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  • il y a 2 ans
Plongez dans l’univers rétro avec ‘La Ref’ , le nouveau format d’échanges vidéos où Rachid Arhab embarque ses invités en explorant les références qui ont marqué les décennies des années 80 à 2023. Dans ce premier épisode Liik reçoit K-mel du groupe Alliance Ethnik.

Catégorie

🎵
Musique
Transcription
00:00 l'innocence entre guillemets des années 80,
00:02 on y croyait encore.
00:03 Et avec le recul, l'arnaque.
00:06 Tout est cadré, tout est bon ?
00:11 Oui, c'est bon.
00:12 Allez, on s'assied.
00:14 Le principe de l'émission "Cum-Met",
00:15 c'est que je vais te montrer des vidéos
00:16 et tu vas m'en montrer aussi.
00:17 On va essayer de s'apprendre des choses l'un à l'autre.
00:18 D'accord.
00:19 Tu ne vas rien apprendre avec la première vidéo,
00:20 mais je vais quand même la lancer.
00:22 Allez.
00:22 C'est celle-ci.
00:23 J'ai dû voir cette vidéo 4 millions de fois,
00:29 mais là, je la regarde, j'ai des frissons en fait.
00:31 Parce que je me dis,
00:32 il y a tout le parcours qui revient,
00:34 les anecdotes du clip,
00:35 parce que ça ne devait pas être ce clip-là.
00:36 On a eu des problèmes pendant le clip.
00:37 C'est le début de la grande histoire, respect.
00:39 Je me souviens que la dirigeante du label,
00:42 Laurence, avait envoyé le morceau à NRJ
00:45 pour savoir ce qu'ils en pensaient.
00:46 Ce n'était même pas masterisé.
00:48 Ils ont pété un câble.
00:49 Ils l'ont mis directement à la radio,
00:50 non masterisé, 15 fois jour ou je ne sais pas quoi.
00:52 Je ne sais plus ce que c'était.
00:53 Ça a été un rat de marée.
00:54 C'était vraiment...
00:55 On ne s'attendait pas à ça.
00:56 Franchement, on ne s'attendait pas à ça du tout.
00:58 Petite curiosité, quand tu as arrêté la musique,
01:00 tu as repris tes études.
01:01 Tu avais arrêté les études de droit,
01:02 d'ailleurs, pour faire de la musique.
01:03 Là, tu as repris des études.
01:04 Tu as fait un BTS, un master de commerce.
01:06 Aujourd'hui, tu es un homme d'affaires.
01:07 Oui, oui, j'ai cette fibre
01:09 un peu de commerce international
01:11 et ça me plaît,
01:12 mais j'ai toujours la musique.
01:14 J'ai toujours la musique,
01:16 alors plus en tant que chanteur
01:17 parce que ça ne m'intéresse plus.
01:18 Mais par contre, la composition musicale,
01:20 pour moi, est clairement thérapeutique.
01:22 J'en ai besoin.
01:22 Je me lève le matin ou à soir,
01:24 il est 23 heures, je n'ai pas sommeil,
01:26 je vais composer.
01:27 Pour être honnête avec toi,
01:28 je crois que la musique, c'est heureusement,
01:29 malheureusement, c'est à vie pour moi.
01:31 Encore une autre vidéo
01:32 que j'avais envie de te montrer.
01:33 C'est en 83, tu avais 11 ans.
01:35 Je suis au collège.
01:36 Oui, au collège.
01:37 Et puis, on parle beaucoup.
01:38 C'était en octobre,
01:39 donc on vient d'y fêter les 40 ans.
01:41 On parle beaucoup de ce qu'on a appelé
01:42 la marche des beurres.
01:43 En fait, officiellement,
01:44 c'était la marche pour l'égalité
01:45 et contre le racisme.
01:46 Dis-moi ce que ça t'évoque.
01:49 Quelques bandes de rôle,
01:50 une poignée de jeunes,
01:51 immigrés pour la plupart.
01:53 La longue marche pour l'égalité
01:54 démarre dans une indifférence
01:56 quasi générale.
01:57 Quand je vois cette vidéo,
01:59 je vois l'innocence,
02:00 entre guillemets, des années 80.
02:02 Je vois la croyance.
02:04 On y croyait encore.
02:05 Et avec le recul, l'arnaque.
02:07 Mais pourquoi l'arnaque alors, à la fin ?
02:09 Tu vois que la démarche,
02:10 elle est plus politique que sociale, quand même.
02:11 Et je vais te faire une confidence.
02:13 À l'époque, en 83,
02:14 j'étais journaliste à FR3.
02:15 J'ai refusé de couvrir ces événements
02:18 parce que j'avais très peur
02:19 qu'on dise que des manifestations
02:22 contre le racisme
02:23 filmées et commentées par Rachid Arab,
02:25 j'avais peur qu'on me considère
02:26 comme un journaliste militant.
02:27 Tu peux comprendre ça ?
02:29 La première réaction, c'est
02:30 "Oh là là, c'est super,
02:31 c'est à moi de le faire."
02:32 Mais le second rideau, c'est
02:34 c'est ta réaction.
02:35 Et je trouve que c'est très intelligent.
02:37 Moi, de mon point de vue,
02:38 je pense que t'as eu la bonne réaction.
02:39 Parce que moi, j'ai des questions pour toi, après.
02:40 Tu veux me poser une question ?
02:41 T'as le droit à une question.
02:42 On se connaît un peu, maintenant.
02:44 C'est pas une question
02:45 pour te mettre mal à l'aise.
02:46 Mais je veux une réponse sincère
02:48 et pas de journaliste.
