- il y a 2 ans
Les invités de Lionel Rosso débattent de l'actualité dans #180minutesInfoWE le samedi et le dimanche
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00:00:00 Bonjour à tous, 180 minutes info, week-end au coeur de la crise des agriculteurs en direct.
00:00:05 Je vous présente nos invités pour nos débats dans quelques instants.
00:00:08 Sachez que Gabriel Attal, le Premier ministre, vous l'avez vécu sur CNews ce matin,
00:00:12 au contact des agriculteurs, des paysans en Indre-et-Loire, près de Tours, aujourd'hui.
00:00:17 Et actuellement, vous le voyez sur les images en direct, c'est Marine Le Pen qui est à la rencontre des agriculteurs dans le nord de la France.
00:00:24 Nous tondons l'oreille pour l'écouter.
00:00:26 Il faut changer ce modèle, mais pour ça, il faut avoir le courage d'aller dans un certain nombre d'instances pour dire stop.
00:00:34 Parce que vous êtes pas les seuls, objectivement.
00:00:36 Vous le voyez bien que sur l'histoire des normes écologiques, etc., vous avez bien vu la révolte aux Pays-Bas, vous avez bien vu la révolte en Allemagne.
00:00:45 Non mais pour avoir que dans ces pays européens, ça va mal, c'est que vraiment...
00:00:48 Mais bien sûr ! Et encore, il n'y a pas eu la révolte en Espagne parce qu'il y a eu la TVA 0% sur le panier de première nécessité,
00:00:55 parce qu'il y a eu ce que nous proposions d'ailleurs, la baisse sur le prix de l'électricité.
00:01:04 Ils sont sortis du marché de l'électricité.
00:01:06 Oui, bien sûr ! Mais bien sûr, ils sont sortis de la taxation.
00:01:11 Voilà, c'est ce que nous demandions de faire.
00:01:14 Bon, ils nous ont dit non, c'est impossible, ça ne fonctionne pas, etc.
00:01:17 Aujourd'hui, ils vont sur les plateaux de télévision dire "Ah bah oui, l'Espagne se porte bien parce que ça a fonctionné".
00:01:22 Bah oui, ça a fonctionné, on sait bien ce qu'on vous disait, que ça a fonctionné.
00:01:25 Donc voilà, il faut remettre ce modèle à plat et considérer que l'agriculture,
00:01:29 exception agriculturelle, que l'agriculture c'est évidemment quelque chose qui doit être à part,
00:01:36 parce que, encore une fois, il en va de notre vie, de notre nourriture...
00:01:41 Ça a été accepté pour la nourriture.
00:01:43 Non mais de notre vie, et de la liberté de notre pays.
00:01:47 Regardez les pays qui ne produisaient pas de nourriture et qui dépendaient des autres.
00:01:53 L'Irak, voilà, par exemple.
00:01:56 Voilà un pays qui dépendait des importations pour vivre.
00:01:59 Et bah, le jour venu, il y a eu, je sais plus, un million de morts,
00:02:05 parce qu'il n'y avait plus de nourriture, parce qu'il n'y avait plus de médicaments qui arrivaient,
00:02:09 parce qu'il n'y avait plus... Tout ça pour des raisons géopolitiques X ou Y.
00:02:12 On ne peut pas, nous, grandes puissances, grandes nations agricoles,
00:02:17 c'est notre identité, je veux dire, c'est pas quelque chose qu'on a construit, c'est notre identité.
00:02:22 On l'a vu avec les masques.
00:02:24 On l'a vu avec les masques pendant le Covid,
00:02:26 tous les Français ont dû reconstruire des masques,
00:02:29 parce qu'il n'y avait que trois usines pour faire des masques.
00:02:31 Et bah, si demain, il n'y a plus d'agriculteurs, et qu'après, il n'y a plus d'importations...
00:02:37 Si demain, il n'y a plus d'agriculteurs, déjà, il n'y a plus la France telle qu'on la connaît, quand même.
00:02:42 - Les paysages ? - Non, mais les paysages, rien que ça.
00:02:44 Vous venez parce que ce sera la jungle.
00:02:47 Dans le sud, on parle de problématiques de feu.
00:02:49 Si demain, il n'y a plus d'agriculteurs qui entretiennent les paysages du sud,
00:02:54 il peut y avoir aussi des risques de feu.
00:02:56 On veut des prairies, mais pas des vaches. On est dans le Nord-Pas-de-Calais.
00:02:58 Aujourd'hui, ils veulent des prairies, mais ils ne veulent pas de vaches.
00:03:01 - Ils veulent des jardiniers. - C'est pas possible, parce qu'on va continuer...
00:03:04 - Ils veulent des jardiniers. - Ils veulent des jardiniers.
00:03:06 - C'est pas le même boulot. - Si il n'y a plus personne qui a pas pu la parole,
00:03:08 je vais vous demander tout à l'heure.
00:03:09 Merci de nous avoir écoutés. Je pense qu'on a fait le tour des principales invitations.
00:03:14 Ce qu'on peut vous proposer, c'est soit boire un petit coup tout de suite,
00:03:18 je crois que vous avez soif, non ?
00:03:20 Ou faire un tour en tracteur aussi, pour voir un peu...
00:03:23 - Comme vous voulez. - Comme vous voulez.
00:03:25 Soit vous faites le tour en tracteur maintenant, ou...
00:03:28 - Faisons le tour en tracteur. - Eh ben...
00:03:31 Marine Le Pen, en direct dans le Nord de la France, après être allée à Hénin-Broumont,
00:03:35 elle était au contact, donc, dans cette exploitation agricole des paysans, des agriculteurs.
00:03:40 On va l'évoquer, avec l'actualité politique autour de cette crise de l'agriculture et des paysans,
00:03:47 puisque Gabriel Attal, je vous le disais tout à l'heure, lui, était en Indre-et-Loire ce matin.
00:03:51 On va en parler avec Salomé Fontaine, qui nous a rejoints sur ce plateau.
00:03:53 - Bonjour. - Bonjour.
00:03:54 Soyez la bienvenue. Vous êtes la vice-présidente de la coordination rurale de l'Aube.
00:03:58 Et on va, évidemment, vous écouter dans quelques instants pour avoir votre sentiment.
00:04:01 Est-ce que les politiques sont vraiment maintenant au contact et au soutien des agriculteurs ?
00:04:05 Karima Bric est avec nous également. Bonjour Karima, merci de nous rejoindre.
00:04:08 Joseph Touvenel également. Soyez le bienvenu, Joseph Touvenel.
00:04:11 Juste un petit mot sur ce bal des politiques depuis quelques jours maintenant,
00:04:15 depuis un petit peu plus d'une semaine. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
00:04:18 - Pas grand-chose, pour être tout à fait honnête.
00:04:24 Alors, mise à part peut-être le Premier ministre qui vient rencontrer des agriculteurs sur le terrain,
00:04:31 ce que je trouve courageux, là, pour le coup, qu'on l'aime ou pas, il fallait oser.
00:04:35 Pour les autres, chacun vient vendre ses idées politiques générales.
00:04:41 Là, il ne s'agit pas de politique au sens large, il s'agit juste d'agriculture,
00:04:46 et de l'agriculture qu'on veut en France, qu'on veut en Europe.
00:04:50 Et est-ce qu'on veut une agriculture avec des agriculteurs, en fait ?
00:04:54 Donc, qu'on nous vende pour l'un la sortie de l'Europe, pour l'autre la convergence des luttes,
00:05:02 enfin, honnêtement, hors sujet.
00:05:04 - Est-ce que vous avez le sentiment que les politiques vous ont oublié toutes ces années,
00:05:07 et que là, ils se réveillent parce qu'il y a une actualité vibrante,
00:05:10 avec une certaine tension désormais, qui va se propager très vraisemblablement dans les prochaines heures.
00:05:16 Donc, ces politiques vous ont à la fois négligé, peut-être même un peu baladé ?
00:05:21 - Alors, baladé, c'est certain.
00:05:23 Pour commencer, là, alors, Marine Le Pen n'a pas été au pouvoir jusque-là,
00:05:30 mais la droite, la gauche, enfin, bon, il y en a combien qui ont gouverné pendant des décennies ?
00:05:35 Et le problème agricole, le ministre de l'Agriculture l'a dit tout à l'heure,
00:05:39 j'ai entendu brièvement dans la voiture, oui, ça fait très très longtemps qu'il dure.
00:05:43 Le malaise agricole dure depuis longtemps, les suicides des agriculteurs, c'est pas nouveau.
00:05:47 Donc, et des promesses, il y en a eu, voilà, et des décisions prises par ailleurs, il y en a eu aussi,
00:05:55 et qui n'ont pas forcément été dans le bon sens, et qui ont continué jusqu'à récemment à ne pas l'être.
00:06:01 Et donc, j'attends, moi, personnellement, je suis quelqu'un qui fait confiance, normalement,
00:06:06 donc j'ai envie de faire confiance au ministre de l'Agriculture et au Premier ministre,
00:06:11 mais on va voir, enfin, moi, je serai très vigilante sur les discussions,
00:06:18 donc moi, je viens de recevoir un SMS, la coordination rurale de l'Aube sera reçue par Madame la Préfète de l'Aube lundi,
00:06:24 donc c'est réactif, c'est très bien.
00:06:27 C'est la volonté, Gabriella Tall, justement, les agriculteurs en contre les préfets.
00:06:30 Je constate qu'en fait, là, c'est dit, pour un coup, c'est fait, enfin, pour un coup,
00:06:34 il n'est pas Premier ministre depuis suffisamment longtemps pour qu'on le soupçonne de mensonges systématiques,
00:06:39 mais là, je constate que c'est fait, donc je ne sais pas ce que ça donnera,
00:06:42 mais déjà, c'est un bon signe et c'est une bonne chose.
00:06:46 Et rappelez que la France, par la voix de son Premier ministre et son ministre de l'Agriculture,
00:06:51 aime les agriculteurs, veut maintenir une agriculture en France,
00:06:55 qu'elle est de bonne qualité, qu'elle est sécure pour les consommateurs,
00:07:01 parce que je rappelle quand même que si on a eu un certain nombre d'interdictions,
00:07:05 c'est pour l'environnement et les gens qui mangent la nourriture.
00:07:07 Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, étant direct sur l'antenne de CNews,
00:07:11 il réagit sans doute aux déclarations de Gabriel Attal, ce matin, on l'écoute.
00:07:14 Pourquoi on veut défendre ce que les Français ont dans leur assiette ?
00:07:17 Et vous avez vu, la détermination des gens qui sont autour de moi, c'est la même partout.
00:07:20 La détermination, vous disiez tout à l'heure, demain, c'est peut-être l'une des semaines les plus dangereuses,
00:07:24 avec cette annonce du blocage de la capitale, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce que vous craignez, vous ?
00:07:28 Je n'ai pas dit que ce serait la semaine la plus dangereuse, je dis que ce serait une semaine déterminante.
00:07:32 Nous, ce qu'on veut, vous l'avez entendu, j'ai rappelé les consignes de sécurité,
00:07:36 qu'on ne souhaitait pas de violence, et par ailleurs, nous, on attend que le gouvernement
00:07:42 nous donne les signes de la compréhension. J'ai compris que le Premier ministre, ce matin,
00:07:45 avait dit qu'il était prêt à faire évoluer la copie.
00:07:48 Eh bien, donc, tac, travaillons, avançons. Mais le Premier ministre le sait, nous, ce qu'on attend,
00:07:52 au-delà des mesures, qui encore une fois, pour un certain nombre d'entre elles, vont dans le bon sens,
00:07:56 c'est le changement de logiciel, c'est la compréhension que les agriculteurs,
00:08:01 ils veulent un cap, ils veulent comprendre que leur métier a du sens,
00:08:05 que travailler pour gagner sa vie, c'est quelque chose qui est réclamé depuis longtemps
00:08:09 et qui a beaucoup trop, aujourd'hui, d'injonctions. Le diagnostic, il l'a redit encore ce matin,
00:08:13 il est compris. Et puis ensuite, dans ce moment de forte tension,
00:08:18 j'appelle tout le monde à rester calme, et je le dis notamment au ministre de l'Agriculture,
00:08:21 qui nous a dit ce matin que ce n'était pas notre intérêt. Alors, qui nous laisse gérer notre intérêt ?
00:08:25 Qui s'occupe du portefeuille qu'est le sien, sur lequel on attend beaucoup depuis son arrivée,
00:08:29 il y a 20 mois, et à ces conditions-là, et parce que chacun est à son poste,
00:08:33 alors on essaiera de sortir de ce moment de forte pression. C'est ce qu'on souhaite,
00:08:37 mais on ne le fera pas dans n'importe quelle condition. Vous avez compris, encore une fois,
00:08:40 qu'on avait des demandes, et que tant que ces demandes ne sont pas satisfaites,
00:08:43 la mobilisation sera totale.
00:08:44 Ce matin, il y a eu une réunion avec le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
00:08:47 pour empêcher tout blocage de la capitale et de l'île de France, avec un dispositif de sécurité
00:08:51 dès demain qui sera très important. Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:08:54 Moi, je n'ai pas entendu ou pas eu connaissance d'une seule violence ou agression
00:09:00 envers les forces de l'ordre, pas une seule. Ce n'est pas l'esprit du monde agricole.
00:09:05 On est conscient qu'on engage un grand nombre de gens sur le terrain.
00:09:10 Encore une fois, notre objectif, ce n'est pas la violence, ce n'est pas d'aller à la provocation.
00:09:15 Si certains veulent le faire, ils le feront en dehors du cadre qui est le nôtre,
00:09:19 en prenant leurs responsabilités. Le sujet, c'est de faire comprendre
00:09:23 que vendredi, ce n'était pas la fin et que la mobilisation est totale.
00:09:27 Je crois que le Premier ministre l'a compris. En tous les cas, je l'espère.
00:09:29 Si on vous empêche d'accéder à la capitale, de bloquer l'île de France, qu'est-ce que vous pensez ?
00:09:33 Vous voyez que chaque jour pose les conditions. On verra demain quel est l'état des forces en présence
00:09:41 et quelles sont surtout les conditions dans lesquelles le gouvernement veut poursuivre ce dialogue.
00:09:46 Moi, j'ai tendu la main dès vendredi soir. Au moment où je vous parle, on est prêt à continuer à travailler.
00:09:51 On verra demain. Merci beaucoup à tous. Bonne journée.
00:09:55 [Brouhaha]
00:09:58 Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, qui réagissait en direct avec une détermination qui reste très ferme, en effet,
00:10:05 et la venue du blocus et du blocage autour de Paris en île de France, demain prévu notamment à 14h.
00:10:12 Mais il peut y avoir encore des évolutions. Cela risque de se tendre encore.
00:10:15 Est-ce que vous êtes en accord, vous de votre côté, Salomé Fontaine, avec Scadil, président de la FNSEA,
00:10:20 sur cette volonté, finalement, de continuer à exercer un blocus et une pression sur le gouvernement ?
00:10:27 Bien que Gabriel Attal ait annoncé ce matin qu'il envisageait des mesures supplémentaires.
00:10:31 On ne sait pas lesquelles, mais en tout cas, il envisage des mesures supplémentaires.
00:10:35 Globalement, je pense que le sujet, ce n'est pas uniquement le blocage de Paris.
00:10:41 Il va continuer à y avoir des actions des syndiqués, des non-syndiqués dans les départements.
00:10:49 Ce n'est que les porte-parole de nos adhérents.
00:10:52 Vous, dans l'aube, vous allez continuer à bloquer ?
00:10:54 Allez-vous venir sur Paris pour uniformiser la démarche ?
00:10:59 Nous, dans l'aube, là, pour ce qui est de la coordination rurale dans l'aube,
00:11:01 alors la FNSEA et les GIA de l'aube appellent à bloquer Paris. Je crois avoir vu ça ce matin.
00:11:07 Non. Nous, lundi, on va discuter avec la préfecture et dire ce qu'on veut, ce qu'on attend.
00:11:15 On ne peut pas à la fois menacer de bloquer la capitale française et dire qu'on discute.
00:11:22 La main nous est tendue, on va la saisir, on ne va pas la lâcher.
00:11:27 J'aimerais, en fait, je vais vous dire honnêtement, j'aimerais sur les mesures qui concernent l'Europe,
00:11:36 qu'on nous explique clairement comment on peut faire appliquer les normes françaises
00:11:41 sur ce qui vient des autres pays européens et des pays étrangers.
00:11:44 Alors moi, je n'ai pas fait de droit, je ne suis pas avocat, je ne suis pas député européen,
00:11:47 mais l'article 36 du TFUE, traité de fonctionnement de l'Union européenne,
00:11:53 nous permet d'interdire ou de contrôler des biens qui viennent sur notre territoire,
00:12:00 même de la part d'autres pays de l'Union, pour protéger la santé, l'environnement, la moralité, etc.
00:12:07 Donc, pour un certain nombre de productions françaises qui se retrouvent en concurrence avec nos voisins immédiats...
00:12:14 - Concurrence que vous estimez déloyale.
00:12:17 - Mais qu'il est, ce n'est pas une estimation, c'est une réalité.
00:12:20 - Que vous considérez en tout cas c'est une réalité, puisque vous avez des normes que vous devez respecter,
00:12:24 ces normes-là pour les mêmes produits ne le sont pas dans les pays voisins.
00:12:27 - Voilà, tout à fait. Et donc moi j'attends par exemple que, ou alors ça a été cité et je ne l'ai pas entendu,
00:12:33 mais que quelqu'un nous dise "nous allons faire usage de cet article".
00:12:37 Voilà, donc déjà ce serait très clair, ce serait très net,
00:12:42 et si on ne peut pas en faire usage parce que les normes qu'on impose aux Français
00:12:46 ne protègent pas réellement l'environnement ou la santé, alors moi je propose, en mon nom à moi, supprimons-les.
00:12:53 Si on ne peut pas les défendre auprès de nos voisins, c'est qu'elles n'ont pas de sens.
00:12:57 Donc ça c'est pour la partie européenne, c'est concret, dire "on va discuter, on passe notre temps à discuter".
00:13:02 - Oui mais c'est frappé du coin du bon sens, et il est vrai que pour des raisons pragmatiques,
00:13:05 le Premier ministre aurait pu très bien annoncer et prendre cette décision.
00:13:08 - Alors c'est probablement technique, et peut-être que j'ai lu cet article et je n'ai rien compris, parce que je ne suis pas juriste.
00:13:12 - Mais pas tant que ça, c'est tellement frappé du coin du bon sens que ce n'est pas si technique que ça, je pense que tout le monde peut le comprendre.
00:13:18 - Donc ça c'est la première chose. Sur la partie européenne, voilà, ce sera un peu concret,
00:13:21 j'attends aussi, et je ne pense pas être la seule, un calendrier précis,
00:13:25 on en discute quand, quand est-ce qu'on prend des décisions au niveau de l'Europe et des négociations.
00:13:30 Sur la partie française, évidemment, vu l'empilement de normes, et j'invite chacun à consulter les pléthores de lois
00:13:38 que je défie n'importe quel député de la nation de pouvoir nous citer et de pouvoir appliquer,
00:13:42 que ce soit en tant que sur le Code rural, environnemental, et tutti quanti, parce qu'on les empile et on y va,
00:13:48 ça va prendre du temps, parce qu'en fait on a mis 30 ans à les empiler les unes sur les autres.
00:13:54 Donc moi j'invite tous les agriculteurs, sur leur production, dans leur département, sur leur exploitation,
00:14:01 à faire une liste des trucs qui, passez-moi l'expression, nous emmerdent, n'ont pas de sens, ou sont inapplicables,
00:14:08 et aller appeler la préfecture et dire "bon ben voilà, ça ça ça va pas, il faudra remonter à qui de droit"
00:14:14 et on sera pragmatiques. Nous on est des gens de la terre, on est concrets, en fait on veut juste que ce soit clair, c'est pas compliqué.
00:14:23 - Et pour que ce soit bien clair, alors qu'on aperçoit Marine Le Pen sur les images en direct, toujours au contact de cette exploitation agricole,
00:14:30 en visite dans cette exploitation agricole, quand on entend le président de la FNSEA qui dit "nous allons nous rendre vers Paris pour exercer ce blocage"
00:14:39 et que vous, vous nous dites "pour l'instant, on ne va pas bloquer Paris", je parle de votre coordination.
00:14:45 - De mon département. - De votre département, mais que nous allons d'abord discuter avec le préfet,
00:14:49 est-ce que vous pensez qu'il n'y a pas un décalage entre les paysans pour qu'il y ait une union, une union globale et totale pour être encore plus fort ?
00:14:56 - Alors je vais tenter de citer le Dru Rollin, je suis obligée de les suivre, je suis leur chef.
00:15:05 Voilà, si vous voulez, si les agriculteurs non-syndiqués ou syndiqués ont décidé, parce qu'ils en avaient marre,
00:15:15 de prendre leur tracteur et d'aller à Paris, qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?
00:15:19 Enfin, clairement, voilà. Moi je vais aller représenter ceux qui m'ont mis là où je suis, auprès de la préfecture,
00:15:28 porter leur voix calmement parce que je ne fais pas partie des gens qui sont pour la violence ou les menaces,
00:15:34 ce n'est pas mon style, je suis quelqu'un de calme, mais je ne vais pas empêcher les gens de faire ce qu'ils ont envie de faire.
00:15:41 Rappelez-vous tous, même ceux qui n'ont jamais mis une paire de bottes, qu'il y en a qui ne peuvent pas vivre et qui travaillent beaucoup.
00:15:50 - C'est bien ça la situation. - Et qui se suivent massivement.
00:15:52 Et depuis des générations, et tiens, je vous en parle, j'en ai la chair de poule,
00:15:56 je veux dire, combien sont poussés au désespoir pour diverses raisons ?
00:16:01 Et je peux comprendre que la colère ne redescende pas vite, parce que c'est à la fois la colère, le désespoir, le ras-le-bol et l'impression...
00:16:08 - Et les exploitations qui ferment.
00:16:09 - Les exploitations qui ferment, ne pas pouvoir transmettre à nos enfants, il faut en avoir conscience de tout ça.
00:16:14 - Et on en parle sur l'antenne de CNews, évidemment, on tend l'oreille pour écouter Marine Le Pen qui échange encore une fois avec les agriculteurs autour d'un verre.
00:16:21 - Aujourd'hui, c'est la commercialisation qui est faite comme ça. De toute façon, aujourd'hui, nous, on est petit producteur,
00:16:31 moi je vais sur le mine de l'homme, qui est le deuxième mine, pour livrer mes fraises.
00:16:35 Mais je suis juste la variable d'ajustement par rapport au smear-mort qui arrive en fraises du sud de la France.
00:16:44 - L'échange se poursuit et se prolonge sur les problématiques du quotidien, les problématiques locales de chacun des agriculteurs,
00:16:51 mais effectivement, les normes européennes, c'est ce qui réunit, c'est le dénominateur commun et toutes les contraintes qui sont celles des paysans français qui sont véritablement problématiques.
00:16:59 Joseph Toutenel, il est indispensable néanmoins que les agriculteurs maintenant tapent fort pour se faire entendre, se faire comprendre qu'il ne faut pas lâcher ?
00:17:09 - La preuve, c'est que s'ils n'avaient pas tapé fort, aujourd'hui, on ne parlerait pas des agriculteurs, puisque ça fait effectivement des années que le problème ne fait que croître en bélir.
00:17:18 Alors, l'avantage de Marine Le Pen dans le monde politique, c'est qu'elle, par rapport notamment à Ciotti ou à Le Maire, elle n'a pas voté le traité de Lisbonne.
00:17:27 Ça, c'est un gros avantage politique. C'est de pouvoir dire "mais les amis, ce qui se passe avec ces normes européennes, contre lesquelles on ne peut pas s'opposer ou on ne s'oppose pas,
00:17:37 mais c'est parce que vous n'avez pas suivi la volonté du peuple français quand il y a eu le référendum sur le traité de Lisbonne,
00:17:42 et M. Le Maire, comme M. Ciotti, parce qu'ils étaient là à l'époque, j'ai vérifié, l'ont voté. Maintenant, peut-être qu'ils s'en mordent les doigts.
00:17:49 Parce qu'effectivement, une partie du cœur du sujet, c'est l'Europe. Pas que. Parce que toute la masse administrative française, on la trouve un peu moins.
00:17:58 Par exemple, je crois que quand on veut élever des bâtiments, c'est plus simple en Allemagne qu'en France. Rien que pour les délais.
00:18:04 Mais le cœur, c'est l'Europe. Alors moi, je suis un Européen convaincu parce que je suis en Europe. Je ne suis pas un Bruxellois.
00:18:11 Je pense que l'Europe, ça peut être une force par rapport au reste du monde si les pays s'associent dans une volonté commune pour leur intérêt commun.
00:18:19 Et là, visiblement, c'est pas le cas. C'est pas le cas puisque quel est l'intérêt de l'agriculture française, allemande, roumaine, des Pays-Bas,
00:18:29 enfin tous ceux qui protestent aujourd'hui, quand on leur dit "Vous avez des règles", alors elles sont plus strictes en plus en France que les autres,
00:18:35 mais "Vous avez des règles notamment sanitaires, eh bien ça vous fait des coûts supplémentaires et nous on va importer des produits".
00:18:43 Alors là, ils ne respectent aucune règle sanitaire. Aucune. Et puis, il n'y a pas que les règles sanitaires, il y a les règles sociales.
00:18:51 Parce que les gens qui font de l'élevage au Brésil, en Ukraine, comment ils sont traités ? Comment sont traités les salariés ?
