00:00 Salut François Damiens, on va rembobiner ta carrière de 2024 à 2001.
00:03 Mélène Magritte, j'ai été nominé 9 fois et j'en ai eu, que je ne dise pas de bêtises, zéro.
00:09 Soulevant les marquises, en fait ça raconte l'histoire d'un acteur qui interprète le rôle de Jacques Brel.
00:18 En général je dis mise en abyme comme ça je retombe sur mes pattes.
00:21 J'essaie toujours de mettre un peu de moi dans les rôles que j'interprète.
00:29 Et en général je vais vers des scénarios qui racontent au moins un petit pan de ma vie.
00:35 En fait c'est le grand décart qui m'intéresse, c'est partir de quelqu'un qui humainement n'est pas une très belle personne
00:41 et essayer de l'humaniser pour qu'à la fin du film on ait envie de le prendre dans les bras.
00:45 Je pense que j'ai fait plus de rôles dramatiques que de comédies en fait.
00:48 Mais en fait évidemment on voit plus les comédies que les rôles dramatiques.
00:51 J'aime bien jouer des rôles durs et même pour faire de l'humour j'aime bien me baser sur des histoires
00:57 un peu douloureuses.
01:00 Enfin rire pour rire ça ne m'intéresse pas trop en fait.
01:02 Ça faisait longtemps que je voulais faire un film qui tournait autour des caméras cachées.
01:07 En fait ce qui m'intéressait c'était de pouvoir permettre aux spectateurs de rentrer dans un film
01:11 et s'y tenter qu'ils aient été touchés ou émus par le prisme d'acteur qui jouait à Laurent Assu dans le film.
01:17 Et donc c'était un processus de création assez compliqué entre guillemets
01:21 parce qu'on a tourné pendant plus d'un an.
01:23 On avait un petit scénario d'une trentaine de pages qui était une espèce d'ossature
01:27 et après ça on l'a fleuri grâce aux piégés.
01:31 Mais il fallait faire les pièges, trouver quel piégé on mettait dedans, voir ce que ça racontait.
01:36 On avait une trame mais il fallait que tout ça soit lié.
01:39 Pour que ça ressemble à un film.
01:40 Et puis il n'y a rien de plus jouissif à faire.
01:43 Quand on joue sur un film finalement à la fin de la journée on a joué une heure et demie deux heures.
01:48 Tandis que sur une caméra cachée on a joué sept-huit heures.
01:50 C'est une partie plaisir et puis c'est que de l'impro et puis c'est un sentiment de liberté total.
01:56 J'aimerais bien en refaire.
01:58 Là on va les repérer, on va voir si c'est faisable.
02:01 C'est vrai que c'est mon dernier gros succès.
02:05 Il avait fait plus de sept millions d'entrées.
02:09 En plus j'avais étudié le langage des signes en Belgique
02:12 et on s'est rendu compte à la fin quand on s'est confronté avec tous les acteurs et les actrices
02:16 que la langue des signes en Belgique n'était pas exactement la même qu'en France.
02:21 Il y avait des scènes où j'avais 80 signes, je ne sais plus comment on faisait.
02:25 Il y avait des trucs qui changeaient, on faisait ça alors qu'il fallait faire ça.
02:29 Une fois que c'est bien fossilisé, qu'il faut changer le truc, c'est fou.
02:34 Et puis je me suis rendu compte aussi qu'il fallait étudier les signes de l'autre aussi en fait.
02:37 Parce que sinon tu ne sais pas comment ça va t'en intervenir.
02:39 Une bière.
02:41 Après ça tu peux faire le tour du monde.
02:44 C'était beaucoup de travail au moment même mais c'était un vrai plaisir au niveau du jeu.
02:50 Et puis faire un film qui rend compte au public c'est toujours agréable.
02:53 On s'en est rendu compte dès le début en fait.
02:56 Quand ils ont sorti la bande d'annonce, je me rappelle,
02:58 Eric Lartignaud m'appelait, c'était un dimanche après-midi,
03:01 s'appelait toutes les heures et on voyait les millions de gens qui allaient voir la bande d'annonce.
03:05 Et puis je me suis dit "c'est particulier ce truc".
03:08 Je ne connais pas les chiffres mais il me dit "non non ça n'arrive pas souvent ça".
