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  • il y a 2 ans
En 1943, Hitler et son bras droit Himmler réquisitionnent le château d'Itter, situé dans la région du Tyrol en Autriche, qu'ils louent depuis trois ans déjà.

Dans cette forteresse médiévale isolée, les nazis enferment des personnalités françaises importantes telles que les hommes politiques Paul Reynaud, Edouard Daladier, ou encore le joueur de tennis Jean Borotra.

Afin de libérer ces prisonniers, des soldats américains, allemands et autrichiens unissent leurs forces.

En mai 1945, ils parviennent à maîtriser les troupes de SS qui encerclaient le château.

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Personnes
Transcription
00:00 En 1943, les Alliés ont triomphé des forces allemandes dans la campagne d'Afrique du Nord.
00:13 L'Afrique du Nord a permis aux armées alliées de se mesurer à la machine de guerre allemande.
00:20 Des côtes méditerranéennes, ils vont pouvoir planifier l'ouverture d'un second front en Europe.
00:24 La question est, où attaquer dans le sud de l'Europe ?
00:28 Les Allemands, dont les lignes de défense sont encore trop robustes, ne doivent pas savoir où s'effectuera le débarquement.
00:35 Les Alliés ne sont pas encore en mesure de s'opposer frontalement à l'axe sur le continent européen dans le cadre d'une guerre conventionnelle.
00:43 Deux jeunes agents du MI5, les services secrets britanniques, vont imaginer l'une des missions les plus secrètes et audacieuses de la guerre.
00:51 L'espionnage est la pierre angulaire de la Seconde Guerre mondiale, et les Anglais sont pas ses maîtres en la matière.
00:57 À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.
01:01 Si les Alliés ne parviennent pas à convaincre les Allemands de concentrer leur force au mauvais endroit, le débarquement risque de faire long feu.
01:08 Si les Allemands découvrent la supercherie, des milliers de soldats alliés pourraient y laisser leur vie.
01:15 C'est comme aux échecs, ce n'est pas uniquement avec la reine qu'on gagne, mais en utilisant chaque pièce à son avantage.
01:22 La moindre erreur signerait l'échec de la mission et coûterait de nombreuses vies.
01:49 Avril 1943. Un corps en décomposition en uniforme de la Royal Marine est repêché au large de Huelva, dans le sud de l'Espagne.
01:57 Un attaché case noir est enchaîné à son poignet.
02:00 À l'intérieur, des documents top secret détaillant une invasion alliée imminente.
02:05 Les Allemands s'attendent à cette invasion, mais ils se demandent où va-t-elle se produire.
02:09 Mais ce cadavre n'est pas celui d'un homme tombé à la mer.
02:12 Sa découverte est l'aboutissement d'une des missions les plus ambitieuses des services secrets britanniques.
02:17 L'opération Minsmit.
02:20 L'opération Minsmit est en quelque sorte le cheval de Troie de la Seconde Guerre Mondiale.
02:26 C'est une mission capitale qui va sauver des milliers de vies alliées.
02:32 L'opération a été échafaudée par Charles Cholmley et Ewen Montagu, deux agents du MI5 à Londres.
02:39 Leur prodigieux souci du détail s'avérera déterminant dans la victoire finale des Alliés.
02:45 La machine de guerre allemande est tellement intimidante
02:50 que les Alliés sont obligés de recourir à tous les moyens possibles pour reprendre le dessus dans la guerre.
02:59 L'espionnage est au cœur de l'effort de guerre britannique.
03:02 Les services secrets mènent une vaste campagne de désinformation,
03:05 notamment grâce à un réseau d'agents doubles chargés de multiplier les fausses pistes sur les plans militaires des Alliés.
03:11 C'est une facette de la guerre dont on parle rarement.
03:14 On retient les grandes batailles, les débarquements, mais on a tendance à oublier la guerre de l'esprit.
03:21 Comment tromper l'autre camp en lui donnant à son insu de fausses informations qu'il pensera avoir obtenues lui-même ?
03:29 Comment leurrer l'ennemi ?
03:31 Les services secrets britanniques ont déjà déchiffré le code Enigma utilisé par les Allemands pour envoyer des messages.
03:37 C'est à l'équipe de cryptographie basée à Bletchley Park, au nord-ouest de Londres, que l'on doit ce succès.
03:42 À Bletchley Park, on ne valorise pas forcément le galon militaire.
03:47 On cherche plutôt des esprits brillants.
03:51 La collecte de renseignements qui est pratiquée par cette équipe a pour but de donner aux hommes de terrain le plus d'informations possibles avant une opération.
04:00 Le renseignement britannique exploite les informations interceptées pour façonner les missions d'espionnage
04:06 qui sont lancées par les différents comités du MI5.
04:09 En 1942, Charles Christopher Chumley, 25 ans, est le secrétaire du Comité 20, le groupe très secret qui supervise les agents doubles.
04:18 Le Comité 20 est un comité interministériel fascinant qui est chargé de gérer un dispositif de contre-espionnage crucial durant la guerre.
04:28 Il gère au plus haut niveau un programme qui est parvenu à recruter des agents secrets allemands opérant au Royaume-Uni.
04:35 Évidemment, le plus beau est que le renseignement du Reich ne sait pas que ces agents travaillent désormais pour les Alliés.
04:43 Le comité se réunit tous les jeudis dans les bureaux du MI5 au 58 James Street à Londres
04:49 pour faire le point sur les agents doubles opérationnels et élaborer de nouveaux stratagèmes.
04:53 Dès le départ, les membres insistent sur la nécessité de tromper l'ennemi.
04:58 La guerre sera longue.
05:00 Il faudra sortir des sentiers battus, enfreindre certaines règles établies et recourir non seulement à des méthodes non conventionnelles, mais aussi à la tromperie.
05:09 C'est un peu comme aux échecs. Ce n'est pas uniquement avec l'arène qu'on gagne, mais en utilisant chaque pièce à son avantage.
05:16 Pour remporter la partie, il faut regarder d'en haut et étudier le positionnement de chaque pièce afin d'avoir plusieurs coups d'avance.
05:24 C'est pourquoi récolter des renseignements en temps de guerre est essentiel.
05:27 Ça vous donne de l'avance. C'est un atout déterminant, et en particulier si l'ennemi ne dispose pas du même avantage.
05:34 Cholmley est lieutenant dans la Royal Air Force. Il est détaché au service de sécurité du MI5.
05:40 Malheureusement, il était très myope. Il portait des lunettes très épaisses. Il était anormalement timide et très réservé.
05:48 C'était le petit anglais mâle dans sa peau, dans toute sa splendeur.
05:52 Le fait d'être myope est une tragédie personnelle, évidemment, parce qu'il voulait être pilote comme tous les garçons à l'époque.
05:59 Mais pour finir, c'est un mal pour un bien, en tout cas pour le MI5, parce que Cholmley finit par développer une pensée singulière et un esprit retort.
06:07 Au début de la guerre, le contre-amiral John Godfrey, directeur du renseignement naval, a fait circuler le mémo de la truite.
06:15 Bien que publié sous son nom, il porte la marque de son assistant, Jan Fleming.
06:21 Alors jeune capitaine de corvette, Fleming deviendra célèbre après la guerre en immortalisant les opérations du renseignement britannique
06:28 dans les aventures du plus célèbre agent secret, James Bond.
