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  • il y a 2 ans

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00:00 [Musique]
00:05 À un mois du Salon de l'agriculture, une partie du monde agricole était dans la rue.
00:10 Parmi les revendications, la baisse de revenus, multiplication des normes, concurrence déloyale.
00:15 Alors les agriculteurs ne veulent plus marcher sur la tête.
00:18 Voilà ce que l'on pouvait voir sur les tracteurs.
00:21 Alors est-il possible d'avoir un revenu décent lorsqu'on est agriculteur ?
00:24 Les consommateurs peuvent-ils changer la donne ?
00:27 On fait le point avec nos invités que je vous présente tout de suite.
00:30 Odile Canon, bonjour.
00:32 Bonjour.
00:32 Vous êtes éleveuse d'agneaux.
00:34 Et puis Quentin Coutard, bonjour.
00:36 Bonjour.
00:36 Éleveur de vaches allaitantes.
00:38 Alors on va faire le point justement, non pas sur cette crise,
00:41 mais plutôt sur les possibilités de changement avec vous.
00:44 Mais d'abord avec Léa.
00:46 On avait envie de faire une petite carte,
00:48 une sorte de météo de l'agriculture dans notre région,
00:50 parce que ce n'est pas tout à fait clair pour nous qui ne sommes pas agricultrices.
00:53 Léa, ça donne quoi ?
00:54 C'est ça, côté culture en centre-valle de Loire,
00:56 c'est les grandes cultures qui prédominent très largement.
00:59 On peut le voir sur la carte, c'est ce qui est en jaune.
01:02 D'ailleurs, à elle seule, elle représente 70% de la surface agricole utile
01:06 de la région centre-valle de Loire.
01:08 Concrètement, les grandes cultures, qu'est-ce que c'est ?
01:10 Ce sont les champs exploités pour la production de céréales,
01:13 d'oléagineux ou de légumineuses, par exemple,
01:16 que ce soit pour l'homme ou pour nourrir les élevages.
01:18 À côté de ça, si on zoom en Indre-et-Loire et dans le Loir-et-Cher,
01:22 on cultive évidemment des vignes, c'est ce qui est en violet.
01:25 On peut voir le chinonnet, tout ce qui correspond aux appellations
01:27 à hausser Touraine, Vouvray, Mont-Louis, Chauverny et j'en passe.
01:30 Bien sûr, ces cartes montrent les cultures majoritaires dans chaque zone,
01:34 ce n'est pas exclusif, à savoir que 60% du territoire
01:38 de la région centre-valle de Loire est composé de surface agricole.
01:41 Et puis, il y a aussi l'élevage, on a quand même deux éleveurs
01:42 qui sont avec nous en plateau.
01:44 L'élevage n'est pas en reste, Léa.
01:45 C'est ça, côté élevage, je vais parler principalement de l'Indre-et-Loire.
01:49 On est les premiers producteurs de lait de la région.
01:51 On produit 30% de la production de lait du centre-valle de Loire.
01:55 Après les vaches laitières viennent les Caprins.
01:57 Pour leur lait aussi, évidemment, le fromage,
01:59 l'appellation Sainte-Mère-de-Touraine qu'on ne présente plus.
02:01 Et enfin, on retrouve les bovins viande au global sur le département.
02:05 On compte en 2020 plus de 3600 exploitations agricoles.
02:09 Et parmi les bovins, il y a ceux de Quentin.
02:12 Quentin, vous avez 22 ans, vous faites partie des 1%
02:15 des agriculteurs en France qui ont moins de 25 ans.
02:18 Vous élevez des vaches à Savigny-sur-Latent.
02:21 Ce n'est pas du tout une tradition familiale ?
02:22 - Ah non, pas du tout. Je me suis installé hors cadre familial.
02:25 - D'accord. Que faisaient vos parents ? Que font vos parents ?
02:26 - Ma mère travaille dans une grande surface et mon père est cariste dans une usine.
02:31 - D'accord. Et d'où vient cette passion, en tout cas,
02:34 qui se transforme aujourd'hui en métier ?
02:35 Vous êtes en train de vous installer, c'est ça ?
02:37 - Oui, je suis installé sur une petite partie.
