00:00 - Entendu, sûrement, trois communes de l'Hérault ont officiellement fait acte de candidature pour tester l'uniforme à l'école.
00:05 Il y a Bézier, il y a La Grande Motte et il y a Pérol. C'est pour ça qu'on va recevoir dans un instant Jean-Pierre Ricot, le maire de Pérol.
00:10 Mais d'abord, on vous pose la question, parce que vous êtes peut-être pour, vous êtes plutôt contre, je ne sais pas, en tout cas, le port de l'uniforme à l'école.
00:17 Vous en pensez quoi ? Alors vous allez pouvoir prendre la parole là tout de suite aux 04, 67, 58, 6000, justement, pour nous dire.
00:22 On a vu que tout à l'heure, il n'y avait pas photo au niveau des résultats, Guillaume.
00:24 - Oui, il n'y a toujours pas photo, l'écart est même en train de s'agrandir, puisque vous êtes 78% à dire que vous êtes pour, contre, à dire, vous êtes, je vais y arriver,
00:34 78%, vous êtes pour, contre, 22% à dire que vous êtes contre. En fait, ce n'est pas la première fois qu'on vous pose la question, mais c'est toujours à peu près la même chose.
00:41 Vous êtes une grosse majorité à vous prononcer en faveur de cette réforme et vous êtes 345 à avoir voté ce matin, ce qui n'est pas mal.
00:48 - 04, 67, 58, 6000, prenez la parole ce matin.
00:52 - Bonjour Jean-Pierre Ricot. - Bonjour.
00:54 - Pérol, votre commune était candidate dès le départ, quand vous avez vu que cette affaire était de nouveau dans les tuyaux, parce qu'on en parle depuis longtemps,
01:01 mais là, on est vraiment rentré dans une phase active, là, maintenant. Dès le début, vous vous êtes dit "bon, con, on y va ?"
01:05 - Alors, c'est même un peu avant de rentrer dans les tuyaux qu'on vous dit, puisque j'ai eu l'occasion d'avoir un dîner de travail avec Gabriel Attal,
01:12 qui était ministre de la Culture, c'était tout début décembre. Il a évoqué ce sujet, j'ai fait immédiatement acte de candidature.
01:18 - Dîner de travail avec Gabriel Attal, le café à la terrasse avec Emmanuel Macron, vous avez l'habitude de ce genre de rendez-vous Jean-Pierre Ricot ?
01:27 - A priori, oui, moi ça me plaît bien, ça met un exergue Pérol aussi, je pense que je suis un élu local un peu normal, et donc j'ai effectivement des visites sympathiques.
01:40 - Alors, pourquoi vous étiez pour expérimenter, parce que pour l'instant, ça reste au stade de l'expérimentation, pourquoi vous étiez pour un Pérol ?
01:47 Qu'est-ce que vous, Calimpéré, vous y trouvez dans le fait de remettre l'uniforme à l'école ? Alors, c'est pas tout à fait un uniforme, on va détailler, mais quasiment.
01:56 - Ecoutez, moi, à partir du moment où l'idée a été prononcée, j'y sous-suis immédiatement, sans trop même réfléchir.
02:03 - Mais il y a des règles, quand même, j'imagine. - Et votre sondage que vous faites montre qu'effectivement, c'est quelque chose qui a l'air de plaire.
02:09 - Oui, mais pourquoi ? Pourquoi, vous, ça vous a plu ?
02:11 - La première des raisons, certainement, c'est faire en sorte qu'on efface un peu les inégalités, en tout cas les inégalités sociales entre les uns et les autres.
02:17 On fera plus la différence entre celui qui a un jean à 20 euros et celui qui a un jean à 300 euros, par exemple.
02:23 - Ces facteurs d'inégalité sociale, le vêtement ?
02:26 - Ben, c'est également un début, un peu la tradition, un début d'année scolaire, les parents vont vêtir de neuf les enfants,
02:35 et c'est une dépense relativement importante, donc là, ça permet également de contribuer financièrement à l'effort des familles pour leur entrée scolaire.
02:44 - Alors, ça va être une dépense importante pour l'État et les collectivités locales, puisque, en fait, normalement, ça ne va rien coûter aux familles,
02:50 mais est-ce qu'il n'y avait pas d'autres priorités ? Est-ce qu'il n'y avait pas plus urgence que ça ?
02:53 - Avec quelle urgence, vous voyez ?
02:57 - Non, au sein même du dossier éducation nationale. C'est ce que certains disent aujourd'hui.
