Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans
Les invités de Lionel Rosso débattent de l'actualité dans #180minutesInfoWE le samedi et le dimanche

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00 Bonjour à tous, bienvenue sur le plateau de 180 minutes info week-end, toujours en direct bien sûr, sur CNews, avec nos invités pour commenter l'actualité et débattre.
00:00:10 Edouard Legras est notre invité. Bonjour. - Bonjour.
00:00:13 - On est ravi de vous accueillir, vous êtes agriculteur, président de la coordination rurale du Loire-et-Cher et évidemment la mobilisation paysanne nous intéresse.
00:00:20 On est au cœur, après les annonces de Gabriel Attal hier et notamment les mesures de cette actualité, donc on va en parler avec vous, avec Pierre Lelouch également.
00:00:27 Bonjour Pierre Lelouch, ravi de vous retrouver, très très bien. A vos côtés Amaury Brelet également. - Bonjour.
00:00:32 - Bonjour et bienvenue. Toute l'actualité et les débats notamment, mais pas que sur l'agriculture, c'est dans quelques instants, mais d'abord un point complet sur l'information.
00:00:40 Isabelle Piboulot, bonjour Isabelle. - Bonjour Lionel, bonjour à tous.
00:00:44 Des tracteurs ont pris la route et se dirigent vers la capitale. Une action des jeunes agriculteurs ciblant Paris la semaine prochaine est envisagée mais n'est pas tranchée.
00:00:53 Le syndicat associé à la FNSEA réfléchit à comment recalibrer la mobilisation. Les annonces du Premier ministre hier étant jugées insuffisantes.
00:01:03 Des blocages routiers devraient être réinstallés en début de semaine prochaine pour leur nombre diminue.
00:01:09 En Haute-Garonne, Berceau, du mouvement des agriculteurs, le barrage dressé sur l'A64 à carbone a été progressivement démonté.
00:01:17 Les précisions sur place de Stéphanie Rouquier avec Joanne Demarle.
00:01:21 Après 9 jours de blocage, l'autoroute A64 est libérée.
00:01:26 Ces agriculteurs qui étaient à l'origine de ce mouvement en France ont passé la matinée à tout nettoyer et à tout remettre en état.
00:01:32 Et c'était leur mot d'ordre, protesté mais sans vandalisme et dans le respect. Ils ont donc tenu parole.
00:01:38 Après les annonces et la visite du Premier ministre hier soir, ils avaient pris la décision de lever ce barrage.
00:01:44 Car selon Jérôme Bayle, l'éleveur bovin à l'initiative de la Gronde, Gabriel Attal a répondu à leurs attentes sur les simplifications des démarches
00:01:54 et la défiscalisation du GNR, le gazole utilisé dans les engins agricoles.
00:01:59 Il note tout de même qu'ils suivront les dossiers de très près pour s'assurer que tout soit bien mis en œuvre.
00:02:06 Pour tenter de calmer la colère du monde agricole, le ministre de l'Agriculture annonce des mesures supplémentaires la semaine prochaine,
00:02:15 notamment sur la viticulture ou encore la maladie du mildiou et la trésorerie.
00:02:19 Marc Faino s'est exprimé sur France Info au lendemain des annonces faites par Gabriel Attal. On l'écoute.
00:02:25 Il y a un mouvement qui a commencé réellement il y a 8 jours. On a rencontré les syndicats il y a 4 jours.
00:02:32 Ils ont fait des propositions il y a 3 jours. On y répond hier sur une liste de 120 ou 140 revendications.
00:02:39 On a donné les lignes d'intention en termes de simplification. Vous doutez bien qu'on ne peut pas répondre à tous sous ce délai-là.
00:02:45 En revanche, ce que je leur dis, c'est que le travail et la philosophie étayées, parce que la philosophie c'est bien,
00:02:51 mais il faut donner des exemples, étayées par le Premier Ministre hier, Gabriel Attal, de ce que nous voulons faire en termes de simplification,
00:02:56 de ce que nous voulons faire en termes de rémunération, de ce que nous voulons faire au niveau européen.
00:03:01 Il y a des premières mesures qui sont annoncées et elles sont appelées à se décliner sur d'autres sujets, bien évidemment.
00:03:07 Dans le reste de l'actualité, la loi immigration promulguée dans la nuit par Emmanuel Macron depuis New Delhi.
00:03:14 Le texte a été publié au journal officiel. Il avait été largement censuré par le Conseil constitutionnel, accusé par la droite d'avoir commis un coup d'état de droit.
00:03:23 35 articles sur 86 ont été totalement ou partiellement retoqués. Mais alors que reste-t-il de cette loi immigration ?
00:03:30 Le point avec Raphaël Lasraïque.
00:03:32 Elle contenait 86 articles forts. 35 mesures ont été censurées partiellement ou totalement,
00:03:40 comme le durcissement de l'accès aux prestations sociales ou le délit du séjour irrégulier pour les étrangers.
00:03:46 La structure initialement voulue par le gouvernement a été préservée,
00:03:50 comme par exemple la simplification des procédures d'expulsion des étrangers délinquants,
00:03:55 la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers dits en tension au cœur des débats cet automne.
00:04:01 Le Conseil valide aussi des dispositions pour faciliter les expulsions et les décisions d'obligation de quitter le territoire français.
00:04:08 Elles font notamment sauter les protections dont bénéficient certaines catégories d'étrangers, comme ceux arrivés en France avant l'âge de 13 ans.
00:04:15 Si les oppositions de gauche se félicitent de l'arbitrage des stages, la droite dénonce une décision plus politique que juridique.
00:04:23 A Auton-du-Perche, en Réloir, certains élèves n'ont plus de cours d'anglais depuis plusieurs mois.
00:04:29 Un professeur est en arrêt maladie, le second en congé maternité, le rectorat peine à les remplacer.
00:04:35 Une situation qui excède la mère d'une élève de 4e.
00:04:38 Tony Pitaro a recueilli son témoignage.
00:04:41 C'est une situation qui ne peut plus durer pour les élèves de ce collège de Réloir.
00:04:46 Certains n'ont plus de cours d'anglais depuis 4 mois, d'autres depuis 2 mois.
00:04:50 Désemparés, les parents d'élèves lancent un appel.
00:04:54 On est en milieu rural et on se demande si nous ne sommes pas les oubliés de l'académie Orléans-Tours et de l'État.
00:05:02 Notre proviseur a effectué plusieurs demandes au rectorat mais il ne se passe rien.
00:05:07 Le collège fait ce qu'il faut mais le rectorat rien.
00:05:09 On a quand même obtenu la publication d'une annonce sur le site de Pôle emploi et ça a pris 3 mois.
00:05:16 En attendant l'arrivée d'un nouveau professeur d'anglais,
00:05:19 certains parents ont décidé de s'organiser pour dispenser eux-mêmes les cours à leurs enfants.
00:05:23 Il y a des parents qui essayent de donner des cours particuliers à leurs enfants
00:05:27 mais c'est une minorité parce que ça coûte cher.
00:05:31 D'autres parents se tournent vers le Cned.
00:05:34 Avant, les cours du Cned étaient très facilement accessibles en ligne.
00:05:38 Aujourd'hui, si on veut donner à nos enfants des cours issus du Cned,
00:05:43 on est obligé de contacter le Cned qui nous questionne, qui nous envoie un dossier.
00:05:49 On va remplir le dossier. Le proviseur aussi a une partie dans le dossier de chaque élève à remplir.
00:05:54 Contacté, l'Académie d'Orléans-Tours a surexploité toutes les pistes pour remédier à cette situation.
00:05:59 Je vous retrouve à 15h pour un prochain journal. Tout de suite, c'est à vous Lionel.
00:06:04 Merci Isabelle. Avec nos invités, juste après la pause, nous reviendrons sur cette marche blanche.
00:06:09 C'est marche blanche plus exactement un peu partout sur le territoire.
00:06:12 Ce monde agricole qui rend hommage à Alexandra, à Sonak et à Camille, sa fille, cette éleveuse qui a été tuée, tout comme sa fille d'ailleurs,
00:06:20 à la suite d'un accident survenu sur un barrage d'agriculteurs en Ariège.
00:06:24 A tout de suite sur CNews.
00:06:26 Retour en direct sur le plateau de CNews 180 minutes Info Weekend avec nos invités Pierre Lelouch, Amaury Brelet et Édouard Legras,
00:06:36 agriculteur, président de la coordination rurale du Loire-et-Cher, avant d'évoquer la mobilisation.
00:06:41 Les annonces aussi de Gabriel Attal hier soir, le Premier ministre qui s'est rendu au contact des paysans, des agriculteurs.
00:06:48 Le monde agricole rend hommage à Alexandra, à Sonak et à Camille, l'éleveuse et sa fille de 12 ans décédées à la suite d'un accident survenu sur un barrage d'agriculteurs en Ariège.
00:06:57 Plusieurs marches blanches ont lieu aujourd'hui. C'est le cas à Beauvais, c'est le cas dans le Morbihan et à Pamier,
00:07:03 et également avec les images que vous avez pu voir et notamment l'organisatrice de ces marches blanches et de celles de Pamier que nous écoutons tout de suite.
00:07:11 Donc on va se diriger vers le rond-point de Pamier, là où le drame s'est produit, en hommage à Alexandra et Camille,
00:07:26 avec bien évidemment une pensée pour Jean-Michel, le papa toujours hospitalisé, et la petite sœur de 8 ans.
00:07:33 Nous déposerons une bande de rôles avec les photos de Camille et Alexandra.
00:07:39 C'est un moment de deuil, de recueillement, mais nous sommes dans la douleur et nous avons mis entre parenthèses toutes les revendications.
00:07:50 Le drame absolu par rapport à cette situation, évidemment il y a peu de mots à prononcer, Edouard Legras,
00:07:56 mais tout de même un commentaire et la solidarité que vous appliquez, évidemment comme tout le monde agricole, le monde paysan, à cette disparition et à ces marches blanches.
00:08:04 Évidemment on rend hommage aux victimes et surtout on souhaite un gros courage pour le papa et la petite fille qui sont encore là,
00:08:12 mais c'est vraiment très triste et il n'y a pas grand chose à dire malheureusement.
00:08:17 Pierre Lelouch, cette jeune fille et sa maman vont peut-être devenir des symboles de cette lutte agricole,
00:08:23 parce que ce sont des victimes, certes collatérales, mais victimes directes aussi de cette crise du monde paysan.
00:08:29 Oui, on ne peut que s'incliner, c'est une grande souffrance pour cette famille.
00:08:36 C'est un concours de circonstances extrêmement malheureux, car clairement ce n'était pas volontaire,
00:08:42 c'est un accident qui aurait pu peut-être être évité, j'en sais rien, l'enquête le dira,
00:08:48 mais c'est extrêmement triste pour cette famille.
00:08:52 Après ça se mélange à un contexte de souffrance de beaucoup de genres dans le monde agricole depuis fort longtemps,
00:08:59 avec des problèmes structurels très lourds, que les gouvernements successifs évitent de trop toucher parce que ça dérange beaucoup de choses,
00:09:07 avec en plus au-dessus la couche supplémentaire de ce que fait l'Europe, ou ce qu'elle ne fait pas.
00:09:12 Et on est dans une situation aujourd'hui très complexe.
00:09:15 Clairement le gouvernement était dans la panique la plus totale,
00:09:19 parce que quand vous avez des tracteurs sur une route, vous ne les enlevez pas.
00:09:23 Ce n'est pas comme les gilets jaunes, vous n'envoyez pas les CRS, vous ne pouvez pas débloquer.
00:09:28 Quand vous avez 50, 100 tracteurs ou des tracteurs qui arrivent au bord de Paris,
00:09:32 vous paralysez le pays et on avait la plupart de nos axes bloqués.
00:09:35 Donc le Premier ministre fait de la communication,
00:09:38 essaye de sortir les choses un peu tangibles, immédiates, comme le prix du gazoil agricole.
00:09:44 On va revenir là-dessus, parce que c'est un sujet assez drôle si on regarde l'origine du problème.
00:09:50 C'est assez cocasse, puisqu'on voit bien que la FNSEA, avec Bruno Le Maire,
00:09:55 en réalité ont monté en place le système précédent qui prévoyait des augmentations.
00:09:59 Et tout ça pourquoi ? Parce qu'un certain nombre d'agriculteurs produisaient le biogaz,
00:10:05 les matières qui sont utilisées pour le gazoil.
00:10:07 Donc eux, ils avaient intérêt à ce que ça monte,
00:10:09 le reste du monde agricole, ils avaient plutôt intérêt à ce que ça baisse.
00:10:12 Donc vous voyez, le système est extraordinairement compliqué
00:10:16 et le gouvernement va falloir qu'il donne quelques gages rapidement pour calmer le jeu.
00:10:22 Mais ensuite, les vraies batailles commencent, avec l'Union européenne.
00:10:26 Par exemple, sur les accords de libre-échange passés avec la Nouvelle-Zélande, Mercosur.
00:10:31 Quand vous pensez que le gouvernement français a dit, et encore hier,
00:10:34 Gabriel Attal, c'est bien compris, ils étaient archi-con de libre-échange,
00:10:38 moi j'ai entendu le commissaire européen, qui avait mon job à l'époque au commerce extérieur,
00:10:45 dire il y a trois jours qu'il avait bien l'intention d'aller jusqu'au bout du processus.
00:10:50 Donc il y aura une épreuve de force à mener avec Bruxelles.
00:10:53 J'attends que le gouvernement la livre, parce qu'une partie, une grosse partie du problème, il est là.
00:10:58 Il est dans l'application, les choix de la PAC et leur application en France.
00:11:02 Et l'autre partie du problème, c'est toute la diversité des problématiques agricoles dans notre pays.
00:11:08 Ça, monsieur Legras, il pourra en parler plus longtemps.
00:11:12 - On va évoquer... - Moi, dans la filière qui est la sienne,
00:11:14 qui n'est pas la même qu'en Ariège ou ailleurs.
00:11:17 - Les céréales et les légumes, en vous concernant par rapport à votre exploitation.
00:11:21 On s'attarde un tout petit peu encore sur les images en direct que vous découvrez,
00:11:25 avec les marches blanches et notamment celles de Pamier, dans la Riège.
00:11:29 Donc images en direct, on venait évoquer de symboles pour ces victimes.
00:11:33 Mais c'est vrai que toute la population, presque unanime à Maurie-Brelé,
00:11:37 voire unanime, est prise par l'émotion de la cause paysanne.
00:11:41 En effet, il y a une forme de bienveillance sur les manifestants, au sujet des manifestants,
00:11:46 et aussi avec ces deux disparitions qui émeuvent particulièrement le pays.
00:11:50 - Oui, je crois qu'on s'associe tous, Français que nous sommes,
00:11:53 à la peine de la famille et de la profession tout entière.
00:11:57 Il faut d'ailleurs souligner la réaction très digne et très calme des agriculteurs
00:12:02 par rapport à cet accident.
00:12:04 J'en connais dans d'autres secteurs qui auraient sombré dans la colère.
00:12:08 Eux ont gardé leur dignité et le calme.
00:12:13 Sur le fond, il y a quand même, à mon avis, une responsabilité évidente d'Emmanuel Macron.
00:12:18 Et cet accident, c'est la triste illustration d'une double impuissance.
00:12:25 D'abord agricole, évidemment, parce que ça fait 7 ans qu'Emmanuel Macron n'a rien fait,
00:12:29 ne s'est pas intéressé au sujet, n'a pas répondu concrètement à la détresse des agriculteurs.
00:12:35 Et ensuite migratoire, parce que malheureusement, ces trois occupants de ce véhicule
00:12:40 étaient visés par une OQTF, et qu'ils auraient dû donc, en toute logique,
00:12:44 en théorie, être expulsés du territoire, comme l'avait d'ailleurs promis Emmanuel Macron en 2019.
00:12:48 Il avait promis un taux d'exécution des OQTF de 100%, on est à 10% aujourd'hui.
00:12:53 Donc on paie là une double impuissance, et on comprend bien que cette injustice
00:12:58 est très très mal ressentie aujourd'hui par les agriculteurs,
00:13:01 qui voient un État les traquer au jour le jour,
00:13:05 dès qu'ils ne respectent pas la moindre réglementation imposée par Paris ou par Bruxelles,
00:13:10 et en face des clandestins illégaux qui se baladent dans la nature en toute liberté,
00:13:16 et pour certains... - Qui ont été libérés d'ailleurs.
00:13:18 - Qui ont été libérés absolument, et il est à craindre d'ailleurs que les deux en question,
00:13:22 qui sont aujourd'hui libres, en tout cas assignés à résidence en théorie,
00:13:26 ne soient jamais expulsés du territoire.
00:13:28 Et donc cette impuissance, elle est très mal ressentie par les agriculteurs et par les Français,
00:13:32 et on comprend leur défiance aujourd'hui vis-à-vis du pouvoir et d'Emmanuel Macron notamment.
00:13:35 - Nous allons partir à Beauvais, on reste évidemment connecté avec Pamier,
00:13:39 à Beauvais il y a également une marche blanche, minutes de silence, dépôt de gerbe,
00:13:44 et également toujours en hommage à ces deux victimes de l'arriège.
00:13:48 On va vous retrouver à Yael Benhamou avec Sacha Robin,
00:13:52 pour nous parler peut-être du climat, de l'attention et de l'émotion,
00:13:56 qui est très palpable à travers les images que vous proposez.
00:13:59 - Oui absolument, nous sommes devant la préfecture de Beauvais,
00:14:06 les agriculteurs de l'Oise et des régions aux alentours ont tenu à rendre hommage
00:14:10 à Alexandra Sonnac et sa fille Camille, décédées au niveau d'un blocage à Pamier,
00:14:14 dans l'arriège il y a quelques jours.
00:14:16 Alors ils sont arrivés ici devant la préfecture il y a quelques minutes,
00:14:19 ils se recueillent dans le calme, des fleurs vont être déposées dans quelques instants devant la préfecture,
00:14:24 et des prises de parole sont en cours actuellement.
00:14:27 Et bien c'est le vice-président de la FNSEA qui a décidé de prendre la parole
00:14:31 et de parler en hommage à cette famille.
00:14:33 Ce lieu pour l'hommage de l'agricultrice et de sa fille n'a pas été choisi au hasard non plus,
00:14:37 c'est un symbole de l'État, les agriculteurs veulent interpeller l'État
00:14:42 pour qu'un drame comme celui-ci ne se reproduise plus.
00:14:45 - Yael Benhamou avec Sacha Robin en direct de Beauvais, dans l'Oise.
00:14:49 Cette émotion elle est palpable et on a le sentiment qu'elle incarne aussi
00:14:54 cette mobilisation et cette colère paysanne, Édouard Legras,
00:14:58 que finalement la population française est extrêmement bienveillante à votre endroit.
00:15:02 Qu'elle comprend les manifestations, parfois ces manifestations,
00:15:06 les blocages en fonction des revendications embarrassent beaucoup de monde,
00:15:10 là ce n'est pas le cas, à aucun moment il y a des français qui ont dit
00:15:13 "les agriculteurs nous embêtent".
00:15:15 - Malheureusement on commence à connaître certains chiffres, je le rappelle,
00:15:18 il n'y a plus d'un agriculteur qui se suicide tous les jours en France,
00:15:21 donc je pense que la population sait, si aujourd'hui on fait des barrages,
00:15:26 c'est pas pour rien, on préférerait travailler et être sur notre ferme,
00:15:29 et malheureusement, pour s'entendre, c'est la seule solution qu'on a trouvé pour le moment.
00:15:34 - Est-ce que c'est ce que vous vivez vous aussi au quotidien ?
00:15:36 Parlez-nous un petit peu de votre exploitation d'ailleurs et de vos associés,
00:15:39 puisque vous êtes plusieurs, si j'ai bien compris, sur votre terrain, sur votre exploitation.
00:15:43 - Donc moi j'ai une exploitation de cérales, j'ai à peu près 500 hectares de cérales
00:15:47 avec deux associés, d'ailleurs j'ai choisi de m'associer pour réduire le coût
00:15:53 de matérialisation avec du matériel notamment qui a explosé depuis le Covid et la guerre en Ukraine,
00:16:01 donc pour réduire les charges, je me suis associé avec des voisins.
00:16:04 - Et ça va bien ? Votre situation est-elle aussi inquiétante que beaucoup d'agriculteurs ?
00:16:11 - Non, on s'en sort en mutualisant les charges justement, notamment,
00:16:15 mais en fait c'est de plus en plus dur, puisque cette année on va avoir l'effet ciseau,
00:16:19 c'est-à-dire que les charges ont énormément monté, notamment engrais, électricité,
00:16:25 et par contre les matières premières se sont écrasées.
00:16:29 - Alors engrais, électricité, il faut là aussi voir que c'est conséquence de la guerre en Europe,
00:16:33 la guerre en Ukraine, l'arrêt des importations de gaz et de...
00:16:39 L'engrais c'est du gaz, c'est ce qu'on a apporté de Russie, l'augmentation elle est liée à ça.
00:16:45 L'électricité c'est pareil.
00:16:47 - En termes d'électricité, pour un cas concret, j'avais une facture d'électricité de 10 000 euros,
00:16:51 elle a été multipliée par 4.
00:16:53 Et aujourd'hui, concrètement, dans les annonces d'hier, pour revenir au sujet d'actualité,
00:16:57 j'ai pas eu vraiment de précision sur les contrats EDF, si c'était possible de renégocier ces prix.
00:17:03 - Alors il faut savoir aussi que sur l'électricité, on a maintenant des entreprises
00:17:08 qui payent l'électricité deux fois plus cher qu'aux Etats-Unis.
00:17:10 Or ils sont en compétition aussi sur les marchés avec les productions américaines.
00:17:14 Donc ils prennent... L'industrie aussi, il n'y a pas que l'agriculture, mais l'industrie prend de plein fouet
00:17:20 les conséquences de la guerre en Ukraine, des embargos,
00:17:23 et du fait que les prix de l'énergie ont été archi-multipliés en Europe
00:17:28 et beaucoup plus chers que chez nos compétiteurs.
00:17:30 - On décortique dans quelques instants, dans quelques minutes, les propositions de Gabriel Attal,
00:17:35 la colère, la mobilisation qui continue, mais on s'attarde juste pour bien comprendre
00:17:39 et que pour ceux qui nous regardent à Moribor-les comprennent également
00:17:42 que ce mouvement, il y a une forme de sympathie qui l'entoure véritablement
00:17:48 à tel point que même Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, n'envoie pas les CRS
00:17:52 pour faire dégager les tracteurs, pour extirper notamment les agriculteurs des points de lutte.
00:18:01 - Oui, parce que l'agriculture, les Français l'ont bien compris, est un pilier de l'identité
00:18:05 et de la civilisation française.
00:18:07 Et depuis des années, en réalité, les agriculteurs jouent un rôle de lanceurs d'alerte
00:18:11 vis-à-vis de cette politique totalement délirante, réglementaire et fiscale délirante
00:18:17 imposée par Paris et par Bruxelles, parce que les agriculteurs finalement
00:18:21 ne sont pas les seuls visés par ces taxes qui se multiplient, par ces normes
00:18:26 qui se multiplient aussi. Les petits commerçants, les artisans, les PME aussi
00:18:32 dénoncent depuis des années des charges beaucoup trop lourdes.
00:18:35 Et aujourd'hui, les agriculteurs ont décidé d'aller dans la rue et de bloquer,
00:18:40 mais finalement ils sont les porte-voix, à mon sens, d'une très grande partie
00:18:44 de l'opinion française.
00:18:46 - Vous trouveriez indécent que les CRS interviennent, Pierre Lelouch ?
00:18:49 - Non, c'est juste pas possible. - Pourquoi ?
00:18:51 - Je redis encore une fois, parce que les tracteurs, c'est des très très gros engins.
00:18:55 - Oui, mais on peut appréhender les fauteurs de trouble.
00:18:59 - Demandez à M. Lecroy, il va expliquer ce que c'est que de bouger un tracteur.
00:19:02 - On peut interdire peut-être de badigeonner les murs des préfectures avec du disier, notamment.
00:19:06 - Ça, c'était une mesure de sûreté autour des bâtiments publics, je vous en prouve un complètement.