00:18:59 Alors, leur risque par rapport aux produits chez nous, mais ça fait longtemps, les salariés, que ce soit les patrons, les paysans ou leurs salariés,
00:19:07 il y a des mesures de protection pour éviter d'avaler n'importe quel saloperie. Mais vous imaginez qu'à l'autre bout du monde, ces gens ne la crèvent pas ?
00:19:13 Et si je me rapproche de la France, je vois la concurrence déloyale. En Espagne, c'est -40% les charges sociales en Espagne, dans l'agriculture.
00:19:23 -40%. Comment un agriculteur français peut faire des tomates quand de l'autre côté de la frontière, c'est -40% ? C'est ça le problème.
00:19:31 Faudrait-il appliquer Karim Abric une préférence française, puisque les normes semblent inextricables et qu'il est très difficile d'en sortir ?
00:19:37 Pour l'instant, à moins qu'effectivement, comme vous le préconisiez tout à l'heure, le gouvernement décide de taper fort en direction de Bruxelles.
00:19:45 En attendant, peut-être qu'il est possible d'envoyer un signal aux agriculteurs en incitant les consommateurs à consommer français
00:19:51 et surtout d'arrêter, en tout cas de stopper si c'est possible, les importations qui posent problème, Karim Abric.
00:19:56 -C'est-à-dire que les fameuses importations où on ne soumet pas les mêmes normes, on l'a vu, effectivement, donc il y a des traités,
00:20:02 on sait qu'il y a le Mercosur maintenant qui est sur la table et ça, ça va être un très gros enjeu si on se retrouve en plus à être inondé de ce type de produits.
00:20:09 On va rajouter encore... -En provenance d'Amérique du Sud.
00:20:12 -D'Amérique du Sud, voilà, on va se retrouver avec encore d'autres pressions sur les agriculteurs.
00:20:17 Donc, sur la question de la préférence, justement, des produits français, il y a déjà des choses qui avaient été faites, par exemple, sur les cantines,
00:20:23 mais moi, je pense qu'on pourrait aller beaucoup plus loin, justement, dans les entreprises, par exemple, dans les cantines des entreprises,
00:20:29 que ce soit dans tous les aspects des entreprises gouvernementales, dans les écoles.
00:20:35 Oui, je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin, ça se fait dans certains endroits du monde, je pense qu'on pourrait le faire ici, en France,
00:20:42 et aussi toute la question du juste prix. Il y a ça aussi, je pense qu'il y a eu effectivement la loi EGalim qu'on a voulu modifier,
00:20:51 il y a eu plusieurs versions, trois versions, mais on se rend compte encore une fois que malgré tout, le juste prix payé aux agriculteurs,
00:20:59 ce n'est pas encore là, ça ne s'est pas complètement compte sur les coûts de production.
00:21:03 Donc, il y a un gros enjeu, oui, sur la question des normes. On sait que Gabriel Attal a déjà amorcé un premier volet pour la simplification,
00:21:10 ce n'est pas terminé, mais je pense qu'il y a aussi quelque chose à faire encore en lien avec les industriels, envers la distribution.
00:21:18 Il y a quelque chose ici où le bas blesse et je pense qu'il faut aller beaucoup plus loin, encore une fois, sur cet aspect.
00:21:25 Avec une loi EGalim, en effet, qui n'est pas toujours respectée.
00:21:27 Absolument.
00:21:28 Gabriel Attal a annoncé des sanctions contre trois gros industriels, notamment.
00:21:32 Gabriel Attal, qui était donc de nouveau à la rencontre des agriculteurs en colère aujourd'hui,
00:21:36 cette fois dans une exploitation bovine en Indre-et-Loire, près de Tours, deux jours après une série d'annonces dans une ferme de Haute-Garonne.
00:21:42 Qu'a-t-il dit aujourd'hui ? Qu'a-t-il annoncé Corentin Alonso ?
00:21:46 Déterminé à poursuivre le dialogue, Gabriel Attal a tenu à se rendre sur le terrain en début de journée.
00:21:53 Le Premier ministre était attendu de pied ferme.
00:21:56 Sachez que si vous n'étiez pas venu, je pense que le département était à feu et à sang dans la matinée,
00:22:04 vous auriez été très bien accueilli.
00:22:06 Bon, c'est bien que je sois là.
00:22:08 Je ne suis pas sûre que ça me fasse fière, monsieur Attal.
00:22:11 Lors d'un long échange avec plusieurs agriculteurs, le Premier ministre s'est montré compréhensif sur la question de la concurrence des loyales.
00:22:18 Ce n'est pas normal que vous soyez empêchés d'utiliser certains produits,
00:22:23 que ça vous empêche de les mettre en place dans vos exploitations et donc de produire comme il faut,
00:22:30 mais que vous ayez des pays voisins, états-unis ou autres, qui eux les utilisent et que ça arrive ensuite chez nous.
00:22:36 Autre volonté du Premier ministre, réduire les contrôles administratifs à un maximum par an et par agriculteur.
00:22:43 Réduction aussi de la durée maximum des recours contre les projets agricoles, de deux ans à dix mois maximum.
00:22:50 Sur la question des 4% des achats obligatoires imposés par l'UE,
00:22:54 Gabriel Attal a expliqué travailler avec 20 pays pour faire bouger la Commission européenne.
00:22:59 Enfin, le Premier ministre souhaite accélérer les versements retardés pour les agriculteurs.
00:23:04 Moi je veux me battre pour ces Français qui ne comptent pas leurs heures, qui sont toujours au rendez-vous de leurs responsabilités,
00:23:08 qui se lèvent tous les jours pour bosser, qui ne comptent pas sur les aides sociales et autres pour vivre.
00:23:14 C'est pour eux que je veux me battre. Et qui incarne le plus cette France-là ? C'est les agriculteurs.
00:23:19 Gabriel Attal a poursuivi ensuite sa visite en Indre-et-Loire, en assistant au vœu de la députée Renaissance Fabienne Colboc.
00:23:26 Gabriel Attal en Indre-et-Loire aujourd'hui. Est-ce que Salomé Fontaine, il y a néanmoins de l'espoir à travers les propos, les annonces, le discours de Gabriel Attal ?
00:23:36 Ou est-ce que c'était pour vous uniquement une opération de déménage ?
00:23:39 Parce qu'on l'a compris, lorsqu'il était interpellé au tout début du sujet, le département aurait pu être à feu et à sang.
00:23:45 Oui, ce qu'il a dit honnêtement me laisse à penser qu'il a quand même compris.
00:23:51 D'abord la colère, le désespoir, puis un certain nombre de choses qui ne vont pas.
00:23:56 Alors je ne l'avais pas entendu, donc j'ai découvert là. Il n'est pas normal que les agriculteurs italiens, espagnols, aient le droit d'utiliser des produits
00:24:04 que nous on n'a pas le droit d'utiliser, plus le droit. Et qu'on soit sur le même marché commun.
00:24:10 Donc j'ai l'espoir qu'il n'ait pas rentré dans la technique, mais qu'ils sont en train de bosser.
00:24:14 Et qu'ils vont trouver soit le TFUE article 36, soit un autre, parce que j'imagine qu'il y en a des tas, pour y travailler.
00:24:23 Moi je trouve que c'est une bonne nouvelle. Par contre sur le contrôle administratif, je me posais la question, j'ai demandé à des collègues,
00:24:29 qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que dans le contrôle administratif, soyons clairs, on passe notre temps à être contrôlés.
00:24:35 Alors je vous passe le contrôle satellite qui n'est ni douloureux, ni perte de temps.
00:24:38 Non mais ça c'est quand même incroyable, pardonnez-moi, je m'arrête quelques secondes. Il faut rappeler peut-être à nos téléspectateurs,
00:24:44 que les agriculteurs français sont contrôlés par l'Union Européenne, par des satellites, pour savoir s'ils respectent les règles et les normes dans leur champ.
00:24:52 C'est bien de cela dont il s'agit. Non mais c'est un film d'espionnage.
00:24:55 Oui. C'est incroyable.
00:24:58 Mais je vais vous dire, pourquoi les agriculteurs français acceptent ça ?
00:25:02 Parce qu'en fait, clairement, sans les ZPAC, on est mort, on est déjà mort, on est déjà moitié mort, mais on pourrait être complètement mort.
00:25:10 Donc en fait vous pouvez... Le problème c'est que quand vous n'avez plus les moyens de faire respecter votre dignité,
00:25:18 vous vous pliez jusqu'au moment où il y en a qui en ont marre.
00:25:23 Et en fait, je ne peux que les comprendre et être solidaire avec eux, donc oui, alors on tolère.
00:25:29 Et je vais vous dire, des contrôles satellites, on a l'impression qu'on devient dingo, mais admettons,
00:25:35 ils ne nous cassent pas les pieds dans la cour de ferme, avec un pistolet à la ceinture, un coup ci, un coup ça, alors un par an...
00:25:43 Car ça se produit, les contrôles avec les forces de l'ordre et le pistolet à la ceinture, ça se produit. Non mais il faut le dire aussi.
00:25:49 Oui, oui, non mais je pense que les gens n'ont peut-être pas conscience de notre, je ne sais pas...
00:25:56 De votre quotidien.
00:25:57 De votre quotidien, de quel danger, probablement, je ne sais pas, bon bref, voilà.
00:26:01 Donc moi la question que je me pose quand j'entends un contrôle administratif par an, la seule que je me pose c'est,
00:26:06 qu'entend-on par contrôle administratif ? Parce que, on a des contrôles...
00:26:11 Alors, je vais parler de ce que je connais parce que c'est le mien.
00:26:13 On peut avoir un contrôle de la DGCCRF, on peut avoir un contrôle de la MSA, moi j'ai eu un contrôle de l'interprofession,
00:26:21 j'ai eu un contrôle de l'association d'inspection de machin, on peut avoir un contrôle après MSA papier,
00:26:30 moi j'ai eu un contrôle carrément dans les champs, enfin, bon des contrôles on peut en avoir 50 000,
00:26:37 je n'ai pas eu l'OFB mais peut-être qu'à force de passer à la télé ça va être pour moi.
00:26:41 Donc en fait, je voudrais savoir, est-ce que c'est un contrôle pour tout le monde ?
00:26:46 On se met tous d'accord, vous leur cassez les noisettes une fois par an, globalement chacun son tour,
00:26:53 soit si c'est un contrôle chacun par an, on n'a pas fini d'être...
00:26:56 - Sont-ils utiles ces contrôles ? C'est-à-dire lorsque ça vous est arrivé d'être contrôlé,
00:26:59 est-ce qu'il y avait véritablement une utilité ? Avez-vous, pardonnez-moi de vous poser la question...
00:27:02 - Je ne suis pas en prison, donc à priori c'est ça, allez !
00:27:05 Non, en vrai, oui. Je constate juste que, je ne sais pas si je l'ai déjà dit,
00:27:12 mais vous avez plus de chances d'être contrôlé si vous êtes un petit que si vous êtes un gros,
00:27:16 pour la bonne raison que vous avez moins d'amis, ou en tout cas ils sont moins bien placés.
00:27:20 Moi, je suis quand même étonnée qu'on soit tous...
00:27:23 Quand vous parlez à des collègues, tu as été contrôlé combien de fois ?
00:27:26 Moi, cette année, cinq fois, quatre fois, trois fois.
00:27:28 Je vous signale quand même qu'on a fait mourir des gamins de manger des pizzas pourries.
00:27:33 Vous vous souvenez de ça ? - Bien sûr.
00:27:36 - Et eux, ils ne sont pas cachés, c'est une usine.
00:27:38 Alors, si nous, on arrive à être contrôlés sans arrêt, je veux dire, il y a un petit peu de poids de mesure dans l'application, je sais.
00:27:45 Et ces gens qui nous contrôlent, qui par ailleurs sont souvent gentils, ils font leur boulot, on les envoie.
00:27:53 Ils ne tombent pas du ciel.
00:27:55 Je veux dire, voilà, il faut peut-être réorienter les contrôles, il faut peut-être faire plus confiance,
00:28:00 ou alors peut-être que de soupçonner la suspicion systématique parce qu'on est des pollueurs,
00:28:05 parce qu'on est des assassins, parce qu'on est des esclavagistes,
00:28:08 peut-être qu'il faudrait se dire, bah non, écoutez, dans le doute, c'est d'abord et surtout des gens qui travaillent, et voilà.
00:28:16 Et quand vous me demandez, à moi comme aux autres, trois ans de comptabilité matière, visite sur site,
00:28:22 vous avez bien rempli le papier qui va bien, machin, mais elle est où l'agriculture ?
00:28:26 Sérieusement, nous demander de semer des sipans, culture intermédiaire, piège à nitrate,
00:28:32 pour capturer les nitrates qui vont dans la nappe, quand il pleut,
00:28:36 il ne migre pas par l'opération du Saint-Espérit, il ne pleut pas depuis deux mois, il faut quand même les semer,
00:28:40 sinon, attention, l'Union Européenne, elle va taper fort, contrôle en cours dans l'aube,
00:28:44 parce qu'on a eu une dérogation, enfin, sans rire, il est où le bon sens ?
00:28:47 Et vos voisins ne sont pas aussi contrôlés, les pays voisins ne sont pas aussi contrôlés que vous, c'est difficile à dire.
00:28:53 Je ne sais pas, mais j'ai tendance à penser que l'administration française s'auto-entretient,
00:28:57 donc, et on est pléthorique, enfin, je ne sais pas, voilà.
00:29:01 - Joseph Toubnel, c'est une situation insoutenable, intenable, qu'est en train de nous décrire Salomé Fontaine.
00:29:06 - Donc, ce serait un contrôle annuel, toute administration, attention, toute administration spécialisée dans tout ce qui est agricole,
00:29:13 ça veut dire qu'il peut y avoir un contrôle pour tout ce qui est agricole,
00:29:16 mais un contrôle aussi de l'administration du travail pour les salariés, quand il y a des salariés,
00:29:20 et ça en fait déjà deux et on pourra peut-être en rajouter, mais c'est bien si ça...
00:29:23 - Mais la durée annoncée, Gabriel Attal...
00:29:25 - Mais la durée du contrôle, un contrôle, ça peut être sur une journée, ça peut être sur une semaine, ça peut être sur un mois,
00:29:30 alors attention à la façon dont c'est fait, dont c'est formaté, c'est ça le côté pratico-pratique qu'il faut aller voir.
00:29:36 Dans les pays, y compris l'Union Européenne, évidemment, il y a des pays où il n'y a pas tous ces contrôles.
00:29:41 J'étais récemment en Roumanie où je discutais avec les Roumains,
00:29:45 qui m'apprennent qu'il y a des terres entières qui sont achetées par des entreprises chinoises,
00:29:50 qui font venir des Chinois pour travailler, même pas des Roumains, parce que ça coûte trop cher un Roumain,
00:29:54 et qui casse les prix et les salaires en Roumanie, qui nous exportent des produits...
00:30:00 Alors là, conditions sociales, conditions environnementales sanitaires, constitution...
00:30:04 - Donc les produits roumains sont exploités par des Chinois, et des techniques chinoises, c'est ce que vous êtes en train de nous dire.
00:30:09 - Une partie maintenant, avec des propriétaires chinois qui font venir du personnel chinois,
00:30:13 et c'est en train de se produire aussi en Bulgarie.
00:30:15 Comment voulez-vous qu'un agriculteur français de l'Aube ou d'ailleurs puisse résister à cette concurrence ?
00:30:21 C'est carrément impossible, et c'est une concurrence intra-européenne.
00:30:25 Donc il est temps de se réveiller, effectivement.
00:30:27 - Karim Abri, comment la classe politique n'a-t-elle pas pu se rendre compte de cette situation ?
00:30:31 Elle est tout à fait consciente, puisque le traité de Lisbonne a été signé par les politiques,
00:30:36 cette situation finalement, elle était dormante depuis quelque temps, là c'est en train d'exploser,
00:30:40 les agriculteurs en ont complètement ras-le-bol.
00:30:43 Comment n'ont-ils pas anticipé le fait que c'était une bombe à retardement ?
00:30:47 - Est-ce qu'ils n'ont pas anticipé ou est-ce qu'ils ont été un peu, c'est pas aveuglé,
00:30:51 mais en fait tellement attirés par cette idée européiste, où finalement c'était ça en fait,
00:30:57 c'est cet attrait tout simplement, aussi très très mondialiste.
00:31:01 On a eu cette vision de la mondialisation complètement heureuse,
00:31:05 où finalement ça allait sauver tout le monde, on allait vivre dans ce monde idyllique.
00:31:09 On se rend compte que ce n'est pas du tout le cas.
00:31:11 Il y a eu des délocalisations, on s'est rendu compte aussi que sur la souveraineté alimentaire,
00:31:16 ça fait mal à plusieurs pays.
00:31:18 Aujourd'hui, justement quand on pense aux traités, quand on pense aux normes qu'on veut imposer,
00:31:23 on se rend compte quand même que les choses ont changé.
00:31:25 On ne peut pas signer le même genre de traité qu'on signait il y a 20 ans ou il y a même 10 ans encore.
00:31:30 Il y a toute la question effectivement climatique qui a changé,
00:31:32 mais quand on parle de souveraineté alimentaire, quand on se rend compte du garmanger de la France,
00:31:37 de ce terroir dont on se rend compte à quel point justement remiser sur cette souveraineté alimentaire,
00:31:43 je pense qu'on devrait tenir compte de ça dans les prochains traités.
00:31:47 Alors est-ce que les politiques ont une responsabilité d'avoir fermé les yeux en se disant de toute façon
00:31:55 « oui, les choses s'arrangent » et les agriculteurs justement, ce n'étaient pas les personnes qui vont toujours se plaindre,
00:32:01 ils sont occupés à travailler, ils se réveillent tôt le matin, ils font des grosses journées,
00:32:04 ils travaillent 7 jours sur 7 et maintenant ils n'ont pas le choix d'écouter cette fameuse colère.
00:32:08 Et c'est probablement pour ça que non seulement la population est derrière eux en ce moment,
00:32:13 en se disant qu'ils ont enduré beaucoup et les politiques n'ont pas le choix de faire face à ce silence
00:32:19 et en fait à cette indifférence même qu'ils ont vécue pendant des années.
00:32:24 La population est certes bienveillante en effet, mais jusqu'à quand?
00:32:27 Parce qu'à un moment donné quand ça va impacter l'agriculture étant le frigo, le grenier, le garde-manger de la population,
00:32:33 quand les Français seront impactés, notamment les Parisiens, ça risque de ne pas être la même chose.
00:32:37 Je cède la parole dans un instant à Joseph Toubnel, on va continuer à débattre,
00:32:40 mais on marque d'abord une pause et on se retrouve avec nos invités dans un instant.
00:32:43 Toujours en direct sur l'antenne de CNews, 180 minutes Info Weekend avec Salomé Fontaine,
00:32:50 la vice-présidente de la coordination rurale de l'Aube qui est notre invité aujourd'hui.
00:32:54 Joseph Toubnel et Karim Abrik qui nous accompagnent également.
00:32:57 On évoque la situation, la crise des agriculteurs, la visite notamment de Gabriel Attal près de Tours.
00:33:03 Aujourd'hui en Indre-et-Loire, la mobilisation des agriculteurs qui monte en tension avec la FNSEA
00:33:08 et les jeunes agriculteurs du bassin parisien qui ont annoncé un blocus de la capitale pour une durée indéterminée.
00:33:13 À partir de demain, 14 heures, c'est encore évolutif et à géométrie variable,
00:33:17 mais en tout cas c'est ce qui est annoncé au moment où l'on parle,
00:33:20 des agriculteurs de 17 départements qui comptent occuper les grands axes,
00:33:23 les autoroutes en fait qui mènent à Paris. Les détails avec Célia Gruyère.
00:33:26 Un siège de Paris pour une durée indéterminée dès lundi,
00:33:31 c'est ce qu'ont annoncé la FNSEA et les jeunes agriculteurs du grand bassin parisien
00:33:35 via un communique et publié hier soir.
00:33:38 Les agriculteurs venant de 12 départements occuperont tous les axes lourds menant à la capitale.
00:33:44 La coordination rurale du Lot-et-Garonne va également se rendre à Paris.
00:33:47 Objectif, bloquer le marché d'intérêt national de Rungis.
00:33:51 On part lundi du Lot-et-Garonne, on arrivera mardi sur Paris.
00:33:55 Oui, effectivement, on va bloquer Rungis.
00:33:58 On n'arrive pas à se faire entendre, il manque des mesures.
00:34:02 Alors il y a eu des mesures intéressantes évidemment,
00:34:05 mais aujourd'hui à aucun moment donné on n'a parlé du revenu.
00:34:08 Entre lundi dernier et lundi prochain, il n'y a aucune différence.
00:34:12 Les manifestants partiront à 9h d'Agent et n'arriveront que lundi soir.
00:34:16 Le blocage du marché de Rungis ne pourra donc être effectif que mardi matin.
00:34:20 Il s'agit du premier marché de gros de produits frais d'Europe.
00:34:23 Ses principaux clients sont les grossistes, les magasins et restaurants de la région et au-delà.
00:34:27 Des établissements qui pourraient donc rapidement se retrouver en difficulté.
00:34:31 Direction Paris donc pour certains agriculteurs.
00:34:35 Vous vous êtes exprimé, je vous ai interrogé tout à l'heure, Salomé Fontaine,
00:34:38 et je sais que dans votre parti, dans votre département en tout cas,
00:34:40 on va d'abord rencontrer le préfet avant de savoir si on prolonge l'action,
00:34:43 en tout cas si on l'intensifie.
00:34:45 Mais vous êtes solidaire en tout cas, vous l'avez dit tout à l'heure,
00:34:48 de l'action qui sera menée dès demain, notamment par les jeunes agriculteurs.
00:34:51 Oui.
00:34:53 Vous les comprenez ?
00:34:55 Alors je comprends, je suis juste inquiète sur la suite.
00:34:58 J'aimerais pas que les Français se mettent à détester leurs agriculteurs.
00:35:01 Voilà.
00:35:03 Parce qu'en vrai quand on défend l'application des mêmes normes
00:35:07 qui nous sont imposées par les produits qui viennent d'ailleurs,
00:35:10 c'est aussi pour les consommateurs.
00:35:12 Il n'y a pas qu'une question de prix, il y a une question de sécurité alimentaire,
00:35:16 sanitaire, environnementale.
00:35:19 Donc quand vous mangez des cochonneries dangereuses, potentiellement cancérigènes,
00:35:24 qui viennent de l'autre bout du monde ou même de nos voisins européens,
00:35:29 vous vous mettez en danger aussi.
00:35:31 Donc en fait c'est un combat surtout pour le revenu de ceux qui n'arrivent pas à vivre leur métier,
00:35:39 mais aussi au-delà, pour qu'on soit tous en sécurité.
00:35:43 Vous devez pas avoir peur que vos enfants mangent dans les cantines
00:35:47 des cochonneries qu'on n'a pas le droit de produire en France.
00:35:50 C'est la réalité.
00:35:52 Les enfants mangent tous à la cantine.
00:35:54 Pour certains, je sais que c'est de la viande française,
00:35:58 parce que c'est écrit sur le menu.
00:36:00 Et il y en a un, en fait, c'est stratégiquement non-précisé.
00:36:04 Donc je ne sais pas.
00:36:06 Je ne sais pas.
00:36:07 - Et quand on voit qu'un camion est ouvert et on trouve des poulets congelés,
00:36:12 qui datent de 2022 quand même, la congélation,
00:36:14 qui viennent du Brésil, concurrence déloyale, et nourriture...
00:36:19 - Évidemment. On continue à en parler,
00:36:21 mais d'abord nous repartons dans le département du Nord,
00:36:23 où Marine Le Pen s'exprime après sa visite d'une exploitation agricole.
00:36:28 - J'ai envie de retenir que, comme j'ai eu l'occasion de leur dire,
00:36:32 ça fait un certain nombre d'années que tout le monde croit pouvoir charger leur barque
00:36:35 et que la barque est en train de couler.
00:36:37 Et si l'agriculture coule en France, c'est l'ensemble de notre pays qui coule,
00:36:42 parce que notre pays est une grande puissance agricole.
00:36:46 Et si elle renonce à l'être, alors c'est également notre souveraineté
00:36:50 et notre sécurité alimentaire qui prendra l'eau.
00:36:54 Et il faut donc mettre en place un grand plan de sauvetage de l'agriculture.
00:36:58 Et pour ça, il faut appliquer ce que le Rassemblement national édicte demande depuis des années,
00:37:05 c'est-à-dire permettre aux agriculteurs d'avoir un revenu qui soit correct
00:37:11 et leur permettre de vivre.
00:37:13 Ils ne demandent rien de plus.
00:37:14 Arrêter les accords de livre-échange,
00:37:16 qui évidemment les mettent en concurrence avec des productions qui ne sont pas soumises aux mêmes charges.
00:37:22 Il faut également arrêter d'importer des produits qui n'ont pas le droit d'être cultivés
00:37:28 ou d'être élevés en France,
00:37:30 parce qu'on a imposé des normes aux agriculteurs extrêmement sévères,
00:37:34 parfois d'ailleurs trop sévères.
00:37:36 Mais en revanche, on ferme les yeux de manière tout à fait hypocrite
00:37:40 sur l'intégralité des importations qui ne respectent pas ces mêmes normes.
00:37:45 On en arrive à une situation qui est catastrophique.
00:37:47 Le revenu net de la filière agricole a baissé de 40% en l'espace de 30 ans.