06:33 Sachant son commandant amateur de pêche, il compare les opérations de désinformation en temps de guerre à la pêche à la mouche.
06:41 Le mémo comporte une célèbre analogie. Le pêcheur à la mouche doit être plus malin que la truite.
06:47 Il remarque aussi que si vous avez pêché longtemps à un endroit, il faut s'éloigner, parce que la truite sait que vous êtes là.
06:55 Tout cela s'applique à la situation présente. Comment pouvons-nous manipuler l'ennemi ?
07:02 Le mémo de la truite dresse la liste des différentes méthodes d'espionnage et des manières possibles de duper les nazis.
07:11 Le 31 octobre 1942, Chumley présente l'idée d'un cheval de Troie au Comité 20.
07:18 Son plan vise à mettre des documents top secret falsifiés entre les mains de l'ennemi par le biais d'un leurre, un cadavre.
07:26 Cette mission présente deux aspects. D'abord, il faut réussir à duper les allemands, et ensuite, peut-être plus important encore, il faut s'assurer qu'ils ont bien été dupés.
07:40 L'idée de placer des fausses preuves sur un cadavre est totalement nouvelle.
07:45 Selon Jan Fleming, c'est une solution extrême, mais en temps de guerre, tout est extrême.
07:50 La proposition audacieuse de Chumley atterrit sur le bureau de Juhen Montagu, un officier du MI5.
07:57 Ce plan pourrait être mis en œuvre par les Alliés afin de déstabiliser le commandement allemand avant une invasion du continent en Méditerranée.
08:05 C'était un intellectuel, il était juge de métier, passionné de yachting, il s'engage dans une division navale de réservistes, puis il est promis au renseignement naval.
08:14 Montagu et Chumley sont chargés d'élaborer l'ingénieuse opération de désinformation.
08:19 Ce qui est remarquable, c'est que ces deux-là sont parvenus à faire passer leur idée, non pas auprès des allemands, mais auprès de leur propre hiérarchie, alors que c'était une idée folle.
08:29 Chumley et Montagu forment un duo très intéressant, parce qu'ils sont tous les deux amateurs de romans d'espionnage.
08:35 Eux qui sont fascinés par la fiction, ils ont ici l'occasion d'inventer quelque chose sorti tout droit d'un roman, et ils vont se donner beaucoup de mal pour que ça devienne réalité.
08:43 Chumley est maladroit au point d'être attendrissant.
08:47 Montagu est habile, raffiné, très organisé et méticuleux.
08:51 Il est surtout le complément parfait de Chumley, dont le cerveau prodigieusement inventif explose d'idées.
08:57 À cette époque, l'Angleterre est dans le feu de l'action.
09:00 Le 23 octobre 1942, l'armée britannique attaque les forces allemandes à El Alamein, en Afrique du Nord.
09:08 L'Afrique du Nord a permis aux armées alliées de se mesurer à la machine de guerre allemande.
09:14 C'était l'occasion pour eux de combattre ensemble, comme ils ne l'avaient jamais fait auparavant.
09:21 Pour la 8e armée britannique, commandée par le général Montgomery, la victoire est proche.
09:26 Le 4 novembre, les Allemands subissent un revers majeur qui déclenche l'invasion de l'Afrique du Nord par les troupes alliées, l'opération Torch.
09:35 Churchill a dit ces mots célèbres. Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin.
09:42 C'est la fin du commencement. C'est quand même un tournant. Les alliés reprennent la main.
09:50 Des troupes débarquent près de Casablanca, d'Oran et d'Alger pour former une grande armée alliée.
09:57 Avec la perte de l'Afrique du Nord, les Allemands comprennent que les alliés peuvent désormais venir de l'Afrique du Nord et débarquer soit en Italie, soit en Grèce.
10:08 La meilleure option pour les alliés est la Sicile. Située au large des côtes italiennes, l'île est une excellente tête de pont vers l'Europe continentale.
10:17 Churchill résume ainsi la situation. Il faudrait être idiot pour ne pas savoir que nous débarquerons en Sicile.
10:23 En janvier 1943, le président américain Roosevelt et le premier ministre britannique Churchill se rencontrent à l'hôtel Anfa de Casablanca, au Maroc français.
10:33 Ils planifient la prochaine phase de la progression des troupes alliées.
10:37 Dès la conférence de Casablanca, Roosevelt et Churchill commencent à planifier la suite.
10:44 Nous tenons l'Afrique du Nord et maintenant. Où attaquer dans le sud de l'Europe ?
10:49 Churchill et Roosevelt envisagent un débarquement au sud et visent la Sicile.
10:55 L'opération Minsmit est conçue pour minimiser les pertes en faisant croire aux Allemands que le débarquement ne se fera pas en Sicile, mais ailleurs. En Grèce par exemple.
11:08 La clé du succès pour prendre la Sicile est de convaincre l'ennemi que l'objectif des Alliés est la Grèce, afin de convaincre les Allemands de déplacer leurs troupes de l'Italie vers la péninsule hellénique.
11:19 En 1942, les Alliés comprennent qu'ils n'ont pas, jusque-là, mené la guerre avec le même acharnement que les nazis.
11:28 Désormais, il s'agit de gagner. Comme il est encore impossible d'affronter l'ennemi sur le continent européen dans le cadre d'une guerre conventionnelle, il va falloir sortir des sentiers battus et peut-être se salir un peu les mains.
11:44 L'opération Minsmit ayant reçu le feu vert, Cholmley et Montagu doivent agir rapidement. L'idée folle de Cholmley n'est plus qu'une simple hypothèse théorique, mais une mission à part entière.
11:55 Première étape, trouver le cadavre, encore frais, d'un homme en âge d'être dans l'armée, sans blessures ni maladies apparentes.
12:03 Leur plan prévoit la découverte d'un corps en mer, censé être tombé à l'eau suite à un accident d'avion.
12:09 Il faut donc un corps qui présente un stade de décomposition bien précis, correspondant à celui d'une personne morte dans un accident d'avion assez récent. C'est assez délicat.
12:19 Le candidat doit être, comment dire, intact, afin de pouvoir simuler une mort par noyade, ce qui est vraiment problématique.
12:29 En temps de guerre, on ne peut pas se permettre d'avoir des scrupules, parce que le but de tous les belligérants, c'est de gagner.
12:38 Surtout s'il s'agit d'une guerre contre Hitler et les nazis, c'est-à-dire un ennemi qui ne recule devant rien. Il vaut mieux laisser ces scrupules au placard.
12:50 28 janvier 1943, un médecin légiste à la mort de Sainte-Pancras prévient Ewen Montagu de la présence d'un candidat potentiel pour l'opération Minsmith.
13:01 Quand le légiste les contacte pour prévenir de la présence d'un cadavre en disant "Eh les gars, on a le type qu'il nous faut, l'équipe du MI5 doit agir sans tarder.
13:11 Il faut passer à l'action d'autant plus vite que les cadavres se détériorent très rapidement. Il faut que leur homme flotte en mer afin d'avoir l'air récemment noyé."
13:19 L'homme choisi s'appelle Glendour Michael, un Galois sans domicile fixe dont le cadavre a été retrouvé dans un entrepôt abandonné deux jours plus tôt.