00:19:10 Mais pour aller débloquer un... Là, il vous faut des porte-chars.
00:19:14 Un tracteur moderne aujourd'hui, ça se déplace sur un porte-char.
00:19:18 - Mais force est de constater que le ministre de l'Intérieur ne demande pas aux CRS d'intervenir
00:19:21 pour assurer une quelconque sécurité. Parce que ce mouvement-là est extrêmement empathique.
00:19:26 - Je vais vous dire, essayons de remettre les choses un peu en perspective.
00:19:30 Je crois que les Français le savent, d'ailleurs.
00:19:32 Il y a eu ces dernières années trois grands mouvements extrêmement durs.
00:19:37 Il y a eu les Juillet-Jaune. Là, les gens ont été battus. Il y a eu de la violence utilisée.
00:19:41 - Absolument. - Beaucoup de violence.
00:19:43 Et ensuite, ça s'est calmé. Le président a fait preuve de la pédagogie qu'on lui connaît.
00:19:49 Grand orateur, grands débats, etc.
00:19:53 Ensuite, il y a eu cette explosion du mois de juillet dernier,
00:19:56 où on a vu une véritable razzia dans le pays tout entier.
00:20:00 100 villes attaquées pendant trois nuits de suite.
00:20:02 C'est absolument épouvantable. Un coût de 1 milliard d'euros.
00:20:05 Quelque chose qui peut redémarrer à tout moment.
00:20:07 Et là, on a l'autre France d'en bas, celle des agriculteurs.
00:20:12 C'est très semblable aux gens qui souffrent, qui étaient dans les Juillet-Jaune.
00:20:16 Mais là, ce sont des agriculteurs.
00:20:18 Donc, eux, ils sont aimés par les Français parce que ce sont leurs origines.
00:20:22 Ce pays est un vieux pays. - Exactement.
00:20:24 - Deuxièmement, ils remplissent une fonction unique et indispensable dans le pays.
00:20:29 Et troisièmement, tout le monde comprend que ce sont les grands cocus du système.
00:20:33 La grande distribution, les grands groupes agroalimentaires,
00:20:36 tout le monde s'en met plein les fouilles,
00:20:38 sauf les gens qui rament en bas pour faire la production.
00:20:41 Et c'est cela qu'il faut aider.
00:20:42 La difficulté du gouvernement, c'est que pour l'instant,
00:20:45 on ne peut pas dire que ça a été très efficace.
00:20:47 - Voilà pourquoi on estime qu'il n'y a pas de deux poids deux mesures
00:20:49 quand les forces de l'ordre n'interviennent pas,
00:20:51 et que l'hommage, avec cette émotion palpable, reste très prégnant
00:20:55 par rapport à cette cause paysanne,
00:20:57 par rapport à ces deux victimes dans la réal,
00:20:59 on va retrouver dans quelques instants Jean-Luc Thomas
00:21:01 et Nathan Thomin qui nous accompagne à Pamier,
00:21:05 dans quelques secondes.
00:21:07 Mais c'est vrai que ce mouvement de sympathie,
00:21:09 ce mouvement empathique, il fait chaud au cœur également,
00:21:12 aux paysans, à l'agriculteur que vous êtes.
00:21:14 - Ah oui, c'est vrai que cette semaine, j'ai participé à des blocages.
00:21:18 Pour l'instant, la population est unanime
00:21:20 et ça se passe très très bien sur le terrain.
00:21:22 D'ailleurs, il n'y a pas eu de soucis.
00:21:25 Et c'est vrai que ça nous fait chaud au cœur.
00:21:27 - Oui, parce qu'il n'y a pas de véhémence,
00:21:29 il n'y a pas de violence particulière, pour l'instant.
00:21:31 - Pour l'instant, oui.
00:21:32 - Pour l'instant, parce que cela peut dégénérer.
00:21:34 Il y a certains agriculteurs, notamment les jeunes agriculteurs,
00:21:36 qui envisagent d'aller sur Paris, comme l'on dit,
00:21:40 et qui voudraient bloquer la capitale,
00:21:42 ou en tout cas l'alimentation de la capitale.
00:21:44 - Oui, on entend plein de choses,
00:21:46 pour les manifestations de la semaine prochaine.
00:21:49 Là où sincèrement je crains le plus de choses,
00:21:52 c'est qu'il y a des agriculteurs
00:21:54 qui participent à des manifestations,
00:21:58 mais qui ne sont pas syndiquées.
00:22:00 Donc à tout moment, il y a des manifestations
00:22:02 qui peuvent avoir lieu sans être déclarées,
00:22:04 et là il peut y avoir des débordements,
00:22:06 donc c'est ce qu'on peut craindre.
00:22:07 - Vous pensez que les syndicats, ou le monde paysan,
00:22:10 est divisé, partagé, pour des raisons peut-être politiques ?
00:22:12 - Non, justement.
00:22:14 Aujourd'hui, c'est vrai, il y a trois syndicats,
00:22:16 et sincèrement, je pense que pour l'instant,
00:22:19 on manifeste tous ensemble, et ça se passe relativement bien.
00:22:22 - Vous pensez aussi que ce mouvement est parti en dehors des syndicats ?
00:22:25 - Voilà, voilà.
00:22:26 Et je trouve que c'est l'une des forces du mouvement, d'ailleurs.
00:22:29 - Le fait que, d'ailleurs, les mouvements paysans
00:22:32 retoquent la CGT, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:22:35 Qui a essayé de se greffer également sur ce mouvement ?
00:22:39 - Sincèrement, je trouve que c'est de l'hypocrisie.
00:22:42 C'est comme dans beaucoup de choses,
00:22:44 aujourd'hui on veut donner son opinion sur l'agriculture,
00:22:46 alors que, je pense que ceux qui peuvent donner une opinion sur l'agriculture,
00:22:49 c'est les agriculteurs eux-mêmes.
00:22:50 La CGT, tout simplement, j'arrive pas à comprendre.
00:22:53 - Pour en venir à ce que vous disiez tout à l'heure sur votre exploitation,
00:22:56 par rapport à ce qu'a dit hier le Premier ministre,
00:22:58 quelles sont les mesures absolument indispensables et urgentes
00:23:01 pour rétablir un peu la trésorerie,
00:23:03 et assurer la pérennité de votre entreprise, aujourd'hui ?
00:23:08 - C'est simple, c'est sur tout ce qui est accordé libre-échange.
00:23:11 Aujourd'hui, on n'en parle pas beaucoup,
00:23:14 il rentre des OGM en permanence en France, notamment.
00:23:17 Donc un producteur aux Etats-Unis qui produit des OGM,
00:23:21 ou un Brésilien, par rapport à moi avec du maïs,
00:23:24 il fait un rendement x2.
00:23:26 Enfin, je peux pas être compétitif par rapport à l'autre.
00:23:29 - C'est-à-dire que vous, vous appliquez les règles,
00:23:31 véritablement, françaises, qu'on vous impose,
00:23:33 et les étrangers, et notamment les pays européens voisins, ne le font pas.
00:23:37 - C'est ça. C'est comme si on est sur un terrain de foot,
00:23:39 mais nous on joue à 5 et eux ils sont à 11 en face.
00:23:41 - Avec en plus une ceinture de plan,
00:23:43 qui est l'électricité, le coût de l'énergie.
00:23:45 - Le coût de l'énergie, les normes, enfin, beaucoup de choses.
00:23:50 - On parle de tout ça, on marque une pause,
00:23:52 on se retrouve avec nos invités pour évoquer,
00:23:54 effectivement, les mesures de Gabriel Attal dans quelques instants,
00:23:57 ce qu'il est possible de faire,
00:23:59 et comment le mouvement peut tourner dans quelques jours,
00:24:01 quelques semaines. A tout de suite sur CNews.
00:24:03 Toujours avec nos invités sur le plateau,
00:24:09 Edouard Legra, agriculteur, président de la coordination rurale
00:24:11 du Loire-et-Cher, Pierre Lelouch et Amaury Brele,
00:24:14 pour nous accompagner, toujours avec cette marche blanche,
00:24:17 C'est marche blanche un petit peu partout en France,
00:24:19 le monde agricole qui rend hommage à Alexandre Assonac
00:24:22 et Camille, l'éleveuse et sa fille de 12 ans,
00:24:24 décédée à la suite d'un accident survenu
00:24:26 sur un barrage d'agriculteurs en Ariège.
00:24:28 Nous sommes à Panniers maintenant,
00:24:30 avec Jean-Luc Thomas et Nathan Themim.
00:24:33 Vous êtes sur place, comment cela se déroule, Jean-Luc ?
00:24:36 - Eh bien, c'est une longue marche blanche
00:24:41 qui a débuté maintenant depuis 45 minutes,
00:24:45 qui est partie du lycée agricole
00:24:48 et qui traverse les rues de Panniers.
00:24:50 Et il y a beaucoup de monde également
00:24:53 sur le bord de la route.
00:24:55 Et toutes ces personnes sont là
00:24:57 pour rendre hommage à Alexandre et Camille Sonnac.
00:25:02 Un défilé avec beaucoup, beaucoup d'émotions.
00:25:05 Beaucoup de personnes ont des fleurs.
00:25:08 C'est par moments un petit peu tendu,
00:25:10 mais malgré tout, tout reste ici, dans le calme.
00:25:16 C'est vrai que les personnes,
00:25:19 que les proches des familles sont là
00:25:23 et sont terriblement en détresse,
00:25:27 beaucoup, beaucoup de tristesse.
00:25:29 - Jean-Luc Thomas en direct de Panniers
00:25:31 avec les images évidemment de CNews en direct.
00:25:35 On y retournera cet après-midi éventuellement.
00:25:39 Edouard Legras, on vous retrouve maintenant
00:25:41 pour évoquer les mesures et les décisions de Gabriel Attal.
00:25:44 Est-ce que globalement il vous a convaincu,
00:25:46 on rappelle qu'il y a eu une dizaine de mesures immédiates
00:25:49 pour aider, mais peut-être plus principalement localement,
00:25:52 certains agriculteurs, certains paysans,
00:25:55 que la filière bio va recevoir 50 millions d'euros ?
00:25:58 Il y a des choses qui ont été faites tout de même,
00:26:00 mais il semble que la réaction des paysans reste mitigée.
00:26:04 Est-ce que c'est aussi votre cas ?
00:26:05 - Oui, oui.
00:26:06 Puis vous savez, le coût des enveloppes,
00:26:07 par exemple 50 millions, quand vous divisez
00:26:09 par le nombre d'agriculteurs, vous vous rendez compte
00:26:10 que ça ne fait pas grand-chose déjà.
00:26:12 Et puis en fait, c'est vraiment des mesurettes,
00:26:15 ça répond à du court terme et on va dire,
00:26:18 on a besoin d'avoir des réponses, mais plus structurelles,
00:26:21 comme on le disait tout à l'heure.
00:26:23 On entend souvent parler des clauses miroirs,
00:26:25 mais concrètement, nous, on ne voit rien arriver.
00:26:27 - Qu'est-ce que c'est les clauses miroirs ?
00:26:29 - Si vous voulez, c'est ce qui permet justement,
00:26:31 comme on l'évoquait tout à l'heure,
00:26:32 c'est d'avoir de la marchandise qui arrive sur le territoire
00:26:35 qui correspond au cahier des charges français.
00:26:37 Aujourd'hui, on ne voit absolument rien arriver sur ce sujet-là.
00:26:40 - Donc c'est ce que vous attendiez ?
00:26:41 - Ça s'appelle la réciprocité en commerce international.
00:26:44 Les normes que vous avez chez vous,
00:26:45 vous les attendez chez les autres.
00:26:47 - Et tant qu'on n'aura pas ça, je pense qu'on ne s'en sortira pas.
00:26:50 - Vous attendiez donc un signe d'une modification
00:26:53 de la réglementation européenne, disons les choses.
00:26:55 - Non, si vous voulez, on n'est pas naïfs.
00:26:56 On sait qu'hier, il a eu quand même très peu de temps pour réagir.
00:27:00 Donc c'était des mesures court terme,
00:27:02 mais disons qu'on n'est pas rassurés pour la suite des événements.
00:27:06 On a vraiment la sensation que c'est plutôt Mme van der Leyen
00:27:10 qui nous dirige en France que M. Macron pour l'instant.
00:27:13 - Donc vous voulez qu'il l'a dit,
00:27:15 pourtant le Premier ministre Gabriel Attal,
00:27:17 qu'il y a à voir des discussions,
00:27:18 voir une pression qui serait mise sur la Commission européenne.
00:27:21 - Mais des discussions, ce n'est pas des actes en fait.
00:27:23 C'est ça le problème.
00:27:24 Et ça fait un moment qu'on attend.
00:27:26 - Pierre Lelouch, la France est pieds et poings liés avec ces accords européens.
00:27:29 Et donc les agriculteurs de fait aussi.
00:27:31 - C'est vrai, il a compris.
00:27:32 Moi j'ai vu ça de près,
00:27:33 puisque j'y étais autour de la table du Conseil européen.
00:27:36 Donc je sais comment ça se passe.
00:27:38 Le problème c'est qu'à chaque fois que les États ne sont pas d'accord entre eux,
00:27:41 vous savez, en Europe sur les 27,
00:27:43 il y a des pays agricoles comme la France,
00:27:45 ou l'Espagne, ou la Hollande,
00:27:47 qui font l'agriculture très différemment de nous,
00:27:50 à haute dose de chimie et d'élevage dans des serres,
00:27:55 ce qu'en France on ne fait pas trop.
00:27:57 On fait plutôt de la vraie agriculture.
00:27:59 Donc vous avez ces pays-là,
00:28:01 puis vous avez tout un tas de pays qui n'ont plus d'agriculture du tout.
00:28:04 Tout le nord de l'Europe, très peu.
00:28:06 Ou alors ils ont des coûts salariaux en Bulgarie ou en Pologne
00:28:09 qui n'ont rien à voir avec les nôtres.
00:28:11 Donc les États sont très divisés entre eux.
00:28:14 Donc quand ils sont divisés, qu'est-ce qui se passe ?
00:28:16 La Commission qui est censée représenter l'intérêt général,
00:28:19 elle impose elle-même ses propres choix.
00:28:23 Et quand les États laissent passer,
00:28:25 parce qu'on est tout le temps en train de dealer,
00:28:27 parce que l'Europe c'est une espèce d'immense bazar
00:28:29 où on échange un jour des bagnoles contre des céréales,
00:28:32 contre autre chose, contre de la technologie,
00:28:34 contre de l'intelligence artificielle.
00:28:36 C'est une négociation permanente.
00:28:38 Donc une fois qu'un État signe un mandat de négociation,
00:28:41 par exemple vers l'Amérique du Sud ou la Nouvelle-Zélande,
00:28:44 il y a un commissaire européen qui, lui, au nom de l'intérêt général,
00:28:47 va vous signer le truc.
00:28:48 Et après vous vous retrouvez dans une situation
00:28:50 où vous allez importer des millions de tonnes,
00:28:54 ou des centaines de milliers de tonnes de moutons néo-zélandais
00:28:57 dont on n'a pas besoin.
00:28:59 - Concrètement, ça veut dire que c'est inextricable, Pierre Lelouch.
00:29:01 - Exemple supplémentaire, la guerre en Ukraine,
00:29:03 geste politique à l'égard de Zelensky,
00:29:05 il faut l'aider, etc.
00:29:07 On fait sauter les barrières douanières
00:29:09 et on importe du blé ou des poulets
00:29:12 qui sont fabriqués par des oligarques
00:29:14 à des prix qui n'ont rien à voir.
00:29:15 - Donc dans l'immédiat, c'est sans issue pour les agriculteurs.
00:29:17 S'il y a ces accords qui ont été signés...
00:29:19 - Ce n'est pas sans issue si le gouvernement français
00:29:22 a la volonté politique de faire une épreuve de force
00:29:25 et d'obtenir des résultats.
00:29:27 Si on continue à se coucher...
00:29:29 Autre exemple, Mme van der Leyen, par exemple,
00:29:32 elle a été élue il y a 5 ou 6 ans,
00:29:35 mais il n'y avait rien sur le pacte vert.
00:29:37 C'est elle qui l'a inventé.
00:29:39 Elle n'avait pas le mandat des gouvernements
00:29:41 ni du Parlement européen de faire un pacte.
00:29:44 Elle a fait le pacte vert.
00:29:45 Et vous savez ce qu'elle va annoncer la semaine prochaine ?
00:29:47 90% de réduction du CO2.
00:29:51 90 en 2040.
00:29:53 Donc ça veut dire des conséquences pour l'industrie et l'agriculture
00:29:55 qui sont absolument massives
00:29:57 et que personne n'a vraiment analysé jusqu'à présent.
00:30:00 Donc en même temps, le gouvernement a une crise avec ses agriculteurs.
00:30:03 Comment il s'en sort ?
00:30:05 - Il y a des agriculteurs satisfaits néanmoins
00:30:07 autour du barrage de la 64 qui a été levé à la mi-journée.
00:30:10 On en parle dans quelques instants juste après la publicité.
00:30:12 A tout de suite.
00:30:13 Retour en direct sur C News,
00:30:19 sur le plateau de 180 minutes Info Weekend
00:30:21 avec Edouard Legras, Pierre Lelouch et Amaury Brelet.
00:30:23 Toujours pour parler évidemment de la crise paysanne,
00:30:26 de ce conflit avec les agriculteurs.
00:30:28 D'ailleurs à ce sujet, il y a encore 38 blocages
00:30:31 aujourd'hui en France organisés par 700 agriculteurs.
00:30:34 C'est beaucoup moins que ces derniers jours
00:30:36 puisqu'il y en avait 113 pour 17 500 agriculteurs
00:30:39 qui étaient concernés.
00:30:41 Cela ne veut pas dire que la mobilisation va s'arrêter
00:30:44 mais qu'il y a peut-être une pause ce week-end
00:30:46 et que les agriculteurs reviendront pour bloquer les routes
00:30:50 à partir du début de la semaine prochaine.
00:30:52 Gabriel Attal a donc tenté de calmer la crise hier
00:30:55 puisque le Premier ministre a multiplié les annonces
00:30:57 à Haute-Garonne en en parlant.
00:30:58 Si les réactions sont mitigées, il a au moins obtenu
00:31:00 la levée du barrage de la 64 symboliquement
00:31:03 à l'origine du début du conflit
00:31:05 où on va retrouver Stéphanie Rouquier pour les détails.
00:31:08 Après 9 jours de blocage, l'autoroute A64 est libérée.
00:31:13 Ces agriculteurs qui étaient à l'origine de ce mouvement en France
00:31:15 ont passé la matinée à tout nettoyer, à tout remettre en état
00:31:18 et c'était leur mot d'ordre, protestés mais sans vandalisme
00:31:22 et dans le respect, ils ont donc tenu parole.
00:31:25 Après les annonces et la visite du Premier ministre hier soir,
00:31:28 ils avaient pris la décision de lever ce barrage
00:31:31 car selon Jérôme Bayle, l'éleveur bovin à l'initiative de la Gronde,
00:31:35 Gabriel Attal a répondu à ses attentes, à leurs attentes
00:31:39 sur les simplifications des démarches
00:31:41 et la défiscalisation du GNR, le gazole utilisé
00:31:44 dans les orgiens agricoles.
00:31:46 Il note tout de même qu'ils suivront les dossiers de très près
00:31:50 pour s'assurer que tout soit bien mis en œuvre.
00:31:53 - Edouard Ledra, ça peut passer pour une victoire,
00:31:56 la victoire dans une bataille pour le gouvernement
00:31:58 mais aussi pour une certaine partie des agriculteurs
00:32:00 puisqu'ils ont consenti, Jérôme Bayle en tête,
00:32:03 à lever ce blocage.
00:32:05 - C'est très bien ce qu'il a fait.
00:32:07 Je trouve qu'il a été très clair depuis le début.
00:32:10 Il a fait un blocage, il a demandé trois revendications.
00:32:12 Il les a obtenues, il lève le barrage.
00:32:15 Il a respecté les règles du jeu.
00:32:18 Après, nous, en termes de syndicat,
00:32:20 on trouve que ce n'est pas suffisant
00:32:22 et c'est pour ça qu'on va poursuivre le mouvement
00:32:24 la semaine prochaine.
00:32:25 - Le fait qu'il ait levé le barrage
00:32:26 parce qu'il a obtenu gain de cause
00:32:28 par rapport à ses activités et les activités du département,
00:32:31 certains estiment qu'il a trahi la cause.
00:32:33 Est-ce que c'est aussi votre cas ?
00:32:35 - Je ne le ressens pas comme ça.
00:32:37 C'est lui qui a, entre autres, à l'initiative du mouvement.
00:32:40 J'ai envie de dire qu'il a mouillé le maillot.
00:32:43 Nous, on prend le relais aujourd'hui.
00:32:45 Franchement, il n'y a pas de polémique à avoir sur ce sujet.
00:32:48 - En matière de communication,
00:32:49 on en parlera d'ailleurs à Maurice Brelet à partir de 15h,
00:32:51 mais ça ne vous a pas gêné de le voir,
00:32:53 justement, Jérôme Bayle, au côté du Premier ministre,
00:32:55 pendant les annonces du Premier ministre,
00:32:57 puis de l'accompagner ensuite sur le point de blocage de l'A64,
00:33:01 trinquer avec lui.
00:33:03 Il n'y avait pas d'adversité ou de rivalité plus que cela.
00:33:06 Néanmoins, c'était de la négociation.
00:33:08 On avait l'impression que tout était déjà cousu de fil blanc.
00:33:10 - Non, parce que finalement, il n'est qu'une voix parmi d'autres.
00:33:13 Aujourd'hui, l'essentiel du mouvement a d'ores et déjà annoncé
00:33:16 sa volonté de poursuivre l'offensive jusqu'à Paris.
00:33:19 Moi, ce qui m'a gêné surtout,
00:33:21 c'est cette tentative de récupération et d'instrumentalisation
00:33:24 par le gouvernement et par les politiques en règle générale,
00:33:27 alors que tous, de droite à gauche,
00:33:29 ont leurs empreintes sur la scène de crime.
00:33:31 En fait, tous et leur parti ont, depuis des années,
00:33:34 depuis des décennies, collaboré, participé
00:33:37 à cet assassinat programmé de la filière agricole
00:33:40 par leur vote, par la signature de traité.
00:33:43 Et aujourd'hui, on assiste quand même à un grand bal des hypocrites
00:33:47 à les voir venir leur taper dans le dos,
00:33:50 s'attrister sur leur sort.
00:33:53 J'ai même vu des écologistes monter au créneau
00:33:56 pour tranquillement nous expliquer
00:33:59 qu'ils étaient les premiers soutiens des agriculteurs,
00:34:02 comme si les talibans, aujourd'hui,
00:34:05 annonçaient leur soutien à la cause féministe.
00:34:08 Tout ça n'est pas très crédible.
00:34:10 Donc, ce défilé des pleureuses,
00:34:13 ce bal des hypocrites,
00:34:15 je crois que les agriculteurs ne sont pas dupes,
00:34:18 et l'ont bien compris, ils ont grand intérêt, à mon avis,
00:34:21 à se tenir le plus loin, et c'est ce qu'ils font,
00:34:23 le plus loin possible des politiques, des partis politiques et du gouvernement.
00:34:26 - Oui, parce que, vu de la fenêtre politique,
00:34:28 Pierre Lelouch, parfois, on a le sentiment que
00:34:30 biologie et agriculture sont antinomiques,
00:34:32 alors que ce n'est pas le cas, et on va en parler,
00:34:35 mais il y a cette contradiction quasi permanente.
00:34:38 - C'est ça qui est dramatique, c'est qu'on n'arrive pas à voir un débat
00:34:41 sur une agriculture de qualité,
00:34:44 raisonnée, pour notre pays.
00:34:46 On a une tradition de gastronomie en France.
00:34:49 Je vous avoue, quand je vois que nous sommes le deuxième
00:34:52 pays utilisateur de McDonald's au monde,
00:34:55 pays de la gastronomie, c'est consternant.
00:34:58 Quand je vois le nombre de ce que mangent les jeunes
00:35:02 aujourd'hui, pendant la pause déjeuner,
00:35:04 avec l'invasion de fast-food orientaux,
00:35:09 asiatiques, je me dis, mais,
00:35:12 qu'est-ce que nous sommes en train de devenir ?
