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  • il y a 2 ans
A l’occasion de la Journée Nationale pour la Prévention du Suicide en France hexagonale et Outre-Mer et des Journées Départementales dédiées au Centre-Val de Loire, rencontre avec les représentants des dispositifs : Réseau VIES 37, VigilanS Centre-Val de Loire, 3114 Centre-Val de Loire, Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) et les urgences psychiatriques.
Une vidéo de la correspondance territoriale UNPS au Centre-Val de Loire.

Liens utiles / Ressources mentionnées
- Réseau VIES 37 http://vies37.psrc.fr/
- VigilanS Centre-Val de Loirehttps://www.chu-tours.fr/wp-content/uploads/2021/12/CdP-2021-VIGILANS.pdf
- 3114 Centre-Val de Loire https://3114.fr
- CUMP 37 https://www.sante.fr/centre-hospitalier-regional-chr/chambray-les-tours/chru-trousseau-chambray/cellule-durgence-medico-psychologique-cump-37
- CHRU Tours https://www.chu-tours.fr/

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Transcription
00:00 Merci de nous recevoir dans cet espace régional pour la prévention du suicide
00:06 qui rassemble des acteurs qui oeuvrent, interagissent et s'engagent au quotidien pour la prévention du suicide.
00:14 Nous sommes le 5 février 2024, journée nationale pour la prévention du suicide en France, hexagonale et Outre-mer.
00:24 En centre-valle de Loire, c'est également une période particulière, celle des journées départementales de la prévention du suicide partées par le réseau V37.
00:34 Pour toutes les personnes qui nous écoutent, pourriez-vous brièvement présenter vos dispositifs ?
00:42 Depuis une trentaine d'années, l'Union Nationale essaye de faire remonter un petit peu les avis des territoires
00:51 sur ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas pour la prévention du suicide au plus près des populations,
00:59 vers les instances nationales, essentiellement le ministère de la Santé, mais également les ARS et d'autres organisations nationales.
01:10 Puis, elle essaie de faire redescendre aussi des avis et décisions nationales, dans le cadre notamment de la stratégie nationale de prévention du suicide.
01:22 Régulièrement, on nous interroge sur certains points et on voit auprès de nos adhérents comment les choses se présentent.
01:30 Plus organisée depuis le départ, puisque ça avait été l'origine, la journée nationale de prévention du suicide du 5 février,
01:38 c'est l'Union Nationale qui décide le thème "Tous les gens" depuis la création, troisième journée nationale en France.
01:45 Le 31-14, c'est le dernier nez, dernier outil du kit de stratégie nationale de prévention du suicide, qui est déjà sur le territoire français,
01:57 puisque ouvert en octobre 2021, le 31-14 a pu aider près d'un demi-million de personnes.
02:06 Il arrive en région centre-val de Loire avec une ouverture de notre ligne au grand public le 26 février.
02:14 C'est un numéro de téléphone que vous pouvez composer quand vous êtes en détresse et que vous avez des idées suicidaires,
02:20 quand vous êtes inquiet pour un proche qui a des idées suicidaires, lorsque vous êtes endeuillé par suicide,
02:28 ou si vous êtes un professionnel de santé et que vous avez besoin de vous renseigner sur la question du suicide.
02:34 En fait, c'est un numéro qu'on pourrait voir comme une prévention universelle du suicide
02:41 et qui s'adresse à toute personne concernée de près ou de loin par la question du suicide.
02:46 Notre équipe est constituée de préventeurs du suicide, formés à la prévention du suicide.
02:52 Et il y a également, pour accompagner cette équipe et faire cette action sur le territoire, une chargée de réseau.
02:59 On a un cadre et on est trois psychiatres dans ce dispositif.
03:03 On sera bientôt rejoints sur la fin de l'année par une assistance sociale.
03:07 C'est une ligne qui est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
03:12 L'appel est gratuit et confidentiel.
03:17 Alors qu'est-ce que c'est les cellules d'urgence médico-psychologiques ?
03:20 Ce sont des cellules, elles appartiennent à un réseau national,
03:23 qui a été développée au décours des attentats de 1995, la vague d'attentats de 1995.
03:30 L'objectif des cumes, c'est de pouvoir prendre en charge les personnes impliquées dans des événements potentiellement traumatiques,
03:39 c'est-à-dire qui ont été confrontées soit à une mort violente, soit à leur propre mort ou la mort d'un proche,
03:45 soit à un risque grave pour leur intégrité physique.