02:49 Est-ce que tu as conscience
02:51 de l'impact que tu as eu
02:52 sur des gens
02:54 de ma génération, avant, après ?
02:56 Pour faire une réponse
02:57 qui ne soit pas une réponse journaliste,
02:58 quand j'étais journaliste,
02:59 je n'en avais aucune conscience
03:01 de cette image que je pouvais envoyer.
03:03 Maintenant, ce que j'essaie,
03:05 et c'est pour moi
03:06 le plus beau cadeau de la vie.
03:08 Et c'est pour ça que je fais LIC, d'ailleurs.
03:09 C'est que j'ai l'impression
03:10 que mon rôle, maintenant,
03:12 c'est de transmettre à des jeunes
03:13 pour qu'ils aient, dans 5 ans,
03:14 10 ans, des Kamels, des Rachid
03:16 qui puissent donner envie
03:17 d'ouvrir des portes.
03:18 Chaque fois que je l'écoute,
03:25 je me dis, mais quel est
03:26 le miracle de cette fusion ?
03:27 Parce que c'est ça, la fusion
03:28 que vous avez.
03:29 Écoute, moi, je me souviens
03:31 que la maison de disques m'appelle
03:33 et me dit, il y a Cheb Mamy
03:34 qui veut faire un morceau avec toi.
03:35 Est-ce que tu veux ?
03:36 Pour moi, Cheb Mamy,
03:37 Cheb Khaled, Hasni,
03:39 c'est des légendes pour moi.
03:41 Tu vois, c'est bien sûr que je veux.
03:43 Il y a des choses
03:43 qu'on ne contrôle pas, en fait.
03:45 Il y a des atomes crochus
03:46 qui sont bien au-dessus,
03:47 au-delà de ce qu'on peut voir.
03:48 Et puis, ça a été tout de suite.
03:50 Et je crois que cette affinité
03:51 avec Mamy, elle se ressent
03:53 dans le morceau, dans l'échange
03:54 qu'on a.
03:54 J'ai voulu mettre Anderson .Paak
04:10 parce que c'est la nouvelle génération.
04:12 Par contre, je trouve qu'il reprend
04:13 des codes de l'ancienne génération.
04:15 Et ça, je trouve ça super intéressant
04:17 parce qu'il a énormément de succès.
04:19 Donc, ce qui prouve quand même
04:20 que les codes, les références,
04:21 la source, c'est pas du vent.
04:24 Mais d'aller vers la nouvelle génération
04:26 avec leurs codes en même temps,
04:27 moi, je trouve ça intéressant.
04:29 Je ne suis pas de ceux qui disent
04:29 c'était mieux avant,
04:30 oui, les jeunes ceci,
04:32 non, non, je trouve
04:32 c'est exceptionnel ce qu'ils font.
04:33 Allez, à mon tour de te proposer.
04:35 Alors, toi, tu ne vas rien apprendre.
04:37 Hé, moi !
04:38 Hé, moi !
04:39 C'est pourtant !
04:40 C'est pourtant !
04:41 Ça, ça me donne des frissons.
04:45 Après, je te dirai pourquoi.
04:47 Un grand big up à DJ Snake.
04:48 Disco Maghreb.
04:50 Consciemment ou inconsciemment,
04:51 mais je pense que c'est aussi
04:53 ce qu'il ressentait lui.
04:54 Et dès le début du clip,
04:56 les couleurs, la rue, les trucs,
04:58 le morceau en lui-même
04:59 qui est juste stratosphérique
05:02 et la démarche de DJ Snake
05:04 de mettre, entre guillemets,
05:06 ses origines en avant,
05:07 la culture algérienne en avant,
05:09 au goût du jour et aux yeux du monde.
05:11 Mais l'Algérie, pour moi,
05:11 c'est très important.
05:12 Très, très, très important.
05:14 Entre la musique et tout,
05:16 je n'étais pas retourné en Algérie depuis.
05:18 Et tu te souviens qu'à l'époque,
05:20 il y avait des événements,
05:20 ce qu'on appelait les événements en Algérie.
05:21 On était le premier groupe
05:22 à avoir été jouer en Algérie
05:24 après les événements.
05:25 Beaucoup d'émotions,
05:26 beaucoup, beaucoup d'émotions.
05:27 Je me souviens que même à l'aéroport,
05:29 on avait été reçus par le ministre.
05:31 Énormément d'émotions.
05:32 Puis même pour mes parents,
05:33 quand tu vas en Algérie,
05:34 que tu pars en voiture de ton quartier,
05:35 tu ne sais pas combien de jours pourrait arriver
05:37 et que des années après,
05:39 tu es reçu par le ministre
05:40 et quand le président algérien
05:41 est en France, tu es invité au dîner.
05:43 Il y a une symbolique pour les parents.
05:45 Outre le dîner, tu vois, il y a quelque chose.
05:46 Et moi, pour moi, c'était important.
05:48 La fierté de mes parents,
05:49 ça a toujours été important.
05:50 Ça ne minimise pas
05:52 le fait que je sois français.
05:53 Bien au contraire,
05:54 j'ai presque envie de dire
05:56 dommage pour ceux qui ne sont que français.
05:58 J'ai une valeur ajoutée.
05:58 J'ai un truc en plus.
06:00 Je sais qu'on a fini là.
06:01 Ça a été un honneur
06:03 et j'ai passé un moment exceptionnel avec toi.
06:06 Moi, je vais terminer avec un mot.
06:07 Vas-y.
06:08 Respect.
06:09 Ah bon.
06:11 Merci à toi.
06:11 Merci Kamel.
06:12 *Bruit de déchiquetage*
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