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  • il y a 2 ans
Le chasseur-alpin Maxime Blasco est mort le 24 septembre 2021 près de Gossi au Mali dans le cadre de l'Opération Barkhane... Léa Salamé reçoit Dorothée Olliéric, grand reporter à France Télévisions, auteure de "Vie et mort d'un soldat d'élite - Maxime Blasco" (Litos). Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-interview-de-9h20/l-itw-de-9h20-du-jeudi-01-fevrier-2024-2876626

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Transcription
00:00 Léa, ce matin vous recevez une grande reporter !
00:02 Bonjour Dorothée Oliéric !
00:04 Bonjour Léa !
00:05 Merci d'être avec nous ce matin.
00:06 Si vous étiez un grand général, un livre et un adjectif, vous seriez quoi ?
00:10 Alors un grand général, je suis obligée de dire le général de Gaulle, tout ça parce qu'en Ukraine j'ai vraiment découvert ce que voulait dire le mot résistance.
00:18 Les résistants sont admirables, les hommes, les femmes qui se lèvent pour se battre et repousser leur ennemi.
00:23 C'est en Ukraine que vous l'avez découvert ?
00:26 Oui, la force de la résistance. C'est-à-dire que n'importe qui, un jeune, une femme, un vieux, tout le monde se lève pour résister.
00:36 Je vous jure que ça prend au trip, vraiment.
00:39 Un livre ?
00:40 Alors je dirais "L'art de la joie" de Goliarda Sapienza.
00:44 Et tous ceux qui ne l'ont pas lu ont la chance de découvrir le destin de Modesta,
00:49 qui dans les années Mussolini est une femme féministe avant l'heure, rebelle avant l'heure.
00:54 Je l'offre à tous mes amis, c'est une merveille. "L'art de la joie" de Goliarda Sapienza.
00:59 On a noté. Et si vous étiez un adjectif ?
01:01 Allez, on va dire passionné.
01:03 Oui, c'est pas mal.
01:04 "La guerre ce n'est pas l'acceptation du risque, ce n'est pas l'acceptation du combat, c'est à certaines heures pour le combattant l'acceptation pure et simple de la mort."
01:13 Cette phrase d'Antoine de Saint-Exupéry, vous l'avez mise en exergue de votre livre "Vie et mort d'un soldat d'élite",
01:20 Maxime Blasco qui sort en poche cette semaine. C'est ça la guerre, Dorothée O'Leary, que vous qui en avez couvert tellement, c'est accepter sa propre mort ?
01:29 C'est ça la guerre pour les militaires, oui. Parce qu'à tout moment, ils ont ça à l'esprit et ils n'en parlent jamais.
01:36 Et parfois c'est sur le terrain, en arrivant au Mali, qu'un sous-officier dit à ses hommes "les gars, pour ceux qui n'ont pas encore fait leur testament, il va falloir le faire".
01:45 Il y a un petit froid comme ça dans la salle. Mais il pense à ça, il pense à ceux qui sont tombés, il pense à ces cercueils qui passent sur le pont Alexandre III dès qu'un soldat meurt.
01:55 Et pourtant, il n'y a personne, il y a quelques anciens combattants et à la nation reconnaissante, je ne sais pas où ils sont.
02:03 C'est aussi pour ça que vous avez écrit ce "Destin" de Maxime Blasco, pour que le souvenir ne se perde pas de nos militaires français qui meurent sur les terrains de guerre.
02:13 C'est vrai, déjà c'est parce que j'ai rencontré Maxime Blasco et qu'il s'est passé quelque chose. On a vraiment sympathisé.
02:19 Et puis je me suis dit, effectivement, on voit les soldats quand ils sont morts sur le fond d'un drapeau bleu-blanc-rouge sur le pont Alexandre III.
02:26 Et personne n'est capable de citer le nom d'un soldat français mort au Mali. Donc je me suis dit, il faut raconter ce qu'il y a derrière.
02:32 Parce que moi, les militaires sur le terrain, ça fait plus de 25 ans que je les côtoie et je sais ce qu'ils font.
02:37 Et vous avez voulu mettre des mots là où c'est vrai, ce que vous dites est vrai. On voit les photos de la journée où il meurt sur les chaînes d'info avec un drapeau bleu-blanc-rouge.
02:46 Et voilà. Il ne se passe rien d'autre. Alors qu'il y a des histoires incroyables.
02:50 Alors qu'il y a des histoires. Et cette histoire incroyable que vous racontez, celle de Maxime Blasco, c'est le 52ème soldat français tué au Mali.