03:48 Et ces équipes des cellules d'urgence médico-psychologiques vont intervenir pour essayer de désamorcer,
03:54 de limiter le risque de séquelle de l'événement traumatique au décours.
03:58 Ces cellules d'urgence médico-psychologiques, elles sont composées de volontaires.
04:02 Et depuis peu, pour l'Adrienoire, on a la chance de pouvoir avoir enfin du personnel permanent,
04:09 qui va nous permettre également d'ouvrir une antenne de consultation auprès des impliqués,
04:17 au niveau micro-social, c'est-à-dire un peu plus familial,
04:21 souvent lourdement impacté justement dans une traumatique suicidaire, au regard des dernières consultations qu'on a pu avoir.
04:27 Par rapport à la problématique du suicide, on va plutôt se positionner sur l'angle de post-dévention,
04:31 puisque rapidement sur une intervention, les institutions sont tout de suite elles-mêmes demandées
04:36 comment elles doivent se comporter, comment elles doivent agir.
04:39 Et en fait, le souci des partenaires auprès desquels on intervient est souvent
04:45 comment évite-t-on une contagion, comment évite-t-on une répétition de passage à l'acte suicidaire
04:52 sur le lieu et l'institution qui vient d'être frappée.
04:56 Et là, la CUPE va vraiment avoir un rôle de conseil pour les aider justement, en tout cas au moment de la crise,
05:05 à pouvoir avoir le discours le plus clair et le plus contenant pour les personnes de l'institution.
05:14 Après, le 31-14 prend la suite, normalement, c'est cette partie conseil,
05:19 mais dans l'aigu, c'est la CUPE qui va faire ça.
05:23 Et puis, il y a une post-dévention qui va être un peu plus individuelle,
05:27 puisque lorsqu'on va prendre en charge les personnes qui ont été exposées,
05:31 on a une post-dévention qui est directe, c'est-à-dire qu'on sait tous qu'on peut avoir ces crises suicidaires psychotraumatiques,
05:38 et là, il faut savoir les repérer et tout de suite les prendre en charge,
05:41 protéger la personne et la rentrer, s'il le faut, dans un parcours de soins
05:45 pour la protéger d'un possible risque suicidaire.
05:49 Et puis, on a une post-dévention qui est un petit peu plus endifférée,
05:53 un petit peu plus indirecte, en agissant plutôt sur la mission, le cœur des missions des CUPE,
06:00 c'est-à-dire de prévenir le stress post-traumatique.
06:03 Or, on sait que le stress post-traumatique est lié à un fort risque derrière de dépression
06:08 et de passage à l'acte suicidaire au décours, une fois qu'il s'est installé.
06:11 Les urgences psychiatriques, en fait, sont d'abord un lieu physique,
06:14 c'est-à-dire que c'est localisé sur le site de Trousseau, du CIFU-Tour.
06:21 On n'est pas rattaché sur le plan administratif, mais accolé aux urgences générales.
06:25 C'est une unité, en fait, qui va remplir plusieurs missions,
06:30 et l'une des missions principales des urgences psychiatriques, c'est vraiment de répondre
06:34 et de prendre en charge des patients qui sont en situation de crise suicidaire.
06:38 C'est un peu plus de 50% des motifs d'admission aux urgences psychiatriques.
06:42 Et ces patients qui sont en situation de crise suicidaire, on va les prendre en charge vraiment
06:46 à la nuit de la crise, dans l'objectif d'abraser le plus rapidement possible, en fait,
06:50 les symptômes que peuvent présenter ces patients, de pouvoir réaliser une évaluation initiale,
06:56 les orienter de la façon la plus adéquate.
06:59 Au décours, en fait, de cette évaluation initiale, on pourra également leur proposer
07:03 une intervention intensive sur quelques heures, voire quelques jours parfois, jusqu'à 72 heures,
07:09 dans des lits d'hospitalisation de crise qui sont, en fait, rassachés
07:14 au service des urgences psychiatriques.
07:16 On va pouvoir également proposer à ces patients, au décours de leur passage aux urgences psychiatriques,
07:23 des consultations de post-urgence, très rapidement dans l'année, en tout cas très court après
07:29 leur passage aux urgences, dans l'objectif de poursuivre, en fait, cette prise en charge initiale,
07:36 et puis surtout d'assurer un relais sécurisé avec les soins ambulatoires,
07:41 notamment les CMP avec qui on peut travailler, avec vigilance aussi, en fait,
07:45 parce qu'on adresse ces patients qui ont pu être admis aux urgences psychiatriques
07:49 pour comportement suicidaire au service de vigilance.