00:37:57 On a doublé les importations depuis l'année 2000,
00:38:02 doublé les importations alimentaires en France,
00:38:05 et je ne vous parle même pas des importations produleuses.
00:38:07 On en a encore eu un exemple il y a quelques jours,
00:38:10 où de la viande brésilienne congelée a été sortie d'un camion congelé depuis deux ans.
00:38:18 Donc donner aux consommateurs français la possibilité de faire du patriotisme économique,
00:38:25 c'est aussi permettre la traçabilité,
00:38:31 c'est-à-dire l'étiquetage, qui est interdit là encore par l'Union européenne.
00:38:35 Il faut sortir l'agriculture des accords de libre-échange.
00:38:39 Sur les injonctions contradictoires, vous êtes d'accord avec le Premier ministre Gabriel Attal ?
00:38:45 Oui, très bien, Gabriel Attal.
00:38:47 Pourquoi jugez-vous que ces allances sont dérisoires ?
00:38:50 Parce que moi j'attends de les voir, encore une fois, faire le nécessaire.
00:38:54 Ça fait sept ans qu'ils sont au pouvoir.
00:38:56 Donc on est censé jouer les naïfs ou faire semblant de jouer les naïfs ?
00:39:00 En combien d'années ? C'est ça la vraie question.
00:39:02 Combien d'années ? On dit "Ah, c'est merveilleux, le Premier ministre a dit
00:39:06 qu'il allait soulager les agriculteurs".
00:39:08 Ça fait sept ans qu'ils sont au pouvoir.
00:39:10 Pourquoi est-ce qu'ils ne l'ont pas fait ?
00:39:12 Pourquoi est-ce qu'ils attendent d'avoir des agriculteurs qui se suicident
00:39:16 un tous les deux jours, deux par jour ?
00:39:19 Ça dépend des sources, mais c'est dramatique.
00:39:21 Pourquoi est-ce qu'ils attendent que les agriculteurs menacent de tout bloquer
00:39:25 pour arrêter, encore une fois, la multiplication de ce poids
00:39:31 que l'on fait peser sur les épaules de nos agriculteurs,
00:39:34 qui sont pris sous forme d'injonctions contradictoires ? Pourquoi ?
00:39:38 Alors j'attends, encore une fois, de voir.
00:39:40 Ce que je constate, c'est qu'en réalité, ils ne remettront pas en cause le modèle.
00:39:44 C'est le modèle qu'ils ont choisi, dont ils ont fait la promotion,
00:39:49 qu'ils soutiennent au niveau de l'Union Européenne,
00:39:52 qui est un modèle qui tue notre agriculture,
00:39:55 et donc qui tue notre souveraineté, et donc qui tue notre sécurité alimentaire.
00:40:01 S'ils ne viennent pas devant vous, vous dire
00:40:04 "Nous avons compris, nous nous sommes trompés, nous allons radicalement changer le modèle",
00:40:09 alors tout continuera, et les choses, évidemment, continueront à s'aggraver,
00:40:14 et des agriculteurs continueront à fermer leurs exploitations,
00:40:18 et des jeunes continueront à renoncer à se lancer dans l'agriculture,
00:40:22 parce qu'ils savent très bien qu'ils n'en vivront pas.
00:40:25 Alors que, évidemment, c'est un travail qui est très lourd.
00:40:30 Je vous rappelle que la moyenne d'heures de travail d'agriculteur, c'est 55 heures par semaine.
00:40:36 On est quand même relativement loin des 35 heures.
00:40:39 Tout ça pour un revenu qui est de plus en plus dérisoire.
00:40:42 Un cinquième des agriculteurs sont en dessous du seuil de pauvreté.
00:40:46 Donc tout ça n'est pas arrivé par hasard.
00:40:49 Ce n'est pas une catastrophe naturelle.
00:40:51 Il n'y a pas eu une tornade, il n'y a pas eu une inondation.
00:40:54 Ça fait des années et des années et des années que nous prévenons que la situation s'aggrave de jour en jour.
00:41:02 Aujourd'hui, on est encore une fois au bord de la fenêtre.
00:41:05 On a du mal à comprendre juste votre position sur les moyens d'action à venir du mouvement.
00:41:08 Notamment, demain à Paris, ils appellent à un blocage. Est-ce que vous soutenez ces moyens d'action ?
00:41:12 Mais parce que c'est la seule chose qui vous intéresse.
00:41:15 En fait, le fond ne vous intéresse pas.
00:41:17 Savoir comment est-ce qu'on règle le problème de l'agriculture, ça ne vous intéresse pas.
00:41:21 Ce qui vous intéresse, c'est la mousse. La mousse, c'est alors est-ce que vous êtes pour les blocages ou est-ce que vous n'êtes pas pour les blocages.
00:41:26 Mais moi, je suis pour que le gouvernement agisse.
00:41:29 Et si le gouvernement agissait, il n'y aurait pas de blocage.
00:41:32 C'est aussi simple que ça.
00:41:34 Donc qui est responsable des blocages ? Le gouvernement.
00:41:37 Est-ce que les mesures d'urgence ont suggéré au gouvernement ?
00:41:40 Je vais vous dire que la première mesure d'urgence, c'est celle que nous avons défendue lors de la loi d'orientation militaire, c'était le GNR.
00:41:47 À l'époque, on nous a dit que ça ne servait à rien.
00:41:50 À l'époque, il nous a dit, monsieur le maire, c'est n'importe quoi, vous ne connaissez pas les besoins des professionnels.
00:41:57 On avait dit qu'on accepterait de s'abstenir de la loi de programmation des finances publiques si vous acceptez de maintenir l'exemption fiscale du GNR.
00:42:07 Ils étaient presque prêts à dire oui et puis ils sont passés en 49.
00:42:12 Pareil sur la baisse de la TVA, sur l'énergie, sur le prix de l'électricité, sur le panier de produits de première nécessité.
00:42:30 À chaque fois, ils nous disent que nous sommes des incompétents, que nous sommes des nuls, que ça ne fonctionnera pas.
00:42:34 À chaque fois, ils s'aperçoivent qu'en réalité, c'est nous qui avions raison.
00:42:38 Alors qu'ils nous écoutent, qu'ils écoutent les agriculteurs et les choses se rétabliront.
00:42:44 Sinon, c'est une profession qui disparaîtra.
00:42:49 Et nous avec.
00:42:51 La déclaration de Marine Le Pen sur laquelle on va revenir avec nos invités, notamment avec vous, Salomé Fontaine,
00:43:04 notamment sur cette sortie de Marine Le Pen avant de revenir devant les micros,
00:43:09 quand on lui demande si elle est solidaire des blocages.
00:43:11 On en parlait avec vous juste avant qu'elle n'intervienne sur notre antenne.
00:43:15 En effet, vous nous disiez tout à l'heure que vous craigniez qu'à un moment donné,
00:43:18 peut-être la France se retourne contre les agriculteurs, en tout cas qu'ils soient moins populaires,
00:43:22 quand une politique ne veut pas répondre à cela et qu'elle dit que c'est le fond qui est plus important que la forme.
00:43:27 Est-ce que vous partagez cette opinion ?
00:43:29 Oui. Je suis rarement d'accord avec Marine Le Pen, mais là pour le coup, je suis d'accord avec elle.
00:43:36 Je suis contre les menaces de violence.
00:43:39 La violence et les blocages, ce n'est pas ma manière d'agir.
00:43:43 Mais en fait, personne ne parlerait de l'agriculture et des agriculteurs,
00:43:48 de la détresse des hommes, s'il n'y avait pas des actions un peu spectaculaires.
00:43:54 La détresse des hommes et des femmes qui vivent l'agriculture, ça se fait à la campagne.
00:44:00 On est déjà dans des zones reculées.
00:44:03 On a peu ou pas d'infrastructures.
00:44:06 On a peu de services publics, même si moi dans ma communauté de communes,
00:44:11 on a la capsule France Service qui a fait apparition et du coup, on a le retour des services publics.
00:44:17 Enfin, d'un service public, ce qui est déjà mieux.
00:44:20 Mais je veux dire, moi par exemple, on ne me ramasse plus mes poubelles.
00:44:23 Je ne suis pas la seule. C'est ça le progrès.
00:44:26 On ne ramasse plus les poubelles, il faut les emmener.
00:44:28 Comment faites-vous ? C'est vous qui les dépassez ?
00:44:30 On trimballe nos poubelles, tous.
00:44:32 C'est ça le progrès qu'on nous propose à la campagne.
00:44:35 Honnêtement, ça ne va pas.
00:44:38 C'est un exemple parmi tant d'autres.
00:44:40 Mais on est déjà dans des zones reculées, sous-dotées.
00:44:43 Il n'y a plus de médecin, il n'y a plus de vétérinaire, il n'y a plus de pas grand-chose,
00:44:48 il n'y a plus rien, il n'y a plus un café, il n'y a plus une boulangerie.
00:44:51 Et du coup, ça monte le désespoir, l'impression d'être oublié, on ne parle pas de nous.
00:44:57 Et en fait, là, quand vous parlez des agriculteurs, vous parlez des campagnes françaises.
00:45:01 Et finalement, je suis sûre qu'il y a des gens qui ne sont pas agriculteurs,
00:45:04 mais qui ont un grand-père, un frère, une sœur, un voisin,
00:45:06 qui s'est suicidé, qui est agriculteur,
00:45:09 qui se rappelle de sa grand-mère, qui se lève à 5h tous les jours
00:45:13 pour aller traire des vaches.
00:45:16 On est une nation rurale, et en fait, on en a tous,
00:45:21 si on monte suffisamment loin dans nos origines, des agriculteurs,
00:45:24 dans nos familles, dans notre histoire.
00:45:26 Vous êtes allé passer des vacances à la campagne quand vous étiez gamin,
00:45:28 vous êtes allé en colo, si, ou là.
00:45:31 Et en fait, s'ils ne mettaient pas le bazar, on ne parlerait pas d'eux,
00:45:36 et les politiques ne les entendraient pas.
00:45:37 Cette tradition n'est pas respectée, et elle ne peut pas se prolonger,
00:45:40 comme le précisait Marine Le Pen, mais d'autres politiques l'ont dit également,
00:45:43 et des agriculteurs, sur ce plateau notamment.
00:45:46 Les jeunes n'ont pas envie de reprendre des exploitations,
00:45:49 ou en tout cas, n'ont pas les moyens,
00:45:51 ils ne sont pas encouragés à reprendre des exploitations.
00:45:53 Vous, vous avez des enfants, est-ce que vous pensez que vos enfants
00:45:55 pourront récupérer votre ferme, votre exploitation à l'avenir ?
00:45:58 Est-ce qu'on vous les encourageait à ça ?
00:46:00 Déjà, premièrement, non.
00:46:02 Je n'incite et je n'invite aucun jeune qui n'a pas grandi dans l'agriculture
00:46:05 à aller s'installer.
00:46:07 Je vais vous dire, je n'incite pas.
00:46:08 Pourquoi ? Parce que le foncier, vous n'allez pas pouvoir y avoir accès,
00:46:11 vous allez emprunter sur des années, il va falloir vous mettre aux normes.
00:46:14 Si vous voulez vous diversifier, vous remplirez des dossiers,
00:46:17 qui vous demanderont de remplir d'autres dossiers,
00:46:18 qui demanderont à des administrations,
00:46:20 qui vous demanderont des investissements,
00:46:22 que vous ne serez pas capables nécessairement de rembourser,
00:46:25 et pour peu de reconnaissance, parce que n'oubliez pas
00:46:29 qu'avant qu'on pleure sur les agriculteurs qui se suicident,
00:46:31 on était quand même des pollueurs, des assassins et des maltraiteurs d'animaux.
00:46:34 Voilà, donc, je pense que...
00:46:39 Et le deuxième problème, comment voulez-vous transmettre une exploitation ?
00:46:43 La fiscalité sur la transmission, c'est un outil de travail.
00:46:46 C'est un outil de travail.
00:46:49 Donc en fait, si on ne peut pas transmettre un outil de travail,
00:46:52 qu'est-ce qui se passe ?
00:46:54 Eh bien, démembrement, désexploitation.
00:46:56 Alors moi, je suis dans une zone viticole
00:46:58 où l'hectare de vignes coûte extrêmement cher.
00:47:00 Qu'est-ce qui se passe ?
00:47:02 Eh bien, personne ne peut reprendre,
00:47:03 on ne peut pas donner non plus parce que ça coûte trop cher,
00:47:06 et donc, qui reprend ?
00:47:08 Un grand groupe que vous connaissez bien,
00:47:10 un fleuron de l'industrie française, de l'industrie du luxe, LVMH.
00:47:14 Voilà, qui a les moyens de prendre la suite ?
00:47:18 Et après, on aura des attermoiements sur les châteaux bordelais
00:47:21 qui sont rachetés par des Chinois et compagnie.
00:47:23 Alors moi, je vous dis, si vous voulez garder une agriculture petite, grande,
00:47:27 avec AOP, sans AOP, de proximité, de qualité,
00:47:30 il faut faire un truc sur la fiscalité et la transmission de l'outil de travail.
00:47:34 Je sais qu'on a besoin d'argent en France parce qu'on en a plus,
00:47:36 mais là, c'est urgent, quand il n'y en aura plus, ce sera trop tard.
00:47:40 Vous voyez qu'en Allemagne, la transmission d'une entreprise, y compris agricole,
00:47:44 il n'y a zéro droit si la transmission...
00:47:47 Pas de frais de succession ?
00:47:48 Non, si c'est fait à des héritiers qui gardent au moins pendant 10 ans l'entreprise.
00:47:52 Pourquoi on ne fait pas la même chose ?
00:47:54 Ce qui permet à l'Allemagne d'avoir un tissu d'entreprise
00:47:56 de petite et de moyenne taille considérable.
00:47:59 Pourquoi on ne le fait pas ? On le sait depuis des années.
00:48:01 Des rapports, on peut en sortir de l'Assemblée nationale, du Sénat,
00:48:04 qui nous disent tous la même chose.
00:48:06 C'est une bonne idée parce qu'en Allemagne, ils ont ce tissu
00:48:09 qui permet aussi aux territoires de continuer à vivre et de reproduire,
00:48:12 parce que c'est des emplois derrière.
00:48:14 Les gens qui soient patrons ou pas patrons, ils travaillent, c'est des emplois.
00:48:17 Nous, ça fait des années qu'on le sait et qu'on ne le fait pas.
00:48:19 C'est inéluctable, ça ne peut que dégénérer, cette situation,
00:48:22 avec notamment, on y revient et on en reparlera plus précisément à 15h,
00:48:26 ces agriculteurs qui foncent sur Paris, qui veulent exercer ce blocus-là.
00:48:30 La situation ne peut pas s'améliorer dans ces conditions-là, en tout cas.
00:48:34 S'améliorer, c'est-à-dire qu'en ce moment, on est dans cette espèce de momentum
00:48:39 où on veut attirer l'attention.
00:48:41 Je pense qu'on est encore dans cette phase-là.
00:48:43 Et je pense qu'effectivement, sur la question de Paris, ça va être un symbole.
00:48:48 Je pense qu'on parlait tout à l'heure de l'appui de la population.
00:48:51 Ça dépend combien de temps ça va durer.
00:48:53 Je pense que les Français, en général, peuvent appuyer le mouvement
00:48:58 pendant une journée, c'est une période de contestation, parfait.
00:49:01 Après, est-ce qu'il peut y avoir des conséquences sur la durée,
00:49:05 sur d'autres entreprises, par exemple, les restaurateurs et tout ça.
00:49:09 Avec Rangis notamment aussi, le marché de Rangis, qui pourrait être mis à mal.
00:49:13 Oui, exactement.
00:49:14 C'est ça. Donc, si on pense à ce type de manifestation comme telle,
00:49:17 c'est toujours aussi dans la durée, quand ça se met à empiéter
00:49:19 sur d'autres professions, sur d'autres entrepreneurs et tout ça.
00:49:23 Là, bien sûr, ça peut basculer le mouvement,
00:49:26 l'appui de la population peut se mettre à tourner.
00:49:30 Mais je pense que sur le fond, les Français sont derrière les agriculteurs en ce moment.
00:49:34 C'est sûr qu'il y a des mesures que ça va être un peu difficile en 24 heures.
00:49:39 Donc, il faut vraiment s'entendre pour se dire, ça va être quoi la prochaine étape.
00:49:42 Parce qu'on sait que cette semaine, c'est quand même important
00:49:44 ce qui va se passer aussi du côté de l'Europe.
00:49:46 Alors, est-ce qu'il y aura des mobilisations plutôt qui vont converger,
00:49:51 je ne sais pas, vers Bruxelles ou quoi que ce soit?
00:49:53 C'est une possibilité aussi.
00:49:55 Parce qu'on a vu qu'il y a plusieurs normes, plusieurs traités.
00:49:58 Il y a des choses qu'on peut faire, oui, en France, mais il y en a d'autres.
00:50:01 En effet, ce ne sera pas du côté de Paris qu'on va pouvoir nécessairement régler la situation.
00:50:06 Oui, c'est Emmanuel Macron qui est en Suède après avoir été en Inde
00:50:09 et qui ensuite ira défendre les intérêts français à Bruxelles.
00:50:12 Mais c'était surtout pour parler de l'Ukraine.
00:50:14 Le sujet des agriculteurs devrait évidemment être mis sur la table.
00:50:18 C'est Gabriel Attal qui l'a promis.
00:50:20 C'est vrai qu'il y a une situation d'urgence,
00:50:22 parce que quand on regarde le nombre d'exploitations au cours des dernières années,
00:50:26 il y a eu une diminution de 60 %.
00:50:28 Quand on regarde le seuil de pauvreté, c'est autour de quoi? 20 %.
00:50:31 Les chiffres varient entre 18 et 25 % des agriculteurs qui vivent sous le seuil de la pauvreté,
00:50:36 des suicides.
00:50:37 Donc, il y a vraiment un momentum en ce moment pour dire qu'il faut que ça change,
00:50:40 parce qu'effectivement, au fil des années, si on ne fait rien,
00:50:43 ça va être quoi? Des grands groupes, il y aura un déficit de transmission,
00:50:46 il y aura vraiment un véritable problème pour la suite des choses.
00:50:49 On se retrouve avec nos invités dans quelques instants,
00:50:51 renforcés par d'autres invités qui vont évoquer avec nous la sécurité,
00:50:55 puisque en effet, avec ce blocus qui pourrait s'exercer sur Paris,
00:50:59 en tout cas aux portes de Paris,
00:51:00 le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a mis un dispositif assez impressionnant,
00:51:04 notamment sur les aéroports,
00:51:06 et pour éviter que les agriculteurs n'entrent dans la capitale,
00:51:09 on fera le point avec Célia Barotte du service Polyjustice dans quelques instants.
00:51:12 A tout de suite sur CNews.
00:51:17 Retour sur le plateau de 180 minutes Info,
00:51:19 week-end en direct sur CNews avec nos invités,
00:51:21 toujours la crise des agriculteurs au programme de notre émission,
00:51:25 mais d'abord un point complet sur l'information avec Isabelle Piboulot.
00:51:28 Bonjour Isabelle.
00:51:29 Bonjour Lionel, bonjour à tous.
00:51:31 À la une, Marine Le Pen aux côtés des agriculteurs,
00:51:34 à Raddingham en Ouépes dans le Nord, au cours d'un échange,
00:51:37 la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale a souligné
00:51:40 que la crise ne se limitait pas au monde agricole,
00:51:43 mais pouvait être élargie aux travailleurs indépendants.
00:51:46 C'est ce que vous avez noté.
00:51:48 Aujourd'hui c'est les agriculteurs,
00:51:50 enfin aujourd'hui c'est aussi les vétérinaires,
00:51:52 c'est aussi les taxis, c'est aussi les boulangers,
00:51:55 c'est aussi les laboratoires, c'est aussi, c'est aussi, c'est aussi.
00:51:58 Il y a manifestement une volonté d'éradiquer en quelque sorte
00:52:01 les indépendants parce qu'ils sont indépendants,
00:52:05 ce qui à leurs yeux, croyez-moi, est un énorme défaut.
00:52:09 À nos yeux, c'est une grande qualité.
00:52:12 Plus tôt ce matin, le Premier ministre, lui, s'est rendu en Indre-et-Loire.
00:52:16 Gabriel Attal dit envisager des mesures supplémentaires
00:52:19 au niveau national et européen
00:52:21 pour protéger les agriculteurs de la concurrence déloyale.
00:52:24 D'autres pays, en effet, ne sont pas soumis
00:52:26 aux mêmes contraintes réglementaires que les agriculteurs français.
00:52:29 Le chef du gouvernement l'assure, il veut se battre.
00:52:32 Moi je veux me battre pour ces Français qui ne comptent pas leurs heures,
00:52:35 qui sont toujours au rendez-vous de leurs responsabilités,
00:52:37 qui se lèvent tous les jours pour bosser,
00:52:39 qui se plaignent assez rarement,
00:52:42 qui ne comptent pas sur les aides sociales et autres pour vivre.
00:52:47 C'est pour eux que je veux me battre.
00:52:48 Et qui incarne le plus cette France-là ?
00:52:50 C'est les agriculteurs, c'est les éleveurs, c'est les pêcheurs.
00:52:53 Et donc, moi je veux être à vos côtés,
00:52:55 vous soutenir et trouver les bonnes mesures
00:52:57 et prendre les bonnes décisions pour qu'il y ait des solutions.
00:53:00 Il y en a qui peuvent se prendre tout de suite.
00:53:02 Gérald Darmanin prévoit un dispositif défensif important en Ile-de-France.
00:53:06 Les agriculteurs ont promis un blocus de Paris dès demain
00:53:10 pour une durée indéterminée.
00:53:12 En ligne de mire, le plus grand marché agricole d'Europe.
00:53:16 Une inquiétude pour les commerçants qui vont voir leurs chiffres d'affaires diminuer.
00:53:20 Reportage de Raphaël Lasrec.
00:53:22 Rungis, le plus grand marché de produits frais d'Europe,
00:53:26 sera-t-il bloqué dès lundi ?
00:53:28 C'est ce qu'envisage la coordination rurale du département de Lotte-et-Garonne,
00:53:32 l'un des points chauds de la mobilisation en France ces derniers jours.
00:53:35 Elle a annoncé que des agriculteurs allaient monter à Paris
00:53:38 pour bloquer le marché d'intérêt national de Rungis.
00:53:41 Une très mauvaise nouvelle pour certains commerçants.
00:53:43 Ils ne vont pas me bloquer alors que j'achète leurs produits.
00:53:47 Il faut être logique.
00:53:49 Déjà, ils vont me bloquer pour arriver sur le marché à Paris.
00:53:52 Mais Rungis, là, ils ont tout faux.
00:53:54 Pour nous, c'est quand même un gros, gros problème
00:53:56 parce qu'on se sert complètement à Rungis.
00:53:58 Disons que nous, si on ferme tous les genres de marchés,
00:54:01 oui, c'est compliqué pour nous aussi.
00:54:02 Mais si on n'a pas la marchandise, on ne pourra pas vendre sur le marché.
00:54:08 Les commerçants de ce marché resteront solidaires malgré les menaces de blocage.
00:54:12 Ils ont raison, ils défendent leur biftec.
00:54:15 Et tant pis pour les autres.
00:54:17 Le malheur des uns fait le bonheur des autres, on dit.
00:54:20 On comprend tout à fait leurs revendications.
00:54:24 Ces gens-là travaillent, ils ne gagnent pas leur vie.
00:54:26 Ce n'est pas normal.
00:54:27 Les prochains jours risquent d'être marqués
00:54:29 par l'absence de certains produits sur les étals de vos marchés
00:54:32 en raison d'un blocage du plus grand marché d'Europe.
00:54:35 Tous les axes lourds menant à la capitale
00:54:38 seront donc occupés par les agriculteurs.
00:54:40 Malgré tout, les Parisiens comprennent leur mobilisation.
00:54:44 On supportera les inconvénients qu'engendreront cette situation
00:54:51 en espérant que le gouvernement vraiment tirera les conclusions
00:54:56 pour améliorer leur sort quotidien ainsi que le sort de leur famille.
00:55:00 C'est très inquiétant.
00:55:02 J'espère que la situation va s'améliorer.
00:55:05 Je ne voudrais pas qu'on ait les mêmes problèmes à Paris
00:55:07 que ceux qui se déroulent à l'heure actuelle ailleurs.
00:55:11 Ce qui est dommage, c'est qu'ils n'ont que ce moyen de s'exprimer.
00:55:14 Je trouve ça dommage.
00:55:16 Après, je ne suis pas plus inquiet.
00:55:18 J'espère qu'ils vont être écoutés et que ça ne va pas durer très longtemps.
00:55:22 Je suis pour les agriculteurs.
00:55:24 Ce n'est pas facile.
00:55:26 C'est peut-être même très dur pour eux.
00:55:29 Je suis vraiment de tout cœur avec eux.
00:55:31 Mais bloquer tout Paris, je ne pense pas que ça serve à quelque chose.
00:55:34 Dans ce contexte de front des agriculteurs,
00:55:36 ce matin au musée du Louvre,
00:55:38 deux militantes écologistes ont aspergé de soupe la vitre blindée
00:55:41 qui protège la Joconde.
00:55:43 Une action revendiquée par le collectif Riposte Alimentaire
00:55:47 dans le but de promouvoir le droit à une alimentation saine et durable.
