00:00 39 sur 4, 3ème, 2, caméra.
00:03 Clap.
00:05 Caméra B.
00:08 Action !
00:11 Quand on fait des films sur la famille, souvent on se construit une famille de cinéma.
00:22 Je connais Diane depuis qu'on a tourné...
00:24 5 ans.
00:25 J'avais tourné avec Benoît Magimel en 90.
00:28 J'avais envie de travailler avec Benoît.
00:30 Très emballée à l'idée de travailler avec Diane Curis.
00:33 J'avais aimé le scénario, j'avais aimé l'histoire,
00:36 mais je ne savais pas que c'était l'histoire de sa famille.
00:39 J'adore les gens qui parlent de choses personnelles.
00:42 Je pense qu'un metteur en scène parle de ce qu'il connaît.
00:44 Et je pense qu'il n'est jamais aussi bon que quand il parle de ce qu'il connaît.
00:48 Dans tes classes, les lycées,
00:52 il y a du sang et il y a des pleurs.
00:55 C'est ma mère qui disait toujours ça.
00:57 Elle disait toujours "moi j'ai adoré Diablement"
00:59 comme si les autres n'avaient pas compté.
01:01 Et à chaque fois, j'avais l'impression qu'elle parlait de ce film
01:04 comme si elle voulait me dire "t'as pas tout fait là-dessus, t'as pas tout dit là-dessus,
01:08 t'as pas cherché vraiment".
01:10 Et je me suis replongée dans ce film-là.
01:12 Je me suis dit "je vais me faire un film de Diablement".
01:14 Et je me suis replongée dans ce film-là.
01:17 Puis dans cette époque-là, j'ai commencé à fouiller dans les vieilles valises
01:21 et à sortir les vieilles photos et à regarder.
01:23 Et puis un jour, il y a une photo qui m'a sautée aux yeux.
01:27 Et j'ai bien regardé cette photo.
01:29 J'ai même pris une loupe pour la regarder mieux.
01:31 Et puis sur cette photo, il y avait mon oncle Jean
01:34 qui était sur la place des terreaux avec ma soeur
01:37 en train de donner de la nourriture aux pigeons.
01:40 Puis j'ai regardé derrière la photo, il y avait une date.
01:42 Et il y avait écrit 1947.
01:45 J'ai retourné la photo, j'ai dit "mais si ça se trouve".
01:48 Et le puzzle s'est reconstitué dans ma tête.
01:52 Et là, j'ai commencé à avoir un sérieux doute sur qui était mon père.
01:56 Et ce qui est formidable dans ces histoires,
02:06 c'est qu'on se rend compte à quel point c'est universel.
02:08 C'est très personnel, mais tout d'un coup,
02:11 on se retrouve dans ces personnages.
02:13 On a l'impression qu'on parle de sa propre famille.
02:15 Quand on veut toucher les gens avec des choses de l'intime,
02:18 la famille, c'est un terrain de jeu effectivement formidable.
02:21 Parce que tout le monde a une famille.
02:23 Parce que tout le monde a eu des problèmes avec sa famille
02:25 ou aura des problèmes avec sa famille.
02:27 Ou au contraire, aime sa famille ou déteste sa famille.
02:29 C'est jamais innocent, c'est jamais une page blanche.
02:32 C'est toujours lourd.
02:33 Au fond, on ne connaît pas sa famille.
02:35 On ne connaît pas ses parents parce qu'ils ne parlent pas,
02:37 parce qu'ils ne disent pas tout.
02:38 Et c'est toujours intéressant d'aller se frotter
02:41 à la vérité de nos origines, d'où on vient.
02:44 C'était qui nos parents ?
02:45 Sous-titrage Société Radio-Canada
02:47 [Musique]
02:53 [SILENCE]
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