dans un endroit où tu te sens bien.
01:00:11 ...
01:00:13 -Hm ?
01:00:14 ...
01:00:16 ...
01:00:22 Musique douce
01:00:26 ...
01:00:33 -Bonjour, trésor.
01:00:36 ...
01:00:37 C'est papa et maman.
01:00:39 -Dans la maison de Manon.
01:00:41 -C'est bien, Boudmeneur ?
01:00:44 ...
01:00:48 Oh, les jacquots !
01:00:50 -Je connais, là, ma boutique.
01:00:53 -Voilà.
01:00:55 ...
01:01:00 Bienvenue, Maman.
01:01:02 Bienvenue chez toi.
01:01:05 Ah oui ? C'est chez toi ?
01:01:07 C'est chez toi, chérie ?
01:01:09 ...
01:01:19 ...
01:01:28 -L'un est né sous X et l'autre s'est vu séparé de ses parents
01:01:32 par décision de justice.
01:01:34 Avec ce documentaire, la réalisatrice Karine Dufour
01:01:38 a donc cherché à savoir, vous venez de le voir,
01:01:41 de quoi était fait leur premier pas dans la vie,
01:01:43 de quoi s'interroger, plus au-delà, sur la seconde chance
01:01:47 offerte aux enfants placés au sein de notre société.
01:01:50 Nous allons le faire maintenant avec nos invités
01:01:52 présents sur ce plateau de débats d'octobre.
01:01:55 Anne De Vreze, bienvenue.
01:01:57 Vous êtes la présidente du Conseil national
01:01:59 de la protection de l'enfance, le CNPE,
01:02:02 qui est une instance consultative
01:02:04 rattachée au cabinet du Premier ministre,
01:02:07 à l'hôtel Matignon, le CNPE,
01:02:09 qui rassemble tous les acteurs
01:02:11 de la protection de l'enfance dans notre pays.
01:02:13 Dieu sait, s'il y a un bon nombre d'acteurs,
01:02:16 on aura peut-être l'occasion d'y revenir tout à l'heure
01:02:19 avec vous sur ce plateau, avec Laetitia Delon.
01:02:22 Bienvenue à vous, Laetitia Delon.
01:02:24 Vous êtes journaliste spécialisée dans le travail social
01:02:27 et médico-social, vous collaborez, entre autres,
01:02:30 pour le Média social et votre dernier ouvrage s'intitule
01:02:33 "Le bruit des talents aiguilles",
01:02:36 itinéraire d'un enfant placé.
01:02:37 C'est un livre coécrit avec Jonathan Moncassin
01:02:40 et publié chez IG Éditions.
01:02:43 Pourquoi ce titre ?
01:02:44 "Le bruit des talents aiguilles", itinéraire d'un enfant placé.
01:02:48 -Parce que le bruit des talents aiguilles,
01:02:51 c'est le bruit que Jonathan a entendu
01:02:54 quand il a...
01:02:55 Le jour où il a été placé,
01:02:57 le bruit des talons de sa maman,
01:02:59 qu'il laissait dans un établissement
01:03:02 pour qu'il puisse grandir autrement.
01:03:06 -Ca donne envie de lire votre livre,
01:03:08 disponible chez IG Éditions, je le rappelle.
01:03:11 On va commencer, après ce formidable documentaire,
01:03:14 plein d'humanité, qui nous aide à découvrir
01:03:17 un univers assez peu connu du grand public.
01:03:21 On va commencer par parler des enfants placés,
01:03:24 des enfants abandonnés à leur naissance,
01:03:27 mais pas seulement.
01:03:28 Il y avait, au 31 décembre 2021,
01:03:31 ce sont les chiffres dont je dispose,
01:03:34 quelque 4 000 enfants qui étaient protégés
01:03:36 au titre du statut de pupilles de l'Etat.
01:03:40 Première question, qui sont ces enfants,
01:03:42 qu'on a vus, pour certains d'entre eux,
01:03:44 dans ce film, qui sont placés à l'aide sociale de l'enfance ?
01:03:48 Qui sont-ils, ces enfants ?
01:03:49 -Les enfants qui sont pupilles
01:03:53 représentent une toute petite partie,
01:03:55 finalement, des enfants qui sont confiés
01:03:57 à l'aide sociale à l'enfance,
01:03:59 dans les services ou les familles d'accueil.
01:04:02 Une toute petite partie, parce que si on prend
01:04:04 l'ensemble des enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance,
01:04:08 on est au-delà de 170 000.