03:12 J'avais vu le premier Vendée Globe il y a 30 ans.
03:16 Je n'ai jamais imaginé faire ça un jour.
03:18 Le début de la course ce n'était pas évident.
03:21 D'ailleurs on devait partir dimanche, on est partis jeudi pour finir.
03:23 J'ai entendu Michel Desjoyeaux qui disait à Jean Le Cam
03:27 "on va prendre le chien dans le Gascogne".
03:30 Je me suis dit "ouf".
03:32 Eux ils disent ça c'est qu'à mon avis.
03:34 Et après 20 minutes de mer, Tanguy Lamotte me vomissait dessus.
03:39 Et j'ai dit "ouf".
03:42 Le goal de Gascogne c'était à ne pas tenir.
03:45 On n'allait pas aux toilettes si tu vois ce que je veux dire.
03:48 J'ai toujours fait de la voile.
03:50 J'ai commencé quand j'étais jeune à la Côte d'Azur.
03:53 Et puis vers 14 ans j'ai commencé au Glenand.
03:56 Et en fait je n'ai plus jamais arrêté.
03:58 J'en fais chaque année.
03:59 J'ai toujours aimé les courses océaniques.
04:02 Je vois régulièrement la Transat Jacques Vabre, la Route du Rhum, le Vendée Globe.
04:06 Dans le cadre d'une association, mécénat chirurgie cardiaque et initiative coeur,
04:12 chercher quelqu'un qui avait une image de façon à faire parler le projet.
04:17 Et puis j'ai été contacté par Franck Vallée.
04:19 On s'est rencontré et puis il m'a présenté Tanguy Lamotte, le skipper.
04:23 Et puis on a embarqué.
04:24 C'était incroyable.
04:25 Quand j'ai vu mon nom sur le bateau avec le drapeau belge, je me suis dit...
04:29 Avant dernier, on était 13, il y en a 4 qui ont abandonné.
04:33 On est passé devant le dernier sur la ligne.
04:36 Je crois qu'on avait 8 secondes d'écart entre les deux bateaux,
04:39 ce qui n'arrive jamais à part moi.
04:41 Après 22 jours en mer, avoir 8 secondes d'avance, c'est vrai que c'est...
04:44 Je me rappelle quand j'ai été nommé chevalier des arts d'LS.
04:48 Je vais dans ma boîte aux lettres et puis je vois une enveloppe en carton bien épaisse, bien rigide,
04:53 avec marqué "République française, ministère de la culture".
04:56 En fait, je devais appeler le ministère de la culture, c'était Frédéric Mitterrand.
05:00 On l'aurait décoré, mais je n'ai jamais appelé.
05:03 Je n'ai pas reçu le petit truc.
05:04 Tu l'as pas ?
05:05 Non, puisqu'il fallait l'appeler, je n'ai pas appelé.
05:07 Et puis la nomination au César, c'était rigolo, c'est une reconnaissance.
05:11 Et puis cette année-là, on m'a proposé de remettre un César aussi.
05:14 J'ai dit oui à tout.
05:16 Et puis les Magritte.
05:17 Mais les Magritte, j'ai été nominé 9 fois et j'en ai eu...
05:20 Que je ne dise pas de bêtises...
05:22 Zéro.
05:23 C'est comme le César.
05:26 Mais bon, ce n'est pas grave.
05:28 Je te dis la statut des Magritte n'est pas très belle.
05:30 Non, c'est plutôt les retours dans la rue qui m'intéressent.
05:34 Après ça, évidemment, ce n'est pas désagréable.
05:36 Mais je pense que ce n'est pas beaucoup plus facile.
05:39 Après, quand on a eu un César, je me rends compte que c'est un peu comme gagner au loto.
05:44 Tout le monde a envie de gagner au loto, mais ceux qui ont gagné, en général, ne le vivent pas spécialement bien.
05:48 Après ça, ça fait peur aux gens, parfois aux réalisateurs.
05:50 Ils disent "attends, je ne vais pas le prendre lui".
05:52 C'est parfois un faux cadeau.
05:55 C'est vrai que dans OSS, j'avais 3-4 jours de tournage.
05:58 L'autre, j'avais 10-15 jours.