00:55:51 La ministre de la Culture a réagi sur X,
00:55:54 déclarant qu'aucune cause ne peut justifier
00:55:56 que notre patrimoine soit pris pour cible.
00:55:59 Enfin, dans le reste de l'actualité,
00:56:01 la pénurie de médicaments s'aggrave en France.
00:56:04 Difficultés de fabrication, capacités de production insuffisantes,
00:56:08 les pharmaciens tirent la sonnette d'alarme.
00:56:11 On voit cela dans ce reportage de Dounia Tengour.
00:56:14 Selon les derniers chiffres communiqués
00:56:17 par l'Agence de sécurité du médicament,
00:56:19 en 2023, on signale près de 5000 ruptures de stock
00:56:23 ou risques de rupture, des difficultés d'approvisionnement
00:56:26 qui préoccupent grandement les pharmaciens.
00:56:29 On se retrouve donc avec des pénuries de médicaments
00:56:32 pour soigner les gens.
00:56:33 Vous n'avez plus de clamoxyles, vous n'avez plus de...
00:56:35 Quand je parle de clamoxyles, ça veut dire de pénicillin.
00:56:37 Tous les fabricants qui commercialisent la molécule n'en ont plus.
00:56:42 Parmi les médicaments les plus touchés,
00:56:44 bien sûr les antibiotiques,
00:56:46 mais aussi les traitements pour les maladies chroniques
00:56:49 tels que les anticancéreux
00:56:51 ou encore les médicaments cardiovasculaires.
00:56:53 On va se retrouver avec des gens qui prennent un traitement
00:56:56 pour une maladie longue durée depuis longtemps
00:56:58 et qui vont devoir changer de molécule,
00:57:00 se rééquilibrer sur des choses.
00:57:02 Selon ce syndicat de pharmaciens, des solutions existent.
00:57:05 Je pense que tant qu'on est en période de pénurie,
00:57:07 il faut que l'on se mette d'accord,
00:57:09 les sociétés savantes, pour dire que l'on peut remplacer les choses
00:57:13 pour faire gagner du temps aux médecins et aux pharmaciens.
00:57:15 Mais il faut qu'on puisse le faire avec un cadre de loi qui nous protège.
00:57:18 De son côté, l'Agence de sécurité du médicament
00:57:21 appelle les professionnels à anticiper dès à présent
00:57:25 les approvisionnements pour faire face à la saison hivernale.
00:57:29 Je vous retrouve à 15h30 pour un prochain point sur l'actualité.
00:57:33 La suite est avec vous Lionel.
00:57:34 Merci Isabelle.
00:57:35 A tout de suite on se retrouve avec nos invités,
00:57:37 toujours avec Karim Abrix, Joseph Thoumnel et Salomé Fontaine,
00:57:39 la vice-présidente de la coordination orale de l'Aube.
00:57:42 Renforcée par Christian Proutot, que je salue.
00:57:44 Il y a également Célia Barraud du service Polyjustice,
00:57:46 car le dispositif des forces de l'ordre sera conséquent également
00:57:50 pour appréhender éventuellement ce blocus qui va s'exercer
00:57:53 de la part des agriculteurs aux portes de Paris, normalement demain.
00:57:56 On en parle juste après la pause.
00:57:58 A tout de suite sur CNews.
00:57:59 180 minutes Info Weekend en direct sur l'antenne de CNews
00:58:06 avec Salomé Fontaine, vice-présidente de la coordination orale de l'Aube
00:58:09 pour évoquer la crise des agriculteurs.
00:58:10 Toujours en compagnie de Karim Abrix, de Joseph Thoumnel,
00:58:13 Christian Proutot, Pierre Lelouch, que je salue.
00:58:15 - Bonjour, monsieur le maire.
00:58:16 - Et Célia Barraud du service Polyjustice, car la tension monte,
00:58:20 on le sait, avec le blocage prévu de la capitale par les agriculteurs demain,
00:58:24 avec, c'est vrai, les incendies devant les préfectures,
00:58:27 les intrusions dans les hypermarchés, il y a un risque de débordement.
00:58:31 Les agriculteurs continuent donc les actions marquantes,
00:58:33 au point de paralyser peut-être la capitale
00:58:35 et d'impacter directement la population.
00:58:37 La question que je vous poserai dans quelques instants,
00:58:39 les forces de l'ordre doivent-elles intervenir ou peuvent-elles intervenir ?
00:58:42 Il est clair en tout cas que le ministre de l'Intérieur a prévu un dispositif
00:58:46 pour anticiper le phénomène, Célia.
00:58:48 - Oui, ce matin, Gérald Darmanin a tenu une réunion de sécurité,
00:58:52 donc en prévision des menaces de blocage prévues à partir de ce soir.
00:58:56 Il a donné comme instruction au service réuni de déployer un dispositif défensif
00:59:01 important afin d'empêcher tout blocage de Rungis, des aéroports d'Ile-de-France,
00:59:06 mais aussi de prévenir et d'interdire toute entrée dans Paris.
00:59:10 Alors, nous ne connaissons toujours pas les points de blocage prévus en Ile-de-France,
00:59:15 les précisions sont en cours, j'ai pu m'entretenir avec des représentants syndicaux
00:59:20 qui m'ont expliqué que c'était actuellement en réflexion
00:59:24 et puis l'annonce devrait être donnée cet après-midi, en fin de journée.
00:59:29 La préfecture de police de Paris, quant à elle, n'a toujours pas communiqué
00:59:33 sur ce sujet également, mais selon les informations de nos confrères du Parisien,
00:59:37 le blocus de Paris va s'organiser à partir de 14h autour de 7 points de blocage.
00:59:42 Ils seront situés sur la 1, la 4, la 5, la 6, la 12, la 13 et la 15.
00:59:48 Les barrages seront tous édifiés dans un rayon de 30 à 40 km autour de la capitale.
00:59:55 En dehors de cela, la posture du ministère de l'Intérieur reste la même,
00:59:58 les forces de l'ordre ont reçu comme objectif et comme ordre d'agir avec une grande modération.
01:00:04 Ils ne devront intervenir qu'en dernier recours et dans le seul cas
01:00:08 où l'intégrité des personnes serait menacée ou encore les bâtiments ciblés
01:00:12 exposés à de graves dégradations.
01:00:14 - Célia Barod, donc pour toutes ces précisions, avec ce risque,
01:00:18 demain, est-ce que les agriculteurs sont à maîtriser ou à manipuler
01:00:21 comme de la nitroglycérine pour les forces de l'ordre ?
01:00:24 On va en parler dans quelques instants, mais regardez et écoutez plus exactement
01:00:27 ce qu'en dit Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA,
01:00:29 qui milite évidemment pour ce mouvement et pour ce blocus.
01:00:33 Pour lui, la violence ne fait pas partie de la tradition des agriculteurs.
01:00:38 - Moi, je n'ai pas entendu ou pas eu connaissance d'une seule violence
01:00:44 ou agression envers les forces de l'ordre, pas une seule.
01:00:46 Ce n'est pas l'esprit du monde agricole.
01:00:49 On est conscient qu'on engage un grand nombre de gens sur le terrain.
01:00:54 Encore une fois, notre objectif, ce n'est pas la violence,
01:00:57 ce n'est pas d'aller à la provocation.
01:00:59 Si certains veulent le faire, ils le feront en dehors du cadre qui est le nôtre,
01:01:03 en prenant leurs responsabilités.
01:01:05 Le sujet, c'est de faire comprendre que vendredi, ce n'était pas la fin
01:01:09 et que la mobilisation est totale.
01:01:11 Je crois que le Premier ministre l'a compris. En tous les cas, je l'espère.
01:01:13 - Craignez-vous néanmoins des débordements, Salomé Fontaine ?
01:01:17 Je sais que vous allez rencontrer pour le département de l'OB, le préfet,
01:01:20 et que vous ne faites pas partie pour l'instant des agricultrices et des agriculteurs
01:01:24 qui participeront à ce blocus de demain.
01:01:26 Mais malgré tout, est-ce que vous avez une crainte qu'il y ait un peu de tempérament
01:01:31 et que finalement, ça se frotte avec les forces de l'ordre ?
01:01:33 - Alors, oui. D'abord parce que même...
01:01:37 Quand bien même on appellerait tous au calme,
01:01:40 vous n'êtes pas à l'abri de personnes qui s'énervent toutes seules,
01:01:44 ni des usagers qui pourraient ne pas... qui vont probablement ne pas apprécier d'être bloqués,
01:01:51 que ce soit un giste des gens qui travaillent,
01:01:53 les usagers de la route, les gens qui ont travaillé,
01:01:56 enfin bon voilà, et ce que je peux tout à fait comprendre.
01:01:59 Donc oui, effectivement, j'aimerais.
01:02:03 J'aimerais vraiment beaucoup que tout le monde reste calme,
01:02:06 qu'il n'y ait pas de dégradation et qu'il n'y ait pas de violence.
01:02:09 Voilà.
01:02:10 - Christian Proutaud, le risque existe malgré tout.
01:02:12 Alors ce n'est sans doute pas le même protocole qu'avec les manifestations,
01:02:17 que ce soit pour la réforme de la retraite
01:02:20 ou encore des zadistes, notamment à Sainte-Soline.
01:02:24 Mais malgré tout, il y a un danger qu'il faut essayer d'anticiper.
01:02:27 - Oui, il y a un danger qui a été celui justement avec les exemples dont vous parlez,
01:02:32 c'est de l'infiltration de perturbateurs dont l'objectif c'est le bazar.
01:02:36 Ils n'en ont rien à faire de l'avenir demain
01:02:39 et de la manière dont ça va se passer, surtout pour les gens qui manifestent.
01:02:43 La seule chose qui les intéresse, souvent d'ailleurs,
01:02:46 c'est des Européens de la défense et du bazar
01:02:51 qui font le tour de tout ce qui se passe un peu partout.
01:02:54 Ils n'ont pas réussi en Allemagne, ils n'ont pas réussi aux Pays-Bas.
01:02:57 Je ne pense pas qu'ils devraient réussir en France
01:03:00 parce que les Pays-Bas, ce n'est pas des gens à se laisser manipuler,
01:03:03 surtout infiltrés.
01:03:05 Je rejoins Madame.
01:03:07 Ce que je crains un peu, c'est qu'il peut y avoir des exaspérations,
01:03:10 comme il y en a souvent, à travers les ralentissements,
01:03:13 mais ça sera, à mon avis, plutôt ponctuel,
01:03:16 ce ne sera pas quelque chose de systématique.
01:03:19 Ce qui pose problème, à mon avis, c'est Rungis
01:03:22 parce que Rungis a vraiment, en particulier,
01:03:25 tous les maraîchers qui ont besoin d'un approvisionnement journalier,
01:03:31 puisque le maraîchage, ça se vend tout de suite,
01:03:34 ça ne peut pas rester dans les frigos,
01:03:37 ce qui fait que là, ça risque peut-être de poser problème,
01:03:40 mais ça va dépendre du dispositif que le préfet va avoir mis en place,
01:03:44 justement pour éviter qu'il y ait un blocage complet.
01:03:47 Il n'y aura pas une asphyxie, je pense, malgré tout.
01:03:49 - Et d'impacter aussi les commerçants, les restaurants,
01:03:52 et peut-être avec, dans un deuxième temps,
01:03:54 puisque les agriculteurs, les jeunes paysans, en tout cas, l'ont évoqué,
01:03:57 essayer d'envahir le périphérique.
01:03:59 Ce n'est pas encore le cas.
01:04:00 Voilà pourquoi il y a ce protocole et ce dispositif mis en place.
01:04:02 Pierre Lelouch, est-ce que vous avez le sentiment que,
01:04:04 si ça dégénère, c'est possible,
01:04:06 le mouvement agricole qui recueille beaucoup de sympathie,
01:04:09 d'empathie de la part de la population française, s'inverse ?
01:04:12 - Je crois que personne n'en sait rien, en réalité.
01:04:15 J'ai écouté M. Rousseau tout à l'heure.
01:04:17 J'observe que ce mouvement est né de la base.
01:04:22 Et pendant plusieurs jours, les syndicats étaient complètement dépassés.
01:04:26 Ils sont en train de courir derrière
01:04:28 et d'essayer d'organiser les choses après la séance de vendredi
01:04:32 autour du Premier ministre,
01:04:34 pour montrer que tous les problèmes ne sont pas réglés.
01:04:36 Ils ne pouvaient pas l'être de toute façon dans un quart d'heure de discours
01:04:40 parce que l'agriculture, c'est une galaxie de problèmes très complexes et très divers.
01:04:44 Toutes les régions de France, toutes les productions sont différentes,
01:04:47 les besoins sont différents pour les éleveurs,
01:04:50 pour les CRL et pour le vin.
01:04:52 Il y a une galaxie de problèmes compliqués
01:04:56 qu'il faut gérer avec un peu de temps,
01:04:58 mais avec de la volonté, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent
01:05:02 puisqu'on a continué à empiler des normes,
01:05:06 des directives de la PAC,
01:05:08 des accords plus ou moins respectés avec la grande distribution.
01:05:11 Enfin bref, on n'a pas géré.
01:05:13 Et donc l'exaspération est montée de la base
01:05:16 à rattraper les syndicats.
01:05:18 Je rappelle que le syndicat principal est dirigé par un très grand,
01:05:21 c'est Réaillier, qui lui-même est président d'un très grand groupe, Avril.
01:05:25 C'est pas franchement la situation de Madame
01:05:27 ou des gens qui, dans la riège, ont démarré ce mouvement
01:05:31 et qui gagnent 1000 euros par mois ou 1500 euros par mois.
01:05:34 C'est plusieurs mondes l'agriculture.
01:05:36 Donc à partir de là, personne ne peut savoir
01:05:39 comment cette affaire va se dérouler.
01:05:42 Ce qu'on sait, c'est que c'est toujours très délicat
01:05:44 de gérer des manifestations d'agriculteurs,
01:05:46 tout simplement parce qu'il y a des tracteurs.
01:05:48 Et les tracteurs d'aujourd'hui sont des engins énormes.
01:05:52 Il faut des porte-chars pour déplacer un tracteur.
01:05:55 On ne peut pas renvoyer des CRS pour débloquer une autoroute.
01:05:59 Donc si les agriculteurs bloquent, comme ils le disent,
01:06:02 toutes les entrées de Paris à 40 km de la capitale,
01:06:06 vous allez faire quoi concrètement ?
01:06:08 Sauf négocier.
01:06:09 Je vois pas très bien comment on peut faire sauter un barrage
01:06:12 où il y a 50-60 tracteurs.
01:06:14 Vous allez faire venir quoi, des porte-chars de l'armée française
01:06:17 pour enlever les tracteurs ?
01:06:18 C'est très compliqué.
01:06:19 Donc du point de vue du maintien de l'ordre,
01:06:21 cette affaire est très compliquée.
01:06:23 À supposer même que les agriculteurs se bornent
01:06:27 à un blocage assez loin de la capitale,
01:06:30 donc les Parisiens ne s'en rendront pas compte,
01:06:32 se posera dans deux jours, trois jours,
01:06:34 le problème de l'approvisionnement.
01:06:36 Et donc le gouvernement a la pistolet sur la tempe
01:06:39 de trouver des solutions rapides,
01:06:41 en espérant que ça ne dégénère pas.
01:06:43 À mon avis ça peut ne pas dégénérer,
01:06:45 parce que les gens sont compréhensifs,
01:06:47 ils sont avec le mouvement.
01:06:49 Et de côté, je crois que ça va être un round d'observation.
01:06:51 Bien entendu que les syndicats ne veulent pas perdre l'opinion publique.
01:06:54 De l'autre, le gouvernement doit arriver
01:06:57 avec autre chose que modifier
01:07:00 une mesure débile d'ailleurs entre nous sur le JNL,
01:07:04 qui consistait en fait à faire gagner de l'argent
01:07:07 - Sur le gaz à eau dans l'routier.
01:07:08 - Bien entendu, avec les ozoles et agineux,
01:07:11 pour prendre un peu plus d'argent aux paysans.
01:07:14 Donc ça ne va pas suffire.
01:07:16 Je reviens à ce que j'ai dit hier sur ce même plateau.
01:07:18 Je crois qu'à un moment il faudra une explication de texte
01:07:21 entre Paris et Bruxelles sur l'avenir de la Pâques,
01:07:24 quel type de Pâques on veut,
01:07:25 quel type de relations extérieures l'Union doit avoir
01:07:28 pour préserver l'agriculture européenne.
01:07:31 Et puis surtout, quelles sont les règles du jeu
01:07:33 à l'intérieur de l'Union européenne ?
01:07:35 Parce que là encore, on voit des choses inacceptables
01:07:37 en provenance d'Espagne, de Hollande.
01:07:40 Il y a un tas de saloperies chimiques
01:07:44 qui arrivent dans les supermarchés,
01:07:46 qui sont consommées par les Français,
01:07:48 parce que c'est pas cher.
01:07:49 Et donc il y a un travail et aussi une explication
01:07:51 à faire au niveau de l'opinion dans l'intérêt des agriculteurs,
01:07:54 mais aussi dans l'intérêt de la santé des Français
01:07:56 et de ce qu'on appelle pompeusement la souveraineté alimentaire.
01:07:59 Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet-là.
01:08:01 - On peut la comprendre, cette colère qui monte
01:08:03 pour les agriculteurs, et donc ceux qui envisagent
01:08:05 de bloquer Paris ou les alentours de Paris,
01:08:07 Joseph Touvenel, avec un gouvernement
01:08:09 et notamment Gérald Darmanin qui marchent un peu sur des oeufs.
01:08:11 Puisque jeudi dernier il avait déclaré
01:08:13 qu'il n'envoyait pas les CRS
01:08:15 pour contrer les manifestations,
01:08:17 parce qu'il y en a eu beaucoup devant les préfectures,
01:08:19 dans les hypermarchés.
01:08:20 Des actions en tout cas d'agriculteurs,
01:08:22 elles ont été nombreuses,
01:08:23 même si des barrages ont été levés ce week-end,
01:08:25 d'autres vont revenir.
01:08:26 Ce sera le cas peut-être dans le département de l'Aube,
01:08:28 vous nous le direz dans quelques instants,
01:08:30 Salomé Fontaine.
01:08:31 Mais là en l'occurrence, le ministre de l'Intérieur
01:08:33 est obligé de passer à un cap supérieur
01:08:35 dans la défense de la capitale, en quelque sorte.
01:08:38 - Gérald Darmanin, c'est pas forcément ma tasse de thé,
01:08:40 mais là j'ai trouvé que ses propos étaient absolument raisonnables.
01:08:42 Il met les lignes rouges,
01:08:44 les lignes rouges de bon sens.
01:08:45 On ne s'en prend pas aux personnes,
01:08:47 on ne s'en prend pas aux biens,
01:08:48 on ne s'en prend pas aux forces de l'ordre.
01:08:50 En disant, on n'a pas affaire,
01:08:53 en fait ce qu'il nous dit,
01:08:54 on n'a pas affaire aux fou furieux d'extrême gauche
01:08:56 qui sont là, c'était dit par Christian Proutot,
01:08:58 leur but c'est de casser, c'est de mettre le bazar,
01:09:00 on a des gens qui ont des revendications
01:09:02 qui sont des vraies revendications,
01:09:04 qui ont des problèmes qui sont des vrais problèmes,
01:09:05 et qui méritent d'être écoutés,
01:09:07 avec un risque pour le politique,
01:09:08 parce que derrière, si ça dérape,
01:09:10 ce qui est toujours le risque,
01:09:11 on ne sait jamais.
01:09:12 La question politique, c'est,
01:09:15 contre qui va se retourner la colère des Français ?
01:09:17 Même s'il y a un blocage,
01:09:19 et que Paris n'est plus à prévisionner,
01:09:20 qu'on a du mal à trouver un peu de nourriture, etc.
01:09:23 Contre qui va se retourner la colère des Français ?
01:09:25 Il n'est pas du tout certain que ça se retourne
01:09:27 contre les agriculteurs,
01:09:28 en tout cas, massivement,
01:09:31 mais que ça se retourne contre un gouvernement
01:09:33 qui n'a pas su gérer la crise,
01:09:34 parce que ce qui vient d'être dit,
01:09:35 enfin, mettre plusieurs jours
01:09:37 pour annoncer aux agriculteurs
01:09:38 qu'on va faire une grande réforme,
01:09:40 ça va être sur la taxation de leurs carburants,
01:09:42 ça aurait pu être dit en 4 heures de temps.
01:09:45 Et il y a des agriculteurs
01:09:46 qui l'ont très très mal pris, ça.
01:09:48 En disant, nous on est mobilisés,
01:09:49 on n'est pas dans notre ferme,
01:09:50 on n'est pas dans nos champs,
01:09:51 on est mobilisés pendant plusieurs jours,
01:09:54 et on n'aime pas ça,
01:09:55 pour entendre une grande décision,
01:09:58 on va revenir sur la taxation des carburants.
01:10:01 Ils auraient pu le faire plus rapidement,
01:10:03 ça les a mis encore plus en colère.
01:10:04 Alors ces maladresses,
01:10:05 je crois que le gouvernement
01:10:06 va falloir qu'il les évite.
01:10:07 - Qui a mis aussi certains agriculteurs en colère ?
01:10:09 Ce sont les propositions de certains politiques,
01:10:11 et notamment la proposition d'Eric Ciotti,
01:10:13 qui évoque un revenu minimum de 1500 euros
01:10:16 pour les agriculteurs vivant sous le seuil de pauvreté,
01:10:19 on l'a lu dans un entretien accordé au journal du dimanche.
01:10:21 Le chef des Républicains suggère
01:10:23 que la mesure soit financée
01:10:25 en sanctionnant fortement les distributeurs
01:10:27 qui ne respectent pas la loi
01:10:28 et en supprimant certaines aides dépensées à perte,
01:10:30 notamment pour la politique de la ville.
01:10:33 Qu'en pensez-vous ?
01:10:34 On a le sentiment qu'on fait l'aumône aux agriculteurs
01:10:36 au travers d'une proposition comme celle-là.
01:10:38 Salomé Fontaine.
01:10:40 - D'abord, mon avis personnel, c'est affligeant.
01:10:43 Pour commencer, on ne vous a pas demandé à tous
01:10:46 de devenir des fonctionnaires d'État.
01:10:48 Si vous voulez donner 1500 euros par mois aux agriculteurs,
01:10:52 on les prendra volontiers pour vous vendre nos produits.
01:10:55 Donc en fait, ce qu'on veut, c'est un prix.
01:10:58 Deuxièmement, il fait de la politique...
01:11:00 Enfin, depuis combien de temps il fait de la politique,
01:11:02 M. Ciotti ?
01:11:03 S'il a des grandes idées,
01:11:05 il aurait pu les proposer avant,
01:11:06 et on lui aurait dit que, un,
01:11:08 les finances publiques ne sont pas en très bon état,
01:11:10 deux, on ne va pas mettre dos à dos...
01:11:12 Là, c'est quoi la politique de la ville, les agriculteurs ?
01:11:15 Quel est le sens ?
01:11:17 On est tous français, enfin, voilà.
01:11:19 Je pense qu'il y a autant d'oubliés de la République
01:11:22 dans certains quartiers de...
01:11:24 Là, quand on arrive en banlieue,
01:11:25 enfin bon, voilà, moi, je vais à la campagne.
01:11:27 Et puis dans les campagnes aussi, en fait,
01:11:29 c'est ceux qui sont loin.
01:11:30 Donc on ne va pas les mettre dos à dos,
01:11:32 et on ne va pas donner de l'argent public,
01:11:34 alors que vous êtes face à des gens qui vous demandent juste
01:11:36 d'être payés pour ce qu'ils font et les produits qu'ils produisent.
01:11:39 Donc ça suffit, la politique politicienne,
01:11:42 la langue de bois, la petite phrase,
01:11:44 le je-sais-pas-quoi dans la presse, ça me gonfle.
01:11:46 Voilà, je vais vous le dire franchement, ça me gonfle.
01:11:48 Il nous prend pour quoi ? Des imbéciles ?
01:11:50 On a des têtes d'imbéciles ?
01:11:51 Bah peut-être qu'on a des têtes d'imbéciles,
01:11:52 mais c'est pas pour ça qu'on l'est.
01:11:54 Donc en fait, non.
01:11:55 Voilà, quand c'est pour dire des trucs comme ça,
01:11:57 il ferait mieux de se taire.
01:11:58 Honnêtement, ça le servirait, ça servirait tout le monde.
01:12:00 Cette proposition, elle est presque indécente, Christian Proutot,
01:12:02 vis-à-vis des agriculteurs, du respect de leur travail.
01:12:05 Mais vu ce qui a été dit par les agriculteurs eux-mêmes,
01:12:08 c'est indécent.
01:12:09 Parce que justement, ils ont défendu cette idée
01:12:11 que ce qu'ils voulaient, c'est pouvoir vivre de leur travail,
01:12:14 pas qu'on vienne leur donner tout d'un coup...
01:12:17 Je sais même pas si on peut dire de l'aumône,
01:12:20 en parlant justement des minimas qui existent.
01:12:23 On le sait, il y a des gens qui vivent avec peu,
01:12:26 et il l'explique, on le voit maintenant dans les différents témoignages,
01:12:29 que s'ils avaient pas soit leur compagne, soit leur compagnon
01:12:32 qui a un deuxième travail, pour eux, la fin du mois,
01:12:36 c'est au lieu 15.
01:12:38 Donc c'est pas possible.
01:12:39 Donc que tout d'un coup, entrer dans la scène en pensant que...
