00:00 Une forme de snobisme.
00:02 - Vous êtes snob ?
00:03 - Moi, ouais, un peu.
00:04 Non, je n'ai pas travaillé, je parle anglais.
00:19 J'avais une nanny anglaise, sorry.
00:21 Et ensuite, j'étais en pension en Angleterre.
00:23 Et puis voilà, j'ai enseigné aux États-Unis.
00:26 Non, vraiment, je suis habitué.
00:28 Plusieurs accents.
00:30 C'était d'être le plus sincère possible
00:34 dans cette espèce de vacuité.
00:36 Il est très vain.
00:37 En même temps, il n'a pas peur d'elle.
00:38 Il la connaît parfaitement.
00:40 Il sait lui dire la vérité.
00:42 Sauf qu'il marche sur des yeux en permanence, surtout là.
00:44 Elle est fragile depuis un moment, cette femme.
00:46 Je crois qu'il l'aime, vraiment.
00:47 Il est assez soumis.
00:48 Ça ne le dérange pas.
00:49 Il est plus malin qu'intelligent.
00:51 Puis il est complètement perché.
00:53 C'est-à-dire qu'il lit de la poésie.
00:54 Il est persuadé d'être un grand intello.
00:56 Il est que dalle.
00:57 Il est mis dans un jacuzzi, corrompu au dernier degré.
01:00 Mais avec une espèce de décontracté chic, comme ça.
01:04 Non, pas constamment.
01:07 Non, de temps en temps, elle me chevauche.
01:09 Non, il y avait plein de moments très agréables, monsieur.
01:12 Elle se réfugie dans mes bras quand elle a peur, dans le lit.
01:15 Non, tout va bien.
01:16 C'était écrit comme ça, mais c'était génial.
01:18 Parce que de temps en temps, il n'est pas dupe.
01:20 De temps en temps, il joue le crétin.
01:22 Et elle le sait.
01:23 De temps en temps, il n'est pas si crétin que ça.
01:25 Après, ça lui échappe.
01:26 Et là, ça devient tragique.
01:28 Je ne me suis pas inspiré de gens réels.
01:34 C'était très bien écrit.
01:36 Après, c'était surtout dans notre relation.
01:38 On s'est extrêmement bien entendus.
01:40 En plus, on partageait la même maison pendant le tournage.
01:42 La veille, on parlait des scènes du lendemain.
01:45 On a beaucoup construit ensemble.
01:47 C'était un vrai travail d'équipe.
01:48 Moi, je jouais beaucoup par rapport à elle.
01:50 Plus elle s'énervait, plus je restais calme.
01:53 C'est mon job.
01:54 J'ai toujours pensé comme un consort.
01:56 Comment exister ?
01:57 One step behind.
01:58 C'est l'autre qui a le pouvoir.
01:59 Comment on gère ça ?
02:00 On accompagne.
02:01 De temps en temps, on laisse.
02:02 De temps en temps, on fait…
02:03 Attention.
02:04 Une forme de snobisme.
02:08 Vous trouvez snob ?
02:10 Moi, oui, un peu.
02:11 Oui, parfois, je suis un peu perché.
02:14 Ce n'est pas la bonne chose.
02:16 Non, mais perché dans ce sens-là.
02:18 Je suis un peu…
02:19 Si, j'ai été élevé comme ça.
02:23 J'ai été élevé dans un milieu
02:25 qui était quand même assez particulier.
02:27 Donc oui, je dois avoir un peu ça.
02:29 Ce n'est pas ce que je me dis en vous voyant.
02:33 Vous me demandez, je vous réponds
02:36 le plus sincèrement possible.
02:37 C'est drôle parce que les Anglais,
02:41 ils ont un terme intermédiaire
02:43 qui est « authoritarian leader ».
02:45 Un leader autoritaire.
02:47 Parce qu'elle n'est pas encore complètement dictateur.
02:50 Au début de la série, en tout cas, non.
02:52 C'est…
02:53 Disons que c'est une démocratie
02:56 très, très verrouillée.
02:57 Elle, elle a une espèce de charisme,
02:59 de charme.
03:00 Elle sait tout à fait faire en sorte
03:02 que les gens la craignent.
03:03 C'est quoi les qualités alors du coup ?
03:05 Selon vous ?
03:06 J'imagine que c'est surtout celle-là.
03:08 Il y a plein de choses où
03:10 les gens font de l'autocensure eux-mêmes.
03:12 Elle n'a même pas besoin d'agir.
03:15 Les gens anticipent.
03:17 Ils nourrissent le système
03:18 sans qu'elle ait elle-même à le nourrir.
03:21 C'est grâce au fait que ce soit une fiction
03:23 que je crois qu'on peut en rire autant.
03:25 L'humour était vraiment la clé de cette série.
03:29 Il fallait ça.
03:30 Justement, de ne pas avoir de référents
03:32 et de bien délirer,
03:34 ça permet de…
03:35 Je crois que ça donne beaucoup de liberté
03:37 pour raconter beaucoup finalement
03:39 sur les délires qui peuvent être ceux
03:43 de ces gens-là et du rapport au pouvoir
03:46 en général d'ailleurs,
03:48 même dans des démocraties.
03:49 La perte de la réalité et l'inconscience.
03:53 conscience quoi.
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