13:28 Il se serait suicidé en ingérant de la mororah.
13:31 "Si la cause de la mort ne coïncide pas avec le scénario imaginé pour le candidat, alors ça ne fonctionnera pas."
13:40 Le rapport toxicologique effectué par le légiste suggère que la mororah ne sera pas détectée si le corps est retrouvé dans l'eau.
13:47 Afin de s'assurer que ce détail ne trahira pas l'origine du cadavre, Montagu consulte Sir Bernard Spilsbury, un éminent pathologiste médico-légal.
13:56 Spilsbury examine le corps de Glendour Michael et confirme qu'il s'agit du bon candidat.
14:02 Mais il met aussi Montagu en garde. Un mort par noyade présente des signes révélateurs.
14:08 De la mousse blanche dans les poumons et sur les lèvres, de l'eau dans l'estomac, des corps étrangers comme du sable et du vomi dans les poumons, et du sang dans les oreilles.
14:18 L'absence de ces éléments mettrait toute l'opération en danger.
14:23 "Il ne faut surtout pas négliger ces détails au risque de voir toute la mission échouer.
14:28 En l'état, l'autopsie révélerait que la victime n'est pas morte par noyade et toute l'opération s'écroulerait comme un château de cartes."
14:34 Mais le temps presse. Cholmley et Montagu décident de prendre le risque.
14:39 "Le légiste les a prévenus qu'il fallait utiliser le corps au plus vite, car la décomposition a commencé.
14:44 Le corps est donc conservé dans la glace, ce qui leur permet de gagner du temps."
14:48 "Ils ont dû composer avec la situation, à la guerre comme à la guerre."
14:51 4 février 1943. Une semaine après la mort de Glendore Michael, Cholmley et Montagu présentent le projet au Comité 20.
14:59 L'opération "Minsmith" est lancée.
15:03 "L'enjeu est énorme. Je me mets à la place du commandant supérieur, qui a écouté ces deux types relativement inconnus, proposer un plan aussi farfelu.
15:13 Je crois que j'aurais hésité à dire oui, car l'issue de l'invasion alliée de l'Europe du Sud en dépend."
15:19 "Le haut commandement a engagé sa réputation pour cette opération, ce qui fait monter un peu plus la pression.
15:26 Il ne s'agit plus seulement d'une petite opération sans importance montée par quelques excentriques au sein du Comité 20.
15:33 Non, désormais, les grands chefs ont dit oui et il y a plutôt intérêt à ce que ça marche."
15:38 Une fois leur opération de désinformation officiellement approuvée, Cholmley et Montagu s'emploient à inventer une vie et une mort plausible pour leur candidat.
15:45 "Les Allemands sont très minutieux, donc il faut lui imaginer toute une vie, de la naissance à la mort.
15:51 Où est-il né ? Comment a été sa famille ? Avaient-ils des frères et des sœurs ? Qui étaient ses parents ? Quel était leur métier ?
16:00 Cette personne doit avoir une vie très élaborée, avec suffisamment de détails pour que l'ennemi la juge crédible et que le cadavre leur semble être authentique."
16:13 En toute logique, Cholmley et Montagu choisissent d'en faire un membre des Royal Marines, l'opération Mintz-Smith ayant été initiée par le département des opérations militaires de la Marine.
16:23 Surtout, les officiers de Marine portent toujours leur uniforme lorsqu'ils voyagent et sont munis d'une carte d'identité.
16:30 Il faut donc vêtir Glendore Michael de manière appropriée et lui fabriquer des faux papiers.
16:35 Mais avant toute chose, il lui faut un nouveau nom.
16:38 "Ils savent pertinemment que les Allemands disposent sûrement de listes de commandants supérieurs des divers départements britanniques, y compris le corps des Royal Marines qu'ils ont choisi.
16:49 Cela signifie qu'ils ne peuvent pas inventer quelqu'un dont personne n'a jamais entendu parler.
16:54 Ils doivent choisir un officier existant, quelqu'un qui existe vraiment."
16:58 En épluchant les dossiers du personnel, ils identifient neuf marines de haut rang portant le nom de "Martin".
17:05 C'est finalement le Major William Norrie Martin qui est choisi.
17:09 Au même moment, ce dernier est aux États-Unis pour former le personnel de l'armée.
17:14 Il est donc peu probable qu'il découvre le poteau rose et l'utilisation illicite de son nom.
17:20 "Il n'y avait nul besoin qu'il ait connaissance de l'opération Minesmith. Pour garder un secret, mieux vaut ne le dire à personne."
17:27 Le véritable Major Martin étant de l'autre côté de l'Atlantique, Glendore Michael est rebaptisé.
17:32 "On imagine que William Martin aurait été choqué et surpris de découvrir qu'il a donné son nom à un cadavre, mais c'est ce que prévoit le plan."
17:39 L'Amirauté britannique, dirigée par Louis Mountbatten, lui délivre la carte d'identité numéro 148228.
17:46 Afin de brouiller les pistes, la carte d'identité est imprimée comme étant un remplacement récent afin de justifier son apparence neuve.
17:54 "Les Allemands vont se montrer tâtillons, alors il faut penser à tout."
17:59 "S'il y avait eu la moindre négligence dans l'élaboration du personnage, les nazis s'en seraient aperçus tout de suite."
18:06 Pour être convaincante, il faut une photo authentique sur la carte d'identité, ce qui pose un autre problème pour Cholmley et Montagu.
18:14 "Il n'existe aucune photographie de cet homme, et ça ne sert à rien de photographier maintenant, puisqu'il est mort."
18:21 "C'est un problème pratique très important qu'il faut absolument résoudre."
18:25 Mars 1943. Après avoir passé en revue leurs amis et connaissances à la recherche d'un sosie, les deux hommes choisissent Ronnie Reed,
18:32 un ancien technicien et expert de la BBC, pour figurer sur la carte d'identité du Major Martin.
18:39 Montagu estime même que les deux hommes auraient pu être jumeaux.
18:43 A la morgue de Saint-Pancras, Cholmley prend les mesures du futur Major Martin afin de lui procurer une tenue et des bottes à sa taille.
18:51 Chez un tailleur pour militaire, il choisit un uniforme complet, avec des bottes, des bretelles et des guêtres, un trench coat, des insignes et un béret.
19:01 "L'uniforme ne peut pas être immaculé, les Allemands verraient qu'il est factice."
19:04 "Tous les vêtements devront donc être portés pendant un certain temps avant d'habiller le cadavre."
19:09 Cholmley, qui est de même taille et corpulence que le Major, porte l'uniforme tous les jours pendant trois mois pour lui donner une patine.
19:16 Le Major Martin a désormais une carte d'identité et une tenue militaire. Mais il lui faut une histoire plausible.
19:22 L'équipe choisit d'en faire le fils d'une famille galloise de la classe moyenne supérieure, brillant mais distrait.
19:29 Pour établir la véracité de ce petit trait de caractère, Montagu demande au directeur général adjoint de la Banque Lloyds d'écrire une lettre virulente au Major Martin, lui reprochant un découvert.
19:40 La lettre est adressée au Pole Mall Army and Navy Club, l'adresse où réside Martin lorsqu'il est en permission.
19:46 "Tous les documents sont destinés à être trouvés par les Allemands."