07:53 Et ce qui est important, c'est de savoir que les patients qui nous sont adressés
07:57 le sont via souvent des services de secours, à peu près le 3114,
08:02 qui peut nous adresser les patients aux urgences, des patients qui sont, en fait, en crise suicidaire
08:07 et qui ont appelé cette ligne de secours.
08:11 En cas d'urgence.
08:12 En cas d'urgence.
08:13 Suicidaire, bien sûr.
08:14 Et puis, on travaille également avec le SAMU, beaucoup, et les pompiers ou les services de police,
08:21 en fait, qui peuvent être amenés à nous adresser les patients sur les urgences.
08:24 Notre objectif, il est surtout de faire du relais aux urgences avec les services de prise en charge
08:30 de la post-crise, de prévention de la réitération suicidaire,
08:34 mais également les différents intervenants, en fait, et les professionnels de la santé mentale,
08:39 que ce soit en ville, en libéral, mais aussi dans les CMP, dans les structures de soins ambulatoires.
08:45 Un patient qui est dans le dispositif de vigilance, c'est 38% de récidivons moins de conduite suicidaire
08:52 dans l'année de son inscription au dispositif.
08:54 Donc, c'est énorme.
08:55 C'est énorme.
08:56 C'est énorme.
08:57 Donc, en 2018, il a été décidé de rendre le dispositif de vigilance national avec un dispositif de vigilance
09:06 par région, voire deux, en fonction de la taille des régions.
09:09 Nous, en région centre Val-de-Loire, donc un dispositif de vigilance qui a été situé au Cerche-et-Rue de Tours.
09:16 L'équipe, nous, s'est constituée en avril 2021 et a ouvert aux premiers patients le 18 octobre 2021,
09:25 d'abord en André-Loire, et puis au cours de l'année 2022, ça a été développé sur chaque département de la région centre.
09:35 Et de zéro patient à la base, on est à peu près à 1 700 patients dans le dispositif aujourd'hui.
09:41 Tout patient qui a fait une tentative de suicide, quel que soit son âge, le plus jeune dans notre dispositif à 10 ans,
09:48 la personne la plus vieille, elle doit avoir 85 ou 87 ans.
09:52 Parallèlement à ce côté clinique, il y a le déploiement de vigilance sur la région centre.
09:57 En pratique, comment on fait ? On a pris contact avec nos collègues des différents services d'urgence psychiatrique de la région centre,
10:07 les services de crise, pour qu'ils incluent des patients dans le dispositif, qu'ils puissent nous donner des fiches.
10:13 Les centres qui n'ont pas encore inclus de patients, ils peuvent nous contacter au secrétariat,
10:19 pour nous faire suivre les demandes administratives.
10:22 Le réseau 837, qui est un réseau de santé départementale de prévention du suicide,
10:28 créé justement dans le département depuis 1997.
10:33 C'est un dispositif qui promeut une démarche globale de prévention,
10:39 qui consiste à organiser des temps d'information et de formation, de réflexion et d'échange entre professionnels et bénévoles.
10:50 A proposer une stratégie de communication dirigée vers des publics ciblés, vers le grand public.
10:59 A créer également, quand c'est nécessaire, des dispositifs d'aide aux personnes et aux intervenants,
11:09 quand ceux-ci n'existent pas encore sur le département.
11:13 Et enfin, aussi, à participer aux instances départementales régionales et nationales et internationales,
11:23 visant à développer la prévention du suicide d'une manière globale.
11:27 Un réseau qui regroupe des acteurs, des différentes structures du département.
11:31 Des établissements de soins, bien sûr, le CHR de Tours, les différents CHR du département,
11:39 mais aussi les cliniques privées, des associations, qui sont nombreuses dans le département,
11:45 et des institutions dans le département, qui sont l'éducation nationale, la police, la gendarmerie, la mutualité agricole.
11:55 Le réseau organise aussi des actions très spécifiques qui concernent la journée départementale de prévention du suicide,
12:04 la journée nationale en lien avec l'UNPS et la journée mondiale.
12:09 Le réseau met en place également différentes commissions départementales collaboratives.
12:16 Nous avons travaillé en 2019-2020 sur la question des acteurs visibles et des acteurs invisibles.