00:35:14 - Et en même temps, McDonald's est le premier client de la culture française.
00:35:16 - Oui, oui, oui, mais enfin,
00:35:18 moi, je souhaiterais qu'on garde cet aspect d'excellence
00:35:22 dans notre production, et il y a un chemin
00:35:25 pour une agriculture française de très grande qualité,
00:35:28 mais je pense que d'organiser une PAC,
00:35:32 comme c'est la maladie congénitale de la PAC,
00:35:35 qui est basée sur les hectares,
00:35:38 et donc qui paye les paysans tantôt pour produire,
00:35:40 ou pas produire, d'où le problème de la jachère en ce moment,
00:35:44 avec l'idée qu'on va être nécessairement en compétition,
00:35:49 parce que l'idéologie, c'est le libre-échange
00:35:52 avec l'Ukraine ou avec le Brésil ou l'Argentine,
00:35:55 mais on n'aura jamais une agriculture compétitive comme celle-là,
00:35:58 parce qu'en Ukraine ou au Brésil, ce sont des oligarques
00:36:01 qui ont des centaines de milliers d'hectares, et pas 500 hectares.
00:36:05 500 hectares, en France, c'est une grande exploitation.
00:36:07 En Ukraine, 5000, c'est une petite.
00:36:10 On a couramment des exploitations à 50 000, 100 000 hectares.
00:36:14 Donc les coûts de fabrication n'ont rien à voir.
00:36:17 La quantité de chimie qui est mise dedans, c'est pas pareil.
00:36:20 Donc je crois que le problème de la France,
00:36:23 c'est qu'on s'est laissé entraîner.
00:36:25 Vous savez, je dis toujours qu'un des drames de notre pays,
00:36:28 c'est d'avoir désindustrialisé notre industrie
00:36:31 et d'avoir industrialisé l'agriculture.
00:36:34 Donc au final, les gens qui sont en arriège,
00:36:36 qui font de la petite agriculture de qualité, etc.,
00:36:38 sont complètement débordés de taxes, de normes,
00:36:41 qu'ils comprennent pas et qui les tuent petit à petit,
00:36:43 survivent. Qu'est-ce qui survit bien dans ce milieu agricole aujourd'hui ?
00:36:48 Soit les très grandes exploitations,
00:36:51 beaucoup de céréaliers, betteraviers, etc.,
00:36:54 qui de plus en plus font d'autres métiers, par exemple l'énergie.
00:37:00 Beaucoup d'énergéticiens qui rentrent dans l'agriculture en France.
00:37:04 Est-ce que c'est bon pour l'agriculture française
00:37:06 de transformer nos productions en gasoil ou je sais pas quoi, en gaz ?
00:37:11 - La tradition opposée au modernisme ?
00:37:13 - Oui, mais enfin... On nage dans l'absurde.
00:37:16 La logique financière est en train de, moi je dis,
00:37:20 de tuer la qualité de notre agriculture.
00:37:22 Et l'avenir de notre agriculture, c'était justement
00:37:24 de tirer vers le haut et la qualité.
00:37:26 Et les gens qui travaillent bien leur terre
00:37:28 et qui font de bons produits, c'est ceux-là qu'il faut valoriser.
00:37:30 - Après, ça peut poser un problème avec la rentabilité également.
00:37:34 Faire de la qualité et en même temps que ce soit rentable de manière industrielle,
00:37:38 est-ce que c'est possible ?
00:37:39 - Après, on rentre dans Egalim, on rentre dans la grande distribution,
00:37:42 on rentre dans l'industrie agroalimentaire
00:37:44 et c'est là-dessus que l'État doit agir.
00:37:46 Et pas seulement relier, passer les mains...
00:37:48 - Et c'est ce qu'a dit d'ailleurs Gabriel Attal, il faut lui rendre cet hommage,
00:37:51 c'est ce qu'il a dit par rapport à Egalim,
00:37:53 par rapport au gros groupe qui allait être sévèrement sanctionné.
00:37:56 Pour qu'on comprenne très bien et qu'il y a véritablement une concurrence déloyale
00:38:00 par rapport aux producteurs étrangers, aux agriculteurs étrangers,
00:38:03 faisons deux colonnes avec vous.
00:38:05 La colonne de ce à quoi vous êtes soumis
00:38:07 et la colonne de ce à quoi les autres ne sont pas soumis.
00:38:11 Pour que cela provoque cette concurrence déloyale.
00:38:13 Quelles sont vos contraintes au quotidien ?
00:38:15 - Des contraintes ? Il y en a une sacrée.
00:38:17 - Non mais par rapport au respect de l'environnement,
00:38:19 par rapport au glyphosate dont on parlait pendant la publicité,
00:38:22 que vous utilisez, mais que vous utilisez non pas sur les productions,
00:38:26 mais entre les productions.
00:38:27 - Entre les productions, c'est ça ?
00:38:28 - Voilà, mais il est important de le dire.
00:38:29 - Après, on a des zones de notre traitement
00:38:31 pour ne pas traiter trop proche des habitations,
00:38:34 ça n'existe pas dans les autres pays.
00:38:36 On a un certifito, un CSP à passer pour pouvoir faire de la...
00:38:41 - Expliquez-nous ce que c'est qu'un certifito et un CSP.
00:38:44 - C'est des diplômes, si vous voulez,
00:38:46 pour épendre les produits phytosanitaires sur notre exploitation.
00:38:50 Et tout ça, c'est un coût et ça demande du temps.
00:38:52 Et d'autres pays dans le monde...
00:38:53 - Les autres ne le font pas ?
00:38:54 - Certains pays ne le font pas, oui.
00:38:56 - Et on importe leurs produits malgré tout.
00:38:58 - Et puis on les vend par avion.
00:39:00 - C'est une incohérence totale.
00:39:02 - Avez-vous le sentiment que les agriculteurs français
00:39:04 respectent l'environnement ?
00:39:06 - On y travaille tous les jours.
00:39:08 Mon grand-père était agriculteur, mon père était agriculteur.
00:39:11 Aujourd'hui, on voit tous les efforts que l'on fait sur l'exploitation.
00:39:14 Je traite moins que les générations précédentes.
00:39:17 Aujourd'hui, notre intérêt...
00:39:18 Moi, j'ai un enfant, j'ai envie que tout se passe bien dans le monde.
00:39:21 - Est-ce que c'est compatible avec la rentabilité ?
00:39:24 - Oui, mais le problème, c'est qu'on confond toujours
00:39:27 transition écologique et décroissance.
00:39:30 Aujourd'hui, il y a des gens, ils ne supportent plus rien
00:39:32 et ils ne veulent plus rien.
00:39:34 Je connais des gens, ils sont contre les centrales nucléaires,
00:39:36 enfin, je fais un parallèle, contre les éoliennes
00:39:38 et contre le photovoltaïque.
00:39:40 Du coup, demain, on fait quoi ?
00:39:42 C'est compliqué.
00:39:43 - Les politiques ont-ils toujours compris les paysans ?
00:39:46 Pierre Lelouch.
00:39:47 - C'est très difficile. En réalité, ça demande un investissement.
00:39:50 - Quand vous étiez en fonction, d'ailleurs, Pierre Lelouch,
00:39:52 vous compreniez les agriculteurs véritablement ?
00:39:54 - Honnêtement, non. Moi, j'avais un charge de vendre l'agriculture.
00:39:57 Je me suis rapidement rendu compte, d'ailleurs,
00:39:59 un, que nous étions déficiteurs, y compris à l'égard de pays
00:40:03 comme l'Allemagne.
00:40:05 Et là, je veux dire, je suis tombé de ma chaise
00:40:06 quand j'ai vu les chiffres.
00:40:07 - Aujourd'hui, nous ne sommes plus souverains dans notre pays
00:40:09 au niveau alimentaire.
00:40:10 Les gens, ils l'oublient, mais je trouve, un pays comme la France,
00:40:13 c'est incroyable.
00:40:14 - Moi, j'étais nommé au commerce extérieur.
00:40:16 Le premier chiffre que je demande, c'est sur l'agriculture.
00:40:18 Je me perçois qu'on est déficiteurs par rapport à l'Allemagne.
00:40:21 Alors, sur l'industrie, je veux bien, mais l'agriculture, pourquoi ?
00:40:24 La Hollande, la Hollande, l'Espagne.
00:40:27 - Et tous les ans, on perd pied.
00:40:29 Le prochain secteur, c'est le lait, par exemple.
00:40:31 Un pays comme la France, on va plus être souverains en lait
00:40:33 dans les années futures.
00:40:34 - Et c'est encore le cas pour l'instant.
00:40:36 - Oui, 2027, 2028, selon les études, ça va basculer.
00:40:39 - Pierre Lelouch.
00:40:41 - Malheureusement, c'est lié à la place croissante
00:40:46 des décisions qui sont prises à Bruxelles
00:40:48 et à l'incapacité du gouvernement français
00:40:50 de faire entendre son mode agricole.
00:40:53 Mais je reviens sur ce que je disais au départ.
00:40:55 Il faut comprendre que le poids de la France
00:40:57 a diminué dans une Europe élargie.
00:40:59 On n'est plus dans une Europe à 6 ou même à 9.
00:41:01 On est dans un truc à 27, où beaucoup de pays
00:41:04 n'ont pas du tout envie même de continuer la PAC.
00:41:08 Alors, la PAC, c'est la moitié de l'argent
00:41:10 que nous donnons chaque année à l'Europe.
00:41:12 On donne, en gros, un point de PIB français
00:41:14 à l'Europe chaque année, 22 milliards d'euros.
00:41:16 On en tire 11 milliards.
00:41:18 - Je le rappelle, la coordination rurale,
00:41:20 on est à politique, donc je veux pas que ça pose de problèmes.
00:41:24 Dans notre syndicat, il y a des gens qui votent
00:41:26 de l'extrême droite à l'extrême gauche.
00:41:28 - Non, mais moi, je fais pas de politique, je donne des faits.
00:41:30 - Je vais porter un jugement sur le gouvernement actuel.
00:41:33 C'est pour ça que je préfère le signer.
00:41:35 - On est quelques précautions.
00:41:37 Je comprends la position qu'il a votée.
00:41:39 Je ne suis pas là pour être le procureur du gouvernement actuel.
00:41:42 Je pense qu'il y a eu beaucoup de choses.
00:41:44 - Monsieur Attal nous dit que les électeurs
00:41:46 ont absolument besoin de l'Europe,
00:41:48 parce qu'on perçoit 9 milliards de primes PAC.
00:41:50 Mais il oublie de dire que la France
00:41:52 est la contributrice au niveau de la PAC.
00:41:54 - C'est ce que je viens de dire.
00:41:56 La France, elle donne en gros 21-22 milliards par an,
00:41:58 c'est-à-dire un point de PIB.
00:42:00 Et en échange, si j'ose dire,
00:42:02 comme on reçoit plus de fonds structurels ou quoi que ce soit,
00:42:04 on reçoit surtout des crédits agricoles
00:42:06 que beaucoup d'autres États veulent voir supprimés,
00:42:09 parce qu'il y a d'autres pays qui disent
00:42:11 "Qu'est-ce que vous en avez à faire de subventionner du blé ?
00:42:13 Nous, on veut au contraire avoir une industrie spatiale
00:42:16 ou je sais pas quoi, ou de l'intelligence artificielle."
00:42:18 - Pour faire plier l'Europe.
00:42:20 Maurice Borel et Pötthel, faut-il une association ?
00:42:23 Ou pour faire changer ces normes-là,
00:42:25 une association entre la France et l'Allemagne,
00:42:27 où il y a des similitudes ?
00:42:28 Ce sont deux pays puissants au sein de l'Europe, en effet,
00:42:30 mais il y a des similitudes dans la crise
00:42:32 de leurs propres agriculteurs.
00:42:33 - Éventuellement, oui.
00:42:34 Mais le principal problème, c'est le manque,
00:42:36 l'absence totale de volonté et de courage politique.
00:42:38 Tout se résume à ça.
00:42:40 Dans les annonces faites par Gabriel Attal,
00:42:42 il a rappelé son opposition,
00:42:44 en tout cas du gouvernement de principe,
00:42:46 à l'accord sur le Mercosur.
00:42:48 Accord pour lequel M. Macron était favorable,
00:42:51 encore en 2019.
00:42:52 Et on apprend d'ailleurs...
00:42:53 - On rappelle, accord avec des pays d'Amérique latine,
00:42:56 pour qu'il y ait un échange commercial facilité,
00:42:58 mais au détriment, très vraisemblablement,
00:43:01 de la production française et locale.
00:43:03 - Et aujourd'hui, les négociations se poursuivent
00:43:05 dans le dos des agriculteurs.
00:43:07 Il n'y a absolument aucune remise en cause
00:43:09 de la philosophie des croissants.
00:43:11 - Même si Gabriel Attal a dit qu'il ne veut pas signer
00:43:13 cet accord Mercosur.
00:43:14 - Il est signé, l'accord.
00:43:15 - Il le sera.
00:43:16 - Ils sont contre, en tout cas.
00:43:17 - La question, c'est de le ratifier.
00:43:19 - Voilà, la ratification.
00:43:20 - Il n'y a aussi aucune remise en cause profonde
00:43:22 de la philosophie des croissants du Green Deal européen,
00:43:25 qui est fondamentale.
00:43:27 Donc, en fait, tout se résume à un manque de courage,
00:43:30 de volonté politique d'Emmanuel Macron,
00:43:32 qu'il n'a pas sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres.
00:43:34 Et c'est pour ça aussi que les agriculteurs
00:43:36 maintiennent la pression,
00:43:37 sachant que dans quelques jours, le 1er février,
00:43:40 aura lieu le Conseil européen.
00:43:41 - Merci à Mauré Brelet.
00:43:42 On se retrouve très vite sur l'antenne de CNews.
00:43:44 Je vous garde Édouard Legrat et Pierre Lelouch
00:43:46 pour d'autres invités dans quelques instants
00:43:47 pour parler encore une fois d'agriculture,
00:43:49 d'autres thématiques également.
00:43:51 Mais d'abord, la publicité et les informations
00:43:54 et nos débats qui reviennent sur CNews.
00:43:56 Ravi de vous accueillir, de vous retrouver,
00:44:01 si vous nous rejoignez, sur l'antenne de CNews,
00:44:03 180 minutes info week-end, avec nos invités.
00:44:05 Édouard Legrat, agriculteur et président
00:44:07 de la coordination rurale du Loire-et-Cher,
00:44:09 Pierre Lelouch, et nous ont rejoints Jordan Florentin
00:44:11 et Jean-Philippe Duguin-Clément.
00:44:13 Soyez les bienvenus.
00:44:14 On va parler de l'agriculture et de la loi immigration.
00:44:16 Au sommaire, juste après, les informations,
00:44:18 avec Isabelle Piboulot.
00:44:20 Après le drame en Ariège, une marche blanche
00:44:23 en hommage à Alexandra Sonnac et Camille
00:44:26 s'est tenue cet après-midi au départ du lycée agricole de Pamier.
00:44:29 Une marche sans discours politique ni revendication.
00:44:32 L'agricultrice et sa fille ont été tuées par un chauffard
00:44:35 mardi dernier sur un barrage d'agriculteurs.
00:44:37 Le conducteur a été placé en détention provisoire.
00:44:41 Dans le même temps, si certains blocages routiers sont levés,
00:44:45 la mobilisation du monde agricole se poursuit.
00:44:47 Comme à Salon de Provence, dans les Bouches-du-Rhône,
00:44:50 une action contre la grande distribution a été menée.
00:44:53 Des fruits et légumes ont été déversés devant un hypermarché.
00:44:56 Présent sur les lieux, un producteur de tomates
00:44:59 dénonce des criminels écoutés.
00:45:01 La grande distribution, c'est un peu des criminels.
00:45:04 Ça tue les agriculteurs, les fameux suicides.
00:45:07 Mais aussi, ils ne pensent pas à la santé des consommateurs.
00:45:09 En France, on a le modèle agricole le plus performant au monde.
00:45:12 On a des normes, on produit sans pesticides,
00:45:15 on est très exigeants.
00:45:17 Et puis ça, ça vient, c'est produit à 70 centimes de l'heure.
00:45:21 Au Maroc, la main d'oeuf, c'est 70 centimes de l'heure.
00:45:23 C'est vendu 99 centimes le kilo dans le magasin.
00:45:26 Et nous, on va demander de vendre pareil,
00:45:28 99 centimes le kilo dans le magasin.
00:45:30 Mais ce n'est pas possible.
00:45:31 Dans le reste de l'actualité, ce 27 janvier
00:45:34 marque la journée internationale dédiée à la mémoire
00:45:37 des victimes de l'Holocauste.
00:45:39 Une tragédie vécue dans son enfance par Sarah Jackson.
00:45:42 Le 7 octobre dernier, l'octogénaire a abrité
00:45:45 trois Israéliens qui fuyaient l'attaque du Ramas.
00:45:48 Pour la première fois depuis le drame,
00:45:50 tous se sont réunis.
00:45:51 C'était il y a quelques jours.
00:45:53 Regardez.
00:45:54 Des retrouvailles, les larmes aux yeux.
00:45:59 L'attaque du 7 octobre a scellé leur existence.
00:46:02 Gâteau et bouquet de fleurs en main,
00:46:04 Lalla Levy, Ilya Pizatskov et Benel Francis,
00:46:07 enlacent celles qui leur a sauvé la vie
00:46:09 il y a près de quatre mois.
00:46:11 Ces charmantes personnes sont entrées chez moi.
00:46:16 Je ne me souviens pas si elles ont demandé la permission.
00:46:20 Elles sont juste entrées.
00:46:23 Elles ont mis un fauteuil contre la porte.
00:46:26 Et nous nous sommes tous mis à l'abri.
00:46:29 Un refuge immortalisé sur des photos
00:46:32 qui leur a permis d'échapper à l'horreur
00:46:34 au festival de musique Nova.
00:46:36 Nous n'avions pas vu les terroristes,
00:46:38 mais les coups de feu venaient de toutes les directions.
00:46:40 Le drame n'est pas sans rappeler celui de l'Holocauste
00:46:42 vécu par Sarah, originaire de Pologne,
00:46:45 alors qu'elle n'était qu'une enfant.
00:46:47 Aujourd'hui, à 88 ans,
00:46:48 elle perpétue auprès des jeunes le devoir de mémoire.
00:46:51 Ma mère me disait que je n'arrivais pas à m'endormir
00:46:54 parce que j'avais tellement faim.
00:46:56 Sarah a fait part de son témoignage
00:46:59 à l'occasion de Zikaron Basalon,
00:47:01 où elle prenait en hébreu le souvenir dans le salon,
00:47:03 alors que la communauté juive reste encore aujourd'hui
00:47:06 en proie à l'antisémitisme.
00:47:08 Alors que la princesse de Galles se remet
00:47:11 d'une chirurgie abdominale depuis la semaine dernière,
00:47:14 le roi Charles III a été opéré de la prostate hier à Londres.
00:47:18 Les médias britanniques l'assurent.
00:47:20 Le souverain de 75 ans va bien.
00:47:22 Les précisions de notre correspondante Sarah Menaille.
00:47:25 Admis vendredi dans la même clinique privée
00:47:29 de l'ouest londonien que sa belle-fille Kate Middleton,
00:47:32 le roi Charles III s'est fait opérer avec succès
00:47:34 d'une hypertrophie de la prostate.
00:47:36 À 75 ans, le souverain devra observer
00:47:38 une période de convalescence qui sera courte,
00:47:40 a précisé le palais de Buckingham,
00:47:41 même si la durée exacte de ce repos
00:47:43 n'a pas été communiquée.
00:47:44 Le palais a quand même tenu à rassurer ses sujets.
00:47:46 Cette grosseur n'était pas cancéreuse.
00:47:48 L'hypertrophie de la prostate, c'est une condition bénigne
00:47:51 dont souffrent des milliers d'hommes
00:47:52 de la tranche d'âge de Charles III.
00:47:54 En communiquant aussi ouvertement sur son opération,
00:47:57 le souverain fait de la prévention.
00:47:59 Il montre l'exemple et encourage les hommes britanniques
00:48:01 à se faire dépister et soigner en temps et en heure.
00:48:04 C'est quelque chose d'absolument inédit
00:48:06 pour le palais de Buckingham de communiquer autant
00:48:08 et aussi ouvertement sur la santé d'un souverain.
00:48:10 La Française de Galles se remet-elle
00:48:12 d'une chirurgie abdominale ?
00:48:14 La pathologie dont elle souffre n'a en revanche pas été révélée
00:48:16 par le palais qui a été un peu plus secret à son sujet.
00:48:18 Ce que l'on sait en revanche,
00:48:20 c'est que Kate Middleton ne devrait reprendre
00:48:22 ses fonctions publiques qu'à partir de la fin mars.
00:48:25 Retour en France.
00:48:27 2023 a été une année record en matière d'immigration.
00:48:30 Plus de 320 000 titres de séjour ont été délivrés.
00:48:34 Une hausse de 1,4% en un an parmi les pays d'origine
00:48:38 les plus représentés, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie.
00:48:41 Par ailleurs, plus de 60 000 demandes d'asile
00:48:44 ont été acceptées en France.
00:48:46 Enfin, plus de 17 000 expulsions du territoire
00:48:49 ont été réalisées.
00:48:53 A autant du perche en Neuer-et-Loire,
00:48:55 certains élèves n'ont plus de cours d'anglais
00:48:57 depuis plusieurs mois.
00:48:59 Un professeur est en arrêt maladie,
00:49:01 le second en congé maternité,
00:49:03 le rectorat peine à les remplacer.
00:49:05 Après une agression survenue dans un collège,
00:49:07 le maire de la commune propose que les enseignants
00:49:10 soient désormais munis de bombes lacrymogènes.
00:49:13 Une idée qui divise autant les professeurs
00:49:16 que les parents d'élèves.
00:49:18 Enfin, la sécurité pendant les Jeux Olympiques
00:49:20 préoccupe les Français.
00:49:22 À l'approche de l'événement, 48 % estiment
00:49:25 qu'il faut changer le format de l'inauguration
00:49:27 sur la Seine.
00:49:29 Un bond de 10 points par rapport à mars dernier,
00:49:31 selon un baromètre fiduciale au DOXA pour le Figaro.
00:49:34 Les différents dispositifs de sécurité
00:49:36 ont été détaillés par le ministre de l'Intérieur.
00:49:39 On fait le point avec Tanguy Amon.
00:49:41 Les Jeux Olympiques sont dans six mois
00:49:44 et les différents dispositifs de sécurité
00:49:46 ont déjà été dévoilés par le ministère de l'Intérieur.
00:49:48 Le premier d'entre eux sera déployé le 8 mai,
00:49:51 dès que la flamme olympique arrivera sur le sol français.
00:49:54 Une bulle de sécurité de 100 policiers et gendarmes
00:49:56 sera constamment autour de cette flamme.
00:49:58 Les services de renseignement, avec les agents sur le terrain,
00:50:01 auront la charge d'empêcher les actions
00:50:03 de revendications politiques,
00:50:05 notamment des collectifs environnementalistes
00:50:07 et d'ultra-gauche.
00:50:08 Leur tâche sera aussi de contrer la menace terroriste,
00:50:11 toujours très présente, comme l'a indiqué Gérald Darmanin.
00:50:14 Dans un contexte international encore plus tendu
00:50:17 ces derniers jours, notamment depuis l'attentat d'Arras
00:50:19 à Bruxelles, nous avons élevé le niveau d'attention
00:50:24 et le niveau de menaces djihadistes sur le territoire national,
00:50:27 qu'ils soient exogènes ou endogènes,
00:50:29 sera évidemment très important jusqu'à la fin
00:50:32 des Jeux olympiques et paralympiques.
00:50:34 Pour faire face à cette menace,
00:50:35 de vastes périmètres de sécurité seront mis en place
00:50:38 tout autour des sites des différentes épreuves olympiques,
00:50:40 avec des fouilles et des restrictions d'entrée.