03:02 - C'est bien gentil, l'uniforme à l'école. - Oui, a priori, mais il y avait peut-être plus essentiel que cette réforme-là, dans un premier temps.
03:10 - Alors, moi, je n'ai pas le sentiment, en fait, moi, je suis marde d'une tête commune,
03:13 donc je n'ai pas le sentiment d'avoir des problèmes majeurs sur mes établissements et sur l'éducation nationale.
03:18 Au contraire, ça fonctionne bien.
03:20 Moi, pour vous donner un chiffre rapide, je consacre 30% du budget à la petite enfance, à l'enfance et à la jeunesse,
03:26 et on a des relations tout à fait apaisées avec l'ensemble de la communauté éducative, avec les familles,
03:33 des services qui sont offerts aux populations.
03:35 Je n'ai pas le sentiment qu'il y ait d'autres priorités, en tout cas à l'échelle de ma commune.
03:41 - Alors, sur un point de vue, un plan strictement financier, Jean-Pierre Ricoffre,
03:46 il faut rappeler effectivement que normalement, ce n'est pas censé coûter le moindre centime ou le moindre euro aux familles, aux parents.
03:53 C'est entièrement financé et par l'État pour moitié, et par la commune pour l'autre.
03:59 C'est un équipement qui représente à peu près 200 euros par élève, c'est ça ?
04:04 - L'ensemble de l'équipement, puisque des tests ont été faits par le ministère de la Culture auprès de Fassoignier,
04:09 et le kit complet pour un enfant coûterait 200 euros.
04:14 Donc 100 euros à la charge de la commune et 100 euros à la charge de l'État, donc zéro pour les familles.
04:18 - Et vous avez fait votre calcul, j'imagine, à Pérole, ça va vous coûter combien ?
04:21 - Ça fait 80 000 euros par an.
04:23 - Vous considérez que c'est une dépense qui est raisonnable ?
04:26 - Je l'ai inscrite dans mon budget.
04:29 - Au détriment d'autre chose ?
04:31 - Pas forcément, mais on priorise certains nombre de choses.
04:36 - On va s'interrompre une petite minute, parce que c'est une affaire, c'est une question qui vous intéresse beaucoup,
04:41 qui provoque beaucoup d'appels aux standards.
04:43 - Ça va vous faire réagir aux 0,4, 0,67, 0,58, 0,6000. On va commencer avec Annie de Montpellier. Bonjour Annie !
04:48 - Oui, bonjour !
04:49 - T'es plutôt pauvre !
04:51 - Moi je suis pauvre, parce que la personne qui vous parle a porté l'uniforme de la 6ème à la 2ème, et avec bonheur.
04:58 Parce que j'étais dans une école privée de Montpellier qui n'existe plus maintenant,
05:02 et dans mon école, il y avait la fille du docteur Ponceillet, qui était riche.
05:06 Et moi j'étais modeste, et pas pauvre, mais modeste.
05:10 Et nous avions toutes la même tenue.
05:12 Et ça, c'était très rassurant pour une petite fille comme moi.
05:16 Et nous étions beaucoup dans mon cas.
05:18 Et donc c'était un joli uniforme, avec du bleu marine et du bleu ciel.
05:21 Je vois pas... Les Anglais portent l'uniforme depuis toujours.
05:25 Ah ben en France, non. Voilà.
05:27 Moi je suis pauvre. C'est l'égalité dans la tenue qui avait pris des proportions complètement démentes maintenant.
05:33 - Ok.
05:34 - Vous voyez des gamins avec des fringues, des... Voilà. Je suis pauvre.
05:37 - Eh ben merci Annie de nous avoir appelés.
05:39 - Ça va bien.
05:40 - Merci beaucoup.
05:41 - Merci Annie. On va aussi écouter Chantal, mais Chantal, pour le coup,
05:43 elle est pas complètement convaincue. Chantal de Montfarier-sur-Lez, bonjour.
05:46 - Bonjour.
05:47 - Bonjour Chantal.
05:48 - D'abord je voudrais dire à Sébastien, c'est pas le sujet,
05:52 mais que Arthur Cazot, il a eu une wild card. Il est pas sorti des qualifications.
05:56 - Voilà. Très bien. Sébastien ?
05:58 - Oui, effectivement. Vous avez raison.
06:00 - Bon, moi j'ai porté l'uniforme...
06:02 - Chantal, tu m'as déguisé.
06:04 - L'uniforme, Chantal.
06:06 - Alors, moi j'ai porté l'uniforme toute mon enfance.
06:10 Enfin, toutes mes classes.