01:12:43 Et vous avez raison, j'apprécie énormément ce que vous venez de dire,
01:12:47 en mettant un peu les gens les uns contre les autres,
01:12:50 en disant "on va prendre là pour mettre là",
01:12:52 ça n'a pas de sens.
01:12:53 Chacun veut vivre dans son domaine, avec le résultat de son travail.
01:12:57 Et comme tu disais tout à l'heure, Pierre disait tout à l'heure,
01:13:01 il y a autant de problèmes, malgré tout,
01:13:05 agriculteurs, c'est un terme générique,
01:13:08 mais pratiquement, et on s'en rend compte là,
01:13:12 si on prend chaque problème, le grand céréalier de la Beauce et tout,
01:13:17 c'est pas le même problème que la petite entreprise de l'Aube,
01:13:21 ou d'ailleurs, ou en Corrèze,
01:13:24 ou celui qui vend son lait 40 centimes,
01:13:27 alors 40 centimes et des boucs pour Rocky, j'ai entendu,
01:13:31 alors que ça lui coûte 40 centimes, c'est-à-dire en gros, zéro.
01:13:34 - Il ne gagne rien. - Il ne gagne rien.
01:13:36 - Au final. Et Pierre Louch, la proposition d'Eric Ciotti,
01:13:38 c'est une erreur de communication ?
01:13:40 - Je pense, je pense qu'il a voulu bien faire,
01:13:42 parce qu'il a sans doute entendu que beaucoup d'agriculteurs s'en sortent pas,
01:13:46 et qu'au bout du bout, ils sortent avec 400 euros par mois,
01:13:49 ce qui est inhumain, quand on travaille 70 heures par semaine,
01:13:53 mais la solution, c'est pas l'assistanat.
01:13:55 C'est là que je me sépare complètement de cette approche,
01:13:58 d'une part parce qu'elle est insultante par rapport à des gens
01:14:01 qui ne sont pas des assistés et qui veulent travailler,
01:14:03 donc ils n'ont pas envie d'être fonctionnarisés,
01:14:05 ou ils ne veulent pas entrer dans l'assistanat,
01:14:07 ce sont des professions où on a envie de faire ce métier,
01:14:10 on le fait, c'est une profession presque individuelle,
01:14:14 ou en famille, mais enfin...
01:14:16 - Au sacerdoce, quand on choisit ce métier-là.
01:14:18 - Au sacerdoce, peut-être pas pour tout le monde,
01:14:20 mais en tout cas, c'est une vocation.
01:14:22 On aime cette qualité de vie, on aime vivre à la campagne,
01:14:26 on aime voir pousser les choses qu'on plante,
01:14:29 moi je comprends ça tout à fait,
01:14:32 donc on n'est pas du tout dans ce régime d'assistanat,
01:14:35 il ne faut pas que là.
01:14:36 Je sais bien qu'en France, on a tendance à essayer de jeter de l'argent
01:14:39 à chaque fois qu'il y a un problème,
01:14:40 on veut basculer un peu d'argent public,
01:14:42 sauf qu'il n'y en a plus, cette dame le disait très justement,
01:14:45 on se balade quand même avec une dette de 3000 milliards,
01:14:48 on a un déficit cette année qui est juste épouvantable,
01:14:53 on ne peut pas, quand on est un parti de gouvernement,
01:14:55 dire "on va distribuer de l'argent comme ça",
01:14:57 d'autant que, en plus, cet argent, il est déjà distribué par la PAC,
01:15:00 mais il est mal distribué.
01:15:02 Je rappelle quand même les chiffres,
01:15:04 la France donne, comme contribution obligatoire à l'Union Européenne,
01:15:08 environ un point de PIB par an,
01:15:10 c'est-à-dire 21-22 milliards d'euros.
01:15:13 En échange, on a une dizaine de milliards.
01:15:16 La plupart de ces 10 milliards, c'est pour être distribué aux agriculteurs.
01:15:20 Les 9 milliards sont distribués aux agriculteurs,
01:15:22 avec un système qui est très discutable en réalité,
01:15:26 parce que c'est à l'hectare, avec une prime de production,
01:15:30 des trucs que vous pouvez planter, d'autres que vous ne pouvez pas.
01:15:33 C'est ça qu'il faut revoir complètement,
01:15:35 et évidemment c'est difficile à faire,
01:15:38 pas toujours parce que la France a les capacités de le faire
01:15:43 au niveau de la table du Conseil Européen,
01:15:45 c'est pour ça que je dis que l'explication de texte,
01:15:47 elle est en partie à Paris,
01:15:49 dans la façon de distribuer cet argent de façon correcte,
01:15:52 dans l'organisation des prix en France,
01:15:55 c'est-à-dire grande distribution, coopérative,
01:15:59 dont personne ne parle,
01:16:01 l'agriculture française, elle est tenue, je veux le dire ici quand même,
01:16:05 par 5 ou 6 très grandes coopératives,
01:16:08 complètement opaques, qui ne sont pas à la bourse,
01:16:11 qui gèrent des milliers d'employés,
01:16:14 des milliards de revenus par an.
01:16:16 Cet argent, il détermine le prix qui est pris aux agriculteurs.
01:16:20 Ça, c'est un angle mort que personne ne veut regarder,
01:16:23 parce que c'est difficile.
01:16:24 Les coopératives sont censées être faites par et pour les agriculteurs.
01:16:27 Voilà.
01:16:28 Dites un mot là-dessus, c'est important.
01:16:31 Et clairement, elles ne jouent pas leur rôle,
01:16:33 et pourtant elles ont des avantages,
01:16:35 elles ne payent pas d'impôts,
01:16:36 enfin bon, il y a un certain nombre de trucs,
01:16:37 elles ont des avantages par rapport à des négociations,
01:16:39 elles se comportent pas toutes.
01:16:40 Ce sont des industriels de l'agriculture.
01:16:42 Voilà, pas toutes.
01:16:43 C'est qui le patron ?
01:16:44 Eux, ils payent a priori correctement.
01:16:47 C'est qui le patron ? C'est la marque.
01:16:48 Voilà, c'est la marque que je vous invite tous à acheter dans les supermarchés.
01:16:51 Il y en a deux.
01:16:52 Voilà, mais par contre,
01:16:54 il y a d'autres coopératives qui se comportent comme des...
01:16:57 Charognards ?
01:16:58 Financiers.
01:16:59 Oui, des financiers.
01:17:00 Mais je vais vous dire, on n'a pas besoin d'ennemis
01:17:01 quand on a des amis comme ça.
01:17:03 Voilà.
01:17:04 C'est ça qu'il faut.
01:17:05 C'est ça que le ministre de l'Agriculture veut faire.
01:17:06 On va en parler avec d'autres invités,
01:17:07 on va prendre le temps d'en parler avant 16h évidemment,
01:17:09 mais il est temps maintenant de faire un point sur l'information
01:17:12 avec Isabelle Piboulot.
01:17:13 Ce matin au musée du Louvre,
01:17:15 deux militantes écologistes ont asparagé de soupe
01:17:18 la vitre blindée qui protège la Joconde,
01:17:21 une action revendiquée par le collectif Riposte Alimentaire
01:17:24 dans le but de promouvoir le droit à une alimentation saine et durable.
01:17:28 La ministre de la Culture a réagi sur X,
01:17:30 déclarant qu'aucune cause ne peut justifier
01:17:33 que notre patrimoine soit pris pour cible.
01:17:35 Attaque dans une église catholique d'Istanbul.
01:17:38 Ce matin, deux assaillants masqués ont fait irruption
01:17:41 en pleine cérémonie religieuse.
01:17:43 Un homme a été tué.
01:17:45 Un drame immédiatement condamné par le pape François.
01:17:48 Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exprimé ses condoléances
01:17:52 et assuré que les mesures nécessaires avaient été prises
01:17:55 pour arrêter les coupables.
01:17:57 L'enquête est en cours.
01:17:58 Enfin, comme d'autres pays,
01:18:00 la France suspend à son tour son financement à l'UNEROI
01:18:04 au premier trimestre 2024.
01:18:06 L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens
01:18:09 est dans la tourmente.
01:18:10 Certains de ses employés sont accusés par les autorités israéliennes
01:18:14 d'être impliqués dans l'attaque du 7 octobre.
01:18:16 Paris avait versé 60 millions d'euros d'aide à l'UNEROI en 2023.
01:18:21 Merci Isabelle Piboulot, 16h pour le prochain Rendez-vous.
01:18:26 Avec l'information sur ces news,
01:18:28 nous continuons de débattre autour de la crise des agriculteurs
01:18:31 avec nos invités.
01:18:32 Je salue Sophie Lénard qui nous a rejoints.
01:18:34 Bienvenue sur le plateau.
01:18:35 Vous êtes agricultrice bien sûr
01:18:37 et présidente de la Coordination rurale de l'Oise.
01:18:39 Donc une collègue et néanmoins amie, j'imagine,
01:18:42 de Salomé Fontaine qui nous accompagne depuis 14h,
01:18:45 toujours avec nos invités, évidemment.
01:18:47 On a évoqué beaucoup de thématiques depuis le début,
01:18:49 on va y revenir, et le contexte européen
01:18:51 et peut-être les solutions à trouver pour sortir les agriculteurs de la crise,
01:18:55 nous allons les évoquer dans quelques instants.
01:18:56 Mais il y a un point aussi sur lequel il faut sans doute intervenir
01:19:00 et passer un tout petit peu de temps,
01:19:01 c'est l'écologie et les agriculteurs.
01:19:04 Les paysans et les écologistes.
01:19:06 On oppose souvent ces deux univers
01:19:08 et c'est vrai que l'opposition ne date pas d'hier,
01:19:10 elle est au cœur de la crise aujourd'hui.
01:19:12 Pour autant, les agriculteurs remportent la confiance
01:19:14 pour la protection de notre nature et de notre environnement
01:19:17 avec 49% d'opinions favorables,
01:19:19 tandis que les écologistes, avec un maigre 26%,
01:19:22 semblent relégués au rang de figurants,
01:19:24 d'après un sondage pour CNews, Europe 1 et le JDD.
01:19:28 Sophie Lénard, c'est vrai que bien souvent,
01:19:31 on oblige les agriculteurs, les paysans,
01:19:34 à pratiquer des normes qui sont extrêmement contraignantes
01:19:37 pour respecter cet environnement.
01:19:39 Et parfois, vous prenez même des initiatives
01:19:41 totalement gratuites pour protéger l'environnement.
01:19:44 Et on vient vous le reprocher.
01:19:46 Souvent.
01:19:47 Je ne sais pas ce qu'on nous reproche,
01:19:48 je pense que ce qu'on nous reproche,
01:19:49 c'est de la désinformation ou de la mauvaise information,
01:19:52 ou on ne connaît pas notre métier.
01:19:53 Je pense que c'est surtout ça qui fait qu'on nous regarde de loin,
01:19:57 mais on ne vient pas nous demander de près.
01:19:59 Je voudrais quand même citer ici des choses que l'on fait,
01:20:02 et probablement que le grand public ne le sait pas,
01:20:04 mais nous passons un diplôme pour pulvériser
01:20:07 ou pour soigner nos plantes.
01:20:09 Donc voilà, on est contrôlé par rapport à ça.
01:20:12 Notre matériel de pulvérisation ou d'épandage est contrôlé,
01:20:16 c'est-à-dire que chaque buse, on vérifie bien les gouttes à gouttes.
01:20:21 Il y a des tas de choses qui sont mises en place
01:20:23 que le public ne sait pas.
01:20:25 On met en place des tas de techniques agronomiques,
01:20:28 de demi-dose, de tiers-dose,
01:20:31 enfin on fait tout ce qu'on peut pour justement faire le moins possible.
01:20:35 Mais c'est comme tout un chacun,
01:20:36 quand vous avez une plante malade,
01:20:38 c'est stupide de la laisser malade
01:20:39 parce que ça va se retrouver dans la farine ou dans autre chose.
01:20:42 Donc ce n'est vraiment pas le but.
01:20:43 Le but, c'est de mettre un produit sain et bon pour la santé sur le marché.
01:20:48 Les paysans font bien les choses,
01:20:49 les paysans français en tout cas,
01:20:50 Karim Abrix, c'est le sentiment que cela donne,
01:20:52 par rapport aux collègues européens,
01:20:53 et on y revient inexorablement,
01:20:54 les normes qui compliquent la situation des agriculteurs en France
01:20:59 et qui ne sont pas respectées par les voisins européens.
01:21:02 C'est là que le bas blesse.
01:21:03 Oui, c'est là que le bas blesse.
01:21:04 D'autres, vous avez parlé des voisins européens,
01:21:06 on sait que même ça va plus largement à l'international.
01:21:09 Il y a des produits qui ne sont complètement pas du tout soumis
01:21:13 à certaines normes qui sont très exigeantes pour les agriculteurs français.
01:21:17 Ça, c'est un vrai problème.
01:21:19 Et il y a d'autres ententes aussi sur la question des prix.
01:21:21 On a vu par exemple cette entente qui a été conclue avec le Chili.
01:21:26 On a parlé de la Nouvelle-Zélande également.
01:21:28 Donc, vous voyez qu'on peut dire deux poids, deux mesures là-dessus.
01:21:32 Et pour le reste, par exemple, sur l'aspect écologique,
01:21:36 l'aspect des produits locaux,
01:21:38 je vous parlais tout à l'heure sur la question des cantines scolaires
01:21:40 qui avaient quand même un certain objectif,
01:21:42 et on est loin du compte.
01:21:44 On sait que le gouvernement aussi avait fait certaines mesures
01:21:47 pour la filière bio qui s'est littéralement effondrée,
01:21:50 complètement effondrée.
01:21:53 Et on voit qu'il y avait quand même aussi,
01:21:55 si je reviens encore une fois avec les écoles, les lycées,
01:21:57 il y avait un objectif d'avoir par exemple 20 % des produits,
01:22:01 que ce soit naturels et tout ça.
01:22:03 - 50 % d'aide pour la filière bio quand même,
01:22:06 dans les annonces de Gabriel Attal, rappelons-le.
01:22:08 - C'est ça. - 50 millions.
01:22:10 - 50 millions.
01:22:12 - Mais c'est ça, c'était d'augmenter, même d'avoir par exemple
01:22:15 au moins 50 % dans ce cas-ci pour les cantines.
01:22:19 Et on est vraiment loin du compte.
01:22:21 Et je regardais justement les chiffres selon l'agence bio,
01:22:23 seulement 7 % des restaurants, des écoles, collèges, lycées,
01:22:27 respectent l'objectif d'avoir au moins 20 % de produits naturels.
01:22:31 Donc, il y a quand même un problème là-dessus.
01:22:34 Et moi, je voulais juste revenir peut-être en une phrase
01:22:36 plus largement sur la question de...
01:22:38 En fait, les agriculteurs, qu'est-ce qu'ils ont demandé aussi?
01:22:41 C'était une reconnaissance, un respect de leur savoir-faire,
01:22:44 justement qu'on ait cette confiance en eux,
01:22:47 parce qu'eux, ils sont aux premières loges
01:22:49 pour préserver le territoire, pour préserver ce terroir.
01:22:53 Et au fil des années, leur image a été largement,
01:22:56 mais vraiment démonisée, comme étant des fameux dépollueurs,
01:23:01 des maltraiteurs des animaux.
01:23:03 Donc, il y a eu quand même cette attaque frontale, je pense,
01:23:06 à leur savoir-faire, cette image-là.
01:23:09 Et quand on entend, par exemple, on parlait de M. Sciotti,
01:23:12 je pense qu'il y allait d'une bonne intention,
01:23:14 mais il faut quand même rappeler que les agriculteurs
01:23:16 ne veulent pas être biberonnés de la citadella,
01:23:18 ils veulent pouvoir vivre de leurs produits, de leur travail.
01:23:21 Donc, des prix justes et des normes qui sont équitables,
01:23:25 que ce soit à l'international, que ce soit avec les voisins européens,
01:23:28 c'est la base des choses.
01:23:30 - Oui, parce que, Salomé Fontaine, il y a la question
01:23:32 de l'opposition entre agriculture et les normes environnementales
01:23:35 dont on parle depuis quelques jours maintenant,
01:23:37 qui montent et qui empêcheraient l'agriculture de prospérer.
01:23:40 Est-ce que c'est une réalité, ça, justement?
01:23:42 - Alors, de prospérer...
01:23:44 - De prospérer, je sais pas ce qu'on appelle prospérer...
01:23:46 - Que les agriculteurs puissent vivre véritablement
01:23:49 et qu'il n'y ait pas de crise, c'est la situation dans laquelle nous sommes maintenant.
01:23:51 - Il y a à vivre, d'abord, pour vivre, il faut des prix rémunérateurs,
01:23:55 ça c'est la base.
01:23:57 Mais les normes n'influent pas sur les prix,
01:23:59 peut-être à part les coûts de production,
01:24:01 les 4% de GHR, et...
01:24:03 bon, voilà.
01:24:05 Non, alors par contre, les normes, ça joue sur le moral.
01:24:09 Si vous avez des gens à bout,
01:24:11 tous les agriculteurs ne sont pas en souffrance économique profonde,
01:24:16 je tiens à dire que moi, ça va.
01:24:19 Et pourtant, quand je parle de la souffrance des agriculteurs,
01:24:23 je pourrais en pleurer.
01:24:25 Des injonctions contradictoires,
01:24:27 des non-sens, des contrôles, des machins,
01:24:29 des trucs qu'on sait pas ce qui va nous tomber sous le coin du nez,
01:24:31 une nouvelle règle,
01:24:33 enfin j'imagine t'as le même problème, voilà,
01:24:35 parce qu'on a pas les mêmes productions,
01:24:37 mais...
01:24:39 les normes, elles jouent aussi pour ça.
01:24:41 Sur le fait que la concurrence n'est pas loyale,
01:24:43 mais aussi sur le fait qu'on sait pas d'où ça va venir.
01:24:45 Mais...
01:24:47 c'est fatigant.
01:24:49 - C'est aussi parce que ces normes impliquent qu'on ne vous fait pas confiance,
01:24:51 qu'on ne fait pas confiance, en tout cas, aux agriculteurs,
01:24:53 dans le cadre de la protection de l'environnement.
01:24:55 - Oui, alors, je rappelle que...
01:24:57 - Peut-on faire confiance aux agriculteurs ?
01:24:59 C'est la question qu'en fait, le commun des mortels se pose.
01:25:01 - Alors, j'ai envie de vous dire, probablement,
01:25:03 plus qu'aux écologistes politiques.
01:25:05 - La preuve, avec le sondage que l'on a vu il y a quelques instants.
01:25:07 - Voilà.
01:25:09 Je vais...
01:25:11 Un exemple très simple.
01:25:13 Nous devons réduire, voire supprimer,
01:25:15 les herbicides chimiques.
01:25:17 Voilà.
01:25:19 Nous devons également réduire nos émissions carbone.
01:25:21 Alors, on capte du carbone
01:25:23 dans le sol, dans nos cultures.
01:25:25 Première chose.
01:25:27 Si vous ne désherbez plus,
01:25:29 mais il faut pas quand même
01:25:31 qu'il y ait 100% de mauvaises herbes,
01:25:33 donc il va falloir les enlever.
01:25:35 - Et on va faire quoi avec des tracteurs ?
01:25:37 De l'outillage mécanique ?
01:25:39 Et qu'est-ce qu'on met dans le tracteur ?
01:25:41 Du GNR ? Et qu'est-ce qu'on émet ?
01:25:43 Du carbone ?
01:25:45 Alors, moi, je veux bien...
01:25:47 Ça, c'est des trucs... On fait quoi ? On prend la binette ?
01:25:49 Faut être raisonnable, un petit peu.
01:25:51 - Bien sûr. Moi, je voudrais juste faire un lien avec l'action
01:25:53 des agriculteurs, et on est en train de focaliser, évidemment,
01:25:55 sur le blocus de main en région parisienne
01:25:57 et autour de la capitale,
01:25:59 et l'opposition que l'on fait entre les paysans
01:26:01 et les écologistes militants.
01:26:03 Juste, ce lien que l'on tisse immédiatement
01:26:05 avec ce qui s'est passé au Louvre.
01:26:07 On sort un tout petit peu de l'agriculture, mais on y reste.
01:26:09 Et après, je fais de la parole à Joseph Toonel et à Pierre Lelouch.
01:26:11 La Joconde qui a été visée par des militantes écologiques
01:26:13 qui ont aspergé de soupe
01:26:15 sa vitre blindée, donc
01:26:17 elles s'en sont prises à cette œuvre que tout le monde connaît
01:26:19 dans le monde entier, avec ce
01:26:21 T-shirt blanc.
01:26:23 "Riposte alimentaire"
01:26:25 écrit dessus.
01:26:27 Qu'est-ce que ça vous inspire, Salomé Fontaine,
01:26:29 quand vous voyez ça ? - De l'excès.
01:26:31 - Je ne comprends pas ce que ça veut dire "riposte alimentaire".
01:26:33 Tu jettes de la soupe, déjà.
01:26:35 Il faudrait mieux la manger, pour commencer.
01:26:37 C'est quoi, ça ?
01:26:39 Faudrait peut-être
01:26:41 avoir un message clair.
01:26:43 Je ne comprends pas. Vous allez sauver le monde en jetant de la soupe
01:26:45 sur la Joconde ? C'est ça, votre projet ?
01:26:47 - Joseph Toonel, sur l'environnement
01:26:51 et les agriculteurs. - À l'instant, on parait
01:26:53 d'injonction contradictoire. Par exemple, quand l'Europe
01:26:55 décide qu'il y a trop de vaches parce que ça fait du métal,
01:26:57 ce serait mauvais pour la planète.
01:26:59 Je ne sais pas si c'est vrai ou si c'est faux.
01:27:01 Mais du coup, il faut, en Europe,
01:27:03 qu'on descende qu'il y ait moins de vaches.
01:27:05 Les vaches, ça va dans les prés. En tout cas, c'est mieux.
01:27:07 C'est ce que fait notre agriculture pour qu'on ait de la bonne viande.
01:27:09 Alors, vous enlevez
01:27:11 les vaches, mais vous gardez les prés.
01:27:13 Comment il fait, l'agriculteur ?
01:27:15 Mais ça a un coût.
01:27:17 Vous devez garder, puis on vous surveille par satellite.
01:27:19 Les vaches, elles sont
01:27:21 remplacées par des vaches et de la viande
01:27:23 qui vient de l'autre bout de la planète. Pour l'écologie,
01:27:25 ce n'est pas terrible. Elles sont élevées dans n'importe quelle condition,
01:27:27 qui bouffent n'importe quoi,
01:27:29 à qui on peut mettre des produits chimiques pour les faire grossir,
01:27:31 etc. - Et les hormones ?
01:27:33 - Et nous, nos agriculteurs, ils sont coincés.
01:27:35 Ils doivent supprimer leurs vaches et garder leurs prés
01:27:37 à rien faire. C'est totalement dérangeant.
01:27:39 Donc ça, c'est ce qui peut être fait.
01:27:41 Et l'intérêt qu'aurait l'Europe, l'intérêt que devrait
01:27:43 avoir l'Europe, c'est
01:27:45 nous unifier, nous, les pays de l'Union Européenne,
01:27:47 par rapport au reste du monde,
01:27:49 en disant, ben voilà,
01:27:51 nos règles européennes, vous ne rentrez pas
01:27:53 si vous ne les respectez pas.
01:27:55 C'est ce que font très bien les Etats-Unis
01:27:57 pour beaucoup de choses. Ils savent très bien
01:27:59 se défendre en disant, ok,
01:28:01 on peut importer vos produits, mais vous respectez
01:28:03 nos règles internes. C'est ça, la force
01:28:05 de l'Europe. Et on est en train de tuer l'idée
01:28:07 européenne. Bruxelles est en train de tuer
01:28:09 l'idée européenne en tuant les Européens
01:28:11 et notamment les agriculteurs. - Oui, bien sûr,
01:28:13 je vous en prie. - Si je peux compléter
01:28:15 vos dires, je voudrais quand même vous rappeler
01:28:17 que le cheptel bovin
01:28:19 européen ne représente que 8%
01:28:21 du cheptel mondial. Donc,
01:28:23 c'est pas en diminuant les nôtres
01:28:25 que vous allez changer quelque chose sur la planète.
01:28:27 Et je vous rejoins complètement,
01:28:29 et vous pouvez rajouter maintenant le lait
01:28:31 qui vient de 25 000 km.
01:28:33 Il est où le bilan carbone dans tout ça ?
01:28:35 Donc, moi je veux bien, je pense que
01:28:37 le réel problème, je pense que vous l'avez
01:28:39 évoqué tout à l'heure, c'est cette histoire
01:28:41 de bas prix. C'est cette
01:28:43 nourriture à bas prix.
01:28:45 Alors, je ne veux
01:28:47 absolument pas juger, parce que je sais que c'est difficile
01:28:49 pour tout le monde, et je me mets à la place
01:28:51 de consommateur qui est dans le magasin, qui a un produit
01:28:53 bas prix et un produit plus cher,
01:28:55 ou on en revient sur une autre problématique
01:28:57 qui est l'étiquetage. Parce que
01:28:59 il ne sait pas que ce produit à bas
01:29:01 prix, comment il est produit, comment
01:29:03 il est fait, et d'où ça
01:29:05 vient. Parce que c'est flou, c'est...
01:29:07 Bon, et puis on sait tous que quand ça
01:29:09 passe par une plateforme européenne, pouf, tout d'un coup
01:29:11 un poulet ukrainien
01:29:13 ou brésilien devient européen.