00:50:42 30 000 policiers et gendarmes seront quotidiennement déployés
00:50:46 et les unités d'élite du RAID, du GIGN et de la BRI
00:50:49 seront elles aussi mobilisées.
00:50:51 Elles seront sur le terrain le jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux
00:50:54 puis se tiendront prêtes à intervenir
00:50:56 durant toute la compétition.
00:50:58 15h30 pour votre prochain point info.
00:51:01 La suite c'est avec vous Lionel.
00:51:03 On va marquer une pause.
00:51:04 Merci Isabelle Piboulot à tout à l'heure pour les informations.
00:51:06 En effet, coup de com' ou coup de choc,
00:51:10 effectivement, pour Gabriel Attal.
00:51:12 On verra cela dans quelques instants.
00:51:13 Coup de force ou coup de com' pour le Premier ministre
00:51:15 après ses annonces pour les agriculteurs hier soir.
00:51:18 On fait le point dans quelques instants avec nos invités.
00:51:21 180 minutes info week-end en direct avec Édouard Legras,
00:51:28 Pierre Leloup, Jordan Florentin, Jean-Philippe Dugoin, Clément
00:51:31 et l'actualité de l'agriculture, évidemment, des paysans et des agriculteurs en crise.
00:51:36 Gabriel Attal a promis un sursaut agricole
00:51:38 pour faire face à la colère du secteur.
00:51:40 Le Premier ministre était à Montastruc de Sally en Haute-Garonne hier
00:51:43 où il a fait plusieurs annonces.
00:51:44 Résumé signé Adrien Spiteri et Charlotte Gorzalla.
00:51:48 A peine le Premier ministre avait-il posé le pied
00:51:53 sur cette exploitation agricole que le ton était donné.
00:51:56 Un rendez-vous en Haute-Garonne pour calmer la crise.
00:52:01 Loin des traditionnels pupitres des ministères,
00:52:03 la feuille posée sur la paille,
00:52:05 Gabriel Attal a multiplié les annonces.
00:52:08 Dès aujourd'hui, je décide de 10 mesures de simplification immédiate
00:52:13 que je prends immédiatement, je le prendrai par décret pour la plupart,
00:52:17 à partir de demain.
00:52:18 Simplification mais aussi accélération des versements des aides d'urgence
00:52:22 et une stricte application des lois EGalim
00:52:25 dont le but est de protéger les revenus des agriculteurs
00:52:28 face aux industriels de l'agroalimentaire.
00:52:30 Et là, il y a trois actions concrètes.
00:52:33 D'abord, on renforce les contrôles.
00:52:35 Il y a 100 agents de la DGCCRF qui ont été déployés.
00:52:38 On va tout repasser au crible dans les jours qui viennent.
00:52:40 Je peux d'ores et déjà vous dire qu'on va prononcer
00:52:43 trois sanctions très lourdes contre des entreprises
00:52:46 qui ne respectent pas EGalim.
00:52:48 Autre décision, l'annulation de la hausse de la taxe
00:52:51 sur le gazole non routier agricole.
00:52:53 Elle devait augmenter progressivement jusqu'en 2030.
00:52:56 Mettre l'agriculture au-dessus de tout,
00:52:59 c'est l'objectif affiché par Gabriel Attal.
00:53:01 Il assure que le gouvernement a entendu et compris
00:53:05 le ras-le-bol du monde paysan.
00:53:07 Et vous estimez, Edouard Legras, que c'est surtout un coup de com'
00:53:10 plutôt qu'un coup de force de la part du Premier ministre ?
00:53:12 Sincèrement, je pense, comme on l'a évoqué tout à l'heure,
00:53:15 les problèmes structurels, on n'a pas eu grand-chose
00:53:18 dans ce discours.
00:53:20 Et je pense surtout aux problèmes générationnels.
00:53:24 Je rappelle qu'au niveau des agriculteurs,
00:53:26 il y a seulement 1% des agriculteurs qui ont moins de 25 ans,
00:53:30 alors qu'il y a un agriculteur sur deux dans les 10 ans
00:53:33 qui vont partir à la retraite.
00:53:34 Aujourd'hui, il y a un enjeu énorme sur ce contexte de l'âge
00:53:38 au niveau agricole, et on ne nous a apporté aucune solution ailleurs.
00:53:42 Vous voulez dire qu'il n'y a pas de relève ?
00:53:43 Exactement.
00:53:44 Et pas de possibilité de reprise de l'exploitation
00:53:46 par les fils ou les filles, d'ailleurs, des agriculteurs aujourd'hui ?
00:53:50 C'est ça. Et en fait, pour revenir sur le cas concret,
00:53:53 un agriculteur, s'il a été voir son banquier la semaine dernière
00:53:56 ou s'il va le voir lundi matin, franchement,
00:53:59 ce qu'il a dit hier, le banquier, il s'en fiche.
00:54:02 Pour l'instant, ça ne change rien. C'est ça le problème.
00:54:05 Pourtant, le message était bien huilé, Pierre Lelouch.
00:54:07 La botte de foin, vous l'avez vu.
00:54:09 Ensuite, il a accompagné les agriculteurs sur ce point de barrage
00:54:13 qui a été levé sur la 64.
00:54:16 On trinque avec un petit verre de vin.
00:54:17 Ça, c'est aussi faire de la politique, mais ce n'est pas le salon d'agriculture.
00:54:20 Et puis, presque de Gaulle, je vous ai compris, presque.
00:54:24 Non, non, c'est bien fait. C'est très macronien.
00:54:28 Ça rappelle le Grand Débat. Il a le talent oratoire, l'empathie.
00:54:33 C'est un jeune homme doué, il n'y a aucun doute là-dessus.
00:54:37 Après, il y a la Com, puis il y a le Fonds.
00:54:42 Et les agriculteurs, comme les Français en général d'ailleurs,
00:54:46 ils ne sont plus tellement dupes de la Com.
00:54:49 Ils ont eu toutes ces séquences de communication.
00:54:53 Chaque fois qu'il y a eu une crise grave,
00:54:55 le gilet jaune, le Grand Débat.
00:54:58 Pour les banlieues, on n'a pas eu trop de choses.
00:55:00 Il a fallu attendre les voeux pour apprendre que les jeunes des banlieues s'ennuyaient.
00:55:05 C'est pour ça qu'ils se sont tous cassés.
00:55:08 Pour les agriculteurs, il y a eu le ballon de paille qui restera dans l'histoire.
00:55:11 C'est une... Bon, mais sans vouloir trop méchant,
00:55:15 je crois qu'il a réussi à essayer de commencer à calmer le jeu.
00:55:19 Est-ce qu'il va avoir le mandat du président de la République
00:55:22 de faire l'épreuve de force qu'il doit faire ?
00:55:25 Aussi bien avec l'agro-industrie à l'intérieur
00:55:28 qu'avec un certain nombre de pays de l'Union Européenne,
00:55:30 comme l'Espagne par exemple,
00:55:32 qui ont inondé le marché intérieur de tout ce qui est fruits et légumes
00:55:35 dans des conditions impossibles en France.
00:55:39 Et d'ailleurs tant mieux, puisqu'en général,
00:55:41 il y a tellement de chimie dans les fraises et autres produits hollandais et espagnols
00:55:44 qu'il vaut mieux s'abstenir.
00:55:46 En tout cas, moi je m'abstiens, je peux vous dire.
00:55:48 Et puis le dernier combat, c'est les relations extérieures de l'Union Européenne
00:55:52 avec l'Amérique du Sud, avec l'Asie.
00:55:56 À chaque fois qu'on passe des accords de libre-échange,
00:55:58 en général l'agriculture sert de variable d'ajustement aux voitures allemandes
00:56:02 ou je ne sais quoi, de temps en temps à la vente d'Airbus.
00:56:06 Parce que quand on fait un deal comme ça sur l'accord de libre-échange,
00:56:09 on échange des biens et des produits.
00:56:11 Et pas seulement l'agriculture.
00:56:13 Or sur l'agriculture, en général on est cocu.
00:56:16 Parce que les normes ne sont pas les mêmes,
00:56:18 parce que les coûts du travail ne sont pas du tout les mêmes,
00:56:20 la taille d'exploitation aussi.
00:56:22 Et donc on est envahi, monsieur Legras le dit,
00:56:24 on sait quelque chose, on est envahi d'OGM, interdit en France,
00:56:29 on est envahi de toutes sortes de produits, de volailles...
00:56:32 - De poulet par exemple, plus de 140% ukrainien.
00:56:36 - Oui, bourré d'antibiotiques.
00:56:38 - Et 60% d'importation de viande notamment, qui vient de l'étranger.
00:56:42 - Et les fruits et légumes, enfin...
00:56:44 - Les fruits et les légumes, c'est une catastrophe.
00:56:46 - Vous préférez qu'il y ait une préférence nationale ?
00:56:49 C'est-à-dire que si c'était possible,
00:56:51 qu'on incite les consommateurs français à ne consommer que français ?
00:56:56 - Oui, en fait, si vous voulez, nous on voudrait vivre de prix et pas de primes.
00:57:00 C'est notre slogan depuis 92 à la coordination orale.
00:57:03 Et aujourd'hui...
00:57:05 - C'est l'inverse.
00:57:06 - C'est exactement l'inverse.
00:57:07 - Aujourd'hui, vous avez de primes à l'hectare, de la PAC, et pas de qualité.
00:57:11 - Jean-Philippe Dugoin-Clément, ce n'était donc que de la com' hier avec Gabriel Attaye ?
00:57:15 Il a fait des annonces tout de même, il connaît bien son sujet.
00:57:17 Il a parlé de débroussaillage et de curage également.
00:57:21 Moi j'ai découvert des termes très techniques.
00:57:24 Il faut être agriculteur depuis très longtemps pour maîtriser tout cela.
00:57:27 - Pierre Lelouch, je suis ici.
00:57:29 - Oui, mais le week-end je suis ici, mon cher Pierre Lelouch.
00:57:31 Vous le savez, avec vous, très souvent d'ailleurs.
00:57:33 Donc il est très difficile d'aller à la campagne pour cela, en effet.
00:57:36 Ce n'était que de la com' ?
00:57:38 - On verra, ça c'est l'avenir qui va le dire.
00:57:40 La réalité c'est qu'il a été bon en communication.
00:57:42 On a vu la différence entre quelqu'un qui est très politique, qui a une fibre politique,
00:57:47 et une première ministre ou un gouvernement précédent
00:57:50 qui était beaucoup plus rigide, beaucoup plus administratif.
00:57:53 Je pense qu'il a eu un discours avec de l'empathie dans le discours.
00:57:56 Il est venu avec un certain nombre de déclarations, de propositions.
00:58:00 Les difficultés qu'ils vont se poser, en fait, ce qui pour nous,
00:58:03 en tout cas sur ma famille politique avec Hervé Marseille,
00:58:08 il a lui dit "il va compter dans les jours qui viennent".
00:58:10 C'est à quel rythme et qu'est-ce qui est fait ?
00:58:13 Et puis la réalité c'est que tout le compte n'y est pas.
00:58:15 Il y a eu des annonces qui ont été faites, il y a beaucoup de sujets qui sont encore à traiter.
00:58:18 La question de l'eau, la question des ADNT.
00:58:20 Quand on dit qu'on veut simplifier très bien, il faut enlever de la norme.
00:58:25 Mais ce que subissent les agriculteurs d'une certaine manière,
00:58:27 c'est ce que subissent les artisans, c'est ce que subissent les chefs d'entreprise,
00:58:30 c'est ce que subissent les collectivités locales.
00:58:32 On est sur un pays qui crève à force de poser de la norme.
00:58:36 Et donc qu'est-ce qui va dans les semaines qui viennent sortir de tout ça ?
00:58:40 Et au fond, il a ouvert un premier pas qui peut être un pas d'avancée,
00:58:46 de discussion, d'échange et de faire redescendre la pression.
00:58:50 Mais maintenant, je pense que les agriculteurs, vous êtes là,
00:58:52 ceux avec qui je peux échanger, ont bien pris note de ce qui a été dit.
00:58:56 Déjà ils attendent de voir si ça va être tenu.
00:58:58 Et puis il y a d'autres points où il faut aller un peu plus loin.
00:59:00 Et puis pour rebondir sur ce que disait Pierre Lelouch,
00:59:03 il y a, à mon sens, au-delà de la question européenne et des flux mondiaux,
00:59:10 et de faire entendre la voix et la capacité du Premier ministre à impulser,
00:59:16 il va y avoir deux sujets majeurs.
00:59:18 Il va y avoir une question financière,
00:59:20 quelle prise de décision entre Matignon et Bercy,
00:59:24 parce qu'il y a aussi une question de coûts à un moment,
00:59:26 et jusqu'où ce pays qui s'est complexifié à plaisir depuis 30 ans, 40 ans,
00:59:32 est capable d'imposer à son administration à la chez prise,
00:59:36 d'imposer une forme de simplification.
00:59:38 Il y a eu des pistes, déjà sur les questions d'OFB,
00:59:41 où on a des vrais sujets dans les territoires,
00:59:44 mais il faut aller au-delà de ça.
00:59:46 Y a-t-il eu néanmoins une tentative de manipulation ou d'instrumentalisation
00:59:50 des paysans hier en allant sur le barrage de la 64,
00:59:53 en étant aux côtés de Jérôme Bail qui a incarné très longtemps
00:59:57 le début de cette mobilisation, Jordan Florentin ?
00:59:59 Oui, très certainement, et je crois que c'est là que ça souligne le fait
01:00:02 que Gabriel Attal était avant tout un génie de la communication politique,
01:00:05 vous l'avez dit. En fait, sur Jérôme Bail, c'est très spécifique,
01:00:08 il faut se souvenir, dans tous les mouvements sociaux qu'il y a déjà eu,
01:00:11 on essaie toujours à chaque fois de trouver une espèce de figure comme ça,
01:00:14 qu'on fait monter dans les médias, qui incarne bien le mouvement.
01:00:17 On négocie ensuite discrètement avec cette personne,
01:00:20 a priori on lui aurait même proposé un poste, c'est ce qui a été dit hier.
01:00:24 Avant l'érection du barrage ?
01:00:25 Avant, peut-être, mais en tout cas, on se trouve quand même...
01:00:27 Mais il se dit qu'avant, on lui aurait proposé un poste
01:00:30 pour que, justement, il n'y ait pas de mise en place du barrage.
01:00:32 Il y a toujours cette forme de quasi-corruption de l'État,
01:00:34 qui est là pour essayer de calmer un petit peu les tensions,
01:00:36 et puis ensuite on demande à cette personne d'appeler à ce que cesse les barrages,
01:00:41 et d'ailleurs, vous l'avez vu, ça a créé beaucoup de tumultes dans le monde agricole,
01:00:44 puisque beaucoup ne sont pas en accord, ils ont l'impression d'être trahis,
01:00:47 et on peut les comprendre. Pourquoi ? Parce que le deuxième point,
01:00:50 c'est que Gabriel Attal, en fait, il fait croire aux agriculteurs,
01:00:53 et plus largement aux Français, qu'il a les manettes sur ce qu'on peut faire
01:00:56 pour tenter de désamorcer cette crise agricole, alors qu'en réalité,
01:00:59 tout se joue à Bruxelles, et vous le savez très bien,
01:01:02 vos collègues de la coordination rurale étaient à Bruxelles le mercredi
01:01:06 pour demander des choses qui n'ont pas du tout été, d'ailleurs, reprises par Gabriel Attal.
01:01:10 Un report des prêts, une reprise des intérêts, des dettes du monde agricole par l'État,
01:01:15 la fin de la surtransposition des normes, tout ça, Gabriel Attal n'en a pas parlé,
01:01:20 et en fait, on a dans le même temps, la Commission européenne,
01:01:25 qui a accepté un accord, enfin, qui a fait avancer les choses
01:01:28 sur un accord avec le Chili au moment où Gabriel Attal, lui, va rencontrer des agriculteurs,
01:01:32 en leur faisant croire qu'il a compris. La réalité, c'est que Gabriel Attal,
01:01:34 moi, je pense qu'il ne connaît absolument pas le monde rural, le monde agricole,
01:01:38 il n'a pas saisi qu'on n'est pas là juste sur une fronde sociale,
01:01:41 comme on a pu avoir de temps en temps des grèves, etc.
01:01:44 On est sur une vraie révolution d'une France, qui est une France qu'on entendait très peu,
01:01:48 une France plutôt silencieuse, bien éveillée, qui n'a pas l'habitude de casser,
01:01:51 en chantant, on nous parle de deux poids, deux mesures, etc.
01:01:54 La différence entre ceux, les agriculteurs là, qui vont casser un ou deux établissements,
01:01:58 c'est que eux, c'est des agriculteurs qui aiment la France, en fait,
01:02:01 qui manifestent leur désarroi, leur désespoir face à leur France, à eux,
01:02:05 que nous, on aime aussi, qui s'éteint, qui se délite, en fait.
01:02:09 Ce n'est pas la même France que celle des casseurs des banlieues
01:02:11 qui ont manifesté après Noël, ça, il faut bien le comprendre.
01:02:13 Et je pense que Gabriel Attal n'a aucun lien charnel avec cette France-là.
01:02:16 Donc, oui, c'est de la communication hier. Et juste pour finir,
01:02:18 parce que je pense que vous avez le même souvenir que moi, Pierre Lelouch,
01:02:21 ça m'a presque rappelé, je vais remonter très loin,
01:02:24 mais vous savez que Nicolas Sarkozy, à l'époque, allait voir des ouvriers
01:02:26 avec le casque et leur promettait "Monse et merveille",
01:02:29 on a bien vu qu'après, finalement, rien n'a eu lieu.
01:02:31 Donc moi, j'attends de voir quel va être le suivi des mesures annoncées par Gabriel Attal.
01:02:34 Parce que c'est beau de venir sur un barrage, c'est beau de venir sur une boite de foin,
01:02:37 mais derrière, vous verrez que rien ne sera appliqué.
01:02:39 Et les agriculteurs devraient le savoir.
01:02:41 Gabriel Attal ne connaît pas le monde agricole, mais comme ses prédécesseurs, également.
01:02:45 Gabriel Attal, sans être méchant, encore une fois,
01:02:48 je ne veux pas personnaliser ce truc,
01:02:50 mais on a affaire à quelque chose de très très complexe et de très profond.
01:02:54 Donc c'est bien d'avoir des gens qui connaissent un peu.
01:02:57 Gabriel Attal, c'est la pratique pure,
01:02:59 qui n'a fait que de la politique depuis l'âge de 20 ans,
01:03:02 et qui connaît deux arrondissements de Paris.
01:03:04 Voilà.
01:03:06 - Et puis il n'y a pas de vote de Paris.
01:03:08 - Comme beaucoup de bobos parisiens,
01:03:10 qui, jadis, faisaient partie de mes électeurs,
01:03:12 c'est pour ça que j'ai arrêté, je ne supportais plus cette génération de bobos,
01:03:16 parce que je n'ai rien en commun avec.
01:03:18 Je vois bien comment il fonctionne, Gabriel Attal.
01:03:21 Il ne peut pas connaître ce que connaît M. Legras.
01:03:23 Ce n'est juste pas possible.
01:03:25 - Pour rester sur la forme, il pouvait mettre une botte de foin,
01:03:27 trois bottes de foin, vingt bottes de foin...
01:03:29 - Ça n'aurait rien changé.
01:03:30 - Sincèrement, je ne l'ai même pas vu sur le coup, en direct,
01:03:32 il y avait une botte de foin.
01:03:33 - Oui, moi, j'ai vu après aussi.
01:03:34 Mais ce qu'il ne sait pas non plus, c'est ce qui se passe à Bruxelles,
01:03:36 parce que dans ses fonctions précédentes,
01:03:38 il n'a jamais été exposé à ce que moi, j'ai vécu de l'intérieur.
01:03:42 C'est-à-dire des États qui, en général, sont d'accord sur rien
01:03:46 et qui échangent des bagnoles contre des céréales et autres,
01:03:49 et une commission qui fait ce qu'elle veut
01:03:51 avec une administration considérable, beaucoup d'argent.
01:03:54 - C'est bien la première partie.
01:03:56 - Je voudrais que M. Legras nous explique comment ça marche,
01:03:58 parce que lui, il touche de l'argent de la PAC.
01:04:01 Je le disais tout à l'heure, sur les 22 milliards qu'on donne chaque année,
01:04:05 on en récupère une dizaine.
01:04:07 Comment ça marche ?
01:04:08 La PAC lui dit ce qu'il faut qu'il pousse chez lui ou pas.
01:04:12 C'est faute de quoi il ne touche pas cet argent ?
01:04:14 - Si vous voulez, sur la PAC, maintenant, on fonctionne en nombre de points.
01:04:18 Pour avoir les primes maximum sur une surface, il faut avoir cinq points.
01:04:24 Vous avez une prime sur les protéines, une prime sur mettre des légumes,
01:04:31 et notamment aussi une prime sur les jachères.
01:04:33 Aujourd'hui, il y a le gros point d'interrogation.
01:04:35 D'ailleurs, il n'a pas vraiment répondu à la question, sur les 4 % de jachères.
01:04:39 En plus, je vous rappelle, on va arriver au mois de février.
01:04:42 Un agriculteur, au mois de février, vous ne savez pas encore
01:04:45 si vous allez tout emballer sur votre exploitation.
01:04:47 Ça va être un peu tard.
01:04:48 Si on voulait vraiment avoir un surjet sur les jachères,
01:04:50 on devrait déjà parler de 2025.
01:04:52 - Je vous informe, avec une dépêche qui vient de nous parvenir,
01:04:55 que la coordination rurale du Lot-et-Garonne monte à Paris
01:04:58 pour bloquer le marché de Rangis.
01:05:00 C'est le début, sans doute, d'un mouvement qui peut être très puissant,
01:05:04 puisque le but d'une certaine partie des agriculteurs,
01:05:06 c'est de bloquer notamment l'alimentation de la capitale.
01:05:09 - Je reviens à ça.
01:05:10 Donc, si on n'a pas des gens qui connaissent toute la version du truc,
01:05:14 c'est compliqué.
01:05:15 Ça me fait penser aussi à Bruno Le Maire, nouveau ministre d'agriculture,
01:05:18 à l'époque, vous savez, quand on lui demande
01:05:20 c'est quoi la surface d'un hectare,
01:05:22 il n'a pas été capable de dire que c'était 10 000 m² quand même.
01:05:25 - Jordan Florentin.
01:05:26 - Oui, une toute petite crainte sur le fait,
01:05:28 le mouvement s'installe bientôt, dans les heures à venir, à Paris.
01:05:31 - Même s'il y a beaucoup de barrages qui ont été levés,
01:05:33 ça ne veut pas dire qu'ils ne reviendront pas la semaine prochaine.
01:05:36 - Vous savez que bloquer un gise,
01:05:37 ça va avoir un impact eux-mêmes sur le quotidien à nous.
01:05:39 - Exactement, bien sûr.
01:05:40 - Et c'est très important, vous parliez effectivement des Parisiens
01:05:43 qui ne connaissent pas ce monde agricole, ce monde rural.
01:05:45 Je crains qu'il y ait une perte du soutien,
01:05:48 notamment de la capitale, sur ces agriculteurs,
01:05:51 à partir du moment où eux vont se retrouver lésés dans leur quotidien,
01:05:53 parce que ce sont des gens qui...
01:05:54 Qu'est-ce qui se passe en réalité ?
01:05:55 C'est que vous, comme moi, partout, en fait,
01:05:57 on va faire nos courses demain chez Monoprix, chez Auchan,
01:05:59 et puis on va acheter des produits qui ne payent pas les agriculteurs,
01:06:02 alors juste revenu,
01:06:03 et à partir du moment où ça va venir abîmer,
01:06:06 enfin empêcher le quotidien des Parisiens,
01:06:08 je pense qu'il va y avoir...
01:06:09 C'est pour ça que ça m'inquiète toujours
01:06:11 quand ils viennent jusqu'à Paris,
01:06:13 parce que les premiers à les souvenir
01:06:14 pourront demain se dire
01:06:15 "Ah oui, mais finalement, dans mon petit confort bourgeois,
01:06:16 ça m'a embêté un petit peu."
01:06:17 Et en même temps, d'un autre côté, je trouve ça assez intéressant.