19:50 "Il faut donc prévoir tout ce qu'une personne normale peut avoir sur elle, notamment des éléments véridiques sur sa vie."
19:57 "Tous ces petits détails personnels concourent à crédibiliser les autres documents confidentiels clandestins que le Major Martin transportera le jour de sa mort fictive."
20:06 Le Major Martin sera également fiancé à une employée du gouvernement.
20:10 Il a rencontré Pam, une femme pleine de vie, cinq semaines plus tôt et l'a demandé en mariage en lui offrant une bague en diamant très coûteuse.
20:18 Le père fictif du Major, John C. Martin, n'approuve pas ce mariage.
20:22 "Toute cette histoire montée de toutes pièces doit amener l'ennemi à voir Martin comme une personne et non comme un simple leurre."
20:32 "Chaque détail inventé sert à confirmer le détail précédent."
20:37 "Chaque maillon permet de constituer une chaîne presque incassable et tout à fait crédible."
20:43 "Et pour cela, tous les documents doivent être vrais."
20:47 Un reçu pour la bague de fiançailles ainsi qu'une photo de Pam sont glissés dans le portefeuille de Martin.
20:52 La jeune femme sur la photographie s'appelle en réalité Jean Leslie, 20 ans.
20:56 Elle travaille au bureau de la guerre et aide à intercepter les espions ennemis.
21:00 Les lettres d'amour entre Pam et Martin sont également placées dans le portefeuille.
21:04 Elles ont été écrites par la patrote de Jean, Esther Leggett.
21:08 "Ils ont même ajouté des cils dans certaines lettres pour faire croire qu'il ne les avait pas encore ouvertes."
21:13 "C'est comme si des apprentis sorciers essayaient de pratiquer l'espionnage."
21:18 "Ils construisent un être vivant de toutes pièces."
21:22 "Les deux hommes disposent de suffisamment de pouvoir et d'influence pour mobiliser l'aide de nombreuses personnes autour d'eux."
21:29 Pour s'assurer que l'histoire de Martin est cohérente,
21:32 Chumlee a soigneusement rassemblé les objets qu'un officier pourrait avoir en poche.
21:37 Ce bric-à-brac inclut un carnet de timbre, un petit crayon, des clés,
21:43 un paquet de cigarettes Players Navy Cut et des allumettes, ainsi qu'un ticket de bus usagé.
21:49 Mais il y a toujours un problème.
21:51 En cas d'autopsie, l'ennemi comprendra que Martin ne s'est pas noyé.
21:56 L'équipe a peut-être une idée pour éviter une autopsie complète.
22:00 "Ils ont fait du Major Martin un catholique et lui mettent une petite croix autour du cou."
22:06 "Ainsi, quand son corps est découvert, aucune autopsie n'est pratiquée afin de respecter la foi catholique."
22:14 La vie personnelle du Major Martin étant désormais suffisamment étoffée,
22:18 il convient de lui donner un rôle militaire.
22:21 Il est décidé que Martin effectue une opération de messager et transporte un attaché case
22:26 contenant des lettres confidentielles entre officiels alliés de haut rang.
22:30 S'appuyant sur les récents succès militaires en Afrique du Nord,
22:33 il est convenu que le premier document de l'attaché case de Martin
22:36 sera une lettre écrite par le Général Nye en Grande-Bretagne, envoyée au Général Alexander en Tunisie.
22:43 Ces deux généraux sont au courant des plans de bataille hautement classifiés
22:47 et les Allemands sauront qui ils sont.
22:49 Par souci d'authenticité, c'est le Général Nye lui-même qui rédige cette lettre.
22:54 "Les Britanniques savent qu'en toute vraisemblance,
22:57 les services secrets allemands ont déjà lu des lettres du Général Nye.
23:01 Ils savent donc comment il écrit et connaissent le ton qu'il emploie.
23:05 C'est très intelligent de lui demander d'écrire la lettre lui-même
23:08 afin que toutes ces petites manies d'écriture sautent immédiatement aux yeux de l'ennemi."
23:14 La lettre indique que deux opérations sont prévues.
23:18 Le bombardement de terrain d'aviation en Sardaigne, nom de code Opération Brimstone,
23:23 et surtout un débarquement allié en Grèce, Opération Husky.
23:27 En réalité, Brimstone n'existe que sur le papier.
23:31 Et le véritable objectif de l'Opération Husky est la Sicile.
23:35 Mais si les Allemands découvrent un autre document mentionnant Husky,
23:38 ils penseront qu'il s'agit d'une invasion de la Grèce.
23:42 "Seul un très petit groupe d'individus connaissait tous les détails
23:45 et avait une vision globale de toutes les pièces de l'échiquier.
23:48 Le MI5 avait peur qu'il y ait des agents doubles
23:51 ou des espions allemands infiltrés au sein du commandement britannique."
23:56 Les détails des attaques militaires sont généralement transmis par radio au moyen de messages codés.
24:02 Mais l'Opération Minsmith exige que des documents écrits soient présents sur le corps
24:07 afin d'être découverts par l'ennemi, ce qui pourrait éveiller les soupçons.
24:11 Pour remédier à ce problème, la lettre du général Nye présente dans l'attaché caisse
24:16 doit être considérée comme un message personnel au ton informel.
24:21 "Tout doit être crédible pour que les nazis y croient.
24:26 Tout doit respirer la vérité, parce qu'au moindre soupçon, la mission échoue."
24:33 Après avoir méticuleusement façonné le personnage de Martin et les faux plans militaires qu'il transportera,
24:38 Cholmley et Montagu doivent désormais déterminer le meilleur endroit où déposer le corps.
24:43 Comment s'assurer qu'il atterrira entre les bonnes mains et que les faux documents parviendront à Hitler ?
24:48 Les services secrets britanniques optent pour l'Espagne.
24:51 Le pays resté neutre est néanmoins dirigé par le général Franco.
24:55 "L'Espagne a besoin des Etats-Unis et n'a donc aucune envie de se fâcher avec le Royaume-Uni.
25:00 Elle a donc choisi de ne pas prendre part à la guerre mondiale.
25:03 Mais cette neutralité apparente de Franco n'est pas tout à fait crédible,
25:08 parce que tout le monde sait que les nazis et Mussolini ont contribué à sa victoire durant la guerre d'Espagne.
25:16 Donc, à défaut d'être un allié, Franco est au minimum un sympathisant du régime nazi."
25:24 Mais pour choisir un endroit précis, le MI5 a besoin d'une personne qui connaît le terrain.
25:29 "Ce n'est pas évident. En qui avoir confiance ?"
25:32 Peut-être Don Gomez Bair, un capitaine de la marine britannique qui dispose d'un important réseau en Espagne.
25:38 Selon lui, le meilleur endroit pour qu'un cadavre tombe aux mains des Allemands est Huelva, un port de pêche au sud de l'Espagne.
25:45 Il abrite une importante communauté germanique et le chef de la police locale est pro-allemand.
25:50 Surtout, un de ses résidents allemands est une personnalité importante.
25:54 "Le MI5 est à la recherche d'un membre important du réseau d'espionnage allemand.
25:59 Un homme respecté, de haut rang et qui peut compter sur un important réseau de relations dans la région."
26:06 Un homme répond à cette description. Adolf Klos, un espion nazi qui a élu domicile à Huelva.
