00:00 Comment est-ce qu'on défend la fierté française quand on veut renier ce qu'est la France ?
00:03 Quand on en vient à masquer un monument de notre pays, à changer la réalité,
00:10 parce que c'est la réalité picturale, la réalité visuelle,
00:13 celle que des gens viennent du monde entier pour voir et pour admirer,
00:16 c'est cette réalité qu'on décide de travestir et de cacher comme si on en avait honte.
00:22 - Alors quel monument ?
00:23 - Et je pense que ce que disait Anna Cabana à l'instant, parce que j'ai été effectivement bloqué,
00:26 mais je vous écoutais, et Anna Cabana le disait très justement,
00:29 celui qui a fait ce dessin, que par ailleurs je dois dire,
00:32 je trouve un peu décalé par rapport à l'importance de l'enjeu,
00:37 mais bon, ça c'est un autre débat, a fait le choix effectivement d'une telle exhaustivité
00:41 qui a un luxe de détails infini sur cette affiche.
00:43 On voit absolument tout, tout, tout sauf ce qui fait l'identité de notre pays.
00:49 - Vous parlez de la croix ? De la croix sur le dôme des Invalides ?
00:52 - Mais bien sûr, comment est-ce que vous voulez que ce soit ?
00:53 - On l'a volontairement effacée, pourquoi Vautel ?
00:55 - Comment vous voulez que ce soit involontaire ?
00:58 - Pourquoi l'artiste aurait fait ce choix ?
00:59 - Il a dit que c'était sans arrière-pensée, vous l'avez entendu, il a dit "sans arrière-pensée".
01:03 - Mais alors, quelle est la pensée de derrière ou de devant qui a présidé à ce choix ?
01:08 Parce que c'est un choix.
01:10 Comment vous voulez ? Je pose la question du pur point de vue de l'histoire.
01:19 Comment vous voulez comprendre les Invalides, l'institution des Invalides,
01:24 ce monument au cœur de Paris ?
01:25 Comment vous voulez le comprendre sans la croix qui se trouve aujourd'hui sur son toit ?
01:29 - Les visiteurs iront le visiter, les touristes iront le voir.
01:32 - Les Invalides, c'est un hôpital, il a été construit comme un lieu au cœur de Paris
01:36 pour accueillir les malades, pour accueillir les blessés,
01:39 pour accueillir au nom précisément, dans un moment d'histoire de notre pays,
01:43 dans un moment qui a fait ce que notre pays est aujourd'hui,
01:46 il a été construit au nom de ce devoir qui commande dans la civilisation dont nous héritons aujourd'hui
01:52 de prendre soin des plus faibles.
01:54 Tout ça n'ira pas de nulle part.
01:55 - Mais là, on voit quand même qu'il y a une volonté de transformer,
01:57 alors après on est d'accord ou pas, Paris un peu en parc d'attractions,
02:00 en Luna Park avec ses couleurs, on a l'impression d'être un peu à Disneyland.
02:03 - Oui, c'est pour ça. Honnêtement, je suis d'accord avec vous.
02:05 - Peut-être c'est pour ça que j'ai pris de la croix.
02:06 - C'est pour ça que j'ai aussi une objection contre le dessin d'ensemble.
02:09 C'est supposé être les Jeux Olympiques de Paris
02:11 et on a l'impression de voir le plan de Disneyland.
02:13 - Oui, mais ce surréalisme, François-Xavier Bellamy,
02:16 on peut considérer qu'il n'est pas forcément sous-tendu par une pensée politique
02:23 qui veut nier l'histoire chrétienne, l'héritage chrétien de la France.
02:30 - Quand on réplique...
02:31 - Parce que c'est surréaliste à tous égards, si vous voulez, pas seulement là-dessus.
02:34 - Quand on réplique, comme vous le disiez à l'instant,
02:36 quand on réplique Paris et ses monuments avec des détails extraordinairement précis,
02:41 ça n'est pas un hasard si on retire précisément la croix.
02:45 Il y a quelque chose qui fait qu'au fond, on décide de renier des symboles.
02:48 Il n'y a pas non plus de drapeau tricolore, il n'y a pas un drapeau français.
02:51 - Si, si, on voit, regardez, regardez.
02:53 - Il y a des petits bleus blancs rouges quand même, par-ci, par-là.
02:55 - Regardez là, on voit, c'est quasiment même une cocarde.
02:57 - Honnêtement, je ne suis même pas sûr que ce soit réellement...
03:00 Je vois quatre couleurs à nier.
03:03 - Regardez, on a bien transformé l'arc de triomphe,
03:05 le toit de l'arc de triomphe en terrain de tennis.
03:08 - Non mais je suis d'accord, évidemment.
03:10 - Avec le métro qui passe en dessous, ce qui n'est pas la réalité non plus.
03:12 - Ça, c'est pour le sport.
03:14 - Vous n'appréciez pas le côté surréaliste de cette affiche ?
03:17 - Non mais ce n'est pas seulement ça, c'est que derrière ça...
03:19 - Vous êtes triste, M. Benhamy ?
03:20 - Mais bien au contraire.
03:22 Vous trouvez que c'est triste d'aimer son pays ?
03:24 - Vous êtes triste où ?
03:26 - Vous n'êtes pas antisiste ?
03:28 - Au contraire, moi, je défends l'émerveillement.
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