01:06:19 - C'était la première idée de venir à Paris, de bloquer la capitale.
01:06:21 - On peut dire qu'il y a un petit peu de purin,
01:06:22 un petit peu de botte, un petit peu de paille à Paris,
01:06:23 mais je ne suis pas sûr que ça ait un impact.
01:06:25 - On va poursuivre le débat, juste avant les informations.
01:06:27 Un petit mot très rapide, Jean-Philippe Dugas et Clément,
01:06:29 sur ce point-là, et on continuera à parler de l'agriculture
01:06:31 et après de la loi Immigration.
01:06:32 - C'est extrêmement dur sur un mouvement qui est soutenu par l'opinion,
01:06:34 parce qu'il y a une cote de sympathie,
01:06:36 les Français s'identifient au combat des agriculteurs,
01:06:38 parce qu'eux-mêmes, c'est ce qu'ils vivent au quotidien,
01:06:40 les uns et les autres, comme difficultés,
01:06:41 moins marquées, marquées différemment,
01:06:43 mais c'est la radicalisation du mouvement
01:06:45 peut faire perdre l'adhésion des Français,
01:06:47 c'est le cas des violences quand la MSA est brûlée,
01:06:49 c'est le cas de blocage à Paris, sur ce que vous disiez,
01:06:51 et en fait, c'est la question de cet équilibre.
01:06:53 Jusqu'où pousser pour ne pas perdre l'adhésion des Français
01:06:56 et arriver à avoir cet effet d'entraînement
01:06:58 sur un mouvement qui est compliqué ?
01:06:59 - Mais pour l'instant, il y a une forme de bienveillance
01:07:01 sur le mouvement des agriculteurs, ce qui n'était pas le cas,
01:07:03 notamment pour les manifestants sur la réforme de la retraite.
01:07:06 - Tout sujet pour les responsables syndicaux et agriculteurs,
01:07:08 c'est d'arriver à cadrer et à juger jusqu'où.
01:07:11 - On continue à en parler, mais d'abord, un point sur l'information,
01:07:13 avec vous, Isabelle Piboulot.
01:07:15 - Une marche blanche s'est tenue cet après-midi à Pamier,
01:07:19 après l'accident routier qui a coûté la vie à une agricultrice
01:07:21 et sa fille en Ariège, mardi.
01:07:23 Le conducteur de la voiture mise en cause a été placé
01:07:26 en détention provisoire.
01:07:27 Selon la préfecture, ces deux passagères sont sortis
01:07:30 du centre de rétention administratif où elles avaient été admises.
01:07:34 Des mesures sont en cours pour organiser leur éloignement
01:07:36 dans les meilleurs délais.
01:07:38 Au lendemain des annonces du Premier ministre,
01:07:40 la lutte des agriculteurs se poursuit en France.
01:07:43 Une mobilisation tout de même en baisse.
01:07:45 38 blocages avec 700 agriculteurs ont été recensés aujourd'hui
01:07:50 contre 113 hier soir, réunissant 17 500 agriculteurs.
01:07:55 A noter que la coordination rurale du Lot-et-Garonne
01:07:57 annonce se rendre à Paris afin de bloquer le marché de Rungis.
01:08:01 Enfin, après les Etats-Unis, l'Australie, le Canada et l'Italie,
01:08:05 le Royaume-Uni suspend à son tour son financement
01:08:08 à l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés Palestiniens.
01:08:11 L'UNRWA est dans le viseur des autorités israéliennes
01:08:14 qui accusent des employés de l'agence d'être impliqués
01:08:17 dans l'attaque du 7 octobre.
01:08:19 Israël souhaite que l'UNRWA n'ait plus aucun rôle à jouer à Gaza
01:08:22 une fois la guerre terminée.
01:08:24 Merci Isabelle Piboulot.
01:08:27 On vous retrouve à 16h pour un point complet sur l'information.
01:08:29 On prolonge avec nos invités quelques minutes encore
01:08:32 ce débat ô combien important et passionnant
01:08:34 sur la crise des agriculteurs, avec notamment le fait
01:08:37 que Gabriel Attal soit allé dans le département
01:08:40 de la Haute-Garonne au contact notamment des manifestants
01:08:43 et Jérôme Bail en tête qui incarne le premier barrage
01:08:46 de la 64, barrage qui a été levé aujourd'hui à la mi-journée
01:08:50 et ce qui fait dire aujourd'hui par une partie des paysans
01:08:53 que Jérôme Bail a été manipulé ou qu'il a trahi la cause paysanne.
01:08:57 Voilà sa réponse aujourd'hui sur CNews.
01:09:00 Il a couché toutes les cases qu'on a demandées nous depuis le début
01:09:03 et je comprends qu'il y ait des agriculteurs en France
01:09:05 qui soient déçus qu'on lève le cain ici, qu'on arrête,
01:09:07 qu'ils pensaient que j'allais sauver l'agriculture française,
01:09:11 qu'ils pensaient... Mais non, je suis désolé.
01:09:14 Nous on avait trois mesures, au début quand on a parlé,
01:09:18 on a parlé vraiment des mesures nationales,
01:09:20 on a parlé des mesures départementales
01:09:23 dont le GNR et l'irrigation qui pourraient être prises à titre national,
01:09:27 nous on n'aurait jamais cru que ça prenait cette ampleur.
01:09:31 Et là quand je reçois depuis hier soir des messages
01:09:34 que je suis corrompu, que j'ai abandonné,
01:09:37 que j'ai trahi la profession et tout,
01:09:39 je pense que je vais vous faire passer un petit message.
01:09:41 Ce que vous n'avez pas compris, c'est que je suis agriculteur,
01:09:43 je suis éleveur, je suis tout seul sur ma ferme.
01:09:45 On va continuer, nous ici, le mouvement du 31,
01:09:49 à garder un oeil sur ce qui se passe.
01:09:52 Et si vraiment ils nous la font à l'envers,
01:09:56 on refera des actions fortes.
01:09:58 C'est cohérent Jean-Philippe Dugas Clément ce qu'il dit,
01:10:01 Jérôme Bail, il reste vigilant néanmoins,
01:10:04 il n'est pas totalement dupe,
01:10:05 il a le sentiment peut-être d'avoir été instrumentalisé,
01:10:08 qu'il est dans le monde de la com, de la com politique notamment.
01:10:10 Mais il est prêt à retourner sur les barrages si besoin est.
01:10:14 - Mais c'est en ce sens où Gabriel Attal a été bon,
01:10:17 où le Premier ministre a été bon,
01:10:18 parce qu'il a été sur le terrain, il a été se confronter,
01:10:21 il n'a pas hésité à mouiller la chemise,
01:10:23 d'aller au contact direct,
01:10:24 à les désamorcer sur un certain nombre de points,
01:10:27 et d'une certaine manière à mettre aussi un coin
01:10:29 dans ce qui est un collectif.
01:10:31 Donc il a été bon sur cette séquence-là.
01:10:34 Le sujet qui se pose c'est que c'est avoir dégoupillé
01:10:37 ou désamorcé une partie des demandes,
01:10:40 une partie de la contestation.
01:10:41 Le mal-être paysan il est profond dans ce pays.
01:10:43 C'est depuis 10 ans, 20 ans, 30 ans,
01:10:46 un sentiment de dépréciation, de dégradation
01:10:49 des conditions de travail, du statut généralisé.
01:10:52 Et au-delà d'un sentiment,
01:10:54 d'ailleurs c'est une réalité qui est vécue par les agriculteurs.
01:10:57 Et donc tout le sujet qui va se poser
01:10:59 dans les 5, 8, 10, 12 jours qui viennent pour le gouvernement,
01:11:03 c'est d'avancer très vite déjà sur la réalisation
01:11:07 de ce qui a été annoncé,
01:11:08 mais de venir aussi sur quelques autres sujets
01:11:10 qui n'ont pas été évoqués initialement.
01:11:12 Je pense que ça a été fait volontairement
01:11:13 pour laisser une marge de discussion,
01:11:15 pour pouvoir continuer à avoir un fil à tirer.
01:11:17 Mais on va voir dans les jours qui viennent
01:11:20 si ce qui a été une sortie sur le terrain,
01:11:22 sur une carte postale de la communication,
01:11:24 rentre sur des choses plus concrètes.
01:11:27 Et il y a beaucoup de choses sur lesquelles
01:11:28 les agriculteurs pourront juger sur pièce.
01:11:30 - Edouard Legras, est-ce que vous êtes prêt
01:11:32 à aller bloquer le marché de Rungis ?
01:11:34 - Oui, tout à fait.
01:11:35 - Comme certains sont capables de le faire.
01:11:36 - Comme on l'a dit, Gabriel Attal,
01:11:38 nous on n'est pas vraiment satisfait.
01:11:39 OK, il a fait un déplacement et il a annoncé des mesurettes,
01:11:42 mais au-delà de ça, malgré tout,
01:11:45 c'est la caractéristique de ce gouvernement.
01:11:46 C'est toujours dû en même temps.
01:11:48 Par exemple, il parle de contrôle,
01:11:49 mais il n'y a encore rien de clair.
01:11:50 C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
01:11:51 on va encore avoir des contrôles et encore des contrôles punitifs.
01:11:54 Nous, on veut vraiment avoir des contrôles pédagogiques.
01:11:57 C'est-à-dire qu'à chaque fois,
01:11:58 on a quelqu'un qui vient débarquer sur notre exploitation
01:12:01 et on a tout de suite les pédamoclètes sur la tête.
01:12:03 Et ça, franchement, ce n'est pas acceptable.
01:12:04 Notre rôle, c'est de nourrir les Français.
01:12:06 - La coordination agrograle de l'Haute-et-Garonne
01:12:10 veut envahir le marché de Rungis,
01:12:11 ou en tout cas le bloquer.
01:12:13 Vous allez vous associer à ce mouvement.
01:12:14 C'est-à-dire que physiquement,
01:12:15 vous êtes prêt à monter à Paris.
01:12:16 Vous êtes avec nous ici à Paris.
01:12:17 - De toute façon, je suis à Paris.
01:12:18 Donc moi, si vous me travaillez, ça ne va pas être trop un problème.
01:12:21 - Mais il y a quand même une ferme à faire tourner.
01:12:23 - Oui, mais en l'occurrence, je vous l'ai dit en début d'émission,
01:12:25 j'ai deux associés pour l'instant.
01:12:26 - D'accord, donc c'est les associés qui travaillent pour vous, en gros.
01:12:28 - Après, je les reparlerai.
01:12:30 - Est-ce que ça, c'est vraiment la philosophie de l'agriculture
01:12:32 de faire travailler les autres ?
01:12:33 - Ah ben non, non, mais je vous invite à venir chez moi.
01:12:35 - Je vous ai dit de quitter.
01:12:36 - Vous allez bien voir.
01:12:38 - Évidemment, évidemment.
01:12:39 Mais donc, vous êtes prêt à aller sur le marché de Rungis
01:12:41 à manifester pour bloquer.
01:12:43 Parce qu'apparemment, le gouvernement ne vous a pas entendu.
01:12:46 - Vous l'avez un petit peu évoqué, là où il y a un vrai point d'interrogation,
01:12:48 c'est est-ce que M. Darmanin va nous laisser circuler
01:12:50 comme il nous a laissé circuler cette semaine ?
01:12:53 J'ai quand même un doute.
01:12:54 - Pourquoi ?
01:12:55 - On sait que...
01:12:57 - Il l'a dit lui-même dans le journal de 20h de TF1, il y a quelques jours.
01:13:01 Je ne vois pas pourquoi j'enverrais les CRS
01:13:04 et mettre plus de souffrance à la souffrance.
01:13:07 - C'est Paris, et on sait que Paris, en deux ou trois jours,
01:13:10 au niveau alimentaire, ça peut être tout de suite compliqué.
01:13:12 - Donc on franchit un cap ?
01:13:14 - De toute façon, c'est l'intérêt de faire ce mouvement.
01:13:17 - Ça va forcément dégénérer, Jordan Florentin ?
01:13:19 - Oui, ça peut, mais en fait, si on fait un petit peu le dézoom
01:13:22 sur ce qui s'est passé, ça peut dégénérer,
01:13:24 parce qu'en fait, je crois que les agriculteurs, ils ont compris
01:13:26 que les Français, plus largement, on en a ras-le-bol,
01:13:28 de se faire avoir.
01:13:29 On nous a fait le coup sur les Gilets jaunes,
01:13:31 on nous a promis monzes et merveilles,
01:13:33 les grands Raoult d'Emmanuel Macron
01:13:35 au contact des maires, des élus locaux, des Français, etc.
01:13:37 Ça n'a absolument rien donné.
01:13:39 La crise est toujours là, la crise agricole, la crise alimentaire,
01:13:41 la crise souveraine, la crise énergétique,
01:13:43 tout ce qu'Emmanuel Macron avait annoncé désamorcé,
01:13:45 finalement, s'avère arriver aujourd'hui
01:13:48 de manière complètement dramatique.
01:13:50 On nous a fait le coup sur la loi immigration,
01:13:52 avec le Conseil constitutionnel qui,
01:13:54 pardon, je reprends l'expression, nous l'a mis à l'envers.
01:13:56 - On va en parler.
01:13:57 - Et là, on nous fait le coup avec les agriculteurs,
01:13:58 mais vous savez très bien comment ça se passe,
01:13:59 tout le monde le sait ici, vous le savez,
01:14:00 monsieur le maire, comment ça se passe, loin.
01:14:02 Et Diabré Latal, il arrive sur un point comme ça de rencontre,
01:14:04 il a ses techniciens, enfin, son personnel technique,
01:14:07 qui avant, dans la voiture, lui explique ce qu'il va falloir
01:14:09 qu'il dise, des annonces qu'il va devoir, vous le disiez,
01:14:11 il ne connaît pas ce monde rural, donc forcément, il est briefé.
01:14:13 On lui dit "tu vas dire ça, tu vas faire ça, tu vas aller là,
01:14:15 on va préparer bien le cadre en amont,
01:14:17 Jérôme Bel, il est prévenu, il est briefé,
01:14:19 donc voilà, tu vas faire ces annonces, ça va désamorcer".
01:14:21 Mais les agriculteurs, ils savent qu'en fait,
01:14:22 ça ne se joue pas à ce niveau-là.
01:14:23 Vous croyez que la mondialisation va s'arrêter ?
01:14:25 Vous croyez que le Chili, le Brésil,
01:14:27 avec qui on a signé des accords, vont arrêter de nous livrer ?
01:14:30 Que l'Europe, ils sont pour l'Union européenne
01:14:32 dans la forme qu'elle est actuellement ?
01:14:34 Je pense que les agriculteurs savent qu'ils se sont fait berner
01:14:36 une fois de plus.
01:14:37 - Emmanuel Macron devait-il quitter ou rentrer plus vite
01:14:40 de son voyage en Inde pour essayer de gérer cette crise ?
01:14:43 Ou ce n'est pas nécessaire, Pierre Lelouch ?
01:14:45 - Je pense qu'il aurait à rajouter une pièce dans la machine
01:14:49 en annulant une visite avec un Etat à juste titre,
01:14:53 considéré comme stratégique pour le pays.
01:14:56 Moi, j'ai fait cette visite avec la même,
01:14:58 avec le président Sarkozy à l'époque,
01:15:00 quand la France a choisi l'Inde comme partenaire stratégique.
01:15:03 Donc ce ne sont pas des décisions qu'on prend légèrement,
01:15:05 sauf à envoyer le signal en France que c'est la panique
01:15:08 et que le président panique.
01:15:10 Donc ce n'est pas réglé, il va rentrer incessamment,
01:15:13 je ne le reproche pas ça.
01:15:15 Le sujet, c'est qu'au-delà de la com réussie à court terme,
01:15:19 je pense que c'est...
01:15:21 M. le maire a raison, à très court terme,
01:15:24 l'opération fonctionne, à plus long terme,
01:15:26 il va falloir qu'il prenne des décisions stratégiques.
01:15:29 Et c'est avec des décisions stratégiques
01:15:31 qu'on va vers des élections européennes dans très peu de temps.
01:15:33 Madame von der Leyen a déjà annoncé son programme.
01:15:37 Elle annonce sur le Green Deal, le fameux pacte vert,
01:15:41 qui est quand même la chose qui intéresse
01:15:43 le plus directement les agriculteurs,
01:15:45 mais aussi notre industrie,
01:15:47 elle annonce -90% de gaz à effet de serre en 2040.
01:15:51 Donc, une transformation radicale du mode de fonctionnement
01:15:55 de notre industrie et de notre agriculture.
01:15:58 Est-ce que oui ou non, la France s'inscrit dans ce truc-là,
01:16:01 alors que le groupe Rigneau,
01:16:03 les macronistes au Parlement européen,
01:16:05 sont avec Madame von der Leyen ?
01:16:07 Donc, quelle est la ligne politique qui va être choisie,
01:16:10 y compris face à la droite et l'extrême droite ?
01:16:12 C'est un problème très, très politique, en fait, qui est posé.
01:16:15 Moi, je pense, connaissant un tout petit peu le sujet,
01:16:18 pas aussi bien qu'un agriculteur sur le terrain,
01:16:21 mais enfin, quelques notions de la dimension locale et européenne,
01:16:25 je pense qu'au point où nous en sommes,
01:16:28 il faudrait que la France fasse une épreuve de force à Bruxelles,
01:16:31 en disant, voilà, voilà les conditions que je veux pour mon agriculture,
01:16:35 et voilà au-delà du quoi je ne joue plus,
01:16:39 en mettant en cause les financements, la PAC, etc.
01:16:43 Est-ce que M. Macron est prêt à une épreuve de force de ce type
01:16:48 pour vraiment modifier en profondeur les conditions de notre agriculture ?
01:16:52 Je pense que la réponse est non, malheureusement, Pierre Lelouch.
01:16:55 C'est ça, voilà.
01:16:56 La grosse difficulté là-dessus, et je vous rejoins,
01:16:58 c'est que les députés macronistes, sur la demande de la maison commune,
01:17:04 ont voté le Green Deal.
01:17:06 Et donc, aujourd'hui, on a un décalage complet
01:17:08 entre ce qui est la position du Premier ministre,
01:17:11 qui semble afficher une volonté,
01:17:13 qui ne correspond pas à ce qui a été fait antérieurement.
01:17:15 C'est là où, effectivement, il y a une sorte de misfit,
01:17:17 une crainte légitime de l'apport des agriculteurs.
01:17:20 Donc, jusqu'où est-ce qu'on va aller là-dessus ?
01:17:22 Et puis, au-delà de ça, au-delà de l'épreuve de force avec Bruxelles,
01:17:25 ou de ce qu'on veut négocier à Bruxelles, il y a deux sujets.
01:17:27 Il faut qu'on arrête de surtransposer systématiquement,
01:17:30 et ça c'est totalement franco-français,
01:17:32 et on a la question des clauses miroirs.
01:17:34 En tout cas, Emmanuel Macron, le chef de l'État,
01:17:36 qui est en Inde en visite officielle, notamment à New Delhi,
01:17:39 continue de tirer les ficelles.
01:17:41 Ça ne l'a pas empêché de promulguer la loi immigration.
01:17:43 On y vient, la nuit dernière.
01:17:45 Après que le Conseil constitutionnel se soit prononcé sur cette loi,
01:17:48 les agents décidaient de dépiauter largement le texte.
01:17:51 Que reste-t-il de cette loi immigration ?
01:17:53 Élément de réponse avec Raphaël Lazarek.
01:17:55 Elle contenait 86 articles forts.
01:17:59 35 mesures ont été censurées partiellement ou totalement,
01:18:03 comme le durcissement de l'accès aux prestations sociales,
01:18:06 ou le délit du séjour irrégulier pour les étrangers.
01:18:09 La structure initialement voulue par le gouvernement a été préservée,
01:18:13 comme par exemple la simplification des procédures d'expulsion
01:18:17 des étrangers délinquants,
01:18:18 la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers dits en tension
01:18:22 au cœur des débats cet automne.
01:18:24 Le Conseil valide aussi des dispositions pour faciliter
01:18:27 les expulsions et les décisions d'obligation de quitter le territoire français.
01:18:31 Elles font notamment sauter les protections dont bénéficient
01:18:34 certaines catégories d'étrangers,
01:18:36 comme ceux arrivés en France avant l'âge de 13 ans.
01:18:38 Si les oppositions de gauche se félicitent de l'arbitrage des stages,
01:18:42 la droite dénonce une décision plus politique que juridique.
01:18:46 Votre regard, Pierre Lelouch, sur la manière dont cela s'est déroulé, surtout.
01:18:52 Certains accusent, notamment chez les LR, une collusion,
01:18:56 ou en tout cas imaginent une collusion entre Emmanuel Macron et Laurent Fabius.
01:19:00 Laurent Fabius, il a un passé.
01:19:02 C'est l'homme du parapluie, selon ses amis socialistes.
01:19:05 Rainbow Warrior, le sang contaminé, il a l'habitude de naviguer.
01:19:10 Je vais vous dire, je vais vous dire,
01:19:13 ce que je vais dire est assez grave d'ailleurs.
01:19:15 Avant la guerre, il y a un auteur qui s'appelait Julien Banda,
01:19:18 qui avait écrit un livre qui avait fait du bruit à l'époque,
01:19:20 qui s'appelait "La trahison des clercs".
01:19:22 La France a un énorme problème d'immigration.
01:19:25 On a vu les chiffres que vous avez annoncés tout à l'heure.
01:19:27 On fait rentrer à peu près 500 000 personnes par an.
01:19:30 Légaux, pas légaux, demandeurs d'asile, c'est énorme.
01:19:34 Le système est archi saturé, il y a des gens qui dorment dans les rues,
01:19:38 j'en passe, je n'insiste pas.
01:19:40 80% des Français, sondage après sondage,
01:19:44 étaient favorables à cette loi, telle que modifiée par le Sénat,
01:19:48 qui pourtant ne mettait pas un coup d'arrêt à ce que j'ai dit,
01:19:52 mais qui durcissait dans un certain nombre d'endroits,
01:19:56 le droit du sol, les accès aux prestations sociales,
01:19:59 un certain nombre de choses que les Français voulaient.
01:20:03 Qu'est-ce qui se passe ?
01:20:05 Le président de la République voit sa loi de départ,
01:20:08 qui n'était pas sanctionnée par une motion de rejet,
01:20:12 mais la maintient.
01:20:14 Le Sénat intervient et on a un texte différent.
01:20:17 Il l'envoie au Conseil constitutionnel en disant qu'il n'est pas d'accord
01:20:21 avec la loi qu'il a lui-même fait voter.
01:20:23 Les députés de son groupe ont voté cette loi.
01:20:26 Et que fait le Conseil constitutionnel ?
01:20:29 Le Conseil constitutionnel déclare qu'une trentaine ou 35 articles
01:20:33 de cette loi, soumis par le Sénat, sont hors sujet.
01:20:36 Ce sont des cavaliers.
01:20:38 Alors moi, en 2008-2009, j'ai voté la réforme constitutionnelle
01:20:43 d'article 45 de la Constitution, qui définit notre droit d'amendement.
01:20:48 C'est un président de la Commission des lois qui s'appelle Jean-Luc Warsman,
01:20:52 qui est à l'origine de cela.
01:20:53 Pourquoi est-ce qu'on a demandé une modification à l'article 45 ?
01:20:56 Justement pour pouvoir amender de façon libre.
01:20:59 Et l'article 45, il dit que dès lors qu'un amendement a un lien direct
01:21:02 ou indirect avec le thème de la loi, il est recevable.
01:21:05 Or, aller prétendre, comme l'ont fait M. Fabius et son Conseil,
01:21:09 que le regroupement familial, l'accès aux prestations sociales,
01:21:13 le droit du sol, et je ne sais combien d'autres dispositions de cette loi
01:21:17 n'ont rien à voir avec le texte de la loi, est un scandale.
01:21:21 C'est une sorte de complot entre les plus hautes instances de l'État,
01:21:26 le Président, le Premier ministre, le Conseil constitutionnel,
01:21:30 pour ne pas donner aux Français ce que les Français attendaient.
01:21:33 Les Français attendaient une loi.
01:21:35 Or, là, il y a eu un déni de tout le système représentatif.
01:21:39 C'est grave ce que je dis.