02:57 Je précise qu'il y en a eu 59 de soldats français tués au Mali en 9 ans d'opération Barkhane.
03:02 Il est mort à 34 ans. Et vous commencez le livre ainsi. « Char Maxime, jamais tu n'aurais imaginé un livre sur toi.
03:09 Un livre qui raconte ta vie et ta mort. Tu étais un soldat presque comme les autres, mais avec ce supplément d'âme qui fait que tu es devenu un modèle pour bien des jeunes militaires,
03:18 une icône pour tes camarades commandos et un exemple de bravoure pour les officiers français. »
03:23 Pourquoi Maxime Blasco ? C'est vrai, une fois de plus, vous avez tout fait.
03:28 Le Rwanda, la Bosnie, l'Afghanistan, la République Centrafricaine, l'Ukraine. Pourquoi celui-là vous a tellement marqué, Dorothée O'Leary ?
03:36 Pour ses faits d'armes. En 2019, il est au Mali. Il est tireur d'élite. Il est à l'arrière d'un hélicoptère Gazelle, porte ouverte.
03:45 Et ils se font prendre à partie. L'avion va se cracher. Il va sauver ses deux camarades, le pilote et le chef de bord.
03:54 Et un autre hélicoptère, alors qu'il est blessé, miraculeusement, il va les traîner. Il va les poser sur les patins, enfin il n'y a pas de patins,
04:03 mais sur le train d'atterrissage d'un hélicoptère de combat. Tout ça sous les tirs. Et c'est un film vraiment de guerre à l'américaine.
04:11 Avec un courage inouï. Et les deux hommes sont accrochés sur les patins. Ils s'accrochent sur la carlingue. Ils départent, ils partent sous le feu.
04:20 Et dans un calme, dans un courage, il aurait pu se barrer et laisser tomber ses potes. Mais il m'a dit "jamais j'aurais pu continuer à vivre".
04:27 Il y a un sens de l'honneur, un engagement qui est... qu'on ne rencontre pas dans le monde civil. Moi, je ne suis pas militaire, mais je vois ce qu'ils font.
04:35 Ce sauvetage miraculeux, vous l'avez documenté. Vous en avez fait un documentaire qui est passé sur France Depuis.
04:41 Ça vous a donné envie d'écrire ce livre qui est paru il y a deux ans au Rocher et qui apparaît aujourd'hui en poche.
04:46 Et dans ce documentaire, on l'écoute. On va l'écouter, Maxime Blasco. On va écouter sa voix qui raconte, effectivement, qu'il pensait que c'était fini, qu'il allait mourir là.
04:56 À ce moment-là, j'étais encore un peu dehors, en train de tirer les pieds sur le patin.
05:02 Et à ce moment-là, quand on commence à s'éloigner, approcher du sol, je rentre bien les jambes dedans et je m'accroche au siège du chef de bord.
05:12 On me serre le plus fort possible en me disant de toute manière, ça va être l'impact assuré.
05:20 Et là, qu'est-ce qu'on ressent ?
05:24 L'impuissance. J'acceptais. Je me disais de toute façon, ça se finit aujourd'hui.
05:31 Vous vous dites que vous allez mourir. Oui, clairement.
05:35 Tous mourir. Oui. C'est la fin de ma courte vie.
05:41 Alors, il ne va pas mourir. Il ne va pas mourir, il va sauver. Il mourra plus tard.
05:45 Vous nous racontiez, en préparant cette émission, que l'interviewé Maxime Blasco, ce n'était pas une mince affaire, que c'est un garçon taiseux qui n'aime pas parler.
05:52 C'est un montagnard. Vous savez, c'est les chasseurs alpins et ce sont ces militaires qui se méfient énormément des journalistes.
05:59 Et jusqu'à ce qu'ils les connaissent. Parce qu'après, une fois qu'on s'est apprivoisé, il y a ça souvent sur le terrain et souvent avec des militaires, cette méfiance.
06:07 Et Maxime, il était vraiment le regard fermé, pas souriant. Et je me suis dit, oh là, ça ne va pas être facile. Il va falloir un peu le dérider.
06:14 Et puis, on a pris le temps de parler. On a pris le temps de se raconter nos histoires, les terrains où on est allé, le Mali où j'étais allée 7, 8 fois.
06:20 Il s'est dit, bon, il connaît un peu le truc. Et puis, tout d'un coup, la glace s'est brisée et j'ai vu une personne lumineuse. Vraiment.
06:27 Ça m'émeut d'écouter sa voix. Je vois encore son regard. C'est quelqu'un qui était drôle, qui était lumineux et qui était surtout un soldat exceptionnel.