06:13 Dans une école, c'était l'uniforme bleu marine,
06:15 dans l'autre école, c'était l'uniforme gris.
06:18 Eh ben écoutez, moi c'était pas top, ça ne me plaisait absolument pas.
06:22 Et je dois même vous dire que maintenant, j'ai quand même 72 ans,
06:25 donc ça fait longtemps que j'étais à l'école,
06:27 eh ben je porte rarement du bleu marine ou du gris.
06:30 - Ah, ça vous a traumatisé.
06:31 - Ce sont deux couleurs que je ne...
06:34 que je détestais avoir cet uniforme.
06:37 - D'accord.
06:38 - C'était horrible.
06:39 - Ah, pas le fois même, on ne va pas le mettre au fuchsière non plus.
06:42 - Vraiment, je n'ai pas aimé du tout.
06:44 - Bon, mais vous dites que vous n'êtes pas convaincue,
06:46 vous n'êtes pas convaincue par quoi, Chantal ?
06:48 - Ah ben, je ne suis pas convaincue par le fait que mettre l'uniforme,
06:52 ça va enlever les conditions sociales.
06:57 De toute façon, l'uniforme, les gamins, ils l'ont en ce moment.
07:00 Vous allez à l'école, ils ont tous un jean.
07:03 Alors, bien sûr, il y a peut-être des marques,
07:05 mais il ne faut pas croire qu'il y a autant de marques que ça.
07:08 Ce n'est pas vrai.
07:10 Ce n'est pas ostentatoire.
07:14 Moi, mes nièces, elles ont été dans des lycées,
07:18 elles n'ont pas des gros moyens,
07:20 et elles ont été dans des lycées par le fait qu'elles travaillaient bien à Henri IV et tout ça,
07:25 mais elles n'ont jamais été en...
07:28 Elles étaient avec des filles du 16e et tout,
07:30 elles ne se sont jamais senties déphasées par rapport au fait qu'il n'y avait pas d'uniforme.
07:35 - Merci.
07:36 - Je crois que... Non.
07:37 - Merci Chantal.
07:38 Il y a beaucoup d'appels, donc on va essayer de donner la parole à tout le monde.
07:40 - Chantal, puisque vous êtes Tatiana avec Sébastien,
07:42 ils n'ont pas tous un jean, les jeunes.
07:44 Ils ont tous un jogging, surtout.
07:45 C'est un jogging qu'ils portent.
07:46 Je peux vous le dire.
07:47 - Oui.
07:48 - Oui. Nathan, bonjour. Nathan est à Montpellier.
07:51 - Oui, bonjour.
07:52 - Alors, bonjour Nathan. Vous en pensez quoi, vous ?
07:54 - Oui.
07:55 Honnêtement, je suis tout à fait pauvre.
07:58 Pour une raison simple, c'est que nous avons effectivement des différences.
08:05 Les enfants à l'école ne sont pas sur le même plan d'égalité.
08:10 On peut le constater sans problème, sur les chaussures, sur les vêtements en général.
08:18 Donc quand on rentre à l'école, ce n'est pas pour étaler sa richesse.
08:25 On va à l'école pour apprendre.
08:27 - OK.
08:28 - Moi, je fais partie, quand j'étais à l'école, on avait des tabliers.
08:35 Ça allait du bleu ciel jusqu'au noir.
08:37 Bleu ciel, gris et noir.
08:39 - Les tabliers ?
08:40 - Les blues dans les classes.
08:41 - J'ai connu les blues.
08:42 - Mais c'était en quelle année ça ?
08:43 - Voilà, c'est ça.
08:44 - Ce n'est pas si vieux que ça.
08:45 - Ah bon ?
08:46 - C'est ça.
08:47 - Ah bon ? Ça me paraissait très vieux.
08:48 - Non, non, non.
08:49 - Vous avez combien ? 355 ans, Nathan ?
08:50 - Non, non.
08:51 - Oh, ça va.
08:52 - Non, non.
08:53 - Ah, je plaisante, mais bon.
08:54 - J'ai 73 ans.
08:55 - D'accord.
08:56 - Écoutez, merci d'avoir pris la parole ce matin.
08:59 On va écouter Eric, parce que lui pense que ce n'est pas bien visiblement.
09:03 Eric de Montpellier, bonjour Eric.
09:04 - Bonjour.
09:05 - Bonjour Eric.
09:06 - Alors, vous en pensez quoi, Eric ?
09:07 - Alors oui, oui, moi je suis contre le port d'uniforme.