01:29:15 Donc, tout ce flou
01:29:17 fait que, évidemment,
01:29:19 c'est pas clair.
01:29:21 Et puis, si je peux me permettre,
01:29:23 tant que j'ai la parole,
01:29:25 c'est une hypocrisie
01:29:27 de A à Z.
01:29:29 Tout ce qui tourne autour de l'agriculture
01:29:31 est une hypocrisie.
01:29:33 J'étais aux négociations commerciales,
01:29:35 vendredi matin, avec monsieur Le Maire
01:29:37 et monsieur Feneau.
01:29:39 Vous aviez, dans la salle
01:29:41 suli aux demeurantes magnifique,
01:29:43 une ligne de la grande
01:29:45 distribution, une ligne de
01:29:47 l'industrie agroalimentaire et une ligne
01:29:49 des syndicats.
01:29:51 C'était digne d'une cour
01:29:53 de troisième maternelle, hein ?
01:29:55 Non, mais moi je suis très propre. Ah non, mais moi je suis
01:29:57 très gentille parce que je respecte la loi.
01:29:59 Y a pas... Y a une étude
01:30:01 qui est sortie, c'est pas moi qui l'ai inventée,
01:30:03 de FNH, la Fondation Nature
01:30:05 et Hommes. Je parle des produits laitiers,
01:30:07 ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
01:30:09 Qui fait qu'entre 2020 et 2022,
01:30:11 la grande distribution a fait
01:30:13 un bond de 188%
01:30:15 sur sa marge brute, que
01:30:17 l'industrie agroalimentaire a fait +64%
01:30:19 sur sa marge brute.
01:30:21 Je vous donne la ligne de l'éleveur, -4%.
01:30:23 Est-ce que
01:30:25 c'est possible dans ce monde de répartir
01:30:27 les marges ? Je ne demande
01:30:29 d'abord de personne, je ne demande la faillite
01:30:31 de personne, mais surtout pas de la nôtre.
01:30:33 Donc maintenant, à un moment donné,
01:30:35 il faut de la maturité, il faut
01:30:37 du courage, il faut de la responsabilité,
01:30:39 il faut de la prise de conscience, et tous ces gens
01:30:41 qui jouent avec notre outil de travail,
01:30:43 ou avec notre matière première,
01:30:45 ils trouvent une solution entre eux. Nous,
01:30:47 on est là pour produire un produit
01:30:49 digne de ce nom, de qualité, sain,
01:30:51 etc. Tout le reste, c'est pas notre
01:30:53 problème. C'est la politique, c'est la
01:30:55 finance, et il faut répartir
01:30:57 cette valeur ajoutée entre nous.
01:30:59 - C'est un appel à l'aide qu'on vient d'entendre, Pierre Lelouch,
01:31:01 là, il se voit en direct. - Mais cette dame
01:31:03 dit ce que moi j'essaye de dire aussi.
01:31:05 Un des drames de notre
01:31:07 pays, je le redis parce que c'est important,
01:31:09 ça a été la désindustrialisation
01:31:11 de notre industrie, et l'industrialisation
01:31:13 de l'agriculture.
01:31:15 Et sa financiarisation.
01:31:17 C'est ça qui s'est passé.
01:31:19 Vous avez de très grandes inégalités
01:31:21 suivant les filières, et vous avez
01:31:23 une prise de contrôle de la production agricole
01:31:25 par des groupes financiers. - Pour une plus grande
01:31:27 rentabilité, Pierre. Ceci explique cela.
01:31:29 - Mais pas seulement ça. C'est qu'aussi
01:31:31 l'Europe est dans une logique
01:31:33 de libre-échange financiarisée.
01:31:35 Les accords de libre-échange
01:31:37 sont passés parce que c'est l'idéologie
01:31:39 de l'Europe. L'idéologie, c'est
01:31:41 des accords de libre-échange avec tout le monde.
01:31:43 Avec de la
01:31:45 Nouvelle-Zélande, de l'Amérique du Sud,
01:31:47 à l'Ukraine, à tout ce qu'on voudra.
01:31:49 Quand il n'y a pas en plus des considérations
01:31:51 comme la guerre en Ukraine qui fait que
01:31:53 brutalement les terres vont s'effondrer
01:31:55 et qu'on fait rentrer des
01:31:57 centaines de milliers de tonnes de produits
01:31:59 de mauvaise qualité
01:32:01 faits avec un coût de travail
01:32:03 qui n'a rigoureusement rien à voir avec
01:32:05 ceux même en Pologne. C'est pour ça
01:32:07 qu'il y a des tensions aussi avec la Pologne.
01:32:09 Donc, il y a cet aspect des choses.
01:32:11 Le gouvernement, qu'est-ce qu'il a fait ?
01:32:13 Il a fait voter une loi Egalim
01:32:15 en pensant que
01:32:17 ça permettrait justement
01:32:19 de distribuer les dividendes à tout le monde,
01:32:21 à commencer par les producteurs.
01:32:23 Sauf que le gouvernement n'est pas intervenu
01:32:25 et qu'il considère que c'est une affaire privée
01:32:27 entre l'industrie
01:32:29 agro,
01:32:31 les grandes distributions et les producteurs.
01:32:33 Et les plus faibles payent. À l'arrivée, ce sont
01:32:35 les producteurs les perdants.
01:32:37 C'est là que l'Etat doit se réinvestir
01:32:39 dans le partage de valeurs.
01:32:41 - Supprimer le libre-échange comme le préconise Marine Le Pen ?
01:32:43 - Impossible.
01:32:45 - C'est ce que disait Marine Le Pen tout à l'heure en direct.
01:32:47 - On ne va pas revenir à l'Union Soviétique.
01:32:49 - Pierre Lelouch.
01:32:51 - On ne va pas aller à l'Union Soviétique.
01:32:53 Je dis simplement que
01:32:55 dans une affaire comme celle-là,
01:32:57 pour que le capitalisme
01:32:59 puisse fonctionner, et ça les Américains
01:33:01 le savent bien, il faut que l'Etat joue son rôle
01:33:03 d'arbitre. Si l'Etat n'intervient pas
01:33:05 dans une affaire comme celle-là, et laisse
01:33:07 se dérouler les rapports de force,
01:33:09 le perdant sera le plus faible. Et le plus faible,
01:33:11 ce sont les agriculteurs, parce qu'ils sont
01:33:13 atomisés, et que beaucoup d'entre eux sont trop
01:33:15 petits pour réagir contre ça. Maintenant,
01:33:17 un mot sur l'écologie,
01:33:19 qui était le point de départ de votre question.
01:33:21 J'ai vu, avec
01:33:23 un peu de surprise, que les écolos
01:33:25 rejoignent le mouvement des agriculteurs. Très bien.
01:33:27 Sauf que...
01:33:29 - Ça fait réagir nos invités agriculteurs.
01:33:31 Avec un peu d'ironie, je le précise.
01:33:33 - Ce qui se passe dans le pays, c'est que vous avez
01:33:35 d'un côté les urbains,
01:33:37 qui habitent dans les grandes villes, qui connaissent absolument
01:33:39 rien de votre quotidien, mais rien !
01:33:41 Mais rien ! Ils ne savent même pas comment
01:33:43 est faite une vache
01:33:45 ou un hectare.
01:33:47 Il y a un ministre de l'Agriculture
01:33:49 nouvellement mené, qui ne savait pas
01:33:51 combien il y avait de mètres carrés dans un hectare.
01:33:53 C'est dire, parce qu'à l'ENA, on n'apprend pas tout.
01:33:55 - C'était M. Le Maire. - Par exemple.
01:33:57 - Si j'ai bonne mémoire.
01:33:59 - Ce que je veux dire, c'est que le mouvement
01:34:01 écolo en ville,
01:34:03 ou par exemple à Paris,
01:34:05 le vote écolo est très important.
01:34:07 Ces gens ne savent rien de ce
01:34:09 qui est fait, de ce qu'ils mangent.
01:34:11 Ajoutez à ça un mode de vie
01:34:13 qui fait que, aujourd'hui,
01:34:15 parce que les femmes n'ont pas le temps, parce qu'on n'a pas le temps,
01:34:17 on va manger des produits
01:34:19 déjà faits,
01:34:21 la cuisine industrialisée,
01:34:23 qui est faite avec les plus mauvais produits
01:34:25 et le maximum de produits chimiques.
01:34:27 Et pour un tas de raisons, on va délaisser
01:34:29 les produits de qualité. Donc, peu à peu,
01:34:31 l'agriculture française, elle a basculé dans autre chose.
01:34:33 Alors que le point fort de l'agriculture
01:34:35 française, c'est la qualité.
01:34:37 Donc, ce qu'il faut arriver à faire, c'est
01:34:39 donner une prime aux agriculteurs qui font
01:34:41 de la qualité en France.
01:34:43 - Un revenu de 1500 euros, comme Eric Sutil.
01:34:45 - Pas par le revenu, mais tout simplement
01:34:47 en faisant en sorte que les prix
01:34:49 soient corrects, et que
01:34:51 les gens puissent retrouver
01:34:53 le goût de se nourrir
01:34:55 de bons produits. Alors, c'est pas
01:34:57 toujours le cas. Moi aussi, je vais
01:34:59 faire mes courses, souvent
01:35:01 chez Lidl et autres, je vois ce qu'il y a dans les paniers,
01:35:03 je comprends. Quand vous avez
01:35:05 une inflation à 22% sur
01:35:07 les produits alimentaires, dans notre pays,
01:35:09 bien sûr que les gens, ils ont du mal à se nourrir.
01:35:11 - Bien sûr, je l'entends. - Et donc, il faut
01:35:13 trouver... C'est là que l'État doit jouer son rôle
01:35:15 d'arbitre, et faire en sorte
01:35:17 qu'on ne paye pas
01:35:19 ensuite, par la santé,
01:35:21 les économies qu'on fait sur l'alimentation.
01:35:23 - Sur le libre-échange, justement, aussi,
01:35:25 je voulais vous entendre là-dessus, puisque vous avez réagi
01:35:27 quand j'ai évoqué cette possibilité. - Mais oui, j'ai réagi sur le libre-échange,
01:35:29 parce qu'on va aussi. Donc, comment
01:35:31 peut-on imaginer que
01:35:33 tout d'un coup, on va empêcher de rentrer
01:35:35 ce qui nous gêne, et qu'on vendra
01:35:37 de la même manière ? Il y a une formule
01:35:39 que je déteste, mais apparemment c'est la seule
01:35:41 qu'on ait trouvée, il y a toujours du
01:35:43 gagnant-gagnant. Le gagnant-perdant,
01:35:45 c'est imbécile, personne le fait.
01:35:47 Donc, il y a un moment, le libre-échange,
01:35:49 il doit exister, il doit être
01:35:51 contrôlé, c'est-à-dire que les règles
01:35:53 que l'on demande à nos produits,
01:35:55 nous, par exemple en Europe,
01:35:57 les pays qui vendent chez nous doivent les respecter.
01:35:59 - Y compris à l'intérieur de l'Europe.
01:36:01 - Oui, y compris également à l'intérieur
01:36:03 de l'Europe. - Mais alors, d'où le problème commence-t-il ?
01:36:05 - Et dernier point, c'est l'écologie.
01:36:07 Je suis désolé, tous les problèmes
01:36:09 que l'on a eus d'abord avec les Gilets jaunes,
01:36:11 c'est par rapport à des idées
01:36:13 sur l'écologie, qui de
01:36:15 tout coup deviennent des règles
01:36:17 politiques, sans penser aux gens
01:36:19 auxquels on demande de les appliquer.
01:36:21 Et ça s'appelle la décroissance.
01:36:23 Ces gens-là veulent qu'on vive en décroissance,
01:36:25 et on est en train de leur
01:36:27 expliquer maintenant, mais qu'ils ont rien compris,
01:36:29 que les écologies
01:36:31 sont les amis de l'agriculture.
01:36:33 Et bien, si je me souviens de tout ce que j'ai
01:36:35 entendu, j'ai pas le sentiment que ce soit ça.
01:36:37 - On va marquer une pause, on continue.
01:36:39 - C'est l'écologie punitive. L'écologie, je crois que tout le monde
01:36:41 est à peu près d'accord pour faire attention
01:36:43 à son environnement. Là, il s'agit de l'écologie
01:36:45 punitive, et ce qui est bien dans le sondage,
01:36:47 c'est que les Français ont compris où étaient les bons,
01:36:49 où étaient les mauvais. - On va continuer à débattre, et vous aurez
01:36:51 du temps de parole, sauf Joseph Touvenel,
01:36:53 Karim Abrik et Salomé Fontaine, qui s'expriment
01:36:55 depuis 14h, et que je remercie infiniment
01:36:57 d'être venu sur le plateau. On va continuer
01:36:59 à débattre, évidemment, et à vous donner d'autres informations
01:37:01 sur CNews dans quelques instants. A tout de suite.
01:37:03 [musique]
01:37:05 Nous sommes en direct sur CNews
01:37:07 avec Sophie Lennart, agricultrice,
01:37:09 présidente de la Coordination Urale de l'OAS,
01:37:11 Christian Proutot, Pierre Lelouch et Jean-Baptiste
01:37:13 Souffran, qui nous a rejoints. Soyez-le
01:37:15 bienvenus. On évoque évidemment la crise
01:37:17 des agriculteurs dans quelques instants, avec ce
01:37:19 blocus probable demain autour
01:37:21 de la capitale, mais d'abord un point sur
01:37:23 l'information avec Isabelle Piboulot.
01:37:25 - Le JDD a dévoilé le
01:37:27 classement 2024 des villes et
01:37:29 villages de France, où il fait bon vivre.
01:37:31 Un palmarès construit sur
01:37:33 près de 200 critères.
01:37:35 Angers conserve sa première place cette année.
01:37:37 Succès pour la Côte-Ouest avec le
01:37:39 Pays basque. Bayonne, étalonné par
01:37:41 Biarritz et Anglette, du côté des
01:37:43 villages de moins de 2000 habitants.
01:37:45 Guétari arrive en tête, suivi
01:37:47 de deux communes normandes. Martin va
01:37:49 dans la Manche et est prompt dans le Calvados.
01:37:51 L'inflation
01:37:53 et les prix de l'immobilier pèsent
01:37:55 lourds dans le budget des étudiants.
01:37:57 Dans le but de faire quelques économies,
01:37:59 beaucoup délaissent les grandes villes
01:38:01 et privilégient les agglomérations
01:38:03 de taille moyenne, comme Albi
01:38:05 dans le Tarn. Reportage d'Augustin Donadieu.
01:38:07 - Camille a
01:38:09 19 ans et comme toutes les étudiantes,
01:38:11 lorsqu'elle n'est pas à l'université,
01:38:13 elle révise chez elle.
01:38:15 Un logement fraîchement rénové
01:38:17 et relativement spacieux, sauf que Camille
01:38:19 n'habite pas dans une grande ville, mais à
01:38:21 Albi, dans le Tarn. Un choix
01:38:23 qu'elle ne regrette pas.
01:38:25 - Si on cumule mon travail, où je touche environ
01:38:27 500 euros par mois, la bourse
01:38:29 où je touche 120
01:38:31 et l'aide de la CAF
01:38:33 de 190 euros,
01:38:35 ça me fait environ 810
01:38:37 tous les mois. Du coup, ça fait
01:38:39 que je peux assumer mon loyer qui est de 450,
01:38:41 que tout ce qui est
01:38:43 courses, je peux me le permettre.
01:38:45 - En France, de plus en plus d'étudiants
01:38:47 délaissent les grandes agglomérations au profit
01:38:49 de villes moyennes. C'est le cas par exemple
01:38:51 à Brest, qui enregistre 43%
01:38:53 d'étudiants en plus sur un an,
01:38:55 ou encore en G, 37%.
01:38:57 Et enfin, Chambéry, 36,6%
01:38:59 de jeunes arrivants.
01:39:01 Ce phénomène est également
01:39:03 perceptible autour de la ville de
01:39:05 Toulouse. - Ils viennent soit
01:39:07 parce que les conditions de vie sont plus agréables
01:39:09 et la vie est
01:39:11 moins chère, soit parce que
01:39:13 la formation et les conditions
01:39:15 d'enseignement correspondent
01:39:17 mieux à ce qu'ils attendent. - Outre le coût
01:39:19 du logement et de la vie quotidienne, les étudiants
01:39:21 choisissent leur affectation aussi
01:39:23 en fonction du prix de leurs études.
01:39:25 En 2022, 79%
01:39:27 des jeunes diplômés indiquaient avoir
01:39:29 choisi leur université pour son coût raisonnable.
01:39:31 - Un mot de l'actualité internationale,
01:39:35 la France ne prévoit pas
01:39:37 de nouveaux versements à Lune-Roi
01:39:39 au premier trimestre 2024.
01:39:41 Plusieurs pays ont suspendu leur financement
01:39:43 à l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
01:39:45 palestiniens. Certains employés
01:39:47 de l'agence onusienne sont accusés
01:39:49 par les autorités israéliennes
01:39:51 d'être impliqués dans l'attaque du 7 octobre.
01:39:53 À six mois des Jeux olympiques de Paris,
01:39:57 la sécurité pendant l'événement
01:39:59 en préoccupe entre risque terroriste
01:40:01 et manque de confiance à l'égard du gouvernement.
01:40:03 Un baromètre fiduciale au DOXA
01:40:05 pour le Figaro détaille en chiffres
01:40:07 les inquiétudes des Français.
01:40:09 On fait le point avec Dounia Tengour.
01:40:11 - La cérémonie d'ouverture au cœur des préoccupations.
01:40:15 Selon le dernier baromètre fiduciale au DOXA
01:40:17 pour le Figaro, il serait 48%
01:40:19 à penser qu'il faudrait changer
01:40:21 de format contre 50%
01:40:23 qui veulent son maintien tout en prenant
01:40:25 les mesures de sécurité adéquates.
01:40:27 Une inquiétude sécuritaire
01:40:29 qui ne cesse de croître.
01:40:31 Parmi les risques évoqués,
01:40:33 la menace terroriste ou encore les mouvements de foule,
01:40:35 les Français en appellent à plus de maintien de l'ordre.
01:40:37 Ils sont 51% à estimer
01:40:39 que les 45 000 forces de sécurité
01:40:41 prévues pour l'événement
01:40:43 ne sont pas suffisantes.
01:40:45 Autre point noir,
01:40:47 la confiance accordée à l'exécutif.
01:40:49 Seul 32% croient en la capacité du gouvernement
01:40:51 à assurer la sécurité
01:40:53 contre 66% qui expriment leur forte défiance.
01:40:55 Face à la menace terroriste,
01:40:57 nombreux sont les Français qui demandent
01:40:59 des mesures fortes comme l'augmentation
01:41:01 des effectifs des services de renseignement
01:41:03 ou encore l'expulsion des étrangers fichés.
01:41:05 Comme d'habitude, je vous donne rendez-vous
01:41:09 à 16h30 pour votre prochain Point Info.
01:41:11 La suite avec vous Lionel.
01:41:13 Merci Isabelle. A tout à l'heure avec nos invités
01:41:15 sur le plateau, nos invités également en duplex.
01:41:17 La FNSEA et les jeunes agriculteurs
01:41:19 ont donc annoncé le blocage de la capitale
01:41:21 pour une durée indéterminée.
01:41:23 Des points de barrages seront mis en place à partir de demain
01:41:25 sur l'ensemble des autoroutes menant à Paris.
01:41:27 Damien Garigue, président de la FDSEA
01:41:29 Tarn-et-Garonne, est avec nous
01:41:31 sur le barrage d'Ossone.
01:41:33 Barrage, lui, qui est toujours en place,
01:41:35 qui n'a pas été levé.
01:41:37 Êtes-vous solidaires avec cette action
01:41:39 qui mène les agriculteurs vers la capitale ?
01:41:41 Bonjour, oui tout à fait.
01:41:47 On est entièrement solidaires avec cette action
01:41:49 parce que de toute façon
01:41:51 nous sommes obligés de monter au niveau de Paris
01:41:53 au national de façon à être entendue
01:41:55 parce qu'aujourd'hui dans nos provinces
01:41:57 on a eu un écho
01:41:59 qui a été entendu mais pas la totalité
01:42:01 de nos revendications.
01:42:03 Donc nous sommes obligés d'aller sur Paris
01:42:05 chercher le reste.
01:42:07 Vous aussi Damien Garigue et d'autres agriculteurs
01:42:09 de votre département
01:42:11 vont envisager de monter à Paris demain ?
01:42:13 Il y a des membres de la FDSEA du Tarn-et-Garonne
01:42:19 qui envisagent de faire des convois
01:42:21 pour monter sur Paris.
01:42:23 Mais par contre nous ne lâcherons pas
01:42:25 les points de blocage sur lesquels nous sommes aujourd'hui.
01:42:27 Cela veut dire que vous êtes sur le blocage
01:42:31 et le barrage de Saône depuis combien de temps maintenant ?
01:42:33 Nous sommes ici maintenant depuis
01:42:39 jeudi dernier de mémoire
01:42:41 et nous avions commencé
01:42:43 par une grosse manifestation régionale
01:42:45 le 16 janvier
01:42:47 à la suite de laquelle nous avions bloqué
01:42:49 l'aéroport de Blagnac
01:42:51 pour demander à ce que
01:42:53 Gabriel Attal descende en Occitanie
01:42:55 car c'est ici qu'a débuté
01:42:57 le mouvement en Occitanie
01:42:59 et en Tarn-et-Garonne il y a maintenant
01:43:01 quelques mois. Cela fait des mois et des mois
01:43:03 qu'on alerte le gouvernement et ses membres
01:43:05 sur cette crise agricole.
01:43:07 On n'a pas été entendus
01:43:09 et hélas il a fallu en arriver
01:43:11 à un mouvement que vous voyez aujourd'hui
01:43:13 partout en France pour que l'Etat
01:43:15 entende certaines de nos revendications.
01:43:19 C'est la mobilisation qui monte
01:43:21 d'un cran. Damien Garig et le Premier ministre
01:43:23 qui s'est rendu en Indre-et-Loire
01:43:25 aujourd'hui, Gabriel Attal
01:43:27 qui propose de réfléchir
01:43:29 éventuellement à d'autres
01:43:31 dispositions mais qui pour l'instant
01:43:33 ne donne pas de termes clairs
01:43:35 sur ce qui pourrait vous permettre de sortir
01:43:37 de l'ornière. Donc vous n'êtes pas satisfait
01:43:39 par ces propos
01:43:41 et vous continuez à être mobilisé
01:43:43 et peut-être même à augmenter cette mobilisation
01:43:45 à l'intensifier ?
01:43:47 Alors on va lui laisser un tout petit répit
01:43:49 pour réfléchir quand même
01:43:51 parce qu'il ne faut pas faire n'importe quoi
01:43:53 là, va vite. Donc c'est pour ça
01:43:55 qu'on maintient nos blocages.
01:43:57 Pour l'instant on ne va pas les
01:43:59 intensifier mais si jamais on s'aperçoit
01:44:01 qu'on nous a leurré
01:44:03 ou roulé dans la farine
01:44:05 vendredi lors de son déplacement
01:44:07 effectivement ça pourrait provoquer
01:44:09 un durcissement des blocages
01:44:11 parce qu'on ne comprendrait pas
01:44:13 qu'on puisse avoir des paroles
01:44:15 et pas d'actes derrière.
01:44:17 On risque d'être impopulaire parce que pour l'instant
01:44:19 l'opinion de la population
01:44:21 française est plutôt en votre faveur
01:44:23 mais si les français
01:44:25 sont impactés puisque l'agriculture
01:44:27 évidemment est importante
01:44:29 c'est le garde-manger de la France
01:44:31 et notamment si le marché
01:44:33 d'orangis devait être
01:44:35 touché à un moment donné avec ce blocus
01:44:37 à Paris, il peut y avoir
01:44:39 un retournement de situation ?
01:44:41 Que vous craignez ?