01:21:40 - Bien sûr.
01:21:41 - Le Président, l'Assemblée nationale, qui a rejeté l'Assemblée,
01:21:46 le Conseil constitutionnel, le Premier ministre, disent
01:21:49 "Non, il n'y a aucun problème, on ne fait pas cette loi, que veulent les Français."
01:21:53 Et donc là, c'est un peu la même chose qu'avec cette affaire d'agriculture.
01:21:57 On prétend faire des choses, là c'est Bruxelles qui décide,
01:22:00 là pour une fois on pouvait décider de choses, on refuse de le faire.
01:22:03 - Donc il y a collusion.
01:22:04 - Ah oui, mais là je suis, comme citoyen, je suis concerné.
01:22:09 Parce que nous avons un vrai problème d'immigration et d'intégration.
01:22:13 Mais donnons-nous les moyens.
01:22:14 Il y avait dans ce texte les moyens d'avancer, pas de tout régler,
01:22:18 mais d'avancer un peu.
01:22:19 Or, il est interdit de légiférer, ce qui est quand même dément.
01:22:22 Et le Conseil constitutionnel, d'ailleurs, il ne dit pas que ces mesures sont illégales.
01:22:25 Il dit "Mais refaites une autre loi."
01:22:27 Mais comment on va faire une autre loi ?
01:22:29 Puisqu'il n'y a pas de majorité et que le président ne veut pas.
01:22:31 - Et elle a été promulguée.
01:22:32 - Et donc les Français n'auront pas de loi,
01:22:34 en attendant une hypothétique élection de qui ? Madame Le Pen ou autre.
01:22:37 - À qui ça profite ?
01:22:38 - Ce qui est un déni de démocratie, j'insiste.
01:22:40 - Jordan Sorrentin.
01:22:41 - C'est grave pour nos institutions.
01:22:42 - À qui ça profite, justement, cette manipulation politicienne ?
01:22:45 Puisque c'est ce qui est décrit et c'est ce qui semble être le cas.
01:22:48 - C'est ce qu'on appelle un braquage institutionnel, même, en fait.
01:22:50 Parce que quand le Conseil constitutionnel, qui n'est élu par personne,
01:22:53 qui a été nommé par les différents présidents de la République
01:22:56 et je crois président de l'Assemblée nationale et du Sénat,
01:22:59 et dont les membres, notamment Laurent Fabius,
01:23:01 on connaît les positions, enfin, je veux dire, par le passé,
01:23:04 il a déjà... il y avait le principe de fraternité
01:23:06 qui avait été attribué à Cédric Ayrou, ce pro-migrant du sud de la France.
01:23:11 On lui avait dit, bon, il y a un principe de fraternité,
01:23:13 donc voilà, on va pas se criminaliser.
01:23:14 - Là, dans le texte, il y avait quelque chose qui criminalisait l'aide aux migrants.
01:23:17 - Ils sont revenus dessus aussi.
01:23:19 - La présence sur le sol français d'un quelqu'un en situation irrégulière
01:23:22 est un délit supprimé.
01:23:24 - On revient à la caisse départ, en fait, d'avant la loi.
01:23:26 - Du Conseil constitutionnel qui était pour accueillir le bateau SOS Méditerranée
01:23:29 il y a quelque temps, donc déjà, il faut se souvenir de qui est au Conseil constitutionnel.
01:23:33 Mais "brothers institutionnels", parce qu'en fait, c'est un peu comme avec l'agriculture,
01:23:36 on fait croire aux Français qu'on a les manettes, qu'on a les leviers
01:23:39 pour agir sur des choses qu'on a perdues.
01:23:41 - Sauf qu'on les avait, alors.
01:23:42 - Oui, mais on a perdu cette souveraineté, c'est l'Union européenne,
01:23:44 et puis ceci, l'international, sur la question de l'immigration,
01:23:46 et l'histoire des laissés-passer consulaires avec l'Algérie, etc.,
01:23:49 avec des pays qui ne veulent pas récupérer nos migrants.
01:23:51 - Oui, mais dans ce cas-là, on fait les preuves de force.
01:23:52 - Donc, en fait, on n'a plus les moyens.
01:23:54 - Je ne suis pas d'accord.
01:23:56 Moi, j'ai écrit ça il y a déjà 15 ans.
01:23:58 Sur l'immigration, il faut modifier la Constitution,
01:24:05 afin de modifier la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme,
01:24:10 il faut que nous ayons le dernier mot sur ce que ces juges décident.
01:24:14 Sinon, on n'aura jamais le contrôle de l'Hongrien.
01:24:16 - Mais ne serait-ce que sur la Constitution,
01:24:17 si vous voulez faire un référendum sur l'immigration,
01:24:20 Laurent Fabius a déjà dit que le Conseil constitutionnel
01:24:22 n'approuverait pas ce référendum.
01:24:24 Donc, en fait, vous êtes pied et main liés.
01:24:26 - Ce qui veut dire, Jean-Philippe Duguin-Clément,
01:24:28 que l'immigration illégale sera mal contrôlée,
01:24:31 ne sera pas endiguée,
01:24:32 et on peut dire que c'est une volonté du gouvernement.
01:24:35 C'est comme ça que je le comprends, en tout cas.
01:24:37 - Je ne dirais pas ça.
01:24:39 Je ne pense pas à une collusion,
01:24:40 mais à une carence, également, du travail parlementaire et ministériel.
01:24:43 Qu'a abouti à cette situation ?
01:24:45 Très clairement, déjà, ce qui va rester de la loi
01:24:47 va être un peu un mieux par rapport à ce qui existe aujourd'hui.
01:24:50 La réalité, c'est que la moitié de la loi a été amenée à sauter.
01:24:53 Sur le détail de ce qui a été détricoté par le Conseil constitutionnel,
01:24:57 c'est deux articles qui sont jugés contraires à la Constitution,
01:25:00 c'est-à-dire qu'on aurait nécessité d'avoir une loi constitutionnelle
01:25:02 qui faudrait probablement avoir deux articles,
01:25:04 qui, sur le fond, sont deux articles qui ne changent rien,
01:25:06 les deux qui sont visés.
01:25:07 C'est la question des prises d'empreintes.
01:25:10 Et si on revenait à l'écriture proposée par la Commission des lois du Sénat
01:25:14 qui a sauté lors de la commission mixte paritaire,
01:25:16 il n'y aurait pas eu d'inconstitutionnalité sur ce volet-là.
01:25:19 Et la deuxième, c'est le débat annuel qui peut se tenir sur les quotas d'immigration,
01:25:23 qui peut se tenir, non mais qui peut se tenir,
01:25:25 sans figurer dans le cadre de la loi.
01:25:27 Non mais là-dessus, ça ne change strictement rien.
01:25:30 - Mais monsieur Lemoyne, imaginez qu'on s'interdise de prendre l'identité d'un clandestin en France,
01:25:34 c'est quand même dément.
01:25:35 - La question là-dessus, c'est pas ça, c'est une question de rédaction.
01:25:38 La rédaction qui avait été proposée par la Commission des lois du Sénat n'a pas été retenue,
01:25:43 sinon ce texte était passé.
01:25:45 Donc c'est un mauvais travail parlementaire.
01:25:47 Après on peut mettre tout ce qu'on veut dessus, mais c'est un mauvais travail parlementaire.
01:25:50 Sur le reste, il y a eu une trentaine d'articles...
01:25:56 - Je vous aime bien, mais non.
01:25:58 - J'aimerais juste finir.
01:26:00 - Terminé et après on laisse contre le Pierre Delouche en quelques secondes.
01:26:03 - Il y a eu une trentaine d'articles qui ont été supprimés
01:26:05 parce que vous l'avez indiqué, c'est des cavaliers,
01:26:08 dans une interprétation extrêmement restrictive du Conseil constitutionnel.
01:26:13 Le groupe centriste de l'UDI d'Hervé Marseille au Sénat déposera une proposition de loi la semaine prochaine
01:26:19 pour les redéposer et les remettre en discussion.
01:26:22 - Il nous reste quelques secondes Pierre Delouche avant les informations,
01:26:24 je vous laisse le mot de la fin sur cette démarche.
01:26:26 - Redéposer une loi aujourd'hui, si tout le monde sait qu'elle n'aura pas lieu d'ici la fin du mandat de M. Macron.
01:26:31 Donc en fait on s'interdit de légiférer sur l'immigration.
01:26:33 C'est ça que cette affaire fait quoi.
01:26:35 - Sciemment.
01:26:36 - Sciemment.
01:26:37 Alors après M. le maire me dit "oui mais ça a été mal rédigé".
01:26:40 Je rappelle que le gouvernement a un conseil juridique qui s'appelle le Conseil d'Etat.
01:26:44 Si c'est mal rédigé, bon bah les types prennent leur téléphone...
01:26:47 - Qu'ils reprennent l'écriture du Sénat.
01:26:49 - Ah non, non.
01:26:50 - Qu'ils reprennent l'écriture du Sénat.
01:26:51 - Non c'est pas un problème d'écriture, c'est un problème de manque de volonté politique, c'est tout.
01:26:54 On ne voulait pas de ce texte, il ne l'est pas.
01:26:56 - On marque une pause, merci à Pierre Lelouch, merci infiniment à Edouard Legras et bon courage.
01:27:01 Vous allez aller bloquer le marché.
01:27:02 - Et après aller sur ma ferme du coup.
01:27:04 - Et après c'est aller sur votre ferme, évidemment.
01:27:05 On continue à débattre dans quelques instants.
01:27:07 On marque une pause, à tout de suite sur CNews.
01:27:09 Les débats reviennent dans quelques instants sur CNews.
01:27:16 On fait d'abord un point complet sur l'information.
01:27:18 Isabelle Piboulot.
01:27:19 - Après le drame en Ariège, une marche blanche s'est tenue aujourd'hui
01:27:24 en hommage à Alexandra Sonac et Camille Pamier.
01:27:27 L'agricultrice et sa fille ont été tuées par un chauffard mardi dernier sur un barrage d'agriculteurs.
01:27:33 Jean-Luc Thomas et Nathan Antomine, bonjour à tous les deux.
01:27:36 Pour CNews, vous avez suivi ce rassemblement qui touche à sa fin.
01:27:40 - Oui, cette marche blanche est arrivée ici, pas très loin de là où s'est déroulé cet accident dans la nuit de mardi.
01:27:53 Et c'est ici que l'ensemble des 4000 personnes qui ont participé à cette marche blanche déposent un bouquet de fleurs devant une banderole
01:28:04 où il y a la photo à la fois d'Alexandra et de Camille Sonac.
01:28:10 Énormément de fleurs sont déposées.
01:28:13 On a rencontré des personnes tout au long de cette manifestation, des personnes toutes très touchées par le nombre,
01:28:24 aussi touchées parce que c'était une marche blanche avec beaucoup, beaucoup d'émotions.
01:28:32 Évidemment, toutes les personnes pensaient énormément aux deux disparus.
01:28:38 Il faut savoir également que cette manifestation qui était organisée par les syndicats agricoles de l'Ariège et la Chambre d'agriculture,
01:28:49 ont tous décidé de ne pas du tout parler autour, par exemple, de la venue du Premier ministre hier en Haute-Garonne.
01:29:02 C'était vraiment un moment de recueillement tout au long de cette marche blanche qui a été longue,
01:29:09 puisqu'elle faisait plus de 4 kilomètres entre le lycée agricole où avait été élève Alexandra
01:29:18 et où sa fille devait rentrer normalement au mois de septembre prochain, 4 kilomètres, pour venir jusqu'ici, jusque sur le lieu du drame.
01:29:27 Jean-Luc Thomas et Nathan Thémine en direct de Pamier.
01:29:31 Un convoi de tracteurs en route direction Roissy.
01:29:35 La lutte des agriculteurs se poursuit en France.
01:29:38 La coordination rurale du Lot-et-Garonne annonce se rendre à Paris dès lundi matin pour bloquer le marché de Rungis.
01:29:44 Car en effet, vous allez l'entendre, les annonces du Premier ministre hier ont été jugées insuffisantes.
01:29:50 Ça nous fait plaisir de voir autant de monde qui nous klaxonne et tout.
01:29:54 C'est qu'on voit que le peuple, il est derrière nous.
01:29:57 Il n'y a que le gouvernement qui ne voit pas qu'il y a un problème dans l'agriculture.
01:30:01 Gabriel Attal est resté trop succinct dans son discours.
01:30:06 Il a dit "je vais vous aider sur tel point, tel point", mais il n'est pas rentré dans les détails, il n'a pas pris de vraies décisions concrètes.
01:30:12 C'était ce qu'on appelle des mesurettes, revenir sur la taxe sur le gasoil.
01:30:16 On s'en doutait fortement, mais derrière, est-ce que ça va améliorer nos conditions de vie ?
01:30:21 Ça n'allait déjà pas très bien avant, ça ne va pas aller mieux maintenant.
01:30:26 La loi immigration promulguée dans la nuit par Emmanuel Macron depuis New Delhi.
01:30:31 Le texte a été publié au journal officiel.
01:30:34 Il avait été largement censuré par le Conseil constitutionnel, accusé par la droite d'avoir commis un coup d'État de droit.
01:30:40 35 articles sur 86 ont été totalement ou partiellement retoqués.
01:30:46 Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mercredi pour se pencher sur la décision de la Cour internationale de justice.
01:30:55 La CIG a appelé Israël à empêcher tout acte éventuel de génocide à Gaza.
01:31:00 Saisie par l'Afrique du Sud, la plus haute juridiction de l'ONU réclame à Israël des mesures immédiates
01:31:06 pour permettre la fourniture d'aide aux Palestiniens, mais n'appelle pas à un cessez-le-feu.
01:31:11 Pendant ce temps, les combats entre Israël et le Ramas continuent dans le sud de Gaza, notamment à Ragnounès.
01:31:18 Les hôpitaux de la ville sont pris pour cible.
01:31:21 Les précisions de nos envoyés spéciaux à Tel Aviv, Jérôme Brampenou et Olivier Gangloff.
01:31:26 Les combats continuent au sud de la bande de Gaza, dans la ville de Ragnounès,
01:31:30 où il y a deux jours, une polémique a commencé à émerger.
01:31:33 L'Office de secours et travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient, l'UNVRA,
01:31:38 a accusé Israël d'être l'auteur de deux frappes de char sur un bâtiment où se trouvaient des réfugiés palestiniens
01:31:44 faisant 9 morts et 75 blessés, après une enquête sale a réfuté être l'auteur de ces tirs.
01:31:50 Depuis, Israël accuse une douzaine d'employés de l'UNVRA d'être responsables dans les attaques du 7 octobre,
01:31:56 sans toutefois préciser leur rôle.
01:31:59 Aussitôt, les USA, le Canada, l'Australie et ce samedi matin l'Italie ont temporairement suspendu leur financement à l'UNVRA,
01:32:07 en attendant les résultats de ces enquêtes.
01:32:09 Et l'ONU a aussi réagi tout de suite en licenciant ses personnels
01:32:13 et en indiquant que c'est une trahison de leur part et se prépare peut-être à lancer des poursuites judiciaires contre ces employés.
01:32:20 Enfin dans le reste de l'actualité internationale, alors que la princesse de Galles se remue d'une chirurgie abdominale depuis la semaine dernière,
01:32:28 le roi Charles III a été opéré de la prostate hier à Londres.
01:32:32 Les médias britanniques l'assurent, le souverain de 75 ans va bien.
01:32:36 Les précisions de notre correspondante Sarah Menaille.
01:32:39 À demi-vendredi, dans la même clinique privée de l'ouest londonien que sa belle-fille Kate Middleton,
01:32:44 le roi Charles III s'est fait opérer avec succès d'une hypertrophie de la prostate.
01:32:48 À 75 ans, le souverain devra observer une période de convalescence qui sera courte, à préciser le palais de Buckingham,
01:32:53 même si la durée exacte de ce repos n'a pas été communiquée.
01:32:56 Le palais a quand même tenu à rassurer ses sujets, cette grosseur n'était pas cancéreuse.
01:33:00 L'hypertrophie de la prostate, c'est une condition bénigne dont souffrent des milliers d'hommes de la tranche d'âge de Charles III
01:33:06 et en communiquant aussi ouvertement sur son opération, le souverain fait de la prévention.
01:33:11 Il montre l'exemple et encourage les hommes britanniques à se faire dépister et soigner en temps et en heure.
01:33:16 C'est quelque chose d'absolument inédit pour le palais de Buckingham de communiquer autant et aussi ouvertement sur la santé d'un souverain.
01:33:23 La Française de Galles se remet-elle d'une chirurgie abdominale ?
01:33:26 La pathologie dont elle souffre n'a en revanche pas été révélée par le palais, qui a été un peu plus secret à son sujet.
01:33:31 Ce que l'on sait en revanche, c'est que Kate Middleton ne devrait reprendre ses fonctions publiques qu'à partir de la fin mars.
01:33:37 16h30 pour votre prochain point sur l'actualité, la suite c'est avec William Nel.
01:33:41 Merci Isabelle, à tout à l'heure pour les informations, en effet toujours avec Jordan Florentin, avec Jean-Philippe Dugoin-Clément
01:33:47 et Éric Delacheney qui nous a rejoint sur ce plateau. Bonjour.
01:33:50 Bonjour.
01:33:51 Merci d'avoir accepté notre invitation, vous êtes journaliste, écrivain, journaliste agriculture au Figaro.
01:33:56 C'est aussi votre activité, une partie de votre activité, l'agriculture dans une ferme de l'Ouest.
01:34:01 Voilà pourquoi vous pouvez bien parler de cette activité.
01:34:04 Vous avez été diplômé de l'école supérieure d'agriculture, donc c'est un phénomène que vous connaissez particulièrement bien.
01:34:10 Et vous nous avez amené plusieurs objets qui sont assez intéressants, et notamment ce que j'appellerais une relique,
01:34:14 le Figaro agricole qui date donc de 1955.
01:34:19 Il n'existe plus aujourd'hui, il a pris fin au début des années 90, voilà, effectivement.
01:34:25 Mais à l'époque, l'agriculture c'était quelque chose de très important, 1955,
01:34:29 mais on parlait déjà des problèmes des agriculteurs à cette époque-là.
01:34:33 Et déjà du prix du lait.
01:34:35 Et déjà du prix du lait.
01:34:36 Parce que pour vous c'est le lait qui fait la différence.
01:34:38 Voilà pourquoi vous êtes venu avec...
01:34:39 Avec une brique de lait.
01:34:41 Mais pourquoi cette brique de lait ?
01:34:42 Pourquoi cette brique de lait ? J'aurais pu en prendre une deuxième, mais je ne l'ai pas trouvée dans ma supérette,
01:34:46 celle de... c'est qui le patron ? De Nicolas Chaban.
01:34:49 Et là c'est le lait des producteurs de lait indépendants, le lait équitable.
01:34:54 C'est-à-dire France.
01:34:55 Ils sont produits tous les deux par la même laiterie, la laiterie de Saint-Denis de Lautel.
01:35:00 Et cette laiterie paye le lait au prix juste.
01:35:04 C'est-à-dire c'est quoi le prix juste ?
01:35:06 C'est le prix au-dessus du coût de revient pour un agriculteur.
01:35:09 Donc quand un agriculteur vend ce lait, eh bien il gagne de l'argent.
01:35:13 Mais malheureusement, dans beaucoup de cas, il perd de l'argent.
01:35:17 C'est-à-dire que, au pire, il arrive à couvrir son prix de revient,
01:35:22 mais il ne se paye pas de main-d'oeuvre.
01:35:24 Sinon il perd de l'argent.
01:35:26 Je connais des agriculteurs, quand ils font la traite, ils me disent
01:35:29 "Je perds 50 euros par traite, 150 euros par traite".
01:35:32 On va en parler dans un instant avec un agriculteur laitier qui est connecté,
01:35:36 Johan Barbe que je salue déjà, qui est dans le département des Vosges.
01:35:39 Mais cela veut dire, et il va sans doute nous le confirmer dans quelques instants,
01:35:41 qu'il n'y a aujourd'hui que deux marques de briques de lait
01:35:45 qui permettent aux agriculteurs de gagner de l'argent.
01:35:47 Toutes les autres ne permettent pas aux agriculteurs laitiers de gagner des sous.
01:35:51 Là, ce serait réducteur.
01:35:53 Mais après, il faut regarder, ça dépend de chaque exploitation.
01:35:57 Chaque exploitation a son coût de revient.
01:35:59 On ne peut pas transposer l'économie de chaque exploitation en faisant une généralité.
01:36:08 Là, je dis tout simple, là j'en suis sûr, les autres je ne sais pas.
01:36:11 Je ne connais pas le prix du lait.
01:36:13 On a des tendances.
01:36:14 On sait que Saudia, c'est une coopérative agricole,
01:36:17 va payer le lait autour de 40 centimes.
01:36:20 40 centimes le litre.
01:36:22 Il y a des gens qui vont gagner de l'argent,
01:36:24 qui vont au-dessus parce qu'ils sont très techniques,
01:36:26 et puis ils ont fait des économies d'échelle.
01:36:28 Ils travaillent sur le volume.
01:36:30 Il y en a d'autres à ce prix-là qui sont largement en dessous.
01:36:32 Après, on fait une moyenne, et Johann Barb pourra nous donner les chiffres.
01:36:36 Tout à fait précis, puisque c'est le futur président de la Fédération nationale des producteurs de lait,
01:36:42 après Thierry Roquefeuille.
01:36:43 - Très bien.
01:36:44 - Et il pourra nous éclairer beaucoup plus précisément.
01:36:47 - Mais on sait qu'à 40 centimes, c'est vraiment le seuil beaucoup trop bas.
01:36:51 - C'est l'une des problématiques des agriculteurs,
01:36:55 et notamment des agriculteurs laitiers.
01:36:57 Peut-être qu'une annonce dans ce sens, de la part de Gabriel Attal hier,
01:37:01 aurait pu aider à faire la promotion des marques de produits laitiers
01:37:06 qui aident vraiment les paysans.
01:37:08 Johann Barb, vous êtes connecté avec nous dans le département des Vosges.
01:37:11 Porte-parole de la FNSEA dans l'attente d'être président.
01:37:14 Comme le disait notre invité de la section laitière.
01:37:19 Il y a une vraie problématique aussi pour les agriculteurs laitiers dans le monde paysan aujourd'hui.
01:37:25 - Bonjour à tous.
01:37:27 Je voudrais commencer mes propos pour avoir une pensée pour Alexandra et sa fille Camille,
01:37:32 où la marche blanche est encore en cours dans son département, dans la Riège.
01:37:36 Mais effectivement, les producteurs de lait sont totalement associés à la problématique actuelle.
01:37:42 Et nous avons besoin d'un prix qui rémunère les producteurs.
01:37:45 Pour cela, il faut absolument que le gouvernement, certes,
01:37:48 mais aussi les entreprises se mettent d'accord pour dire que la filière laitière française
01:37:53 a besoin de prix qui rémunère et qui paye les producteurs.
01:37:56 Je vais vous donner le coût de revient minimum qu'on a besoin sur nos exploitations.
01:38:01 C'est ce fameux 446 euros.
01:38:03 446 euros mille litres, c'est le minimum pour vivre juste au SMIC sur une exploitation.
01:38:08 Donc vous imaginez bien, et notamment ce qu'a annoncé Eric,
01:38:12 les deux briques de lait qu'il a parlé,
01:38:14 elles rémunèrent les producteurs plutôt autour des 500 euros les mille litres.
01:38:17 Donc effectivement, c'est les producteurs qui sont un peu mieux que les autres,
01:38:20 puisqu'ils peuvent vivre, ils peuvent avoir des loisirs,
01:38:23 ils peuvent aussi profiter de week-ends qu'ils les reposent,
01:38:26 avec notamment de la main d'œuvre extérieure ou un service de remplacement qui vient les aider.
01:38:31 Mais ce qu'il faut rappeler, c'est que la filière laitière,
01:38:33 elle a toujours demandé à avoir des prix rémunérateurs plutôt que des primes.
01:38:37 On nous oppose souvent à la FNSEA, la PAC.
01:38:40 La PAC, c'est juste des choses qui sont venues masquer la problématique
01:38:44 de revenu des agriculteurs depuis les années 92.