06:00 Dans Dick Hanek ?
06:01 Non, mais c'était un film à petit budget.
06:04 Il s'était tourné assez rapidement.
06:05 Je me présente en deux mots, je suis Claudie Faucan.
06:07 Je suis photographe semi-professionnel.
06:10 On va en couper.
06:11 C'est vrai que ça a fait l'effet Null Bombe.
06:13 Malgré que Dick Hanek n'est pas très fort fonctionné au cinéma.
06:16 C'était plutôt en DVD sur les réseaux.
06:20 Et OSS, c'était le beige d'OSS.
06:23 On va boire un verre ?
06:25 On va pas au bar ?
06:27 C'est vrai que je repère les gens dans la rue.
06:29 Je sais de quel film ils vont me parler quand ils me voient.
06:31 Une dame de la soixantaine, ça va être La Mélicatesse.
06:35 En banlieue, ça va être Taxi 4.
06:38 2001.
06:41 J'ai commencé dans une petite caméra cachée qui passait dans les avions.
06:43 Qui durait une minute et qui était non sonore.
06:46 Ça s'appelait les "Just Killing" au Japon.
06:49 C'était un type qui trébuchait.
06:52 On filmait les réactions des gens et on les mettait en cascade.
06:54 C'était vendu à 150 chaînes dans le monde.
06:57 Dans les compagnies aériennes.
06:59 J'ai fait ça pendant 3 ans.
07:01 Et puis il y a eu une émission qui a été créée sur RTL TV en Belgique.
07:05 C'était la boîte de production pour laquelle je travaillais.
07:07 J'étais assistant de production sur l'émission.
07:09 J'ai commencé par des fausses interviews.
07:11 On m'a dit que j'étais la pale copie de Rafael Mezrahi.
07:13 Je me rappelle la première interview.
07:15 Pas la première, la deuxième.
07:17 Pas la première interview. Pas le premier article.
07:19 C'était l'animateur Jean-Michel Zeka qui faisait les caméras cachées.
07:22 Un jour, je lui parlais dans l'oreillette.
07:24 Il ne pataugeait pas, il n'était pas en forme.
07:26 Il a dit "Viens le faire toi".
07:28 J'ai essayé à me débrouiller.
07:30 Je faisais une caméra cachée sur les 5 dans l'émission.
07:33 Puis 2, puis 3, puis 4.
07:35 Et à la fin, je faisais toutes les émissions tout seul.
07:37 Je l'ai revendu à Canal+.
07:39 J'ai encore continué quelques années.
07:41 J'étais trop content. J'adorais faire ça.
07:43 C'était mon tout premier boulot.
07:45 On pouvait piéger le gouvernement belge.
07:47 On pouvait piéger tous les artistes qui avaient les en-têtes de la télévision.
07:50 RTL TV. Avec ça, on pouvait faire ce qu'on voulait.
07:52 C'est clairement plus difficile.
07:54 Avant, je pouvais piéger des BBC-teurs en Corse.
07:56 On faisait venir 7 BBC-teurs.
07:58 On pouvait en regarder 3.
07:59 Maintenant, sur les 7, il y en a peut-être 6 qui vont me reconnaître.
08:01 Et si la 7ème n'est pas marrante, on se retrouve avec rien du tout.
08:03 Maintenant, on peut faire des trucs.
08:05 J'en ai refait une il y a 2 ans.
08:07 En sortie de Covid. Dans une pharmacie.
08:09 Il y avait 400 personnes qui venaient par jour.
08:11 Là, tu peux encore te dire que tu vas avoir une trentaine qui...
08:13 Même en maquillé et grimé, tu gagnes 30 secondes.
08:17 Mais à un moment, tu finis toujours par te repérer avec l'accent, les mimiques.
08:23 Je ne suis pas sûr que j'arriverai à en refaire.
08:25 Vu que je ne l'ai plus fait depuis 10 ans.
08:27 Mais ça me ferait marrer d'y retourner, d'aller voir.
08:31 Et puis si ça ne marche pas, ça ne marche pas.
08:33 L'avantage, c'est que comme je l'ai fait moi-même,
08:35 si ça ne va pas, personne ne le saura.
08:37 C'est ça.
08:40 En mini !
08:41 [Musique]
Commentaires