00:00 La région Auvergne Rhône-Alpes vous présente "Voyons voir".
00:04 Au moment où se tient le Salon international de l'agriculture à Paris en cette fin février,
00:25 la profession traverse une profonde crise qu'elle fait savoir sur l'ensemble du pays.
00:30 Pour voir à quoi ressemble le quotidien de celles et ceux qui produisent,
00:35 ce que nous consommons dans notre région,
00:37 nous nous sommes rendus dans le petit village de Montlay en Haute-Loire.
00:40 C'est ici que Laurine Rousset élève son cheptel de vache laitière.
00:45 Chaque année pour les bovins il y a une lettre, comme les chiens et les chats.
00:49 Cette année on est sur la lettre V.
00:51 J'en ai eu quatre, donc il y a Victoire, Venise, Violette et Vénus.
00:55 Et il y en a plein d'autres qui devraient arriver.
00:57 Quand elle a repris l'exploitation familiale il y a six ans avec sa maman,
01:01 elle s'est tournée vers la production de lait bio.
01:03 Le laitier passe tous les deux jours.
01:05 Aujourd'hui il y a une production de 2689 litres.
01:11 Pour parvenir à cette production, Laurine travaille environ 70 heures par semaine.
01:15 Mon quotidien c'est nourrir les animaux, en prendre soin,
01:19 veiller au bien-être animal, faire la traite.
01:22 C'est aussi le travail des champs.
01:24 On n'est que toutes les deux avec ma maman, mais on y arrive, on se débrouille.
01:28 Les travaux des champs, les labours, les semis, les récoltes.
01:32 Ce qui fait que les journées sont très remplies,
01:34 de 6h du matin jusqu'à 8h du soir.
01:36 Souvent, des fois la nuit, il y a des vélages.
01:38 Ça aussi ça fait partie du métier,
01:40 mais tirer un veau quand tout se passe bien, c'est la plus belle des choses.
01:43 Laurine aime passionnément ses animaux et son métier,
01:46 mais son quotidien s'agrémente aussi de plusieurs frustrations.
01:50 Quand je me suis installée, c'est vrai qu'on prônait énormément l'agriculture biologique.
01:54 Sauf qu'aujourd'hui, je pense qu'on est un petit peu dans une impasse,
01:57 où on voit que le consommateur n'arrive pas à avoir le pouvoir d'achat
02:01 pour répondre à cette offre.
02:03 Et finalement, mon lait il est collecté avec le conventionnel,
02:06 puisqu'il n'y a pas le débouché derrière.
02:09 Donc là, c'est vrai que je me pose beaucoup de questions.
02:11 Il y a de la place pour tout le monde.
02:12 Ce qui compte, c'est de pouvoir vivre de son métier.
02:14 Donc quand on lance les jeunes, et moi, quand je me suis lancée dans une production,
02:17 ce qu'on demande, c'est de la pérennité et pouvoir en vivre.
02:20 Laurine souhaiterait aussi que EREC soit parfois moins contraignante et arbitraire.
02:25 Elle a par exemple appris récemment que la parcelle située juste devant l'exploitation
02:30 ne pourrait plus accueillir les vaches pour pâturer, car désormais classée en zone humide.
02:35 Ce qui est frustrant, c'est que ce sont des gens qui ne sont même pas venus sur le terrain pour voir ça.
02:39 Et vous voyez comme moi, il n'y a pas d'eau là.
02:42 Donc si moi, je me suis installée il y a 6 ans, demain, je ne peux plus faire pâturer mes vaches ici.
02:46 Grosse contrainte de travail, grosse contrainte financière.
02:49 Il y a eu des manifestations parce que tout ce non-sens, on ne comprend pas.
02:52 Et moi, la première.
02:53 Des règles qui s'accompagnent aussi d'une grande paperasse administrative,
02:57 car elle doit enregistrer tous les soirs ce qu'elle fait sur ses parcelles.
03:02 Pour dire que j'ai mis tant d'épandeurs sur tant de surface pour ne pas dépasser les normes nitrates.
03:07 Or, il y a une chose qui a été mise en place, c'est la PAC en 62.
03:11 Il y avait deux choses primordiales.
03:13 La première, produire et ensuite assurer un revenu.
03:15 Et aujourd'hui, on ne s'y retrouve pas.
03:17 C'est pour ça qu'il arrive un moment, il y a eu cette fracture entre le monde agricole, les campagnes et cette politique.
03:23 Heureusement pour Laurine, tout n'est pas négatif sur le plan administratif,
03:27 car elle bénéficie aussi de coups de pouce.
03:30 Vous allez voir dans la seconde partie comment la région Auvergne-Au-Renal peut l'accompagner pour s'installer et se développer.
03:37 Faisons entre temps une petite parenthèse pour découvrir une autre exploitation dans l'allier.
03:42 Cet automne, on a récolté environ 18 tonnes de noisettes en coque.
03:52 Là, il nous en reste à peu près une douzaine de tonnes.
03:56 Dans ce domaine de l'allier, ils sont deux à gérer plusieurs milliers de plants de noisetiers.
04:02 En fait, on surveille, on voit que les chatons sont complètement déployés.
04:06 Là, la pollen s'est complètement libérée, donc ça, le chaton, c'est la fleur mâle.