02:39 Et là, j'attends pour m'agrandir ou que je sois salarié.
02:42 Je vais reprendre l'exploitation dans 2-3 ans.
02:44 - D'accord. Et cette passion, donc, ça vient de l'élevage de vaches à laitantes.
02:48 - Voilà, c'est venu parce que quand j'étais enfant,
02:50 j'aimais bien aller me promener à la ferme, tout ça, et puis ça a resté.
02:53 Puis après, je me suis mis à travailler les saisons, faire...
02:58 Au début, c'était bricoler dans les champs, l'été, faire du fond, tout ça.
03:01 Puis après, l'élevage, ça m'a plu parce que je me suis aussi rendu compte
03:04 que dans un secteur comme chez nous, s'il n'y a pas d'élevage, on ne gagne pas de sous.
03:07 - Ça, c'est sûr.
03:08 - Et puis ce qu'on fait, si on ne le fait pas avec passion, ça ne marchera jamais.
03:12 - Et alors, vous êtes mobilisé il y a quelques jours.
03:14 On s'est rencontrés sur le parking d'un supermarché
03:17 avec d'autres collègues qui font partie de votre secteur.
03:21 Vous avez bloqué un supermarché de Tournor.
03:25 L'objectif, c'était de dénoncer la concurrence des loyers.
03:28 J'ai envie de comprendre de quoi vous parlez quand vous dites
03:31 ce qu'il y a dans les supermarchés.
03:33 Nous, on n'est pas... On ne peut pas concurrencer, en fait.
03:37 Qu'est-ce qui fait que vous étiez la semaine dernière sur le parking de ce supermarché ?
03:41 - En fait, ce qu'on veut faire entendre, c'est qu'on retrouve
03:45 beaucoup de produits étrangers, déjà, dans les grandes surfaces.
03:47 Et ça, déjà, quand les gens, ce qu'ils achètent de l'étranger,
03:51 ils ne vont pas acheter un produit français.
03:53 Ce qu'ils vont manger qui vient de l'étranger,
03:55 c'est encore un produit qu'on ne va pas vendre, nous.
03:57 Et puis, ce qu'il faut parler aussi, c'est surtout le partage des marges.
04:00 Nous, on ne comprend pas.
04:01 Enfin, on est en ce moment, c'est une période qui va quand même...
04:05 Ça ne va pas bien, mais bon, on arrive à vendre des vaches
04:07 quand même à 5, 5,10 euros à la carcasse.
04:10 Par contre, on le retrouve en grande surface à 45 euros le kilo, admettons.
04:12 - Qui se sert alors sur cette marge ?
04:14 - Ah bah voilà, alors on va discuter avec le directeur du magasin.
04:17 Il va dire "Nous, on n'y est pour rien, et c'est la centrale d'achat".
04:20 Tu vas discuter avec la centrale d'achat, ils vont dire
04:21 "C'est le directeur du magasin qui fait ses prix".
04:24 Et puis après, quand tu vas plus loin dans le discours,
04:25 bah finalement, c'est le groupe, pour ne pas citer,
04:28 mais c'est le grand groupe qui dit qu'il faut qu'on marge à plus de 10%
04:32 ou à plus de 15%, ça dépend, parce qu'on a été bloqué au silo au Champs-Ensyres,
04:36 donc on a discuté avec deux enseignes, quoi.
04:39 Et donc, ils vont dire, il y en a un qui dit "C'est la centrale d'achat",
04:41 et après c'est le grand groupe, au final, ils se jettent tous la balle.
04:44 Sauf qu'au final, c'est nous qui sommes impactés, parce qu'on ne vend pas plus cher.
04:48 - Aujourd'hui, les gens qui font votre métier, qui élèvent des vaches allaitantes,
04:51 enfin, entre autres, ne gagnent pas suffisamment leur vie,
04:54 c'est-à-dire qu'ils ne vendent pas leurs animaux au prix ?
04:58 - Ah bah non, pour le temps passé, les aliments donnés, non, c'est pas possible.
05:04 Mais ça ne joue pas à beaucoup d'argent.
05:07 Et ce qu'il faut entendre, c'est qu'on essaye de leur dire,
05:08 si ce n'était que 50 centimes au kilo, ça changerait tout pour nous.