01:04:09 Les 4 000 dont vous nous parlez
01:04:11 sont des enfants pour lesquels les parents
01:04:14 n'exercent pas l'autorité parentale,
01:04:16 et c'est le préfet qui prend pour eux les décisions.
01:04:19 Ce sont des enfants qui,
01:04:20 pour une partie d'entre eux, n'ont pas de filiation,
01:04:24 c'est-à-dire n'ont pas été reconnus,
01:04:26 ont pu être remis à l'aide sociale à l'enfance.
01:04:29 Certains peuvent même considérer
01:04:31 que, dans un certain nombre de cas,
01:04:33 c'est une décision de protection,
01:04:35 que les parents prennent pour leur enfant
01:04:37 en le remettant au service de l'aide sociale à l'enfance.
01:04:40 -Ces parents ont pris la décision
01:04:42 d'abandonner leur enfant à la naissance
01:04:45 et les confient à l'ASE.
01:04:47 -Il y a tout un tas de possibilités
01:04:49 réglementaires qui permettent, effectivement,
01:04:52 d'accéder au statut de pupille.
01:04:54 Donc, ces situations qu'on évoque,
01:04:56 des enfants qui n'ont pas de parents,
01:04:58 en tout cas pas de parents identifiés
01:05:01 et qui ont été remis au service de l'aide sociale à l'enfance,
01:05:04 mais c'est aussi des enfants pour lesquels un juge
01:05:07 a décidé le retrait de l'autorité parentale
01:05:09 dans un cadre civil ou pénal,
01:05:11 quand, par exemple, des violences ont été constatées.
01:05:14 Donc, on a différents cas de figure.
01:05:17 Je crois, au total, huit motifs d'admission au statut de pupille
01:05:20 dans le cadre de décisions administratives,
01:05:23 du recueil ou des décisions judiciaires,
01:05:25 y compris dans un cadre pénal.
01:05:27 Et ces 4 000 enfants dont vous nous parlez,
01:05:30 sont sur l'un ou l'autre de ces registres.
01:05:32 Massivement, dans l'évolution du temps,
01:05:36 on voit de plus en plus, parmi ces enfants pupilles,
01:05:39 des enfants dont les parents se sont vus
01:05:41 retirer l'autorité parentale. Ils sont majoritaires,
01:05:44 bien davantage que des enfants remis au service de l'aide sociale
01:05:47 et que les enfants nés sous X,
01:05:49 qui représentent une petite partie des enfants confiés à l'aide.
01:05:52 -On va voir un premier extrait du film.
01:05:55 Il concerne le rôle de l'assistance familiale.
01:05:58 Regardez.
01:06:00 -Ils arrivent chez nous en famille d'accueil,
01:06:03 tout petits.
01:06:05 Ils ont vécu une séparation.
01:06:08 Je fais un relais, en fait.
01:06:10 Je leur donne tout ce que leurs parents naturels
01:06:16 n'ont pas pu donner, et les parents futurs adoptants
01:06:19 ne sont pas encore là.
01:06:21 J'essaye de leur donner des bonnes bases
01:06:24 et surtout une profonde confiance en l'adulte.
01:06:28 ...
01:06:32 -C'est celle qu'on surnomme Tata Simone,
01:06:34 dans ce film, et qui accueille le petit Basile,
01:06:37 qui, lui, a été abandonné à sa naissance
01:06:39 par sa mère biologique.
01:06:41 "J'essaye de leur donner des bonnes bases
01:06:44 "et surtout une profonde confiance en l'adulte",
01:06:47 nous dit cette assistante familiale.
01:06:49 -Oui, c'est magnifique, d'ailleurs,
01:06:52 de voir le prendre soin de cette professionnelle,
01:06:57 qui est assistante familiale.
01:06:59 L'assistante familiale,
01:07:01 qui accueille à domicile ses enfants,
01:07:04 c'est l'accueil majoritaire
01:07:07 de ces enfants qui sont parfois passés en pouponnière
01:07:11 pour leurs premiers pas dans la vie
01:07:15 ou bien parce qu'ils ont été placés là
01:07:17 à la suite de négligences ou de maltraitances.