04:10 Un projet initié suite à une reconversion.
04:13 Créé en 2017, la structure réalise aujourd'hui ses propres produits, des noisettes caramélisées aux pâtes à tartiner.
04:21 Donc, tout n'a pas été forcément très simple, parce que les rendements n'étaient pas forcément à la hauteur au démarrage du projet.
04:27 Et après, rapidement, on a commencé à faire de la transformation pour augmenter la valeur ajoutée du produit
04:33 et se détacher du schéma productiviste où on cherche beaucoup de rendements, intensifier les cultures.
04:40 On a fait le parti pris, justement, de vouloir se détacher de toute cette pression d'être maître de notre produit.
04:46 Une indépendance acquise grâce à d'importants investissements.
04:50 Plusieurs centaines de milliers d'euros financés à hauteur de 30% par la région Auvergne Rhône-Alpes.
04:56 Une aide qui a permis de financer des machines facilitant la récolte et le traitement des noisettes.
05:02 Ainsi qu'un laboratoire permettant leur transformation.
05:06 Il y avait déjà le plus gros bloc, c'était la mesure diversification, qui a permis l'achat des plans.
05:10 Toutes les machines qui permettaient de réceptionner le matériel autre que le laboratoire.
05:16 Et après, on a fait la mesure 422. On l'a sollicité trois fois.
05:21 Une fois pour la casseuse, elle rentrait dans ce cadre-là.
05:25 Une autre fois pour la première phase d'investissement en labo.
05:29 Une troisième fois pour la deuxième phase d'investissement dans le laboratoire.
05:33 Aujourd'hui, le couple produit transforme et vend ses noisettes directement auprès du consommateur.
05:39 Le tout en local pour un produit entièrement maîtrisé, qu'ils présenteront au prochain salon de l'agriculture.
05:46 Retour en Haute-Loire sur les installations du Gaeque du Pont de la Perre,
05:54 où Laurine élève son cheptel de vache laitière.
05:57 Après nous avoir expliqué les raisons de son ras-le-bol,
06:00 elle souhaite aussi nous faire état du soutien qu'elle a reçu de la région,
06:04 en nous présentant son bâtiment principal.
06:06 Lorsqu'on a fait le choix de se mettre en agriculture biologique,
06:09 il a fallu faire attention à l'espace de vie des animaux,
06:13 c'est-à-dire une surface minimale, notamment dans l'air de couchage,
06:17 et une surface aussi minimale pour l'espace en fonction du nombre de vaches présentes.
06:22 Il a aussi fallu garantir une stabulation libre,
06:25 c'est-à-dire un mode de logement où les vaches peuvent se mouvoir facilement
06:29 afin de manger et boire quand elles le souhaitent.
06:32 Quand elle s'est lancée, Laurine a perçu la dotation jeune agriculteur
06:36 pour avoir de la trésorerie et réaliser des investissements.
06:40 J'ai eu la chance, comme on a tous la chance, d'avoir l'aide de la région.
06:44 Aujourd'hui, dans ce bâtiment, la région m'en a financé un tiers.
06:48 Avec ce bâtiment, j'ai fait travailler une équipe de charpentiers,
06:51 j'ai fait travailler des maçons, j'ai fait travailler un électricien.
06:54 Tout ça, c'est une économie locale, et je pense que la région l'a bien compris,
06:57 puisque c'est de l'argent qui n'est pas perdu.
06:59 Et puis, la concrétisation, c'est que grâce à l'aide de la région,
07:02 j'ai pu mener à bien mon projet.
07:04 Et aujourd'hui, on a fait une étude récemment avec ma maman en Gaeque.
07:08 On nourrit 1655 personnes grâce à cet outil de travail.
07:11 Donc ça, je pense que c'est la meilleure récompense pour la région,
07:14 qui aide les agriculteurs.
07:16 Des aides pour construire les bâtiments,
07:18 mais également pour clôturer les parcelles à l'extérieur.
07:21 Sur des terres de plusieurs hectares,
07:24 Laurine avait besoin de créer des délimitations qui chiffrent vite.
07:27 J'ai fait un investissement quand même de 12 000 euros.
07:30 J'ai pu bénéficier d'une aide de la région à hauteur de 4 500 euros.
07:33 J'ai planté 2000 piquets en deux ans.
07:36 Mais voilà, c'était un investissement nécessaire pour la sécurité des animaux,
07:41 pour la sécurité d'autrui aussi, quand vous avez la route,
07:43 ou vous avez un chemin, et pour être serein aussi,
07:45 il faut que les animaux soient parqués en toute sécurité.
07:48 Il ne faut pas être sans arrêt appelé parce que les animaux sont dehors.
07:50 Donc ça aussi, ça a été un sacré coup de pouce.
07:53 Et c'est vraiment une aide concrète.
07:55 Comme Laurine, ils sont plus de 1000 jeunes du territoire
07:58 à avoir été soutenus par la région au cours des dernières années
08:01 pour s'installer ou pour reprendre une exploitation.
08:04 À ce titre, Auvergne-Rhône-Alpes possède la dotation
08:08 "jeune agriculteur" la plus importante de France.
08:11 La région Auvergne-Rhône-Alpes vous a présenté
08:19 Voyons voir.
08:22 Sous-titrage Société Radio-Canada
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