05:12 - Ça changerait quelque chose pour vous ?
05:13 - Oui, mais ils ne veulent pas le comprendre.
05:16 - Alors justement, on a tendu le micro aux clients de ce supermarché,
05:20 on écoute leurs réactions.
05:22 - C'est peut-être pas mieux que les ronds-points,
05:24 mais ça empêche les gens de venir et je trouve que c'est une bonne initiative.
05:27 - Parce que quand on voit ce qu'on achète, c'est même plus français.
05:31 - Je suis descendu de voiture pour leur dire que je les remerciais
05:35 d'avoir bloqué ce centre commercial parce que je suis venu samedi
05:39 et dans l'entrée du centre commercial, juste devant,
05:43 c'était marqué "des fraises d'Egypte".
05:45 Et moi, ça m'a choqué vraiment beaucoup en disant,
05:48 "ils se moquent du monde, ces magasins".
05:51 - Ils se moquent du monde, ces magasins.
05:54 Quelle réaction vous avez peut-être, Odile, justement, sur ces clients
05:58 qui sont là pour soutenir et en même temps qui font leur course,
06:01 finalement, aussi dans les grandes surfaces ?
06:03 Il y a le pouvoir d'achat et là, il y a l'inflation.
06:05 Qu'est-ce que vous pensez des réactions des gens ?
06:08 - Moi, je ne suis pas là pour juger les comportements,
06:11 mais après, en France, on est dans un système où 80% des gens
06:17 font leur course dans des grandes surfaces.
06:18 Donc ça, on ne peut pas nier qu'elles sont là.
06:20 Mais justement, c'est elles qui proposent les produits à 85% des gens.
06:26 Donc la faute, elle n'est pas à rejeter sur les consommateurs.
06:30 Elle est quand même du côté des grandes surfaces qui, eux, proposent les produits.
06:33 Donc s'ils veulent jouer le jeu, aller dans le sens d'une animation française,
06:39 c'est à eux qu'il faut s'en prendre, notre guillemet, pas aux consommateurs.
06:43 - Alors ces derniers jours, il y a eu plusieurs opérations
06:45 de la part des agriculteurs, des opérations où on vient vérifier les étiquettes.
06:49 C'était le cas il y a quelques jours dans un supermarché de la ville O'Dam,
06:53 mais également à Loche, également à Chinon.
06:55 Quel est le principe, finalement, de ces opérations ?
06:58 À quoi ça sert ?
06:59 Qu'est-ce que vous faites, finalement, quand vous allez vérifier les étiquettes, Quentin ?
07:03 - Bah donc, ils vérifient surtout l'explication de l'étiquette.
07:06 Parce qu'il y a aussi beaucoup de choses qu'on a remarquées.
07:09 C'est qu'il y a marqué souvent "made in France", mettons,
07:12 ou "poulet français", souvent, pour ne pas citer de marque.
07:15 Il y a marqué "poulet français", mais au final, il est juste emballé en France.
07:18 - D'accord. - Donc ça, c'est quand même grave.
07:20 Moi, je trouve qu'il y a quand même...
07:22 En fait, le produit... Ce qui nous a beaucoup choqués,
07:25 c'est que l'autre jour, il y avait un poulet, là, origine Espagne, élevé...
07:31 Non, abattu en Belgique et transformé en France.
07:33 Et c'est un produit qui est vendu français.
07:36 Mais les gens, ils voyaient le drapeau avec le poulet, ils vont le prendre.
07:38 - C'est un indicateur, voilà, on réfléchit pas trop, en même temps.
07:40 - Mais les gens, il faut les comprendre aussi.
07:41 Les gens, quand ils vont faire leurs courses à 18h, le soir,
07:44 ils ont leur journée de travail dans les pattes, voilà.
07:47 Donc ils ont pas... Moi, je les comprends, les gens.
07:49 Ils vont pas regarder l'étiquette et tout ça. Qu'est-ce qu'il y a ?
07:51 - Bilan des courses, il y a plusieurs supermarchés qui ont été...
07:56 Enfin, auxquels vous avez rendu visite.
07:58 - Est-ce que vous avez vu beaucoup de produits, justement, j'allais dire, trompeurs ?