01:07:20 Le but étant qu'ils ne restent pas en pouponnière trop longtemps,
01:07:23 parce qu'un petit enfant a besoin, on le sait,
01:07:26 et maintenant, la science est très claire là-dessus,
01:07:29 d'un besoin de sécurité, fondamental,
01:07:31 c'est un besoin de métasécurité,
01:07:33 sécurité affective, émotionnelle, environnementale,
01:07:36 et aussi d'une figure d'attachement,
01:07:38 une figure, quelqu'un sur lequel il peut s'appuyer
01:07:41 pour grandir.
01:07:42 Ces assistantes familiales, c'est majoritairement des femmes,
01:07:46 à plus de 90 %, peut-être encore plus,
01:07:49 même si la profession se masculinise légèrement,
01:07:52 sont souvent les professionnels privilégiés
01:07:55 pour accueillir ces enfants au domicile.
01:07:57 Soit ces enfants vont rester longtemps à leur domicile,
01:08:01 soit ces enfants vont être confiés en vue d'une adoption,
01:08:05 et donc elles vont aussi préparer à être le relais
01:08:08 vers l'adoption.
01:08:10 Voilà. Petite problématique, peut-être,
01:08:13 dont on parlera plus tard, le problème aujourd'hui
01:08:15 étant que les assistantes familiales se raréfient,
01:08:18 c'est une profession qui vieillit beaucoup,
01:08:20 et donc va se poser la question, là,
01:08:23 et elle commence à se poser sur certains territoires,
01:08:26 de qui va accueillir ces enfants à l'avenir.
01:08:29 -On peut en parler tout de suite.
01:08:31 Il y a peut-être un problème de vocation
01:08:33 du côté de ces assistantes familiales.
01:08:36 Tata Simone en est un exemple,
01:08:37 mais il y a un problème de vocation
01:08:39 concernant ces assistantes familiales ?
01:08:42 -Il y a un fait évident, c'est la baisse
01:08:44 du nombre d'assistants familiaux.
01:08:46 Est-ce une question de vocation ou une question
01:08:49 qui est plus liée aux conditions de travail ?
01:08:52 Cette question, aujourd'hui, est clairement posée,
01:08:54 dans différents endroits, y compris, d'ailleurs,
01:08:57 liée à certaines situations d'enfants très en souffrance
01:09:00 qu'accueillent les assistants familiaux
01:09:02 qui se trouvent parfois très seuls
01:09:04 pour faire face à leurs besoins particuliers,
01:09:07 quand ils sont en mauvaise santé,
01:09:09 qu'ils sortent de pédiatrie,
01:09:10 quand ils sont en situation de handicap.
01:09:13 Et ça, c'est un sujet qui, aujourd'hui,
01:09:15 est au coeur de nos échanges.
01:09:17 La question de la valorisation des métiers du soin
01:09:20 et de l'accompagnement, c'est une question générale.
01:09:22 Les professionnels qui prennent soin des enfants
01:09:25 connaissent une crise de leur métier
01:09:27 en termes de recrutement, de valorisation salariale,
01:09:30 de condition de travail.
01:09:31 C'est spécialement vrai pour les assistants familiaux
01:09:34 qui, dans ces métiers, sont un métier tout à fait particulier
01:09:38 puisqu'ils accueillent chez eux, dans l'intimité de leur famille,
01:09:41 avec leurs proches, ces enfants confiés à l'Aide sociale enfance.
01:09:45 Ce documentaire nous donne l'occasion de mesurer
01:09:48 combien ce sont des métiers d'une grande humanité,
01:09:50 mais aussi des métiers tout en finesse, en délicatesse,
01:09:54 qui mobilisent à la fois les capacités d'empathie,
01:09:57 les capacités d'amour compassionnel de ces personnes,
01:10:00 mais aussi de grandes capacités
01:10:03 et de grandes connaissances
01:10:06 dans différents champs disciplinaires
01:10:08 pour répondre aux besoins fondamentaux de ces enfants
01:10:11 qui ont déjà, alors qu'ils sont tout petits,
01:10:13 vécu pour certains d'entre eux des traumatismes graves
01:10:16 et qui sont accompagnés avec des connaissances très précises.
01:10:20 Ce sont des professionnels qui sont sur les deux,
01:10:22 à la fois l'engagement émotionnel,
01:10:24 ils donnent beaucoup d'eux-mêmes et leurs proches,
01:10:27 mais aussi des connaissances très précises
01:10:29 sur le développement de l'enfant, ses besoins particuliers,
01:10:32 ses besoins spécifiques quand il a été victime de négligence,
01:10:36 parfois de violence.
