00:00 Vous avez entendu Monsieur Retailleau insister sur la nécessité que nous avons de continuer à agir pour le réarmement économique de notre pays.
00:09 Et qu'on soit bien clair, je ne crois pas avoir donné le sentiment tout à l'heure, ou avoir donné ce sentiment hier ou dans mes différentes interventions,
00:18 que je considère que tout va mieux dans le meilleur des mondes en France. Pas du tout.
00:23 Simplement, je pense que quand ça correspond à une réalité, je pense, et par ailleurs que c'est ma responsabilité, c'est bien de dire quand il y a des choses qui s'améliorent.
00:33 Et la réalité, c'est que nous sommes deux points en dessous du niveau de chômage que nous connaissions en 2017. Il n'a pas été aussi bas depuis 25 ans.
00:41 Il y a 2 millions d'emplois qui ont été créés dans notre pays. C'est un succès. Je vais vous dire que je ne mets même pas nécessairement au crédit,
00:48 je ne dis pas que c'est le succès avant tout du gouvernement. C'est un succès collectif de notre pays qui a réussi à créer des emplois,
00:54 de nos entreprises qui créent quand même elles les emplois. On les a accompagnées, on les a soutenues.
00:58 Mais c'est surtout un succès pour ces millions de familles qui ont pu retrouver un emploi et qui peuvent vivre dans la dignité.
01:04 Et donc, moi, je ne suis pas là à dire que tout est rose, évidemment. Simplement, je pense qu'on peut tous s'accorder sur le fait que tout n'est pas noir.
01:10 Voilà. Et qu'il y a probablement une réalité entre les deux. Vous avez fait la comparaison avec l'Allemagne.
01:16 C'est vrai que nous sommes encore nettement au-dessus des Allemands s'agissant du taux de chômage et par ailleurs nettement au-dessus des Allemands
01:22 s'agissant du déficit et de la dette. Il faut aussi regarder une situation économique aujourd'hui qui est plus dynamique qu'en Allemagne
01:29 quand on se compare entre les deux. Ce qui n'est pas nécessairement d'ailleurs une bonne nouvelle pour nous d'avoir une Allemagne en récession
01:35 parce que ça a un impact immédiat sur notre PIB. Mais évidemment, on va poursuivre les efforts.
01:42 Sur la question de nos agriculteurs, moi, je l'ai dit, il faut tenir, et nous tiendrons cet engagement clair, pas de surtransposition et pas d'interdiction sans solution.
01:56 Ensuite, vous abordez la question de surtransposition existante, entre guillemets. Il y en a beaucoup moins qu'avant puisqu'il y a un certain nombre de molécules
02:05 pour lesquelles notre pays avait fait le choix avant 2017 de les interdire, mais les pays européens ont ensuite rejoint la marche.
02:12 Donc je pense que le sujet vaut avant tout pour l'avenir, même si je suis très vigilant, et notamment à des situations où vous avez des molécules
02:19 qui sont interdites en Europe, mais dont l'interdiction est manifestement contournée dans certains pays qui nous entourent,
02:26 qui sont peut-être moins tâtillons que nous sur les contrôles. Et donc c'est ça, je pense, qui doit nous animer aussi.
02:32 Ensuite, j'assume de le dire, quand nous avons une agence sanitaire française indépendante, dont je respecte évidemment le travail,
02:41 mais qui de son initiative prend une décision d'interdiction d'un produit alors même que le régulateur européen est en train de se pencher
02:50 sur l'interdiction de ce produit, je trouve que ça pose un problème, et qu'on doit probablement revoir l'organisation pour que le régulateur européen
02:58 et les régulateurs nationaux puissent parler de concert. Sinon, effectivement, on met nos agriculteurs dans une situation de concurrence déloyale.
03:06 Donc sur tous ces sujets, on va continuer à avancer dans les prochaines heures. On en parle tous les jours, matin, midi et soir,
03:12 avec l'représentant des agriculteurs. Je veux revenir sur ce que vous avez dit sur mon gouvernement.
03:19 Moi, je crois aux dépassements politiques et aux rassemblements. C'est pour ça que j'ai rejoint Emmanuel Macron en 2017.
03:26 Je crois par ailleurs qu'il y a eu d'autres moments dans l'histoire, y compris avec des présidents pas si lointains,
03:31 où ça s'appelait l'ouverture, mais en tout cas, il y avait des personnalités politiques qui venaient d'autres formations.