09:10 Et je veux juste faire remarquer, par exemple, que dans d'autres pays, en Angleterre ou aux
09:15 États-Unis, il y a des uniformes.
09:17 Sauf que comme les écoles sont privées, elles n'ont pas les mêmes uniformes.
09:22 Et donc en fonction de la qualité ou de la richesse d'une école, vous avez des uniformes
09:26 qui sont plus ou moins saillants.
09:28 Et je ne sais pas si en France on va considérer que c'est que les écoles publiques qui auront
09:32 des uniformes et pas les écoles privées.
09:34 Ou est-ce que les écoles privées auront aussi des uniformes, et à ce moment-là,
09:38 ils vont choisir leur propre uniforme, et du coup, il y aura une ségrégation aussi
09:42 par la qualité des uniformes.
09:45 Donc je pense qu'il y a beaucoup de questions qui se posent.
09:48 Ça reste encore expérimental.
09:50 Je pense que c'est aussi, par rapport au gouvernement, c'est aussi politique.
09:55 Et par rapport au Front National, enfin à la Rassemblement National et l'ultra-droite.
10:00 Et donc c'est aussi une annonce politique.
10:03 Je ne suis pas sûr qu'il y ait vraiment une volonté de la part du gouvernement d'aller
10:06 dans cette direction.
10:07 - Ok, merci Eric pour votre appel, le petit appel du pied au Rassemblement National de
10:12 la part du gouvernement.
10:13 Jean-Pierre Ricot, vous êtes d'accord avec ça ou pas ?
10:15 - Je ne sais pas.
10:16 - La droite.
10:17 - J'ai de suite dit oui à l'expérimentation.
10:20 Je pense que j'ai un parcours politique qui montre que je n'ai aucune ambiguïté vis-à-vis
10:23 du Rassemblement National.
10:25 Et en toute honnêteté, offrir un kit pour habiller les enfants pour aller à l'école,
10:31 moi à mon avis, ce serait plutôt aux villes de gauche de s'emparer de ce sujet.
10:34 - Alors un dernier mot de savoir, ça ressemble à quoi l'uniforme à parole à la rentrée ?
10:38 - L'uniforme, j'ai entendu les différents uniformes ou autres de l'Union de Travail
10:42 qu'on a eu avec le ministère.
10:44 C'est plutôt un uniforme qui serait classique, qui serait général.
10:49 Donc on aurait tous le même uniforme.
10:51 - Donc ça va être sweatshirt, jean et puis le logo de la ville de Pérole sur la poitrine ?
10:55 - La différence c'est qu'on puisse avoir le logo, mais on n'a pas la volonté.
10:59 C'est pas qu'il y ait des couleurs du bleu clair ou du bleu faussé, comme j'ai pu l'entendre
11:03 ou autre.
11:04 Et comme disait un humoriste, on mettra dans le bus le bleu clair devant et le bleu faussé
11:09 derrière.
11:10 C'est absolument pas la volonté.
11:12 Après il faut que le kit puisse tenir compte de la taille des enfants, de la saisonnalité
11:18 avec l'hiver et les entre-saisons.
11:23 Il faut un équipement qui également puisse faire du sport.
11:27 Donc l'État est en train de réfléchir à l'ensemble, mais l'objectif c'est pas de dire
11:31 qu'on aura une école bleue, une école grise, une école blanche ou une école rouge.
11:36 Moi j'ai deux groupes scolaires différents dans la collectivité, j'ai envie que tous
11:40 mes enfants portent le même uniforme.
11:42 - Et on verra ça à la rentrée prochaine, c'est voté le 1er février chez vous.
11:46 L'orientation budgétaire c'est pas encore décidé, parce qu'il y a quand même un vote,
11:49 il faut quand même respecter la voie démocratique.
11:51 - Et ça dépendra des conseils d'école.
11:53 Voteront le port de l'uniforme ou pas.
11:56 - Merci Jean-Pierre Ricot, maire de Pérole, ça nous fait revenir dans notre studio ce matin.
12:00 - Avec plaisir et bonne journée à vous.
12:01 - Je suis désolé pour tous ceux qui voulaient donner leur avis ce matin, à Valérie, à
12:04 Philippe, à tous ceux qui étaient au standard de France Bleu et Rond pour parler de cette
12:09 question, et visiblement ça fait bien réagir Guillaume.
12:12 Vous pouvez continuer à donner votre avis sur la page Facebook de France Bleu et Rond,
12:15 n'hésitez pas, ou sur l'appli France Bleu ici.
12:17 Allez, dans un instant les infos de 8h.
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