00:00 Le vrai déclic, il est terrifiant parce qu'il a fallu que je frôle la mort
00:07 pour prendre conscience que si je restais j'allais mourir et donc il fallait partir tout de suite.
00:12 Et il a vraiment fallu que j'aille jusque là parce que
00:17 jusqu'à présent voilà je ne pouvais pas partir pour deux raisons. D'abord
00:21 le divorce chez les catholiques c'est juste impossible et deuxième raison je protégeais mes enfants
00:28 par ma présence et si je partais je les exposais à rester seul certains moments avec leur papa
00:34 voilà parce que garde alterné ou garde enfin bref la justice aurait statué et ça je ne pouvais pas imaginer les laisser seul
00:42 avec leur père c'était trop dangereux donc je ne pouvais pas partir.
00:47 Il y a eu plusieurs petits signaux
00:53 sur lesquels je me suis appuyé après pour partir.
00:58 Je me suis rendu compte quand même en côtoyant de plus en plus de personnes que finalement j'étais pas
01:03 aussi nulle que j'en étais persuadée parce que mon mari me le faisait croire
01:09 et donc c'est en retrouvant un petit peu confiance en moi
01:14 que le jour où je me suis dit soit je meurs soit je vis il faut que je choisisse
01:18 j'ai pu retrouver les ressources nécessaires pour partir puisque j'ai
01:23 choisi la vie. - Alors évidemment que le départ il n'a pas été facile vous n'aviez rien pas même un compte en banque
01:29 - Non - C'est des amis qui vous prêtent un petit peu d'argent pour un compte ? - C'est ça j'ai été emprunté 20 euros à des amis
01:34 pour ouvrir un compte et puis
01:37 faire en sorte que les allocations familiales me soient versées. - Henri cherche à vous retenir ? - Oui oui il cherche par tous les moyens
01:44 Par le chantage
01:48 alors lui est persuadé de me tenir par l'argent
01:50 mais pas que voilà il me
01:53 menace de partir avec les plus grands
01:55 faire son tour du monde et me laisser
01:57 avec les plus petits voilà il essaye tout. - Mais vous vous acharnez vous trouvez une maison une maison de poupées vous dites. - Oui
02:05 exactement parce que de toute façon à partir du moment où le déclic est là je sais que je vais partir je pars et
02:10 alors je fonce je me pose plus de questions
02:12 et donc je vois une assistante sociale qui m'aide à trouver une toute petite maison effectivement
02:18 toute proche d'une école
02:20 parce que j'ai pas de voiture j'ai rien du tout et donc trois semaines après on
02:24 aménage tous les huit dans cette petite maison de poupées
02:27 et une nouvelle vie commence. - Et les enfants ont enfin une vie d'enfant ?
02:32 - C'est ça oui mais on découvre petit à petit on apprivoise
02:37 cette vie là sans couvercle sans crainte
02:41 Voilà on peut jouer on peut rire. - Des enfants traumatisés véritablement à l'époque ?
02:49 - Oui je dirais pas traumatisés il y avait un climat de crainte
02:54 mais uniquement quand il était là ou quand son arrivée se rapprochait
03:00 donc quand même des enfants qui savent jouer et rire mais là il y a une insouciance qui
03:06 libère un petit peu toutes les... - Ils ont le droit de laisser traîner leurs affaires dehors. - Oui c'est ça de faire du bruit
03:13 de rire très fort de descendre des escaliers très vite
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