26:13 Se présentant comme un simple ouvrier agricole, il est en réalité un agent réputé de l'Abwehr, les services de renseignement militaire du Reich.
26:22 "S'il est lui-même convaincu que la découverte du corps est authentique, alors tous les documents qu'il transmettra au commandement nazi seront considérés comme fiables."
26:32 En 1943, Klos dirige le plus grand réseau d'espionnage implanté en Espagne.
26:37 Autrement dit, s'il se passe quelque chose à Huelva, Klos le saura.
26:43 "L'Abwehr est partout. Ses agents pullulent dans le monde entier parce que l'Allemagne a tout intérêt à s'assurer le soutien des nations qui n'ont pas encore rejoint les alliés.
26:55 Ces pays neutres sont en effet un formidable terrain de collecte d'informations sur les activités des alliés et l'Allemagne ne recule devant rien pour obtenir ce dont elle a besoin."
27:04 Après avoir élu Huelva comme meilleur point de largage, le MI5 considère qu'il vaut mieux éviter de lâcher le corps du Major Martin depuis un avion,
27:11 mais plutôt de le libérer dans l'océan par sous-marin.
27:15 "Le corps doit simplement apparaître. Quel est le meilleur moyen de faire ça le long des côtes ? Avec un sous-marin.
27:21 C'est silencieux et on peut opérer de nuit. Remonter, déposer le corps en surface, replonger sous l'eau et s'éloigner.
27:28 Si on vous repère en train de larguer le corps depuis un avion, c'est raté."
27:32 À cette époque, le HMS Seraf est à quai dans le port de Greenock, en Écosse.
27:37 Spécialement conçu pour les patrouilles en zone réglementée de la mer du Nord et de la mer Méditerranée,
27:42 il est commandé par le Capitaine Joule, un homme réputé pour sa discrétion.
27:47 "Il est crucial que tout le monde soit capable d'opérer dans le secret.
27:52 Il y a des agents doubles partout, et Chumley en est parfaitement conscient. Pourquoi ?
27:57 Parce que c'est la mission première du Comité 20, les spécialistes des agents doubles, voire triples.
28:03 En temps de guerre, difficile de faire confiance à quiconque."
28:06 Mais il y a un problème. Le corps du Major Martin est à Londres et le sous-marin en Écosse.
28:12 Il faut trouver comment acheminer clandestinement le corps, tout en évitant la décomposition durant le transport.
28:19 Un homme semble tout indiquer pour cette mission.
28:22 Charles Fraser Smith est le grand maître des objets truqués.
28:26 Après avoir exercé plusieurs métiers à l'étranger, il est revenu en Angleterre pour concevoir vêtements,
28:32 accessoires et gadgets pour le renseignement britannique.
28:35 Le personnage de Q dans la série James Bond est directement inspiré de sa vie.
28:40 Fraser Smith est chargé de créer un caisson pour le corps, afin d'effectuer le premier largage de cadavres sous-marins au monde.
28:48 "Comment empêcher la décomposition du corps ? S'il est complètement putrifié, les Allemands n'y croiront jamais."
28:55 "Il s'agit d'un immense caisson d'acier rempli de neige carbonique et vidé de son oxygène,
29:01 car sans oxygène, le corps ne peut pas se décomposer."
29:05 Sous la supervision de Chumley, Fraser Smith dessine les plans d'un caisson tubulaire de 2 mètres de long.
29:12 Une extrémité sera soudée, et l'autre disposera d'un couvercle en acier étanche monté d'une poignée pour faciliter l'ouverture.
29:20 Tout au long de la conception et de la construction, Fraser Smith travaille sans savoir à quoi sert le bidon.
29:26 On lui demande de prévoir un gilet de sauvetage Mae West, en lui expliquant que le caisson servira de station météorologique flottante.
29:33 Cela le laisse perplexe.
29:35 "On ne vous révèle que ce que vous avez besoin de savoir, parce que plus vous en savez, plus vous risquez de compromettre la mission."
29:44 Le secret est essentiel. Mais avant de quitter Londres, le corps du Major Martin doit encore surmonter un dernier obstacle.
29:50 Une étape qui risquerait bien débrouilleter toute l'opération.
29:53 En effet, la loi prévoit que toute activité secrète du MI5 doit au préalable être approuvée par le Parlement britannique.
30:00 Le 13 avril 1943, le comité des chefs d'état-major du Parlement britannique se réunit pour approuver les documents falsifiés de l'opération Minesmith.
30:08 Le temps presse. Les nazis continuent à construire leurs fortifications le long des côtes de la Sicile et même plus loin dans les terres.
30:15 S'ils attendent trop longtemps, il ne sera tout simplement plus possible de débarquer.
30:20 C'est Churchill qui doit donner l'approbation finale.
30:23 "Churchill sait que l'heure de la guerre conventionnelle est révolue. En tout cas, jusqu'à ce que l'ennemi soit suffisamment affaibli. Il est donc ouvert aux solutions singulières."
30:33 Churchill autorise l'opération le 15 avril à 10h15.
30:38 "De nombreux membres du Parlement sont désormais au courant de l'opération, ce qui peut porter préjudice à sa confidentialité.
30:46 C'est probablement une source d'inquiétude supplémentaire pour les services de renseignement."
30:51 Quelques heures plus tard, le général Eisenhower donne également son feu vert.
30:55 Il sait qu'au moment où ses troupes débarqueront en Sicile, l'issue de l'opération Minesmith déterminera leur chance de succès.
31:02 L'opération étant pleinement confirmée par le commandement allié, le corps du Major Martin est prêt pour les derniers préparatifs.
31:10 Après avoir été vêtu de son uniforme, Martin est transféré à la morgue de Hackney où l'attend le caisson conçu par Fraser Smith.
31:17 Prochain arrêt, le port de Greenock.
31:20 Mais pour transporter le caisson, Cholmley et Montagu vont faire appel à un officier de renseignement qui est aussi pilote de course.
31:30 "Si cette histoire n'était pas assez fascinante, il faut savoir que la personne choisie pour transporter le corps est un célèbre pilote de course et qu'en plus, il a une très mauvaise vue."
31:44 Horsfall est une tête brûlée qui refuse souvent de porter casque et protection et préfère piloter en smoking.
31:51 Il semble que Ian Fleming lui a emprunté de nombreux traits de caractère pour façonner James Bond.
31:56 Horsfall est un homme d'action, mais discret, une double qualité qui attire l'attention des services secrets britanniques qui le recrutent comme agent spécial.
32:04 "Cela montre bien que c'était une guerre totale. Tout le monde voulait s'engager et faire tout ce qui était dans son pouvoir.
32:11 Quand on lui a dit 'faites ça et vous nous aiderez à combattre les nazis', ce n'était pas très dur de lui faire accepter la mission."
32:17 Pour l'opération Minsmith, il va parcourir 600 kilomètres entre Londres et Greenock pour transporter le caisson de neige carbonique.
32:25 "Le temps presse, des milliers de personnes sont prêtes à ouvrir un second front.
32:32 Martin est déjà dans son caisson, prêt à partir. Il faut qu'il embarque à bord du sous-marin le plus vite possible."
32:38 L'opération Minsmith n'influira pas que sur le débarquement en Sicile.