06:36 Et très humble, puisque là, vous lui demandez, est-ce que vous considérez, vous comprenez que vous êtes un héros après ce que vous avez fait ? Et voilà sa réponse.
06:44 Vous êtes un héros ? Non, on ne peut pas qualifier une action comme ça. Je ne vois pas vraiment de héros, en fait. J'ai eu des personnes courageuses.
06:58 Après, je trouve le terme héros un peu fort. C'est un ressenti de chacun, ça. Mais en tout cas, c'était vraiment une action collective.
07:10 Voilà. Il ne se considérait pas comme un héros. Vous avez aussi donné la parole aux proches de Maxime, ses parents, ses frères et soeurs, sa compagne Alexandra, son fils et Tanne,
07:20 qui l'ont vu partir à la guerre, en revenir, repartir encore, même quand il voulait. Ils lui disaient « Mais pourquoi tu repars encore ? »
07:26 Elle disait « Encore une fois, encore une fois ». Et puis, il y a eu une fois de trop, puisque c'était celle où il va mourir au Mali.
07:32 Vous dites que sa famille leur appelle à l'ordre pour qu'il garde les pieds dans la vraie vie. Il est en France, son fils est encore un enfant.
07:37 Oui, son fils a le droit de bouder parce qu'il n'a pas un bonbon au coca ou un bonbon à la fraise. Sa mère vous dit « Je le remettais à sa place tout le temps ».
07:45 Même s'il avait vu toute la misère du monde, il devait comprendre que la vie sur le terrain et celle d'ici ne devait pas fusionner.
07:51 C'est aussi quelque chose de fréquent chez les militaires de dire à son fils « Tu ne vas quand même pas bouder parce que tu n'as pas un bonbon au coca ?
07:58 Tu ne te rends pas compte de ce que j'ai vu au Mali de tous ces enfants estropiés ? »
08:02 Ben si, il a le droit. Oui, il a le droit. Mais ils deviennent durs, les militaires. Et Maxime était devenu effectivement dur.
08:09 Il n'a pas été traumatisé parce qu'il s'est fait une carapace après la Centrafrique.
08:15 Moi, pour avoir été aussi en Centrafrique, c'est d'une violence inouïe, notamment avec les enfants qui peuvent se couper les doigts à la machette pour un bonbon.
08:23 Donc quand son fils dit « Non, je veux à la fraise, pas au coca », là c'est au-dessus de ses forces, il s'énerve. Mais effectivement, c'est proche de la ramener sur le terre.
08:31 Et vous qui avez vu tellement d'atrocités, vous aussi vous êtes devenu dur ?
08:35 J'espère pas trop. Je suis peut-être un peu exigeante. Mais c'est mon choix ce métier.
08:41 Je n'ai pas à l'imposer à mes enfants, à mon conjoint, à être insupportable sous prétexte que c'est beaucoup plus dur sur le terrain que notre vie à nous.
08:51 Vous ne pouvez pas arrêter de vous plaindre ? Vous êtes déprivilégiée par rapport aux Ukrainiens ?
08:55 Non mais on l'est.
08:57 Vous citez dans le livre de poche deux lettres. Vous avez reçu plein de lettres après la publication de ce documentaire, de ce livre.
09:05 C'est vraiment un livre qui a marqué beaucoup de gens, tous ceux qui l'ont lu.
09:08 Vous racontez notamment celle de Thomas, un Thomas qui vous a écrit après avoir lu le livre.
09:12 « J'ai ressenti beaucoup d'émotions, de nombreux passages interpellent quand on les compare à notre quotidien métro-boulot-dodo, si paisible et si chronophage parfois.
09:19 Votre travail amène à la réflexion et à la prise de conscience du coût et du goût de la vie. »
09:24 Quelle saveur à la vie, quelle saveur fantastique. Je m'en rends compte à chaque fois que je rentre.
09:29 Je me souviens d'un reportage que j'ai fait qui s'appelait « Le prix de la vie ».
09:32 C'était pour envoyer spécial au moment de la guerre à Sarajevo en Bosnie.
09:36 J'avais suivi des mutilés de guerre, des jeunes qui avaient perdu une jambe, deux jambes, un bras, deux bras.
09:41 Et qui à la fin de ce reportage, où j'avais retenu mes larmes évidemment, mais à la fin non,
09:45 la jeune fille qui avait perdu deux jambes, qui avait 18 ans, elle était encore sous les bombes.
09:50 Et chaque jour, je rentrais à Paris et elle me disait « Ne pleure pas Dorothée, elle est belle la vie, magnifique ! »
09:55 Et je me suis dit « Waouh ! » Donc oui, c'est magnifique. Et chaque jour, je m'en rends compte.