01:38:47 Mais la réalité aujourd'hui, c'est que si on avait des prix rémunérateurs,
01:38:49 tout le monde s'en sortirait et la filière attirerait des jeunes pour justement pouvoir renouveler.
01:38:56 On a une vraie problématique dans la filière laitière,
01:38:58 c'est qu'on n'a plus de jeunes talents qui arrivent pour reprendre le relais
01:39:02 et surtout assurer la souveraineté alimentaire française au niveau national.
01:39:06 Oui, la relève, c'est ce qui revient très régulièrement,
01:39:08 d'ailleurs, quels que soient les secteurs d'activité des agriculteurs.
01:39:11 Johan Bach, vous, vous avez participé au blocage.
01:39:14 Est-ce encore le cas, d'ailleurs, de l'autoroute A31 dans l'est de la France,
01:39:18 entre le département des Vosges et la Moselle, entre Nancy et Metz,
01:39:21 notamment, en tout cas, c'est une artère qui est particulièrement importante.
01:39:25 Est-ce que cette mobilisation va continuer de votre côté,
01:39:28 notamment dans votre région ?
01:39:30 Et est-ce que vous êtes prêt, comme la coordination rurale du Lot-et-Garonne,
01:39:33 à monter à Paris pour aller bloquer le marché de Rangis,
01:39:36 qui serait vraiment très problématique pour le quotidien
01:39:39 et l'alimentation des Français en général ?
01:39:42 Alors, effectivement, j'étais hier sur le barrage de l'A31,
01:39:46 sur mon département et notamment avec mes collègues agriculteurs
01:39:49 du département des Vosges.
01:39:51 La réalité, c'est que les gars, ils veulent rester sur les blocages.
01:39:54 Aujourd'hui, en soutien, notamment, à nos collègues de la Riège
01:39:57 et de la Marche Blanche, on avait demandé de lever le barrage vers les midis.
01:40:00 Donc aujourd'hui, il est levé, mais nous devrons le reprendre la semaine prochaine.
01:40:05 Le Premier ministre ne nous a pas entendus.
01:40:07 Le Premier ministre a dit être amoureux de l'agriculture,
01:40:10 mais l'amour, ça doit se traduire par des actes d'engagement.
01:40:13 J'ai eu l'impression hier, dans son discours,
01:40:15 qu'il y avait effectivement des belles paroles,
01:40:17 mais aucun engagement concret pour l'agriculture,
01:40:20 aucun engagement concret pour le revenu des producteurs de lait,
01:40:23 notamment, mais surtout, on a senti un ministre
01:40:26 qui a testé les forces vives du réseau FNSEA.
01:40:30 Donc aujourd'hui, on continue à demander à notre réseau de rester mobilisé,
01:40:34 surtout de rester mobilisé dans un intérêt global.
01:40:37 La population nous soutient, il faut que ça continue.
01:40:39 Pour ça, il faut qu'on respecte les biens et les personnes.
01:40:42 Aller bloquer Paris demain, c'est des idées qui, forcément,
01:40:46 nous traversent l'esprit et qui permettraient sûrement
01:40:49 d'aller plus vite dans la négociation.
01:40:51 On espère juste que Gabriel Attal, notre Premier ministre,
01:40:54 puisse s'exprimer vendredi, lors de son discours général de politique,
01:40:58 devant les sénateurs et les députés,
01:41:02 vers quelque chose de plus engageant pour l'agriculture.
01:41:05 Il faut qu'il arrête un discours d'opposition de l'agriculture
01:41:08 envers l'environnement.
01:41:10 Les agriculteurs sont prêts à s'engager sur une transition environnementale,
01:41:14 mais pour ça, on veut de l'accompagnement, on veut du temps,
01:41:17 et on veut des transitions qui se fassent en dehors de la pression.
01:41:21 Donc on veut des choses concrètes.
01:41:23 Pour l'instant, on n'a rien du tout sur le terrain.
01:41:25 Merci, Johan Barbe. Bon courage pour la suite.
01:41:28 Vous avez raison de préciser, parce que c'est l'écho que nous avons
01:41:31 de la part de tous les agriculteurs et aussi de la population française,
01:41:34 votre mobilisation est très suivie, elle est même très populaire
01:41:37 aux yeux des Français aujourd'hui.
01:41:39 C'est vrai, Éric Delacheney, ils seront embarrassés
01:41:42 si jamais le marché de Rungis venait à être bloqué.
01:41:45 Il peut y avoir des blocages beaucoup plus importants.
01:41:47 On a le sentiment, à travers le témoignage de Johan Barbe
01:41:49 et d'autres agriculteurs, d'avoir déjà entendu ça.
01:41:52 C'est-à-dire que les agriculteurs, les paysans,
01:41:55 n'ont jamais vraiment été respectés, ont souvent été baladés par les politiques.
01:41:59 Est-ce que c'est la réflexion et l'observation que vous en faites ?
01:42:02 Depuis 15 ans, moi je suis le secteur au Figaro,
01:42:05 et j'ai l'impression de répéter toujours la même chose.
01:42:08 Donc c'est vrai qu'à force, on se lasse un petit peu,
01:42:11 même en tant que journaliste et observateur extérieur,
01:42:14 mais on se dit "mais quand est-ce que ça va finir ?
01:42:16 Quand est-ce que ce discours, là, les prix rémunérateurs...
01:42:19 J'ai entendu ce même discours en 2009, quand il y avait la grève du lait.
01:42:23 Et on se dit "c'est quoi la solution ?"
01:42:26 Parce que là, c'est même pire qu'en 2009 et la grève du lait,
01:42:29 parce que maintenant il y a un amas, il y a un millefeuille de normes
01:42:33 qui sont toutes aussi contradictoires les unes que les autres.
01:42:36 - Européennes, notamment. - Européennes, mais surtransposées par la France.
01:42:40 Et on parlait, Johan Barbe disait "oui, il nous faut un accompagnement".
01:42:45 Mais c'est exactement ça qu'il faut.
01:42:47 Il ne faut pas une écologie répressive,
01:42:50 mais une écologie dans le sens de l'accompagnement.
01:42:53 Je prends un exemple dans son département.
01:42:55 J'ai fait un article, puisque j'avais trop de cris de détresse
01:42:58 qui venaient du terrain, c'est-à-dire des agriculteurs qui disent
01:43:01 "mais on n'en peut plus, on est montré du doigt par l'Office français de la biodiversité".
01:43:05 Donc c'est la police de l'environnement, mais la police aussi au sens propre,
01:43:09 c'est-à-dire qu'ils peuvent venir avec des armées dans votre ferme,
01:43:12 sans vous prévenir, donc le droit de propriété ça n'existe plus.
01:43:15 Et regardez ce que vous faites.
01:43:17 Et puis après, vous êtes convoqué au tribunal,
01:43:19 et puis après, il y a eu un règlement de compte.
01:43:23 "Toi, tu es agriculteur, tu touches la PAC, tu en as plein les fouilles".
01:43:27 Déjà au niveau moral, ils en prennent un coup.
01:43:30 Et puis après, au niveau justice, quand vous êtes condamné,
01:43:33 parce que le cas d'Evoche, c'était un agriculteur qui a été condamné
01:43:36 pour avoir enlevé des branchages le long d'une rivière,
01:43:39 parce qu'il préparait sa pâture pour faire du chouin.
01:43:42 Et on l'a accusé d'avoir détruit un nid de castor,
01:43:46 espèce protégée qui est réintroduite dans la région.
01:43:49 Mais le pauvre gars, il est tout seul,
01:43:52 il est désarmé au sens propre comme au sens figuriste,
01:43:55 parce que c'est de plus en plus jérudique, de plus en plus pointu,
01:43:58 donc il ne connaît pas tous ses textes.
01:44:00 Et plutôt que l'agent ou les agents de l'OFB l'accompagnent,
01:44:04 lui disent "Écoutez, monsieur, ça normalement, il ne faut pas le faire",
01:44:08 là, c'est tout de suite répression.
01:44:10 Donc comment voulez-vous qu'on puisse faire évoluer l'état des choses
01:44:16 si d'emblée on prend l'agriculteur pour coupable ?
01:44:21 - Et pour un imbécile parfois et qu'on le balade.
01:44:23 Est-ce que ce n'est pas la répétition de la fable du pot de terre et du pot de fer,
01:44:28 avec les paysans d'un côté et les réglementations et l'Europe de l'autre ?
01:44:32 Notamment avec des satellites qui survolent les terrains des agriculteurs
01:44:38 pour les contrôler.
01:44:40 Ça paraît insensé, Éric Delachenet.
01:44:42 - Vous savez, maintenant, on met les outils modernes à disposition des contrôles,
01:44:47 justement des contrôles intempestifs qui peuvent être physiques,
01:44:49 mais aussi du ciel, maintenant.
01:44:51 - Donc l'Union Européenne contrôle ?
01:44:53 - Oui.
01:44:54 - Mais il contrôle quoi ?
01:44:55 - Il contrôle votre assaulement.
01:44:58 Donc régulièrement, il y a des satellites qui prennent des photos
01:45:02 et qui regardent, par exemple, si lors de votre déclaration Pâques,
01:45:06 qui se fait en général au mois de mai, qui se fait tous les ans au mois de mai,
01:45:09 si vous avez bien mis du blé à cet endroit-là,
01:45:11 si il y a bien des prairies...
01:45:13 - Si vous avez creusé une piscine ?
01:45:14 - Ah ben là, ça ne va pas le faire.
01:45:16 Et si vous n'avez pas coupé des arbres,
01:45:19 quelquefois il y a juste des ombres mises par les arbres,
01:45:21 alors ils se demandent si c'est des surfaces en SIE,
01:45:24 en surfaces d'intérêt écologique.
01:45:27 Vous êtes suivi, je ne dirais pas au millimètre près, mais au mètre près.
01:45:31 Et si jamais vous avez un peu trop de broussailles,
01:45:35 ou vous avez mal entretenu tel endroit, ou vous avez changé d'assaulement,
01:45:38 vous êtes susceptible d'avoir...
01:45:41 - Des amendes ?
01:45:43 - Ça va être des moindres...
01:45:46 Vous allez toucher entre 3 ou 5% de moins sur votre Pâques.
01:45:50 - Par rapport au comportement.
01:45:52 C'est quand même insensé.
01:45:54 - Salé, mais en fait c'est deux choses différentes.
01:45:56 On est en train de faire des contrôles sur les subventions de la Pâques
01:45:58 que touchent les agriculteurs.
01:45:59 Ce qui a été évoqué avant, et c'est une des deux choses
01:46:01 qui a véritablement empiré par rapport au sentiment
01:46:04 que beaucoup d'agriculteurs ont de vivre la même histoire
01:46:07 depuis 15 ans, 20 ans, 30 ans.
01:46:09 C'est véritablement la montée en surtransposition française
01:46:14 des normes européennes.
01:46:16 On l'a vécu sur la question des néonicotinoïdes,
01:46:18 sur les betteraves qu'a fait énormément parler,
01:46:21 mais où c'est totalement la France qui surtransposait
01:46:23 en imposant des normes à nos agriculteurs
01:46:25 qui n'étaient pas imposées aux autres agriculteurs.
01:46:27 Sur la question des cerises, on a quasiment plus de production
01:46:29 de fruits parce qu'on ne traite pas la mouche Suzuki,
01:46:33 on ne s'autorise pas à le traiter,
01:46:35 là où nos voisins européens le font.
01:46:37 Donc on a un problème totalement français
01:46:39 de transition écologique qui se fait de manière absolument folle
01:46:43 et qui se fait sans tenir compte de la réalité agricole.
01:46:46 Et puis la deuxième chose que vous évoquez
01:46:48 sur cette police de l'environnement de l'OFB,
01:46:51 on a eu le sentiment pour beaucoup d'agriculteurs
01:46:53 d'être face à des cow-boys et d'être en situation
01:46:55 vraiment d'être très très très mal.
01:46:57 - Oui, et puis ça crée une concurrence déloyale
01:46:59 par rapport aux agriculteurs français
01:47:01 qui sont particulièrement en difficulté.
01:47:03 Merci pour toutes ces précisions, Eric Delacheney,
01:47:05 c'est passionnant. Je renvoie aussi celles et ceux
01:47:07 qui nous regardent à votre ouvrage "Auteurs, donc des agriculteurs,
01:47:09 les raisons d'un désespoir" chez Plonk
01:47:11 que vous avez co-écrit avec Arash Derembach.
01:47:13 Très très intéressant effectivement
01:47:15 cet ouvrage pour mieux comprendre la crise des paysans.
01:47:18 On marque une pause et d'autres actualités,
01:47:20 d'autres débats à venir sur l'antenne de CNews.
01:47:22 [Musique]
01:47:26 Et toujours en direct sur l'antenne de CNews,
01:47:28 180 minutes info week-end pour vous accompagner
01:47:30 nos débats à venir avec Jordan Florentin,
01:47:32 Jean-Philippe Dugoin-Clément.
01:47:34 Restez avec nous car nous allons évoquer
01:47:36 notamment avec le maire de Marignane
01:47:38 dans les bouches du Rhône cette idée,
01:47:40 cette proposition d'armer les professeurs
01:47:42 pour faire cours, puisque les bombes lacrymogènes
01:47:44 sont des armes, elles ne sont pas des armes létales
01:47:46 en effet, mais c'est sa proposition
01:47:48 pour éviter que les enseignants soient agressés
01:47:50 car il y a cette recrudescence aussi
01:47:52 de la violence contre les professeurs.
01:47:54 Eh bien il propose d'équiper les enseignants
01:47:56 de bombes lacrymogènes pour assurer leur sécurité.
01:47:59 On en parlera avec lui dans quelques instants
01:48:01 mais également avec un syndicat d'enseignants
01:48:03 et de professeurs.
01:48:05 Mais d'abord, point sur l'information
01:48:07 avec Isabelle Piboulot.
01:48:09 Une marche blanche s'est tenue cet après-midi
01:48:11 à Apamie en Ariège après l'accident routier
01:48:13 qui a coûté la vie à une agricultrice
01:48:15 et sa fille, Mardie, le conducteur de la voiture
01:48:17 mise en cause, a été placé
01:48:19 en détention provisoire.
01:48:21 Selon la préfecture, ces deux passagères
01:48:23 sont sortis du centre de rétention
01:48:25 administratif où elles avaient été admises.
01:48:27 Des mesures sont en cours pour organiser
01:48:29 leur éloignement dans les meilleurs délais.
01:48:31 Au lendemain des annonces du Premier ministre,
01:48:33 la lutte des agriculteurs se poursuit en France.
01:48:35 Une mobilisation tout de même en baisse.
01:48:37 38 blocages avec 700 agriculteurs
01:48:39 ont été recensés aujourd'hui
01:48:41 contre 113 hier soir
01:48:43 réunissant 17 500 agriculteurs.
01:48:45 La situation est devenue
01:48:47 plus difficile pour les agriculteurs.
01:48:49 Enfin, Joe Biden et Xi Jinping
01:48:51 s'entretiendront par téléphone
01:48:53 prochainement.
01:48:55 Des discussions à haut niveau ont eu lieu
01:48:57 à Bangkok entre le ministre chinois
01:48:59 des Affaires étrangères et le conseiller
01:49:01 à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche.
01:49:03 Les deux hommes ont notamment évoqué
01:49:05 Taïwan. Les Etats-Unis et la Chine
01:49:07 se sont engagés à poursuivre
01:49:09 des échanges diplomatiques dans des
01:49:11 domaines stratégiques pour les deux pays.
01:49:15 Merci Isabelle Piblot.
01:49:17 Prochain point sur l'information complète
01:49:19 sur CNews. Les professeurs doivent-ils
01:49:21 s'armer pour faire court, équiper les enseignants
01:49:23 de bombes lacrymogènes pour assurer leur sécurité ?
01:49:25 C'est ce que propose Eric Le Dixaise,
01:49:27 maire de Marignane dans les Bouches-du-Rhône
01:49:29 et qui est en direct avec nous.
01:49:31 Merci monsieur le maire d'avoir accepté notre invitation.
01:49:33 Vous faites cette proposition
01:49:35 après l'agression ou les multiples agressions
01:49:37 de professeurs, c'est bien cela.
01:49:39 Est-ce que vous pensez véritablement que
01:49:41 cette proposition est applicable ?
01:49:43 Oui absolument,
01:49:45 elle est applicable. Si je la propose aux enseignants
01:49:47 c'est qu'elle est applicable.
01:49:49 J'ai une réponse de plus de la
01:49:51 moitié des enseignants
01:49:53 à aujourd'hui qui est d'accord
01:49:55 d'accepter ma proposition.
01:49:57 C'est-à-dire que les enseignants sont
01:49:59 prêts à ce que vous les munissiez
01:50:01 de bombes
01:50:03 à poivre, notamment,
01:50:05 anti-agression pour pouvoir faire court car ils se sentent
01:50:07 dans un sentiment d'insécurité ?
01:50:09 Partout en France, il n'y a pas qu'à Marignane
01:50:11 mais en fait c'est venu
01:50:13 du visionnage de la vidéo
01:50:15 de l'assassinat de Dominique Bernard
01:50:17 à Arras
01:50:19 et j'ai vu cet agent
01:50:21 du collège, cet agent de service du collège
01:50:23 affronter l'agresseur
01:50:25 avec une chaise.
01:50:27 Je me suis de suite posé la question
01:50:29 de savoir s'il avait eu
01:50:31 une bombe lacrymogène, si ça ne se serait pas
01:50:33 arrêté là, parce que l'assaillant
01:50:35 est parti
01:50:37 pour poignarder à plusieurs reprises
01:50:39 un autre professeur qui était là.
01:50:41 Donc je me suis également dit
01:50:43 que ce serait bien d'équiper
01:50:45 mes autres professeurs des écoles
01:50:47 d'une bombe lacrymogène.
01:50:51 Car les agressions et les violences
01:50:53 sont nombreuses dans votre département
01:50:56 et notamment dans la ville de Marignane ?
01:50:58 Non, il ne s'agit pas simplement
01:51:01 de la ville de Marignane ou de la région,
01:51:03 il s'agit de ce que j'ai vu
01:51:05 lors de l'agression à Arras.
01:51:07 Donc je me dis, si ça devait se produire
01:51:09 à Marignane, comme dans toutes les villes de France,
01:51:12 j'apporte une solution.
01:51:15 Alors ce n'est pas la panacée,
01:51:17 c'est une bombe lacrymogène,
01:51:19 c'est une arme de catégorie D,
01:51:21 évidemment, qui n'est pas létale,
01:51:24 donc c'est de l'autodéfense en fait.
01:51:26 On a notre maire sur le plateau avec nous,
01:51:28 le maire de Mency, Jean-Philippe Dugoin-Clément.
01:51:30 La proposition de votre collègue,
01:51:32 qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'elle serait
01:51:34 applicable au niveau national, puisque c'est ce que
01:51:36 dit M. le maire de Marignane ? Et seriez-vous prêt,
01:51:38 vous, à l'adapter,
01:51:40 si besoin était, bien sûr, dans votre commune ?
01:51:42 Déjà, ce qui est important,
01:51:44 c'est de serrier exactement le problème.
01:51:46 Et la question qui est posée par mon collègue,
01:51:48 c'est celle d'un attentat, c'est celle d'une...
01:51:50 Enfin, on n'est pas sur une confrontation
01:51:52 parent-élève-enseignant,
01:51:54 où malheureusement ça peut être un autre sujet,
01:51:56 ça c'est la question de la sanctuarisation de l'éducation nationale,
01:51:58 des sanctions qui doivent être prises et qui ne le sont pas toujours,
01:52:00 sur ce qui est une prévention
01:52:02 d'attentat, une prévention de risque majeur.
01:52:04 Là-dessus, il y a un rôle qui est celui
01:52:06 de l'État, qui doit donner un cadre.
01:52:08 Ce qui est fait, c'est une proposition,
01:52:10 mais à mon sens, on peut difficilement avoir
01:52:12 une très forte disparité d'une commune
01:52:14 à l'autre. Si on le fait dans les communes, il faut que
01:52:16 les départements pour les collèges, les régions
01:52:18 pour les lycées viennent aussi, et c'est
01:52:20 quel corpus de sécurité
01:52:22 est offert et cadré
01:52:24 pour l'ensemble des structures
01:52:26 scolaires. Mais ce qui pose le problème,
01:52:28 d'ailleurs, pour les écoles, les collèges
01:52:30 et lycées, on a les mêmes choses, sur
01:52:32 énormément de lieux, de cultures,
01:52:34 d'administrations, des lieux,
01:52:36 des organes de presse. - Donc il faut armer
01:52:38 tout le monde. - C'est un peu le problème, c'est
01:52:40 jusqu'où on va, et donc moi je pense que
01:52:42 l'État doit normer, doit cadrer les choses, mais
01:52:44 c'est un débat qu'on doit avoir. Ne pas avoir le débat, ça serait
01:52:46 la pire des choses. - Alors c'est un débat que vous ouvrez,
01:52:48 Eric Le Disset, donc félicitations pour
01:52:50 cela, mais il y a effectivement la limite de l'utilisation
01:52:52 de ces bombes
01:52:54 lacrymogènes. Là, c'est dans le cadre
01:52:56 de ce que vous préconisez, évidemment, d'un
01:52:58 attentat, mais est-ce que les professeurs
01:53:00 ne seraient pas tentés de l'utiliser dans d'autres
01:53:02 circonstances, parce qu'on se rend compte qu'il y a
01:53:04 déjà beaucoup d'incivilité, de moins en moins de
01:53:06 respect des professeurs, et que
01:53:08 parfois ils sont agressés, voire
01:53:10 molestés ?
01:53:12 - Les femmes qui sont enseignantes,
01:53:18 en tout cas dans les écoles primaires de la ville,
01:53:20 lorsqu'un
01:53:22 professeur
01:53:24 sort de sa voiture, du parking
01:53:26 de l'école, et va se rendre
01:53:28 dans son école, est agressé,
01:53:30 elle est sans défense, donc c'est une cible,
01:53:32 une cible qui ne peut
01:53:34 faire qu'une seule chose, c'est se laisser faire
01:53:36 en fait. En fait, les enseignants aujourd'hui,
01:53:38 c'est comme les mères, ce sont des cibles,
01:53:40 parce que ce sont des gens remarquables,
01:53:42 non pas par leur qualité, mais par
01:53:44 ce qu'ils
01:53:46 représentent dans la société,
01:53:48 et on peut
01:53:50 les agresser sans qu'ils se défendent.
01:53:52 Alors, oui, l'État, il n'y a
01:53:54 pas de problème, mais comment ?
01:53:56 Point d'interrogation, parce qu'aujourd'hui
01:53:58 rien n'est fait pour protéger,
01:54:00 on parle souvent
01:54:02 après des attentats, après
01:54:04 les agressions, on parle
01:54:06 souvent de "bon, on va faire,
01:54:08 il faudrait faire, on fait des marches
01:54:10 blanches quand il s'agit
01:54:12 d'enseignants assassinés",
01:54:14 mais il n'y a rien qui se passe, et aujourd'hui,
01:54:16 nous, les mères,
01:54:18 les enseignants aussi, et les médecins maintenant,
01:54:20 et les pompiers également,
01:54:22 nous sommes des cibles,
01:54:24 on peut nous agresser,
01:54:26 on est sans défense, en fait. En fait, il faut
01:54:28 écarter les bras et dire "allez-y,
01:54:30 je ne peux rien faire, allez-y,
01:54:32 frappez, ou tirez, ou
01:54:34 poignardez, on n'a rien pour se défendre".
01:54:36 Moi, je propose
01:54:38 qu'il y ait au moins
01:54:40 la possibilité et l'autorisation
01:54:42 de porter
01:54:44 des armes, entre guillemets,
01:54:46 non létales, comme une bombe
01:54:48 lacrymogène ou un spray
01:54:50 d'autodéfense, on va appeler ça comme ça,
01:54:52 et ça fait moins mal.
