00:00 Nous sommes de partout, bah oui c'est la radio d'ici, France Bleu, Dromardèche,
00:05 on est en direct de la Croix de Boson, au cœur du massif du Tanarg, où l'on manque
00:09 de neige, comme dans le Vercoeur vous me direz, mais on sait s'adapter visiblement, on trouve
00:14 d'autres choses à proposer aux visiteurs, on y sera à nouveau en direct sur le coup
00:18 de 8h25 avec les images sur place, en direct de François Ronalp, et puis également une
00:22 matinée spéciale, on a vu ces événements récents, avec notamment la coupure des axes
00:27 routiers principaux en Dromardèche qui ont mis en événence les difficultés rencontrées
00:31 par nos agriculteurs, malgré cela les milieux de la fillerie agricole continuent d'attirer
00:35 des jeunes, susciter des vocations, rencontre tout à l'heure avec les élèves, les enseignants,
00:41 les agriculteurs également, en direct du lycée agricole du Val-de-Drome à Montéléger,
00:45 près de Valence, ce sera entre 9h et 11h, c'est pour ça que je disais on est partout
00:49 en même temps, y compris dans nos salles de spectacle, bonjour Patrice Cayet, bonjour
00:53 Philippe, bonjour à tous, avec la venue de l'écrivaine Tania de Montaigne, pour une
00:58 conférence spectacle, c'est demain soir en roman, oui et puis elle est déjà là,
01:02 d'ailleurs, elle est déjà là avec nous, elle aussi, on est partout, elle vient à
01:05 nous, bonjour Tania de Montaigne, bonjour Tania, vous montez sur scène pour l'adaptation
01:10 de votre livre "L'assignation, les noirs n'existent pas" qui s'attaque aux préjugés
01:14 raciaux, héritée de vieilles publicités, de chansons, de sketchs, qui, vous le rappelez,
01:20 on entend des extraits pendant le spectacle, ça ne fait plus rire personne aujourd'hui.
01:24 Ce qui nous intéressait c'était d'essayer de montrer tout ce qui nous travaille, il
01:28 y a des mots qui reviennent pour dire les gens, si vous dites en permanence de quelqu'un
01:31 qu'il appartient à la 3ème, 4ème génération, comme on le fait souvent, vous êtes quand
01:37 même en train de raconter que cette personne n'est jamais française en fait, et que vous
01:40 êtes en train de compter, et que donc les générations s'étendent au fur et à mesure,
01:44 et que donc cette personne, vous lui déniez la possibilité d'appartenir à un endroit,
01:48 par exemple, si vous dites "français de souche" pour désigner quelqu'un qui est blanc, ça
01:52 veut dire que, inconsciemment, vous êtes en train de dire que quelqu'un qui n'est pas
01:56 blanc ne fait pas souche.
01:57 J'ai même eu le cas lors d'un entretien d'embauche où le recruteur me conseillait
02:00 gentiment de plutôt postuler dans mon pays.
02:04 Moi par exemple, pour partie je suis ma famille antillaise, donc ça fait quand même un sacré
02:09 bout de temps que les antillaises sont des français, et une fois que vous vous êtes
02:13 approprié un mot, une fois que tout le monde veut dire en disant "français de souche"
02:19 en fait on veut dire un blanc, à partir du moment où vous êtes parti dans cette dynamique
02:22 là, quand même, vous avez abandonné l'idée qu'en fait un français ce n'est pas nécessairement
02:28 défini par une couleur de peau.
02:29 Donc c'est ça qu'on utilise en fait dans le spectacle, c'est ça qui nous intéresse.
02:34 Vous utilisez l'humour aussi, il est très présent dans votre récit.
02:37 Et ce qui nous fait rire est souvent notre propre vécu d'ailleurs.
02:41 En fait ce qui est intéressant c'est comme on a la chance d'avoir un public qui est très,
02:46 vraiment ça va de 10 ans à 80 ans, donc c'est aussi des itinéraires très différents.
02:53 Alors c'est intéressant de voir que déjà on utilise des images, il y en a qui sont
02:56 très récentes et d'autres beaucoup moins, et donc on voit comment est-ce qu'un public
03:01 très jeune qui n'a pas connu par exemple un certain nombre de publicités peut rire
03:06 de ces trucs-là en les trouvant complètement absurdes et en les prenant au 15e degré parce
03:10 que pour eux c'est impossible qu'on fasse ça aujourd'hui, ça leur paraît étrange.
03:15 "Bouscou de carpi, c'est bon complément, je dis.
03:17 Superbe concrètement, oui il est superbe."
03:19 Donc c'est pas du tout le même rire que des gens qui ont connu ça, qui ont peut-être
03:24 pu rire à un sketch qu'on montre ou voilà.
03:28 "L'autre jour dans l'avion j'avais une petite faim, alors j'ai demandé la liste des passagers."
03:33 On a la chance que dans la salle même se produise un dialogue qui se fait par la façon
03:38 dont selon votre âge et ce que vous avez traversé vous n'allez pas du tout réagir
03:43 de la même façon aux mêmes choses.
03:44 Alors le spectacle Tania est mis en scène par Stéphane Funkinos, une personnalité
03:49 du cinéma, quelle est l'expérience que vous offrez au public ?
03:52 La pièce elle est organisée pour que vous soyez sans arrêt déplacé de vos évidences.
03:58 Donc elle fonctionne par étonnement successif, donc c'est plutôt ça en fait que j'adore
04:04 en fait, qui est intéressant à regarder, c'est comment tout le monde se dit "ah
04:07 bon ça c'est bien, ça c'est ce qu'il faut penser" puis d'un coup en fait c'est mis
04:10 en perspective avec autre chose, donc on se dit "ah non mais attends, peut-être que
04:13 c'est pas exactement ça, peut-être que là je croyais que j'étais parfaite, géniale,
04:17 angélique mais ah c'est pas ça".
04:19 Donc c'est ça qui est intéressant en fait, l'idée c'est qu'à la fin du spectacle
04:22 déjà vous ayez envie de parler à votre voisin pour dire "ah bon, attends, c'est
04:26 étrange" et puis surtout que chacun arrête de croire qu'il faut être un ange et que
04:30 c'est ça le sujet quoi.
04:32 Donc à la fin, si tout le monde a pu s'accepter dans sa complexité, c'est super quoi.
04:38 Rendez-vous demain à Romand pour "Assignation" votre spectacle.
04:43 Merci Tania de Montaigne.
04:45 A bientôt.
04:46 Bonne journée à vous.
04:47 Pour être nos invités, rendez-vous donc maintenant au 04 75 40 10 10, nos invités
04:51 demain soir, je le redis pour organiser votre agenda.
04:54 A Romand.
04:55 Exactement, c'est là que ça se passe, 04 75 40 10 10.
04:58 Monsieur, monsieur Patrice.
04:59 Merci.
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