00:00 Ces parents ont essayé de comprendre pourquoi. Ils se sont aperçus qu'il avait radicalement
00:13 changé de comportement à partir du moment où on lui a prescrit un antidépresseur.
00:17 Il avait des idées noires et puis plus aucune limite au point de passer à l'acte. Ce
00:22 n'est pas un cas isolé, il y a d'autres familles qui sont concernées. Il y a également
00:27 une famille qui habite en Corse et dont le fils, Florian, 20 ans, à Nice, s'est suicidé
00:32 également avec le même antidépresseur que Romain. Ces familles s'interrogent et leur
00:36 combat judiciaire a un but, c'est d'informer davantage sur les risques suicidaires liés
00:41 à la consommation d'antidépresseurs qui sont documentés mais qui sont encore peu
00:45 connus du grand public.
00:46 Tout est parti d'un lanceur d'alertes irlandais, un psychiatre, David Hilli, qui
01:03 s'est procuré des documents internes au laboratoire GSK, producteur d'antidépresseurs.
01:07 Dans ces documents internes, on s'aperçoit que dès 1999, le laboratoire était au courant
01:13 des risques de suicide provoqués par son antidépresseur, notamment chez les adolescents,
01:18 et qu'il a tout fait pour les camoufler. Alors comment ? Il a utilisé la pratique
01:22 assez courante dans l'industrie pharmaceutique de "ghost writing", écriture fantôme.
01:26 Il s'agit pour le laboratoire d'écrire l'étude scientifique qui vante les mérites
01:30 de son produit en minimisant ces risques, et ensuite de faire signer cette étude par
01:35 des professeurs de renom pour inciter à la prescription. Pour avoir camouflé ces risques,
01:41 le laboratoire GSK a été condamné par la justice américaine en 2012 à une amende
01:45 record de 3 milliards de dollars.
01:47 [Musique]