09:59 Dorothée Oliéric, vous êtes grand reporter à France 2.
10:02 L'intensité de la guerre, ce goût du danger, de l'aventure que recherchent les militaires sur le terrain,
10:06 que vous explique très bien Maxime, n'est-ce pas au fond ce que recherche aussi un reporter de guerre ?
10:10 Vous dites, vous, que depuis que vous avez commencé toute jeune journaliste,
10:13 où vous aviez obtenu au culot une interview de Pinochet, vous dites « J'ai toujours eu un besoin viscéral d'être là où l'histoire s'écrit.
10:19 J'ai besoin de vivre les conflits du monde, les tourments du monde, les tragédies, dans ma chair et dans mes tripes.
10:24 C'est pas seulement les raconter, je veux les vivre moi, Dorothée Oliéric, dans ma chair et dans mes tripes. »
10:29 C'est vrai, c'est vrai. C'est peut-être un besoin d'aventure déjà.
10:32 Et puis c'est le besoin de vivre effectivement des choses intenses en plus de les partager.
10:39 Mais je ne sais pas, moi quand j'entends effectivement à News, je ne sais pas, la mort de Ben Laden, j'étais en vacances.
10:45 Et je me dis « Mais ce n'est pas possible, là j'appelle tout de suite et je dis il faut que j'y aille. »
10:48 Parce que ça fait des années.
10:49 - Vous lâchez tout pour monter dans un avion et y aller.
10:52 - Et dix heures plus tard, j'arrive à Abbottabad, une bourgade du Pakistan.
10:57 Et je passe de jardin en jardin avec mon équipe, on passe les murets pour arriver.
11:02 Donc dix heures après cette nouvelle, devant la maison où Ben Laden a été tué par les forces spéciales américaines.
11:06 Mais waouh !
11:07 - C'est pour ça que vous vivez, c'est pour ça que vous vibrez.
11:09 - Oui, c'est pour ça que je vivre.
11:11 Et puis après il faut donner un sens à tout ça.
11:13 Parce qu'il y a beaucoup de dangers et je ne veux pas aller à la guerre vraiment pour ce danger.
11:17 Je n'ai pas envie de me prendre une balle.
11:19 - Mais vous dites que c'est de plus en plus dangereux.
11:21 - C'est de plus en plus dangereux.
11:22 - Vous avez vu en 20 ans combien les journalistes sont pris de plus en plus pour cible.
11:25 - Oui, ça fait déjà un moment effectivement que j'ai une consoeur italienne qui a été lapidée en Afghanistan.
11:32 - Justement, l'Afghanistan, vous dites que c'est mon pays de cœur.
11:34 Vous y êtes allé, vous y êtes retourné il n'y a pas longtemps.
11:37 Quand vous voyez, vous avez couvert la prise des talibans il y a 20 ans,
11:41 puis ensuite la reprise des talibans par ce pays, harlassablement.
11:45 Quand vous voyez les femmes afghanes, c'est quoi ?
11:48 - C'est déchirant. C'est triste.
11:50 Hier encore j'ai reçu un message d'une femme médecin gynécologue qui elle peut continuer à travailler.
11:56 Il y a 60% des femmes qui ont perdu leur boulot.
11:59 Il y a quelques petits boulots qui sont autorisés, qui sont utiles comme sage-femme, infirmière ou gynécologue.
12:04 Et elle est désespérée.
12:05 Donc imaginez celles qui sont chez elle à mourir sur place, à mourir de tristesse.
12:11 Je ne sais pas ce qu'on peut faire, on ne va pas retourner se battre ni les Américains ni les Français.
12:16 Mais ce qu'il faut faire c'est crier, chaque personne, les aider.
12:20 Et croire que les pressions politiques peuvent faire changer un peu les choses.
12:24 On ne peut pas laisser ces gens mourir comme ça.
12:26 Ce pays est fantastique.
12:28 - Vous racontez souvent que le pire de l'humanité vous l'avez vu au Rwanda, pendant le génocide.
12:34 Ça c'est incomparable avec tout le reste, sans doute.
12:37 Il y a un endroit où votre famille a dit "ce terrain de guerre là, tu n'iras pas".
12:42 C'est la Syrie. Pourquoi ?
12:44 - J'ai un ami vraiment proche qui s'appelle Gilles Jacquet,
12:48 qui était journaliste à la rédaction de France 2 et de France Télévisions.
12:51 Un ami proche qui est mort en Syrie.