01:10:37 -En France, il y a près de 900 enfants
01:10:39 qui sont adoptés par an.
01:10:41 On a vu, on a suivi, ce que peut être la procédure
01:10:44 pour une adoption dans ce film.
01:10:47 Et on l'a dit, il y a tout de même, aujourd'hui,
01:10:50 environ 4 000 enfants qui bénéficient
01:10:52 de ce statut de pupille de l'Etat.
01:10:54 Autrement dit, il y a une grande différence
01:10:57 entre ces deux chiffres.
01:10:59 Comment on explique cette différence ?
01:11:01 -Il y a une grande différence parce que tous les enfants
01:11:05 ne peuvent pas forcément être adoptés.
01:11:08 Il y a des commissions qui se réunissent,
01:11:10 les lois avancent,
01:11:12 et elles sécurisent un peu plus, on va dire,
01:11:14 l'accompagnement de ces enfants.
01:11:16 Et puis, ces commissions vont décider
01:11:19 si l'enfant peut être confié pour adoption,
01:11:22 s'il le peut lui-même,
01:11:27 c'est-à-dire vraiment que, on le voit dans le documentaire aussi,
01:11:31 une équipe pluridisciplinaire va décider
01:11:34 ce qu'on va faire pour cet enfant et ce qu'on ne fera pas
01:11:37 pour cet enfant. Il y a des choses posées très claires.
01:11:40 Si la commission estime que l'enfant a encore besoin de soins,
01:11:44 que ce soit des soins psychiques ou autres,
01:11:46 eh bien, cet enfant ne sera pas forcément confié
01:11:49 pour adoption tout de suite.
01:11:51 Ensuite, il y a aussi...
01:11:53 Il y a aussi, finalement, le problème des fratries.
01:11:59 Ces pupilles de l'Etat arrivent parfois à 3, 4 enfants
01:12:04 et se pose la question de les séparer ou non.
01:12:06 -Question posée, d'ailleurs, dans ce film.
01:12:09 C'est une question épineuse, parce qu'à la fois pour l'adoption
01:12:13 et à la fois pour le confiage à une famille d'accueil,
01:12:16 ça peut être compliqué.
01:12:17 -L'idéal pour un enfant, c'est de se voir adopté.
01:12:20 Vers quel âge ?
01:12:21 Pour l'enfant.
01:12:23 -Je ne sais pas s'il y a un idéal qu'on peut poser comme ça.
01:12:26 -On parle des fameux 1 000 jours après la naissance.
01:12:29 Est-ce que c'est un ordre de grandeur ?
01:12:31 -Les 1 000 jours, si vous voulez, c'est plus une notion
01:12:34 où on sait que les 1 000 jours de l'enfance,
01:12:39 c'est là où se jouent beaucoup de choses
01:12:41 pour l'avenir d'un enfant, son avenir psychique,
01:12:44 etc., son devenir.
01:12:46 Après, dire s'il y a un âge mieux ou pas,
01:12:48 ça peut être très différent.
01:12:50 On voit bien qu'il y a des enfants...
01:12:52 Là, on a vu dans le documentaire le petit Basile,
01:12:55 où ça a l'air de vraiment bien se passer.
01:12:58 Il pourrait être confié à l'adoption sans problème.
01:13:01 Ca n'est pas le cas pour tous les enfants.
01:13:03 -Les 4 000 enfants pupilles sont adoptables juridiquement.
01:13:07 Ce sont les seuls qui peuvent être adoptés
01:13:09 parmi les plus de 170 000 de l'Aide sociale à l'enfance
01:13:12 sans le consentement des représentants légaux.
01:13:15 -Mais il y en a que 900 qui sont réellement adoptés par an.
01:13:18 -Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ces enfants,
01:13:21 et ça a changé en 2016, ce que nous dit le législateur,
01:13:24 c'est qu'ils sont adoptables au plan juridique,
01:13:27 mais l'obligation des institutions, c'est de construire pour eux
01:13:31 un projet de vie qui peut être une adoption.
01:13:33 Au contraire de ce qu'on connaissait précédemment,
01:13:36 le projet de vie de ces enfants peut être autre chose
01:13:39 qu'une adoption. C'est intéressant de l'avoir en tête
01:13:42 par rapport à votre question de l'âge.
01:13:45 Quand on est un enfant et qu'on n'a pas de représentant légaux,
01:13:48 on va être orienté vers une adoption plénière,
01:13:51 ces très jeunes enfants nés sous X ou qu'on a recueillis
01:13:54 et qui n'ont pas de représentant légaux.