08:02 - Ah oui. - Oui ?
08:03 - Ah oui, oui, beaucoup, beaucoup.
08:05 Notamment dans tout...
08:06 A Auchan, on a rempli 3 caddies.
08:09 3 caddies de produits étrangers, on a arrêté,
08:11 parce que sinon, il y avait plus rien dans le rayon.
08:13 C'est dans le rayon charcuterie, boucherie, n'importe quoi.
08:15 Non, mais on a vu des trucs...
08:16 Puis il y a des prix, c'est impossible.
08:19 Je sais pas, il y a des promos...
08:20 Bah, il y avait des promos à -50 %, bon, ça va être interdit, ça, bientôt, là.
08:25 Mais oui, on peut pas gagner d'argent.
08:27 Notamment chez Leclerc, à Tourneur, j'ai plus de produits en tête.
08:31 Mais ils vendaient 11 euros du kilo, c'est impossible, mais c'était pas français.
08:35 Donc il y a trop de concurrence par rapport...
08:38 Et il y a aussi le fait que nous, on a beaucoup plus de charges à produire
08:41 qu'un pays étranger, parce qu'on est toujours...
08:43 Ce qui est là, c'est qu'en France, il faut toujours être plus blanc que blanc.
08:45 - C'est-à-dire, on a envie de comprendre, vous dites,
08:47 il y a beaucoup trop de normes par rapport aux autres pays.
08:49 On nous laisse pas travailler normalement.
08:52 On nous prend trop de temps, aussi.
08:53 - Bah oui, on nous prend du temps, il y a tout le temps des contrôles.
08:56 Enfin, je sais pas où on dit, mais il y a toujours...
08:58 J'ai pas d'exemple à donner par rapport à l'élevage,
09:00 mais dans l'administration, il y a toujours...
09:03 Il faut remplir 15 000 papiers pour faire une demande.
09:06 Je vois le certifito, cette année, il a fallu faire le CSP, le certifito.
09:10 Enfin, il y a toujours un truc qui...
09:12 - C'est trop, en fait ?
09:13 - C'est trop, et puis on nous a supprimé je ne sais combien de matières actives
09:15 par rapport aux produits phytos.
09:17 - Ça veut dire quoi, ça ? Supprimer des matières actives ?
09:19 - Bah, c'est des produits phytos qui ont disparu.
09:21 On a plus le droit d'employer.
09:22 - C'est des molécules, quoi.
09:23 - C'est des molécules, on a dit.
09:25 Elles sont trop... Enfin, on arrête de...
09:26 - Trop fortes ?
09:27 - Enfin, trop fortes.
09:28 Elles ont un impact, on arrête.
09:30 Sauf qu'elles répondaient à...
09:31 - Un besoin ?
09:32 - Une solution, un besoin, et qu'il n'y a pas d'alternative, quoi.
09:35 - Il n'y a pas d'alternative.
09:36 - En fait, je pense qu'on peut pas dire que les acteurs sont contre...
09:39 Contre les normes, mais c'est au moins qu'il y ait une solution, quoi.
09:43 - Qu'elles soient applicables.
09:44 - Et s'il y a le revenu qui est derrière,
09:46 je pense que les acteurs de France sont prêts à passer en bio,
09:50 en exagérant, si on leur garantit qu'il y aura un revenu
09:53 et qu'ils sont capables de continuer à produire encore, quoi.
09:55 Enfin, je pense que...
09:57 - Est-ce que parmi vos collègues agriculteurs, beaucoup...
10:00 Alors, en France, c'est le cas, beaucoup vivent carrément
10:03 au niveau du... En dessous du seuil de pauvreté.
10:04 Il y a des agriculteurs pauvres en Indre-et-Loire ?
10:07 - Ah bah oui.
10:08 - Oui ?
10:08 - Bah oui.
10:09 - Il y en a, après.
10:10 - C'est certain.
10:11 - Plutôt dans quel domaine ?
10:12 Est-ce qu'il y a des filières agricoles
10:15 qui sont encore plus touchées par cette précarité ?
10:17 - Bah, c'est les éleveurs.
10:20 - Oui.
10:20 - Beaucoup.
10:20 - Et on sait que c'est plutôt en vaches aléantes et en moutons.