01:44:43 Je ne pense pas qu'il puisse y avoir
01:44:45 un retournement de situation
01:44:47 parce que le grand public a très bien compris
01:44:49 notre cause. Si on se bat c'est aussi pour eux
01:44:51 parce qu'aujourd'hui on se bat
01:44:53 contre les charges, contre les coûts
01:44:55 pour produire de la nourriture française
01:44:57 de qualité parce qu'avec toutes ces taxes
01:44:59 qu'on nous fait porter
01:45:01 on fait augmenter le prix de l'assiette des français
01:45:03 donc c'est normal qu'on ait plus de 87%
01:45:05 des français qui soient favorables à notre action
01:45:07 donc je ne pense pas que
01:45:09 ça les
01:45:11 fasse changer d'avis
01:45:13 les français ne sont pas dupes
01:45:15 ils ont très bien compris pourquoi nous sommes là
01:45:17 et je les en remercie d'ailleurs
01:45:19 et dans nos actions
01:45:21 nous nous efforçons d'impacter
01:45:23 le moins possible la vie des français
01:45:25 donc on n'est pas là pour
01:45:27 embêter les français mais on est là pour tirer
01:45:29 les sonnettes d'alarme, on est là pour que
01:45:31 le gouvernement nous voie et comme je vous dis tout à l'heure
01:45:33 il est vraiment regrettable d'arriver
01:45:35 à une telle situation pour que le gouvernement
01:45:37 s'aperçoive qu'il y a vraiment un problème
01:45:39 dans le milieu agricole, comme je vous disais
01:45:41 ça fait des mois et des mois pour pas dire
01:45:43 un an qu'on alerte
01:45:45 qu'on tire les signales d'alarme, nous ici sur
01:45:47 le département du Tarn-et-Gaon on a rencontré
01:45:49 je ne sais combien de fois notre préfet
01:45:51 on a fait des écrits, on a fait des courriers
01:45:53 on n'a pas eu de réponse
01:45:55 et aujourd'hui on s'aperçoit qu'il y a un souci dans le milieu
01:45:57 agricole, et ta mieux j'ai envie de dire
01:45:59 mais il est très regrettable de devoir en arriver
01:46:01 à des mobilisations
01:46:03 de la sorte
01:46:05 pour qu'on puisse s'apercevoir qu'il y a des problèmes
01:46:07 les politiques étaient au courant qu'il y avait
01:46:09 des problèmes dans le milieu agricole
01:46:11 et on dirait qu'ils ont découvert ça il y a 15 jours
01:46:13 donc c'est un petit peu coquin de leur part
01:46:15 - Merci Damien Garig
01:46:17 merci de nous avoir
01:46:19 donné votre intervention
01:46:21 d'être intervenu sur l'antenne de CNews
01:46:23 en direct. Avez-vous le sentiment, après ce témoignage
01:46:25 un parmi tant d'autres
01:46:27 Sophie Lennart, que les politiques
01:46:29 successifs ne vous ont pas respecté jusqu'ici
01:46:31 et que même le gouvernement actuel
01:46:33 ne le fait pas
01:46:35 - C'est clair, enfin
01:46:37 la coordination rurale
01:46:39 celui qui a créé la coordination rurale
01:46:41 il l'a fait en 1992
01:46:43 au moment de la PAC, c'était quand même pas anodin
01:46:45 à ce moment là déjà, il avait dit
01:46:47 ce qui allait arriver là et les conséquences
01:46:49 que nous allons avoir avec
01:46:51 l'entrée de produits qui ne sont pas à nos normes
01:46:53 et voilà j'ai l'impression que je répète la même chose
01:46:55 depuis 15 jours mais voilà
01:46:57 donc
01:46:59 oui il y a ce mépris
01:47:01 et ce mépris il s'est doublement
01:47:03 fait voir
01:47:05 nous étions à Bruxelles mercredi dernier
01:47:07 et nous avons rencontré
01:47:09 la commission européenne
01:47:11 on a été aussi dans le cadre
01:47:13 d'une organisation dont nous faisons partie
01:47:15 le BNB et puis après nous étions reçus
01:47:17 par des députés parlementaires à qui on voulait
01:47:19 expliquer notre quotidien
01:47:21 nos problématiques. Au même
01:47:23 moment où nous étions
01:47:25 reçus, deux états gens de sous
01:47:27 y signaient le traité du Chili
01:47:29 vous vous
01:47:31 vous vous rendez compte du mépris
01:47:33 de la provocation, moi j'avais 200
01:47:35 adhérents dehors
01:47:37 je dis, je leur dis quoi
01:47:39 ils vont démonter la baraque
01:47:41 par chance on est des gens sérieux
01:47:43 et mais
01:47:45 vous vous imaginez ce qu'on vit au quotidien
01:47:47 si je peux me permettre de continuer
01:47:49 par rapport à Rungis
01:47:51 et je sais que les citoyens
01:47:53 nous soutiennent et je le répète
01:47:55 aussi c'est pour eux qu'on fait ça parce que
01:47:57 Vous en ferez partie du blocage de Paris
01:47:59 et du marché de Rungis ? Non parce que moi
01:48:01 je suis en haut de France parce que mercredi
01:48:03 nous descendons à Amiens
01:48:05 chère ville de
01:48:07 notre président de la république
01:48:09 donc nous on continue et
01:48:11 des actions en région
01:48:13 mais solidaires de ce qui va se passer
01:48:15 à Paris et de l'autre des garonnes qui montent
01:48:17 sur Rungis. Pour éviter
01:48:19 tout amalgame et qu'on nous reproche
01:48:21 Rungis et que
01:48:23 l'opinion ait envie de
01:48:25 se fâcher avec nous ce qui n'est pas du tout le cas
01:48:27 et je suis tout à fait d'accord
01:48:29 avec ce que mon collègue a dit tout à l'heure
01:48:31 il ne faut quand même pas
01:48:33 oublier que pendant
01:48:35 le Covid, qui est-ce qui a assumé
01:48:37 la livraison et qui
01:48:39 a continué à assumer de
01:48:41 produire, d'aller travailler,
01:48:43 de livrer à Rungis
01:48:45 d'entretenir pour que les
01:48:47 restaurateurs, enfin ceux qui pouvaient, enfin
01:48:49 qui avaient trouvé des astuces pour pouvoir travailler
01:48:51 c'est nous !
01:48:53 Alors aujourd'hui qu'on est dans la panade
01:48:55 c'est peut-être
01:48:57 le moment de nous renvoyer l'ascenseur
01:48:59 nos collègues restaurateurs, nos collègues
01:49:01 qui sont dans
01:49:03 ces structures-là, parce que franchement
01:49:05 on a assuré quand on nous a demandé d'assurer
01:49:07 en plus je pense qu'on a
01:49:09 prévenu un peu tôt quand même pour que
01:49:11 tout le monde puisse s'organiser et ensuite
01:49:13 je rappelle quand même que j'ai beaucoup
01:49:15 de mes collègues qui font du circuit court et que vous pouvez
01:49:17 aller vous apprivoiser
01:49:19 et vous aller
01:49:21 chercher de la marchandise chez nos collègues
01:49:23 et en plus de ça ils vont avoir le plaisir de découvrir
01:49:25 ce que c'est de la bonne lorraine. - Je vais céder la parole au plateau
01:49:27 et à Pierre Lelouch dans un instant mais je voudrais vous faire
01:49:29 réagir à la déclaration
01:49:31 de Marc Fesneau, votre ministre. - Oui alors...
01:49:33 - Non mais je vous le fais écouter et vous me dites
01:49:35 ce que vous en pensez par rapport
01:49:37 au blocus qui se prépare demain
01:49:39 de la capitale et du marché de Rungis,
01:49:41 voilà ce que dit le ministre de l'agriculture.
01:49:43 - On travaille avec vous,
01:49:45 faisons-nous confiance, même si je sais que c'est des
01:49:47 années aussi de défiance, des dizaines d'années de défiance
01:49:49 pour éviter que nous soyons dans une situation où au fond
01:49:51 l'opinion vienne
01:49:53 se renverser contre les agriculteurs
01:49:55 parce que le blocage c'est des citoyens
01:49:57 qui travaillent, des artisans, des commerçants,
01:49:59 c'est nos compatriotes
01:50:01 qui emmènent leurs enfants à l'école et donc il me semble
01:50:03 que ce sujet là il doit être aussi
01:50:05 pris en conscience par les responsables de l'agriculture,
01:50:07 c'est leur responsabilité de faire en sorte que
01:50:09 ce qui s'exprime, que nous avons pris
01:50:11 en compte, que nous allons continuer à
01:50:13 prendre en compte ne vienne pas aboutir à ce que
01:50:15 le blocage aille contre leurs intérêts.
01:50:17 - Sophie Lennart, ça sert à rien en fait
01:50:19 de bloquer Paris, c'est ce que dit le ministre en substance.
01:50:21 - Ça c'est son avis, c'est pas le nôtre.
01:50:23 Moi ce que je pense
01:50:25 et quand on explique
01:50:27 à nos citoyens le pourquoi
01:50:29 du comment on en est arrivé là
01:50:31 et je rappelle quand même
01:50:33 1992, c'est pas d'aujourd'hui
01:50:35 on leur demande pas de trouver des solutions en 4 jours
01:50:37 ça fait des années
01:50:39 des années qu'on leur dit qu'il y a un problème
01:50:41 de revenu, qu'on s'enlise,
01:50:43 qu'il y a ces produits d'importation
01:50:45 et tout à l'heure pour revenir sur ce que monsieur disait
01:50:47 sur le libre-échange, puisque d'après lui
01:50:49 il pense que ce n'est pas possible
01:50:51 de un, moi j'y crois fortement
01:50:53 et de deux, ça veut dire alors que si on le tolère
01:50:55 alors il faut la transparence
01:50:57 il faut l'harmoniser
01:50:59 pour qu'il y ait les mêmes normes partout, il faut la contrôler
01:51:01 il n'y a pas assez de contrôleurs
01:51:03 et il faut la réguler
01:51:05 parce que sinon ce déséquilibre
01:51:07 nous entraîne, nous agriculteurs
01:51:09 et vous citoyens
01:51:11 avec de la nourriture dont vous ne savez
01:51:13 même pas ce que vous mangez
01:51:15 et pour revenir là-dessus quand même, il y a aussi le volet
01:51:17 santé, vous mangez mal
01:51:19 je rappelle quand même que selon l'OMS
01:51:21 une des premières causes de décès
01:51:23 dans le monde, c'est la malbouffe
01:51:25 et si je veux aller plus loin
01:51:27 dans l'excès
01:51:29 je vous rappelle quand même que la souveraineté
01:51:31 est une priorité et que je vous assure
01:51:33 d'après ce que j'ai en
01:51:35 retour d'informations
01:51:37 il manque quand même pas mal de produits pharmaceutiques
01:51:39 - 5 000 médicaments
01:51:41 aujourd'hui il manque 5 000 médicaments
01:51:43 - donc ça veut dire qu'on mange mal
01:51:45 on va tomber malade et on n'a pas de quoi soigner
01:51:47 - et on ne peut pas soigner
01:51:49 - et une des choses, excusez-moi
01:51:51 c'est de dire aussi que dans ce pays
01:51:53 on fait tout dans l'urgence
01:51:55 alors je sais que la politique se succède
01:51:57 que les gouvernements se succèdent
01:51:59 est-ce qu'il y aurait un moyen
01:52:01 parce que si nous, chefs d'entreprise, on gérait nos entreprises
01:52:03 à la va vite comme ça
01:52:05 on serait vite déjà aux faillites
01:52:07 il faut anticiper, on n'arrête pas
01:52:09 et on ne demande que d'une chose
01:52:11 on doit travailler ensemble, il n'y a pas que un syndicat majoritaire
01:52:13 nous sommes 4
01:52:15 il faut qu'on mette tout le monde autour d'un table
01:52:17 en même temps
01:52:19 - c'est frappé du coin du bon sens ce que vient de dire notre invité
01:52:21 Pierre Lelouch
01:52:23 - sur la santé, je dis que la malbouffe d'aujourd'hui
01:52:25 c'est les cancers de demain
01:52:27 donc ce qu'on essaye d'économiser aujourd'hui
01:52:29 dans de la bouffe industrielle
01:52:31 ou à haute dose chimique importée
01:52:33 soit d'Espagne
01:52:35 soit d'ailleurs, c'est quelque chose qu'on paye demain
01:52:37 - pourquoi les gouvernements successifs n'ont rien fait ?
01:52:39 - parce que la facilité
01:52:41 quand j'entendais tout à l'heure le ministre de l'agriculture
01:52:43 monsieur Feneau menacer les agriculteurs
01:52:45 en prenant levier sur l'opinion publique
01:52:47 attention, ne mettez pas l'opinion publique
01:52:49 contre vous
01:52:51 dans le genre
01:52:53 conseil d'amis
01:52:55 c'est juste déraisonnable
01:52:57 parce que ce sont des gens qui sont
01:52:59 aux manettes depuis 7 ans
01:53:01 dans le cas du président
01:53:03 et il était à l'Elysée avant comme secrétaire général
01:53:05 pendant 3 ans, donc ça fait au moins une dizaine d'années
01:53:07 bon
01:53:09 alors, comment se fait-il madame
01:53:11 que vous soyez en train de négocier
01:53:13 avec des syndicalistes ou des députés
01:53:15 européens à un étage et qu'en dessous
01:53:17 on signe un accord de libre-échange
01:53:19 avec le Chili ? Ben je vais vous dire pourquoi
01:53:21 tout simplement parce qu'à partir du moment où
01:53:23 l'état français et les autres signent
01:53:25 mandat à la commission pour
01:53:27 ouvrir des négociations
01:53:29 le négociateur qui est le commissaire au commerce extérieur
01:53:31 moi j'ai été le ministre du commerce extérieur
01:53:33 j'ai eu à gérer ce genre de truc
01:53:35 et croyez-moi à l'époque j'avais essayé de bloquer
01:53:37 l'accord CETA
01:53:39 il y a eu depuis non seulement le CETA
01:53:41 il y a eu Mercosur, la Nouvelle-Zélande et le Chili
01:53:43 l'idéologie de la commission
01:53:45 c'est le libre-échange
01:53:47 avec l'idée que c'est gagnant-gagnant, ça l'est pas toujours
01:53:49 parce qu'il faut savoir que quand le négociateur
01:53:51 européen
01:53:53 ouvre des négociations par exemple avec le Chili
01:53:55 on va échanger tout
01:53:57 on va échanger des produits métallurgiques
01:53:59 des automobiles allemandes
01:54:01 de l'agriculture
01:54:03 et on fait comme ça une espèce de
01:54:05 de macédoine dans laquelle
01:54:07 bien souvent l'agriculture sert de
01:54:09 variable d'ajustement
01:54:11 et on se retrouve avec l'importation de
01:54:13 produits qui sont pas aux normes
01:54:15 pourquoi ? Parce que le gouvernement français
01:54:17 ne fait pas le boulot qui est d'exiger
01:54:19 la réciprocité
01:54:21 sur les normes
01:54:23 qu'on importe de produits qu'on importe
01:54:25 de l'extérieur, donc il y a un travail
01:54:27 à faire très considérable
01:54:29 sur le plan du commerce extérieur de l'Union
01:54:31 il y a un travail à faire
01:54:33 sur les prix, c'est ce que nous disions
01:54:35 tout à l'heure, le gouvernement ne peut
01:54:37 pas être simplement le type qui voit
01:54:39 passer les trains entre la grande distribution
01:54:41 l'industrie et le producteur
01:54:43 il faut que la France
01:54:45 retrouve, quand on parle de
01:54:47 souveraineté alimentaire
01:54:49 ça veut dire concrètement que
01:54:51 l'on intervienne sur les négociations internationales
01:54:53 de l'Union Européenne, que l'on intervienne
01:54:55 sur le prix des produits
01:54:57 vendus en France, sur les importations
01:54:59 même à l'intérieur de l'Union
01:55:01 je pense à les pays, encore une fois
01:55:03 l'Espagne qui ne respecte rien
01:55:05 en termes de normes, tout ça
01:55:07 ça fait partie d'un tout qui n'a pas été
01:55:09 réglé depuis des années
01:55:11 - C'est un large programme, et on ne peut pas régler ça en quelques heures
01:55:13 - Non mais on a quand même un... - Et tout ça explose en ce moment
01:55:15 - Bien sûr - Et donc c'est très compliqué à régler
01:55:17 - Et on le prend en pleine figure, je vous fais réagir
01:55:19 dans un instant, mais je voudrais avoir le sentiment de Jean-Baptiste
01:55:21 Souffranc qui arrive dans notre débat avec un petit peu
01:55:23 de recul en effet, et avoir votre analyse
01:55:25 votre regard sur tout ce qui a été dit
01:55:27 ça m'intéresse - Non mais il se trouve que justement
01:55:29 ces accords de libre-échange depuis longtemps
01:55:31 posent problème, et dans de nombreux domaines
01:55:33 les gens ont eu à s'y opposer
01:55:35 on a la chance depuis longtemps
01:55:37 d'être en Europe en fait, dans des pays
01:55:39 qui sont relativement riches si vous voulez
01:55:41 j'ai envie de dire, où il y a du gras
01:55:43 qu'on peut enlever au fur et à mesure dans ces accords
01:55:45 puis là on arrive en ce moment peut-être un petit peu
01:55:47 à l'os, c'est peut-être ce qu'on ressent
01:55:49 moi c'est ce que j'entends dans la colère d'une partie des agriculteurs
01:55:51 c'est qu'ils nous disent "ben là en fait on a fait les comptes
01:55:53 en 2022, en 2021, en 2023
01:55:55 et en réalité on est à zéro
01:55:57 ou en déficit, ça ne tient plus
01:55:59 c'est-à-dire que là où avant on pensait que les gens
01:56:01 avaient encore de la marge de manœuvre, et c'est ce que
01:56:03 typiquement le raisonnement des fonctionnaires de Bercy
01:56:05 ou de la Commission, ils se disent "bon on va
01:56:07 prendre ici, on va reprendre là, et en fait on va
01:56:09 s'y retrouver d'une manière ou d'une autre"
01:56:11 aujourd'hui, maintenant, eh bien en fait
01:56:13 on a du mal à s'y retrouver
01:56:15 ça devient très difficile, et du coup
01:56:17 est-ce qu'il faut payer le prix
01:56:19 de cette idéologie ? C'est toute la question qui se pose
01:56:21 maintenant. - Ce sont les agriculteurs qui
01:56:23 payent le prix de cette idéologie aujourd'hui, Sophie Lénard ?
01:56:25 - Bien sûr, mais pour répondre
01:56:27 à monsieur Lelouch tout à l'heure
01:56:29 nous avions, enfin
01:56:31 nous avons une proposition par rapport
01:56:33 à cette problématique qui était l'exception agriculturelle
01:56:35 ce matin il a sorti - La préférence
01:56:37 française - Entre autres, comme
01:56:39 pour la culture ce matin, monsieur
01:56:41 le ministre nous dit "c'est pas possible"
01:56:43 donc je me suis permis d'aller voir
01:56:45 comment fonctionne l'exception culturelle
01:56:47 pour voir si vraiment on ne peut pas l'appliquer à l'agriculture
01:56:49 qu'est-ce qu'elle dit cette exception culturelle ?
01:56:51 C'est que les radios doivent émettre
01:56:53 au minimum 40% de
01:56:55 chansons françaises, dont la moitié des nouveaux talents
01:56:57 que la télé a un minimum
01:56:59 de 60% d'oeuvres européennes
01:57:01 dont 40% en langue française
01:57:03 que la télé doit
01:57:05 financer le cinéma français
01:57:07 que les sites
01:57:09 vidéos doivent publier
01:57:11 un maximum d'oeuvres françaises
01:57:13 et pour financer tout ça
01:57:15 ce sont des taxes sur l'étiquette cinéma
01:57:17 un pourcentage du chiffre d'affaires
01:57:19 des chaînes télé
01:57:21 donc c'est possible, il y a quand même
01:57:23 moyen de faire ça pour l'agriculture quand on en a
01:57:25 la volonté - C'est ce que je me tue à dire
01:57:27 il y a un moment où il va falloir
01:57:29 avoir une épreuve de force
01:57:31 avec Bruxelles
01:57:33 sur la définition de la PAC
01:57:35 pour l'instant on a laissé l'administration
01:57:37 gérer et c'est pour ça
01:57:39 qu'on se retrouve dans cette situation
01:57:41 il n'y a pas de pilotage politique
01:57:43 et il y a une révolte. Le problème de notre
01:57:45 pays c'est qu'il y a des révoltes partout
01:57:47 on a eu les gilets jaunes
01:57:49 on a eu les banlieues, on a l'agriculture
01:57:51 aujourd'hui - Et le logement qui va arriver dans un temps
01:57:53 - On est sur un fil
01:57:55 on ne peut pas continuer à laisser
01:57:57 des morceaux du pays se révéler les uns
01:57:59 après les autres parce que les problèmes ne sont pas gérés
01:58:01 en tant que citoyen c'est ça qui m'inquiète
01:58:03 le plus aujourd'hui, c'est que je ne sens
01:58:05 pas de pilotage, je sens des choses
01:58:07 en panique à la dernière seconde
01:58:09 on envoie le Premier Ministre avec une bonne
01:58:11 de paille expliquer qu'on va modifier
01:58:13 le prix du gazoil, mais ça ne règle
01:58:15 pas tous les problèmes que vous connaissez
01:58:17 que je connais aussi
01:58:19 - Voilà pourquoi il y aura l'auguste demain
01:58:21 on marque une pause, on continue à débattre avec nos invités
01:58:23 dans quelques instants, on doit juste faire une
01:58:25 pause de publicité, faire un point sur l'information
01:58:27 et on revient à vous dans un instant
01:58:29 - Vous savez combien j'ai mis de temps à faire ?
01:58:31 - D'autres débats
01:58:33 à venir autour de la crise des agriculteurs
01:58:35 et le blocus imminent
01:58:37 demain autour de Paris avec
01:58:39 les paysans, mais d'abord rappel de l'information
01:58:41 avec Isabelle Piboulot
01:58:43 Cette image au musée du Louvre
01:58:45 la joconde aspergée de soupe
01:58:47 par deux militantes écologistes
01:58:49 une action revendiquée par le collectif
01:58:51 RIPoste Alimentaire dans le but de promouvoir
01:58:53 le droit à une alimentation saine et durable
01:58:55 L'oeuvre de Léonard de Vinci
01:58:57 plusieurs fois victime de vandalisme
01:58:59 est heureusement protégée par une vitre blindée
01:59:01 depuis 2005
01:59:03 Attaque dans une église catholique d'Istanbul
01:59:05 ce matin, deux assaillants
01:59:07 masqués ont fait irruption en pleine
01:59:09 cérémonie religieuse, un homme a été
01:59:11 tué, un drame immédiatement
01:59:13 condamné par le pape François
01:59:15 le président turc Recep Tayyip Erdogan
01:59:17 a exprimé ses condoléances
01:59:19 et assuré que les mesures nécessaires
01:59:21 avaient été prises pour arrêter les coupables
01:59:23 Enfin, la France ne prévoit
01:59:25 pas de nouveaux versements à l'UNRWA
01:59:27 Au premier trimestre
01:59:29 2024, plusieurs pays
01:59:31 ont suspendu leur financement à l'Agence des Nations Unies
01:59:33 pour les réfugiés palestiniens
01:59:35 Certains employés de l'Agence
01:59:37 onusienne sont accusés par les autorités
01:59:39 israéliennes d'être impliqués dans l'attaque
01:59:41 du 7 octobre
01:59:43 Merci Isabelle, 17h pour le
01:59:47 prochain point sur l'information sur l'antenne
01:59:49 de CNews, j'ajoute d'ailleurs que à 18h
01:59:51 une cellule de crise
01:59:53 interministérielle se tiendra à Beauvau
01:59:55 avec Gérald Darmanin et
01:59:57 Marc Fesneau, ministre de l'Intérieur et ministre
01:59:59 de l'Agriculture dans la perspective de ce qui
02:00:01 pourrait se dérouler demain autour de ce
02:00:03 blocus à Paris. Toujours en compagnie de
02:00:05 Sophie Lénard, agricultrice et présidente
02:00:07 de la Coordination Rurale de l'Oise, Christian
02:00:09 Pouteau, Pierre Lelouch et Jean-Baptiste
02:00:11 Souffron et notre invité également
02:00:13 en duplex et en direct, Émilie
02:00:15 Van Dieren, présidente de la Coordination
02:00:17 Rurale de Seine-et-Marne. Merci d'être avec
02:00:19 nous. Gabriel Attal était en visite
02:00:21 en Indre-et-Loire aujourd'hui, il
02:00:23 envisage des mesures supplémentaires contre
02:00:25 la concurrence déloyale d'autres pays. Est-ce
02:00:27 que cela peut suffire à apaiser
02:00:29 votre colère ?
02:00:31 Bonjour à tous,
02:00:33 je ne peux pas vous répondre tant que je n'aurais pas entendu ce qu'il a
02:00:35 dit. Parce qu'il n'a rien dit ?
02:00:37 Pour l'instant, on attend toujours
02:00:41 des actes, pour l'instant on n'a toujours que des
02:00:43 paroles. Qu'est-ce que vous allez faire
02:00:45 demain, puisque vous êtes dans le 77,
02:00:47 donc pas très très loin de Paris ?
02:00:49 Demain, pour l'instant,
02:00:53 on attend de voir ce qui va se
02:00:55 passer, on attend déjà de voir ce qu'il va
02:00:57 nous annoncer, et puis on va voir
02:00:59 ensuite ce qu'on organise. Mais
02:01:01 s'il n'y a aucune annonce, comme
02:01:03 cela semble être le cas, puisqu'il s'est
02:01:05 exprimé ce matin en Indre-et-Loire,
02:01:07 mais force est de constater qu'il n'y a pas
02:01:09 eu d'annonce très concrète.
02:01:11 On va voir pour s'organiser,
02:01:15 pour mardi, aller faire un petit tour à Rungis.
02:01:17 D'accord, donc pour participer
02:01:19 au blocage du marché de Rungis. Là, vous êtes
02:01:21 particulièrement déterminé ?
02:01:23 Il faut bien qu'on se
02:01:27 fasse entendre, donc si on n'a pas
02:01:29 le choix que d'aller jusqu'à Rungis,
02:01:31 pour qu'il nous propose
02:01:33 quelque chose de concret, on ira jusqu'à Rungis.
02:01:35 Jusqu'où vous êtes prête à aller ?
02:01:37 Vous, personnellement ?
02:01:39 Je ne sais pas.
02:01:45 C'est vraiment au jour le jour,
02:01:47 heure par heure, que
02:01:49 la mobilisation grandit.
02:01:51 Pour l'instant, je ne peux pas vous dire.
02:01:53 Quelle est votre situation dans votre exploitation ?
02:01:55 Est-ce qu'elle ressemble à celle qui est décrite
02:01:57 par beaucoup d'agriculteurs,
02:01:59 d'agricultrices qui témoignent
02:02:01 sur notre plateau et sur l'antenne de CNews ?