32:44 A cette époque, sur le front Est, l'armée rouge mène une lutte acharnée pour la ville ukrainienne, alors appelée Kharkov.
32:51 Mais en mars 1943, après avoir perdu le contrôle de la ville, elle est repoussée par les troupes allemandes à plus de 160 kilomètres.
33:01 Après cette défaite, l'armée rouge commence à se regrouper en préparation d'une offensive majeure.
33:08 Tous les hommes en capacité de se battre, et même des jeunes garçons, sont appelés à défendre la mère patrie.
33:15 "L'armée rouge est un cauchemar pour les nazis."
33:21 Pour que l'armée rouge triomphe sur le front Est, l'opération Minsmith doit absolument convaincre l'Allemagne de détourner certaines de ses armées vers la Grèce.
33:29 "Plus il y a de mouvements de troupes du côté allemand, plus les soldats sont déplacés, plus l'attaque alliée pourra jouer sur l'effet de surprise."
33:38 A Londres, l'heure tourne. Orsfall a choisi le véhicule idéal pour transporter le caisson jusqu'à Greenock.
33:45 Un grand van Fortson de 1937, dont il se sert pour transporter ses voitures de course.
33:50 Le 19 avril 1943, le corps de Martin est chargé à bord du van peu après minuit.
33:56 Vers 2 heures du matin, Cholmley et Montagu attachent leurs ceintures, et Orsfall se lance dans une course contre la montre.
34:03 "Il n'avait qu'à prier pour arriver à Greenock en un seul morceau, parce qu'avec un pilote comme Orsfall, ce n'était pas garanti."
34:10 Plusieurs fois, Orsfall évite l'accident de justesse.
34:16 "Mais tout ce qui compte, c'est que le corps arrive à destination."
34:20 Ce matin-là, après un voyage épuisant, Orsfall, Cholmley et Montagu arrivent à Greenock.
34:27 L'équipage du sous-marin les aide à charger le caisson, sans savoir ce qu'il contient.
34:32 Le 19 avril à 16 heures, après 3 mois de préparation minutieuse sur leur création,
34:37 Cholmley et Montagu font leurs adieux au Major Martin, en espérant qu'il sera trompé les Allemands.
34:44 "Les dés sont lancés. Ces deux hommes ont voulu maîtriser chaque petit détail de l'opération.
34:53 Mais ce moment-là est forcément stressant, car ils n'ont plus de contrôle.
34:57 Ils n'ont qu'à espérer que tout ira bien et qu'ils récolteront les fruits de leur travail."
35:01 Le HMS Seraph largue les amarres et quitte le port de Greenock.
35:06 "L'équipage a servi au large de l'Afrique du Nord. Il a pris part à la bataille de l'Atlantique.
35:12 Ces hommes savent ce qu'est le combat et comprennent l'importance de chacune de leurs missions.
35:18 Pourtant, la plupart d'entre eux n'ont aucune idée de ce que contient le caisson qui a été chargé à bord de leur sous-marin."
35:24 Le 30 avril, le HMS Seraph s'approche furtivement du port de Huelva, dans le sud de l'Espagne.
35:30 "Il y a des U-boats partout dans la zone. Donc, larguer ce corps sous l'eau n'est pas sans risque."
35:38 Deux heures plus tard, le sous-marin atteint le point de largage.
35:42 Malheureusement, la zone est saturée de bateaux de pêche. L'équipage attend patiemment qu'ils s'éloignent.
35:49 Quand la voie est libre, trois hommes hissent le caisson dans l'écoutille de la torpille.
35:54 Le corps du Major Martin est extrait de son cercueil d'acier.
35:59 "Après dix jours dans l'océan, porté par les flots, le corps doit s'échouer sur le rivage dans le sud-ouest de l'Espagne, une nation proche de l'Allemagne.
36:11 Le MI5 espère que sa découverte remontera toute la hiérarchie jusqu'au service secret allemand.
36:20 Mais il y a encore beaucoup d'écueils potentiels."
36:23 À 4h30, le HMS Seraph est si près du rivage qu'il touche pratiquement le fond marin.
36:29 Le corps est largué près de Huelva et le sous-marin s'éloigne sans tarder.
36:33 De retour à Londres, Cholmly et Montagu attendent nerveusement des nouvelles.
36:38 "J'imagine leur angoisse en attendant de recevoir des nouvelles sur le dépôt du corps."
36:46 Quelques heures seulement après avoir été largué du sous-marin, le corps du Major Martin s'échoue sur le rivage.
36:53 Un pêcheur local le découvre à 14 km de Huelva.
36:57 "Mais que vont devenir les documents ? Vont-ils atterrir au bon endroit ?"
37:02 "L'espoir des alliés est que ce cadavre, ce piège improbable, si habilement posé, permettra d'appâter les Allemands et de les éloigner de la Sicile."
37:14 Voyant l'uniforme, le pêcheur comprend qu'il s'agit d'un militaire gradé.
37:20 Le corps et l'attaché caisse sont transportés d'urgence à la morgue de Huelva.
37:27 L'autopsie du Major Martin est pratiquée dès le lendemain par le docteur Fernandez.
37:32 Comme il s'agit du corps d'un soldat anglais, les Espagnols contactent le vice-consul britannique Francis Hazelden pour superviser la procédure.
37:41 Hazelden a été informé que le corps est l'élément central d'une opération stratégique britannique.
37:47 Le docteur Fernandez fouille les poches et pose leur contenu à côté de l'attaché caisse, toujours fermé à clé.
37:54 Il y a désormais sur la table tous les objets minutieusement choisis pour donner corps au Major Martin.
38:00 L'attaché caisse est ouvert. Son contenu est détrempé, mais l'écriture sur les enveloppes reste lisible.
38:07 Hazelden examine les noms, comprenant leur importance.
38:11 Les autorités espagnoles lui proposent alors de récupérer la mallette et son contenu sur le champ.
38:15 Mais il décline, demandant plutôt que la restitution se fasse par la voie officielle.
38:21 Ce refus pourrait paraître suspect, mais il est essentiel.
38:24 Dans un premier temps, les documents de la mallette sont transmis à la marine espagnole.
38:29 Pour cela que l'Espagne soit majoritairement pro-allemande, ce n'est pas le cas des forces navales espagnoles,
38:34 qui ont plus d'affinités avec l'Angleterre que les autres corps d'armée espagnoles.
38:38 Pendant ce temps, le principal espion allemand en Espagne, Adolf Kloss,
38:43 a eu vent de la découverte du corps d'un officier britannique, échoué avec des documents potentiellement importants.
38:49 Quand on travaille au sein d'un réseau d'espionnage, on essaie de montrer qu'on a de la valeur.
38:54 Si on fournit des informations qui finissent par être utilisées, on est en droit d'attendre une récompense.
38:59 Kloss voit donc une occasion en or.
39:01 Ces documents contiennent peut-être des informations extraordinaires que tout le monde s'arrachera et partagera.
39:06 Malheureusement pour lui, c'est désormais la marine espagnole qui détient les lettres.
39:10 Il devient de plus en plus difficile pour lui de mettre la main dessus.
39:13 L'opération Minsk-Mitt est en péril.
39:15 L'adversaire est patient, mais les Espagnols veulent suivre les procédures.