01:13:57 C'est une mesure d'urgence, y compris du point de vue
01:14:00 des droits des enfants, que ces enfants et des parents
01:14:03 les adoptent dans le cadre des adoptions plénières.
01:14:06 On a affaire à de très jeunes enfants.
01:14:08 Mais pour la plupart des autres enfants,
01:14:10 les enfants nés sous X représentent une minorité de ces enfants,
01:14:14 des enfants qui ont déjà connu un vécu de famille,
01:14:17 pas forcément seulement avec leurs parents,
01:14:19 avec des grands-parents, des frères, des sœurs,
01:14:22 et qui vont être admis au statut de pupille.
01:14:24 Pour cela, il y a d'autres possibilités
01:14:27 de grandir à l'aide sociale à l'enfance
01:14:29 ou chez des tiers bénévoles, des tiers dignes de confiance,
01:14:32 qui permettent que ces enfants nourrissent
01:14:35 un objectif solide, durable, avec d'autres personnes
01:14:38 que les parents qui les ont mis au monde.
01:14:41 Quand ils sont pupilles, eh bien, on peut avoir des situations
01:14:45 dans lesquelles, finalement, ce sont ces personnes,
01:14:49 dans un rapport consenti avec l'enfant,
01:14:52 et là, l'enfant va jouer un rôle actif,
01:14:54 qui vont finalement décider d'adopter cet enfant,
01:14:57 comme, j'ai envie de vous dire, dans les familles dites "classiques",
01:15:01 quand des beaux-parents ont élevé des enfants
01:15:03 et vont les adopter, y compris avant leur majorité.
01:15:06 Souvent, c'est après la majorité, mais ça peut être avant.
01:15:09 C'est ce qui amène d'ailleurs un certain nombre d'assistants
01:15:12 de l'aide sociale à l'enfance à adopter des enfants,
01:15:15 souvent dans des adoptions tardives,
01:15:18 des enfants qui ont déjà 10, 12, 14 ans, parfois même davantage,
01:15:21 et ce sont de très belles histoires
01:15:23 qui sont souvent très favorables aux enfants,
01:15:26 parce que les enfants ont été actifs
01:15:28 et ont parfois eux-mêmes demandé à être adoptés
01:15:31 par ceux qui prennent soin d'eux.
01:15:33 Par exemple, un parrain, une marraine,
01:15:35 qui a été rencontrée à l'occasion d'un placement à l'aide sociale,
01:15:38 et avec qui le lien est tellement fort
01:15:40 que ça va se traduire par un changement de la filiation
01:15:43 dans le cadre d'une adoption simple.
01:15:45 C'est des très belles histoires qu'il faut souligner et valoriser.
01:15:49 -On va voir un second extrait du documentaire
01:15:52 qui parle de la parentalité adoptive.
01:15:54 -La parentalité adoptive,
01:15:57 elle a quand même de grosses différences
01:15:59 avec la parentalité biologique.
01:16:03 La parentalité adoptive, c'est quoi ?
01:16:06 C'est devenir parent d'un enfant
01:16:08 qui, obligatoirement, a vécu dans sa vie un traumatisme.
01:16:14 Cet abandon, il est ancré à l'intérieur de ses enfants,
01:16:18 et après, ils ont des capacités, ou nous,
01:16:22 ou plus ou moins,
01:16:24 de pouvoir accepter cet abandon
01:16:30 et de pouvoir vivre avec, surtout.
01:16:32 -Cette responsable du service adoption
01:16:34 met en garde, en quelque sorte, les candidats à l'adoption.
01:16:38 J'ai ce chiffre au 31 décembre 2021.
01:16:42 Le nombre d'agréments pour l'adoption
01:16:44 en cours de validité était estimé à 9 350.
01:16:49 Il faut savoir que ces agréments se voient de moins en moins octroyés.
01:16:54 C'est un chiffre en constante baisse,
01:16:57 et ce, depuis presque 20 ans, maintenant.
01:16:59 Quels sont les désirats ?
01:17:01 On a beaucoup parlé des enfants, et c'est normal,
01:17:03 après ce film. Quels sont, en revanche,
01:17:06 les désirats des parents qui souhaitent adopter ?
01:17:08 Le critère de l'âge, ça rentre en compte ?