02:02:03 Oui, bien sûr, on rencontre
02:02:07 tous des difficultés similaires
02:02:09 et
02:02:11 ça ne peut pas durer de toute façon.
02:02:13 Il faut bien qu'on arrive à vivre de notre métier,
02:02:15 il faut bien qu'on arrive à pouvoir
02:02:17 vendre correctement nos productions
02:02:19 et pour l'instant, ce n'est pas le cas.
02:02:21 Tant qu'on n'arrive pas,
02:02:23 on n'arrivera pas nous-mêmes à fixer
02:02:25 nos prix de vente, ça ne pourra pas aller.
02:02:27 Vous êtes en colère
02:02:29 aujourd'hui, vous avez l'impression que
02:02:31 les politiques ne vous ont pas respecté
02:02:33 et continuent de ne pas vous respecter
02:02:35 puisque pour l'instant, il y a beaucoup de mots,
02:02:37 de palabres, mais très peu d'actes.
02:02:39 Je ne dirais pas qu'ils ne nous respectent pas,
02:02:43 je dirais juste qu'ils n'écoutent pas,
02:02:45 qu'ils ne prennent pas les mesures
02:02:47 qu'il faut pour pouvoir améliorer notre situation.
02:02:49 Ne craignez-vous pas néanmoins
02:02:51 avec le blocus des jeunes agriculteurs
02:02:53 demain et si vous marchez sur Rungis
02:02:55 mardi, qu'il y ait
02:02:57 un excès de violence ? Parce que
02:02:59 s'il y a une confrontation avec les forces de l'ordre,
02:03:01 il y a un dispositif qui a été mis en place par Gérald
02:03:03 Darmanin et que finalement
02:03:05 l'image des agriculteurs
02:03:07 qui est bonne pour l'instant, qui est plutôt positive
02:03:09 aux yeux des Français, ne change
02:03:11 et ne vienne à être modifiée ?
02:03:13 On n'est pas dans une idée de dégradation.
02:03:17 Hier, j'ai organisé
02:03:19 l'opération escargot
02:03:21 pour monter jusqu'à Roissy, ça s'est très bien
02:03:23 passé, on a vu que la population
02:03:25 était avec nous, le nombre de klaxons
02:03:27 et de bras levés, de
02:03:29 poings levés, de pouces levés,
02:03:31 on voit bien que la population nous soutient
02:03:33 donc l'idée n'est pas du tout de dégrader,
02:03:35 l'idée n'est pas de nous confronter non plus aux forces de l'ordre.
02:03:37 Mais vous avez conscience quand même que vous avez
02:03:39 un levier, quelque chose qui peut faire
02:03:41 changer la donne en
02:03:43 bloquant notamment l'alimentation
02:03:45 en pouvant affamer
02:03:47 les Français en quelque sorte, parce que Rungis
02:03:49 c'est tout de même un grenier important.
02:03:51 Oui,
02:03:53 l'idée n'est pas d'affamer les Français
02:03:55 vu que c'est nous qui les nourrissons.
02:03:57 Ce n'est pas du tout l'idée.
02:03:59 Oui, mais en l'occurrence si Rungis
02:04:01 est bloqué, vous ne pourrez
02:04:03 plus les nourrir.
02:04:05 Oui, mais
02:04:07 c'est un blocage
02:04:09 temporaire, j'espère quand même.
02:04:11 On ne va pas affamer
02:04:13 tous les Parisiens ou toute l'Europe en
02:04:15 bloquant Rungis, ce n'est pas l'idée.
02:04:17 Très bien, merci de nous avoir
02:04:19 accompagné, bon courage et
02:04:21 bon mouvement, bonne mobilisation,
02:04:23 dans l'attente évidemment des déclarations
02:04:25 ou des actes forts du Premier ministre.
02:04:27 Merci de nous avoir accompagné.
02:04:29 Vous vouliez réagir ?
02:04:31 Si la colère des agriculteurs va se produire par la
02:04:33 famine des Parisiens, je pense que
02:04:35 ce n'est pas exactement le but recherché.
02:04:37 J'aimerais compléter
02:04:39 les commentaires de ma collègue
02:04:41 au demeurant très perspicace.
02:04:43 Est-ce que vous savez qu'on est la seule profession
02:04:45 qui ne fait pas ses factures ?
02:04:47 Donc je vends
02:04:49 mon lait à une entreprise, c'est
02:04:51 elle qui fait la facture. Je ne sais pas
02:04:53 à quel prix je vais le vendre.
02:04:55 C'est
02:04:57 un monde de fou ça quand même.
02:04:59 Et donc
02:05:01 le découlement de ça
02:05:03 où je voulais en arriver, c'était cette fameuse notion
02:05:05 de vente à perte, qui est
02:05:07 interdite ? Manque de peau,
02:05:09 pour nous, la vente à perte est interdite
02:05:11 dans le cas de la revente.
02:05:13 Mais nous, on est producteur.
02:05:15 Manque de peau, on ne rentre pas dedans.
02:05:17 On a demandé à la coordination
02:05:19 rurale depuis des années
02:05:21 de voir si c'était possible de trouver
02:05:23 une modification
02:05:25 pour que le producteur puisse rentrer
02:05:27 dans cette formule pour ne pas avoir
02:05:29 ou pour pouvoir profiter
02:05:31 de cette loi de vente à perte.
02:05:33 Eh bien non, manque de peau, on n'y est toujours pas.
02:05:35 Et donc ça revient de ce que je disais
02:05:37 tout à l'heure. - Il y avait des députés qui n'ont pas fait le boulot.
02:05:39 Il y a suffisamment
02:05:41 de députés qui sont élus dans des
02:05:43 circonstances rurales. Ça, je ne le savais
02:05:45 pas, par exemple. - Eh bien, je vous le dis.
02:05:47 - Je sais que j'ai siégé longtemps à l'Assemblée.
02:05:49 - Et moi, j'ai un autre problème, c'est que de 1,
02:05:51 je déteste la politique, désolé, de 2,
02:05:53 j'y connais rien du tout, et de 3,
02:05:55 est-ce que c'est normal que ce soit la politique
02:05:57 qui décide ? Alors, peu importe les
02:05:59 partis. Je n'y connais
02:06:01 rien, je déteste ça.
02:06:03 Mais vous me dites, c'est les députés
02:06:05 qui n'ont pas fait le boulot. Je ne sais pas, à un moment
02:06:07 donné, ça, on l'a fait remonter, je ne sais pas
02:06:09 combien de fois. On a travaillé avec des avocats
02:06:11 pour faire remonter ça. - Alors, c'est lamentable,
02:06:13 parce que je ne savais pas, moi, que,
02:06:15 c'est-à-dire que ce n'était pas mon sujet de
02:06:17 prédilection quand j'étais à l'Assemblée,
02:06:19 mais il y a des gens, il y a une commission
02:06:21 qui est chargée de ça, et je suis très surpris
02:06:23 d'apprendre que les tarifs
02:06:25 de vente des agriculteurs... - J'espère que vous me donnerez
02:06:27 vos coordonnées, que quand on aura des problématiques,
02:06:29 vous me direz à quelle porte il faudra que j'accroche.
02:06:31 - Il y a pourtant des députés, des sénateurs qui sont
02:06:33 aussi agriculteurs. Et pourtant,
02:06:35 ils auraient pu porter ce sujet-là,
02:06:37 cette problématique. - Peut-être qu'il n'est pas arrivé à la bonne partie,
02:06:39 au bon niveau, j'en sais rien.
02:06:41 - Sans doute parce que, Christian Proutaud,
02:06:43 rien ne va, malheureusement, ou rien ne va plus,
02:06:45 en tout cas, dans le monde de l'agriculture,
02:06:47 en France, en tout cas.
02:06:49 - Rien ne va plus, parce que
02:06:51 à un moment, on a laissé
02:06:53 partir à volo, et je pense qu'il y a
02:06:55 quelque chose qui a troublé complètement les données,
02:06:57 et je ne sais plus si vous, madame,
02:06:59 vous le rappeliez tout à l'heure, ou la dame,
02:07:01 madame Fontaine qui était là,
02:07:03 on était bien contents, pendant la COVID,
02:07:05 que les agriculteurs,
02:07:07 comme quelques professions
02:07:09 qualifiées à ce moment-là d'essentiel,
02:07:11 puissent continuer à travailler pour nous nourrir.
02:07:13 Il y a eu quand même
02:07:15 quelque chose qui s'est passé.
02:07:17 Est-ce qu'il y a eu un retour par rapport
02:07:19 à cet investissement ?
02:07:21 Quand je vois le prix du lait, puisque c'est un exemple
02:07:23 que j'ai présenté tout à l'heure,
02:07:25 quand on voit le prix du lait, c'est surréaliste.
02:07:27 Moi, je sais combien je le paye
02:07:29 dans une grande surface.
02:07:31 Me dire que je le paye
02:07:33 6 fois plus cher,
02:07:35 il y a quelque chose qui ne va pas.
02:07:37 Ça va où ?
02:07:39 - Et juste pour donner une image,
02:07:41 vous savez que la personne
02:07:43 ou l'entreprise qui met la palette de lait
02:07:45 dans le rayon, gagne plus d'argent que nous
02:07:47 qui produisons le lait ?
02:07:49 Vous schématisez un petit peu ?
02:07:51 Le travail que c'est de produire du lait
02:07:53 est de mettre une palette en rayon,
02:07:55 sans dénigrer aucun...
02:07:57 - Je pense que sur ce point, il y a deux choses qui me frappent.
02:07:59 D'abord, le premier, c'est qu'on n'est pas dans une situation...
02:08:01 Il faut faire attention dans la manière dont on raconte ce qui se passe.
02:08:03 C'est qu'on a l'impression qu'on a laissé faire...
02:08:05 Non !
02:08:07 On a installé, on est, plus exactement,
02:08:09 on est en train d'installer un système
02:08:11 qui, effectivement, n'est pas pérenne
02:08:13 et va aboutir à la mort des agriculteurs.
02:08:15 C'est ça qui se passe.
02:08:17 - C'est voulu ? - Mais bien sûr !
02:08:19 Et ce système, c'est un système qui est voulu depuis plusieurs années.
02:08:21 Et on le voit, décision après décision...
02:08:23 - Voulu ? - Après décision, pré-médité !
02:08:25 - C'est ce que j'ai dit tout à l'heure.
02:08:27 - Mais on s'en sait !
02:08:29 - On a pré-médité sur les agriculteurs depuis des années !
02:08:31 - Puisqu'on considère qu'ils sont responsables...
02:08:33 - C'est plus de l'incompétence qu'une volonté de pouvoir pré-méditer.
02:08:35 - Non, non, non !
02:08:37 Ce n'est pas de l'incompétence, c'est une différence idéologique.
02:08:39 Et, idéologiquement, tout comme quand on signe les traités,
02:08:41 si vous voulez,
02:08:43 on veut installer un système.
02:08:45 Et décision après décision, on voit bien
02:08:47 que ce qui est voulu, c'est en fait
02:08:49 une agriculture où les agriculteurs sont
02:08:51 vraiment une espèce de...
02:08:53 Voilà, ils sont...
02:08:55 - Mais ce sont des accords politiques et pas
02:08:57 des accords scientifiques !
02:08:59 - Sciemment pour dire "je veux suivre les métiers d'agriculteur, Pierre Lelouch !"
02:09:01 - Non, il y a un système qui est en place...
02:09:03 - On les assassine alors !
02:09:05 On assassine les agriculteurs, les politiques sont des meurtriers !
02:09:07 - Non, non, on est un meurtrier à la ferme !
02:09:09 On a une très belle image, comme on vendrait une publicité pour un pays louche !
02:09:11 - Non, mais ce sont des arbitrages, si vous voulez.
02:09:13 Vous n'êtes pas obligés
02:09:15 dans un pays d'avoir un secteur agricole !
02:09:17 Vous avez des pays qui n'ont pas de secteur agricole vivace !
02:09:19 - Non, mais vous vous rendez compte !
02:09:21 - Non, mais Pierre Lelouch, les choix qui ont été faits
02:09:23 sont des choix
02:09:25 qui considèrent que le secteur agricole français
02:09:27 n'est pas essentiel.
02:09:29 C'est ça qui est terrifiant !
02:09:31 - Mais c'est le drame à s'affirmer !
02:09:33 - Ça fait plusieurs années !
02:09:35 - Tout comme on a abandonné une partie de notre industrie,
02:09:37 tout comme on a abandonné d'autres types de secteurs !
02:09:39 - Ce que vous venez de dire est vrai
02:09:41 au niveau européen.
02:09:43 Il y a en Europe, beaucoup de pays
02:09:45 qui n'ont pas d'agriculture et dont c'est pas le problème.
02:09:47 Et qui considèrent que la PAC,
02:09:49 qui bénéficie en premier
02:09:51 à la France, est une chose du passé.
02:09:53 Et qu'on ferait mieux d'utiliser l'argent
02:09:55 par exemple pour faire de l'intelligence artificielle
02:09:57 ou des fusées à la mosque
02:09:59 et que l'agriculture, c'est
02:10:01 les métiers d'hier. Donc quand la France
02:10:03 se bat à Bruxelles, c'est toujours
02:10:05 en défense. Parce qu'il faut
02:10:07 essayer de préserver ces 9 milliards
02:10:09 ou ces 10 milliards qu'on récupère sur notre
02:10:11 contribution obligatoire.
02:10:13 Sauf qu'on le fait mal.
02:10:15 Et qu'à l'intérieur du pays, qu'est-ce qui se passe ?
02:10:17 Il se passe en effet, quelque chose
02:10:19 que j'ai vu moi de mes yeux,
02:10:21 un processus de financiarisation
02:10:23 de l'agriculture, où le pouvoir
02:10:25 n'est plus entre les mains des producteurs
02:10:27 mais entre les mains de très
02:10:29 grosses coopératives financières,
02:10:31 entre les mains de l'agro-industrie,
02:10:33 entre les mains de la grande
02:10:35 distribution, c'est eux qui fixent les prix.
02:10:37 C'est ce que vous disiez madame.
02:10:39 Vous êtes au bout de la chaîne
02:10:41 et vous êtes la variable d'ajustement.
02:10:43 Attendez, je termine s'il vous plaît.
02:10:45 La variable d'ajustement
02:10:47 d'un système qui
02:10:49 en fait favorise des exploitations
02:10:51 qui sont les plus grandes possibles
02:10:53 et les plus rentables possibles. Aujourd'hui
02:10:55 un jeune agriculteur, pour qu'il s'installe,
02:10:57 il faut qu'il trouve du foncier. Or le foncier
02:10:59 c'est devenu très cher. Seuls
02:11:01 peuvent se le permettre
02:11:03 des grosses implantations
02:11:05 ou des implantations soutenues par derrière
02:11:07 par le crédit agricole ou
02:11:09 les coopératives, qui vont
02:11:11 favoriser un certain
02:11:13 type de production qui sera pas
02:11:15 nécessairement le plus sain pour le pays.
02:11:17 C'est tout ça qu'il faut déconstruire.
02:11:19 - Moi je pense aussi qu'il y a, Pierre,
02:11:21 je pense qu'il y a aussi une idéologie
02:11:23 qu'on a laissé se mettre en place, qui est mortifère
02:11:25 pour notre agriculture,
02:11:27 qui est une espèce d'écologie
02:11:29 idéalisée, avec des
02:11:31 écologistes, soit qui viennent nous peinturlurer
02:11:33 les œuvres d'art,
02:11:35 ou balancer de la purée
02:11:37 au sens qui vont
02:11:39 sauver le monde, ou nous
02:11:41 en mieller en faisant des
02:11:43 grands mouvements, qui en plus sont
02:11:45 violents, pour sauver les terres humides,
02:11:47 pour sauver les crapauds, je sais pas trop quoi,
02:11:49 mais qui se fichent complètement
02:11:51 avec une idée de décroissance
02:11:53 incroyable, parce que quand on les écoute,
02:11:55 quand on écoute Madame Sandrine Rousseau,
02:11:57 on se demande où est-ce qu'elle vit,
02:11:59 comment elle vit. - Oui, notamment
02:12:01 les polémiques sur les bassines, les manifestations,
02:12:03 comme ça a été le cas à Sainte-Soline.
02:12:05 - Avec un mépris total de ceux qui bossent,
02:12:07 un mépris total. - Mais Sainte-Soline
02:12:09 et le problème de l'eau concernent
02:12:11 un segment de l'agriculture, qui sont les
02:12:13 éleveurs, qui sont pas les producteurs de lait,
02:12:15 qui sont pas les éleveurs, c'est encore autre chose.
02:12:17 - Les éleveurs ont sauvé, ils les ont attaqués,
02:12:19 Pierre, ils les ont attaqués, les éleveurs.
02:12:21 - D'accord, mais c'est pas... - Comme les éclats.
02:12:23 - Vous permettez, certes,
02:12:25 mais je vous dis que c'est pas exactement les mêmes
02:12:27 besoins d'eau. Quand vous
02:12:29 faites pousser du maïs en plein été,
02:12:31 vous avez les extrémistes écologistes,
02:12:33 c'est exactement la même chose. - Mais c'est pas, ça ne sert pas
02:12:35 à toutes les filières en même temps.
02:12:37 - On englobe tous les métiers de l'agriculture,
02:12:39 je pense que tous les agriculteurs, voire on peut même y associer
02:12:41 les pêcheurs, sont mobilisés
02:12:43 autour de ce mouvement et de cette colère-là.
02:12:45 Et tout à l'heure, quand j'évoquais
02:12:47 le fait que le blocus
02:12:49 d'orangis pouvait affamer
02:12:51 la France, ça vous a fait sourire,
02:12:53 mais il y a beaucoup de restaurateurs qui sont
02:12:55 particulièrement inquiets, car ils ne seront pas alimentés
02:12:57 si jamais ce blocus devait se produire,
02:12:59 et s'il devait durer dans le temps, car on n'a
02:13:01 aucune notion de la durée
02:13:03 de ce blocus-là. Écoutez
02:13:05 la réaction de Franck Delvaux, le président
02:13:07 de l'Union des métiers de l'industrie
02:13:09 de l'hôtellerie.
02:13:11 - Vous avez à peu près sur
02:13:13 Paris-Ile-de-France environ
02:13:15 30 000 cafés, bars, restaurants
02:13:17 qui se trouvent sur Paris-Ile-de-France. Alors,
02:13:19 tous ne sont pas forcément approvisionnés par
02:13:21 Ragis, mais beaucoup de restaurateurs
02:13:23 vont s'approvisionner
02:13:25 à Ragis, puisque vont chercher des produits
02:13:27 produits par notre agriculture.
02:13:29 C'est pour ça qu'on comprend
02:13:31 évidemment le mouvement.
02:13:33 Si Ragis est bloqué plusieurs jours,
02:13:35 il y aura des pénuries
02:13:37 ou des produits qui vont manquer dans les établissements.
02:13:39 Ragis s'approvisionne non seulement
02:13:41 Paris-Ile-de-France, mais également
02:13:43 l'ensemble de la France. Beaucoup de produits arrivent
02:13:45 vers Ragis et ensuite repartent.
02:13:47 - Les agriculteurs ont conscience
02:13:49 de ce pouvoir, de cette puissance, Sophie Lénard ?
02:13:51 - Je vous l'ai expliqué tout à l'heure,
02:13:53 le but n'était pas d'en arriver là,
02:13:55 on aurait espéré avoir des réponses
02:13:57 à la hauteur. - Mais ça peut arriver, ça arrive maintenant.
02:13:59 - J'ai envie de dire,
02:14:01 ma collègue vous l'a dit, mes deux collègues vous l'ont dit tout à l'heure,
02:14:03 on ne maîtrise pas grand chose,
02:14:05 non pas qu'on ait débordé,
02:14:07 c'est qu'on vit au jour le jour et on verra,
02:14:09 dans l'espoir d'avoir quelque chose.
02:14:11 J'aimerais répondre,
02:14:13 ça m'interpelle quand
02:14:15 on joue avec
02:14:17 la France en fait, parce que faire
02:14:19 disparaître, on ne parle pas de faire disparaître
02:14:21 un aliment où
02:14:23 là c'est l'agriculture française
02:14:25 et ses agriculteurs
02:14:27 de surcroît.
02:14:29 Si vous me dites, ou si j'en crois
02:14:31 ce que vous me dites, s'ils veulent
02:14:33 faire disparaître l'agriculture, mais bon sang qu'ils nous le disent,
02:14:35 la franchise elle est où là ?
02:14:37 On joue à quoi là ?
02:14:39 À poker menteur et on fait
02:14:41 de la négociation de marchand de tapis ?
02:14:43 Mais on n'est pas
02:14:45 à ce niveau là. Comme disait
02:14:47 je ne sais plus qui vous tout à l'heure,
02:14:49 il ne fallait pas cinq jours pour nous sortir
02:14:51 qu'on pouvait arrêter
02:14:53 la taxation qui au demeurant, nous on avait demandé
02:14:55 pas de taxation du tout, mais enfin ça c'est un autre débat.
02:14:57 Vous savez qu'on installe nos jeunes
02:14:59 là, en l'occurrence moi je suis
02:15:01 concernée, j'installe ma fille.
02:15:03 Ça veut dire quoi ? Elle va s'endetter
02:15:05 et je vais dire ma petite fille
02:15:07 tu m'excuseras, mais j'ai pas vu le fiasco
02:15:09 dans lequel je t'ai mis. - Votre collègue de l'OB
02:15:11 disait tout à l'heure qu'elle n'incitait pas les jeunes
02:15:13 à s'engager ou à reprendre, parce que c'est très
02:15:15 difficile d'abord par rapport aux frais de succession,
02:15:17 à reprendre la ferme de
02:15:19 la famille. Après il y a des choix
02:15:21 évidemment qui sont faits. - Fiscalement c'est une honte,
02:15:23 je peux vous faire la démonstration.
02:15:25 Si je vends à ma fille les parts
02:15:27 de mon entreprise, je vais
02:15:29 payer des plus-values, parce que mon entreprise qui valait
02:15:31 100 à un moment donné,
02:15:33 vaut 300 aujourd'hui. Donc sur les 200
02:15:35 de différence, je vais devoir
02:15:37 payer 40% de plus-values. - C'est fou ça.
02:15:39 - Ça c'est une chose. Admettons
02:15:41 ma fille va me donner des sous.
02:15:43 Au jour où je claque
02:15:45 et que ces sous lui reviennent à elle et à ses
02:15:47 frères, hop patate,
02:15:49 elle va encore payer 40% de frais de succession.
02:15:51 Non mais est-ce que sincèrement
02:15:53 on travaille dans la vie pour...
02:15:55 Alors j'ai fait un calcul vite fait
02:15:57 de tout ce qu'on peut payer dans la vie,
02:15:59 ça fait partie des charges qu'on demande de baisser,
02:16:01 c'est un choix de fiscalité, mais
02:16:03 votre vie durant, que vous travaillez,
02:16:05 les taxes sur les salaires, les taxes sur
02:16:07 les revenus, les impôts sur la société,
02:16:09 et, enfin, excusez-moi,
02:16:11 peut-être que je me trompe dans mon débat.
02:16:13 Oui, je vous l'accorde.
02:16:15 - Il n'y ait pas de dégénération
02:16:17 fiscale sur la transmission des entreprises
02:16:19 agricoles. - Nous l'avons demandé, hein, la coordination
02:16:21 du RER. - Ça c'est un véritable scandale.
02:16:23 - Et surtout quand on sait à quel point
02:16:25 le monde agricole est en train de se rétrécir.
02:16:27 - Ce que je voulais arriver à dire, c'est que
02:16:29 quand vous cumulez tout ça, les plus-values, les successions
02:16:31 et les taxation de la vie courante
02:16:33 que tout le monde a au demeurant, je vous l'accorde,
02:16:35 c'est alors presque 60 ou
02:16:37 70 euros sur 100 euros que vous...
02:16:39 - C'est clair. - 70 centimes ? Non.
02:16:41 - 70 euros sur 100. - 70 euros sur 100 euros.
02:16:43 Est-ce que ça donne envie aux gens
02:16:45 d'avoir de l'ambition, de s'installer,
02:16:47 d'être entreprenants ?
02:16:49 - La réponse est non. - Et bien voilà. Enfin, ça me semble
02:16:51 quand même...
02:16:53 - Très compliqué, en effet.
02:16:55 - Et il y a une chose que je voudrais revenir par rapport à...
02:16:57 - Pour conclure, vraiment en deux. - Oui, excusez-moi.
02:16:59 Vraiment, je pense que tout est fait
02:17:01 exprès pour nous endetter, pour
02:17:03 nous appauvrir, comme ça
02:17:05 on rentre dans notre capitale,
02:17:07 on veut une lutte foncière. Le nerf de la guerre,
02:17:09 que ce soit en Hollande et partout,
02:17:11 c'est notre foncier qu'ils veulent.
02:17:13 Mais là, c'est pas demain la veille qu'ils vont l'avoir.
02:17:15 - Merci Sophie Lénard. Bon courage pour la suite.
02:17:17 Merci à nos invités d'être venus sur le plateau
02:17:19 pour faire un instant, c'est Punchline, avec Olivier Leclerc en flec.
02:17:21 Bonne soirée. - Merci Monsieur Rousseau.
02:17:23 - Avec plaisir Monsieur Leloup. - On a fini ?
02:17:25 - Sous-titrage Société Radio-Canada
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