03:36 Mais surtout, moi, ce qui m'a convaincu en 2017 que mettre autour de la table des femmes, des hommes qui viennent d'horizons politiques
03:48 ou de partis politiques différents pour les faire travailler ensemble, ce n'est pas l'exemple des gouvernements Fillon ou autres,
03:54 c'est mon expérience de conseiller municipal. Parce que s'il y a une assemblée en France où on est capable de se dire
04:02 on n'est pas du même parti, on n'est parfois pas de la même liste, mais on peut avancer ensemble sur certains sujets,
04:07 voire même d'ailleurs, avant on est majorité opposition, et puis à l'élection suivante, on revoit le périmètre de la liste
04:13 et la majorité, on intègre des personnes qui étaient auparavant dans l'opposition, c'est dans nos assemblées communales.
04:18 Et donc, je crois profondément qu'ici au Sénat, on peut justement comprendre qu'on puisse sur un certain nombre de projets,
04:24 voire même pour rejoindre une majorité, s'accorder entre des personnes qui viennent d'horizons différents.
04:29 C'est vrai, c'est très juste, vous avez raison, monsieur le rapporteur.
04:32 Je veux revenir rapidement sur l'intervention de François Patria et le remercier d'avoir mis en avant deux enjeux absolument majeurs,
04:40 celui de nos Outre-mer et de notre ruralité, qui ont absolument besoin d'un investissement particulier.
04:46 J'ai eu l'occasion de le dire dans mon intervention tout à l'heure.
04:49 Évidemment, on va continuer à avancer.
04:52 Sur la question de la ruralité, je veux revenir sur le choix qui a été fait d'avoir des stratégies beaucoup plus proches de chacun de nos territoires.
05:01 C'est les pactes régionaux dans la Creuse, les pactes territoriaux dans la Creuse, dans la Nièvre, dans les Ardennes, dans le Sambra-Vénois-Tirache.
05:10 C'est le sens du plan Marseille en grand. Alors ça, ce n'est pas la ruralité, mais c'est la territorialisation.
05:19 C'est pour ça qu'on continue à agir, je le disais tout à l'heure, pour la ruralité sur ce coup-ci, en doublant la dotation d'aménités rurales.
05:28 On a pérennisé les zones de revitalisation rurale.
05:31 Pour les centres-villes, qui parfois se meurent, on a lancé, je le disais tout à l'heure, Action Cœur de Ville pour plus de 200 communes.
05:37 On a lancé Petite Ville de Demain pour aller aider au développement de plus de 1 600 communes.
05:43 Quand je me déplace et que je me rends dans des collectivités, des communes qui ont bénéficié de ces programmes,
05:47 je vois tout ce que ça a apporté à ces territoires, notamment ruraux.
05:50 Et évidemment, on va poursuivre l'investissement sur les maisons France Service, sur l'attention qu'on porte à l'accès aux services publics dans la ruralité,
05:59 avec les Medicobus, les budgets que nous déployons pour le commerce dans nos départements ruraux.
06:07 Je veux revenir sur l'intervention de Mme Carrère et notamment sur un point de votre intervention,
06:14 sur la question des fins de carrière en lien avec la réforme des retraites et sur la question de la pénibilité.
06:20 C'est évidemment un enjeu majeur.
06:21 Je serai très attentif à ce que les budgets qui avaient été définis dans le cadre de la réforme des retraites,
06:26 justement pour prévenir la pénibilité, puissent être effectivement et soient effectivement utilisés pour prévenir cette pénibilité,
06:33 que ce soit dans l'entreprise ou dans nos services publics et notamment à l'hôpital, par exemple.
06:37 C'est la première chose.
06:38 La deuxième chose, c'est que les partenaires sociaux négocient en ce moment sur le sujet de l'usure professionnelle, de l'emploi des seniors et de la reconversion.
06:48 Et que j'attends beaucoup de cette négociation et des propositions qui pourront intervenir sur ce sujet qui est majeur.
06:53 Vous l'avez dit, on a reculé l'âge légal de départ à la retraite et on l'assume totalement.
06:58 Mais évidemment que ça doit nous pousser à en faire encore davantage sur la question de la pénibilité et de l'usure professionnelle, la reconversion de nos seniors.
07:07 Encore une fois, merci à toutes et à tous pour vos interventions.
07:10 Je remercie évidemment les interventions constructives du président Marseille, du président Malurey également.
07:20 Je remercie encore une fois chacune et chacun pour leurs expressions.
07:24 Et je vous dis à bientôt avec mon gouvernement pour continuer à avancer sur tous ces sujets-là.
07:29 Merci monsieur le Premier ministre.
07:33 Mes chers collègues, je vais suspendre la séance.
07:38 Elle sera reprise.
07:40 [Musique]
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