10:23 - Alors, on a des vaches aléantes et des moutons touchés.
10:26 - Alors, voilà.
10:26 Moi, je ne veux pas parler au nom de tout le monde,
10:28 mais de toute façon, attention,
10:30 il y a une grande variabilité de revenus.
10:32 Même au sein d'une filière, il y a une grande variabilité de revenus.
10:36 Mais à l'échelle statistique en France,
10:38 les écarts de revenus, ils vont de 1 à 10 de mémoire.
10:42 Et c'est vrai que, dans le bas de l'échelle,
10:44 ce sont les éleveurs, enfin, ces vaches aléantes,
10:46 Auvin, Caprin, qui sont plus...
10:49 Qui sont aussi dans des zones, en général,
10:50 qui sont plus pauvres au niveau du sol.
10:52 Enfin, si je prends chez Quentin, c'est plutôt du sable.
10:54 - Ah bah oui.
10:55 - On ne peut pas faire de blé...
10:57 - Facilement.
10:58 - Facilement, donc.
10:59 On va partir chez vous, justement, Odile.
11:01 Chez vous, c'est à Chemillers-sur-Dame.
11:03 Vous élevez, je crois, 700 brebis avec votre époux et puis votre équipe.
11:09 Votre équipe s'appelle la Ferme du Touche-Lyon.
11:12 Vous faites de la vente directe.
11:13 Et puis, vous avez trouvé aussi une solution pour gagner votre vie.
11:17 Et puis, pour vendre, j'allais dire, à un prix juste,
11:19 à un prix qui vous convient, en tout cas.
11:21 Votre marchandise, vous la proposez dans un magasin de producteurs.
11:25 C'est à Saint-Cyr-sur-Loire.
11:27 Un magasin qui vous appartient, à vous et à d'autres agriculteurs.
11:32 C'est un magasin de vente directe.
11:33 Expliquez-nous comment l'idée a germé.
11:35 Vous êtes propriétaire de ce magasin qu'on voit là, en ce moment.
11:37 - Voilà, donc on est 14 copropriétaires, on va dire.
11:41 Donc, l'idée est venue...
11:43 Il se trouve que je suis déjà dans un magasin de producteurs
11:45 à Chambray-les-Tours, à La Charette.
11:47 Et en fait, au nord de Tours, il n'y avait pas de magasin de producteurs.
11:49 Donc, au départ, ça a été initié par la Chambre d'agriculture d'Indre-et-Loire,
11:54 qui a rassemblé les personnes intéressées.
11:57 Il faut savoir que ce projet a duré 5 ans.
11:59 Ça a duré 5 ans de cheminement avant l'ouverture du magasin.
12:02 Et donc, le principe, c'est qu'on est en société.
12:08 Et puis, ce magasin nous appartient, on est copropriétaires.
12:11 Et donc, notre marchandise nous appartient,
12:14 du moment où elle part de la ferme jusqu'au panier du consommateur.
12:17 Le magasin n'achète pas nos produits pour les revendre.
12:21 Il nous permet de vendre notre produit en direct.
12:25 - Il n'y a donc pas cette intermédiaire, là où le bas blesse dans la grande distribution, par exemple ?
12:30 - Donc, en fait, nous, on va vendre à travers le magasin
12:34 et on va laisser une partie du chiffre d'affaires qu'on fait,
12:37 on va laisser dans le magasin, qui va couvrir les charges de personnel.
12:40 - Oui, vous avez des salariés dans l'équipe ?
12:41 - Des salariés, on a 5 salariés.
12:43 On a l'allocation du bâtiment.
12:45 Et puis, surtout, pour nous qui venons de démarrer, le remboursement de l'emprunt.
12:48 - Oui, justement, c'est un investissement qui est important de la part des uns des autres.
12:51 C'est un beau magasin, on peut le dire.
12:54 Pour lequel, physiquement aussi, vous avez des permanences,
12:56 c'est-à-dire, vous tenez le magasin de temps en temps, plusieurs fois par mois, en tout cas.
12:59 Vous êtes présents, chaque agriculteur se relève.
13:01 - Il y a toujours un agriculteur dans le magasin.
13:03 - Quel est l'investissement financier, l'effort financier pour ce projet ?