01:17:11 Quels sont les autres critères
01:17:13 qui sont demandés par ceux qui souhaiteraient adopter,
01:17:16 même si c'est l'enfant qui doit être privilégié
01:17:18 au nom de la protection de l'enfance ?
01:17:21 -Dans la procédure d'agrément, les parents vont être amenés
01:17:24 à échanger avec les professionnels autour de ce désir d'enfant,
01:17:28 qui est le leur, qui concerne la plupart d'entre nous.
01:17:31 Ils vont être en situation de le faire avec des professionnels,
01:17:34 pour les raisons qu'a évoquées cette collègue dans le film,
01:17:39 mais il faut jamais oublier...
01:17:41 -On fantasme aussi l'adoption du côté des familles.
01:17:44 Dans ces fantasmes, j'ai dit vraiment,
01:17:46 d'après tout ce que j'ai lu, on attend un bébé
01:17:49 ou un tout jeune enfant. -En général, l'arrivée.
01:17:51 -On l'a vu dans ces chiffres. Il ne s'agit pas que de ces enfants.
01:17:55 -Ca participe, ce désir d'enfant, pourquoi pas fantasmé,
01:17:58 comme dans la plupart des modalités d'exercice de la filiation,
01:18:02 ça participe du projet.
01:18:03 Ce que je voulais simplement préciser ici
01:18:06 et qui est d'emblée évoqué avec les candidats à l'adoption,
01:18:09 c'est que dans nos institutions, en France,
01:18:12 l'adoption est une décision de protection des enfants.
01:18:15 Autrement dit, on va chercher pour ces enfants,
01:18:17 ces enfants dont vous nous avez parlé d'emblée,
01:18:20 des parents, et pas l'inverse.
01:18:23 C'est-à-dire qu'à aucun moment,
01:18:26 même après ces échanges
01:18:29 autour du désir d'enfant de ces parents,
01:18:33 on ne va...
01:18:34 En tout cas, ça n'est pas la vocation
01:18:36 de l'aide sociale à l'enfance,
01:18:38 trouver pour ces parents un enfant qui pourrait leur correspondre.
01:18:42 C'est la démarche inverse.
01:18:43 C'est quelque chose que, d'emblée, on lève,
01:18:46 s'il y avait la moindre ambiguïté,
01:18:48 avec les personnes, dès qu'elles candidatent
01:18:50 pour l'agrément à l'adoption,
01:18:52 on aborde ces sujets,
01:18:54 on les précise d'emblée et sans aucune ambiguïté.
01:18:58 -C'est pour ça aussi qu'après,
01:19:00 les conseils de famille se réunissent,
01:19:02 quand un enfant...
01:19:04 Quand toutes les équipes auparavant,
01:19:06 Pouponnière, Assistance familiale,
01:19:08 Service de placement familial, toutes ces équipes
01:19:11 qui ont accompagné l'enfant dans ses premiers pas de vie...
01:19:14 -On a vu une réunion de délibération
01:19:16 de ces conseils de famille. C'est assez rare.
01:19:19 C'est rare de pouvoir filmer ça.
01:19:21 -Très rare, en effet, parce que protection de l'enfance,
01:19:24 il y a le terme de protection,
01:19:26 donc il y a des murs qui sont assez étanches
01:19:28 et n'y entrent que les professionnels,
01:19:30 les enfants et éventuellement les familles, les parents.
01:19:34 -Qu'est-ce qui se passe au sein de ce conseil ?
01:19:36 -Ce conseil de famille va, justement,
01:19:38 choisir des familles pour les enfants
01:19:41 qui sont confiés à l'adoption.
01:19:43 Et donc, on le voit aussi dans un autre moment
01:19:46 de ce documentaire,
01:19:48 eh bien, c'est un choix difficile,
01:19:50 parce qu'il y a trois familles
01:19:52 qui peuvent prétendre à adopter cet enfant,
01:19:54 et puis le choix va se porter au vote
01:19:58 sur une famille plutôt qu'une autre
01:20:00 pour tout un tas de critères qui sont élaborés en amont
01:20:03 et qui sont élaborés en équipe.
01:20:05 Et une professionnelle, à un moment, dit
01:20:08 "On fait au mieux, mais on peut se tromper",
01:20:10 voilà, ça peut arriver,
01:20:12 même si, quand même, tout est mis en oeuvre,
01:20:14 en effet, dans l'intérêt supérieur de l'enfant,
01:20:17 c'est une notion qui, vraiment, s'ancre, aujourd'hui,
01:20:21 dans les politiques publiques liées à l'enfance,
01:20:25 à la protection de l'enfance,
01:20:27 voilà, et ça, c'est important,
01:20:30 parce qu'avant, on était quand même...