12:27 Comment pouvoir travailler ensemble, comment les reconnaître,
12:30 comment pouvoir mettre en place et collaborer pour, bien évidemment, la prévention du suicide.
12:38 Et l'équipe du CHRUS, d'Orléans-Tours, a mis en place ces actions de sensibilisation et de formation.
12:48 C'est en cours actuellement auprès des résidents dans les universités, et en particulier auprès de ces acteurs invisibles,
13:00 qui sont par exemple les gardiens de résidences universitaires ou les personnes qui entretiennent ces établissements
13:10 et qui sont appelées tous les jours à rencontrer les étudiants à un certain moment de la journée.
13:16 Donc l'année 2024 est celle du lien social, et plus précisément le lien social et la prévention partagée.
13:25 En quoi cette thématique croise-t-elle votre expertise sur le terrain ?
13:31 C'est une notion qui a été développée vraiment par l'UNPS justement,
13:37 mais dont le début de la mise en place, la réflexion s'est tenue à tour,
13:43 puisque en 2019 nous avions fait le séminaire annuel de l'UNPS au CHU.
13:51 Je pense qu'on est quelques-uns à penser qu'on ne pourra pas aller beaucoup plus loin,
13:56 parce qu'il y a beaucoup de choses qui ont été faites déjà,
13:59 si on ne modifie pas progressivement le regard qu'on a sur le fait suicidaire,
14:06 et donc sur ce que la prévention doit impliquer.
14:09 Il y a le côté, il y a la prise en charge du patient, après il y a la prise en charge de l'équipe,
14:14 après il y a le lien avec les services, il y a aussi le lien avec la région,
14:19 puis vigilance nationale, les équipes nationales, tout ça aussi ça fait une chaîne,
14:25 et ça c'est assez important pour les gens qui travaillent en tout cas dans vigilance,
14:31 c'est-à-dire qu'il y a du lien entre les équipes de vigilance bretonnes, lilloises,
14:37 il y a du lien entre les équipes, ça permet de partager aussi,
14:41 on est aussi dans la prévention du suicide pour les patients, pour les personnes qui travaillent.
14:47 Le chiffre 31-14, ce numéro il doit être partagé, et il doit être partagé par qui ?
14:52 Il doit être partagé entre citoyens, entre personnes, et ça il y a toute cette question du tabou.
14:58 Je ne me suis vraiment pas persuadée qu'on est tous concernés par la prévention du suicide,
15:02 et qu'il existe des compétences chez la plupart des gens,
15:07 et je parlais des acteurs invisibles, et je trouve ça très joli en fait comme mot.
15:12 Les personnes elles-mêmes, les proches, sont non pas des gens à qui on va rendre un service,
15:19 qu'on va écouter, qu'on va aider, mais ce sont des co-intervenants avec nous,
15:24 je crois qu'on avancera aussi dans notre concept de prévention partagée,
15:28 c'est le fait que les personnes intéressées sont des co-intervenants.
15:33 Si tu poses la question à quelqu'un qui n'a pas d'idée suicidaire, au mieux, il n'en tient pas compte.
15:38 Si tu poses la question à quelqu'un qui a des idées suicidaires, tu vas l'inciter peut-être à demander de l'aide.
15:45 Et puis j'entends aussi chez les gens, "ok j'ai posé la question, je fais quoi après ?"
15:50 "Qu'est-ce que tu fais après ?" "Je vais faire de la bulle, tu fais le 31-14, tu peux l'accompagner à faire le 31-14."
15:56 Et c'est ça la prévention partagée.
15:58 Dès que le lien se rensort, il y a une preventive du passage à l'acte suicidaire.
16:05 Et puis là, on rend hommage à Diorcane, c'est vraiment le cœur de cette conversation.
16:11 Si vous aviez à donner un message, en une phrase ou en un mot, pour la prévention du suicide, quel serait-il ?
16:20 Je dirais que ça marche, les chiffres nous ont montré que ça marchait.
16:25 J'incite tout le monde, mais vraiment tout le monde, à participer, à nous rencontrer à V37, pour continuer cette aventure commune et partagée.
16:38 Supprimer le tabou sur la maladie mentale.
16:40 Ensemble, on peut tout faire.
16:42 Face à la détresse, vous n'êtes pas seul.
16:45 La prévention du suicide, c'est l'affaire de tous, et puis en parler, c'est la première étape pour aller mieux.
16:52 La prévention du suicide, effectivement, c'est l'affaire de tous, et repose sur l'implication de tous.
16:59 [Musique]
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