39:20 Ils ne souhaitent pas que les Alliés pensent que leur souveraineté est compromise,
39:24 qu'ils cèdent à la pression des Allemands, qu'ils ne sont plus tout à fait neutres.
39:30 L'existence d'un canal direct avec l'abvers aurait indiqué que la neutralité espagnole était factice.
39:36 Chumley et Montagu ont fait du Major Martin un catholique, dans l'espoir d'éviter une autopsie exhaustive.
39:42 Mais leur stratagème échoue, car le médecin espagnol est bien décidé à pratiquer la procédure.
39:47 Heureusement, Hazelden est vigilant. Il ne connaît que quelques détails de l'opération Minsk-Mitt,
39:52 mais il comprend qu'une autopsie trop rigoureuse trahirait à coup sûr la véritable cause du décès,
39:57 qui n'est pas la noyade.
39:59 Le docteur Fernandez est un médecin compétent, et où elle va étant une ville côtière,
40:03 il connaît bien les morts par noyade.
40:05 Il examine les poumons gorgés de liquide, mais il a un doute.
40:09 Il n'a pas l'impression qu'il s'agisse d'eau.
40:11 Hazelden intervient et lui rappelle que la chaleur extrême a certainement détérioré le corps.
40:16 Il lui assure que l'autopsie peut en rester là.
40:19 Le docteur Fernandez finit par céder et délivre le certificat de décès.
40:23 Avec une opération militaire classique, le commandement peut suivre la progression presque en temps réel.
40:30 Mais dans le cas de l'opération Minsk-Mitt,
40:33 ils ont dû s'armer de patience avant de savoir si le plan avait réussi.
40:38 L'attente a dû être atroce.
40:41 Le 2 mai 1943 se déroulent les funérailles militaires officielles du Major William Martin.
40:47 De nombreux invités de marque y assistent, dont le vice-consul britannique Hazelden,
40:51 ainsi que le capitaine Don Gomez Bear, de la marine britannique.
40:55 Glenn Blumeichel meurt deux fois.
40:59 Ce sans-abri galois va obtenir des funérailles militaires avec les honneurs
41:02 lors de son enterrement en Espagne en tant que Royal Marine.
41:07 Hazelden et Gomez Bear aperçoivent Adolf Klaus, l'espion allemand,
41:11 en train d'observer discrètement le cortège funèbre.
41:14 On sait qu'Adolf Klaus a été prévenu et qu'il surveille ce qui se passe.
41:18 Klaus est un patient de connaître l'identité du corps retrouvé,
41:21 de découvrir la réelle valeur des documents et de notifier les canaux de communication appropriés.
41:26 Pour lui, c'est la garantie d'avoir un emploi,
41:28 une manière de s'assurer un statut confortable dans tout ce système.
41:32 Il a visiblement mordu à l'hameçon.
41:34 Maintenant que la mallette est entre les mains de la marine espagnole,
41:37 Londres et l'ambassade britannique à Madrid doivent faire mine de s'inquiéter
41:41 de la perte des documents top secret qu'elle contient.
41:44 Une telle mise en scène ne fonctionne que si chacun joue son rôle.
41:47 Si Londres avait fait preuve d'indifférence à l'égard des lettres retrouvées avec le major décédé,
41:51 ça aurait mis la puce à l'oreille de l'abvers.
41:54 Pourquoi les Anglais s'en moquent ?
41:56 Pourquoi est-ce qu'ils agissent comme si on avait mis la main sur une liste de courses
41:59 ou un mémo sans importance ?
42:01 Pour Elva, Hazelden appelle l'ambassade britannique à Madrid.
42:04 Londres transmet également des câbles.
42:07 Tous ces messages soulignent l'urgence de récupérer les documents au plus vite.
42:10 Mais le pire serait qu'en exigeant la restitution des lettres, Madrid réponde
42:14 « Oh, tenez, les voilà ! »
42:16 Les Britanniques s'arrangent pour que ces communications au ton désespéré
42:19 soient interceptées par les services secrets allemands.
42:22 Le désespoir fin par les Anglais achève de convaincre Closs et Lapeverre
42:25 qui sont plus impatients que jamais de mettre la main sur une copie de ces lettres.
42:29 Trois jours se sont écoulés depuis les funérailles.
42:32 Adolf Closs ne sait toujours rien du contenu des documents militaires toujours sous-cellés.
42:36 Le renseignement militaire, Lapeverre est un peu le parent pauvre des services secrets allemands.
42:41 L'organisation n'est pas très bien financée, elle n'est pas considérée comme un groupe d'élite.
42:45 En tout cas, pas comme le service de renseignement de l'ASS.
42:49 Or c'est une affaire énorme.
42:51 Avec ce corps, Closs pourrait bien mettre Lapeverre sur le devant de la scène.
42:54 Nous savons où les alliés vont débarquer, voici les documents.
42:58 Devant l'absence de progrès, Wilhelm Canaris, le chef de Lapeverre à Berlin, doit intervenir lui-même.
43:04 Cet amiral de Horan fait jouer ses relations dans la marine espagnole pour accéder au contenu des lettres.
43:10 C'est un camouflet pour Closs qui connaît leur existence depuis une bonne semaine.
43:15 Bien entendu, Closs obtient la permission de consulter l'attaché Case.
43:22 Les documents importants sont photographiés et transmis à sa hiérarchie.
43:27 Les documents sont pris très au sérieux et transmis à Berlin.
43:31 Évidemment, ils n'ont pas appelé pour dire "j'ai des documents qui affirment que les alliés vont envahir la Grèce".
43:37 Non, les lettres sont parties directement à Berlin pour une analyse.
43:41 Les lettres atterrissent au Friende Hervest, le FHW, la cheville ouvrière du renseignement de l'état-major allemand.
43:49 Ils sont au courant de presque tout ce qui se passe sur le continent.
43:54 Ils ont des espions et des informateurs partout.
43:57 La Gestapo s'emploie à démasquer les insurgés et les ennemis de l'État.
44:02 L'Europe est un terrain miné.
44:05 Il est difficile de berner le renseignement militaire et de lui faire avaler des couleuvres.
44:12 L'État allemand est par nature paranoïaque.
44:17 Un régime totalitaire est obligé de vivre dans le doute, car au moindre faux pas, la partie est perdue.
44:24 Sur la foi du contenu des lettres, l'Abwehr détermine que l'Allemagne a deux à trois semaines au plus pour renforcer ses positions en Grèce avant l'invasion alliée.
44:31 Pour parvenir jusqu'à Hitler, il faut que chaque maillon de la chaîne y croie.
44:36 Si qui que ce soit a le moindre doute, alors toute la mission échoue.
44:40 Les Britanniques vivent dans l'angoisse. Est-ce que le renseignement allemand va mordre à l'hameçon ?
44:46 À Berlin, la décision est prise. Hitler doit être mis au courant.
44:50 L'opération Minschmitt est parvenue jusqu'au sommet de la hiérarchie allemande.
44:54 Le 12 mai, Bletchley Park intercepte un message allemand.
44:58 Il prévient de l'imminence d'un débarquement allié à grande échelle prévu à la fois dans l'Est et l'Ouest de la Méditerranée.
45:05 Mais l'Allemagne est-elle tombée dans le piège ? Ou s'agit-il d'une autre supercherie ?
45:12 Comment savoir s'ils se sont laissés berner ?