01:20:32 Bien sûr, on protégeait les enfants,
01:20:34 mais la structure prenait souvent le pas
01:20:36 sur l'intérêt de l'enfant lui-même.
01:20:39 Là, c'est une notion qui est entrée, vraiment,
01:20:41 dans les politiques publiques,
01:20:43 et c'est intéressant, d'ailleurs, de le souligner.
01:20:47 -Au vu des chiffres, il y a beaucoup de candidats à l'adoption,
01:20:50 et il y a beaucoup moins, évidemment, d'enfants adoptés.
01:20:54 Est-ce que ces candidats à l'adoption
01:20:57 pourront, bel et bien, au bout du bout,
01:21:00 pouvoir adopter un enfant ?
01:21:01 Ou est-ce que c'est plus compliqué ?
01:21:04 -C'est plus compliqué,
01:21:05 et pour préciser le propos qui vient d'être tenu,
01:21:08 on peut dire que, finalement,
01:21:09 l'ambition, c'est pas de décider qui est un bon
01:21:12 ou qui serait un bon ou un mauvais parent,
01:21:15 mais c'est plutôt d'envisager,
01:21:16 avec les outils des services de l'aide sociale à l'enfance,
01:21:20 dans quelle mesure cet accordage-là pourrait fonctionner,
01:21:23 à partir des échanges qui ont eu lieu pendant l'agrément.
01:21:26 C'est aussi important d'avoir en tête le fait,
01:21:29 par rapport à la question que vous posez,
01:21:31 qu'un certain nombre de candidats à l'adoption
01:21:34 vont très vite devenir parents,
01:21:36 et pour d'autres, ça prendra plus de temps,
01:21:38 et peut-être même que certains renonceront
01:21:41 et ne connaîtront pas une filiation adoptive.
01:21:44 Ce qu'il faut observer, c'est que le ressort
01:21:46 qui conduit ces familles dans ces procédures,
01:21:49 c'est pas avoir un enfant,
01:21:51 c'est s'engager affectivement auprès d'un enfant
01:21:54 qui en a besoin.
01:21:55 Et ça, ça impose vraiment deux points de vue
01:21:57 un peu complémentaires, mais qu'il faut préciser,
01:22:00 c'est qu'il y a tout un tas d'autres possibilités
01:22:03 qui sont offertes aux familles.
01:22:05 Quand je dis "aux familles", c'est d'une manière générale,
01:22:09 parce qu'on peut être un adulte seul, homme ou femme,
01:22:12 auprès d'un enfant de l'aide sociale à l'enfance,
01:22:15 sans pour autant avoir envie
01:22:17 ou même prolonger une procédure d'adoption
01:22:20 jusqu'à l'adoption définitive.
01:22:22 Et même, c'est quand on y renonce parfois
01:22:24 que, finalement, l'adoption se tient,
01:22:26 quand on a eu des expériences d'engagement auprès d'enfants,
01:22:30 notamment au travers du parrainage,
01:22:32 qui sont très favorables et très positives.
01:22:34 -Il nous reste deux minutes.
01:22:36 Concernant ces fameux enfants placés,
01:22:38 s'il fallait hiérarchiser les problèmes,
01:22:41 comment on y réagira ? -Ils sont nombreux.
01:22:43 L'aide sociale à l'enfance est en crise.
01:22:45 Tous les acteurs le disent, les rapports se succèdent.
01:22:48 La crise est profonde, elle est multifactorielle.
01:22:51 Et du coup, on se retrouve avec, sur certains territoires,
01:22:56 des pouponnières qui sont un peu plus d'une centaine,
01:22:59 qui sont parfois engorgées,
01:23:01 avec des enfants qui restent trop longtemps,
01:23:03 parfois, en pouponnière.
01:23:05 On se retrouve avec un manque de professionnels,
01:23:08 parce que les travailleurs sociaux de la protection de l'enfance
01:23:11 ne sont pas suffisamment reconnus.
01:23:13 Donc, ils quittent parfois la profession,
01:23:16 en tout cas, ils n'y entrent plus.
01:23:18 On a vraiment un problème structurel.
01:23:20 Beaucoup d'acteurs...