01:54:54 - Merci Eric Le Dysses, merci pour cette
01:54:56 intervention, et aussi pour cette proposition
01:54:58 qui ouvre le débat, mais un débat
01:55:00 qui devient Jordan Florentin peut-être sans limite,
01:55:02 et qui peut être extrêmement dangereux, parce que la violence
01:55:04 peut appeler la violence, là, il ne s'agit pas d'armes
01:55:06 létales, mais on sait que notamment aux Etats-Unis,
01:55:08 on a toujours un tout petit peu de retard par rapport
01:55:10 aux Américains, et notamment
01:55:12 aux Etats-Unis, il y a certains
01:55:14 établissements où les professeurs sont
01:55:16 armés, mais là, avec vraiment des armes
01:55:18 de poing, véritablement.
01:55:20 - C'est l'exemple des Etats-Unis, parce que c'est
01:55:22 ce vers quoi on s'approche.
01:55:24 Remarquez quand même que le gouvernement, la seule réponse
01:55:26 qu'il a apportée à cette question, c'est des cours
01:55:28 d'empathie. C'est comme ça que Gabriel Attal
01:55:30 a prévu de calmer
01:55:32 les revendications de
01:55:34 certains élèves, parce que quand je dis de certains élèves,
01:55:36 il faut bien essayer de comprendre, j'aurais aimé poser la question
01:55:38 à ce maire, qui pose des difficultés
01:55:40 dans ces écoles, qui agresse les professeurs.
01:55:42 D'ailleurs, ça s'inscrit dans un département
01:55:44 qui est le troisième département, les crimes et délits
01:55:46 sont les plus importants en France, les Bouches-du-Rhône.
01:55:48 Et dans sa ville, j'ai regardé un petit peu les chiffres,
01:55:50 il y a 10% d'immigrés sur une ville
01:55:52 de 33 000 habitants. Donc, il faut
01:55:54 avoir ces chiffres en tête pour essayer de comprendre ensuite
01:55:56 qui agresse les professeurs, qui est dans
01:55:58 une logique de déférence face
01:56:00 à ces professeurs, à ces enseignants à l'État
01:56:02 et avec leurs parents derrière, parce que très souvent
01:56:04 vous avez des parents aujourd'hui, des familles, qui mettent
01:56:06 en porte à faux les professeurs, qui viennent aussi
01:56:08 les agresser verbalement,
01:56:10 et des élèves qui ne respectent rien. Et dans ces
01:56:12 élèves-là, il y en a certains
01:56:14 qui s'opposent, par exemple, à certains enseignements.
01:56:16 Alors, c'est des élèves musulmans pour la plupart,
01:56:18 mais qui s'opposent à ce qu'on leur montre des œuvres d'art, qui s'opposent
01:56:20 à ce qu'en renseigne la laïcité. Donc, il y a toutes
01:56:22 ces questions-là, il y a des questions de harcèlement,
01:56:24 là-dessus aussi, on comprend mal comment le gouvernement,
01:56:26 en parlant uniquement de cours d'empathie, va
01:56:28 régler cette question du harcèlement, parce que
01:56:30 c'est toute la définition même d'où
01:56:32 vient l'ensauvagement général qu'il faut d'abord
01:56:34 comprendre. Après, on peut
01:56:36 proposer des mesures comme ça, mais ça, c'est des petites
01:56:38 mesurettes face à un ensauvagement général qui est beaucoup plus large,
01:56:40 beaucoup plus intense, et puis vous avez raison
01:56:42 de le souligner, la violence appelle la violence.
01:56:44 Évidemment, il y a des professeurs qui, au moindre
01:56:46 mouvement où ils vont se sentir
01:56:48 agressés, ils pourraient sortir leur bombe, et puis
01:56:50 ensuite, ça dégénère. Enfin, c'est terrible d'en arriver là,
01:56:52 en fait, c'est dire à quel point l'école
01:56:54 est délitée, et je resouligne
01:56:56 un précédent sujet. On comprend pourquoi
01:56:58 des parents envoient leurs enfants dans les écoles privées.
01:57:00 Comprenez pourquoi on a voulu
01:57:02 défendre aussi l'école privée ? Et puis,
01:57:04 il y a une partie de la gauche qui défend encore les écoles privées.
01:57:06 - Mais pour régler le problème de la majorité ?
01:57:08 - Quand on voit ce qui se passe, on comprend que des parents envoient leurs enfants en école
01:57:10 privée. - Donc, la solution,
01:57:12 ou la seule issue, plutôt que les cours
01:57:14 d'empathie, c'est d'utiliser
01:57:16 des gaz d'acrymogène.
01:57:18 - C'est de mettre en place, enfin, un panneau entier.
01:57:20 Mais non, mais ça c'est une petite mesurette, tu vas rien
01:57:22 résoudre, en fait. Le problème, il n'est pas là.
01:57:24 - Si un professeur venait l'utiliser dans
01:57:26 une salle de classe parce qu'un élève
01:57:28 est en train de perturber son cours...
01:57:30 - Mais c'est terrible, en fait, d'en arriver là.
01:57:32 - Mais voilà, c'est la porte ouverte.
01:57:34 Il y a énormément de délits.
01:57:36 - C'est des plus peu main-coin, on va leur donner des vraies armes,
01:57:38 c'est ce qu'on va faire. - Exactement.
01:57:40 - Tant qu'on n'aura pas résolu le vrai problème qui est le manque de fermeté en France,
01:57:42 le problème de l'immigration, le problème
01:57:44 de l'éducation, de l'enseignement des élèves
01:57:46 qui ne sont pas des enseignants, qui ne sont
01:57:48 pas accompagnés par l'État et qui ne se sentent pas
01:57:50 accompagnés. Regardez, même sur la question de la baïa,
01:57:52 sur la question de l'uniforme, ça fait débat en France
01:57:54 alors que les Français sont favorables aux portes
01:57:56 de l'uniforme. Tant qu'on va laisser comme ça
01:57:58 du lest et qu'on ne voudra pas imposer
01:58:00 une fermeté française, au-delà
01:58:02 de républicaine, on n'y arrivera pas.
01:58:04 On va faire des petites mesures comme ça qui vont dégénérer par la suite.
01:58:06 - Jean-Philippe Dugoin-Clément, la France est-elle
01:58:08 en train de glisser très tranquillement vers
01:58:10 de l'autodéfense ? Pour les
01:58:12 symboles de l'État notamment, les enseignants,
01:58:14 les maires dont vous faites partie, les pompiers,
01:58:16 les policiers. Alors les policiers,
01:58:18 eux, ils sont armés, ils peuvent se défendre.
01:58:20 On a vu des pompiers récemment courser
01:58:22 des fauteurs de trouble, mais
01:58:24 les maires sont souvent victimes de ce genre de choses.
01:58:26 - Ils sont armés, c'est pas parce que vous êtes armé que vous êtes couvert
01:58:28 si vous utilisez votre arme. Après c'est la question de la définition
01:58:30 légitime de défense. - Oui, et puis il faut avoir la réponse aussi.
01:58:32 - Et puis vous êtes armé quand vous êtes en service, quand vous n'êtes pas
01:58:34 en service et que vous pouvez être amené à croiser
01:58:36 certains clients, vous n'êtes pas armé par nature.
01:58:38 Ce qui se passe, et en fait ce pays est en train
01:58:40 de se déliter sur une
01:58:42 perte de valeur, d'autorité.
01:58:44 On est dans un pays où
01:58:46 malheureusement, quand vous vous en prenez,
01:58:48 ce qui est vrai pour un élu, ce qui est vrai quand vous
01:58:50 agressez, quand vous assultez un enseignant,
01:58:52 un pompier, un pharmacien, un médecin,
01:58:54 globalement tout ce qui va être une fonction
01:58:56 d'autorité ou une fonction qui à un moment
01:58:58 ou un autre peut ne pas donner satisfaction
01:59:00 à une attente, et lorsque
01:59:02 vous avez ce premier débordement
01:59:04 qui est de l'insulte, de l'injure, de la menace
01:59:06 et qu'il ne se passe rien, qu'il n'y a
01:59:08 pas de sanctions, quand il y a
01:59:10 parfois des contacts physiques, des
01:59:12 menaces physiques, et que ça met des semaines,
01:59:14 des mois pour pouvoir être jugé,
01:59:16 et bien la réalité c'est que l'autorité
01:59:18 du pays se délite, et c'est l'ensemble
01:59:20 du coeur social qui meurt. Et on a
01:59:22 besoin, si on veut sauver
01:59:24 ce pays, je pense profondément,
01:59:26 de remettre de l'autorité,
01:59:28 de sacraliser un certain nombre de sanctions,
01:59:30 et il n'est pas tolérable qu'un parent
01:59:32 d'élève, parce que son enfant
01:59:34 a eu une mauvaise note, parce que son enfant a été
01:59:36 convoqué, puis s'insulter ou
01:59:38 s'en prendre à un enseignant, c'est pas normal
01:59:40 qu'un agent d'une mairie
01:59:42 soit insulté ou menacé, parce que
01:59:44 une maman ou un papa n'a pas
01:59:46 eu de place en crèche, et en fait on a trop
01:59:48 laissé aller, et là-dessus il doit y avoir une reprise d'autorité,
01:59:50 si on n'arrive pas à avoir ça,
01:59:52 - Comment Jean-Philippe Duconclement,
01:59:54 puisque ce ne sont pas les cours d'empathie qui vont faire la différence,
01:59:56 et on ne peut pas mettre des policiers derrière
01:59:58 chaque enseignant. - Mais ce n'est pas des cours d'empathie, on doit avoir
02:00:00 un système de dépôt de plainte avec un zéro
02:00:02 tolérance, ça a été fait en d'autres lieux, ça a été fait en d'autres
02:00:04 époques, la réalité c'est que ça on ne le fait plus,
02:00:06 et quand on ne le fait plus, c'est l'ensemble du
02:00:08 pays qui se délite, et quand on ne le fait plus,
02:00:10 et effectivement c'est des solutions comme ça, c'est des
02:00:12 recours à de l'armement privé, c'est des recours
02:00:14 à des systèmes de milices privées, - Ouais c'est de l'autodéfense,
02:00:16 - C'est une question de respect de l'autorité,
02:00:20 l'autorité on la respecte quand on sait qu'il n'y a pas
02:00:22 d'autre choix, parce que le monde est ainsi fait.
02:00:24 - Mais monsieur Lemaire, sur la question des dépôts de plainte,
02:00:26 vous savez très bien que ça n'aboutira pas, les commissariats
02:00:28 sont submergés par des demandes, alors imaginez
02:00:30 si en plus on a des dépôts de plainte là-dessus,
02:00:32 alors malheureusement ça ne va pas au bout,
02:00:34 - Sauf que, excusez-moi, sur ce qui est le premier échelon
02:00:36 qui est de la menace, de l'insulte,
02:00:38 sur internet, des centaines de fois par jour,
02:00:40 vous pouvez très bien sur du contraventionnel,
02:00:42 si déjà il y avait une sanction contraventionnelle,
02:00:44 - Ça marcherait si derrière la chaîne pénale
02:00:46 - Pour du contraventionnel, il n'y a pas besoin
02:00:48 de chaîne pénale, c'est déjà le premier échelon
02:00:50 qui est un échelon verbal, c'est de le
02:00:52 sanctionner systématiquement, ça ça n'existe pas,
02:00:54 ça ne coûte rien, c'est automatique
02:00:56 et ça n'alourdit pas la chaîne pénale.
02:00:58 Après sur la question de la pauvreté,
02:01:00 des moyens de la justice et du temps de traitement,
02:01:02 je vous rejoins totalement.
02:01:04 - Et puis vous avez souligné, je termine juste par ça,
02:01:06 la question des parents qui effectivement est dramatique,
02:01:08 on l'a vu notamment sur les émeutes
02:01:10 après la mort de Naël, en fait il y a un délitement
02:01:12 du sens et du rôle de la famille,
02:01:14 des parents, déjà si on
02:01:16 arrivait à distinguer à nouveau
02:01:18 ce qu'est l'éducation nationale en refaisant
02:01:20 un ministère de l'instruction qui n'est pas là pour éduquer,
02:01:22 faire des cours d'empathie, ça ça se passe dès le plus jeune âge
02:01:24 dans la famille,
02:01:26 dans le quartier, c'est là où ça se passe,
02:01:28 c'est ça le nœud, mais comme aujourd'hui on a des politiques
02:01:30 anti-famille,
02:01:32 contre ces liens qui doivent être puissants,
02:01:34 importants pour apprendre à éduquer ses enfants,
02:01:36 il ne faut pas s'étonner qu'à l'école
02:01:38 on a des comportements comme ça. - Armer les professeurs
02:01:40 avec une bombe lacrymogène, c'est la proposition
02:01:42 du maire de Marignane dans les Bouches du Rhône,
02:01:44 cela fait polémique en effet, mais d'autres
02:01:46 abondent dans ce sens. On va poser la question
02:01:48 à Maxime Repère qui est le vice-président
02:01:50 du syndicat national des lycées, collèges, écoles
02:01:52 et du supérieur, vous représentez
02:01:54 donc les professeurs. Les professeurs doivent
02:01:56 pouvoir se défendre, c'est une nécessité
02:01:58 désormais, ça doit faire partie du bagage
02:02:00 d'un professeur pour pouvoir enseigner ?
02:02:02 - Ecoutez,
02:02:04 je pense très
02:02:06 sincèrement que
02:02:08 doter les enseignants de bombes lacrymogènes
02:02:10 ne constitue pas
02:02:12 une solution viable.
02:02:14 Tout simplement parce que
02:02:16 si on rentre dans cette
02:02:18 thématique-là,
02:02:20 je ne pense pas
02:02:22 que ce soit approprié.
02:02:24 Vous imaginez bien dire
02:02:26 aux enseignants "voilà, vous avez
02:02:28 le droit de porter une arme" parce qu'il s'agit
02:02:30 d'une arme, une bombe lacrymogène
02:02:32 c'est une arme de catégorie D
02:02:34 voilà,
02:02:36 de la faire rentrer dans l'école
02:02:38 je ne pense pas que
02:02:40 ce soit ce que les enseignants
02:02:42 souhaitent, in fine, et je ne
02:02:44 pense pas que ce type
02:02:46 de disposition puisse permettre
02:02:48 une sécurisation efficace
02:02:50 des locaux
02:02:52 et des enseignants.
02:02:54 Par contre, il me semble
02:02:56 que dans la proposition
02:02:58 du maire, il était question
02:03:00 de bracelet d'alarme
02:03:02 là il ne s'agit pas d'une arme
02:03:04 et peut-être plus
02:03:06 comment dire, plus
02:03:08 appropriée effectivement pour
02:03:10 alerter plutôt que pour se défendre
02:03:12 voilà, parce qu'une bombe lacrymogène
02:03:14 je veux dire, il faut
02:03:16 aussi savoir comment l'utiliser
02:03:18 à quel moment, etc.
02:03:20 Il y a aussi la question de la légitime défense
02:03:22 je pense
02:03:24 que cette proposition
02:03:26 n'est pas
02:03:28 du tout à retenir.
02:03:30 Mais on s'engouffre en tout cas dans une thématique incroyable
02:03:32 avec une réflexion, faut-il armer les professeurs ?
02:03:34 C'est ça la question et c'est ça qui est grave
02:03:36 quand on sait tout de même qu'un professeur
02:03:38 sur deux a déjà été victime
02:03:40 d'agression physique ou verbale au cours
02:03:42 de sa carrière de la part d'élèves
02:03:44 ou de la part de parents d'élèves. Donc c'est qu'il y a
02:03:46 vraiment un besoin en tout cas, ou une
02:03:48 demande de protéger les professeurs
02:03:50 qui se retrouvent contraints d'être
02:03:52 dans l'auto-défense en quelque sorte.
02:03:54 Maxime Repère.
02:03:56 Nous avons des forces de l'ordre qui sont là
02:03:58 pour nous protéger, dont c'est le métier.
02:04:00 Le métier d'un professeur, c'est tout
02:04:02 simplement d'enseigner. Maintenant,
02:04:04 je pense que pour améliorer la sécurité
02:04:06 des enseignants et
02:04:08 plus largement de
02:04:10 permettre un climat scolaire meilleur,
02:04:12 tout simplement, commençons déjà
02:04:14 par rétablir l'autorité
02:04:16 du professeur. Commençons
02:04:18 déjà par lui
02:04:20 redonner davantage
02:04:22 de moyens pour pouvoir faire son
02:04:24 métier correctement. Parce que
02:04:26 qu'est-ce qui se passe ? Vous avez des
02:04:28 élèves et des parents qui
02:04:30 contestent la pédagogie des enseignants.
02:04:32 Des élèves
02:04:34 et des parents qui se pensent
02:04:36 supérieurs, qui se
02:04:38 permettent en toute impunité
02:04:40 d'agresser
02:04:42 physiquement ou verbellement les enseignants.
02:04:44 Très simplement,
02:04:46 arrêtons
02:04:48 la poussière sous le tapis,
02:04:50 arrêtons le pas de vague
02:04:52 et soyons fermes
02:04:54 avec les auteurs de ces agressions.
02:04:56 Arrêtons
02:04:58 de dire des excuses à tout va.
02:05:00 Comme on le constate trop
02:05:02 souvent, il y a quelques
02:05:04 semaines, quand
02:05:06 un élève a mis du
02:05:08 détergent dans le
02:05:10 verre d'une enseignante, on a
02:05:12 dit qu'il s'agissait d'une mauvaise blague.
02:05:14 Non, il ne s'agissait pas d'une mauvaise blague.
02:05:16 Il s'agissait ni plus ni moins
02:05:18 que d'une tentative d'homicide.
02:05:20 Donc, à un moment donné, arrêtons
02:05:22 de minimiser.
02:05:24 Responsabilisons les élèves.
02:05:26 Responsabilisons les parents.
02:05:28 Et alors, nous aurons
02:05:30 des enseignants qui seront
02:05:32 davantage respectés, qui se
02:05:34 sentiront davantage soutenus
02:05:36 et davantage en sécurité.
02:05:38 Et pour,
02:05:40 j'ai envie de vous dire, pour tout ce qui est
02:05:42 sécurisation des locaux
02:05:44 et sur la politique
02:05:46 de sécurité de façon générale,
02:05:48 faisons confiance aux forces de l'ordre
02:05:50 dont c'est le métier.
02:05:52 - Merci Maxime Ruppert, merci pour cette
02:05:54 intervention dans ce débat qui va sans doute
02:05:56 se prolonger parce que l'idée
02:05:58 n'est pas nouvelle
02:06:00 de s'auto-armer, en tout cas de
02:06:02 l'auto-défense et de s'armer,
02:06:04 d'armer les professeurs, les pompiers
02:06:06 ou encore les maires, c'est aussi
02:06:08 la question de la police municipale. Il nous reste trois minutes
02:06:10 dans cette émission, j'aimerais juste attirer votre attention, avoir
02:06:12 votre réaction, Jean-Philippe Duguin-Clément,
02:06:14 sur l'initiative, ou en tout cas
02:06:16 la prise de position de Caroline Yadan,
02:06:18 qui est débutée de Paris
02:06:20 et qui provoque la polémique après un geste
02:06:22 symbolique fort en tournant le dos, vous allez
02:06:24 le voir sur son tweet et sur
02:06:26 les images plus exactement,
02:06:28 au dépôt de gerbe à la mémoire des victimes
02:06:30 de la Shoah des députés de la France Insoumise
02:06:32 Emmerick Caron et Daniel
02:06:34 Obono. Voilà ce qu'elle dit sur son compte X
02:06:36 "Plus jamais ça, le plus jamais ça ne peut
02:06:38 pas être prononcé en vain, nous ne pouvons célébrer
02:06:40 une cérémonie à l'occasion de la journée internationale
02:06:42 dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah
02:06:44 et de la prévention des crimes contre l'humanité"
02:06:46 sans évoquer cette passion
02:06:48 exterminatrice des juifs qui s'est de nouveau
02:06:50 manifestée le 7 octobre, sans évoquer
02:06:52 les otages détenus par le Hamas, sans dénoncer
02:06:54 ceux qui attisent la haine des juifs
02:06:56 dans notre pays par leur inversion accusatoire
02:06:58 et leur adoption de la rhétorique du Hamas,
02:07:00 c'est la raison pour laquelle je me suis ostensiblement
02:07:02 retourné au dépôt des gerbes.
02:07:04 Votre réaction ?
02:07:06 - Moi j'ai beaucoup de respect, parce que
02:07:08 ce qu'elle a fait c'est courageux, parce que depuis
02:07:10 des mois on a LFI qui a
02:07:12 ouvertement pris une
02:07:14 position
02:07:16 au nom de dogmes
02:07:18 profondément antisémites
02:07:20 qui ont refusé
02:07:22 d'appeler le Hamas des terroristes,
02:07:24 qui ont refusé de condamner clairement
02:07:26 ce qui a été des massacres
02:07:28 de femmes, d'enfants, de civils
02:07:30 qui ont eu lieu le 7 octobre.
02:07:32 On a eu des discours de
02:07:34 Madame Obono en particulier
02:07:36 et de beaucoup d'autres LFIs
02:07:38 absolument nauséabonds
02:07:40 et dans la vie politique
02:07:42 on ne peut pas dire tout
02:07:44 pour faire son contraire. On peut avoir
02:07:46 des propos qui sont des propos absolument
02:07:48 nauséabonds, on peut avoir des propos
02:07:50 qui sont des propos antirépublicains
02:07:52 mais on ne peut pas derrière aller
02:07:54 poser une gerbe avec
02:07:56 des larmes de crocodile. - Ils n'étaient pas à leur place ?
02:07:58 Ces députés ne sont pas à leur place ? C'est indécent ?
02:08:00 - Je pense qu'au vu des propos qu'ils ont tenus,
02:08:02 au vu des propos de ce parti, au vu
02:08:04 des positions de ce parti, ce qui a été fait
02:08:06 c'est absolument ignoble et nauséabond
02:08:08 et je trouve que cette députée, je ne sais même pas
02:08:10 quelle est sa couleur politique, mais je trouve
02:08:12 qu'il y a eu du courage et que le fait de dire
02:08:14 "je n'accepte pas ça, je le dénonce,
02:08:16 je le caractérise, je le mets en avant
02:08:18 comme ce qui est le pire de ce qui peut être fait
02:08:20 en politique", eh bien au moins c'est courageux,
02:08:22 bravo à elle. - C'est un geste symbolique,
02:08:24 un geste fort, Jordan Florentin ?
02:08:26 - Je suis d'accord avec vous M. Le Maire, à ceci prête,
02:08:28 je pense que ça n'a pas forcément sa place
02:08:30 dans une commémoration comme ça en victime,
02:08:32 en hommage aux victimes,
02:08:34 je trouve qu'elle aurait pu le faire peut-être à un autre moment
02:08:36 si je suis absolument d'accord sur le fond.
02:08:38 - Elle a voulu marquer les esprits, peut-être.
02:08:40 - Elle a eu un meilleur place.
02:08:42 - Il y a d'autres façons de condamner Elle et Fille,
02:08:44 d'abord, ça aurait dû se faire au niveau
02:08:46 de l'Assemblée nationale, au niveau parlementaire,
02:08:48 ces gens-là sont définitivement sortis de l'arc républicain,
02:08:50 ils soutiennent un mouvement
02:08:52 terroriste, islamiste,
02:08:54 qui massacre des vies,
02:08:56 qui détruit des vies jusqu'ici en France,
02:08:58 de juifs, et Jean-Luc Mélenchon s'étonnait
02:09:00 encore récemment que les juifs n'appréciaient plus,
02:09:02 ne votaient plus pour la France insoumise,
02:09:04 mais enfin, rien d'étonnant quand on tient ce type de discours,
02:09:06 c'est juste révoltant, mais évidemment
02:09:08 je cautionne, je soutiens sur le fond ce qu'a fait cette députée, oui.
02:09:10 - Merci à tous les deux, merci Jordan Florentin
02:09:12 et merci Jean-Philippe Dugoin-Clément
02:09:14 d'être venu sur le plateau de 180 minutes Info
02:09:16 Weekend, demain 14h évidemment,
02:09:18 14h-17h, comme chaque jour avec 180,
02:09:20 mais d'abord, c'est Punchline,
02:09:22 dans un instant, Olivier de Kerenfleck.
02:09:24 A tout de suite.
02:09:26 *musique*
Commentaires

Recommandations