45:16 Minschmitt pourrait très bien se retourner contre les Alliés, et les troupes de débarquement pourraient tomber dans un piège.
45:22 Sachant qu'une invasion par la mer est toujours délicate.
45:25 Si les Alliés sont attendus par les Allemands et se retrouvent pris au piège sur les plages,
45:29 les pertes pourraient être très élevées et l'invasion serait un fiasco.
45:33 Si les Allemands découvrent la supercherie, on peut imaginer que des milliers de soldats alliés y laisseront leur vie.
45:39 Enfin, Cholmley et Montagu apprennent une information qui semble confirmer le succès de Minschmitt.
45:45 Maintenant qu'il a la lettre de Cholmley et Montagu entre les mains,
45:50 Hitler publie un décret qui envoie 90 000 soldats allemands en Grèce pour creuser des tranchées
45:57 et fortifier un endroit où les Alliés ne débarqueront jamais.
46:03 Une fois qu'Hitler a ordonné cette mobilisation, personne au sein du haut commandement nazi n'osera remettre en question cette décision.
46:11 Ils ont décroché le gros lot. Toute l'Allemagne est tombée dans le panneau.
46:15 À Bletchley Park, les nombreuses missiles allemands interceptés donnent une idée plus précise de la physionomie des positions allemandes en Sicile.
46:23 La côte sera défendue par 300 000 soldats le long de 1000 kilomètres de littoral.
46:28 Deux tiers de ces hommes sont des Italiens mal entraînés et mal équipés pour résister à un débarquement.
46:33 La plupart de ces soldats postés en Sicile sont découragés.
46:38 Et cet état d'esprit est une aubaine pour les Alliés.
46:41 9 juillet 1943, les Alliés initient l'opération Husky, l'invasion de la Sicile.
46:47 C'est l'aboutissement de plusieurs mois de travail depuis l'opération Minschmitt.
46:51 Deux troupes aéroportées américaines et deux britanniques lancent des assauts peu après minuit.
46:57 Le 10 juillet, aux premières lueurs, débute l'assaut amphibie.
47:01 Des troupes débarquent sur une bande de 180 kilomètres sur les côtes sud et est de l'île.
47:06 Les forces britanniques et canadiennes attaquent à l'est et les américains à l'ouest.
47:11 C'est une opération coup de poing qui dure six semaines environ.
47:15 Les Alliés occupent désormais l'île et tiennent une tête de pont idéale pour envahir l'Italie,
47:20 ce qu'on pense être le ventre mou de l'Europe, mais qui opposera une belle résistance.
47:26 Heureusement que les Alliés ne subissent pas trop de pertes lors de cette première opération en Sicile,
47:31 car se profile la guerre d'Italie.
47:33 L'attaque ouvre aux Alliés les routes maritimes méditerranéennes.
47:37 L'opération Minschmitt a épargné un nombre incalculable de vies du côté allié.
47:44 Si les 90 000 ou 100 000 soldats allemands étaient restés à la frontière italienne,
47:48 la campagne d'Italie aurait été un horrible bourbier.
47:51 Bien qu'elle ait été prise au dépourvu, la Wehrmacht déferle sur la péninsule le 6 août 1943
47:57 pour éviter toute possibilité de traité de paix entre l'Italie et les Alliés.
48:00 Mais ce déplacement de troupes oblige l'état-major à relâcher son emprise sur le front est
48:04 et à se retirer des territoires russes et ukrainiens.
48:07 L'Allemagne est désormais prise en tenaille entre les troupes soviétiques à l'est
48:11 et une invasion alliée depuis la Sicile au sud.
48:14 Elle mène une guerre sur deux fronts et l'étau commence à se resserrer.
48:18 Il devient dangereux de déplacer des troupes du front est vers l'Italie et vice-versa
48:23 parce que chaque soldat est nécessaire et indispensable pour résister.
48:27 Les lignes intérieures ne peuvent plus être sollicitées
48:30 et c'est un problème majeur pour l'Allemagne nazie.
48:33 Avec le retrait de troupes nazies du front est, le rapport de force s'équilibre
48:37 et l'armée rouge dispose de suffisamment d'effectifs pour lancer sa grande offensive.
48:41 L'avenir s'assombrit pour l'Allemagne.
48:43 Les américains sont entrés en guerre à l'ouest
48:46 et l'armée rouge résiste beaucoup mieux que prévu à la puissance de feu de la machine de guerre allemande.
48:53 Pendant ce temps, sur le théâtre européen, le 25 juillet 1943, Mussolini est arrêté.
48:59 Moins de deux semaines plus tard, l'Italie signale sa volonté d'accepter un traité de paix.
49:05 L'Italie fasciste tombe très rapidement.
49:08 C'est un nouveau coup dur pour le Reich.
49:10 Son allié au sud est hors circuit.
49:13 Le 8 septembre, la reddition de l'Italie est annoncée par le général Eisenhower.
49:18 L'armistice est aussitôt confirmé par la proclamation de Badoglio, nouveau chef du gouvernement italien.
49:23 L'opération Husky est un succès.
49:25 Si Midsmith n'avait pas convaincu les allemands de déplacer leurs troupes,
49:28 les alliés n'auraient peut-être jamais pris la Sicile.
49:31 Sur le front est, le succès de l'opération confère à l'armée rouge un avantage décisif sur l'Allemagne.
49:39 L'envoi de troupes prélevées sur le front de l'Est ouvre le champ à l'armée rouge qui progresse plus rapidement vers l'Allemagne.
49:46 Le 23 août, les russes remportent la bataille de Kursk, la plus grande bataille de blindés de l'histoire.
49:53 Cette déroute allemande marque la fin des assauts de la Wehrmacht sur le front Est.
49:58 Elle ouvre surtout la voie aux offensives soviétiques de 1944 et 1945
50:03 qui aboutiront à la prise de Berlin et à la chute du Reich.
50:06 Tout le monde veut désespérément mettre fin à cette guerre et de toute évidence,
50:10 l'opération Minschmitt a précipité la chute de l'Allemagne nazie.
50:14 Ce qui m'étonne encore, c'est que le MI5 ait permis à ces deux gamins de 20 ans,
50:21 Cholmley et Montagu, de mettre en œuvre cette idée farfelue de placer des preuves sur un cadavre.
50:27 Ils ont reçu carte blanche.
50:30 Et le pire, c'est que ça a marché.
50:35 La guerre est gagnée par les soldats, bien sûr, mais aussi par la population civile.
50:40 C'est un combat psychologique, une lutte de l'esprit.
50:44 L'opération Minschmitt montre que tout est possible
50:49 lorsqu'on s'aventure en dehors des sentiers battus.
50:55 Ils ont eu la liberté de chercher une solution qui allait subjuguer l'ennemi.
51:05 Et surtout, en fin de compte, abréger cet horrible conflit.
51:11 Cholmley et Montagu recevront les honneurs pour leur rôle dans le succès de la mission.
51:17 Mais ils ne seront pas les seuls.
51:19 En 1998, une nouvelle inscription a été ajoutée à la pierre tombale du faux-major William Martin.
51:26 Elle rend hommage à un acteur essentiel de l'opération Minschmitt, Glendour Michael.
51:31 A son insu, il a changé le cours de la guerre et sa mort a sauvé des milliers de vies.
51:38 [Musique]
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