01:23:21 -Le fait que l'ASE soit géré au niveau départemental,
01:23:24 est-ce que ça crée vraiment des différences
01:23:27 entre les différents départements ?
01:23:29 Est-ce que ça aussi, c'est un problème, à vos yeux ?
01:23:32 -C'est un problème, c'est clairement un problème.
01:23:34 Il y a un débat actuel sur une recentralisation
01:23:37 ou non de la protection de l'enfance.
01:23:39 Il y a des territoires qui sont, évidemment,
01:23:42 pour des raisons démographiques,
01:23:43 qui ont beaucoup de besoins en protection de l'enfance,
01:23:47 et plus il y a une population,
01:23:48 moins on est forcément capable d'y répondre en temps réel,
01:23:52 parce que le temps de l'enfance est court,
01:23:54 et l'idéal, c'est d'apporter ce dont l'enfant a besoin
01:23:57 au moment où il en a besoin, et ça, on a du mal à le faire.
01:24:00 C'est très différencié, selon les territoires.
01:24:03 Il y a un enjeu très fort, là.
01:24:05 Il y a une commission d'enquête qui se crée sur l'aide sociale
01:24:08 à l'enfance, qui va travailler pendant plusieurs mois.
01:24:11 Il faut avancer sur ce sujet.
01:24:13 -Merci beaucoup. Vous voulez répondre très rapidement.
01:24:16 -Le Conseil national de la protection de l'enfance
01:24:19 a souligné la crise grave que connaissent
01:24:21 les institutions de protection de l'enfance.
01:24:24 Je ne nierai pas les constats qui ont été faits à l'instant,
01:24:27 en insistant peut-être sur la nécessaire refondation
01:24:30 des modalités de financement de cette politique publique,
01:24:33 peut-être bien davantage, même que le seul fait
01:24:36 de la question de la protection de l'enfance,
01:24:39 est-ce que c'est une dotation de l'Etat,
01:24:41 de quoi s'agit-il, est forcé de reconnaître,
01:24:44 même pour une institution comme la nôtre,
01:24:46 qu'il y a beaucoup, beaucoup, aujourd'hui, de flou
01:24:49 sur ce que sont, effectivement, les ressources
01:24:52 de cette politique publique, que ce soit les ressources financières
01:24:55 ou humaines. Je ne pourrais pas ne pas dire
01:24:58 un mot du fait que cette crise procède d'avancées réelles.
01:25:01 Et ces avancées réelles sont y compris liées
01:25:04 à l'effet de la crise, et à l'effet de la crise
01:25:06 qui a beaucoup progressé sur l'attention portée aux enfants,
01:25:10 spécialement aux tout-petits.
01:25:12 Dans ce très beau film, on a les bébés.
01:25:14 Les bébés, avant, il n'y en avait presque pas,
01:25:17 à l'Aide sociale à l'enfance. En l'espace de 10 ans,
01:25:20 on a augmenté de plus de 50 % le nombre de tout-petits
01:25:23 accueillis à l'Aide sociale à l'enfance,
01:25:26 ce qui explique aussi pourquoi on a beaucoup de mal
01:25:29 à construire pour eux des réponses adaptées.
01:25:31 Il y a un certain nombre de situations.
01:25:34 Mais il faut souligner le fait... -Il faut conclure.
01:25:36 -On a beaucoup plus d'enfants à l'Aide sociale à l'enfance
01:25:40 parce qu'on est plus attentifs à leurs besoins fondamentaux
01:25:43 et qu'on est de plus en plus intolérants aux violences
01:25:46 qu'ils subissent.
01:25:47 -Il y a une commission parlementaire
01:25:49 qui travaille sur ce sujet. On verra ce que sont
01:25:52 ses conclusions pour l'avenir, à commencer pour les enfants,
01:25:56 dont on a parlé longuement dans cette émission,
01:25:58 et que nous avons vues, pour un certain nombre d'entre eux,
01:26:02 des films à l'occasion de ce "Débat doc".
01:26:04 Merci à vous deux d'avoir participé à cette émission.
01:26:07 Merci à Selma Sally et à MaKamf,
01:26:09 qui m'ont aidé à préparer cette émission.
01:26:11 Vos réactions, ce sera sur #DébatDoc.
01:26:13 Je vous donne rendez-vous pour un prochain "Débat doc".
01:26:16 Ca sera, bien sûr, avec son documentaire et son débat.
01:26:19 A très bientôt.
01:26:21 SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
01:26:24 ...
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