13:08 - Alors, il y a l'effort financier et l'effort humain.
13:11 Donc, l'effort financier, nous, c'est un projet de 1 million d'euros.
13:14 - Oui.
13:14 - Donc, bien sûr qu'on a fait appel à de l'emprunt bancaire, bien sûr,
13:17 parce qu'on n'a pas tous 1 million d'euros, enfin, divisé par 14 à mettre.
13:23 Donc, on a quand même mis chacun du capital social dans la société.
13:27 Mais donc, l'emprunt, c'est une charge importante.
13:29 Et puis, il ne faut pas aussi minimiser le temps qu'on a passé.
13:32 Je vous parlais de 5 années de réunion, vous voyez, 2 fois par mois.
13:36 Donc, 2 fois par mois pendant 5 ans, c'est aussi beaucoup de temps...
13:38 - C'est un pari sur l'avenir, aussi. - Oui, oui.
13:40 - Ça vous permet de fixer vos prix.
13:42 C'est-à-dire que vous, en concertation avec vos collègues copropriétaires du magasin,
13:45 vous pouvez vendre vos agneaux au prix... à un prix décent.
13:50 - Tout à fait. C'est-à-dire que c'est nous qui fixons le prix de notre...
13:53 Donc, moi, je vais parler de ma viande d'agneau, de la viande d'agneau.
13:56 Alors, ça ne fait pas des miracles, hein.
13:58 Mais moi, en fait, ça m'assure un revenu fixe.
14:01 - Quand on dit que c'est... - Je ne suis pas liée aux aléas du cours de l'agneau.
14:03 - Certains disent... Moi, ça me ferait plaisir d'acheter des produits de qualité de Touraine.
14:08 Seulement, c'est beaucoup plus cher. Qu'est-ce que vous dites aux...
14:10 - Eh ben, je dis que c'est faux. - C'est sérieux, ce...
14:13 - On fait des relevés de prix. - Oui.
14:14 - On fait des relevés de prix parce que, ben, il faut quand même...
14:16 Nous, on a besoin de savoir ce qui se pratique autour. C'est normal.
14:20 Donc, on est dans les mêmes niveaux de prix, à qualité égale.
14:23 Parce que, comme disait Quentin, si on compare un agneau à un gigot d'agneau néo-zélandais congelé,
14:28 c'est sûr qu'on va être plus cher. Mais à qualité égale, on est dans les mêmes prix.
14:31 - J'ai 30 secondes pour dire... Alors, et si ça marche, pourquoi on ne le fait pas partout ?
14:35 Pourquoi Quentin n'ouvre pas avec d'autres collègues agriculteurs un magasin de producteurs ?
14:39 Pourquoi il n'y en a pas plus, même s'il y en a déjà pas mal, à Amboise, à Chambray, à Joué-les-Tours et puis à Saint-Cyr ?
14:46 - D'abord parce que toute la population n'est pas... N'est pas prête à aller faire ses achats.
14:51 Et puis qu'on a aussi ces grandes ag... Nous, la majorité de la population française est dans des grandes agglomérations.
14:56 Paris, Lyon, Toulouse. Et concrètement, il n'y a pas autour de ces villas toutes les fermes qu'il y a en Indre-et-Loire.
15:04 On a vraiment une chance... - Donc c'est possible. C'est un modèle qui est quand même duplicable en Indre-et-Loire,
15:08 parce qu'on a de la polyculture, on a plein de types d'agriculture différentes, comme les bélères.
15:12 - Voilà. Après, est-ce que les consommateurs... Il y a assez de pourcentage de consommateurs prêts à aller dans ces magasins ?
15:17 Ça, c'est encore moins sûr. - Oui, c'est ça.
15:19 - Eh bien, la suite dans un prochain épisode. On reviendra au magasin de producteurs dans quelques années.
15:24 Merci beaucoup, en tout cas, Quentin, d'être venu sur le plateau. Merci beaucoup, Odile et Léa.
15:28 Le Grand Talk, c'est fini pour aujourd'hui. Vous le savez, pour revoir cette émission, vous allez sur notre site Internet.
15:33 C'est tvtour.fr. Et nous, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau Grand Talk. Salut !
15:38 (Générique)
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