12:53 Et mes enfants qui m'ont toujours vu partir sur le terrain avec le gilet pare-bas, les compagnies,
12:58 sont venus une fois qu'il est mort et que je leur annonçais.
13:01 Ils le connaissaient, ils étaient à l'école avec son beau-fils.
13:05 Et les enfants à l'école ont entendu "ta maman elle fait le même métier, elle va mourir aussi comme Gilles".
13:11 Et le lendemain, mes deux enfants sont venus me dire "maman s'il te plaît promets-nous une chose,
13:15 c'est que tu n'iras jamais en Syrie".
13:17 Et j'ai promis, je ne suis jamais allée.
13:19 Mais ils ne m'ont pas demandé heureusement de ne pas aller tout le reste, en Irak et ailleurs.
13:22 Parce que j'aurais été bien embêtée quand même.
13:24 - Comment vous avez fait avec vos enfants ?
13:26 En écrivant cette question, je me suis dit "est-ce que je la pose ou pas ?"
13:30 Parce qu'on ne la pose peut-être qu'aux journalistes femmes ou aux grands reporteurs femmes.
13:34 Mais je vous la pose quand même.
13:36 - Alors, oui c'est dur de laisser ses enfants quand on est une maman.
13:41 Mais je l'ai toujours fait jusqu'à...
13:43 Je suis même partie enceinte en Afghanistan sans le dire à la rédaction.
13:45 Ce n'est pas très bien mais bon.
13:47 Je suis repartie deux mois après la naissance de mon fils.
13:50 Je l'ai toujours fait.
13:52 Et mes enfants aujourd'hui ne s'en plaignent pas.
13:54 Ils me disent "maman tu as un métier de passion et ça c'est le plus important".
13:57 - Pour terminer les impromptus, vous répondez rapidement sans trop réfléchir.
14:00 Robert Capat disait "si vos photos ne sont pas assez bonnes, c'est que vous n'êtes pas assez prêts".
14:05 - C'est tout à fait vrai.
14:07 Les photo-reporteurs sont en première ligne.
14:09 - En dehors du reportage sur le terrain, qu'est-ce qui vous excite dans la vie ?
14:11 Qu'est-ce qui vous rend heureuse ?
14:13 - J'aimerais... Ma famille, mes enfants.
14:15 Je suis très casanière. J'aime l'aventure.
14:17 J'aime le piment dans la vie mais j'aime aussi une petite vie bien tranquille.
14:20 - Présentez un 20h ou une matinale, vous auriez aimé ?
14:22 - J'ai fait de la présentation au journal de la nuit mais je préfère être sur le terrain.
14:26 - Vous avez écrit l'an dernier un livre sur les femmes soldates.
14:29 Au fond, dites-nous la vérité Dorothée O'Leary, que vous auriez aimé être militaire ?
14:32 - Non, pas du tout. Pas du tout. J'aurais aimé être photo-reporteur de guerre.
14:35 J'ai beaucoup d'admiration pour les filles qui font ce métier.
14:38 - Marine Jackman ou Martine Laroche-Hubert ?
14:40 - Martine Laroche-Hubert.
14:42 - France 2. Albert Londres ou Joseph Kessel ?
14:44 - Joseph Kessel.
14:45 - Kaboul ou Kiev ?
14:46 - Kaboul.
14:47 - Full Metal Jacket ou Apocalypse Now ?
14:49 - Apocalypse Now.
14:50 - Quel grand conflit de l'histoire vous auriez aimé couvrir ?
14:53 - Le Vietnam.
14:55 - La grande reportère Agnès Varamion a raconté qu'elle est tombée amoureuse de son fixeur en Ukraine récemment.
15:00 L'amour est possible sur un terrain de guerre ?
15:02 - L'amour est possible. J'ai des histoires que je raconterai un jour, il y a longtemps.
15:06 - Ce qui se passe sur le terrain ?
15:08 - Un coup de foudre à Brazzaville par exemple.
15:10 - Ah non, vous racontez carrément au micro.
15:12 - Oui, mais je n'ai pas dit la date et c'était bien avant de rencontrer mon conjoint.
15:15 - D'accord. Liberté, égalité, fraternité, vous choisissez quoi ? On est rassuré.
15:19 - Liberté.
15:20 - Et Dieu dans tout ça ?
15:21 - Dieu, je le tiens vraiment à distance parce qu'au nom de Dieu, j'ai vu tellement de gens mourir dans des guerres que je le tiens à distance.
15:29 - "Vie et mort d'un soldat d'élite", Maxime Blasco, ça sort cette semaine en poche. C'était publié au Rocher. Merci et belle journée à vous.
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